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Posté : lun. mai 02, 2016 4:09 pm
par Iskupitel
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À leur passage dans les villes endoas, le convoi ne passe pas inaperçu, et des photos amateurs sont prises.

Wapong → Kaiyuan[/center]
  • 06 janvier 2030
[justify]13 000 véhicules militaires légers ne passent pas inaperçu. Mais à quoi bon ? La destination de ces engins était connues de tous : la Varlovie, terre jeekimoise bien éloignée de la gare de départ de l'immense train, dans la Vallée de Wa. Que ce soit la réelle intention de Jomi Messeich, le PDG du cyrénan Messeich Group, ou seulement un détour pour montrer sa puissance monétaire au monde entier avant de faire appareiller les blindés vers la Cyrénanie, il avait été décidé que les produits d'Armor Bek emprunteraient le Transmakaran dans un convoi spécial, et qu'elles seraient déchargées à Pattayat, le port kaiyuanais le plus proche et simple d'accès depuis l'austrobeysin.

Yoel Meir était employé du Messeich Group depuis près de 5 ans, en tant que commercial. À 32 ans, il n'avait pas connu d'autre entreprise, exceptés ses jobs d'été dans les cabanons de plage de Tel-Balikh alors qu'il était étudiant. Avec une vitesse fulgurante, il s'était fait remarqué des services de Jomi Messeich, le patriarche du Consortium. Ainsi, pour faire ses preuves, on l'avait envoyé à Wapong City conclure un achat d'armes inutiles à un prix titanesque pour des raisons géopolitiques. En bon commercial, Yoei n'avait pas refusé, et s'était attelé au mieux à sa tâche, sans se douter que sa véritable mission était d'accompagner les engins jusqu'au Jeekim. Lui qui tablait sur un déplacement de quelques jours, qui plus est pendant les fêtes de fin d'année qu'il avait accepté ne pas pouvoir passer avec sa fiancée, Shahar, le voila embringué dans un voyage le menant des limites du cercle polaire antarctique aux confins du Jeekim nord, dans une zone de guerre où tous les celtes et communistes tenteraient de l'abattre et de s'emparer des blindés dont il avait la surveillance.

Assis dans la locomotive avec un wapongais qui ne parlait pas un traître mot d'adélien, de français ou d'hébreu et qui semblait très peu rassuré de transporter de tels engins, qui plus est avec un cyrénan inconnu qui ne cesse de tout inspecter comme pour se rassurer que le train ne va pas tomber en panne au milieu de nulle part, Yoei tentait de se préparer à son arrivée à Pattayat. Rien n'avait été encore décidé pour le transport entre le Kaiyaun et la Sébaldie, qui pourrait se faire par avion ou par bateau. Si l'avion était la méthode la plus sûre, elle était également la plus coûteuse, et les finances du Messeich Group n'étaient pas si excédentaires que cela, du fait des taxes imposées par l'état cyrénan. Une folie telle que l'achat de 13 000 engins blindés et l'irruption dans un conflit qui est totalement étranger à Monsieur Messeich peut se faire une fois de temps en temps, mais il était du devoir de Yoei de limiter les coûts et de trouver une solution relativement sûre et moyennement coûteuse. Tout cela était suffisamment cher pour que l'on ne souhaite pas voir les navires transportant les blindés être coulés par le fond lorsque la Schenkennie ou ses alliés enverra un patrouille sur la route maritime, sachant parfaitement où se trouve la flotte puisque les informations concernant son déplacement ne sont pas facilement dissimulables. 13 000 blindés, ça peut relativement disparaître s'ils sont statiques, avec un bon camouflage vu du ciel pour éviter les satellites, mais ceux-ci sont connus du monde entier, notamment des internautes, et les suivre à la trace doit être possible même pour un enfant du Bangiso, du moment qu'il a accès à Twikle. Mais si le transport par avion est trop cher, autant les voir couler. Idem pour l'escorte militaire, qui sera de toute façon difficile à trouver, puisque le Kaiyuan ne s'y risquera pas par amour de sa neutralité, que la Cyrénanie est bien trop loin pour être là à temps, que la Varlovie a d'autres chats à fouetter (et plus de marine, de toute façon), ou encore que la Sébaldie n'est pas prête à s'engager militairement. Resterait le Valaryan, mais avec l'armée qu'on lui attribue dans les ragots, autant se faire escorter par des hommes à la nage.

Le train était long, le trajet aussi, et il se passera encore bien des jours avant que les véhicules arrivent en Varlovie. Avec un peu de chance, la guerre sera finie, grâce à un sursaut de maturité des États qui y sont impliqués, socialistes comme capitalistes, royalistes comme fascistes. Ça ne déplairait pas à Yoei, bien au contraire, et il serait même prêt, pour éviter de s'approcher d'une telle zone de guerre aux contours bordés de civils réfugiés, à se présenter lui-même devant le patriarche, quitte à y perdre un membre ou deux, pour expliquer que la livraison aura pris trop de temps. Malgré sa loyauté au Messeich Group, en effet, le trentenaire ne pouvait s'empêcher de penser que c'était une histoire folle, et que Monsieur Messeich défiait le pouvoir du gouvernement fédéral, clairement neutre depuis plusieurs décennies. Même si pour l'instant tout se passait relativement bien, les institutions fédérales ont une mémoire digne des archives stalagmantines, et tout finira par retomber sur un Messeich Group dans la tourmente. Toutefois, pour le moment, il effectuerait sa mission, même si cela devait lui coûter la vie, sans pour autant perdre de vue les occasions de sortie qui se présenteraient à lui tout au long de son périple, qui s'annonçait long, très long.[/justify]