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Posté : jeu. déc. 20, 2018 8:43 am
par Arios
30 novembre 2037
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La Présidente arovaque se rendra en Litavie pour rencontrer les autorités
Cette initiative, que l'on dit le fait des autorités litaviennes, fait la fierté de l'entourage de la Présidente. En temps normal, les Présidents de Province n'ont pas à jouer un rôle diplomatique, mais certaines rencontres ont déjà eu lieu dans le passé entre l'autorité exécutive provinciale et un exécutif étranger - mais à chaque fois, ces rencontres, pas toujours officielles, étaient maquillées visites amicales. Mais cette fois, pour Dovernico, il s'agit bien "d'inaugurer des relations de voisinage directes sur-lesquelles construire l'avenir d'une Arovaquie libre et puissante". Ce sécessionnisme affiché n'est pas nouveau, puisque dès le soir de sa victoire, Lena Lazarevicio avait bien défini l'indépendance de facto dans l'objectif de son quinquennat.
Si la nouvelle fait grand bruit dans la presse nazalienne, et pénalise la bourse en ce début de semaine, beaucoup y voient pourtant l'aveu de faiblesse de la Présidence arovaque : à défaut de pouvoir prendre des mesures pour détacher l'Arovaquie, profondément constitutive de la Ligue, du reste du pays, la communication dovernicienne parie sur les effets de manche. Rien ne peut sortir d'une rencontre entre l'Arovaquie et la Litavie, car l'Arovaquie n'est pas souveraine, et sa Présidente est absolument soumise constitutionnellement aux décisions collégiales du Conseil de la Ligue, présidé par Luciano Vesperto.
Le Premier ministre du Commonwealth menace de guerre l'Aleka
[url=https://www.simpolitique.net/viewtopic.php?p=345784#p345784]Ses propos portent peu à confusion[/url], mais de nombreuses chancelleries attendaient une réponse forte devant les dérives incessantes de l'Aleka-du-Sud, et de son apprenti dictateur, Florian de Klerk. Nul ne sait si ces nouveaux roulements de tambour auront une quelconque influence sur la folie du dirigeant alekan, tant les attaques ad hominem, les hyperboles et les insultes sont monnaie courante dans les relations internes au Commonwealth. Si le Premier Ministre s'est permis ses propos, c'est qu'il sait que les observateurs internationaux sont habitués au style, et savent pertinemment que jamais la Britonnie et le Commonwealth n'oseront attaquer l'Algarbe-du-Sud... car les uns comme les autres ont un sentiment chauvin supérieur à toutes considérations idéologiques. Quelques millions de vies subalgarbiennes ne valent pas la grandeur et l'éclat brillant du Commonwealth...
Posté : ven. déc. 21, 2018 5:10 pm
par Arios
[right]2 décembre 2037
Stampato a Atomia[/right]
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Libre-échange à la frontière sud : Sergio Guerbo a rencontré l'autorité haute-illythe à Cartomia
[url=https://www.simpolitique.net/viewtopic.php?p=344533#p344533]Les échanges, notamment agricoles, sont traditionnels le long du fleuve Naos[/url], aussi l'entrée de l'Illythie dans la Ligue de Lébira a quelque peu assombri l'avenir de toute la filière d'import-export fluviale, érigeant théoriquement une frontière douanière (celle de l'UDO/WCU) au milieu du désert. Quittant le lieu-dit du Berrat en Épibatie, hameau minuscule le long du fleuve, les marchandises remontant traditionnellement vers le nord, jusqu'à l'Illythie, devaient se heurter à un mur théorique, une frontière artificielle au milieu du désert. Incluant le Gouvernorat d'Eupotamie, les autorités municipales d'Acchebat, les responsables de l'Empire d'Épibatie duquel dépendent les Haut-Illythes, les représentants de l'exécutif lébirien, les syndicats de transporteurs et les diverses corporations agricoles concernées principalement par ces flux, les négociations ont duré plus de 24 mois pour aboutir à l'obtention d'un accord, entre Cartagina (Lébira) et Gighida (Épibatie), qui permettra un retour à la situation commerciale frontalière d'avant la démocratisation de l'Illythie et son entrée dans la Ligue.
Mais cet accord est à la fois ambigu et contesté, car dans le contexte de négociations après au sein même de l'Union Douanière, les traités bilatéraux sont malvenus de l'avis des commissaires. Deux ans après la mise en place de la Ligue de Lébira, et alors que l'Illythie est encore en pleine mutation législative pour l'adapter aux règles lébiriennes, l'arrivée d'une exception compliquerait encore davantage les choses - d'autant qu'elle n'aurait cours qu'avec une portion non-souveraine d'un État étranger, et non avec un État plein et entier.
Les autorités de la Province d'Illythie ont soutenu ces négociations et insisté pour que l'idée d'une adaptation douanière ne soit pas balayée d'un revers de main par Cartagina, première à donner des leçons aux pays nordiques partenaires de l'Union Douanière. Il a fallu aux Gouvernorats du sud de la Province, et au gouvernement provincial des mois de pourparlers afin de faire comprendre aux spécialistes dépêchés par le Ministère de la Coordination Économique que l'ouverture frontalière avec la Haute-Illythie était nécessaire, indispensable même, pour ne pas provoquer l'étouffement de l'économie fluviale... jusqu'au Delta du Naos. Ce dernier, dans une dynamique de hausse de la population et du niveau de vie, augmente ses besoins alimentaires - mais le contexte protectionniste dans la Ligue, les tensions récurrentes dans le monde pastoral céruléen, et les aléas politiques divers fragilisent la signature d'un tel accord qui devrait être validé par les quatre Sénats provinciaux pour offrir un statut commercial particulier à la Haute-Illythie.
Restera à savoir si les Sénats s'entendront dans un sens ou dans l'autre : pour faciliter l'intégration économique de la Haute-Illythie et sauver les commerçants frontaliers illythes, ou pour défendre les producteurs céruléens. La question ne touche pas que les biens agricoles, mais aussi la filière bois, les minerais rares et industriels, la pierre, et bien d'autres.
Posté : ven. déc. 21, 2018 8:59 pm
par Arios
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1/12/2037[/center]
Les Lébiriens commencent à se retirer d'Aminavie
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À Zagliate, le poste militaire côtier a été démonté... les soldats du Califat s'y installent
Ils n'auront pas goûté longtemps au soleil doux de la basse-mer d'Algarbe le long des côtes aminiennes occupées : les soldats d'Illythie ayant rejoint les effectifs d'occupation "montalvéens" afin de soulager des troupes ayant parfois participé même aux combats de 2036 ont quitté une partie de la côte aminienne, avec leurs camarades, ce 1er décembre, [url=https://www.simpolitique.net/viewtopic.php?p=343955#p343955]conformément au plan de libération validé par le gouvernement califal et les autorités de la Ligue de Lébira au début de l'année[/url].
Les villes de Zagliate, Giamate et Laborma, ainsi qu'un vaste périmètre concernant plusieurs vallées ont été rétrocédées militairement aux troupes califales ce 1er décembre, mettant fin à deux ans d'occupation lébirienne, d'abord dans le cadre du conflit, sous un gouvernement collaborateur bâti sur les réseaux soufi, puis dans le cadre d'une occupation d'après-guerre en parallèle d'un gouvernement civil théorique du Califat sur cet espace, au moins au niveau administratif. Sans fioritures et pour cause, les "envoyés" de Djuruma se sont montré très embarrassés par le manque de répondant de leur hiérarchie, les dernières troupes lébiriennes ont donc d'abord évacué la ville de Zagliate, où était installé le poste frontière militaire, autour de 4 heures du matin, après un dernier levé de drapeau lébirien, symbolique, dans la cours du camp militaire rétrocédé aux soldats islamiques. Même cérémonial à Laborma, et dans plusieurs villages de l'arrière-pays où étaient installés des casernements lébiriens. Vers 11h, les soldats lébiriens ont quitté Giamate, plié le camp et remis les clefs de la ville à l'Imam local, désigné par la sous-direction locale du gouvernement califal.
Le plus frappant pour nos correspondants sur place, escortés par les militaires craignant, [url=https://www.simpolitique.net/viewtopic.php?p=344760#p344760]quelques semaines après des menaces explicites émanant du groupuscule terroriste Force Continentale[/url], une attaque criminelle à la faveur d'une étape stratégique délicate, a sans doute été la colonne d'émigrants désireux de se réfugier, au moins pour les premières semaines, dans le reste de l'Aminavie occupée en attendant d'observer comment le Califat gèrerait la reprise en main. Cette reconversion à l'Islamisme politique pour ces territoires tenus jusque-là par le commerce avec la Nazalie du sud n'a malheureusement pas du tout été préparée, c'est à dire négociée, entre les deux gouvernements : Cartagina a ordonné à ses hommes de plier bagage mais ne s'est pas soucié d'imposer des observateurs, qui auraient pu rester sur place, chargés de la mission de faire respecter certains principes, à défaut démocratiques, au moins humanitaires. Beaucoup d'habitants, dont il faut le dire des femmes et des hommes ayant parfois activement collaboré avec nos troupes, avaient déjà fait le choix de l'émigration vers le nord-est, anticipant cette retraite, ou d'une demande d'asile dans la Ligue, [url=https://www.simpolitique.net/viewtopic.php?p=332634#p332634]processus facilité par la Loi pour l'Accueil des réfugiés d'Aminavie du 15 juillet 2036[/url]. D'autres s'y sont pris à la dernière minute, d'où un certain affolement sur la route principale serpentant le long du littoral au gré du relief escarpé de la zone, partagée toute la journée entre les charrettes de civils et les véhicules de transport de troupes.
Chez les gradés et les militaires en général, le sentiment général ne semble pas à la frustration, car tous ont bien conscience des difficultés terribles rencontrées par les effectifs montalvéens lors de la Guerre d'Aminavie. Si anecdotiques sont les gens qui pensent avoir été abandonnés par le pouvoir politique, thèse indéfendable au vu de la non-victoire militaire sur le terrain, tous se montrent pour le moins critiques à l'égard du comportement des fameux alliés, ayant les uns après les autres décidé de se retirer du conflit, en mettant en difficulté la Ligue. En dehors de la signature de paix, d'autres, en nombre important, sont déçus de la gestion politique de la retraite, ayant le sentiment d'abandonner les civils aminiens pacifiques et ne voulant pas du Califat à leur sort. Mais loin des zones d'occupation, et dans un certain confort, une partie importante de la population lébirienne voit d'un mauvais oeil cette vague d'immigration, ininterrompue depuis deux ans, et qui pourrait augmenter davantage à la faveur de l'exécution de ce plan de repli des troupes.
Le premier mars prochain, la région de Messadi sera libérée - dont d'importantes portions d'axes de communication majeurs. Puis le premier juillet prochain, les villes de Begiare, Od et Savani quitteront à leur tour le dispositif d'occupation lébirien. Dans le reste du territoire, en particulier sur l'axe Bicchieri-Ittinifer', les Lébiriens poursuivent leur effort de fortification et de défense, en vue d'une potentielle contre-offensive qui pourrait être intimée par un pouvoir politique, qui à défaut d'avoir su conquérir son propre peuple, pourrait bien tenter de se relancer dans une aventure militaire.
Posté : sam. déc. 22, 2018 11:44 am
par Arios
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[center]
L'Esprit-Saint, le journal des Chrétiens et de toute l'Humanité. Édition en copte de
Ⲁⲑⲱⲣ 2037.[/center]
Rédempteurs : ils consacrent leur vie à libérer les esclaves
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Atanasio, Macario et Cristodulo, moines rédempteurs dacréliens[/center]
[url=https://www.simpolitique.net/viewtopic.php?p=345387#p345387]La croissance exponentielle de Damasia[/url] n'est plus ignorée de personne. Elle est à l'image du boom économique que connait la Dacrélie, développement éclair basé essentiellement sur la course aux diamants, de la part des firmes lébiriennes reprenant petit à petit l'ascendant sur les puits clandestins. Mais si l'exploitation clandestine a précédé l'autorisation officielle d'exploitation des sols de la région, aux machines, sondeurs et pelles ont précédé les bras de "
centaines d'êtres humains", utilisés [url=https://www.simpolitique.net/viewtopic.php?p=331760#p331760]depuis des décennies par les pires aventuriers un peu débrouillards et décidés à faire fortune dans le diamant[/url]. La Dacrélie, cet immense désert entaché de quelques oasis et de nombreux trous semblables à autant de bouches de l'Enfer, se pare aujourd'hui de quelques villes gagnant en surface et en population, mais malgré l'arrivée des moyens modernes dans l'industrie adamantine, cette soudaine croissance démographique et urbaine permet paradoxalement de faciliter la dissimulation de l'esclavage...
Atanasio, Macario et Cristodulo nous ouvrent les portes de leur couvent. Une maison sobre située dans le cœur de Damasia, frappée dans ses murs d'épaisses croix coptes laissant passer la lumière du jour aux crépuscules, décorée d'icônes et de vitraux, dont un provient même du lointain Thorval. Elle appartient à leur Ordre, l'Ordre des Piétrites de la Rédemption. Cette congrégation religieuse, essentiellement illythe, est entièrement consacrée à la libération des chrétiens en esclavage, à leur recherche et à leur rachat - aujourd'hui, dans leur action, les moines Rédempteurs essayent également de libérer les non-croyants, les croyants d'autres confessions, et tout "frère" ou "sœur" qui serait détenu par la force pour le travail. Atanasio était auparavant moine cénobite, il a vécu 23 ans de sa vie dans un monastère sans en sortir, occupé entre la prière et l'entretien des palmiers dattiers. Macario vient de la prêtrise séculière, il vivait à Parempuri, sur la rivière, avant d'être orienté par ses supérieurs vers cette congrégation. Cristodulo, lui, a été racheté à l'âge de 8 ans par les Rédempteurs, à un marchand musulman - depuis le jour où il a été ainsi séparé de sa mère et de sa sœur, il s'est mis en tête de consacrer à son tour son existence à libérer les esclaves d'Algarbe.
- "Aujourd'hui notre œuvre en Dacrélie est mieux reconnue, plus facile sur le papier. Ceci car les acteurs officiels de l'exploitation du diamant ne recourent pas à l'esclavage, et tendent à gagner l'intégralité des puits reconnus, au détriment des esclavagistes. Ces grandes firmes sont obligées de nous soutenir, au moins de façade. Paradoxalement, la hausse de la population a facilité la dissimulation des esclaves, et du travail d'aliénés. Les esclaves sont moins nombreux dans les puits, mais ils sont présents dans un très grande nombre d'immeubles, pour les commerces de tous les jours, dans le secteur du bâtiment, même des travaux publics et le fret... Le travail continue, et il continuera tant qu'il y aura des hommes, c'est un mal qui ne prendra fin qu'à la fin des temps." explique Macario, après nous avoir proposé un jus de goyave du jardin.
C'est donc un paradoxe mais libérer des esclaves est apparemment plus facile depuis que la monarchie de droit divin a laissé place à la démocratie. Pourquoi un paradoxe ? Car le régime des Ptolémides se prétendait directement au service de la Foi copte, mais le déficit d'administration favorisait le trafic d'êtres humains, or l'arrivée du parlementarisme et l'intégration à la Ligue de Lébira a permis de développer les ramifications de l'État et de limiter la force de la corruption. Si l'adhésion à la Ligue a fait planer le doute sur l'identité des Illythes, aujourd'hui encore seuls les coptes se sont vus délivrer des titres de citoyenneté - la religion n'est plus placée au-dessus de tout, mais l’œuvre des religieux se trouve facilitée par la fortification de l'État.
La vingtaine de moines rédempteurs de Damasia œuvre essentiellement grâce aux deniers privés, donnés par de riches croyants ou mêmes des athéistes reconnaissant la vertu humanitaire de l'action des religieux, mais aussi grâce à une partie des quêtes reversée par le diocèse à cette congrégation. Depuis l'an 2000, ce sont 1782 esclaves qui ont été rachetés par les Rédempteurs en Dacrélie, soit une moyenne de 48 personnes par an. Après cette libération, femmes et hommes demeurent un moment à Damasia ou dans une autre ville, tentent ensuite de regagner leur pays ou leur région, prennent parfois le chemin de l'émigration, clandestine ou non - parmi eux, certains sont mêmes retombés en esclavage. Pour ce travail, les Rédempteurs parlent d'un montant autour de 5 millions de Lires.
Les moines rédempteurs sont également présents à Parempuri, sur la rivière, à Cartomia, à la confluence du Naos, mais également à Macamat, sur l'ancienne frontière avec l'Empire luciférien, où le nombre de libérations en trente ans a frôlé les 14 000. Qu'ils appartiennent à l'Ordre des Piétristes, ou à d'autres, [url=https://www.simpolitique.net/viewtopic.php?p=345864#p345864]on retrouve des Rédempteurs dans le reste de la Ligue[/url], principalement dans les massifs frontaliers de l'Amarantie en Alilée. Si le pouvoir politique s'est plusieurs fois llustré dans lutte géopolitique contre l'esclavage, on dit que le rôle de conseil ou d'inspiration des religieux Rédempteurs a pu être non-négligeable dans la prise de décision civile.
Posté : dim. déc. 23, 2018 6:17 pm
par Arios
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9 décembre 2037[/center]
[center]La croissance des pays de l'Union Douanière sera bien dopée par un pétrole moins cher qu'ailleurs[/center]
Qui produit aujourd'hui du pétrole en Occident ? Les îles Lorthon, qui exploitent six gisements majeurs en Nord-déchinésie, les Valvatides (8 gisements), la Santogne (2 gisements), le Lagac'hann (1 gisement)... faudra-t'il encore compter le Caskar en 2038, alors que sa Grande-Duchesse vient d'être assassinée ? Les 3 à 6 puits qu'il exploitait en Cérulée comptaient pour le marché régional, mais ils pourraient bien rencontrer de grandes difficultés dans l'année qui vient, de par la menace que font peser les factions protectionnistes du pays sur l'avenir du commerce. Avec le récent débat sur l'entrée de l'île d'Ennis dans l'Union Douanière, [url=https://www.simpolitique.net/viewtopic.php?p=345904#p345904]probablement en contre-partie d'une adhésion du Nunakya[/url], cette dernière pourrait compter 14 gisements majeurs, et des industries (brito-gaéliques) à la pointe de l'extraction.
Il est loin le temps où, les uns à la suite des autres, les pays du Moyen-Orient ont fait peser sur l'industrie occidentale la menace d'une hausse des cours. Envolée, la tentative de réglementation autour d'une organisation des pays producteurs - Alfranie, Aznatirk, Hachémanie... avec l'Aminavie et l'Arpelat dans la tourmente, si un pétrole moyen-oriental peut continuer d'arriver en Dytolie, il s'agit de brut et le risque d'un raffinage local disparait.
Car c'est ce que craignait à l'époque Cartagina, à savoir que sa dorsale industrielle arovaque puisse souffrir - toujours importatrice de pétrole brut, la Ligue avait développé en 40 ans le tissu industriel nécessaire à la transformation pétrolière, un secteur rentable et de qualité, que les avancées technologiques régulières de la Hachémanie mettaient en péril malgré l'alliance entre les deux pays. Aujourd'hui que le Moyen-Orient est en lambeaux, grâce au zèle islamiste soutenu notamment par le Karmalistan, la Dytolie retrouve la rentabilité dans l'exploitation de son propre pétrole... et sa transformation.
[url=https://www.simpolitique.net/viewtopic.php?p=345892#p345892]Les cours du brut mondial continuent de grimper[/url] au-delà des 100$ le baril. Mais à l'échelle de l'UDO/WCU, qui contrôle les puits cités en haut d'article, le pétrole est moins cher... et, transport excepté, quasiment aussi peu cher pour la Ligue de Lébira qu'il ne l'est pour le propre pays producteur, unique actuellement, de l'Union Douanière : les îles Lorthon. C'est ça, le marché commun. Et en plus, sa protection à hauteur 30% de taxes pour les pays extérieurs, dans un contexte d'offre raréfiée, garantit des revenus conséquents à l'État lorthonien.
De quoi rêver d'une année 2038 qui s'annonce bien pour l'économie de l'Union douanière. Car quand le pétrole va, tout va.
Posté : lun. déc. 24, 2018 9:20 am
par Arios
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12 décembre 2037[/center]
[center]Échecs à l'UDO, pétrole lorthonien, collapse caskar... le MIP plutôt cynique et content[/center]
Le 1er janvier dernier, le MIP était déjà au-dessus des 4000 points, à 4032 à la clôture... Pour la nouvelle année, il pourrait bien établir un nouveau record, et sinon franchir la barre des 4300, au moins demeurer au-dessus des 4200, qui font actuellement que chaque soirée à la Bourse de Cartagina ressemble à un réveillon de la Saint-Sylvestre - les médicaments permettant d'éviter la gueule de bois handicapante du lendemain.
La raison de cette envolée est essentiellement due ces deux dernières semaines au contexte en Cérulée : les difficultés et craintes émises par les pétroliers caskars, dont l'exécutif politique a été bouleversé ce mois-ci par un odieux attentat, font remonter les cours régionaux... sans inquiéter l'économie lébirienne, fournie désormais à quelques 80% par les îles Lorthon, pour le brut principalement. Aucun surcoût sur l'industrie pétrolière arovaque ou nazalienne n'est induit par la hausse des cours à l'échelle mondiale, ou presque, grâce au protectionnisme de l'Union Douanière. Au niveau régional, on pourrait même s'attendre à une petite baisse au début de l'année, devant la position quasi-hégémonique des îles Lorthon. Surtout, les dernières annonces émanant de l'archipel laissent entendre qu'une entrée du Nunakya, et de l'Ennis, tous deux riches en pétrole, au sein de l'Union Douanière sont très encourageantes pour le MIP et laisse présager une baisse durable tout au long des probables 1 à 2 ans d'entrée progressive de ces territoires dans l'Union - qui risque assez vite de devenir une sorte d'OPEP occidentale.
Les quelques échecs encaissés par la personne même du Président du Conseil, quant à l'adhésion de la Litavie rejetée par les habitants du pays malgré les avis favorables de la Commission, et au simili-refus germanique des avances de Cartagina pour élargir l'Union à la Dytolie centrale, passent inaperçus pour les marchés, qui jugent aux résultats et non aux discussions et paraissent totalement absorbés par cette affaire d'or noir.
[center]L'ABA ne salue pas le réveil lézambien[/center]
Faut-il croire en la promesse lézambienne ? Cet État subalgarbien noir, éternel adversaire de l'Épibatie, a jeté les bases politiques et administratives d'un véritable réveil pour l'Algarbe centrale. Oui mais laquelle ? Les régions sinistrées du sud de l'Empire luciférien ont rejoint sans trop de regrets cet État qui s'étend de l'Océan janubo-algarbien jusqu'aux rivages encastrées de la Haute-Mer d'Algarbe, apportant avec elles des ressources énormes qui pourraient bien attirer davantage les regards vers cette région du monde (bien davantage que les pérégrinations post-coloniales des communautés blanches établies le long des rivages épibates, et toutes ignorées par leurs anciennes métropoles).
L'ABA n'est pas très enthousiaste, alors que Saub, l'Illythie et la Ligue de Lébira entendaient prendre le leadership méso-algarbien, devant cette promesse de concurrence si les grandes firmes mondiales venaient s'immiscer sur le marché mésoalgarbien au détriment des acteurs, souvent moins puissants technologiquement, purement lébiriens (et évidemment en les contournant, c'est ce que redoute l'ABA).
D'autres nouvelles sont à prendre en compte : la Brédétangasie va très mal, le Vryheid s'enfonce dans le socialisme, l'Aleka est menacée de guerre par le Commonwealth donc tétanisée, l'Aminavie est contrôlée par des éleveurs de dromadaires séditieux... c'est ce qui permet à l'indice, sans doute, de rester au-dessus de sa valeur d'inauguration, à 312 pts actuellement, bien qu'elle avait atteint les 330 points il y a deux semaines avec l'entrevue d'un accord lébiro-épibate sur le commerce fluvial - qui demande encore à être validé par les Sénats, et la Commission de l'UDO/WCU.
Posté : jeu. déc. 27, 2018 10:15 am
par Arios
[center][img]http://nsa39.casimages.com/img/2018/01/03/180103043935616225.png[/img][/center]
[right]21 décembre 2037[/right]
D'abord, le lecteur nous pardonnera les difficultés qu'il a pu avoir à trouver de nouveaux numéros du Yeoptep, tant les bâtons dans les roues qui nous ont été mis ont été nombreux, merdeux, sans vergogne, de la part de l'administration montalvéenne en installation chez nous et du zèle complexé des singes ptoléméens reconvertis en bons petits soldats de Cartagina. Il est désormais difficile, sur les courants rapides de l'actualité politique et militaire, de continuer à produire une presse indépendante, alternative au canal officiel du journal stéréotype, voix du "peuple" accédant au "Progrès". Difficile en terme de travail, financements, de statut pour des journalistes dont la profession n'est pas reconnue réelle par certaines ordures de la corporation, de production et de distribution... nous-autres subissant de plein fouets les grèves des travailleurs peu qualifiés qui nous faisaient vivre, quand notre journal ne profite pas des énormes moyens mis par le Ministère de l'Information lébirien à mécaniser la distribution de la presse à travers le pays.
Ils arrachent les larmes de l'Algarbe
Pour la Banca di Montefiori et les financiers occidentaux, "y'a bon" le continent algarbien
[img]https://nsa39.casimages.com/img/2018/12/27/181227105632371413.png[/img]
Transformés en Cérulée, ils se vendent une fortune
Ramani Corporate a annoncé cette semaine se placer en actionnaire majoritaire de la principale mine de diamants d'Épibatie, avec le soutien (d'autres diront au nez et à la barbe) des institutions impériales trop heureuses de compter sur l'instinct de protection des intérêts privés d'un acteur économique étranger, pour faire le travail de maintien de l'ordre et de lutte contre les migrations au cœur de certaines vallées de l'Ouest épibate. Cette information aurait pu ne pas intéresser le contexte illythe si chez nous, au même moment, Ramani ne s'était pas lancé dans une véritable conquête puits par puits des sols adamantins du pays. Oh, rien de bien original que les grands acteurs du capitalisme mondial dissèquent petit à petit les territoires tombés sous leur escarcelle, une fois les dernières chaines rouillées d'un régime de droit divin cédées sous la pression - et sans qu'aucune opposition intelligente n'ait pu se constituer assez vite, c'est à dire à la vitesse normale d'un parti qui se monte sans le soutien de services secrets étrangers.
L'exploitation du diamant en Algarbe centrale se dirige donc droit vers le monopole, d'autant que Ramani Corporate demeure le leader montalvéen du luxe, de l'habillement et des accessoires haut-de-gamme, malgré des difficultés sérieuses à gérer sa branche hôtellerie. Les artisans joaillers travaillant pour Ramani pourront désormais se servir dans les tiroirs de maman afin de confectionner des pièces revendues pour le groupe, c'est à dire pour les actionnaires. Pourquoi l'exploitation du diamant était-elle interdite tout au long de l'histoire moderne de l'Illythie indépendante ? Et pourquoi aujourd'hui qu'elle s'est ouverte aux quatre vents montalvéens de la domination, arguent-on du besoin de rentrées mercantiliste pour autoriser un boom du secteur ?
Le non-sens géopolitique est aussi économique, car la Ligue de Lébira ne dispose pas - pour l'instant - des ingénieurs qualifiés pour extraire correctement un maximum de diamants du sol. Jugée NT4 par les instances de notation de la productivité, elle est loin d'un NT2 qui permettrait de sortir près de 4 tonnes par an à l'échelle de la région, contre potentiellement une petite demi-tonne aujourd'hui si un acteur comme Ramani parvient à superviser une exploitation des plus efficientes sur les puits illythes et épibates. La seule concurrence à la production de cette ressource se trouve aujourd'hui au Txile, qui dispose de réserves prouvées semblables à celles de l'Illythie, et au Juggong, territoire encore mal desservi et peu exploitable. Le Nephiland pourrait, lui aussi, mettre en valeur des gisements.
Le diamant n'est pas seulement un bien de luxe, d’apparat. C'est aussi un minerai industriel fortement recherché dans le domaine de la construction satellitaire. Or les Montalvéens demeurent dans la pointe mondiale dans le domaine de la fabrication de satellites, et toute leur vision d'exotisme, d'attirance et d'investissement vers l'Algarbe peut être lue sous ce prisme de l'intérêt pour cet or transparent. A défaut d'avoir des réserves d'or, des puits de pétrole ou une puissance démographique et militaire suffisantes pour soutenir leur monnaie, les Lébiriens (car il faut aussi prendre en compte la haute-bourgeoisie atomienne qui y voit ses intérêts) rêvent d'appuyer durablement leur Lire fantasque et électronique sur ces "larmes des dieux" que l'on trouve dans le sol des autres.
Posté : ven. déc. 28, 2018 3:22 pm
par Arios
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Internazional, conflitti, economia... Storia di oggi d'un mondo in subbuglio... IL GIORNALE CHE PARLA PER TUTTI - Stampato a Miliameni, Alileia - 24/12/2037
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HACHÉMANIE : l'Émir-Général offre à l'Occident laïc une surprise de Noël
[url=https://www.simpolitique.net/viewtopic.php?p=346039#p346039]Revenant comme une ombre d'entre les nations jugées perdues[/url], la Hachémanie est en passe d'inverser le rapport de force contre les Islamistes, soutenus par le Karmalistan, l'Aminavie et divers groupes financiers, caricaturés parfois d'Occident comme défendant les intérêts ventéliens de déstabilisation de la Cérulée. Désormais quasiment libérée des groupes terroristes, la ville Sainte de Mecddha s'impose comme une des cités libres de la nouvelle Hachémanie, résolument militaire. L'Armée hachémite tente tant bien que mal de reconstruire, depuis deux ans, un tissu urbain et industriel et de le défendre afin de redonner au pays une stature d'État national plausible, au milieu de la mer des rancœurs eschatologiques de peuples sortis de l'Histoire faute d'efforts.
On peut penser que l'Automne 2037 s'axe comme le pivot de la guerre civile et religieuse qui bouleverse la région et mit un terme à la reconstruction efficace de l'axe Est-Ouest autour du détroit d'Ashurdabad, plagiée aujourd'hui par d'autres sous le nom de "routes de la soie". L'Émir-Général a su restaurer une certaine autorité parmi les adversaires des islamistes, remettre sur pieds un simulacre d'État qui promet demain d'en redevenir pleinement un, et continuer le dialogue permanent avec les chancelleries étrangères qui l'ont assuré de leur soutien. C'est une belle surprise pour l'Occident de pouvoir à nouveau croire en une Hachémanie droite, alternative au message autiste des fous d'Allah, et poids lourd militaire en faveur de la force tranquille dans une région rongée par l'admiration des armes et leurs trafics.
Radhya n'est néanmoins pas au bout de son "chemin de croix". Si les terroristes semblent en voie de perdre la guerre sur le plan intérieur, les velleités bellicistes de ses adversaires n'ont pas disparues. Certes, lointaine parait l'époque où le Kandjar s'offrait aux troupes mulâtresses ventélo-natolico-janubites du Karmalistan, mais ce dernier n'a pas dit son dernier mot - et le souvenir des destructions terribles dans le Dahar, causées par la Hachémanie et ses alliés, reste vivace dans la population.
La Hachémanie revient d'entre les morts, mais on ne sait pas encore si c'est pour rester parmi les vivants, ou en entrainer d'autres à la rejoindre de l'autre côté de la barrière. Toujours vengeur, et désormais plus proche de l'UPO que jamais, le Karmalistan pourrait voler au secours des Islamistes en voie de défaite - qui sait ce que le jeu des alliances mondiales pourrait à nouveau donner, deux ans après le précédent conflit dans la région ?
Posté : mer. janv. 02, 2019 11:22 am
par Arios
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3 janvier 2038[/center]
[center]L'Illythie est désormais plus riche que l'Alilée.[/center]
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Les villages aliléens continuent de planter leurs choux pour l'auto-consommation. Les villages illythes continuent de perdre leurs habitants pour le Delta.[/center]
[url=https://nsa39.casimages.com/img/2019/01/02/190102120240922246.png]L'Alilée est passée derrière l'Illythie en terme de PIB[/url]. Un an après la réunion des deux Provinces sous les arches de la Ligue de Lébira, l'Alilée n'est plus seulement derrière ses deux ex-compagnonnes montalvéennes, mais également derrière la Province illythe. En Illythie, désormais, on produit davantage qu'en Alilée.
En 2035, dernière année des statistiques montalvéennes, l'Alilée comptait pour un peu plus de 14,5% du PIB de la Ligue. Une valeur qui était en chute libre depuis le début de la décennie, alors qu'elle était de près de 27% en 2030, soit encore un quart du PIB montalvéen, et encore 19,23% en 2035, soit un cinquième. Tombée à 12,46 en 2036 avec l'entrée de l'Illythie, comptant pour 10,56%, elle chute encore fin 2037 à 11,79%, affichant cette année là le plus faible taux de croissance des différentes provinces lébiriennes.
L'Illythie, elle, s'est hissée à 14,04% du PIB lébirien, soit une augmentation de 3 points et demi en un an, principalement sous l'effet du développement de l'Atomie-Paomèches, région du Delta du Naos augmenté des îles hellènes de l'embouchure. Mais ce ne sont pas les Hellènes illythes, cousins des Aliléens, qui font la richesse du territoire, plutôt les investissements répétés de la bourgeoisie "montalvéenne" dans cette région, qui concentre l'essentiel de la croissance du "royaume".
L'Illythie connait en effet une croissance économique de 42,94% en 2037. Elle produit désormais pour 33,309 milliards de $. Une performance plus très loin des quelques pays développés les plus modestes du monde. Un tissu industriel et un réseau de communication en construction, qui ont une très forte dépendance au capital et à la force entrepreneuriale céruléenne, ce qui fait dire aux plus mauvaises langues, y compris aux nationalistes illythes, que la Province ne serait qu'une colonie déguisée "du Montalvo".
Pourtant, cette "colonie" est désormais plus riche, selon le jargon économique du dimanche, que l'Alilée, qui brillait déjà en Cérulée quand l'Arovaquie n'était encore qu'une forêt paradis à lynx, et la Nazalie un morceau de sable disputé entre lions, serpents et hardes d'ovicaprinés sauvages. Les Aliléens marginalisés par les Illythes dans la Ligue... Un sujet qui risque de faire couler beaucoup d'encre, et malheureusement beaucoup de bile, dans les semaines qui viennent.
Posté : mer. janv. 02, 2019 8:24 pm
par Arios
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Internazional, conflitti, economia... Storia di oggi d'un mondo in subbuglio... IL GIORNALE CHE PARLA PER TUTTI - Stampato a Miliameni, Alileia - 3/01/2038
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ALEKA : L'union des forces anti-apartheid remet en cause l'avenir de l'Algarbe-du-Sud
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Des militantes de la section féminine du WAF se rendent à un congrès
On aurait tord de croire qu'il s'agisse d'une réunion de syndicats raciaux obnubilés par l'inversion du rapport ethnique dans l'île. L'union des forces anti-apartheid prend pied, le Strengh against Apartheid Movement, aussi bien dans le monde blanc diplômé que parmi la communauté noire, dont la prise de conscience unitaire s'est, il est vraie, renforcée sous les à-coups rhétoriques et énervés du "petit Florian". Au moins dans le discours tout public, dans la forme mais aussi dans le fond des idées avancées, peut-être seulement de celles avancées, et sans interroger jusqu'au fond de leur conscience, et inconscient psychiatrique, les personnes blanches (comme noires) alliées du SAM, l'Aleka sans apartheid de demain sera le paradis multicolore permettant à tous de vivre. Certes, on n'est pas d'accord sur la politique migratoire, pas d'accord sur la régulation économique, pas d'accord sur grand chose en fait (le SAM compte 6 grandes factions) : mais tous sont d'accord sur le fait que l'apartheid appartiendra bientôt au passé de l'Aleka.
Dans les faits, il est vrai que les Sud-algarbiens blancs membres de la communauté néerlandophone sont beaucoup moins présents dans ces réseaux anti-apartheid que leurs concitoyens issus de la communauté d'ascendance britonnique. Les Noirs comptent pour 50 à 75% des principales forces, mais seraient minoritaires au sein des groupes de tendance libérale - New Liberal Democratic Party, Forward with Technics, quasiment seuls au sein du Rally of our People for the Republic, majoritaires dans les groupes classés à gauche - Green Panthers, Antiapartheid National Conférence, Workers Action Front.
Comment avoir réussi à mettre autour de la table (et à faire en sorte que la table parle d'une même voix) : des néo-conservateurs sortis des groupes de jeunesse de la droite identitaire inclusive et montés en chantres de la contribution des Noirs à l'effort patriotique de l'Algarbe-du-Sud, et des apprentis guérilleros ratés (dont certains, ayant rejoint le Vryheid pour combattre ces dernières années ou expérimenter le socialisme libérateur du continent noir, n'ont pas eu le temps de connaître cette organisation inédite du SAM) ou en instance de déradicalisation, prêts à ressortir les bombes artisanales en cas d'échec de la convergence des luttes ?
Le spectre de l'affrontement armé semble éloigné en Algarbe-du-Sud, tant les réprimandes du gouvernement central du Commonwealth, en Britonnie, à l'égard du "petit Florian", comme l'appellent ces femmes et des hommes du Workers Action Front, ont eu de l'effet sur les décideurs locaux. Mais engagés, pour certains du moins, dans une lutte idéologique d'autant plus vive qu'elle est à leurs yeux le dernier effort possible avant la submersion démographique des Noirs par le jeu des urnes et des territoires, ils ne conçoivent pas être apeurés par la réunion des anti-apartheid - pas officiellement. En réalité, tout un petit monde très grûnalien est terrorisé à l'idée que les Noirs arrivent à s'organiser politiquement, d'autant qu'ils reçoivent l'aide active de certains de leurs propres congénères blancs, sans parler des soutiens étrangers et de la manne possible représentée par le Vryheid socialiste et indigéniste relevant la tête de l'eau. L'Algarbe-du-Sud est un pays de blanc, construit par les Blancs au bout le plus austral d'un continent alors domaine de la Nature, dont les humains noirs n'étaient, au moins le long de ces caps alekans, qu'une partie indissociable - au moins dans l'historiographie alekaner et dans les consciences de l'époque.
Alors voilà le problème : si les Noirs veulent se saisir de la politique sud-algarbienne, encore trop nombreux sont les Blancs qui s'y refusent - car contrairement à la vision propagée par les marxistes et les néo-libéraux trop contents de gagner en démographie et en consommateurs, beaucoup d'Alekans ne voient les Noirs que comme des immigrés, et même comme des colonisateurs - tandis que les Noirs accusent ceux qu'ils veulent officiellement voir comme leurs concitoyens du contraire, tout en prétendant demain être les forces actives d'une nation commune et réunifiée. La solution des simili-États "réserves" quasi-naturelles n'a, autant le dire, ni fonctionné ni convaincu les intéressés ; et le côté mauvais payeur des locataires des Bantoustans a quelque peu aidé à la radicalisation d'une frange des électeurs blancs.
Il faudrait néanmoins faire le deuil d'une certaine vision du pays, qui si elle est très à la mode dans les explications des divergences actuelles, ne sur-existe que parce-que les clivages qu'elle dépeint sont en train de perdre en réalité, et même en territoire. Non, l'Algarbe-du-Sud n'est plus un pays partagé entre les Noirs et les Blancs : c'est un pays dont le prisme politique est partagé entre les suprémacistes Blancs, et les suprémacistes Noirs déguisés en thuriféraires de l'égalitarisme. Le pays d'Algarbe-du-Sud, lui, connait un métissage qui accélère et étiole les vieilles affiliations, politiques et identitaires - et ce n'est probablement pas des Noirs qu'ont majoritairement peur les fidèles de Florian de Klerk, mais plutôt des métisses, d'essence mais aussi de convictions, les plus tout à fait Blancs, qui jusque-là se faisaient passer pour Blancs tout en évitant soigneusement le soleil, les Blancs de peau et Noirs de cœur qui crient avec la foule manifestante au son des tam-tams commandés du Lézambi sur internet, et surtout les plus-vraiment-Noirs-noirs qui ne se reconnaissent pas dans la promesse maladroite d'un continent "libéré", que propagent des bronzés à moitié ventéliens sur le darkweb islamiste depuis leur cybercafé d'une haute-vallée karmale.
La nation sud-algarbienne a déjà changé, et la grossièreté irrévérencieuse, quasiment canine, de ses politiciens encore en vogue, appuyés sur un appareil d'État depuis longtemps plus représentatif, n'en sont que la démonstration vibrante et malheureuse. La nation sud-algarbienne est morte, et demain l'Aleka nouveau ne sera plus Blanc. Il ne sera pas Noir. Il sera, et est déjà, un mélange des deux. Beaucoup pensant ça, ne peuvent voir que ces pseudo-algarbianistes contre-racistes et ces furieux aboyeurs alekano-populistes que comme des clowns déconnectés de la réalité.
C'est là la force du Mouvement de Lutte contre l'Apartheid : il est hétérogène et transethnique. Il est le nouveau spectre politique qui s'imposera demain. Et le Commonwealth devrait commencer à faire l'effort de le comprendre.