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Posté : sam. mai 30, 2015 4:12 pm
par Johel3007
Vers le Front

[img]http://s11.postimg.org/igqe7khjn/160574074.jpg[/img]

27/07/2023
Aérodrome de Putambé
Cécopie, Zanyane Fiémançais

[url=https://www.youtube.com/watch?v=WJxHV_F89kA]Ambiance musicale[/url]

Laissant les mouches festoyer de la dernière offrande que son auguste derrière venait de faire à la terre de ce continent, Saburo quitta le cabanon en toute hâte, sa ceinture à moitié bouclée tant était grande sa hâte de quitter les lieux. C'est que des latrines, en temps normal, cela n'avait déjà pas une odeur des plus aguichantes mais sous le soleil du Sud et sans système d'égouts, la situation pouvait vite devenir pestilentielle. Un détail qu'on parvenait presque à ignorer lorsque venait l'envie pressante mais qui revenait avec d'autant plus de force lorsque l'appel de la nature était comblé. Les nasaux en feu, le pilote makiran s'avança donc jusqu'au hangar, choisissant de ne pas répondre aux commentaires amusés des indigènes, blancs comme noirs, qu'il ne comprenait de toute façon pas. Foutu pays, foutue chaleur, foutu barbares et leur foutue cuisine. Si son estomac ne tolérait pas cette dernière, Saburo ne tolérait les précédents qu'en raison du chèque qu'on lui avait promis... Chèque qu'il était d'ailleurs l'heure de mériter.

Dans le hangar, un avion à hélice Heng-300X qui, selon les papiers, faisait partie des premiers modèles produits. Il avait dû connaitre des jours meilleurs en Alméra en tant qu'avion de tourisme ou d’épandage de culture. Mais, après plus d'une décennie de carrière et de sérieux soucis mécaniques, l'engin avait été jugé trop défectueux pour les standards Thorvaliens, déclassé, envoyé à la casse, racheté en sous-main au prix de la ferraille, acheminé au Zanyane et revendu à une agence de tourisme local. Celle-ci, au vu des derniers événements en Cécopie, avait mis la clé sous la porte et plié bagages en laissant pas mal de trucs derrière, dont ses vieux coucous et ses employés zanyanais, les seconds s'étant rapidement approprié les premiers en guise de préavis. Racheter le tas de ferraille s'était avéré facile, même si aucune garantie n'accompagnait les clés.
Faisant un geste en direction des pompistes, Saburo leur ordonna de faire le plein tout en sortant les livres de Nankin pour payer le carburant. Le plus costaud des trois pompistes allait mettre en place le tuyaux mais Saburo l'arrêta net d'un cri, lançant un regard aux deux autres en faisant tourner son index pour leur indiquer de commencer à pomper. Quelques secondes après, un jet sombre s'échappait du tuyau. Le Makiran attendit un moment avant de les arrêter, satisfait : son essence n'était pas coupé à l'eau. Plus d'un pilote dans cette partie du monde avait eu la mauvaise surprise de découvrir la situation en plein vol, son moteur agonisant tandis qu'au sol, une bande de mécanos s'était fait un peu d'oseille en revendant une deuxième fois le carburant qu'il n'avait pas placé dans le réservoir du premier client. Les zincs Thorvaliens étaient conçus pour endurer beaucoup et dans la plupart des cas, il était possible de se poser mais Saburo préférait évité de tenter la chance. Aussi, le carburant coûtait déjà assez cher comme ça avec le blocus sans qu'il n'ait à payer pour de la flotte !!


???? :
"Géologue"
"- Prêt au décollage, pilote ?"

La voix, brin de fraicheur dans la moiteur ambiante, appartenait à sa cliente. Courte sur pattes même pour une Makiranne et un peu ronde, affublée d'une casquette "Supralta" d'un mauvais goût consommé, un Tshirt en coton pourtant déjà taché de sueur et qui peinait à cacher le morceau d'abdomen qui dépassait d'un short trop moulant. Ses yeux, cachés derrière des lunettes solaires presque opaque, achevait d'ôter le moindre charisme au personnage. Mais elle avait une belle voix, comme quoi la nature n'était pas trop cruelle.

Saburo :
Pilote
"- Ils finissent le plein, je vérifie deux ou trois trucs et on est prêt. Du coté, de votre matériel tout va bien ?"

???? :
"Géologue"
"- J'ai passé la soirée à vérifier chaque boulon, comme vous l'avez fait pour votre avion. Mais avec cette humidité..."

Hochant la tête, il fit mine d'examiner le plan de vol qu'ils avaient convenu la veille.
Pour une géologue de terrain payée par une grosse compagnie minière, elle supportait assez mal le climat, la cliente. Son histoire puait le mensonge presqu'autant qu'elle la sueur mais l'argent n'avait pas d'odeur. Et puis, Saburo était mal placé pour lui reprocher de ne pas aimer le pays. En ce mois de Mars, supposé être le début de l'automne, la chaleur restait bien présente à Putambé alors que les pluies étaient déjà là, ajoutant une couche d'humidité à la température pour un cocktail respiratoire infernal. Mais au moins, il n'avait pas à craindre la poussière dans son moteur... ou les insectes, dont certains spécimens locaux pouvaient atteindre la taille d'un poing humain.
Le plan de vol prévoyait d'explorer une zone située au large des côtes. Deux heures de vol pour l'allée, suivi de deux heures de vol pour le retour, le tout avec sans doute quelques acrobaties selon l'évolution de la météo. Tout ça pour que Madame puisse pointer son laser vers les vagues. L'utilisation du LIDAR pour la prospection des fonds océaniques n'était pas neuve mais quand Saburo avait demandé ce que sa cliente recherchait, elle n'avait pas répondu clairement. Aussi, l'engin était massif, tenant à peine dans l'habitacle arrière de l'avion et fleurtant dangereusement avec la limite de cargo officielle. Saburo n'avait jamais vu un système LIDAR aussi volumineux et se demandait vraiment pourquoi une compagnie minière avait besoin d'un truc aussi puissant.


Saburo :
Pilote
"- Simple question. Vu le bestiaux, j'suis sûr que vous en prenez soin. Il va profond ?"

???? :
"Géologue"
"- J'obtient des relevés précis à 30 centimètres près sur une profondeur de 50 mètres sur le littoral. Au large, avec une eau moins chargée en particule, on peut aller beaucoup plus bas mais la précision diminue rapidement avec la profondeur. Disons qu'on peut aller jusqu'à 100 mètres, dans les conditions locales, avant que les données reçues ne deviennent inutiles."

Et puis ce fut le silence, pesant et gênant pour Saburo, habitué au coté causant et enthousiaste des touristes plutôt qu'au flegmme professionnel de la jeune femme. Leurs rares conversations tournaient invariablement autour des aspects professionnels de cette mission et coupaient court dès que Saburo cherchait à aborder un coté plus privé. Aujourd'hui et le reste la semaine, le LIDAR. La semaine prochaine, le largage de bouées. Et après, les Kamis seuls savaient ce que la cliente voudrait faire au dessus des eaux. Mais bon, c'était des semaines de travail garanti et, dans le contexte actuel, il aurait été stupide de refuser juste pour une question de différence de caractères.

Posté : ven. août 14, 2015 2:05 pm
par Johel3007
Tous les coups sont permis

[img]http://s14.postimg.org/sbfaoc6u9/Sang_o_Class_N_Korean_Submarine.jpg[/img]

12/11/2027
Côte de Lushan


Perché sur un rocher surplombant la côte, habillé d’un costume de bonne qualité et légèrement tape-à-l’œil, Pui Yu aurait eu l’air d’un de ces touristes citadins de bonne famille qui venait de Jiyuan ou Kanton pour visiter la région de Lushan sous prétexte d’admirer le grand bouddha, de prendre l’air marin, de découvrir les marchés traditionnels de la grande ville, voir même de s’autoriser une excursion par-delà les barbelés de la frontière du Shankhaï, où des Simboks bien dressés raconteraient « les horreurs du collectivisme autoritaire » tout cherchant à vendre quelques souvenirs « pour nourrir leurs familles »… puis finir le weekend à s’encanailler dans les quartiers chauds de Lushan, s’offrant une compagnie d’une nuit avec un peu de charme, quelques bières et surtout beaucoup de dollars avant de reprendre à l’aurore l’avion vers les mégapoles de la péninsule Raksasanne.
Mais l’héritier du trône de Lokfol n’était pas ici en simple touriste. Tout d’abord parce qu’il connaissait déjà fort bien la ville, ayant fréquemment eu à y rencontrer des associés de son oncle ainsi que ses propres associés depuis quelques années. Mais ce n’était que la seconde raison de sa présence. La première raison se trouvait en contrebas, barbotant dans les flots sauvages qui frappaient les falaises à un rythme régulier. Là, clairement visible au milieu de l’eau turquoise, ses lignes rappelant celle de quelques cétacés difformes, le dernier né des chantiers des Triades Dorées se préparait pour un nouveau plongeon, son équipage en tenue et prêt au pire. Cela faisait quelques années déjà que les Triades Dorées faisaient usage de sous-marins « artisanaux » pour leurs opérations de contrebande. Si la drogue demeurait le produit phare, virtuellement n’importe quel bien pouvait être transporté dans ces cigares qui, une fois peints de gris, bleu et vert, passaient largement inaperçus au large, même émergés.
L’opération était généralement rentable, les versions les plus performantes de ces sous-marins de poche coûtant à peine 2 millions $RAK et permettant de transporter jusqu’à 10 tonnes d’héroïne en plus de l’équipage et autres provisions. Une telle quantité de marchandise, dans la rue, avait une valeur moyenne d’un bon quart de milliard $RAK, sur lesquels Suggar Daddy, usine de raffinage à Lokfol, touchait un bon 25 milliards $RAK. Les 1230% de plus-value justifiaient largement les risques, d’autant qu’avec l’agonie de la Main Noire et avec elle la chute de la production de stupéfiants à Juvna et au Makengo avait fait s’envoler les prix mondiaux, amorçant une ère d’expansion renouvelée où les Triades Dorées entendaient se tailler leur part.

Mais pour Pui Yu, les submersibles offraient d’autres possibilités que la seule contrebande, une vision qu’il partageait avec beaucoup de monde, y compris certains membres du Syndicat pour la Solidarité Paysanne. Les fanatiques communistes du SSP avaient été des pionniers dans l’usage offensif des sous-marins de poche, prenant par surprise une flotte militaire entière et envoyant par le fonds plusieurs navires de transport avec troupes et matériel. Analysé à froid, la performance avait été un carnage dans les rangs du SSP, qui y avait perdu sa flotte entière de sous-marins ainsi que des centaines de partisans loyaux et entrainés. Mais l’impact stratégique avait valu le risque, permettant à une révolution de s’épanouir et de triompher au Lychaka. Et surtout, le SSP avait prouvé que ces sous-marins de poche à la coque en polymère et fibre de verre étaient bel et bien indétectables si on ne les cherchait pas activement. L’absence d’un tube lance-torpille présentait ses propres limites, tout comme la faible vitesse, manœuvrabilité, autonomie et profondeur de descente de l’engin. Mais l’un dans l’autre, cela méritait d’explorer les possibilités face à des cibles désarmées.
À cet effet, Pui Yu avait financé sur ses propres fonds l’envoi d’une expédition visant à racketer l’entreprise Nakano Croisières, en Hokkaido. Fier, le patron de cette entreprise avait refusé sec… et un de ses navires avait coulé. Il avait fallu du temps et beaucoup de préparations pour acheminer le sous-marin, l’équipage et les deux torpilles au large du Kaiyuan. Aussi, à ce jour, Nakano Croisières refusait toujours de payer. Mais cela avait valu le coup : aujourd’hui, ce même équipage était de retour pour tester un autre sous-marin, plus moderne, amélioré selon les leçons tirées de cette expédition et des missions de contrebandes menées par d’autres équipages. Les prochaines versions seraient plus discrètes, plus sûres et plus rapides mais toujours bon marché : après chaque trajet aller-simple, l’équipage avait pour ordre de saborder le sous-marin plutôt que de risquer le trajet retour à vide pendant des mois. Une seule livraison de drogue bien programmée pouvait sans mal remplacer dix fois le coût du sous-marin alors pourquoi prendre le risque de perdre un équipage qualifié une fois l’argent déjà gagné ?

Un autre projet se dessinait aussi lentement. Les autorités d’Hokkaido offraient 50 millions $RAK pour chaque « terroriste » qui leur serait livré, soit assez de tune que pour financer 10 à 20 fois ce que de telles opérations « musclées » coûtaient et sans même avoir à s’embêter à maintenir un réseau de distribution clandestin pour un produit dont le prix chuterait dans les années à venir. Tout ce qu’il fallait faire, c’est frappé des intérêts Hokkai et ensuite faire le sacrifice d’un complice. Le premier test à ce sujet avait été un échec, bien sûr : il avait fallu improviser à partir d’une situation existante et trouver l’agneau sacrificiel APRÈS l’attentat contre le « Whitepearl », de sorte que le pauvre pêcheur qui, en échange d’une fortune pour sa famille, avait accepté d’être jeté en pâture à la justice Hokkai, avait craqué. Les détails étaient encore flous sur le pourquoi exact mais Pui Yu avait l’intuition qu’à force d’essayer, cela marcherait. Après tout, même si ça ne réussissait qu’une fois sur 20, cela resterait un bénéfice, vu ce qu’offrait le gouvernement d’Hokkaido. Et si d’autres gouvernements suivaient l’exemple de l’empire insulaire, Pui Yu pourrait s’acheter un cache-œil, un perroquet et une jambe de bois pour se reconvertir en pirate.

Bien entendu, ces beaux projets attendraient : les largesses et la vulnérabilité des Hokkai semblaient attiré d’autres prédateurs et si frapper un homme à terre n’était pas un soucis, tomber pour les crimes d’un autre car on avait été trop pressé ou trop avide serait dommage. D’autant que le futur politique du prince déchu reprenait du brillant : les sondages de la veille donnaient le PML à 12% !!

Un score immense pour un parti qui, de toute son histoire, n’avait jamais pu dépasser les 3%. Avec un tel score, Pui Yu pouvait envisager sérieusement d’utiliser ce titre hérité de son dictateur de père pour autre chose qu’impressionner dans les soirées mondaines. Son Oncle, d’avantage un père pour lui que son véritable père ne l’avait jamais été, avait peu à peu laisser Pui Yu reprendre les affaires familiales. Le vieil homme, en dépit des traitements de longévité et thérapies géniques, sentait sûrement la fin approcher et cherchait donc avec d’autant plus d’ardeur à accomplir le rétablissement de la monarchie à travers son neveu adoptif. Brave Bô Ka… Si ce n’était pour cette histoire de légitimité dynastique, Pui aurait depuis longtemps pris le patronyme du vieux général.

Un sourire se dessinant en travers de ses joues, Pui Yu inspira à pleins poumons l’air marin, fermant les yeux pour mieux apprécier le rugissement des vagues et le sifflement du vent. Des moments comme celui-là, où il pouvait s’autoriser à la faiblesse sentimentale de la nostalgie et de l’affection filiale, était rares. Ils aimaient ces moments de solide…


????? :
« -Plaisante vue, n’est-ce pas ? Meilleure que celle que vos amis ont depuis en bas »

…principalement car ils ne duraient pas.

Debout à côté d’une jeep garée au bord du sentier, habillé d’un short à fleur et d’un T-shirt « SEX INSTRUCTOR » d’un goût des plus discutables si on considérait la cinquantaine grisonnante du bonhomme, ses mensurations imposantes mises en évidence par des auréoles de sueur en progression rapide et ses petits yeux porcins dissimulés par des lunettes de soleil surmontées d’une casquette vert fluo « New Heaven ». L’homme qui se tenait devant Pui Yu n’avait pas non plus grand-chose à voir avec un touriste citadin de bonne famille… mais il avait bien l’air d’un touriste, avec tous les stéréotypes qu’on pouvait y accoler dans cette partie du monde.
Les autres individus présents, ce compris les gardes du corps de Pui, étaient habillés de manière plus sobre, se contentant de vestons noirs taillés larges. S’ils étaient de corpulences et âges variées, leur apparence formelle ne faisait qu’accentuer le caractère inadéquat du « touriste » au sourire bien trop désinvolte pour quelqu’un de désarmer entouré de truands qui peinaient à cacher leur dégout. Pui Yu se tourna vers le plus âgés des hommes en veston.


Pui Yu :
Prince héritier du trône de Lokfol
« -Vous sembliez alarmé lors de votre appel. Organiser une rencontre ainsi, dans des délais aussi brefs représentait un défi et je comprends la nécessité du secret pour des raisons de sécurité. Mais au vu de SA présence, ces raisons ne s’appliquent pas. Me prévenir aurait été une politesse minimum. »

Le geste du menton désignant le bedonnant individu en T-shirt suffisait à exprimer l’énervement contrôlé de Pui Yu. Quand le boss de Lushan l’avait contacté deux jours plus tôt, Pui Yu venait d’atterrir au Mayong avec l’équipage du sous-marin, récupéré au Kaiyuan où ils avaient patienté plusieurs mois que leur rapatriement soit arrangé dans les règles après qu’un rapatriement clandestin par la mer ait été annulé suite aux renforcements de la sécurité Hokkai et Kai. Il avait eu à faire usage de son influence politique pour éloigner la curiosité policière. De fait, sitôt les armes de ses « gardes du corps » déclarées et rangées dans la soute, les contrôles aéroportuaires s’étaient montré peu regardant au Kaiyuan. On ne souhaitait pas d’incident diplomatique avec ce qui serait peut être l’un des membres du futur gouvernement Wapongais. À peine arrivé au Mayong, il avait eu à présenter ses hommages au Clan Định, famille influente de la Nongju-Babaa dont le patriarche avait été arrêté voici déjà 3 mois et dont les affaires commençaient à souffrir. Son retour à Wapong-City ne lui avait même pas donné le temps d’aller à Lokfol pour faire une apparence en pleine élection : le boss de Lushan l’avait appelé directement (une imprudence au vu des écoutes téléphoniques probablement lancées par le BNI) pour l’inviter avec l’équipage pour tester un nouveau sous-marin mais aussi pour « parler d’une affaire urgente ». Il n’en avait pas dit plus… et avait surtout omis de dire que le Directeur Général des Services Spéciaux de la République serait présent !!

« - Quoique vous en pensiez, Altesse, la sécurité est la raison même de ma discrétion quant à la présence de l’Inamovible Boucher car... »

Ba Hiep Diep :
Directeur Général des Services Spéciaux
« - Flatteur !! »

« -…car les Services Spéciaux ne sont plus la première agence de renseignement au Wapong. Le talent et les connections de Diep sont appréciés mais le flot de dollars du Raksasa offre bien plus de moyens au BNI. Révéler la présence de Diep à l’une de nos réunions sur une ligne sans doute sur écoute du BNI pourrait donner du grain à moudre à ses opposants au sein du Directoire. Et en période électorale où la lutte contre la corruption est grand thème,… »

Ba Hiep Diep :
Directeur Général des Services Spéciaux
« - Et je ne sais comment exprimer ma reconnaissance pour votre silence !! Ou plutôt, oui, j’ai quelques idées mais disons que je vous laisse le choix... Ou au moins l’illusion du choix… Bon, d’accord, soyons bref, que faisons-nous pour votre oncle, Altesse ? »

Pui Yu :
Prince héritier du trône de Lokfol
« -Mon oncle ?!! »

Les manières excentriques et théâtrales du vieil espion fatiguaient Pui Yu, de sorte que celui-ci avait pris l’habitude de les filtrer, ne gardant que l’information essentielle. Cela n’empêchait pas Ba Hiep Diep de prendre au dépourvu le prince à chacune de leurs rares rencontres. Cette fois-ci ne faisait pas exception. Alors que Pui Yu cherchait à comprendre à quoi le Boucher pouvait faire allusion, les boss se lancèrent des regards où se mélangeaient gène et inquiétude.

« -Nous pensions que vous saviez que… »

Pui Yu :
Prince héritier du trône de Lokfol
« -Que je savais quoi ?!! Qu’est-il arrivé à mon oncle ? »

« -Rien !! Rien, rien… c’est juste que sa campagne électorale soulève quelques inquiétudes »

Pui Yu :
Prince héritier du trône de Lokfol
« -Des inquiétudes ?!! »

« -C’est difficile à expliquer sans savoir à quel point vous avez suivi les derniers évènements du pays. Votre oncle a pris quelques libertés avec les accords qui le lient à nous. Et ses discours… »

Ba Hiep Diep :
Directeur Général des Services Spéciaux
« -Oh mais cessez donc d’inquiéter inutilement ce pauvre garçon !! Je vais vous aider !! Tenez !! »

En dépit de la sympathie impliquée par ses mots, il était évident que l’obèse directeur général se délectait de l’ambiance électrique qui régnait. Avec toute la grâce dont un être comme lui était capable, Ba Hiep Diep sortit une feuille chiffonnée de la poche de son short, tendant le morceau de papier à Pui Yu tout en s’inclinant avec emphase, singeant en cela un serviteur présentant une offrande à un roi. Le prince prit le document de la main potelée [url=http://www.simpolitique.com/post265175.html#p265175]et l’inspecta avec hâte.[/url] Il s’arrêta sur une succession de quatre mots, relut la phrase, s’arrêta à nouveau sur les quatre mêmes mots. Le sourire de Ba Hiep Diep s’agrandit en un rictus carnassier qui dévora tout son visage.

Ba Hiep Diep :
Directeur Général des Services Spéciaux
« -Je pense deviner que vous êtes arrivé à la partie croustillante, non ? »

Pui Yu ne put que réprimer de justesse un geste de colère qui aurait pu lui coûter cher. La raison l’emporta toutefois et il garda une façade calme. Il y avait surement une explication. Tout ceci n’était sans doute qu’une tactique électorale. Jamais son oncle…

Ba Hiep Diep :
Directeur Général des Services Spéciaux
« -Donc… que faisons-nous concernant SA MAJESTÉ Bô Ka ? Personnellement, célébrer sa volonté d’assainir not’ beau royaume de la vermine qu’sont les politicienne, les affairistes et autres truands m’convient bien… J’ai toujours rêvé d’être anobli pour mes loyaux services aux nombreux gouvernements que j’ai aidé à faire tomber. Et entre vieillards, je suis sûr que je m’entendrai bien avec not’ bon Roi. Pour vous autres, messieurs, par contre… »

Pui Yu n’eut pas à lever les yeux pour connaitre l’expression des autres parrains des Triades. Aucun d’eux ne souhaitait insisté sur le fait que Bô Ka avait visiblement agi seul et sans même consulter son neveu, ce qui épaississait les doutes quant au fait que cette rhétorique soit purement électorale. Que le vieux roublard s’en prenne en paroles aux Triades face au public était normal et attendu. Mais qu’il annonce prétendre au trône qu’il avait promis à Pui Yu depuis sa plus tendre enfance était pour le moins inattendu mais pouvait, une fois encore, faire partie d’un plan plus large auxquels les patrons des Triades, ou au minimum Pui Yu, pouvaient être associés. Qu’il fasse cela sans en avoir parlé à Pui Yu, son neveu et pour ainsi dire fils adoptif, bras droit et clé de sa légitimité politique, faisait d’avantage penser à un bon vieux coup de palais, voir à une trahison pure et simple.

Pui Yu :
Prince héritier du trône de Lokfol
« -Mon oncle est un vieil homme. Comme tous les vieux hommes et comme tous les hommes d’ailleurs, il a des fantaisies. L’approche de la mort ne fait qu’exacerber ces fantaisies par crainte qu’il ne puisse jamais les réaliser. Si porter la couronne pendant quelques années peut le rendre heureux, je ne vois aucun inconvénient à lui laisser ce plaisir, en tribu à la générosité et loyauté qu’il m’a démontré toute ma vie. Peut-être est-ce son plan, d’ailleurs. Il n’a pas d’héritier biologique et ne peut donc espérer sincèrement fonder une dynastie. Cette affaire de titre n’est donc qu’une maladresse de communication sans conséquence durable, soyez-en certain.
Pour le reste, je m’entretiendrai avec « Zhu Bô Ka » en vue d’alléger vos craintes. »

Posté : lun. août 24, 2015 9:58 pm
par Johel3007
Coulisses du Directoire

[quote="Sovana"][center]Programme de la Coalition des libertés citoyennes :

LNC - PML - CLE - PSR - MTMLC
[/center]


Volet Diplomatique :

Audit de la dette et restructuration, négociations.

Realpolitik indépendante des idéologies, même communistes (quoique moindre initiative envers eux du fait de la LNC, mais possible politique d'apaisement).

Politique d'apaisement avec le Mayong

Volet Économique :

Revenu universel inconditionnel permettant de vivre sobrement (pécule bloqué jusqu'aux 14 ans (âge légal de travail), le montant est distribué par les entreprises pour les salariés/actionnaires, par l'État pour les autres/autres structures, le montant peut varier de plus ou moins 10 % par rapport à la base, selon la volonté de l'entreprise ou l'efficacité économique de l'État, et dans les deux cas/organismes une baisse par rapport à la base doit être justifiée.)

Suppression des Allocations Familiales incitant à la procréation

Démocratie économique via l'actionnaire-salarié


Volet Politique :

Démocratie locale par multi-conseillisme (Le Délégué est impulseur et coordinateur, mais une large manœuvre est donnée à des comités volontaires, encadrés par un personnel favorisant le dialogue et le consensus, n'hésitant pas à interroger des intervenants externes directement concerné par une politique ou problématique. Les volontaires ne peuvent faire partit d'un organisme politique, ne pas avoir de passifs judiciaires de type corruption, etc, et en cas de trop de demandes, sont départagés sur la base de liste préférentielle du conseil où ils voudraient participer, puis tirage au sort.)

Lutte drastique contre la corruption et la politisation des administrations (Ex : BNI), grande surveillance/méthodique des procédures de tirage au sort, des dossiers des volontaires à la démocratie locale, etc. Aidé par le secteur associatif (cf mesures dans le volet social et logistique). Plusieurs programmes d'optimisations des ressources des administrations et d'augmentation de leur efficacité et intégrité.

Création du poste de roi, membre de la dynastie actuelle élu régulièrement selon le suffrage habituel au Wapong sur candidature des membres de la dynastie. Il est chef des armées, représente le pays, signe symboliquement les lois, et valide le gouvernement proposé par le Directoire. Il peut également interpeller le gouvernement pour proposer lui-même des lois.


Volet Social et Logistique :

Encouragement des quartiers fermés et de la généralisation des puces Nanitas

Réforme générale de l'éducation (primaire à l'université) sur le modèle Quest To learn

Nationalisation partielle de l'activité de prostitution

Concentration des grandes surfaces en un lieu de vente unique

Encouragement de l'agriculture biologique traditionnelle, et aéroponique.

Enquête sur les problèmes actuels de nourriture.

Défavoriser la logique du bétail nourri nourricier

Encouragement au sommeil polyphasique

Encouragement du secteur associatif (mutuelle de santé nationale par exemple), et lois très strictes concernant son indépendance (transparence publique obligatoire, forcer le pluralisme financier par des limites structurelles, éviter de manière efficace les chaises tournantes entre associations et hauts postes d'entreprises...)

Effectuer une transition du secteur médiatique entrepreneurial vers un secteur médiatique uniquement associatif (et obligatoire) via des restructurations, l'encouragement au financement participatif, et la création d'une Fédération des Médias Wapongais, où nombre des médias influents actuellement mutualiseraient leurs moyens, bien que son adhésion ne soit pas obligatoire pour une association médiatique. Tout cela encouragerait au final qu'une grande part de l'information soit traité par des journalistes plus passionnés d'informer proprement que militants ou sensationnalistes, tout en garantissant une information objective via un consensus au sein de ladite Fédération. Rien n’empêche ainsi, des médias plus orientés ou moins conformistes d'exister, hors de la Fédération.

Mise en place d'un système d'ordoéconomisme autonome, citoyen, et dynamique. Les associations concernées (via un portail unique, des mutualisations de leurs services de communications et certains autres) édictent des critères à respecter pour des labels (transparence financière, environnementaux, sociaux, démocratie interne, externalités de l'entreprise…), avec des critères plus ou moins stricts selon l'échelle de performance au sein d'un des labels, ou bien une liste noire des entreprises refusant un audit complet. Ce label peut être communiqué ou non par l'entreprise, mais en tout cas obligatoirement par les associations via le portail commun. Ceci permettant ainsi aux consommateurs de pouvoir évaluer rapidement les entreprises via les produits qu'ils achètent d'eux, ou l'information en ligne, voir, relayée par les médias qui seront eux-même associatifs.[/quote]

Posté : jeu. sept. 10, 2015 2:03 pm
par Johel3007
Tous les coups sont permis

Dans une chambre baignée par la seule lumière d’un téléviseur, un vieil homme soupire de contentement. Devant lui, l’actualité défile sur l’écran plasma mais déjà, il n’écoute ni ne regarde plus. Sa main osseuse, jadis puissante mais aujourd’hui fragilisée par l’âge et la maladie, cherche dans le tiroir de sa table de chevet. D’un geste tremblant, il en tire une photo qu’il pose avec respect. Sur ses traits ridés, un sourire triste se dessine tandis que ses doigts effleurent l’image avec tendresse.

Sur l’écran, en boucle, Wapong News Network repasse les images [url=http://www.simpolitique.com/post267706.html#p267706]d’un avion explosant en vol. On parle des victimes, de la tragédie, de la douleur et de la peine du demi-milliard de sujets qui ont perdu un grand souverain et du reste du Makara qui est inconsolable.[/url] Mais en ce soir particulier, au moins une personne au Makara se pleure pas le décès de celui qui, à ses yeux et à ceux de bien d’autres, ne fut qu’un boucher et un arriviste.

Aux bords des lèvres desséchées du vieillard, la voix hésite avant de croasser doucement.


Nute Fan :
Politicien retraité
Te voilà vengée, [url=http://www.simpolitique.com/post74428.html#p74428]ma belle[/url]… ma tendre Liu... ma fille

Fatigué par la chimiothérapie et autres poisons pharmaceutiques censés prolonger son existence déjà bien trop longue, le père de la Révolution de 2012 et du Miracle Wapongais s’endort avec, pour la première fois depuis le Grand Chaos de 2023, une pointe de joie...

Posté : lun. oct. 05, 2015 7:50 pm
par Johel3007
Coulisses du Directoire

[img]http://s28.postimg.org/cyupwshql/conferenceroom.jpg[/img]

L'écran s'allume et l'image d'un homme apparaît. Assis sur une chaise en métal devant une table d'un fini similaire, il est en sueur, les pupilles dilatées et visiblement nerveux, jetant des regards aux alentours. Par endroit, son visage est tuméfié par des marques violettes et vertes. Sa tunique, d'un orange vif, l'identifie clairement comme un prisonnier.

[quote]Interrogateur :
"-Nom, profession et raison de votre présence."

???? :
"-Mais... vous connaissez déjà tout ça et..."

L'interrogatoire est interrompu tandis que le prisonnier est discipliné. Par égard pour les téléspectateurs, l'image à l'écran change pour une scène plus plaisante, même si le son reste, donnant une idée approximative des souffrances qu'infligent l'activation d'une puce disciplinaire implantée directement à la base de la moelle épinière. Dans la salle de réunion, plusieurs des spectateurs notent mentalement de s'opposer à la légalisation de ce genre de gadget, proposé par Nanoware quelques semaines auparavant.

[center][img]http://s11.postimg.org/5k9cchsqb/two_cute_rabbits.jpg[/img][/center]

Interrogateur :
"-Nom, profession et raison de votre présence... s'il vous plait."

???? :
"-Je... Je m'appelle Ok Seok. Je suis un grossiste en nouilles, riz et farines de blé à Lodolik. Et je suis ici car vous croyez que je suis un traitre. Mais c'est faux, je vous assure !! Je ne savais pas que..."

[center][img]http://s24.postimg.org/x645n5bj9/Xyba_fl9sc_Sc5wdi_Y6_Ph_Nt1_N84.jpg[/img][/center]

Interrogateur :
"-Tenez-vous en au fait. Pourquoi êtes-vous un traître ?"

Ok Seok :
"-J'ai accepté de l'argent !! Beaucoup d'argent pour simplement détruire la nourriture que j'avais acheté !! Mais ce n'est pas un crime !! C'est ma propriété, après tout !! La loi m'y autorise !!"

Interrogateur :
"-La loi n'a pas plus d'importance ici que votre vie. Qui vous a donnez cet argent ?"

Ok Seok :
"-Des hommes. Je ne sais pas trop qui ils étaient. Ils avaient un accent Hokkai mais j'en sais pas beaucoup plus."

Interrogateur :
"-Combien de nourriture avez-vous détruit et combien vous ont-ils donné ?"

Ok Seok :
"-Au début, ils m'ont proposé 200 $RAK par tonne. C'était un plus que ce que mes clients étaient prêts à me donner et sans même avoir à faire l'effort de leur livrer ou de protéger les sacs contre la vermine ou les voleurs. Et puis, je pouvais facilement en racheter d'autres le lendemain donc j'ai accepté et j'ai fait brûlé devant eux les 5 tonnes que j'avais dans mon entrepôt."

Interrogateur :
"-Et cela c'est arrêté là ?"

Ok Seok :
"-Non... Quand je suis revenu du port le lendemain, avec un camion plein, ils m'attendaient. Et ils m'ont offerts la même chose. Ils m'ont même donné une belle avance pour que je ramène encore plus de nourriture le jour d'après et que je la fasse brûler aussi. C'était tellement facile. Je me doutais bien que y'avait quelque chose mais bon, c'était tellement facile et les gens qui y ont du fric, ils sont tous un peu fêlés donc j'ai pas réfléchi."

Interrogateur :
"-Ils vous ont toujours donné 200 $RAK par tonne ?"

Ok Seok :
"-Je vous l'ai déjà dit !! Ah !! Non, non, d'accord, d'accord !! Ils... Après deux semaines, je faisais quatre à cinq aller-retour par jour. J'avais même enrôlé mon beau-frère et ses fils pour conduire d'autres camions que j'avais loué juste pour l'occasion. J'offrais même plus de pognon que les autres acheteurs lors des enchères. On brûlait jusqu'à 100 tonnes par jour. Vous vous rendez compte ? 20.000 $RAK en une journée !! Même en enlevant mes frais, ça me laissait un bon 1.000 $RAK en poche et c'était complètement légal !! Et j'avais encore assez pour donner à mes clients habituels...
Mais fatalement, avec tout ça, ailleurs dans la ville et dans les villages autour, les autres grossistes n'avaient plus rien à acheter. La nourriture commençait à manquer et mes concurrents ont fait grimper les prix au-dessus de 200 $RAK la tonne. Alors j'ai demandé plus d'argent et les hommes ont donné 300 $RAK par tonne et j'ai continué... et à nouveau, après une semaine, les prix ont grimpé. J'ai encore demandé plus de pognon et les Hokkais ont dit oui.
La nouvelle s'est répandue et des camions sont arrivés d'ailleurs. Lodolik, Yweth, Pasindal,... Y'avait même des chauffeurs Mayongais venus depuis Nankinville spécialement pour vendre leur nourriture. On en était à 500 $RAK la tonne, à ce moment-là donc je comprends qu'ils fassent le voyage.
C'est là que les Hokkais ont commencé à grincer des dents. Ils ont dis qu'ils me donneraient 800 $RAK par tonne mais uniquement si ils avaient l'exclusivité. Là, j'ai accepté mais j'ai commencé à déconner.
J'avais organisé un véritable réseau, avec vingt-six rabatteurs à qui je donnais 750 $RAK par tonne de nourriture qu'ils me ramenaient. Et à la tombée de la nuit, après avoir fait les comptes avec les Hokkai, on brûlait tout dans une fosse, derrière des murs, pour cacher la lumière. Au matin, j'avais une dizaine de gosses qui venaient avec de l'essence en préparation du soir et qui vidaient la fosse avec leurs pelles. Ils pouvaient garder les cendres pour les vendre aux fermiers de la région. Même avec le coût de l'essence et tout et tout, j'en étais à plus de 800 tonnes par jour. J'ai pas réalisé à quel point c'était gros..."


Interrogateur :
"-Comment vous êtes-vous retrouver ici ?"

Ok Seok :
"-Avec toute cette bouffe et tout ce fric, y'a quelqu'un qui a fini par parler. Et vu que tout le monde crevait la dalle, des gens sont venu de me demander à qui je filais toute cette bouffe que j'achetais. D'abord des clients, qui trouvaient bizarre que j'ai plus rien en stock et qui étaient prêts à renégocier les tarifs. Puis des concurrents qui avaient appris à qui mes rabatteurs livraient la bouffe qu'ils achetaient. Puis des voisins intrigués par les odeurs autant que par le va-et-vient de camions et que par les rumeurs. Puis enfin, y'a eu les p'tits gars des Jeunes Citoyens qui sont venus demandé une part du gâteau en échange de leur protection. J'ai payé. J'en avais rien à foutre, à ce stade. Mais ça les a juste rendu gourmands tandis que d'autres sont devenus curieux.
Finalement, quand les Jeunes Citoyens et les Milices Syndicales se sont tirés dessus devant chez moi, j'ai préféré filé plutôt que de prendre une prune. À quoi bon être riche si on est mort bêtement ? Je suis aller trouver le BNI pour qu'ils protègent mon établissement. Dans les journaux, ils disaient que le BNI était à la recherche de preuves contre le SSP donc j'ai pensé que c'était une bonne idée pour me débarrasser de ces gars-là.
Et ça a marché mais les Hokkais ont disparu aussi. Puis les Jeunes Citoyens sont revenus pour recevoir le deuxième versement de leur assurance-protection et là, j'ai sû que ça sentait mauvais car je pouvais pas continué à les payer éternellement si les Hokkais crachaient plus leur oseille.
Donc j'ai essayé de quitter la ville et c'est là que vous m'avez foutu la tête dans un sac et que je me suis réveillé ici."


Interrogateur :
"-Merci pour votre coopération... J'en ai terminé."

Ok Seok :
"-Hé attendez, elles font quoi ? Vous aviez dit que..."

[center][img]http://s13.postimg.org/56zzoyhyf/image_1.jpg[/img][/center][/quote]

Ba Hiep Diep :
Directeur Général des Services Spéciaux
"-Cette histoire est loin d'être un cas isolé. Les détails varient considérablement mais mes services ont pu identifié au moins une trentaine d'individus agissant comme intermédiaire de ces mystérieux "Hokkais". Certains ont brûlé quelques dizaines de tonnes. D'autres comme notre ami Ok en ont brûlé des milliers. Certains étaient propriétaires, d'autres de simples employés prétextant un vol. De là à en déduire que quelqu'un a cherché activement à affamer le pays, il n'y a qu'un pas.
Ces gens n'ont même pas cherché à récupérer la nourriture pour la revendre plus cher ou pour la revendre ailleurs afin de récupérer au moins une partie de ce qu'ils ont dépensé. En cela, ils ont été à la fois très malins et très stupides.

Très malins car ils se sont rendu compte qu'ils ne pourraient pas évacuer les 20.000 tonnes de nourriture que consomme ce pays chaque jour sans qu'on ne trouve leur trace. Imaginez un peu le train logistique rien que pour le transport : il aurait fallu faire venir une dizaine de navires chaque jour rien que pour évacuer cela. Si cette nourriture devait être transportée en Hokkaido, qui nécessite un voyage de deux semaines, une flotte de 150 navires-cargos devrait être assemblée rien que pour cela. En dehors du simple coût, il y aurait le problème de trouver ces navires mais aussi celui de leur manque total de discrétion : une hausse pareille du trafic naval dans le Détroit de Fzing serait immédiatement visible de tous. Ils n'ont donc même pas essayé, ce qui rendra plus difficile leur identification car les pistes sont pour ainsi dire inexistantes.

Très stupides car il était inévitable qu'une telle stratégie coûterait très cher et ne serait pas tenable à terme. La nourriture est un besoin primaire ce qui, comme le sait n'importe quel élève de secondaire, signifie une très faible élasticité. Peu importe la hausse de prix, la demande se contractera peu. Il en résulte que les 20 millions de Wapongais seront toujours prêts à augmenter la part de leurs revenus allouée à la nourriture si cela est nécessaire car ne pas le faire reviendrait à mourir de faim. Et sitôt que la différence entre le prix local et le prix mondial devient suffisamment grande, des fournisseurs de plus en plus nombreux viendront de plus en plus loin pour profiter de cette différence et la convertir en marge bénéficiaire. Acheter une quantité de plus en plus grande de nourriture dans un contexte où le prix unitaire ne cesse de monter signifie une croissance exponentielle des dépenses pour l'acheteur.

La seule limite réelle la capacité des infrastructures de transport du Wapong... mais là aussi, plus le profit potentiel est grand, plus les fournisseurs se montreront inventifs et investiront finalement eux-mêmes dans l'amélioration de ces infrastructures. Mais nous n'en sommes même pas arrivé là : l'ennemi, qui qu'il fut, a épuisé son budget dans cette aventure et a dû abandonné. Cela aura coûté cher à notre population mais proportionnellement encore plus cher à l'ennemi. Nous avons en fait ici gagné une "bataille économique" sans même avoir conscience que nous combattions. Pour l'ennemi, choisir de livrer cette bataille "au finish" aurait été très coûteux : en prenant comme hypothèse théorique le prix de 800 $RAK par tonne évoqué par monsieur Seok, on parle de 16 millions $RAK par jour. Presque 6 milliards $RAK par an, en assumant que le prix ne grimpe pas dans le temps, ce qu'il fera. Le prix a été augmenté de 600 $RAK en 2 semaines. Si la même progression est appliquée à l'échelle d'une année, le coût pourrait atteindre 15.000 $RAK la tonne en une année. Dans ce cas, là, le coût de maintenir une telle campagne de "blocus alimentaire" sur une année entière serait de plus de 50 milliards $RAK. Faisable, bien entendu, pour n'importe quelle grande puissance. Mais intenable pour la majorité des nations.

Si le Directoire n'a pour ainsi dire rien fait, laissant le marché réglé le problème, chaque faction a eu ses propres réactions."


Cat Tuong :
Directeur Exécutif
"-La LNC a purement et simplement organisé des convois lourdement gardés depuis les ports et à travers la frontière du Mayong pour apporter de la nourriture vers les quartiers fermés, où la population a été informées de la situation. Nous avons eu quelques cas de vol mais rien de dramatique.
Acheter de la nourriture au Mayong nous a permis d'éviter la majorité de la hausse de prix au Wapong, avec un prix moyen de 250 $RAK par tonne pour acheter, transporter, stocker et distribuer la nourriture. En soit, ce fut un succès et tenable moyen terme. Mais pas à long terme...
Laissé hors de l'analyse du Directeur Diep est le fait que, à mesure que les prix locaux grimpent, ceux des régions environnantes grimpent aussi car elles sont elles-mêmes vidées de leurs réserves, vendues de préférence là où le prix est le plus élevé. Ainsi, un ennemi cherchant à livrer une guerre économique au Wapong sur la nourriture provoquerait une famine au Mayong, au Shankhaï et au Choson dans un délai de quelques mois.
Face à cela, la LNC aurait eu à aller chercher de la nourriture plus loin. Dans le village mondial dans lequel nous vivons, le Ranekika est assez proche que pour permettre une telle chose. Et au vu des quantités produites là-bas, il aurait fallut des CENTAINES de milliards PAR SEMAINE à l'ennemi pour y faire grimper les prix à un niveau intenable.
C'est là la meilleure défense face à ce type d'attaque indirecte : garantir par une diplomatie amicale que nous ayons de nombreuses "colonies de peuplement" où d'importantes populations d'origine Wapongaises seront sympathiques à notre cause et liées à long terme à notre économie par une relation d'import-export, de sorte que pour nous affamer, l'ennemi doivent remonter directement à l'ensemble des sources et investir des ressources immenses au point qu'une telle attaque ne puisse être maintenue dans la durée.
Depuis les premiers jours de la République Souveraine du Wapong, cela a été notre politique que d'encourager l'émigration de notre population la moins qualifiée vers des nations disposant de larges quantités de terres arables inutilisées : Ranekika, Numancia, Luania, Icario, Nord-Est du Zanyane, Cécopie, Esmark... et maintenant le Pelabssa.
Même les plans de génocide au Tarnosia et en Alméra Oriental encore à l'étude ne visent ni plus ni moins qu'à libérer des terres cultivables pour nos gens tout en réduisant la demande mondiale pour de la nourriture et donc faire baisser le prix mondial de celle-ci, assurant notre prospérité.

Mais à plus long terme, les deux précédents gouvernements ont étudié des solutions purement domestiques avec YummiCorp et d'autres entreprises. Le PNM, dans sa logique nationaliste, a lancé voici quelques années un projet de culture hydroponique et aéroponique en conteneurs dont la réalisation est encore en cours, ralentie uniquement par nos soucis financiers. Le projet pourra, à terme, fournir le Wapong en nourriture avec pour seule limite réelle notre production d'électricité. Mais actuellement, le coût de l'électricité nécessaire par tonne de nourriture ainsi produite demeure supérieur au simple coût d'importation, d'où le frein très net à l'investissement. La seule vente de l'uranium, au prix actuel, nous rapporte assez que pour nourrir notre population.
Nous recommandons toutefois que soit sérieusement étudiée la possibilité d'une troisième centrale nucléaire en vue de fournir l'énergie nécessaire à un tel projet.
En cas de chute du prix de l'uranium, la centrale fournira une énergie bon marché et de toute façon nécessaire à nos industries et villes mais aussi nécessaire à la production de la nourriture pour notre population ainsi qu'à la production de notre carburant via des entreprises comme Kelp Power.
Si les prix continuent de grimper, nous en bénéficieront quand même à travers nos exportations d'uranium, pour lesquelles l'Union Minière du Wapong travaille actuellement avec Yamato Shipyard à augmenter le volume spécifiquement dans le but de combler la demande mondiale en hausse constante.
Nous pourrons ainsi soit produire à faible coût notre nourriture, soir l'acheter à l'étranger grâce aux recettes du commerce de l'uranium."

Posté : mar. oct. 06, 2015 12:47 pm
par Johel3007
Coulisses du Directoire

La réunion avait quelque chose de familier pour Cat Tuong, lui rappelant ces tête-à-tête fréquents avec Diep lors du premier Directoire sous Nute Fan. Alors que le vieux renard souriait à la presse, Tuong et Diep réglaient les soucis et autres affaires qui ne pouvaient paraitre dans la presse. Le processus avait été gagnant, permettant à Fan de vendre au monde le « Miracle Wapongais » d’un capitalisme sans entraves légales ou éthiques qui s’autorégulerait malgré tout de manière efficace. Le fait que les Services Spéciaux et l’Armée se chargent d’éliminer discrètement les obstacles étaient un détail sur lequel les investisseurs ne s’étaient jamais attarder tout simplement car la majorité l’ignorait. De même, tandis que Nute Fan séduisait les Premiers Délégués à l’Assemblée Citoyenne grâce à une rhétorique toute politicienne, Cat Tuong s’occupait de convaincre les Directeurs Généraux par un argumentaire affairiste lors des réunions du Directoire, là aussi sans forcément révéler plus que nécessaire afin d’éviter une fuite.
Avec le Directeur Général Diep, toutefois, Cat Tuong pouvait parlé de tout. En partie car le Boucher savait se montrer discret… mais surtout car il savait probablement déjà tout ce que Tuong aurait voulu lui cacher. Si, en raison du manque de fonds et de la méfiance du PNM et du SSP à leur égard, les Services Spéciaux avaient perdu de leur superbe internationale de jadis, ils demeuraient un outil de renseignement efficace.

La réunion d’aujourd’hui avait pour but de faire le point sur une série de dossiers sensibles. Ils avaient déjà passé en revue le programme d’armes chimiques à base de ricine dont Cat Tuong avait organisé la désertion d’une des chercheuses lorsque le PNM avait envisagé l’invasion du Mayong National-Capitaliste voisin, le projet de faux monnayage lancé par le gouvernement précédent et désormais mis en pause afin d’éviter une fermeture diplomatique mondiale, le projet d’enfants-soldats partiellement abandonné suite à la révolution au Kweku et désormais repris par plusieurs autres pays,… la liste semblait sans fin et, à présent que les poches sans fonds de Uncle Joe avaient été atomisées, il fallait choisir lesquels abandonner.

Mais dans l’immédiat, c’était la récente attaque économique qui monopolisait la discussion.


Cat Tuong :
Directeur Exécutif
« -Notre petit discours d’hier devrait contribué à mettre la pression sur la coalition pour octroyer d’avantage de ressources aux infrastructures de production alternative de nourriture, pétrole et uranium ainsi qu’aux infrastructures électriques nécessaires à ces productions alternatives. En soit, l’ennemi, qui qu’il soit, nous a donné des arguments pour notre politique. Mais la question de son identité demeure. Il est bon d’avoir identifié nos faiblesses face à une menace mais le mieux reste encore d’éliminer ceux qui seraient tenté de matérialiser cette menace. Des progrès ? »

Ba Hiep Diep :
Directeur Général des Services Spéciaux
« -Limités. J’ai pu confirmer certains soupçons mais l’ensemble reste vague. Mes agents provocateurs n’ont pas eu le succès voulu. Ou plutôt, ils ont eu TROP de succès. »

Cat Tuong :
Directeur Exécutif
« -Comment cela ? Il y aurait plus d’un ennemi à l’œuvre ? »

Ba Hiep Diep :
Directeur Général des Services Spéciaux
« -Peut être. Peut-être pas. Toujours est-il que sur dix agents chargés de faire peur à certains gouvernements étrangers soupçonnés d’être impliqués, XXX ne donnent plus signe de vie depuis trois jours. Peut-être ont-ils juste eu un accident sans rapport mais la coïncidence est étrange. Je suppose que les gouvernements visés auront préféré neutraliser les maîtres-chanteurs, malgré que cela ait eu lieu sur un sol étranger au leur. Quoi qu’il en soit, le retour de XXX de nos agents est un bon argument en faveur de l’innocence de leurs cibles.»

Cat Tuong :
Directeur Exécutif
« -Tandis que la disparition des autres est un argument en faveur de la culpabilité de leurs cibles. De qui s’agit-il ? »

Ba Hiep Diep :
Directeur Général des Services Spéciaux
« -Notre agent au Perlian a disparu après y avoir contacté l’ambassadeur Tarnois en poste là-bas. Notre agent à Jiyuan a également cessé d’émettre alors qu’il devait contacter l’ambassadeur d’Hokkaido. Cela n’incrimine pas pour autant ces pays, de même que cela n’innocente pas les autres. Mais je recommande que nous envisagions de diriger une future enquête vers ces deux nations. À d’autres niveaux, l’ambassadeur d’Aiglantine posté à Opemont a accepté de revoir notre agent… »

Cat Tuong :
Directeur Exécutif
« -L’Aiglantine ? Pourquoi diable les soupçonner ? »

Ba Hiep Diep :
Directeur Général des Services Spéciaux
« -Pour être honnête, je ne les soupçonnais pas mais un de mes agents à Opemont avait besoin d’une rallonge ce mois-ci et lui confier cette mission semblait le prétexte idéal. Je lui ai dit de garder l’argent qu’il se ferait dans l’opération, histoire de le motiver. Et en ce qui concerne la Fiémance justement… »

Cat Tuong :
Directeur Exécutif
« -Oui, j’ai eu le courrier ce matin, sans trop comprendre à ce moment-là. Bref, leur ambassadeur nie haut et fort tout ce que « le maître chanteur » pourrait produire comme preuve. »

Ba Hiep Diep :
Directeur Général des Services Spéciaux
« -Si l’enquête révèle la culpabilité du Tarnosia, puis-je suggérer d’encourager financièrement le jeune Pui Yu à poursuivre son entreprise de piraterie dans le Makara Septentrional en visant en priorité les navires Tarnois ?

Cela rendrait rentable les opérations du jeune homme, renforçant son autorité au sein des Triades Dorées, préparant ainsi une transition plus douce de la couronne entre lui et son oncle. Lorsque ce moment viendra, avoir des liens amicaux avec lui à travers une relation de travail positive sera un atout.

En même temps, cela nous donnera aussi des munitions contre notre cher et bon futur souverain dans le cas où nous désirerions le discréditer à l’avenir, de sorte que nous pourrons avoir des moyens de pression contre lui si sa politique s’opposait à la nôtre. Une méthode comme une autre de le tenir en chaine.

Enfin, si cette histoire se passe mal sur le plan diplomatique, nous pourrons toujours arranger la mort de Pui Yu lors d’une opération de police visant à prouver notre coopération avec la communauté internationale dans la lutte contre le crime organisé. Ou même si cela se passe bien, nous aurons un prétexte pour attaquer les Triades avec un fort soutien international.

Les Tarnois, pour leur part, en souffriraient grandement et, peu importe leur attitude, s’en trouveraient chassé de la région. Une perte qui leur apprendra à ne pas s’attaquer au Makara. Et dans le cas où les Hokkais sont coupables aussi, les perturbations sur leur économie seront encore plus lourdes que celles que nous avons subies. »


Cat Tuong :
Directeur Exécutif
« -Ou nous pouvons ne rien faire... »

Ba Hiep Diep :
Directeur Général des Services Spéciaux
« -Où est le fun là-dedans ? »