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Posté : mer. janv. 15, 2020 5:48 am
par Vladimir Ivanov
[center][img]https://i.imgur.com/EKDB29G.png[/img]
KARMALISTAN : LES DEUX « FILIÈRES » DU NUCLÉAIRE (1)[/center]
La fulgurante croissance économique karmale a fait bondir la consommation d'énergie primaire et donc d'électricité. Dépourvu de pétrole, le Karmalistan est l'un des plus gros importateurs mondiaux d'or noir. S'il constitue une réserve stratégique, celle-ci ne sera jamais suffisante en cas d'isolement de longue durée, comme une possible indépendance du Dahar qui bloquerait une partie essentielle des imports-exports karmali, ou d'isolement volontaire (crise politique majeure, retour à l'autarcie de jadis, etc.). La dépendance au Kars (premier producteur et exportateur mondial) est manifeste. Le Kars, avec lequel des tensions sont survenues l'année dernière sur la question de la médiation du conflit rajatikien et des relations que Karagol tient à conserver avec le Kaiyuan, lui-même rival géopolitique n°1 du Kars. Si ce dernier reste un allié fidèle, il pourrait en être autrement dans un avenir lointain. Et Karagol souhaite anticiper tous les scénarios envisageables.
Besoins en énergie, dépendance au pétrole : le développement du nucléaire civil au Karmalistan, s'avère d'une logique limpide.
Dans l'accélération de cette tâche, le pays s'est doté de plusieurs partenaires internationaux : Bykova, Jernland, Gänsernberg d'une part, et Vryheid d'autre part. Ces pays sont donc en étroite collaboration pour tout ce qui touche à la filière « officielle » du nucléaire karmal, celle dite de « l'électricité ».
Structurellement, cette filière officielle se présente comme suit : l'uranium importé du Liang et du Xilinhar est principalement traité à Marghilan, enrichi dans les centrifugeuses de Karabulak, et destiné à alimenter en combustibles la future centrale nucléaire à eau pressurisée en construction à Shahar-Dala.
Deux autres centrales sont en chantier au Nord, mais elles n'éveillent que de faibles soupçons dans la mesure où leur raison d'être, de par leur importante capacité de production et leur coût prohibitif, est bien de produire de l'électricité pour alimenter des villes entières.
A vrai dire, le programme nucléaire karmal n'est pas (encore) une priorité absolue. Et bien-entendu, selon le gouvernement et toute l'équipe des chercheurs en collaboration avec l'étranger, les fins sont rigoureusement civiles.
Pour autant, les efforts consentis croissent d'année en année, et tous les fonds alloués ne sont pas transparents. Peut-être des détournements de fonds ? La corruption est partout.
La réalité est plus sinistre. A l'instar du [url=https://www.simpolitique.net/viewtopic.php?p=345652#p345652]mystérieux programme Kurgan-Tur[/url], des pans entiers de la recherche, des fonds, des effectifs humains et matériel sont littéralement mis en quarantaine, jusqu'à leur disparition complète de tous les registres. Un culte du secret qui va jusqu'à [url=https://www.simpolitique.net/viewtopic.php?p=358500#p358500]dissimuler aux yeux du Monde une fuite radioactive et la contamination de douze ingénieurs et techniciens sur le site de Taraz après le séisme de juillet 2040[/url]. Le but de ces sacrifices n'est autre que l'élaboration de centrifugeuses en cascade suffisamment pures et nombreuses pour enrichir l'uranium à un « niveau militaire » (>80% U235). A ce dessein, en totale autonomie vis à vis de la filière « officielle » civile, ont été érigé sous la surface, deux autres usines d'enrichissement (en plus de celle de Karabulak) : à Taraz à l'Est, et Toqtogul, au Nord. Enfin, un réacteur expérimental à eau lourde produit déjà du plutonium-239 à Temirtau, bien qu'en très faible quantité (l'ensemble est encore en construction).
Si ce programme secret demeure relégué à la seconde place derrière « Kurgan-Tur », il est bel et bien amorcé et compte bien se terminer par la sanctuarisation stratégique du pays. La course à la bombe atomique est lancée.
[center][img]https://i.imgur.com/hkGegoh.png[/img]
Inspection d'une usine d'enrichissement souterraine au combinat électrochimique top-secret de Taraz.
Ces centrifugeuses n'ont rien à voir avec la "filière" de l'électricité.[/center]
Posté : mer. janv. 15, 2020 5:49 am
par Vladimir Ivanov
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[center][img]https://i.imgur.com/EKDB29G.png[/img]
KARMALISTAN : LES DEUX « FILIÈRES » DU NUCLÉAIRE (2)[/center]
État de la situation en 2041.
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Les laboratoires de recherche (physique nucléaire)
- Karagol : officiel
- Tcharkand : officiel, en collaboration avec le groupe des (Bykova, Jernland, Gänsernberg)
- Tarobaïn : officiel et ouvert, études élémentaires sur le nucléaire civil
- Tshirshik : officiel, centre souterrain « Ulugh-beg », avec réacteur expérimental
- Oltaï-Ata : secret, centre souterrain « Arilgoxa », avec réacteur expérimental
- Sürgün : secret, avec réacteur expérimental
- Enokhobod : secret, sites souterrains avec réacteurs expérimentaux
- Temirtau : secret, réacteur à l'eau lourde
_________________________________
Les usines de conversion (traitement chimique de l'uranium)
- Marghilan : officiel
- Jarqorgan : officiel
- Karabulak : secret et souterrain
- Toqtogul : secret et souterrain
_________________________________
Les usines d'enrichissement (centrifugation)
- Karabulak : officiel, pour uranium civil
- Amir Barqul : secret et souterrain, pour uranium militaire
- Taraz : secret et souterrain, pour uranium militaire
- Toqtogul : secret et souterrain, pour uranium militaire
_________________________________
Les centrales nucléaires planifiées / en construction
- Shahar-Dala : réacteurs « VVER »
- Kapchagaï : réacteurs « VVER »
- Aralsk-Balykchy : réacteurs « RBMK (modernisé) » (informellement, pour la production de plutonium)
_________________________________
[img]https://i.imgur.com/G6IpaNf.png[/img]
Carte du secteur nucléaire au Karmalistan
Posté : sam. janv. 18, 2020 5:58 am
par Vladimir Ivanov
[center]LES STATIONS DE RADAR MILITAIRE (1)[/center]
[quote][url=https://simpolitique.net/viewtopic.php?p=348830#p348830]Rappel remontant à 2038[/url]
Les radars tridimensionnels à balayage électronique, sont des radars géants dotés d'une antenne réseau à commande de phase, dont la particularité est de pouvoir révéler dans un délais très court, le contenu d'un espace aérien en trois dimensions sur plusieurs centaines voire milliers de kilomètres. Cette opération est réalisée grâce au diagramme électronique de rayonnement que produit le déphasage des faisceaux émis depuis ses innombrables ouvertures de tubes à guides d'ondes.
Trois sont fabriqués conjointement par le Commonwealth et le Caeturia :
_ la station radar de Shahar-Dala orientée principalement vers la Marquézie et le Nord-Ouest touranien ;
_ la station radar d'Amir-Barqul orientée principalement vers la Ventélie et le Nord-Est touranien ;
_ la station radar de Khuzdar, orientée principalement vers la Janubie au Sud, via l'Estuaire du Dar.
Inutile de préciser que ces sites sont particuliers protégés, tant d'une menace venue du sol que des airs : les deux premiers au Nord sont couverts par la DCA moderne, celui du Sud est couvert par l'aviation moderne.[/quote]
En ce début d'année 2041, le Karmalistan peut compter sur quatre radars fournis par les Britons (et montés avec l'aide conjointe brito-caeturiane) :
_ la station radar de Shahar-Dala orientée principalement vers la Marquézie et le Nord-Ouest touranien ;
_ la station radar d'Amir-Barqul orientée principalement vers la Ventélie et le Nord-Est touranien ;
_ la station radar de Khuzdar, orientée principalement vers la Janubie et l'Estuaire du Dar ;
_ la station radar de Jarqorgan, orientée principalement vers le Sud-Est marquézien et lui aussi, l'Estuaire du Dar.
On l'a vu précédemment, les agressions militaires directes les plus probables se feront par les airs... depuis la mer. Et le seul accès maritime "libre" pour accéder au Karmalistan est l'Estuaire du Dar. C'est donc là qu'est concentrée la majeure partie des efforts de surveillance radar. L'autre zone prioritaire restant bien-entendu l'Est, limitrophe avec le Sengaï.
Ce nouveau dispositif longue portée de surveillance du ciel, est complété par les milliers de radars courte et moyenne portées affiliés aux mille neuf cent quatre-vingt-onze batteries anti-aériennes, elles-mêmes protégées par un ensemble de méthodes élémentaires, allant de la patrouille terrestre au leurre (des milliers de fausses DCA ont été semé dans tout le pays). A leur tour, afin de contribuer à la détection des avions, drones ou missiles volant à basse altitude, ces innombrables radars mobiles sont assistés par quatre avions de guerre électronique et quarante-deux hélicoptères de même rôle. Les progrès réalisés en matière d'informatique et dans la conception de composants micro-électroniques, permettent à ces unités de moderniser régulièrement leurs équipements spécialisés à bord. Se relayant toutes les X heures, au moins un avion et onze hélicoptères de guerre électronique patrouillent constamment, 24h/24, 7j/7, au-dessus du territoire karmal. Leur mission consiste à détecter et localiser d'éventuels aéronefs ennemis, en contrôlant le spectre électromagnétique, puis de relayer l'information pour en informer les batteries antiaériennes et enfin de "couvrir" les zones sensibles (notamment les radars tridimensionnels et les sites de déploiement des systèmes AA lourd), par brouillage et leurrage, en cas d'attaque ennemie.
Néanmoins, il reste un long chemin à parcourir tant en matière quantitative que technologique. La technologie informatique est encore relativement en retard, tandis que les avions et DCA modernes sont encore trop peu nombreux. Il en est de même pour les stations radars, qui surveillent convenablement les entrées de l'espace national mais couvrent encore insuffisamment l'intérieur du territoire, laissant à l'ennemi de possibles marges de manœuvres en cas d'intrusion réussie.
Le cinquième radar acheté aux Britons a été transféré en Gandhari. Il assurera la surveillance anti-aérienne les plus vitales du pays, en couvrant en particulier le ciel au-dessus de la région capitale Bunaghar au Sud-Ouest. Comme au Karmalistan, il contribuera au développement et à l'assistance du futur système anti-missile karmalo-gandharien par détection et pointage / engagement.
Posté : sam. janv. 18, 2020 6:00 am
par Vladimir Ivanov
[center]LES STATIONS DE RADAR MILITAIRE (2) : LE « TOLQIN »[/center]
Cette dépendance à l'étranger pour les radars importés, la pénurie d'avions modernes et la très faible capacité satellitaire du Karmalistan, l'amènent à développer son propre réseau de radars terrestres.
Les matériaux étudiés et les savoirs tirés de l'assistance technologique caeturiane et surtout britonne, cela conjugué aux avancées dans le secteur de l'informatique, ont permis au Karmalistan de se lancer dans la mise au point d'un radar tridimensionnel « national », conçu par ses propres moyens et à la technologie entièrement nationale. A l'instar de ses modèles, le « Tolqin » jouera un rôle décisif tant par la transmission de données de détection lointaine que le pointage pour la défense antimissile.
Le Tolqin-41 sera le premier d'une série de radars futurs à laquelle la numérotation des dénominations désignera l'année de modernisation.
[img]https://pics.simpolitique.net/images/2020/01/18/Radar-Tolqin.png[/img]
Quatre sites seront implantés :
Quatre de ces stations sont en construction dans le pays :
_ la station radar de Jashylgol orientée principalement vers le Nord intérieur, couvrant la vallée du Sürgüngë et le désert de l'Orkod ;
_ la station radar de Khorram orientée principalement vers le Sud intérieur, couvrant la Ciskormalie et surveillant l'entrée au cœur du Karmalistan ;
_ la station radar d'Atrak, orientée principalement vers la Touranie par une surveillance d'entrée à l'extrême Nord, en particulier le Chaïbanistan ;
_ la station radar de Buran, orientée principalement vers l'Est, couvrant l'ensemble des Steppes de l'Altaï, surveillant l'entrée depuis la Ventélie et complétant Amir Barqul face au corridor d'Artuxgar.
Il est d'ores-et-déjà prévu d'en construire deux autres au Gandhari. Enfin le Kars et le Dhosa seront très certainement contactés à l'avenir : l'hébergement dans ces pays d'installations karmales de surveillance radar de ce type permettra d'anticiper toujours plus tôt et plus vite les menaces potentielles venant de l'Ouest.
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[img]https://pics.simpolitique.net/images/2020/01/18/Radars-Karmalistan.png[/img]
Posté : lun. janv. 20, 2020 7:42 am
par Vladimir Ivanov
[center][img]https://i.imgur.com/FRWzono.jpg[/img][/center]
27 février 2041
Très secret-défense
[quote]L'Ordu-Shakhanat du Qurol Qutchlar ordonne l'instauration de l'état d'urgence et la mise en état d'alerte de toutes les forces armées du Karmalistan. La base caeturiane « Kankordia » au Dahar est informée de la situation : son commandement est mis en relation directe et permanente avec l'état-major des forces daharo-karmales en vue d'une éventuelle défense coordonnée.
L'accès au pays est restreint par de nouvelles mesures de surveillance et de sûreté. La sécurité intérieure est renforcée, les patrouilles de police multipliées et les opérations de contre-espionnage après filatures, lancées si nécessaire.
Le site radar de Khuzdar et les avions de patrouille maritime et hélicoptères de reconnaissance surveillent le passage du Dar, tandis qu'une incursion aérienne est également anticipée depuis le Nord, l'Ouest ou l'Est. Les stations de Jarqorgan, Amir Barqul et Shahar-Dala scrutent l'espace aérien national dans toutes les directions, avec l'assistance plus locale des radars mobiles de systèmes antiaériens. Le niveau de cybersécurité passe au niveau maximal.
En ce mois de février, l'aventurisme anti-islamique vient de franchir un nouveau seuil.
Nous anticipons d'ores-et-déjà le pire et, une seconde fois depuis 2036, le Karmalistan s'apprête à mener une guerre longue et terrible.[/quote]
[img]https://i.imgur.com/78khyri.png[/img]
Comme ce fut le cas en 2036 (et avec succès), Abu Bakr Safarali, chef d'état-major des forces armées karmales, assurera la défense du pays et celle de ses alliés lorsque la guerre éclatera.
Posté : jeu. janv. 23, 2020 11:24 am
par Vladimir Ivanov
Stations radars et d'écoute à l'étranger (1)
[center]Station radar de Bubakendr[/center]
Localisation : Gandhari central
[img]https://pics.simpolitique.net/images/2020/01/23/radar-Gandharib2d77a5b3f782587.png[/img]
Type : radar tridimensionnel à balayage électronique
Origine (construction) : Britonnie
Origine (revente) : Karmalistan
Construction : 2041
Composition : 1 bâtiment-antenne émetteur et 1 bâtiment-antenne récepteur
Propriété : karmale (temporaire, à l'avenir livrée au Gandhari)
Gestion : conjointe karmalo-gandharienne
Portée : ~900 km pour avions obsolètes et missiles de croisière supersonique ; ~500 km pour avions modernes ; ~400 km pour missiles de croisière subsoniques (? à reconfirmer par le MJ techno)
Modernisation prévue pour extension de portée : 2045
Commentaire :
La station radar de Bubakendr (le nom associe celui du fleuve qui prend sa source non-loin, et le mot "centre" en hindi/marathi), a pour rôle majeur de surveiller l'espace aérien gandharien contre les menaces militaires venues de toutes parts, y compris et surtout par la mer, notamment à l'Ouest, là où les ondes de polarisation verticale sont principalement orientées. Son emplacement plus à l'intérieur des terres est amoindri sa capacité de détection pour les menaces lointaines en mer, mais réduit considérablement sa vulnérabilité face à d'éventuelles frappes ennemies : ce choix s'inscrit dans un plan général adapté à une future défense antimissile et antiaérienne intérieure, de "dernier recours", dans l'hypothèse où la flotte gandharienne serait détruite.
Avant une telle catastrophe, la détection poussée en haute mer pourra être assurée par les radars de même type (3D balayage électronique) à bord des navires de surface gandhariens, ainsi que par l'aviation.
Sa construction est prévue tout le long de l'année 2041. Une modernisation majeure est prévue pour 2045.
La construction de deux autres sites, l'un à l'Est, l'autre au Nord-Ouest, plus proche de l'Océan, pourrait être envisagé et conseillé par nos experts au gouvernement gandharien ultérieurement.
Posté : jeu. janv. 23, 2020 1:11 pm
par Vladimir Ivanov
[center][img]https://grandes-ecoles.studyrama.com/sites/default/files/styles/content/public/field/image/istock-919533704.jpg?itok=5UzWD5DB[/img]
CYBERDÉFENSE (1)
Introduction[/center]
La conception du système d'exploitation purement national « Sharandj » et les avancées dans la mise au point de processeurs en vue de l'élaboration du premier « PC » karmali, s'effectuent dans un cadre plus général de cyberdéfense.
Outre l'indépendance industrielle et technologique, il convient de concevoir ses propres appareils afin de connaître parfaitement le matériel utilisé et savoir comment le protéger des intrusions mal intentionnées.
Si le cyberespace n'est pas un lieu de guerre à proprement parler, il n'en demeure pas moins un espace de conflit aux conséquences bien réelles. Grâce à l'anonymat qu'autorise le domaine de l'informatique par systèmes et réseaux (comme internet), la liberté de manœuvre est immense.
Le cyberespace se compose de trois couches.
1- La couche « physique », qui comprend tous les systèmes matériels, dits « hardware », concourant à l'interconnexion : câbles, routeurs, serveurs...
2- La couche « logique », qui désigne l'ensemble des logiciels et protocoles permettant de mettre en relation et de faire communiquer les matériels entre-eux, jusqu'aux humains (le « software »).
3- La couche « sémantique », qui représente l'ensemble des informations circulant à travers ces systèmes en réseaux. Celle-ci se situe au-delà de l'architecture technique du cyberespace.
De même qu'il existe trois types d'attaque.
1- Le sabotage, qui consiste à nuire au fonctionnement d'un système par une attaque brutale et soudaine.
2- L'espionnage, par une intrusion discrète dans un système pour dérober des informations.
3- La subversion, soit la transmission - révélation d'informations cherchant à nuire ou à défendre un tiers.
Ces attaques sont désormais si fréquentes qu'il convient pour les États de se doter de véritables « brigades » chargées de cybersécurité.
Le Karmalistan en dispose d'une, mais elle est encore insuffisamment financée et sous-équipée. Pour compenser cette faiblesse, il recourt donc, pour sous-traiter ses opérations tant en matière de cybersécurité que de cyberattaque, à des « cyber-mercenaires » du Dahar. C'est là qu'on trouve le plus grand nombre de personnes qualifiées, qu'ils proviennent d'écoles d'informatique, de systèmes&réseaux ou programmeurs, ou bien en autodidactes, cela grâce aux importations massives de produits électroniques en tout genre venus de l'étranger.
Le KhAD, le bureau central des services de renseignement kormali, s'assure lui-même de ce sous-traitement, de façon à ce que les cyber-mercenaires, rémunéré comme il se doit, puissent opérer en toute discrétion et sans en savoir plus que nécessaire quant au contexte.
Conscient de cette vulnérabilité, le KhAD a monté en janvier 2040 plusieurs équipes spéciales, publiques, lesquelles recevront les équipements nécessaires, d'abord au compte-gouttes, puis davantage au fur et à mesure du développement karmali dans les secteurs de l'informatique et des systèmes d'exploitation.
Il convient ainsi de protéger les réseaux informatiques, en particulier des sites les plus sensibles, notamment militaires (centres de traitement des informations recueillies par les radars, système de contrôle d'une centrale nucléaire, etc...), même si dans ces cas là, la meilleure des solutions, largement employée, demeure l'isolement total des réseaux locaux, et la surveillance systématique de tous le personnel avec analyse de sécurité sur toutes les clés USB utilisées pour le transfert de données d'un réseau fermé à l'autre. Le KhAD s'en assure avec le plus grand soin.
Posté : mar. janv. 28, 2020 9:10 pm
par Vladimir Ivanov
[center][img]https://pics.simpolitique.net/images/2020/01/28/radar-ABM.png[/img]
LA DEFENSE ANTIMISSILE AU KARMALISTAN (1)[/center]
En raison du relief extrêmement accidenté, de ses grottes et réseaux de galeries naturelles ou artificielles ([url=https://www.simpolitique.net/viewtopic.php?p=336229#p336229]les Qarez[/url]), de l'histoire du pays et de sa culture guerrière, ainsi que de la puissance de son armée de terre (de loin la première du Monde), l'éventualité d'une invasion au sol existe mais demeure avec le recul peu vraisemblable. A cela s'ajoute la réticence générale des nations à s'engager pleinement, à employer en masse leurs forces terrestres, cela au profit d'une diplomatie musclée, ou bien celle de la « canonnière », ou bien d'un blocus avec bombardements massifs à distance de sécurité.
En regard de ces constats et observations, il convient d'admettre qu'avec ou sans invasion au sol, les ennemis du Karmalistan emploieront leur force de frappe aéronavale en priorité, laquelle ne peut s'exprimer autrement que par des missiles de croisière mer-sol subsoniques longue portée (<2000 km), missiles de croisière hypersoniques air-sol (<300 km), ou de qualité inférieure, ainsi que d'autres missiles air-sol anti-chars, roquettes air-sol ou bombes guidées.
Pour faire face au danger venu du ciel, le Karmalistan se devait d'investir dans la défense aérienne, et plus précisément dans l'antimissile. Un secteur extrêmement complexe qui s'érige progressivement, en différentes « couches ».
Les quatre principales « couches » de la neutralisation antimissile :
1_ la défense « passive » naturelle
2_ le brouillage électronique
3_ l'interception au missile antimissile par énergie cinétique ou explosive de proximité
4_ la défense « passive » stratégique
Avant tout, la première tâche consiste à observer pour repérer. La détection du missile est vitale pour espérer une interception active par missile (3ème couche). A cette fin, le Karmalistan a déployé des efforts considérables pour développer ses systèmes de radar. L'achat à la Britonnie de quatre radars tridimensionnels à balayage électronique, suivie prochainement par la conception du Tolqin, devrait lui permettre de garder constamment les yeux ouverts et cela dans toutes les directions.
Un processus propre au commandement militaire est alors lancé : on le désignera sous le sigle ODT-RTA-DE pour « Observation – Détection – Transmission – Recueil, Traitement & Analyse – Désignation – Exécution ». A la surveillance initiale, la recherche (« observation ») puis la « détection » de la cible succèdent logiquement la « transmission » de l'information découverte au système de commandement (généralement mobile). Après le recueil de l'information, ce système de commandement est chargé ensuite de son « traitement » en deux étapes essentiels :
_ l'identification, soit l'évaluation de la menace (le « traitement » proprement dit) et le calcul de sa trajectoire (« l'analyse »),
_ et la désignation, à savoir la retransmission de l'information traitée, et avec elle, l'ordre de lancement accompagné des paramètres de vol des missiles anti-missiles, vers la plateforme de lancement (souvent un TEL – tracteur-érecteur-lanceur) vectorisant ces derniers.
L'ODT-RTA-DE est un ensemble de mesures opérationnelles qui permettent ainsi de relier la surveillance à la réaction, le radar à la riposte selon le tryptique « repérer – désigner – lancer ». Une interopérabilité qui exige d'énormes moyens électroniques pour la transmission, le traitement et l'analyse de données. Ce dont le Karmalistan n'est que médiocrement pourvu en 2041, malgré de nets progrès depuis quatre ans. Le système d'exploitation « Sharandj » en cours de développement sert de modèle pour de futurs équivalents militaires chargés d'articuler cette interopérabilité informatique, mais les efforts qui restent à accomplir pour rattraper les meilleures nations sont titanesques. En cela, il est prévu de faire l'acquisition auprès du Westrait d'une unité de supercalculateur : un ordinateur particulièrement puissant et donc plus adapté au traitement des données et à la vitesse d'analyse qu'exige ce processus militaire qu'est l'identification et la désignation.
Quant aux radars, ils doivent être de préférence mobiles, plusieurs et complémentaires (stations de moyenne portée, surveillance haute-altitude, etc...), tandis que le tridimensionnel à balayage électronique ne suffira pas dans la visée d'une interception plus large et efficace contre les missiles de vitesse supérieure, de basse altitude ou à faible signature. Un tel programme demandera la mise un point d'un système plus avancé encore : le radar à antenne active à commande de phase.
Cette nécessité du radar et du support informatique admise, il convient d'aborder maintenant les différentes couches d'un système antimissile.
La première couche de la défense antimissile, non-indispensable et naturelle, entièrement passive, repose donc sur la nature du terrain, en particulier le relief accidenté, les montagnes, qui rendent le voyage des missiles particulièrement périlleux en basse altitude nécessitant l'usage de systèmes internes et complexes de navigation.
Ce voyage en basse altitude est autorisé par l'usage d'un système de navigation spécifique qu'il convient d'étudier ici.
Le système de correspondance de relief du terrain, dit « TERCOM » pour « TERrain COntour Matching », est une compétence technique propre au missile de longue portée, qui consiste à la fois en une carte des reliefs pré-enregistrée dans la mémoire du système et en un processeur qui traite les données recueillies par le radar altimétrique du missile. Il s'agit en somme d'un système de navigation qui, grâce à sa mémoire (carte pré-enregistrée adaptée à trajet « sûr » de 500 km environ) et à une analyse du terrain qui corrige sa trajectoire en permanence, permet au missile de survoler la surface du sol en constante basse altitude (conservation d'une altitude relative fixe), cela durant un long trajet, sans nuire à sa précision initiale.
L'avantage est double : précision et discrétion. Sa trajectoire constamment corrigée lui permet de reprendre le bon chemin s'il dévie de sa route, l'amenant « toujours » droit sur la cible. Quant à sa basse altitude, elle lui permet d'échapper au radar.
Ce système de navigation particulièrement complexe, comporte toutefois des inconvénients majeurs. Largement tributaire de la carte pré-enregistrée, ce type de missile, en cas de dérive trop importante, ne survolera jamais le terrain « mémorisé » et se perdra irrémédiablement. Il est par conséquent très vulnérable aux systèmes de brouillage électronique, dont sont pourvues toutes les armées modernes, lesquels tenteront d'aveugler son radar altimétrique.
L'alternative pour résoudre ce problème reste le bon vieux et traditionnel système de guidage inertiel, qui redonne au missile une résistance « par défaut » aux contremesures électroniques (le missile n'est pas encore perdu en cas de déviation), cela accompagné d'un guidage par satellites pour corriger la trajectoire et optimiser la précision (le guidage inertiel est généralement très imprécis). Seulement voilà, le guidage satellite ne peut être véritablement effectif qu'en cas de système GPS opérationnel. Par ailleurs, même avec GPS, la liaison radio missile – relais orbital peut être à son tour brouillée, que ce soit par « spoofing », l'usurpation du signal (les données sont rendues erronées), ou par « jamming », la saturation (conduit à l'aveuglement total).
En conclusion, le relief extrêmement accidenté du Karmalistan obligera l'adversaire à employer le TERCOM pour ses missiles afin d'en garantir la discrétion face au radar. Ce qui exposera celui-ci au brouillage. D'où l'intérêt vital, aux yeux du Qurol Qutchlar, de développer les technologies électro-informatiques, micro et nano-composants pour l’élaboration de processeurs adéquats et suffisamment miniaturisés pour équiper les unités vectrices.
[à suivre]
Posté : ven. janv. 31, 2020 1:20 pm
par Vladimir Ivanov
[center]LA DÉFENSE ANTIMISSILE AU KARMALISTAN (2)
Introduction au brouillage
[img]https://pics.simpolitique.net/images/2020/01/31/brouillage.png[/img][/center]
Le processus de numérisation du champ de bataille amené par la révolution des technologies de l'information et des communications, a élevé le spectre électromagnétique au rang d’espace de combat, un « champ de bataille » d'un nouveau genre.
Dans le cadre de la défense antimissile, le rôle joué par les radars est absolument primordiales : sans systèmes radars suffisamment nombreux et performants, aucune interception ne sera possible.
Mais les radars sont également le propre des missiles eux-même, ce qui les distingue des roquettes, autopropulsées (à la différence des bombes), mais non-guidées.
C'est là qu'on en vient à la deuxième méthode de neutralisation antimissile : le brouillage.
Le brouillage consiste en l'émission de signaux radioélectriques puissants qui interfèrent avec les émetteurs-récepteurs radars, les systèmes de navigation et de guidage, ainsi que les communications radio et la télédiffusion, dans l'objectif d'aveugler l'ennemi.
Celui-ci est essentiellement électronique, mais il peut être également mécanique. Ici ne sera donné qu'un aperçu général.
Le brouillage mécanique se subdivise en deux types :
D'abord le traditionnel brouillage mécanique à paillettes (« chaff »), qui consiste au largage de bandes métalliques réfléchissantes d'onde, généralement en aluminium (pour sa légèreté et ses propriétés contre les communications radios), de façon à rendre une zone de faux échos, opaque aux radars.
Ensuite, le brouillage mécanique à leurres, qui consiste en l'usage de faux avions, objets volants destinés à tromper les radars, et dotés de catadioptres, dispositifs rétro-réfléchissants, pour les faire passer plus grands qu'ils ne le sont. Ces faux-avions peuvent être à leur tour pourvus en paillettes de brouillage.
Visuel / Schéma des effets du brouillage mécanique par paillettes :
[img]https://pics.simpolitique.net/images/2020/01/29/brouillage-paillettes.png[/img]
Néanmoins, bien qu'il ne soit pas toujours aussi efficace strict sensu, le brouillage électronique demeure le plus pratique et, si suffisamment développé, le plus redoutable, dans un cadre conflictuel. On peut en distinguer cinq sortes.
Le brouillage en spot, concentration de l'interférence sur une seule fréquence. Il est vulnérable car l'ennemi peut tout simplement changer de fréquence : il nécessite par conséquent des moyens considérables pour brouiller plusieurs fréquences à la fois.
Le brouillage à balayage, visant plusieurs fréquences successivement et alternativement. Il n'est donc que temporaire.
Le brouillage en barrage, soit un brouillage simultané de plusieurs fréquences par un seul système, mais la puissance d'interférence est divisée par le nombre de fréquences brouillée.
Le brouillage de site, qui concentre l'attaque électronique sur un seul « site ». Le radar visé est donc brouillé sur toutes les fréquences et à sa source. Aussi, une seule unité est perturbée, et tous les autres radars environnants fonctionnent normalement.
Enfin la mémoire de fréquence radio numérique, une technologie particulièrement avancée qui vise en particulier les radars actifs... précisément les plus dangereux. Elle enregistre numériquement le signal de ces derniers pour les ré-émettre après altération, trompant alors les radars actifs concernés en leur fournissant de fausses informations.
Cela par exemple :
_ en altérant la fréquence des impulsions radars ré-émises, qui déterminent la distance de la cible ;
_ en altérant l'effet Doppler (décalage de l'écho réfléchi), qui détermine la vitesse de la cible ;
_ en émettant de fausses données supplémentaires dans les lobes latéraux du radar, altérant alors l'angle d'incidence de la cible.
Comme vu précédemment, dans le cadre de la défense antimissile, la liaison (prometteuse à l'avenir) radio missile – relais orbital peut être l'objet de deux types d'interférences militaires :
_ l'usurpation du signal, dit « spoofing », qui altèrent les coordonnées de positionnement géographique
_ la saturation, dit « jamming », qui aveugle totalement le missile.
Cette troisième couche du système antimissile est donc vital, puisqu'elle peut faire dévier un missile de croisière de sa trajectoire pour le « perdre » (il ira s'écraser ailleurs), en aveuglant son radar ou en rompant sa liaison satellite.
Ce brouillage est assuré par certains avions multirôles et hélicoptères de guerre électronique, bien que des véhicules militaires adaptés peuvent s'y ajouter en renfort.
De telles capacités nécessitent un savoir-faire, des compétences particulières et des infrastructures adéquates dans l'élaboration de micro ou nano-composants électroniques, systèmes d'exploitation et autres propres aux technologies de l'information et de la communication ; devenues vitales pour toutes guerres modernes.
A terme, le Karmalistan espère pourvoir ses sites stratégiques de « bulles électromagnétiques », véritable "sanctuaire anti-radar", afin de réduire considérablement leur vulnérabilité face aux frappes de missiles et autres bombes guidées.
Posté : sam. févr. 01, 2020 2:43 pm
par Vladimir Ivanov
[center]LA DÉFENSE ANTIMISSILE AU KARMALISTAN (3.1 intro)[/center]
Mais la guerre électronique ne fait que compléter une troisième solution, tout-aussi active, qui consiste en l'interception physique, directe (choc produit par l'énergie cinétique) ou indirecte (explosion de proximité) du missile ennemi.
Le missile balistique est évidemment la première cible. A guidage inertiel, sa vitesse, qui dépend de sa portée, déterminera sa vulnérabilité aux tirs de missiles intercepteurs. Cela outre le moment précis où se déroulera l'interception : la « boost phase » étant la plus vulnérable (décollage et début de parcours du missile, quand il prend de la hauteur). Ainsi plus un site anti-missile se trouve à proximité de celle-ci, plus il a de chance de l'intercepter.
Rappel des grandes catégories de missiles balistiques, auxquels dépendent leur niveau de vulnérabilité (par ordre décroissant d'interceptibilité) :
_ SRBM : missile de courte portée, jusqu'à 800 km
_ MRBM : missile de moyenne portée, de 800 à 3000 km
_ IRBM : missile de portée intermédiaire, 3000-6500 km
_ ICBM : missile intercontinental, >6500 km
Rappel des grandes catégories de missiles de croisière :
_ CPB : missile de croisière subsonique (<1200 km/h) courte portée (<120 km), types air-surface et antinavire (mer-mer et sol-mer)
_ CPR : missile de croisière supersonique (<3800 km/h) courte portée (<300 km), types air-surface et antinavire (mer-mer et sol-mer)
_ LPB : missile de croisière subsonique (<1000 km/h) longue portée (>2000 km), types mer-sol ou sol-sol
En matière de défense antimissile :
_ les défenses antiaériennes mobiles légères ne sont en général efficaces que contre les missiles de croisière subsoniques de courte portée, en raison de leur lenteur ;
_ les défenses antiaériennes mobiles lourdes peuvent intercepter les SRBM et tous types de missiles de croisière, bien qu'avec une efficacité relative en ce qui concerne en particulier les missiles supersoniques.
Dans tous les cas, il est exigé un réseau de radars suffisamment étendu. Les radars, mais aussi les recueils informatiques et systèmes de transmission du processus ODT-RTA-DE, permettront non-seulement de bâtir en tant que tel, le bouclier antimissile en accroissant sa fiabilité.
En cela, un tel « bouclier » exige des systèmes de défense aérienne intégrée multicouches, c'est à dire pas autre chose que l'association des différents éléments nécessaires à cette défense et répertoriés ici et leurs systèmes d'armements dédiés.
Parmi eux, l'un figure comme une véritable pierre angulaire : la DCA lourde, pourvue outre sa plateforme lance-missiles, de plusieurs radars mobiles de différents types, notamment pour la surveillance en haute altitude, ou au contraire, de proximité. C'est elle qui formera l'ossature principale de ce bouclier de "défense du ciel", et que les stations de missiles ABM proprement dites, pour l'instant trop médiocres, ne feront que compléter subsidiairement. En regard de ces constats, son développement et sa production doit devenir au plus vite une priorité nationale.