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Posté : lun. janv. 29, 2018 11:50 am
par Arios
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Dans trois mois, des régionales sous haute tension en Alilée

Après une élection présidentielle fragilisée par le faible taux de participation, et regrettée par beaucoup de citoyens hostiles à l'immigration frontalière dont elle semble avoir provoqué l'intensification, les régionales se tiendront en juin prochain dans la Province et définiront les partis qui prendront en charge certaines politiques locales, dans les cinq régions que compte la Province.

D'abord il y a donc l'actualité migratoire et les arrivées nombreuses de réfugiés amarantins décidant de sauter le pas et de fuir leur situation de servage dur, l'aliénation, sans toutefois trouver toujours ce pourquoi ils avaient entrepris leur migration. La situation, dans les villages ou quartiers accueillant des foyers, est rendue difficile par une population autochtone très critique - surtout quand les comptes sont faits de ce que ce plan d'accueil coûte à l'État, alors même que les Aliléens sont les plus touchés par le chômage dans toute la Ligue.

Ensuite, l'Alilée connait depuis deux mois une véritable guerre larvée entre les forces de l'ordre et le Crime organisé, jetant ses dernières réserves de change dans la bataille pour déstabiliser le pouvoir - à son habitude ? La présence d'Alessandro Delando à la Présidence aliléenne rend le chantage plus compliqué, alors que la Ligue semble cette fois déterminée à faire la peau aux réseaux mafieux aliléens et, malgré l'insécurité pesant sur la population et les crimes commis à l'encontre de militaires en service, ne veut pas plier. Comment le pourrait-elle seulement ? alors que la réclamation tacite des réseaux criminels est le retour de l'argent papier.

Dans ce contexte et non sans liens, les grèves ponctuelles viennent accompagner les manifestations régulières depuis le début de l'année. Les syndicats des principales professions sont tiraillés entre l'attentisme, la peur de perdre l'oreille des autorités provinciales, et celle d'accompagner des mouvements sociaux "spontanés" aux revendications très peu définies sinon l'expression d'un ras-le-bol face au coût de la vie et face à une classe politique désapprouvée.

Ces derniers jours pourtant le gouvernement provincial a annoncé une véritable petite révolution : une allocation universelle aux parents d'enfants de moins de 15 ans, à hauteur de 1650 Lires par enfant et par année - mesure qui va bouleverser le revenu de nombreuses familles ; et que le Parti Conservateur a du mal à défendre dans sa logique propre et non comme une rustine posée sur le trou de l'inflation des prix.

Les dernières régionales en Arovaquie et en Nazalie ont vu l'arrivée aux commandes de partis alternatifs voir liées à des mouvances hostiles à l'unité de la Ligue - la Granique et la Foresta-Velicha ont été remportées en Arovaquie par les indépendantistes, et les Riaggiadi et le Lasahari par les localistes anti-centralistes de l'Union de la Ligue du Sud en Nazalie. Soupçons de favoritisme des commerçants locaux par rapport aux ressortissants d'autres provinces, préférence régionale comme avec l'instauration ou projets d'instaurations de monnaies complémentaires, ont été entre autres les conséquences de cette montée en pouvoir.

Le "pouvoir" des institutions régionales a tendance à croître dans les dernières années, de facto, alors que les Régions ont à superviser l'application locale des politiques sanitaires, politiques de maintien de l'ordre, d'éducation et de coordination de l'aménagement du territoire. Non décisionnaires mais véritables relais du pouvoir, les Régions peuvent être surtout handicapantes à l'égard du pouvoir central, sans être véritablement en mesure d'appliquer des politiques différentes. Travaillant aujourd'hui beaucoup avec l'appui des bénévoles fautes de financements suffisants, les services régionaux souffrent également d'un manque de moyens ahurissant.

Posté : mer. janv. 31, 2018 11:21 am
par Arios
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31/03/2035[/center]

Pour Raimondo Mazzola, un "impôt algarbien" permettra de sortir de la Guerre des Containers

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Êtes-vous prêt à payer un impôt supplémentaire pour financer le remboursement des belligérants de la Guerre des Containers en Algarbe ? Le Président du Conseil pense que oui. Alors que devraient s'ouvrir, à Lébira, des négociations entre plusieurs États du continents afin de dessiner les comptoirs d'une surveillance financière transnationale, pour objectif de compenser les dommages et pertes subies par les différents pays du continent, qui se retrouvent devant l'abandon de fait du G4, le gouvernement qui soutient l'initiative largement poussée par la Banca di Montefiori, n'hésite pas à avancer ses premières idées.

La création d'un impôt direct ou d'une taxe, visant les citoyens au prorata de leurs revenus, commune à toute l'Algarbe, devrait permettre selon lui d'assurer rapidement le remboursement des pertes de guerre. Présentant la mesure comme pouvant toucher toute la Ligue de Montalvo, les autorités arovaques et aliléennes s'indignent déjà, tandis que cantonner ce nouvel impôt à la Nazalie serait un encouragement à la délocalisation des entreprises montalvéennes en dehors de l'Algarbe. Le gouvernement assure que cela ne se ferait pas sans contreparties, intéressantes pour la Ligue, à commencer par la constitution d'un vaste réseau de surveillance commun, qui étofferait les garanties diplomatiques actuelles et assurerait la sécurité de la Nazalie, dont le sort a pu dépendre dangereusement des aléas électoraux en Aminavie.

Mais la principale difficulté du Président et des envoyés à Lébira sera de convaincre Lucifériens et Sud-Algarbiens au sens large, non spécifiquement sur les responsabilités de guerre dont tout le monde désire oublier le débat aujourd'hui, mais sur la nature de l'économie sur laquelle doit reposer la reconstruction et donc le remboursement des prêts que s'engage à faire la Banca di Montefiori, indirectement. L'ELA sera-t'il prêt à apporter des garanties contre l'esclavage que Cartagina prétend tant combattre face à l'Amarantie ? Le cadeau empoisonné de Spazziris à Mazzola pourrait être de nature historique, pour la crédibilité et la carrière du président.

Posté : mer. janv. 31, 2018 7:38 pm
par Arios
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31 marzo 2035[/center]
[center]Intervention des services sanitaires à la Banque Monezzi Solutione[/center]

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Encore très apprécié par certains, parce-qu'on peut le toucher[/center]

Les autorités sanitaires l'ont fait savoir : ils sont intervenus ce matin sur des lots de plusieurs millions de $ international, détenus dans certaines réserves de la Banque Monezzi Solutione. En cause : plusieurs cas de maladies tropicales chez des personnels issus des bureaux concernés, et qui tous ont eu à manipuler les billets pour les changer de housse de conditionnement.
  • "La monnaie papier est un véritable TGV à microbes, qui permet à des bêtes que nos organismes ne connaissent pas de pénétrer notre société et de répandre des maladies terribles, les virus et les bactéries... 5% du poids d'un billet est composé par ces micro-organismes qui sont transportés par le papier. Si les services sanitaires n'étaient pas intervenus, des personnes bien plus vulnérables auraient pu être touchées." a déploré la responsable de l'intervention.
La Banque centrale et les banques commerciales de la Ligue de Montalvo conservent de très importantes réserves de $ international, et sont aussi responsables des réserves de change de l'État. Malgré le passage à la monnaie électronique, appelée encore "monnaie monopoly" par plusieurs pays très attachés au papier (même si le Monopoly se joue justement... avec du papier), le contact avec la monnaie papier, étrangère, mais aussi avec les stocks de Lire papier qui subsistent, est encore courant.

Le Ministère de l'Information a tenu à rebondir sur l'actualité pour encourager vivement les citoyens disposant encore de billets papiers et de pièces, à s'en débarrasser au plus vite. "C'est aussi une question sanitaire" rappelle le porte-parole du Ministère.

Posté : ven. févr. 02, 2018 10:08 am
par Arios
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2 aprile 2035[/center]
[center]"Le Deseret devra rembourser" pense Fabio Spazziris[/center]

Une semaine avant la grande consultation des actionnaires des quatre principales banques du pays, le Directeur de la Banque Centrale est revenu, comme un écho des premiers pourparlers, sur les 2,4 milliards de dette des États-Fédérés d'Olgarie, annexés en grande partie par le Deseret et que celui-là n'a pas voulu prendre à son compte - au point que ce désaccord international serait à l'origine de l'éclatement du G4 et du refroidissement des relations avec le Lianwa.

La dette fédérale des EFOs atteint beaucoup plus largement certains pays comme le Lianwa, à hauteur de 14 milliards, ou encore l'Amarantie pour un peu moins. Le Deseret a accepté de prendre à sa charge les dettes des États qui rejoindraient sa confédération, mais non la dette fédérale d'un État de facto en faillite. Si d'aucuns pourraient estimer que les actionnaires et obligataires savaient les risques encourus à soutenir un État à l'avenir incertain, beaucoup de Banques assuraient en fait des garanties aux investisseurs passant par elles - et la question du remboursement se pose aujourd'hui.

Si l'on apprend que les Banques montalvéennes, par la voie de la Montefiori commerciale principalement concernée, avaient laissé un délai au Deseret, le directeur de la BdM semble corriger quelque peu la position actuelle du secteur bancaire en déclarant qu'on ne pouvait parler que d'un délai de sécurité, mais qu'in fine "le Deseret devra rembourser [...], s'il veut rester un acteur audible de la mondialisation, pour effacer le préjudice causé à des dizaines de millions de personnes.".

Posté : ven. févr. 02, 2018 6:44 pm
par Arios
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Les cuisiniers s'entendent pour doubler leur utilisation d’œufs dans les recettes

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Combien d’œufs dans une pâte à crêpes ? un gâteau ou une crème ? Ce sont 250 cuisiniers originaires de toute la Ligue qui se sont entendus sur un texte commun, par lequel ils déclarent s'engager à doubler le nombre d’œufs utilisés dans leurs préparations, leurs plats servis au restaurant et leurs livres de cuisines, afin de soutenir la filière de la ponte, fragilisée en Nazalie, en Alilée et en Arovaquie par la faute d'une demande qui tend à diminuer, et un prix de l’œuf qui s'en ressent à la baisse.

Finie l'époque où deux œufs cuits sur la pierre constituait le casse-croûte lambda du berger nazalien, où les petits enfants se goinfraient de pâtisseries faites maison tous les après-midi, où les gros fourre-tout étouffants accompagnaient le pain aux repas de famille - ils coûtent désormais plus chers à faire que les plats préparés bien en sauce de la grande distribution. L’œuf est une espèce en voie de disparition, et qu'il soit venu avant ou après la poule n'est plus une question qui taraude les universitaires et les têtes-blondes.

"Mais la modification de toutes les recettes de cuisines par l'ajout d’œufs ne risque-t'il pas d'atteindre sur le potentiel culinaire de la Ligue ?" s'inquiètent les associations de consommateurs. "De toutes façons les gens ne cuisinent plus, ce sera aux professionnels de faire passer cette nouveauté en agrémentant avec de nouveaux produits, de nouveaux épices..." répondent dans leur tribune les cuisiniers.

Le syndicat des fariniers et celui des éleveurs laitiers ont été contactés ; ils saluent l'initiative en solidarité aux producteurs d’œufs, et ont projeté d'envoyer un courrier aux cuisiniers signataires pour leur proposer de prendre un engagement similaire concernant la farine et le lait.

Posté : sam. févr. 03, 2018 1:25 pm
par Arios
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Quand la grande industrie débauche les forgerons thorvaliens

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Piedro et son fils Giovanni viennent du grand nord[/center]

Allez trouver un forgeron autochtone dans les campagnes de la Ligue de Montalvo - c'est chose difficile. Pourtant, avec d'importants bassins industriels et des processus de productions variées qui charrient des centaines de métiers et autant d'exigences, le monde du travail montalvéen peine à renouveler son savoir-faire concernant des connaissances pointues, faites en grande partie d'expériences concrètes qui seules parfois peuvent nourrir le bagage technique d'un travailleur. D'année en année, l'appel aux "mains" autant qu'aux cerveaux s'est développé afin d'attirer des étrangers qualifiés - et dans le domaine de la métallurgie et de l'ingénierie, ce sont les Thorvaliens que les entreprises montalvéennes tentent toujours davantage de débaucher.

À grands renforts de salaires conséquents, de stages de reconversion et de cours de langue offerts, d'avantages en natures divers faisant suite aux réclamations diverses et variées des recrues, parfois déconcertantes (comme l'accès à un grand jardin plutôt qu'une villa disproportionnée sur les hauteurs de Cartagina ou Suresisca, la possibilité d'amener ses animaux ou son prêtre du Thorval), les entreprises montalvéennes s'arrachent les compétences toujours très familiales, voire claniques, des forgerons traditionnels du Royaume nordique.
  • "Ce n'est pas facile de les faire venir ici, mais ce sont des hommes et des femmes comme les autres - ils sont vite séduits par un confort de vie et les entreprises font tout pour que ce soit le cas. Là-bas ils étaient de petits forgerons, souvent dans l'ombre de grands maîtres, ici ils peuvent diriger, mener de grands projets, épaulés par des centaines d'apprentis qu'ils forment, et qui les initient à de nouvelles techniques" explique Gianpaolo Bergamoschi, cadre spécialiste du recrutement extérieur dans une importante société de plaquage d'outils.
Ces dernières années, on estime que plus de 12 000 Thorvaliens se sont établis durablement dans la Ligue de Montalvo - une immigration de travail, accompagnée parfois des familles, composée essentiellement de professionnels des métaux, forgerons, mais aussi menuisiers, architectes, ou encore agronomes, souvent porteurs de savoir-faire qui n'existent pas ou plus sous nos latitudes.

Posté : sam. févr. 03, 2018 7:38 pm
par Arios
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6/04/2035[/center]

Sept mois après, Mazzola déjà seul au monde

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Les soutiens du Président du Conseil l'abandonnent un à un...

L'impôt algarbien, la politique de la porte fermée au FCD, la préférence à Addolorata Pozzi au détriment d'une candidature N&L, l'approbation difficile de l'immigration massive en Alilée... sont autant de motifs qui font ressortir des griefs plus anciens à l'encontre d'un jeune Président qu'Abo Darfi, Addolorata Pozzi et Massimo Cavafella avaient approuvé au sortir d'Edmondo Boterlo. Aujourd'hui, certains n'hésitent pas à parler d'erreur historique, lorsque les ministres généraux de Giuseppe Veraldini ont fait appel à un Général briton en disponibilité pour rétablir l'ordre constitutionnel - pour eux, Raimondo Mazzola ne peut pas être celui qui émanciperait la Ligue des liens troubles qu'elle a toujours entretenu avec la Britonnie.

En Alilée, la loi martiale qui tait son nom.

Pendant ce temps-là, l'Alilée subit les ambitions conjuguées d'un Président exalté en faveur de l'émancipation de tous les esclaves de Cérulée, et d'un gouvernement central qui veut la transformer en laboratoire d'une nouvelle croissance décomplexée fondée sur l'expansion démographique intérieure. Mais dans les faits, la contestation sociale pour le pouvoir d'achat, dans la parente pauvre de la Ligue, s'est mélangée aux revendications "nationalistes" contre l'immigration et une monnaie électronique dépeinte comme la faucheuse des solidarités locales, des petits retraités et de ce qui pouvait rester d'une Alilée profonde sans doute enterrée un peu vite par les citadins de Miliameni, Filipiada... Primonica, Dovernico et Cartagina... Militaires contre mafieux, Delandistes contre manifestants, la guerre des postures par procuration se mue en guérilla fiscale. Prochain arrêt : la grève générale.

Derrière les politiques particulières et les dotations différenciées, l'effritement de la Ligue de 1953.

Au cri toujours minoritaire lancé par les électeurs depuis 5 ans, le Conseil de la Ligue et le gouvernement général ont cru bon de répondre par une décentralisation bâclée, sur la seule base d'une distribution d'argent général : 1,3 milliards pour les uns, 1,7 milliards pour les autres... comme un Alessandro Delando qui instaure une politique lourde d'allocations familiales en espérant créer un choc de consommation et une attractivité pour sa Province, ou un Abo Darfi qui répartit les dotations entre les écoles et les universités. La Ligue se divise, doucement, par la base, par la politique, c'est à dire l'organisation de la Cité. Ces cités que sont les Provinces prennent désormais des chemins différents, à contre-courant des principes constitutionnels définis en 1953... Le recours biaisé au référendum, en janvier dernier, a permis de déguiser une politique de l'improvisation en avancée démocratique.

En leur sein, les Provinces se divisent bien plus vite que la Ligue elle-même.

Alors que la Nazalie du sud ouvre grand les yeux vers l'Illythie et l'Algarbe, contournant les lois grâce à sa "monnaie complémentaire" créant un protectionnisme intérieur xénophobe à l'égard du nord, la ruralité arovaque se tourne vers l'indépendantisme avec une détermination qui ne cherche plus à se dissimuler. Le scénario des villes contre les campagnes se met à la sauce montalvéenne : si les villes sont unies, les périphéries ne le sont pas, ni dans leurs ambitions ni dans leur imaginaire - et à raison, pour un pays si éclaté, qui paye peut-être aujourd'hui l'addition de sa construction hasardeuse, par la note que lui envoient les électeurs au fur et à mesure.

Pendant ce temps, Industriels et Banquiers enregistrent des performances record.

Si la consommation se répartit mal, ou pas assez vite par rapport aux différentiels de pouvoir d'achat, elle est globalement bonne - à l'image des chiffres généraux de l'économie montalvéenne, qui la place régulièrement en tête des classements de production absolue. On compte plus de 31 milliards de $ d'investissement privé dans la Ligue de Montalvo en 2034, tandis que le chiffre d'affaire des entreprises n'est plus qu'à 5 milliards de la barre symbolique des 200 milliards $, seulement franchie par l'île-industrie Lianwa depuis la Crise. Mieux encore : la Ligue de Montalvo réussit à exporter davantage qu'elle n'importe, envoyant ses productions agricoles dans tout le bassin céruléen, ou encore jusqu'en Ventélie - en échange de produits de consommation issus de la délocalisation des usines, des rachats de plus en plus nombreux de firmes par les fonds d'investissements extrême-orientaux pariant sur le faible RNB/hab des pays de l'Est, ou de machines outils bien meilleur marché qu'en Cérulée.

L'agenda 2035 assez conséquent.

Quid de la sortie de guerre en Algarbe ? Le Sommet de Lébira, aux ambitions aussi grandes qu'incertaines, tentera d'y répondre en proposant la participation directe de Cartagina au paiement des pots cassés. Mais en parallèle de la main tendue au Lianwa pour reconstruire une coordination financière mondiale après l'effondrement du projet G4, difficile de penser qu'un pays à la gouvernance fragile réussira à retisser des liens diplomatiques forts. Interprété par les Amarantins comme une nouvelle fuite en avant pro-UPO, déguisée en chauvinisme algarbien black-blanc-beur, les citoyens Montalvéens sont majoritairement hostiles à partager les coûts de la Guerre des Containers et prompts à cautionner ces interprétations sceptiques.

Les régionales en Alilée viendront clôturer un cycle d'élections débuté en 2031. Et leur résultat promet d'être explosif, tant la situation dans la Province est tendue. En sous-main, la Mafia organise les listes et dissuade les candidatures parasites - les pourparlers sur la constitution d'un véritable parti d'opposition, sur les ruines d'un MBC ridiculisé par les rumeurs sur l'identité sexuelle de sa dernière, et très gauche, candidate aux présidentielles, vont bon train. Alessandro Delando et ses "Conservateurs" auront du mal à remporter des régions, et ont déjà arrêté de faire campagne dans l'intérieur des terres, espérant se raccrocher à un ou deux fiefs côtiers et urbains - mais la politique hostile à l'Amarantie donne à ce projet des airs d'impossible, alors que les zones touristiques et hôtelières sont vent debout devant l'exécutif provincial.

Mais tout pourrait rentrer dans l'ordre, si l'expérimentation de la décentralisation s'avérait efficace en donnant ses premiers succès, si Mazzola réussissait à se maintenir... ou à se faire remplacer par un profil plus consensuel et ce sans remous, si la Nazalie ne plongeait pas de façon ridicule dans une nouvelle présidentielle alors que son président nonagénaire montre des signes de fatigue... et si la grève générale lancée en Alilée se soldait par un échec, faute que cette fois-ci, les réseaux clandestins n'aient assez de ressources matérielles (de billets) pour payer les grévistes.
  • "Le problème de la Ligue de Montalvo n'est pas de savoir si elle est efficace, mais de savoir si elle est équitable et juste" disait encore le Ministre de l'économie Maometto Buazizi, avant de mettre fin à ses jours sur l'autoroute en fin d'année dernière. Au vu des tensions actuelles, beaucoup semblent penser que non - et les caricatures de politiques sociales ponctuelles et superbes ne semblent pas, pour le moment, apaiser le malaise.

Posté : sam. févr. 03, 2018 10:20 pm
par Arios
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[right]6 avril 2035[/right]
Fulmizio avance lentement ses pieds crochus dans le désert adamantin
Un petit pas pour le crime, un grand pas pour les actionnaires.


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On n'a pas trouvé de photo de mines.

En Illythie, ce sont les Oasis dont on n'a pas le droit de divulguer l'emplacement - mais on ne les interdit pas. Les mines de diamants, on a le droit d'en divulguer l'emplacement, mais elles sont interdites en soit. Dans les faits, elles existent, abondantes, et sont autant de lieux d'oubli de la règle, autant de structures trop étroites causant autant d'insécurité pour les ouvriers. Fautes d'être autorisées, elles ne sont pas encadrées, et s'accompagnent bien souvent d'une mise à l'épreuve de travailleurs illégaux, quand ce ne sont pas tout simplement des esclaves.

Jusqu'à présent, le désert dacrélien qui abrite le précieux minerais dans ses sous-sols n'était parcouru que par des barbouzes, des aventuriers, self-made-men venus là pour faire fructifier un petit capital. Mais les temps changent : et de plus en plus de gros intérêts se cachent derrière des armées de petits porte-flingues, venus organiser l'extraction avec de la main d’œuvre servile. Même s'il n'existe pas la preuve que Fulmizio, la célèbre entreprise de construction de satellites, rémunère ou orchestre des mines sauvages en Dacrélie, c'est un secret de polichinelle qu'elle est la première entreprise étrangère à en profiter - et le Ministère des Sectes, en charge de l'intérieur, est formel : il y a du nouveau au pays des larmes.

Meilleurs rythmes, organisation militaire, prospection à grande échelle - de l'argent neuf est arrivé à remonter le Naos, et il compte pondre ses œufs dans les trous creusés par les esclaves épibatiens. En quelques heures, une équipe peut sortir de Damasie, trouver un spot préalablement identifié par les géologues, installer un campement, creuser le premier trou et y faire "descendre le juif", c'est à dire celui des travailleurs réputés pour choisir la bonne direction dans laquelle creuser (et s'il est vraiment juif, c'est un gage de motivation supplémentaire pour l'équipe, de nombreuses personnes étant persuadées qu'il existe bien un sixième sens chez ces gens).

Distancée sur le marché céruléen par le retour en grâce de l'Ascensus et son avance technologique dans le domaine spatial, payée sur des décennies d'isolationnisme, Fulmizio est bien suspectée de parier sur la disponibilité en minerai de diamants grâce au contexte favorable en Illythie, pour se procurer cette matière première indispensable pour l'industrie satellitaire et en bloquer discrètement l'accès à la concurrence.

Les Anciens disaient que les diamants étaient les larmes des Dieux ; cela ne peut donc étonner personne qu'on en ait besoin pour conquérir les cieux. Dommage que cette chasse au trésor passe par la négation du droit, de la morale et de l'État même.

Posté : lun. févr. 12, 2018 2:59 pm
par Arios
[center][img]http://nsa37.casimages.com/img/2017/02/12/170212040156426296.png[/img]
28 aprile 2035[/center]
[center]La Banque Centrale appelle le gouvernement à la prudence avec l'UPO[/center]

Où est l'argent promis par le G4 ?

Depuis le 15 mars 2034, la Ligue de Montalvo met progressivement en place un espace de libre-échange économique total avec l'Union Pan-Océanique. Longtemps freiné par la Guerre des Containers, ce marché ouvert devient un peu plus concret chaque jour, alors que des marchandises produites en Aleka, dans les Bantoustans, au Vryheid ou au Mahajanubia font une apparition timide mais conséquente dans les étals des supermarchés montalvéens, ou plutôt agrandissent leurs places en rayon alors que leurs prix, auparavant, les rendaient prohibitif.

Mais résumer l'impact du libre-échange à quelques places dans un supermarché, tout non-négligeable que ce soit, revient à prendre le problème par le petit bout de la lorgnette. Car c'est bien un problème que veut pointer du doigt la Banque Centrale, autorité suprême en matière monétaire et financière, alors que l'UPO n'a toujours pas expliqué comment la guerre avait été payée, avec quel argent l'armement avait été acquis sur le marché mondial, quelles coupures avaient servi à rémunérer des soldats peut-être toujours en attente de paye, et si jamais les liquidités n'avaient pas été spoliées à certains postes gouvernementaux (comme l'alimentation des Bantoustans, par exemple ?), afin de solder au plus vite les échéances les plus pressantes.

La chute brutale de Bujian et la Roumalie a été l'occasion rêvée de transferts financiers opaques, mais au final, difficile de penser qu'ils ont été positifs pour les comptes de l'UPO. Si la Banque Centrale se fait toujours plus insistante envers le gouvernement, et que le Président Raimondo Mazzola y répond par une tentative de G5 Algarbe ressemblant pour l'instant à une veille à l'éléphant en plein désert, c'est qu'elle veut s'assurer que la zone de libre-échange à laquelle elle participe n'est pas alimentée par des billets verts sortis de nulle part ou de presses humides en caves de restaurants mahajanubiens.

Car si le billet vert provoque une érection incontrôlable dans les pays de cow-boys peu soucieux de comprendre ce que cache l'horizon des grandes plaines, les Céruléens créateurs de la civilisation marchande savent bien qu'un billet n'a de valeur que si l'on connait précisément le total des doubles qui l'accompagnent. Et on ne voudrait pas que l'UPO imprime ceux avec lesquels elle renfloue les réserves de devises étrangères de la Ligue, provoquant de facto un effondrement de la réserve de Lires au profit des commerçants venant échanger les billets plein de microbes contre des avoirs scripturaux en L.E. montalvéenne.

Mais si la BdM se montre déjà si insistante, c'est probablement qu'elle a connaissance d'un serpent... de désert.

Posté : lun. févr. 12, 2018 2:59 pm
par Arios
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[right]edizione di Aprile 2035 - Tutte le più belle immagini dell'Illitia[/right]

Une pression foncière agricole en maintien

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En dehors de la région d'Atomie-Paomèches, les seuls terres cultivables d'Illythie sont réparties des deux côtés des rives du Naos, sur une largueur maximale de quelques kilomètres droite et gauche comprise. Plus l'on s'éloigne du grand Delta, plus les terres irriguées à partir de l'eau douce charriée du cœur de l'Algarbe sont étroitement accrochées au Naos, artère millénaire du pays et fleuve encore sacré par bien des aspects. Malgré une population de 4 millions d'habitants, l'Illythie connait le phénomène de pression foncière, essentiellement agricole, concernant les rives de son grand fleuve - car pour être plus performantes, les familles rurales déjà bien dotées cherchent à agrandir leur domaine, afin de mieux rentabiliser certains achats quand ils en ont les moyens, mais surtout pour doter les différents enfants parvenant à l'âge adulte et qui tous ne peuvent pas se rendre en ville pour trouver un travail.

La moyenne des surfaces par exploitation n'est donc aujourd'hui pas ridicule en Illythie, mais l'absence de remembrement rend certains domaines difficiles à travailler du fait de leur éclatement, tandis que l'irrigation inévitable et très développée crée un statut communautaire de fait sur bon nombre de parcelles cadastrales, à commencer par les canaux et les contributions communes à l'entretien qu'ils nécessitent. Plus les exploitations sont larges, plus les familles ont d'enfants, et plus ces enfants doivent hériter de quelque chose qui leur permette de vivre, et de résister face à la pression de spéculateurs fonciers venus de Sciatebi, Arpagia ou Atomia.

La pression urbaine n'est encore pas un problème en Illythie, pour l'instant du moins - les faibles exigences de la population illythe en terme de confort de vie protègent les limons du Naos. Mais l'influence des séries TV montalvéennes et d'une mondialisation commerciale frappant régulièrement à la porte à coups de sorties intempestives d'un tel ou tel ministre aux allures de sondage déguisé, tendent à ré-hausser les aspirations d'une classe moyenne en essor. De grands efforts d'innovation urbanistique seront nécessaires aux politiques afin d'encadrer l'urbanisation qui découlera forcément de l'ouverture au monde, pour éviter que les classes moyennes aillent faire construire leur maison à la nazalienne en plein milieu des terres cultivables, seuls arguments de richesse de l'Illythie à ce stade.