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Posté : ven. avr. 26, 2019 8:44 pm
par Arios
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15/12/2038 - Il giornale di lingua italica per tutte le regioni dell'Epibatia[/center]
Crise politique : Après la Loi martiale imposée aux principales villes, la bourgeoisie dans les rues
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Plus de 8 000 manifestants contre la Loi martiale à Acorracci[/center]
Les "gentils bourgeois blanchisant" dépeints avec sarcasme par le premier ministre Getsa Memrizzi, qui a avoué "détesté ces citoyens pensant s'être extrait par leur mérite supposé de tout devoir de fidélité envers leur pays, leur terre, leur Empereur", ne décolèrent pas à continuent d'occuper les rues des quelques grandes villes du pays en dehors de Gighida, elle-même très conservatrice et populaire. On dénombrait, pour la troisième semaine consécutive, plus de 20 000 manifestants dans tout le pays, et 45 000 ce samedi. Si la presse proche du pouvoir a d'abord tenté de minorer ces événements, la brutalité de la réponse politique (instauration de couvre-feux, et tous pouvoirs aux militaires pour cause d'ordre public troublé), ainsi que les trop nombreuses bavures ayant accompagné l'encadrement de ces mouvements, la chape de plomb n'a pas duré et l’entièreté du pays urbain suit désormais le feuilleton dangereux des prises de position politique.
Giorggis IV n'a pas la popularité, forcée mais réelle, de son prédécesseur. Une étude céruléenne sur les recherches web en Épibatie cette semaine, et dans le reste de l'Algarbe, révélait que les questions sur une "destitution" de l'actuel Empereur ou une "fin du régime" s'accumulaient sur la toile, un outil restant pour autant majoritairement entre les mains d'une certaine élite colorée politiquement : libérale, progressiste, ouverte à la mondialisation. Le premier échec du nouvel Empereur n'en est pas moins là : être perçu comme l'homme de l'Église, des réactionnaires, un homme élu par des clans privés, et non par Dieu, non comme le Roi des rois de tous les Épibates dont une part, négligée jusqu'alors peut-être, ne voit plus la monarchie comme l'aboutissement de la promesse d'amélioration du niveau de vie.
"Le ventre contre l'âme, ils ne gagneront pas", assurait encore cette semaine le premier ministre, soutien de l'Empereur, et conservateur affiché. La défection de certains ministres a participé à permettre la radicalisation du gouvernement épibate. Mais son pouvoir également s'est réduit : les principales villes, formant la locomotive industrielle et non financière de l'Empire, sont désormais au ralenti, une situation empirée par la présence des troupes militaires auxquelles tous pouvoirs ont été conférés par la Loi martiale.
Posté : sam. avr. 27, 2019 7:07 pm
par Arios
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Des tirs à l'arme lourde sur nos forces trahissent l'implication étrangère aux côtés des rebelles - 17|12|38
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Les attentats se répètent, pièges mais aussi missiles[/center]
Nos armées ont été obligées d'effectuer une retraite tactique de la ville de Codarat, lieu d'affrontements inédits trahissant davantage l'implication probable de puissances étrangères désireuses de nuire à l'Épibatie, plutôt que la capacité de résistance des Haut-Illythes, peuple marchand et profiteur. En ce jour sombre, l'Opération de pacification dirigée par le Colonel Saïa se mue en théâtre de guerre ouverte. C'est à la révélation de cette triste nouvelle pour nos armes que l'État-Major a souhaité communiquer une première estimation des pertes pour nos soldats : et elles sont lourdes. On dénombre plus de 450 soldats épibates morts depuis le début des opérations, il y a trois mois, tués dans des attaques à l'arme à feu autant que par l'action d'engins explosifs improvisés... mais de plus en plus professionnels.
La nouveauté des derniers jours est probablement l'utilisation, spectaculaire, de roquettes sol-sol - un équipement lourd dont les milices urbaines haut-illythes ne sont pas censées compter à leur arsenal en temps normal. Cet équipement, importé avec la complicité d'étrangers, États ou organisations, témoigne de la croissance d'un conflit dont l'objectif semble bien de déstabiliser l'Empire. Des camions de transports de troupe, des camps militaires temporaires, des bases logistiques comme des groupes électrogènes et des bâtiments de campagne ont déjà été touchés par ces attaques à la roquette. Devant l'ampleur de la rébellion, nos forces sont obligées de reculer à certains endroits afin de préserver des vies de soldats innocents - en attendant que l'État-Major adapte son dispositif à cette nouvelle donne : celle de l'insurrection armée, pilotée depuis l'extérieur.
Déjà dénommée la "Victoire de Codarat" par les sécessionnistes, le recul des troupes impériales sur leur propre sol signe le jour de fin d'une Épibatie tolérant la présence massive de communautés étrangères sur son territoire. Les Haut-Illythes, en soutenant massivement le harcèlement de nos forces de paix, ont témoigné à la face de l'Algarbe qu'ils constituaient un corps définitivement étranger sur le sol épibate et qu'ils ne pourraient ainsi prétendre à y demeurer, une fois leurs hordes de terroristes décimées.
Posté : dim. avr. 28, 2019 8:09 pm
par Arios
[right]24/12/2038[/right]
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Dans un contexte eschatologique, Noël est l'occasion d'une recrudescence des baptêmes
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Un jeune enfant entrant dans la communauté des Chrétiens[/center]
Gebreselassi n'a que deux mois. Tenu par les deux mains fortes du Prêtre, la moitié de son corps baigne dans le baptistère de pierre froide, lorsque l'eau jaillissant de la jarre traverse les bras de la croix sainte pour lui couler sur le crâne, le long de son visage et sur son corps tressaillant soudain. Il pleure ses premières larmes de croyant, d'invité au repas du Seigneur, au mystère du Christ, à la passion humaine. Son prénom signifie "serviteur de la Trinité". Toute sa vie, il le portera comme un honneur, comme un indice de la Providence, un conseil qui résonnera à son cœur de chrétien, et qui lui aidera à comprendre le monde, le sensible et l'invisible, qui l'invitera peut-être à l'Esprit.
Le temps de Noël est chaque année, en Épibatie, l'occasion de nombreux baptêmes, au sein de la Sainte Église orthodoxe d'Épibatie. L'Abuna Basilios lui-même se rend à Gighida, pour bénir la foule des fidèles se réunissant devant la grande Cathédrale Saint-Georges, mais également pour prononcer de nombreux baptêmes de nouveaux-nés, pour lesquels les parents ont réservé le temps de la Nativité afin de les faire entrer dans la grande famille. Les années passent, et si le nombre des baptisés tend à diminuer dans les grandes villes, le temps de Noël échappe à cette décrue ; on ne compte pas moins de 6 000 enfants, mais aussi quelques adultes le plus souvent convertis, qui sont baptisés dans la semaine de Noël chaque année en Épibatie, un chiffre en légère mais constante progression depuis vingt ans.
Alors que l'Empire chrétien d'Épibatie est fragilisé dans ses institutions, peut-être par la quête trop matérialiste d'une partie des Épibates ayant accédé à un confort un peu aveuglant, et par les aléas de la malchance (réponse à un manque de Foi ?), l'Église demeure la colonne vertébrale de la société. Bien loin des débats de grands primats tournant autour du pouvoir civil, les Prêtres épibates demeurent les premiers personnages de la plupart des territoires du pays, dans les campagnes millénaires et traditionnelles comme au sein des colonies sur le front de jungle. Ils sont l'oreille qui écoute et la voix qui conseille. Ils ont reçu l'enseignement du message du Christ, le fils de Dieu envoyé parmi les hommes pour leur intimer d'être bons, leur apprendre à nouveau qu'ils valaient mieux que les animaux, qu'ils étaient à l'image de Dieu lui-même, et possédaient en eux le souffle de l'Esprit.
Celui-là habite désormais Gebreselassi, et l'accompagnera jusqu'à sa mort, et au-delà de sa vie de Chrétien.
Posté : mar. avr. 30, 2019 8:28 pm
par Arios
30/11/2038
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La fouille de Tobamscio ne donne rien, mais de nouveaux éléments relancent l'énigme de Naskario
"Le pâtre Naskario, qui désirait la grand-mère de Lokrar, a été chassé de sa tribu pour cela. Il est passé ici."
"Le nouveau-né, du nom de Paskro, qui nourrissait une grande appétence pour la patrie de Lokrar, en a perdu la vie (a été expulsé de son genre). C'est ici qu'il est mort.".
Il aura suffi d'un article d'Oikos pour qu'un chercheur ouralo-livien se décide à publier l'article qui stagnait dans ses dossiers informatiques depuis déjà six ans, dans lequel il se livrait lui-même à un tentative de traduction de la Pierre de Naskario (que certains voudraient renommer la Pierre de Paskro !, cf. notre article précédent sur le sujet).
Jus Koskinen est un paléoanthropologue reconnu, et un amateur d'art primaire convaincu, à moins que ce ne soit l'inverse. Mais c'est aussi un fin linguiste proto-historique, à l'image de son grand-père, le célèbre Alban Koskinen (1928-1999) découvreur et traducteur des 17 papyrus kaiyuanais retrouvé en 1950 à Atomia, lors de la réfection d'une ancienne bergerie qui se révélait avoir été un temple dédié à Osiris au 12 siècles avant J-C. Les papyrus ne dataient que de -350 av. J-C, et racontaient une scène de la création du soleil d'après la mythologie ventélienne antique. Les nombreuses approximations grammaticales, et dans le tracé des sinogrammes, étaient interprétées en 2004 comme le signe qu'il s'agissait d'une copie importée, probablement purement artistique, d'un texte qui aurait circulé au Moyen-Orient à la même période.
Le jeune Koskinen, déjà quinquagénaire, publie régulièrement des articles comparatifs entre les arts et coutumes des Inuits du Tihendi Maja, et les habitants de l'archipel du Palalopaloupalopè, en Néchinésie du sud. Cela fait plusieurs années qu'il planche sur la Pierre de Naskario, mettant ses connaissances linguistiques protohistorique et antique, ainsi que la formidable base documentaire laissée par son grand-père sur les inscriptions relevées dans les grottes céruléennes du Néolithique tardif, au service d'une traduction propre qu'il entendait encore travailler... mais devant le risque d'une nouvelle trouvaille à Tobamscio, le chercheur a préféré publié son ébauche de traduction.
"Il conduit les animaux, Naskario, jusqu'à la grande terre de Lokrarie. Il est ressuscité au moment où il est passé ici."
Selon Koskinen, Naskario serait une figure tutélaire d'un panthéon qu'il peine encore à identifier. Selon lui, l'histoire racontée ici autant que la langue utilisée n'ont rien de Caskar. "Pas plus proche du Caskar, que des reconstructions de langues helléniques pré-doriennes". A la difficulté de traduction, s'ajoute d'abord évidemment la difficulté de transcription, d'un alphabet à bâtonnets encore très peu connu. Koskinen nous informe que malgré cinq ans de travail, il n'a jamais pu établir de correspondance, de filiations ou de recoupements mêmes basiques avec les sinogrammes et autres symboles ventéliens - ce qui aurait pu être pertinent dans le cas d'un langage-alphabet très ancien, potentiellement originaire de Natolique centrale au second millénaire av. J-C., conservé plus complexifié par des Prêtres (ou initiés, devins, types druides ou philosophes) au sein de populations s'étant ensuite établies jusqu'en Marquésie céruléenne. Il dit s'appuyer énormément sur les postulats de Ferragini, pour définir sa propre transcription en alphabet hellénique. Au risque que la phrase perde encore en sens.
A Tobamscio, les travaux de nivellement du sol pourrait commencer d'ici le printemps. Près de 7 000 tonnes de terre ont été retirées, et aucun caillou gravé n'a été trouvé. Lorena Magliaccio émettait hier, sur son blog, l'hypothèse selon laquelle la pierre n'aurait pas été gravée en Épibatie, mais importée fortuitement, ou volontairement, à une quelconque époque... Il reste pourtant un grand nombre de villages à retourner dans le pays pour éventuellement trouver les fragments manquants.
Posté : mer. mai 01, 2019 7:34 pm
par Arios
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03/01/2038 - Il giornale di lingua italica per tutte le regioni dell'Epibatia[/center]
Haute-Illythie : Dans une vidéo internet, de grands industriels haut-illythes proclament l'indépendance du "pays" et appellent au soutien international
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Extrait du message vidéo où s'exprime une dizaine d'hommes[/center]
Ieso Lebdi, le plus médiatique des grands industriels haut-illythe, s'exprime durant 8 minutes aux côtés d'autres pointures du petit monde industriel haut-illythe - essentiellement des forestiers, des commerciaux, dont des ennemis affichés de la famille Lebdi. Une sorte "d'union nationale" du pauvre, mise en scène dans ce qui ressemble à une caricature de spot de campagne dytolien, mais sans les moyens. Si de nombreux internautes céruléens n'ont pas manqué de signaler leur amusement devant cette vidéo, les spécialistes géopolitiques comme le gouvernement épibate lui-même prennent les choses au sérieux. L'Armée épibate occupe le nord autonome depuis cinq mois, dans une guerre proclamée contre les réseaux terroristes, mais en fait dans une tentative de reprise en main de l'économie locale de ce territoire autonome, dont le statut a été acquis dans le second vingtième siècle, remis en cause aujourd'hui par la présence des forces impériales.
Au milieu du mois de décembre, [url=https://simpolitique.net/viewtopic.php?p=350491#p350491]l'Armée épibate a dû reculer[/url] devant l'impact de la réponse désormais quasi-militaire des Haut-Illythes, des milices et potentiellement des groupes de combattants étrangers dissimulés au milieu des résistants locaux. Si la presse pro-Gighida se montre rapidement complotiste à l'égard de la tournure stratégique en Haute-Illythie, rien ne démontre aujourd'hui l'implication de forces étrangères aux côtés des rebelles, ni même des livraisons d'armes. Les équipements lourds repérés, et dont les Épibates ont pu être victimes ces dernières semaines, ont facilement pu être achetés et acheminés par les groupes sécessionnistes eux-mêmes, potentiellement par la côte, ou par l'Illythie avec le concours de la Mafia lébirienne, ou d'autres.
Avec ce nouvel appel, désormais clair, à l'indépendance de la Haute-Illythie à l'égard de Gighida, c'est toute la région d'Algarbe centrale qui se trouve fragilisée, en premier lieu la relation entre Cartagina et Gighida, [url=https://simpolitique.net/viewtopic.php?p=350619#p350619]tandis que deux sous-marins épibates viennent de se constituer prisonniers en Nazalie[/url], menacée par le tropisme céruléen affiché des contestataires, qu'ils soient en Haute-Illythie ou dans le cœur épibate de l'Empire lui-même. Cartagina trouve de plus en plus Gighida encombrante, et celle-là pourrait également n'attendre que la rupture avec impatience afin de pouvoir répondre comme elle voudrait le faire aux contestations internes. Dans leur manifeste vidéo, plusieurs industriels de Haute-Illythie font clairement allusion à la Province lébirienne d'Illythie, et à Cartagina elle-même, comme soutiens potentiel dans leur quête d'émancipation.
Posté : ven. mai 03, 2019 1:51 pm
par Arios
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7/01/2039 - Il giornale di lingua italica per tutte le regioni dell'Epibatia[/center]
Crise politique : Les provinciaux déferlent sur Acoracci pour soutenir l'Empereur Giorggis IV
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On comptait près de 13 000 personnes dans les rues de la ville ce jeudi[/center]
Ils ne veulent ni du chaos, ni de l'ingérence étrangère, répètent-ils. Les quelques 13 000 personnes qui sont descendues dans les rues d'Acoracci, la plus grande ville économique de l'Empire, étaient pour les trois quarts issues d'autres villes, et de territoires plus éloignés, principalement des alentours de Gighida et de ses campagnes. L'Armée non seulement les a laissé pénétré dans la ville, malgré la Loi martiale théoriquement appliqué au périmètre, mais certains manifestants ont même pu dévoiler sur les réseaux sociaux des vidéos où on les voit convoyés par des véhicules de transport des forces armées, qui auraient ainsi participé à l'organisation logistique de la manifestation, avec l'appui du pouvoir.
Toujours est-il que la performance numéraire est intéressante ; 13 000 personnes en soutien à Giorggis IV, c'est plus que les 8 000 manifestants qui s'étaient retrouvé dans cette ville à la moitié du mois de décembre, pour appeler à un changement politique, et une clarification du lien entre le pouvoir, l'Église et l'Armée. Même médiatiquement, à l'étranger chacun prend conscience du poids de ce qu'il convient maintenant d'appeler les loyalistes, les soutiens du régime et du changement impérial à la tête du pays. Avant tout dans les territoires autonomes, en premiers lieux desquels la Haute-Illythie dont une poignée de personnes d'influence ont déclaré la semaine dernière l'indépendance, mais aussi dans les territoires amaranto-épibates et autres, Gighida a intérêt à ce que circulent des images la mettant en position de force.
L'animosité envers la Ligue de Lébira se fait toujours un peu plus forte ces derniers temps, alors qu'une quarantaine de mutins qui participaient à un exercice maritime dans le Détroit de Degirba avec la Ligue se sont rendus aux autorités lébiriennes, abandonnant leurs sous-marins dans le port lébirien d'où ils devaient repartir le lendemain pour l'Épibatie, et que Cartagina se refuse toujours à faciliter leur retour dans l'Empire pour leur jugement.
Posté : mer. mai 08, 2019 7:41 pm
par Arios
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24/01/2039 - Il giornale di lingua italica per tutte le regioni dell'Epibatia[/center]
Biciegna Ascienaffi : Les manifestants réclament la libération de l'ancienne Madame éducation
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L'amie et conseillère de l'ombre de Mazaa Malacchi a disparu depuis le 28 décembre[/center]
La famille de Biciegna Ascienaffi, élevée de femme de cour à ministre officieuse de l'éducation sous Sa Majesté Iaconno III, avait déclaré le 8 janvier dernier qu'elle n'avait plus de nouvelles de Biciegna depuis le 28 décembre, date précise à laquelle elle devait arriver parmi les siens, à Segda. La professeure appréciée dans les années 2020 au Palais impérial pour ses conférences, puis pour sa sympathie, était récemment consultée sur les dossiers de l'éducation - issue d'une famille catholique, elle avait mis son expérience personnelle, durant ses études, pour approcher les ordres religieux enseignants, dans le nord de l'Épibatie, et dresser le premier constat valide, et non-idéologique, de l'apport de ces ordres dans l'instruction des petits Épibates. Le bruit grandit, ces dernières semaines, que sa disparition pourrait être due à ses liens importants avec la concurrente de fait de l'Empereur Giorggis IV.
Beaucoup en Épibatie, parmi les soutiens non négligeables de l'Empereur actuel malgré ses liens ténus avec son prédécesseur et neveu, trouvent dommage que Gighida donne raison, dans son attitudes, aux accusations anarchiques de manifestants encore minoritaires par rapport aux démonstrations de force, de présence, auxquelles parviennent les soutiens de l'Empereur. Il est vrai que le Palais impérial a tenté, dans les derniers mois de 2038, d'instiller médiatiquement la menace d'une insurrection motivée par les velléités de pouvoir de la sœur de l'Empereur Iaconno, Mazaa Malacchi, alors que celle-ci est restée, depuis la mort de son frère, discrète et n'a jamais eu de mot public pour souffler sur les braises, surtout sociales et "culturelles", du mécontentement de la bourgeoisie urbaine.
La "libération" de Biciegna Ascienaffi revient désormais dans les slogans des manifestants, qui chaque soir descendent dans les rues d'Acoracci, Dinibbit', Deghdi, Segda... comme s'ils actaient le fait que l'Empire se livrait à ce genre d'enlèvements. Surtout, Mme Ascienaffi ne se livrait plus à aucune activité politique, depuis sa mise à l'écart du Palais aux lendemains du décès de Iaconno III. Mais les manifestants épibates semblent en manque de roman : et ils voudraient bien voir dans Gighida cette bête impériale prête à tout pour se maintenir, jusqu'à l'assassinat politique. Mais l'Empire est solide, il ne recule ni par les armes en Haute-Illythie, ni par les protestations lyriques dans la région centrale, malgré la finesse photogénique du scénario : une brave maitresse d'école, qui devant rejoindre ses proches disparait, arrêtée pour ses qualités de femme par un pouvoir aveugle et sourd. En somme, le mouvement de contestation semble patiner.
Posté : ven. mai 10, 2019 7:13 pm
par Arios
31/01/2039
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L'élevage aurait éliminé 17% des espèces florales épibates en 4 000 ans
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L'élevage ovin demeure, derrière l'agro-foresterie, la principale industrie épibate[/center]
Les grandes vallées du nord de l'Épibatie sont peuplées, d'après l'archéologie, depuis au moins 90 000 ans. La présence de l'homo sapiens y est attestée dès 75 000 environ. Il faut se remettre dans le contexte géographique et culturel dans lequel la Révolution Néolithique apparait : cela fait des dizaines de millénaires que les tribus d'hommes (et de femmes) côtoient le nord de l'Épibatie, effectuant on le pense de nombreux mouvements nomades parfois sur plusieurs générations, entre le Massif de la Sunra et les environs, et les prairies alors fertiles d'Illythie médiane. Le climat est plus froid, globalement sur la période : les Étés sont doux, les Hivers rudes, et un grand nombre de glaciers rendent le centre de l'Épibatie infranchissable.
Cela fait des dizaines de milliers d'années que les hommes sont habitués à ces environs. Ils y vivent de chasse, de pêche dans des torrents bien plus larges qu'aujourd'hui, et de cueillette abondante de fruits. De nombreux chercheurs estiment qu'aux alentours de 15 000 ans av. J-C., les premiers comportements proto-agricoles se développent, de façon endémiques, sur le territoire épibate : les couches sédimentaires mises au jour à de nombreux endroits trahissent des changements morphologiques importants - comme l'étêtage de certaines collines situées favorablement - et des modifications de la diversité des pollens qui semblent indiqué une volonté humaine de favoriser certaines espèces sur d'autres pour la cueillette, en éliminant volontairement certaines herbes afin de favoriser la pousse de celles exploitées pour leurs grains (mais pas encore semées). L'élevage, lui, n'aurait été introduit qu'à la fin du cinquième millénaire.
Depuis des dizaines de milliers d'années, les hommes ne conçoivent l'animal que comme un habitant de la forêt ; les plus anciennes grottes peinturées découvertes dans la vallée de l'Ibabbi ont dévoilées des fresques, datées par la datation de leurs pigments au milieu du IIIème millénaire, on ne peut plus riches de représentations animales : espèces chassées, prédateurs éliminés... l'imaginaire culturel des humains d'alors semble fasciné par ces êtres vivants placés au cœur de leur art. Les paléoanthropologues sont assez unanimes : les animaux constituent un genre assimilé à une nature divinisée. L'animal est un esprit des lieux : une force. On pense que ces populations paléolithiques ont développé une spiritualité qui préfigure l'animisme.
C'est dans ce contexte qu'un jour, une après-midi ou un matin, probablement à l'issu d'une période de contacts "militaires" récurrents entre les populations nomades des lieux, et d'autres tribus arrivant dans les environs, les "Épibates" ont surpris un spectacle alors incompréhensible pour eux : l'élevage. Des hommes, des chasseurs de longue tradition, ont aperçu d'autres hommes capables de faire obéir des animaux, alors qu'eux-mêmes les pourchassaient, sans idée de la domestication, depuis si longtemps. Des animaux, suivant en hardes artificielles, des hommes probablement vus alors comme des magiciens - les ont-ils considéré comme des êtres sur-humains, divins ou démoniaques ? les ont-ils adoré, leur ont-il ouvert les portes de leurs campements, soumis à la majesté d'un savoir-faire inédit absolument, contextuellement, surnaturel ? les ont-ils pourchassés ou fui, les prenant pour des forces maléfiques ?
On estime que chasseurs et éleveurs ont cohabité jusqu'au début du Ier millénaire av. J-C. dans le nord de l'Épibatie. L'élevage, à cette date, était universellement connu et pratiqué par les populations de la moyenne-vallée de l'Ibabbi et de ses affluents. Mais des sociétés de chasseurs-cueilleurs ont survécu, en de nombreux endroits de l'Algarbe, notamment sur la côte ouest de l'Épibatie jusqu'aux grandes invasions bantoues des époques médiévales, et dans les forêts de l'Est, et les hauts massifs du sud, jusqu'à nos jours. [url=https://simpolitique.net/viewtopic.php?p=341279#p341279]Certains reliefs de la Basse-Illythie[/url] abritent toujours des chasseurs-cueilleurs. Mais de partout dans le monde, ou presque, ces hommes vivants aujourd'hui de cette façon ne méconnaissent plus l'existence de l'élevage, aussi la comparaison avec les premiers ancêtres "modernes" des Épibates s'arrête-là.
Les populations, probablement sémitiques, arrivant massivement en Épibatie au cours du second millénaire ac. J-C., introduisent donc l'élevage, et de nouvelles techniques agricoles. Ils apportent avec eux ce qu'on appellera la "Révolution néolithique". À la même période, déjà, de grands empires s’affrontent dans la Mer d'Algarbe occidentale et en Marquésie : des cités-États, phéniciennes ou minoennes, émergent et constituent d'importants territoires "d'arrière-pays", l'Illythie pharaonique du Premier Empire s'impose comme un premier État terrien large (un demi-millénaire plus tard, il commencera à tenter de soumettre le nord de l'Épibatie). Depuis 4 000 ans que l'élevage se développe en Épibatie, et sans prendre en compte le changement climatique survenu depuis, les spécialistes estiment que 17% des espèces florales existantes au moment de la Révolution néolithique ont disparu, du fait du nouveau poids des ruminants ovicaprinés domestiqués (originaires de Marquésie) sur l'écosystème.
Posté : dim. mai 12, 2019 8:53 pm
par Arios
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4/02/2039 - Il giornale di lingua italica per tutte le regioni dell'Epibatia[/center]
Iaconno III : Le rapport météorologique qui fragilise le Palais impérial
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Selon les météorologues de Gighida, aucun impact de foudre enregistré sur les hauteurs le 7 octobre dernier[/center]
[url=https://simpolitique.net/viewtopic.php?p=350056#p350056]Il est tombé en pleine chasse[/url], comme les antiques héros de mythologie. Iaconno III, Roi des Rois, pétrifié dans le mauvais temps. De plus en plus de manifestants pro-Mazaa se saisissent de la théorie complotiste selon laquelle les ecclésiastiques auraient eux-même éliminé l'Empereur un tantinet lascif, pas assez ferme, lâche comme une corde effilée. Pour des admirateurs de la sœur de Iaconno, dont beaucoup se pensent avant tout comme des légitimistes opposés à la rupture de la linéarité dynastique, accepter la thèse d'un Messie se laissant assassiner par les Clercs lui reprochant son manque de vigueur, n'est pas une mince affaire. Mais fautes d'arguments face à Gighida, en elle-même une ville qui continue de soutenir fortement le pouvoir, et Giorggis IV, la foule urbaine des villes de la ceinture nord-orientale reprend à son compte une thèse largement développée sur le web céruléen, d'où elle est originaire.
Il faut dire que le scénario du complot n'a pas été écrit à partir de rien. L'idée du complot pré-existe, mais elle a été étayée une dizaine de jours après le décès annoncé de l'Empereur, alors qu'un rapport bi-mensuel sur les événements météorologiques sortait, consultable sur Internet, sans relayer un seul impact de foudre dans la région de Gighida entre le 27 septembre et le 13 octobre 2038. L'éclair qui aurait frappé Iaconno III était-il si fulgurant, énigmatique, qu'il n'aurait pas été enregistré par les satellites et stations météos ? C'est la firme Zibibbo, [url=https://simpolitique.net/viewtopic.php?p=347343#p347343]installée depuis le Printemps dans la capitale[/url], qui l'a fortement doté en stations météos, pour s'assurer de la sécurité des serveurs qu'elle a implantés dans la région, et qui stockent un volume grandissant d'informations capitales pour l'économie de la première puissance productrice mondiale.
La presse favorable à Giorggis IV et à son gouvernement s'est empressé de répondre lorsque la circulation du rapport est devenue virale entre les mains des citadins manifestants. Imprimé au verso de feuilles A4 de travail déjà noircies, plié en quatre pour se glisser dans la poche intérieure de la chemise, distribué discrètement lors des rassemblement, peu de convaincus s'interrogent sur la validité des signatures : mais on ne saurait remettre en doute l'expertise, véridiquement on ne peut plus officielle, de Meteo Epibatia, filiale de Meteo Lebira. Selon les zélateurs du Palais, l'étranger serait derrière la manœuvre de réécriture de l'Histoire, et la foudre aurait bel et bien frappé l'Empereur ; certains en veulent pour preuve des photographies de touristes, ce soir-là, qui auraient immortalisé l'éclair au-dessus de la capitale. Ces pérégrinations dignes du Cluedo en disent long sur la timidité des Épibates, et leur relative jeunesse, quant aux choses numériques autant qu'aux débats d'ampleur.
Iaconno III est-il bien mort de la foudre ? Peu probable. L’explication la plus plausible serait que l'Empereur fût tombé dans des circonstances plus banales, un accident de chasse rapidement doté d'une enveloppe mystique par l'intervention des biographes réclamant un éclair, le signe d'une volonté de Dieu alors que perdre un "Roi des Rois" n'est pas rien. D'autres avancent l'idée que l'Empereur est simplement mort d'une maladie, ou n'est pas mort du tout et est toujours retenu prisonnier par une Église officielle tombée entre les mains d'une dérive sectaire, ou d'une banale perversion politique.
Posté : dim. mai 19, 2019 6:38 am
par Arios
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4/02/2039 - Il giornale di lingua italica per tutte le regioni dell'Epibatia[/center]
Haute-Illythie : Les sécessionnistes dénonçent des massacres par l'Armée épibate
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Des pasteurs de Sotteb' contraints de se réfugier à Socopoli[/center]
L'Armée épibate se livre-t'elle aux épurations ethniques ? "Un peu facile", selon plusieurs observateurs internationaux, d'accuser les forces légitimes de l'État épibate, quand on est favorable à la partition, de se livrer à des exactions. Pourtant, les habitudes militaires épibates dans le domaine sont plutôt connues, ainsi que la troublante alchimie entre des troupes auxiliaires utilisées comme des mercenaires peu disciplinés, et un État-Major prêt à toutes les consignes pour affaiblir l'ennemi de la couronne : l'étranger.
C'est pour cette fébrilité naturelle à cautionner un scénario idéal pour les tenants d'une Haute-Illythie indépendante, que les observateurs internationaux présents en Épibatie ont été invités par les autorités auto-proclamées de Darciansciat (dont les bureaux sont déjà en cours d'évacuation vers Il Berrat), à venir constater plusieurs charniers retrouvés sur les rares territoires repris aux forces épibates par les miliciens haut-illythes. Dans le secteur de Codarat, à ce stade l'unique ville ayant réussi à se libérer des forces épibates par l'insurrection, c'est en plaine savane qu'une douzaine de grands reporters étrangers (originaires de Santogne, de la Ligue de Lébira, du Kars, du Caskar, de Valdaquie...) ont pu atterrir en hélicoptère, venus d'Illythie, pour constater les charniers exhibés par les partitionnistes : des dizaines d'éleveurs, des agriculteurs, forestiers et autres habitants, méthodiquement éliminés, soit-disant, par l'Armée épibate, dont des femmes et des enfants victimes de sévices sexuels.
L'enquête sera longue d'autant que l'Épibatie restreint les accès à son territoire, et menace de rupture diplomatique les pays qui violeraient ses exigences concernant le respect de son espace aérien, quand bien même est-il maitrisé par les rebelles. De contestataires violents à miliciens armés, les Haut-Illythes de fait "en armes" se sont transformés en une petite armée résistance, en une rapidité déconcertante. A demi-mot pour l'instant, l'Épibatie ne cache pas sa conviction quant à l'implication lébirienne derrière cette hausse de capacités, alors que la Ligue refuse toujours de remettre aux autorités de Gighida les militaires mutins s'étant réfugié en Nazalie en janvier dernier.