Posté : mar. août 22, 2017 2:32 pm
[center]Là-bas, sur la colline...[/center]
[center][img]http://nsa38.casimages.com/img/2017/04/01/170401043455138419.png[/img][/center]
Les six miliciens du SFL qui gardaient l'entrée du fort s'étaient réunis sous la bâche disposée aux pieds d'une des deux tourelles de l'édifice, à droite des portes qu'ils étaient censés garder. De la glacière sous la table ils sortaient les sodas qu'ils voulaient, à mesure que leur partie de poker avançait, se finissait et recommençait. Il était déjà seize heure, au moins, mais l'absence d'arbres à l'horizon, l'absence de bâtiments et la répétition inlassable des dunes couvertes d'herbes séchées par l'automne et ses vents de sable, pouvait faire perdre la notion de temps. Le bruit d'une voiture, du moins, les ramena à la réalité, et chacun dut reprendre son poste, qui en faction, qui à l'intérieur du poste, qui à la barrière pour la soulever à temps si patte blanche était montrée.
Le convoi qui arrivait, une voiture et deux motos, portait les enseignes du Gouvernement. Le conducteur ouvrit sa fenêtre, montra les papiers, et le garde salua dans la foulée avant que ses compagnons n'ouvrent l'accès aux véhicules. Le petit convoi put entrer dans le fort, un édifice rectangulaire d'au moins 6 hectares, dont la chaux des créneaux avait tendance à s'effriter, pour laisser apparaître la pierre ocre dont il avait été dressé. À l'intérieur, la voiture pénétra au milieu de bâtiments militaires, des immeubles aux modestes casemates et aux tentes, abritant là des ingénieurs spécialistes du désert ou de la surveillance, ici des recrues régulières bivouaquant un moment avant les exercices de la nuit. Le véhicule gouvernemental alla trouver une place devant le comando, QG du camp militaire, et centre de direction d'une série d'emplacements paramilitaires sous la houlette du Servizio degli Figli della Lupa, dernière grande institution héritée du fascisme.
Un homme en uniforme, un officier, aux insignes argentées de l'ordre et aux médailles, rares mais scintillantes, de la Ligue, qui reposaient sur son costume noir terni par le sable, attendait le politique en bas des marches. Les Carabiniers qui escortaient la voiture le saluèrent avant de disposer pour aller au restaurant du camp. Le Président nazalien donna une poignée de main vive au milicien qui lui rendit un salut au garde-à-vous.
Abo Darfi : Je préfère qu'on marche.
Simone Zagri : Ce n'est pas l'armée ici, il n'y a pas de mouchards dans les bureaux.
Les deux hommes restèrent cependant à l'extérieur, et se dirigèrent en direction d'une placette intérieure aux jardins du bâtiment, derrière celui-ci, pour aller s'asseoir face au bronze d'un aigle écrasant un tank dans ses serres.
Simone Zagri : Que puis-je faire pour vous, Monsieur le Président ?
Abo Darfi : Quelque chose se prépare, je veux que vous le sachiez. Il marqua une pause... Je sais que vous le savez déjà.
Simone Zagri : Des vents ou des courants violents, par ce temps, vous vous doutez bien que personne n'y croit.
Abo Darfi : Justement, je vous demande de mobiliser vos contacts et de demander à être au courant du maximum. Veraldini n'a même pas cherché à négocier notre silence, pourtant il a été prévenu.
Simone Zagri : Les renseignements militaires en savent-ils plus que nous, au SFL ?
Abo Darfi : Probablement pas, mais nous comme vous nous doutons de ce qui se prépare. Il faut que le SFL soit sur le qui-vive pour discuter directement avec les autres partis, car lui n'a pas de comptes à rendre aux politiciens de Cartagina. Il faut faire pression, qu'en face ils comprennent que nous chercherons à tirer notre épingle du jeu, qu'importent les promesses séniles de Veraldini.
Le Directeur Général du SFL regarda avec plus d'insistances les rides marquées du milliardaires nonagénaire.
Abo Darfi : Vous pensez que les deux enculeurs d'enfants d'outremer sont de meilleures mises au Conseil ?
Simone Zagri : Mes hommes ne croient pas à vos aptitudes de Dictateur, mais ils placent en vous davantage de confiance qu'envers les deux autres Présidents, pour l'avenir.
Abo Darfi : Je ne veux pas être dictateur, c'est trop d'emmerdes.
Simone Zagri : Je m'en doute.
Abo Darfi : Moi je n'ai pas le choix, par rapport à mes convictions, je mise sur vous, et je continuerai de défendre votre institution et ses prérogatives. Vous n'avez pas le choix non plus, je suis votre seul soutien là-haut, et je dois changer le système avant de crever afin que vous ayez une chance après ma mort, quand l'autre grosse sera au Conseil. Esciarcopolo, Mascarpone et Zebbo réunis, et ils donneront la clef du pays aux Barbares.
Simone Zagri : Vous me demandez d'avancer des pions aujourd'hui pour demain. Mais sans l'armée, je ne vois pas où ça peut nous mener.
Abo Darfi : Si vous avez du répondant positif en face, je me chargerai de faire entrer l'armée en jeu. J'ai passé ma vie à bosser avec les proches de tous ces gens, certains sont mes amis, j'ai des dossiers en carbone sur beaucoup d'entre eux, à commencer par Veraldini. Le jour où il faut envoyer l'armée, c'est moi qui décide.
Simone Zagri : Et le lendemain, ce sont vos dossiers qui sortent.
Abo Darfi : On s'en fou du lendemain, je vous ai dit que j'étais un homme de convictions.
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Les six miliciens du SFL qui gardaient l'entrée du fort s'étaient réunis sous la bâche disposée aux pieds d'une des deux tourelles de l'édifice, à droite des portes qu'ils étaient censés garder. De la glacière sous la table ils sortaient les sodas qu'ils voulaient, à mesure que leur partie de poker avançait, se finissait et recommençait. Il était déjà seize heure, au moins, mais l'absence d'arbres à l'horizon, l'absence de bâtiments et la répétition inlassable des dunes couvertes d'herbes séchées par l'automne et ses vents de sable, pouvait faire perdre la notion de temps. Le bruit d'une voiture, du moins, les ramena à la réalité, et chacun dut reprendre son poste, qui en faction, qui à l'intérieur du poste, qui à la barrière pour la soulever à temps si patte blanche était montrée.
Le convoi qui arrivait, une voiture et deux motos, portait les enseignes du Gouvernement. Le conducteur ouvrit sa fenêtre, montra les papiers, et le garde salua dans la foulée avant que ses compagnons n'ouvrent l'accès aux véhicules. Le petit convoi put entrer dans le fort, un édifice rectangulaire d'au moins 6 hectares, dont la chaux des créneaux avait tendance à s'effriter, pour laisser apparaître la pierre ocre dont il avait été dressé. À l'intérieur, la voiture pénétra au milieu de bâtiments militaires, des immeubles aux modestes casemates et aux tentes, abritant là des ingénieurs spécialistes du désert ou de la surveillance, ici des recrues régulières bivouaquant un moment avant les exercices de la nuit. Le véhicule gouvernemental alla trouver une place devant le comando, QG du camp militaire, et centre de direction d'une série d'emplacements paramilitaires sous la houlette du Servizio degli Figli della Lupa, dernière grande institution héritée du fascisme.
Un homme en uniforme, un officier, aux insignes argentées de l'ordre et aux médailles, rares mais scintillantes, de la Ligue, qui reposaient sur son costume noir terni par le sable, attendait le politique en bas des marches. Les Carabiniers qui escortaient la voiture le saluèrent avant de disposer pour aller au restaurant du camp. Le Président nazalien donna une poignée de main vive au milicien qui lui rendit un salut au garde-à-vous.
Abo Darfi : Je préfère qu'on marche.
Simone Zagri : Ce n'est pas l'armée ici, il n'y a pas de mouchards dans les bureaux.
Les deux hommes restèrent cependant à l'extérieur, et se dirigèrent en direction d'une placette intérieure aux jardins du bâtiment, derrière celui-ci, pour aller s'asseoir face au bronze d'un aigle écrasant un tank dans ses serres.
Simone Zagri : Que puis-je faire pour vous, Monsieur le Président ?
Abo Darfi : Quelque chose se prépare, je veux que vous le sachiez. Il marqua une pause... Je sais que vous le savez déjà.
Simone Zagri : Des vents ou des courants violents, par ce temps, vous vous doutez bien que personne n'y croit.
Abo Darfi : Justement, je vous demande de mobiliser vos contacts et de demander à être au courant du maximum. Veraldini n'a même pas cherché à négocier notre silence, pourtant il a été prévenu.
Simone Zagri : Les renseignements militaires en savent-ils plus que nous, au SFL ?
Abo Darfi : Probablement pas, mais nous comme vous nous doutons de ce qui se prépare. Il faut que le SFL soit sur le qui-vive pour discuter directement avec les autres partis, car lui n'a pas de comptes à rendre aux politiciens de Cartagina. Il faut faire pression, qu'en face ils comprennent que nous chercherons à tirer notre épingle du jeu, qu'importent les promesses séniles de Veraldini.
Le Directeur Général du SFL regarda avec plus d'insistances les rides marquées du milliardaires nonagénaire.
Abo Darfi : Vous pensez que les deux enculeurs d'enfants d'outremer sont de meilleures mises au Conseil ?
Simone Zagri : Mes hommes ne croient pas à vos aptitudes de Dictateur, mais ils placent en vous davantage de confiance qu'envers les deux autres Présidents, pour l'avenir.
Abo Darfi : Je ne veux pas être dictateur, c'est trop d'emmerdes.
Simone Zagri : Je m'en doute.
Abo Darfi : Moi je n'ai pas le choix, par rapport à mes convictions, je mise sur vous, et je continuerai de défendre votre institution et ses prérogatives. Vous n'avez pas le choix non plus, je suis votre seul soutien là-haut, et je dois changer le système avant de crever afin que vous ayez une chance après ma mort, quand l'autre grosse sera au Conseil. Esciarcopolo, Mascarpone et Zebbo réunis, et ils donneront la clef du pays aux Barbares.
Simone Zagri : Vous me demandez d'avancer des pions aujourd'hui pour demain. Mais sans l'armée, je ne vois pas où ça peut nous mener.
Abo Darfi : Si vous avez du répondant positif en face, je me chargerai de faire entrer l'armée en jeu. J'ai passé ma vie à bosser avec les proches de tous ces gens, certains sont mes amis, j'ai des dossiers en carbone sur beaucoup d'entre eux, à commencer par Veraldini. Le jour où il faut envoyer l'armée, c'est moi qui décide.
Simone Zagri : Et le lendemain, ce sont vos dossiers qui sortent.
Abo Darfi : On s'en fou du lendemain, je vous ai dit que j'étais un homme de convictions.