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Sébaldie

Message par Sébaldie »

    • [justify][center][img]https://i.imgur.com/QqBwGBR.png[/img]
      11 mai 2038

      La Reine Gwennhaelle serait-elle la réincarnation de la Vierge Marie ?

      [img] https://i.imgur.com/n255ebR.png[/img]
      Illustration : Procession religieuse en province d’Aligues, à l’ouest du pays[/center]

      Depuis plusieurs mois, la Reine de Lagac’hann affronte une crise de légitimité, consécutive à l’affaire de l’identité du père de l’enfant qu’elle attend. Alors que la grossesse approche de son terme, une fronde fiscale menée par plus de villes ecclésiastiques du royaume celtique tend à faire pression sur la monarque. Le manque de lucidité du Prince consort et la facétie du Roi de Forluno qui s’est attribué la paternité de l’enfant ont été autant d’éléments qui ont mis en cause la légitimité de la grossesse. La faction des Théocrates, particulièrement puissante dans le pays, entend ainsi jouer de son influence et de pressions fiscales pour faire valoir ses intérêts, surtout depuis l’exclusion de Monsieur Jakez, l’Evêque de Pouldon, à la suite de ses propos polémiques sur la Reine. En Santogne, l’affaire est particulièrement suivie dans les provinces occidentales. Les débats sont intenses, entre les partisans du clergé lagaran qui soutiennent que la Reine a entretenu une relation adultère ayant entraîné une grossesse légitime et entre les partisans de la Reine, qui s’en tiennent à la communication officielle du Palais d’Ysnevez.

      Et si la vérité se situait entre les deux ? C’est la thèse défendue par un groupuscule particulièrement actif sur les réseaux sociaux. Connu sous le nom de la « Solennité de l’Angelus », ce groupuscule vouant un très fort culte à la Vierge Marie, croit voir à travers la Reine Gwennhaelle sa réincarnation. Plutôt hostile à l’Eglise qu’elle juge « corrompue et corruptrice », ce mouvement n’est pas sans rappeler la dévotion des cathares à Marie, même si les deux groupes nient être liés de quelque manière que ce soit. En d’autres termes, la Reine Gwennhaelle aurait, à l’instar de Marie, reçu l’Annonciation et l’enfant à naître aurait été conçu sans péché charnel, préservant la jeune reine lagarane de sa virginité. Les membres de la Solennité de l’Angelus n’hésitent d’ailleurs pas à voir dans l’Evêque Pouldron une autre réincarnation, celle du roi Hérode qui en appela au massacre de tous les enfants de Bethléem. Des montages photos le dépeignant comme un prêtre impie circulent à foison sur les réseaux sociaux, sur PiouPiou et InVivo notamment. « La crédulité de certaines pauvres âmes est à déplorer… Nous devons les remettre dans le droit chemin. » a communiqué le Conseil des Evêques de Santogne, qui hésitent en réaction à ce scénario entre le rire et les larmes. Même si elle a été bousculée, la Reine ne devrait pas donner suite à ce soutien certes infaillible, mais très gênant pour sa reconquête de crédibilité.


      [right]Roger de Féret[/right][/justify]
Sébaldie

Message par Sébaldie »

    • [justify][center][img]https://i.imgur.com/rVlXSZ1.png[/img]
      26 mai 2038

      Bataille judiciaire autour de l’appel d’offres pour le tramway de Fabrègue

      [img]https://i.imgur.com/SX15xQV.png[/img]
      Illustration : Vue sur Fabrègue[/center]

      Retour en 2036 : pour désengorger ses rues, la Ville de Fabrègue lance un [url=https://simpolitique.net/viewtopic.php?p=341658#p341658]appel d’offres[/url] à l’intention de sociétés spécialisées dans les transports en commun en vue de dessiner un nouveau réseau de tramway. Au terme de plusieurs mois d’auditions, la municipalité décide de retenir la candidature teiko du groupe Gyôkai en dépit des contestations des élus écologistes qui reprochent au tracé de traverser le bois du nord de la ville, mettant au péril nombreuses essences végétales. Les mêmes reproches sont adressés à la candidature du candidat montalvéen Recordo. Une première fracture se crée au sein du conseil municipal légèrement dominé par les conservateurs du Parti populaire. Petit à petit, les élus de la ville demandent à reconsidérer les candidatures et une consultation populaire place le réseau de Rex Corporex en tête, pourtant plus coûteux et exigeant plus d’investissements, dont des aménagements en site propre. À une faible majorité relative cependant, le conseil municipal vote une résolution pour accorder la construction du réseau à Gyôkai.

      Mais alors que les travaux commencent à s’installer à Fabrègue, près de Noble-Vallon dans les Beaux-de-Varaunes, à une centaine de kilomètres de là, [url=https://simpolitique.net/viewtopic.php?p=345101#p345101]éclate une grève[/url] contre le projet de délocalisation du site logistique du même conglomérat Gyôkai en Gänsernberg. La Santogne est un pays suffisamment petit pour que chaque Fabréguois ait dans son entourage un proche qui travaille sur ce site qui emploie 500 personnes. La municipalité entre en crise et l’exécutif local reçoit par milliers des lettres invitant les élus à retirer le contrat à un groupe qui joue contre les intérêts nationaux. Le maire s’y refuse et s’il reconnaît une « faute morale » de la part de la société teiko, il rappelle que tout retour en arrière est juridiquement impossible, à moins d’une rupture du contrat à l’initiative de la municipalité, mais assortie d’énormes pénalités financières, aux frais du contribuable dans cette ville plutôt populaire. Mais les opposants à Gyôkai ne s’avouent pas vaincus et espèrent casser le contrat en insistant sur le non-respect par la firme d’une teiko d’une disposition, selon laquelle « la société retenue s’engage dans une démarche de développement durable ». Par le projet de délocalisation alors même que l’entreprise enregistre de colossaux bénéfices, Gyôkai ne respecterait cette condition. Pour ses partisans, « l’accusation ne tiendra pas cinq minutes devant un juge ». Mais trop évasive, la disposition est aussi sujette aux interprétations du juge… Affaire judiciaire à suivre.


      [right]Jacob Coquelin[/right][/justify]
Sébaldie

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    • [justify][center][img]https://i.imgur.com/iB4oEW7.png[/img]
      2 juin 2038

      Le guérisseur santognais qui connaît un énorme succès en Grande-Basilogne amarantine

      [img]https://i.imgur.com/uESrAjC.png[/img]
      Mêlant son don de magnétiseur à un folklore mi-chrétien, mi-païen, Jòrdi coule des jours heureux en Amarantie[/center]

      Peu connu en Santogne, Jòrdi partage sa vie entre les hauteurs de Lernhet, à mi-chemin entre Rodessac et Saurelles et la Digue de la Grande-Basilogne, l’une des entités fédérées d’Amarantie, où il trouve un écho très favorable à son don. Jòrdi est un magnétiseur-conjureur, capable de guérir les mains par le simple fait d’imposer ses mains sur le corps du patient. Cette médecine non reconnue par l’ordre des médecins avait presque disparu du pays au début du XXIe siècle à la faveur de la médecine conventionnelle et ses pratiquants, dont leur nombre est inférieur à 100, relégués comme de simples charlatans. Jòrdi, qui approche les 70 ans, en a fait les frais. L’homme, qui dit tenir son don de son père, qui lui-même l’a tenu de son grand-père, vivait dans une situation de quasi-mendicité. La crise de la dette santognaise n’aidant pas, il est contraint d’abandonner l’idée d’avoir une retraite paisible. Néanmoins, la crise a eu du bon en ce sens où elle a mis en péril les institutions « mainstream », prises pour cible dans le délitement que le pays a connu. Politiciens, banquiers, journalistes, médecins… tous à la solde du Système. La recherche d’une offre alternative s’est traduite politiquement par la victoire des populistes en 2035 et médicalement, elle a pris la forme d’une [url=https://simpolitique.net/viewtopic.php?p=341747#p341747]fronde antivax[/url] et d’une manière générale à une médecine conventionnelle, à qui on prête une collusion avec le lobby pharmaceutique. L’homme a sorti de son placard son costume folklorique de guérisseur traditionnel, pour rappeler qu’il est l’héritier d’un don ancestral, et remplit de nouveau son agenda de clients. Le rituel est le même : en imposant ses mains, il émet un magnétisme qui soigne les parties du corps touchées tout en récitant des prières chrétiennes dont certaines sont tenues secrètes. Jòrdi est aussi « barreur de feu » et selon un rituel semblable, il cite quelques formules en plaçant ses mains au-dessus de la « brûlure » - pour cette forme de médecine, toutes les pathologies sont liées au feu – pour la cicatriser et la guérir.

      À en juger des avis des patients, Jòrdi réalise des miracles. Pour les médecins cartésiens, ses actes confirment juste l’effet placebo. La volonté du guérisseur d’être un associé du médecin plutôt que son concurrent direct trouve ici porte close. Au moins en Santogne. Depuis près d’un an, il travaille auprès des habitants de la Digue de Grande-Basilogne, une entité de la nouvelle Fédération d’Alilée amarantine, qui a connu les mêmes affres que la Santogne – crise économique et de confiance – mais [url=https://simpolitique.net/viewtopic.php?p=348228#p348228]à une puissance décuplée[/url]. Loin d’être le marginal qu’il est en Santogne, l’homme s’est vu ouvrir les portes des cliniques de Grande-Basilogne, voire même des universités. Voyant son revenu multiplié en conséquence, Jòrdi ne compte plus les allers-retours entre son pays natal et l’Amarantie. Il nous confie auprès de notre rédaction : « Je ne prétends pas avoir la science infuse, ni même être un porteur de miracles. Seul le Système a l’arrogance de prétendre détenir le monopole de la vérité. Les gens font leur avis et remettent peu à peu en doute leurs certitudes : c’est une attitude très saine, synonyme d’ouverture d’esprit. ». Jòrdi balaie du revers de la main les critiques adressées à l’encontre de la Grande-Basilogne, du caractère autoritaire de son régime et de la propagande honteusement mensongère à laquelle elle est rodée : « Je ne fais pas de politique. » rappelle-t-il. Toujours est-il que la Grande-Basilogne voit en lui, comme auprès de ces guérisseurs pagano-chrétiens l’occasion de remplacer le clergé catholique traditionnel. La Grande-Basilogne est en effet une des entités amarantines qui compte une importante minorité chrétienne et les prêtres qui espéraient remettre la région sur de bons rails en portant la voix de l’Evangile contre les lubies d’une Amarantie décadente y sont vus comme de gênants concurrents au pouvoir. Ce savant mélange de christianisme primitif, de coutumes païennes et de guérissons miracles servent à accorder du crédit à la « République Fake News » de Grande-Basilogne et Jòrdi, bon gré mal gré, en est son Prophète.


      [right]Geoffroy Demaret[/right][/justify]
Sébaldie

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    • [justify][center][img]https://i.imgur.com/rVlXSZ1.png[/img]
      3 juin 2038

      La Santogne s’aventure dans un marché commun

      [img]https://i.imgur.com/QnBk3a4.png[/img]
      Parmi les produits de la grille tarifaire, le beurre bénéficiera d’un traitement de faveur protectionniste.
      Illustration : Boutique de spécialités lagaranes à Trugnens (nord-est de la Santogne)[/center]

      Les cinq Etats fondateurs de la Communauté des Nations Dytoliennes ont signé l’accord instituant [url=https://simpolitique.net/viewtopic.php?p=348283#p348283]un marché commun au sein de la CND[/url], à l’exception du Lagac’hann qui n’y adhère qu’en partie par l’intermédiaire de la Convention Intercommunale pour la Croissance et le Développement, rescapée de l’UDO. L’ainsi nommé Forum pour la Coopération Economique (FCE) entend sur le principe aller plus loin qu’une simple union douanière puisque son texte fondateur prévoit aussi une politique antitrust et une réglementation commune autour de la propriété intellectuelle. Pourtant, la ressemblance avec l’Union Douanière Occidentale reste édifiante, notamment au regard de la liste tarifaire, ce qui pousse la presse internationale à qualifier la CND d’animal hybride uniquement né pour lutter contre l’UDO et d’une Ligue de Lébira sans doute trop arrogante en affaires et en diplomatie. Les Etats membres s’en défendent, rappelant que le projet était en maturation bien avant la création de l’UDO. En Santogne, l’adhésion au Forum a suscité des remous au sein de la majorité parlementaire populiste, par essence hostile aux traités de libre-échange internationaux, qui a donné son consentement au moins pour redonner de la vigueur à la pistole santognaise et à l’import-export entre pays à niveau de vie équivalent.

      Dans le détail, les agriculteurs santognais restent globalement gagnants même si a échoué leur lobbying intense pour imposer des droits de douane sur les céréales typiquement ventéliennes comme le riz, ou dorimariennes comme le quinoa, vues comme concurrentes des céréales santognaises « endémiques ». La même logique s’est par contre imposée pour les poissons : les pêcheries santognaises et valdaques sont insuffisantes pour fournir le marché commun, d’autant plus que le Lébira impose sa loi dans les zones de pêche céruléenne. Devant ce constat, par pragmatisme, les grands distributeurs ont appelé le gouvernement à taxer faiblement les poissons céruléens. Refus catégorique de la part du Lorthon et de l’Ennis : « à défaut de thon, ils carbureront au saumon et au flétan ». Et déjà, des campagnes de publicité qui visent à rééduquer le palais des méridionaux aux poissons nordiques envahissent télévisions et abribus. Le Lagac’hann signe, quant à lui, une autre victoire. Il pourra inonder le marché commun de son beurre demi-sel puisque celui est taxé au minimum à 50 % pour les pays sans relations avec la CND. La compétition entre poissons froids et poissons chauds n’a toutefois pas été transposé aux alcools : vins comme bières et autres eaux-de-vie valdaques seront au minimum taxés à 40 %. Les « ceinture du vin » et « ceinture de la bière » propres à la Dytolie continueront donc de cohabiter, sans que l’une empiète sur l’autre. Enfin, la Valdaquie a protégé jalousement son tabac, qui est connu depuis des siècles en Santogne par les communautés gitanes marchandes qui en vendaient sur tous les étals de marchés du pays d’oc.

      Assez naturellement, la monarchie pétrolière et gazière des Îles Lorthon est protégée de tout entrisme d’un nouveau fournisseur. Cela pourrait d’ailleurs inciter l’archipel des Ménechmes à rejoindre, au moins en tant que partenaire, le Forum. Toutefois pauvre en métaux, le Forum consent à n’adopter aucune taxe à l’import. Les industries de l’informatique et de l’électronique ressortent gagnantes des négociations : rappelons en effet que l’Ennis et le Lagac’hann sont deux places fortes en matière informatique. La Santogne [url=https://simpolitique.net/viewtopic.php?p=348133#p348133]ne semble pas faire le poids sur ce secteur[/url]. Un accord unanime a été trouvé autour de la construction aérospatiale et d’[url=https://simpolitique.net/viewtopic.php?f=1013&t=17465]Orbis Communications[/url] qui est sans doute la plus dytolienne des entreprises mondiales en ce sens qu’elle reste dépendante du savoir-faire lagaran, lorthonien et ennissois ; ainsi que des diamants de Valdaquie. Enfin, si le Forum n’a pas jugé nécessaire de taxer des ressources qu’il ne disposait pas (fer…), les Etats membres ont souhaité protéger leurs industries de transformation de métaux – métallurgie et sidérurgie – par de fortes taxes à l’import. Très concurrentiel, ce secteur peut trouver au travers de l’accord signé aujourd’hui une bouffée d’air frais. Cette grille tarifaire est amenée à évoluer sensiblement, au gré des péripéties économiques et diplomatiques. Le défi pour le Forum sera de trouver le juste milieu entre protéger les industries des menaces économiques extérieures et ne pas pénaliser le consommateur.


      [right]Hugo Prudhomme[/right][/justify]
Sébaldie

Message par Sébaldie »

    • [justify][center][img]https://i.imgur.com/QqBwGBR.png[/img]
      17 juin 2038

      Le recyclage pour être moins dépendant des importations de fer ?

      [img]https://i.imgur.com/M5BnkUC.png[/img][/center]

      Malgré une baisse du cours du minerai de fer depuis plusieurs mois, la nervosité de l’industrie santognaise est palpable, alors même que l’économie du pays reprend des couleurs. Symptôme de cette mise en garde, les [url=https://simpolitique.net/viewtopic.php?p=348284#p348284]métaux ferreux bénéficient d’une exemption de taxes à l’import[/url] dans la grille tarifaire du Forum pour la Coopération Economique. Pour assurer ses besoins, les industries santognaises s’approvisionnent principalement auprès du Lagac’hann et du Txile mais ces sources se tarissent, et le Karmalistan, qui monopolise presque deux tiers des ressources ferreuses, en fait sa chasse gardée et ne s’inscrit pas dans une réelle politique d’ouverture économique, conditionnant la vente de son minerai à un alignement diplomatique équivalent. Le nationalisme exacerbé, qu’il soit karmali ou txiléen, absorbe le fer pour l’industrie militaire au détriment de l’industrie civile, confinant d’autant plus cette ressource prisée dans de nombreux secteurs. Reste que la majorité des pays éprouve très peu d’intérêts économiques à recycler et à s’affranchir de la société du tout-jetable et du rien-récupérable. Les pays les plus avancés en la matière se retrouvent principalement en Nayoque, en Aiglantine et à New Eden. Mais la radicalité écologiste aiglantine qui impose des cahiers des charges très exigeants à ses fournisseurs comme à ses clients et la théocratie néo-édénienne sont difficilement compatibles avec d’autre exigences, celle de l’économie de marché au niveau mondial.

      Moins par fibre écologiste que par pragmatisme, même si elles entendent profiter de l’occasion pour verdir leur politique RSE, les industries santognaises sont de plus en plus tentés d’investir dans leur logistique inverse, c’est-à-dire dans la récupération de leurs débris et leur revalorisation. Les investissements, pourtant, seront conséquents pour minimiser les pertes durant le processus. Si le fer est en théorie, 100 % recyclage – à l’instar du cuivre ou de l’aluminium – l’opération se complique en cas d’alliages. Le fer est rarement le seul métal entrant dans la composition d’un produit. Un ordinateur portable, par exemple, contient une trentaine de métaux différents et le superalliage d’un moteur d’avion peut en contenir à lui seul une quinzaine. Séparer les matériaux composites est donc une opération de longue haleine et l’Amarantie, au temps où elle était la troisième puissance mondiale, s'était déjà penché sur la question par l’intermédiaire de son mastodonte [url=https://simpolitique.net/viewtopic.php?f=1011&t=15096]Metern KIR[/url]. Jusqu’à présent, c’est vers le Lagac’hann que transitent les déchets industriels santognais pour y être revalorisés mais l’indépendance d’un pays n’a pas de prix, surtout lorsqu’il s’agit d’une promesse de campagne des partis gouvernementaux. « On ne peut pas se contenter de se fournir sur un marché mondial monopolisé par un nombre réduit de pays, quand bien même celui qui possède les deux tiers de la ressource serait notre allié. Leur économie passera toujours en priorité par rapport à la nôtre, ce qui est dans la logique des choses. Mais en attendant, ce sont nos industries, leurs salariés, leurs familles, nos familles qui seraient impactés. » a commenté la ministère de l’Economie Inès Teyssère à ce propos.


      [right]Alaïs de Fougasc[/right][/justify]
Sébaldie

Message par Sébaldie »

    • [justify][center][img]https://i.imgur.com/oYuVMvi.png[/img]
      26 juin 2038

      En Mourbie, le projet de raffinerie lorthonienne relancé, la contestation aussi

      [img]https://i.imgur.com/tEoJBfd.png[/img]
      Plusieurs centaines de manifestants ont installé un campement près des marais morbiens,
      où sortira de terre la raffinerie pétrolière de Lorthon Energy[/center]

      Difficilement mais sûrement, le [url=https://simpolitique.net/viewtopic.php?p=342682#p342682]projet de raffinerie[/url] du mastodonte Lorthon Energy s’installe dans la périphérie de Blozals, sur les rives du Méguès. Scellée au nom de l’amitié entre la Santogne et le Lorthon, l’industrie qui devrait créer plus de 600 emplois directs menace un écosystème déjà fragilisé par le trafic fluvial. Une fois n’est pas coutume, la concession a été attribuée au terme d’un débat parlementaire très houleux. L’Alliance du pouvoir populaire, l’un des deux partis de gouvernement, qui a fait la campagne de 2035 sur la promesse d’une Santogne écologiste, a en premier lieu marqué sa forte opposition au projet pourtant signé de la main de l’un de ses membres, en la personne du Vice-Premier ministre Martial Vallotton, qui noue une amitié personnelle avec l’ancien Prime minister Daniel Ceallach. Finalement, après un [url=https://simpolitique.net/viewtopic.php?p=343608#p343608]intense lobbying[/url] à coups de petits cadeaux, les députés de la majorité ont revu leur copie et ont [url=https://simpolitique.net/viewtopic.php?p=343605#p343605]voté[/url] le texte, avec le soutien des conservateurs, des libéraux et d’une partie des sociaux-démocrates. Des militants écologistes ont dès le lendemain investi le site pour marquer leur opposition tandis que les députés de l’Alliance qui ont voté contre le texte appellent le gouvernement à faire marche arrière. Première victoire des opposants, qui obtiennent un report des travaux, notamment en raison de la crise politique au Lorthon qui a conduit à la démission du Premier ministre. De plus, l’intérêt du projet est remis en cause y compris dans les partisans de première heure, pour qui l’adhésion du Lorthon à l’UDO consiste un frein pour les relations économiques bilatérales.

      La fondation de la Communauté des Nations Dytoliennes change la donne, autant que la nomination d’[url=https://simpolitique.net/viewtopic.php?p=347605#p347605]Ulysses Morgan[/url] à la chancellerie du royaume celtique. Pactisant avec l’extrême droite et partisan d’une ligne de gauche pragmatique, c’est-à-dire vendue au capitalisme, le nouvel homme fort de la monarchie pétrolière et gazière donne de nouveaux gages d’amitié à la Santogne et réaffirme encore plus que Ceallach son soutien à la raffinerie morbienne. Si les opposants de Blozals avaient initialement peu d’estime pour le Lorthon, les derniers événements les ont radicalisés. À l’entrée du campement qui s’est installé non loin du gros œuvre – surveillé – de la raffinerie, un mannequin à l’effigie d’Ulysses Morgan, pendu à un arbre par une corde, nous accueille avec un « Welcome ». Plus loin à la sortie du camp, c’est Amanda Asgail, elle aussi suspendue la corde au cou à un arbre par un drapeau lorthonien roulé, qui nous salue avec un « See you ! ». Malgré la répression policière, le campement se maintient… et tente de troubler le bon déroulement des travaux à 500 mètres de là. Des gardes embauchés par Lorthon Energy effectuent 24h/24 des rondes pour s’assurer qu’un opposant ne franchisse les grilles.

      Idéalement situé sur les rives du Méguès, le site est à la lisière des marais morbiens et même si Lorthon Energy promet de filtrer toutes les eaux que la raffinerie rejettera, il est difficile d’en dire autant des émanations qui impacteront sans équivoque le marais et les sols environnants. C’est qu’en dépit des conséquences environnementales, le projet bénéficie d’un fort soutien de la population de Blozals, durement affectée par la crise santognaise. C’est avec un certain dédain que les riverains parlent des opposants. L’un d’eux nous confie :
        • « Ils prétendent être des défenseurs de l’environnement mais ils font des feux de camp et du tapage nocturne. Au-delà de ça, ils n’habitent même pas ici mais sur le littoral, à Fos [Fos-sur-Méguès, la grande ville la plus proche, ndlr] ! Ils viennent le week-end faire du camping et le dimanche soir, ils retournent dans leurs beaux appartements de bobos. Je veux dire, je suis pas anti-écolo et tout, mais il y a des limites. Des marais aux canards, c’est bien joli mais ça donne pas de travail aux chômeurs. »

          [right]- Un habitant de Blozals, partisan du projet[/right]
      Si les retombées économiques s’annoncent en effet bénéfiques, il n’est pas certain que la raffinerie profitera tant que cela à l’emploi local. Les cadres et ingénieurs sont déjà embauchés et parmi les ouvriers qualifiés, Lorthon Energy réserve un nombre non négligeable de postes à des Lorthoniens installés en Santogne. La suite des travaux s’annonce toutefois mouvementée : en dépit de la surveillance du chantier, des sit-in sont prévus par les manifestants.

      [right]Justin Cazal[/right][/justify]
Sébaldie

Message par Sébaldie »

    • [justify][center][img]https://i.imgur.com/oYuVMvi.png[/img]
      9 juillet 2038

      Pompes funèbres et prêtres au chevet de la communauté gitane

      [img]https://i.imgur.com/xqwmM59.png[/img]
      Illustration : Carrosse transportant à Rodessac en 2037 le luxueux cercueil de Kennick
      Jimenez, un riche forain de la communauté gitane de Santogne
      [/center]

      Alors qu’un mur est érigé contre leurs cousins à [url=https://simpolitique.net/viewtopic.php?p=348360#p348360]Aradeș[/url] en Valdaquie, les Gitans de Santogne voient dérouler devant eux le tapis rouge lorsque survient une occasion particulière, un mariage ou un enterrement notamment. Si de fortes disparités de revenus existent entre les différentes familles gitanes santognaises, la plupart ont été assez peu victimes de la crise économique. Au plus fort de celle-ci, ils ont déserté les places de marché de Santogne vers des lieux plus lucratifs de Dytolie. Affranchi, par leur caractère nomade, d’un certain nombre de taxes, la communauté gitane est de manière générale bien lotie, un succès qui jalouse autant qu’il suscite des intérêts économiques. C’est que les liens familiaux restent extrêmement forts dans leurs rangs et, particulièrement pieux, ils ne sont pas avares quand il s’agit d’honorer la mémoire d’un des leurs. Un scandale avait ainsi éclaté à Rodessac – haut-lieu gitan de Santogne – contre un prêtre, le Père Christophe, qui avait l’habitude de prioriser les cérémonies gitanes par rapport aux autres, car plus sujettes aux pourboires. Malgré un rappel à l’ordre de l’Eglise catholique, le Père Christophe continue son acte de favoritisme, en complicité avec une société de pompes funèbres qui pouvait en une cérémonie gitane gagner autant que durant un mois classique. Les funérailles de Kennick Jimenez, dont le nom était associé à la Fête foraine de Rodessac depuis 50 ans, en sont l’illustration la plus manifeste. Des rues entières avaient été louées toute la journée, interdites à la circulation d’autrui, pour que puisse se dérouler sans encombre le cortège funèbre d’un carrosse roulant au pas.

      Le dossier est épineux pour la municipalité, qui doit conjuguer d’une part les plaintes des habitants contre ces passe-droits et les nuisances sonores ; et d’autre part les intérêts de la communauté gitane qui sont aussi les siens, avec de très importantes retombées économiques pour la ville. Les Gitans de Rodessac ont menacé de s’installer à Aubinergues ou Saurelles si jamais des bâtons étaient mis dans les roues du carrosse. Cette hostilité tourne régulièrement à l’affrontement physique entre nomades et riverains sédentaires, mais avec un avantage certain pour les premiers, dont l’union fait incontestablement la force. Tous ne sont évidemment pas logés la même enseigne et des amalgames se créent entre les gitans « autochtones » de Santogne et les tsiganes de Valdaquie – lointainement originaires d’Eashatri – qui tentent leur chance par ici, avec des moyens bien plus modestes. Le sujet crée une fracture au sein de la majorité parlementaire : les partisans de la Ligue du Renouveau (extrême-droite) souhaitent une restriction d’établissement et une taxe sur les caravanes et sur l’occupation d’aires d’accueil alors que l’Alliance pour le pouvoir populaire, qui est arrivé en tête dans la plupart des provinces du sud du pays – où les gitans ont leurs habitudes – refuse de les voir comme des adversaires à la Santogne, mais au contraire des appuis électoraux certains. L’Eglise et les pompes funèbres ont, quant à elles, choisi leur camp.


      [right]Frédéric Gleyzes[/right][/justify]
Sébaldie

Message par Sébaldie »

    • [justify][center][img]https://i.imgur.com/QqBwGBR.png[/img]
      11 juillet 2038

      La jeunesse dorée santognaise pose à des fins politiques (et publicitaires)

      [img]https://i.imgur.com/2FCyvaS.png[/img]
      À l’image de Morgana, la fille de 16 ans d’Alban de Mallonnès qui pose sur le yacht familial,
      les enfants de riches ont pris d’assaut PiouPiou et les autres réseaux sociaux[/center]

      « La jeunesse a subi de plein fouet la crise économique mais ce n’est pas une fatalité, il faut lui redonner espoir et surtout le goût de la réussite personnelle. C’est ainsi qu’on sauvera la Santogne du marasme économique, par la responsabilité individuelle. Si j’étais chômeur, je n’attendrais pas tout de l’Etat. » a annoncé le [url=https://simpolitique.net/viewtopic.php?p=340991#p340991]millardaire Alban de Mallonnès[/url]. Descendant de la vieille noblesse, dépossédée lors de l’abolition du féodalisme, l’homme s’est converti, après une carrière en tant que handballeur professionnel, dans l’industrie agroalimentaire et la vente en gros de viande bovine « innovante » et hyper-protéinée. Conquérant les marchés de Dytolie, l’homme qui a fêté ses 50 ans est pressenti pour conduire la liste du principal mouvement libéral de Santogne aux élections de l’année prochaine. Il dresse un diagnostic plutôt dogmatique de la situation du pays, estimant que les Santognais ont perdu le « sens de l’effort » nécessaire à la relève du pays. « Le [url=https://simpolitique.net/viewtopic.php?f=1292&t=16787&p=348472#p348472]Cap Santogne 2.000[/url] a tué notre pays en allongeant 30 milliards de pistoles au nom de l’innovation, alors que les initiatives auraient dû être individuelles » répète-t-il à l’envi. Depuis plus de trente ans, les libéraux et les chantres de l’orthodoxie budgétaire font de ce Cap Santogne 2.000 un épouvantail à l’origine de tous les maux que le pays a connus. Même s’il commence à devenir vieux, cet exemple continue à être un argument politique imparable contre les tentations de la dépense publique.

      La référence ne parle plus aux moins de 30 ans et pour rajeunir l’électorat libéral, les premiers de cordée de Santogne peuvent compter sur le narcissisme de leurs enfants affichés sans complexe sur les réseaux sociaux. À coup de selfies dans des voitures de sport, sur des yachts, ou dans des hôtels de luxe à l’autre bout du monde, la jeunesse dorée entend susciter l’envie sinon la jalousie maladive de leurs congénères de même âge. Dans un tout autre registre, la mafia utilise le même procédé et promet aux jeunes hommes qui leur resteront fidèles « de la gonzesse à n’en plus finir », des fringues de luxe et des bolides. Alban de Mallonnès défend son modèle : « C’est précisément parce que je ne veux pas que les jeunes finissent dans les griffes de la mafia que j’incite les jeunes talents à montrer qu’on peut arriver aux mêmes fins en empruntant des moyens légaux, sans jamais craindre la prison. ». Le sportif devenu industriel entend ainsi mettre le grappin sur un électorat riche, progressiste et « décomplexé », qui ne se reconnaît pas forcément dans la vieille bourgeoisie traditionaliste de l’Ouest du pays. Sa fille Morgana, du haut de ses 16 ans et de ses 40 kilogrammes, est très prolifique sur les réseaux sociaux et fait partie des jeunes les plus suivis. Devenue une coqueluche médiatique, elle est par ailleurs approchée par les publicitaires et les agences de mannequinat. Si elle se défend d’être utilisée par son père, elle rappelle que rien n’est spontané sur les réseaux sociaux et que la communication politique peut être protéiforme.


      [right]Etienne Bossuet[/right][/justify]
Sébaldie

Message par Sébaldie »

    • [justify][center][img]https://i.imgur.com/rVlXSZ1.png[/img]
      17 juillet 2038

      Delpuech appelle ses partenaires à ne pas céder au
      catastrophisme et à la course aux armements


      [img]https://i.imgur.com/gwdNjP2.png[/img]
      Illustration : Roseline Delpuech avant son discours au meeting de Varaunes[/center]

      À un an des élections, la Ligue du Renouveau a tenu son meeting pour fédérer ses troupes et vanter le bilan du gouvernement. Avec la verve que les Santognais lui connaissent, Roseline Delpuech a enflammé le public de Varaunes, l’un des fiefs du parti. La Communauté des Nations Dytoliennes a occupé une grande partie de son discours fleuve durant lequel elle est revenue sur les critiques qui étaient adressées à l’organisation, qu’elle a reléguées au simple délit de faciès. Pour la Première ministre, ces chicanes sont la preuve que la CND est par essence « anti-système », une manière pour elle de répondre aux critiques internes à son camp hostile à l’établissement d’un marché commun et d’une organisation supranationale que les plus vindicatifs qualifient d’ultra-libérale. Agenda politique oblige, elle est revenue sur les prétentions militaires de plusieurs pays dytoliens, qu’elles trouvent « injustifiées » sinon « ridicules », au regard de l’absence de menaces planant sur le continent. Elle a ainsi appelé ses partenaires à ne pas suivre leur exemple et que les pays qui s’obligent à communiquer tous azimuts sur leurs capacités militaires cachaient une incompétence dans la stratégie de leur état-major. « Vous savez ce qu’on dit des hommes qui roulent dans de grosses bagnoles… » a-t-elle insinué, avec le sourire, provoquant l’hilarité d’un public majoritairement masculin et populaire, à l’image de l’électorat de la Ligue. Rodée à l’exercice du « parler-vrai » et du « parler-simple » pour mieux s’adapter à son électorat, Delpuech entend enrayer la baisse annoncée de la Ligue aux prochaines élections. « On ne va pas dépenser des milliards pour concocter une bombe qui prendra la poussière dans un hangar secret, c’est ridicule ! » a-t-elle plaidé, préférant « investir dans les solutions de demain, que de marcher au bruit des bottes vers une grandeur passée plus fantasmée que réelle ».

      Ce conseil n’est pas sans arrière-pensée : la Première ministre craint en effet que les évènements internationaux insufflent une dynamique à l’industrie militaire, qui profiterait aux économies militarisées, ce qui n’est pas le cas de l’économie santognaise. Surtout, alors que le pays entend réduire sa dépendance aux importations en minerais de fer, Delpuech craint que la ressource en soit dévoyée au détriment de l’industrie civile. Au chapitre international, la Première ministre est cependant restée peu loquace quant aux menaces de la Santogne de rompre les relations diplomatiques avec les pays qui ne coopéreraient pas en matière fiscale. Ses adversaires de gauche, pour qui le thème est très porteur, et qui sont également ses partenaires de coalition, regrettent que le gouvernement ait sacrifié cet engagement sur l’autel de la Realpolitik, en prenant l’exemple du Conglomérat de Caeturia, qui est parmi les Etats les moins coopératifs au monde, avec lequel la Santogne a signé un contrat d’approvisionnement en lithium. On est loin de la rupture de relations diplomatiques. Mais s’il y a un mot qui est souvent revenu durant le meeting, c’est celui de « paix ». Le gouvernement populiste entend ainsi redorer son image, en faisant du Système l’agresseur belliqueux, et présentant le modèle santognais comme celui de la paix entre les peuples. Au besoin, la signature de la Convention pour l’Interdiction des Armes de Destruction Massive est là pour la rappeler. Mais c’est surtout la paix des électeurs santognais avec leur gouvernement que Delpuech a cherché à acheter, depuis que le discours anti-élus qui caractérisait la Ligue est devenu désuet, en raison de son accession au pouvoir.


      [right]Lucian Chabrol[/right][/justify]
Sébaldie

Message par Sébaldie »

    • [justify][center][img]https://i.imgur.com/iB4oEW7.png[/img]
      18 juillet 2038

      Aux Beaumes-du-Sarioux, pierres qui roulent amassent bourses

      [img]https://i.imgur.com/fIoBbi8.png[/img]
      La lithothérapie est cliente des minéraux des Beaumes, un succès qui s’exporte à l’international[/center]

      Le [url=https://simpolitique.net/viewtopic.php?p=341252#p341252]Sarioux[/url] fait partie des régions les plus visitées de Santogne. Pour les catholiques, qui vénèrent Marie, le Sarioux recèle une relique supposée de la sainte, qui aurait selon certains évangiles apocryphes séjourné ici. Depuis lors, pour le plus grand plaisir des commerçants et des hôteliers, les pèlerins viennent en masse méditer et se ressourcer dans les eaux prétendues miraculeuses. Pour le mouvement New Age, le bonheur est ailleurs, enfoui dans les grottes et prenant la forme de cristaux de toutes les couleurs auxquels les croyances ésotériques prêtent des vertus elles aussi bienfaitrices. En 2031, des membres d’une secte se sont jetés des hauteurs des Beaumes sur consigne de leur gourou qui leur promettaient le paradis. Si cette quête du bonheur est aussi vieille que le monde, elle a pris de l’ampleur à l’aune de la crise santognaise. Conjuguée à une forte méfiance des dogmes mainstream, elle a contribué à l’explosion de la demande pour les médecines alternatives. À l’image de [url=https://simpolitique.net/viewtopic.php?p=348280#p348280]Jòrdi, le magnétiseur exilé en Grande-Basilogne[/url] dont nous avions dressé le portrait le moins dernier, la lithothérapie gagne sensiblement du terrain en Santogne. Les carnets de commandes des tailleurs de pierres du Sarioux sont pleins en conséquence pour répondre à cette demande exponentielle, sauvant par la même occasion un artisanat voué à la disparition. Cornaline, agate, améthyste, obsidienne, labradorite, citrine, calcite et autres quartz… chaque minéral aurait selon les lithothérapeutes des vertus bénéfiques pour la santé et le psyché, mais non prouvées par la médecine conventionnelle.

      Ses partisans se défendent d’être des charlatans et se disent convaincus des bienfaits de ces pierres. Si la lithothérapie a connu un réel développement à partir de la fin du XXe siècle, son origine en Santogne serait bien plus ancienne, puisant sa source dans les échanges entre la Santogne et l’Eashatri et le Kaiyuan. Utilisées par les moines taoïstes kaiyuanais pour rétablir la libre circulation de l’énergie dans le corps, les pierres trouvent également un écho dans la tradition hindoue eashe. La « fréquence vibratoire » supposée des cristaux n’est pas sans rappeler la conception des sept chakras, qui influenceraient l’attitude générale d’une personne. Les [url=https://simpolitique.net/viewtopic.php?p=348434#p348434]Prébinettes[/url], le quartier kaiyuanais de Forcastel, regorgent de boutiques ésotériques de ce type même si elles appellent à la plus grande prudence, en raison du nombre important de faux minéraux transformés qu’on y retrouve. Devant l’affaiblissement de l’autorité de l’Eglise en Santogne et la crise des idéologies, qui a mené à l’élection de populistes, cette passion pour la lithothérapie illustre, malgré elle, la crise identitaire que vit actuellement la Santogne mais aussi une partie du monde occidental, notamment dans une Amarantie ravagée par la guerre et ébranlée de ses certitudes, où elle trouve un écho favorable. Au contraire de certaines alternatives qui peuvent être dangereuses, le ministère de la Santé ne juge pas nécessaire de réglementer ce qui se limite pour lui à de la « vente de cailloux inoffensifs ». Le gouvernement ne crachera pas non plus sur le profit de plus en plus important qu’engendre ce commerce, et sur l’entrée de devises étrangères dans les caisses de l’Etat, par l’intercession des saints Beaumes-du-Sarioux.


      [right]Bruno Allaire[/right][/justify]
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