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Posté : mar. juin 18, 2019 11:26 pm
par Yul
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[quote][center]Les sirènes du Külmutatud[/center]

[justify]Lars est un pauvre hère, abandonné par son père à tout juste 4 ans, il a grandi dans la rue, vivant comme il le pouvait, tantôt voleur, tantôt mendiant, puis en faisant des petits boulots dans le port de Navarion, qui donne sur la mer des Crabes. Il fut mousse, parfois docker, parfois pêcheur, mais appris très vite à vivre en mer, et appris beaucoup auprès des vieux loups de mer qu'il rencontrait dans les tavernes le soir.
Un jour, il signa un beau contrat. Des gentilshommes venus de Santogne désiraient traverser la Mer des Crabes, pour se rendre dans le nord-est du Natolique, vers un pays qui s'appelait le Bykova. A 15 ans, Lars fut ainsi engagé comme homme d'équipage, et toucha une confortable avance. Un soir de novembre, il embarqua.
La traversée commença sereinement, les cieux étaient cléments. Le navire voguait bon train plein est au large les îles du Vonalya, afin de profiter des meilleurs courants marins, et du meilleur vent. Mais les nobles n'avaient pas vraiment le pied marin. Ils furent tous pris par le mal de mer, et on demanda à Lars de nettoyer leurs cabines, tandis qu'on les menait prendre l'air.
Le soir même, l'un des gentilshommes, le Sieur Guillaume de Basse-Cour, cria au vol. Il avait un médaillon d'or, enfermé dans un coffret. Celui-ci jurait-il, avait disparu. Pour lui comme pour tous, le coupable était connu : c'était Lars pour sur, qui avait profité du temps passé à nettoyer la cabine pour voler le médaillon. Il l'aura bien certainement caché quelque-part sur le navire, puisque visiblement, il ne l'avait pas sur lui. Ce médaillon avait une grande valeur, et la punition allait être à la hauteur du crime. Le capitaine le jura, nul homme sur son navire n'enfreindra la loi.
Malgré ses protestations, Lars fut arrêté. Afin de servir d'exemple, on le ligota puis on l'attacha suspendu en haut du mât. On chercha le médaillon partout, dans sa couche bien sûre, mais aussi dans les cales, dans les cordages, partout où Lars avait été vu pendant la journée. Personne ne pu retrouver le médaillon.
Lars resta là deux jours. Raivo, un jeune mousse de ses amis qui avait pitié de lui et le croyait innocent lui apporta de temps en temps de l'eau et un peu de pain, discrètement. Lars garda le silence, mais à chaque fois qu'on revenait pour l'interroger, il jurait au nom de Dieu ne rien avoir volé.
Le troisième soir, le ciel s'assombrit. Une violente tempête menaçais à l'horizon, et très vite s'abattit sur le navire. Les marins usèrent de toutes leurs forces pour maintenir le bateau, mais rapidement, des voiles se déchirèrent, des baumes tombèrent. Le navire était chahuté, emporté toujours plus vers le sud-est par le vent, les vagues et le courant, et les marins arrivaient à grand peine à le diriger. Cela dura plusieurs heures, et les marins se sentaient épuisés, quant tout à coup Lars distingua au loin plusieurs lumières. Il hurla dans la tempête de ne surtout pas en approcher, quand un des gentilshommes les vit, et ordonna qu'on s'y dirige.
Aussi tôt dit, aussi tôt fait, les marins dirigèrent le navire vers les lueurs et au bout de quelques minutes on entendit un grand craquement, et on sentit un grand tremblement. Le navire venait de heurter violemment les récifs, et il s'était brisé à l'avant. Il était échoué et ballotté par les vagues, si bien qu'il commença à se briser de nouveaux de toutes parts. Les marins, le capitaine et les gentils-hommes sautèrent dans l'eau afin de nager vers le rivage. Sur la côte, les lueurs s'étaient éteintes.
Raivo quant à lui grimpa au mât afin de libérer son ami. Ils sautèrent à leur tour à l'eau pour atteindre un lieu sur.
Chacun trouva un abri pour la nuit, aussi bon qu'il le put. La tempête dura encore quelques heures puis se calma. Bientôt, l'aube se leva.
Beaucoup de marins avaient péri noyé dans la tempête, ne sachant pas nager, il n'avaient pas su rejoindre le rivage. Lars et Raivo, eux, y étaient arrivés. Un gentil-homme aussi, c'était Guillaume de Basse-Cour, qui avait trouvé un abri pour la nuit.
Au petit matin, Lars et Raivo aperçurent une jeune femme habillée d'un simple drap gris qui se dirigeait vers les rochers. Guillaume de Basse-Cour l'avait remarquée lui aussi et décida de l'approcher, surement pour lui demander de l'aide. Lars et Raivo le suivirent discrètement. Passant près d'un rocher, le gentil-homme aperçu la jeune fille, complètement nue, assise sur un rocher, en train de se peigner ses longs cheveux. Elles était très belle, la peau blanche, les cheveux blonds comme le blé, et les yeux gris, envoûtants. Elle chantait.
Le gentil-homme descendit la voir et s'en approcha. La jeune femme le fixa droit dans les yeux, esquissant un léger sourire. Elle lui demanda d'approcher d'un geste sensuel. Guillaume de Basse-Cour était visiblement séduit, il ne se fit pas prier. Finalement, il s'agenouilla près d'elle et commença à lui embrasser le sein, pendant qu'elle le prenait dans ses bras. Soudain, elle se laissa basculer en arrière, entraînant le gentil-homme avec elle. Ils disparurent tous deux dans les eaux de la mer.
Raivo voulu descendre voir, afin de secourir le malheureux. Lars l'en empêcha, il se souvenait de ce que les vieux loups de mer lui avaient raconté sur des sorcières grises qui envoûtaient les marins et les attiraient avec elles au fond des eaux. Raivo et Lars décidèrent de longer la côte, peut-être trouveraient-ils de l'aide dans un port du coin? En passant près de l'endroit où le gentilhomme de Santogne avait dormi, ils remarquèrent qu'il avait laissé là son veston.
Lars qui était torse-nu l'enfila, et en fouillant les poches, découvrit un médaillon.
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[center]-------------------------[/center]


[justify]Jusqu'au milieu du XIXeme siècle environ, il était courant, lors de soirs de tempêtes, que des habitants des ports du Külmutatud allument des feux afin d'attirer les navires de la Mer des Crabes vers des rochers pour les faire s'échouer, et les piller.
On a rapporté beaucoup de massacres de marins épuisés, surpris par des habitants sans pitié. Parfois, même, certains d'eux étaient violés avant d'être tués, autant par des hommes que par des femmes.
Certaines femmes auraient même pousser le vice : seules ou en groupes, elles s'installaient sur des rochers près de la mer puis se mettaient à chanter, en se caressant le corps de manière sensuelle pour appâter les marins. Une fois ceux-ci dans leurs bras, elles leur passait rapidement une corde autour du coup accrocher à une lourde pierre, et les faisait basculer à la mer; ceux-ci, piégés et ne pouvant nager, finissaient par se noyer, il ne restait plus qu'aux femmes à plonger pour détrousser les cadavres.
Ces faits furent évidemment transformés par le bouche à oreille, et les naufrageurs et naufrageuses se transformèrent très vites en sorcières des vagues, sirènes ou "Lainete Nõiad". De part sa position au bord de la Mer des Crabes Orientale et ses côtes escarpées, ces faits se déroulaient en particulier au Külmutatud, bien qu'en réalité, beaucoup de naufrageurs sévirent un peu partout sur les côtes de Dytolie, du Natolique et bien sûr de l'Uural-Liivimaa.[/justify]

Posté : dim. juil. 14, 2019 12:37 am
par Yul
[center][img]https://nsm09.casimages.com/img/2019/04/04//19040401270621391216187188.jpg[/img][/center]

[quote][center]Pourquoi les arbres chuchotent?[/center]

[justify]Peu de temps après la naissance de la Terre et la création des arbres, les hommes furent forcés de quitter le paradis pour aller travailler. Un homme partit alors dans la forêt pour couper du bois.

Le premier arbre qu'il rencontra était un pin; il souleva sa hache mais aussitôt entendit une voix s'exclamer: "Ne me frappez pas, ne voyez vous pas les larmes gluantes qui sortent déjà de mon corps? Si vous m'abattez, la malchance tombera sur vous!"

L'homme décida alors de continuer son chemin et tomba sur un sapin. Il souleva à nouveau sa hache lorsque le sapin se mit à protester: "Ne me coupez pas! Mes branches sont tellement tordues qu'elles ne vous seront d'aucune utilité."

D'un air malheureux, l'homme se remit à marcher dans la forêt et s'approcha d'un aulne. Il souleva sa hache lorsque l'arbre s'écria: "Faites attention de ne pas me blesser! Chaque fois que je suis coupé, du sang coule de mon cœur. Cela risque donc de tâcher mon bois et votre hache."

Épuisé, l'homme n'alla pas plus loin et appela Dieu: "Comment obtenir du bois pour faire du feu et construire un abri? Chaque arbre que je rencontre crie et me supplie de ne pas le couper!"

Dieu eut pitié de l'homme et lui dit: "Va dans la forêt! Dorénavant aucun arbre ne te parlera ni te suppliera." L'homme continua alors à s'engouffrer dans la forêt et comme prévu aucun arbre ne lui adressa la parole. Personne ne protesta lorsqu'il se mit à couper du bois.

A partir de ce moment, les arbres ne furent pas heureux; mais ils n’osèrent jamais se plaindre à Dieu à haute voix. Au lieu de cela, ils commencèrent à chuchoter...chaque fois qu'une personne entrait dans la forêt. Si vous vous approchez d'un arbre et écoutez, alors vous l'entendrez chuchoter avec ses voisins. Les arbres se plaignent doucement du pauvre traitement que leur inflige l'homme....
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[spoiler="hrp"]Conte estonien trouvé sur le web[/spoiler]

Posté : mar. juil. 30, 2019 1:32 am
par Yul
[right][img]https://nsm09.casimages.com/img/2019/04/17//19041707171721391216203023.jpg[/img]
[url=https://youtu.be/f8xOQicHtbM]Ambiance musicale[/url][/right]

~ Ostrov-Sengir


[justify]Si les choses changent dans tout le Votyakskiy, c'est aussi le cas à Ostrov-Sengir, l'ancienne capitale de la principauté. L'île située dans le lac, à quelques miles seulement de Kluj resta un domaine princier au statut spécial jusqu'à la mort de la Princesse Irina, disparue avec son mari le roi Verner II dans un accident d'avion au large du Tihendi Maja. Elle laissait derrière elle sa courtisane, Liisa Taraškievič, une violeuse en série recherchée dans l'Uural Liivimaa, non sans s'être occupée de lui assurer un avenir confortable. Car dans sa folie, la Princesse Irina avait légué l’entièreté de l'île d'Ostrov-Sengir à celle qu'elle percevait comme une nécromancienne talentueuse, non sans oublier de la gracier, permettant à la jeune Liisa de pouvoir arpenter en toute quiétude l'ensemble du pays, sans avoir à se soucier de la justice. Au grand dam de la Reine Karoliina, l'île d'Ostrov-Sengir échappait ainsi aux lois en vigueur dans toute la Kahekordne Monarhia. Un état dans l'état donc, que Liisa, en tant que nouvelle propriétaire absolue, était résolue de ne pas abandonner.

Liisa Taraškievič s’autoproclama ainsi Markiza de l'île, lui donnant le statut d'Okrŭg semi-autonome. Elle se savait toujours dépendante de la Kahekordne Monarhia et lança une invitation à la reine Karoliina pour négocier le nouveau statut d'Ostrov-Sengir. Entre temps, détentrice des pleins pouvoirs, elle poussa les quelques derniers résidents de l'île à l'exil, les renvoyant sur le continent avec l'aide d'une troupe d'élite spéciale acquise à sa cause, la Vŭltsi. Composée de femmes entraînées depuis la plus tendre enfance, cette escouade spéciale servait de garde rapprochée de la Princesse Irina. Ces femmes jurèrent ainsi fidélité à leur nouvelle marquise et servirent depuis de police officielle dans l'Okrŭg.

Il fallait alors trouver une manière d'entretenir cet Okrŭg, et Liisa, jeune femme intelligente, savait exactement qu'en faire. Puisqu'il s'agissait d'un nouvel état semi-autonome, elle voulait en faire la capitale mondiale des subcultures goths et électro. Disposant des richesses énormes dont elle avait hérité de la Princesse Irina, elle transforma le Dvoretsŭt Sengir afin d'en faire une sorte de gigantesque lieu de loisirs. Pistes de danse, fumoirs, alcôves et même donjons libertins et sado-masochistes avaient ainsi été aménagés dans le palais afin d'attirer tout ceux que la subculture goth, néo-victorienne, steam-punk et cybergoth pouvait compter.

A l'extérieur, Liisa Taraškievič imposa la culture de diverses plantes et champignons hallucinogènes, et fit aussi installer des laboratoires pour la conception industrielle de drogues chimiques. Elle fit notamment planter des plantes connues des chamanes Uuraliens qui permettaient dit-on d'entrer en contact avec les morts, ces plantes dont elle se servait pour commettre ses viols en compagnie de son ancien compagnon, Jaan, dans les cimetières de Vindurhiminn. Pour lui qui croupissait en prison depuis près de deux ans, elle n'eut pas même une simple pensée. Liisa comptait exporter ces plantes et ces drogues, tant dans l'Uural-Liivimaa où les drogues douces étaient légal qu'à l'étranger. On lui avait en effet murmuré qu'elle pourrait conquérir une clientèle importante au Thorval où de nombreux spirits cherchaient à entrer en contact avec le monde des morts.

Après avoir ainsi recréer une constitution toute nouvelle pour l'Okrŭg et décidé de ses lois, il ne lui restait plus qu'à faire ratifier le nouveau statut de l'île d'Ostrov-Sengir à la Kahekordne Monarhia. Si la reine Karoliina ne put se déplacer elle même, elle envoya à sa place son Premier Ministre Aleksander Ruutel. Pour l'occasion de sa venue, Liisa décida d'organiser une grande soirée au Dvoretsŭt Sengir, afin qu'il puisse témoigner des changements qu'elle avait apporté sur l'île. Ce fut alors au son de musique cyber goths que le traité fut ratifié officiellement. Les négociations n'avaient pas été difficile, Liisa étant dans son bon droit. L'Uural-Liivimaa tolérerait l'Okrŭg et ses lois, tant que celui-ci accepterait de livrer à la Kahekordne Monarhia tout criminel en fuite qui chercherait à se cacher sur l'île. Si il ne serait pas possible d'exporter vers le Votyakskiy ou les autres Maakonds des drogues chimiques, Ostrov-Sengir pourrait toutefois vendre ses drogues douces et ses champignons en toute légalité. Un ferry faisant la liaison avec l'île partirait de Kluj à des fréquence qu'il resterait à déterminer, et les citoyen Ouralo-Liiviens, les nomades ou toute personne munie d'un visa pour voyager dans la Kahekordne Monarhia pourrait se rendre librement à Ostrov-Sengir. La Vŭltsi enfin continuerait d'assurer l'ordre sur l'île. En contrepartie, si Ostro-Sengir ne fut rattaché à aucun Maakond, conservant ainsi son statut d'état semi-autonome, il devrait payer un impôt annuel à la Kahekordne Monarhia calculé en fonction de ses revenus. Liisa serait enfin considérée comme la Markiza d'Ostrov-Sengir et membre de la noblesse Ouralo-Liivienne.

"Liisa Taraškievič, Markiza na Ostrov-Sengir", ou tout simplement "Mademoiselle la Marquise Taraškievič", un titre qui sonnait bien trouvait-elle. L'ancienne fillette qui avait grandi dans les faubourgs délabrés de Vindurhiminn était satisfaite. Ses fêtes funestes et éternelles pouvaient commencer.[/justify]


[center][img]https://nsm09.casimages.com/img/2019/04/17//19041707173121391216203024.png[/img][/center]

Posté : mar. juil. 30, 2019 1:33 am
par Yul
[right][img]https://nsm09.casimages.com/img/2019/06/19//19061912060121391216278449.jpg[/img]
[url=https://youtu.be/AjW9zbg3aJc]Ambiance musicale[/url][/right]

~ Génie de cuisine (4)


[justify]Générique. Fondu. Valter. Il chantonne le générique de son émission.[/justify]


[quote]- Pom pom pom pom! Daamid ja härrad, bonjour! Bienvenue dans "Génie de cuisine", l'émission qui vous permettra de préparer de bons petits plats simplissimes! Aujourd'hui, on s'est installés à Kluj au Votyakskiy pour vous proposer un super plat typique de la région, le bortsch! Un bon plat chaud, sain, facile à préparer et qui tient au corps. L'idéal pour les longues soirées d'hiver, mais qu'on peut aussi manger l'été! Vous êtes prêts? C'est parti![/quote]

[justify]On voit divers ingrédients posés sur une table. Valter est souriant, un hachoir dans une main. Il aurait été parfait dans un film d'horreur.[/justify]


[quote]- Alors, vous verrez, c'est très simple à faire, mais un peu long : 50 minutes de préparation, 3 heures de cuisson! Le mieux est de le préparer la veille au soir. Je vous donne les ingrédients pour quatre personnes, mais il se conserve très bien au réfrigérateur, et peut même être congelé! Donc c'est une recette qui intéressera aussi les célibataires, hi hi hi![/quote]

[justify]Valter se saisit des ingrédients, un par un, pour les présenter.[/justify]


[quote]- Il vous faudra préparer le bortsch en deux temps : d'abord un bouillon de bœuf, ensuite, le potage lui même. Pour le bouillon de bœuf, il vous faudra 500 g de macreuse de bœuf (c'est de la viande à ragoût), un os à moelle, un bouquet garni (une branche de thym, une branche de persil et une feuille de laurier), deux oignions, deux carottes, un cœur de céleri et deux tomates. Le plus long, vous verrez, c'est de tout éplucher. Et bien sûr du sel et de l'eau, deux litres et demi d'eau! Ne l'oubliez pas, vous auriez une mauvaise surprise hi hi hi![/quote]

[justify]Valter se dirige vers une autre table, suivi par la caméra, afin de présenter d'autres ingrédients.[/justify]


[quote]- Pour le potage, il vous faudra de la crème épaisse, deux tomates, 500 g de betterave (c'est elle qui donne sa couleur au bortsch), un navet, un céleri rave, deux pommes-de-terre, deux poireaux, 200 g de chou, deux gousses d'ail, un citron, du beurre, du vinaigre, du sucre, du poivre et du sel.[/quote]

[justify]On voit alors des petites étoiles scintillantes qui accompagnent un fondu. Puis, sur la table, les ingrédients sont proprement épluchés et coupés en morceaux.[/justify]


[quote]- Bien! Une fois que vous aurez tout éplucher, vous pourrez commencer à cuisiner votre bortsch. Dans un premier temps, il faudra préparer le bouillon de bœuf. C'est très simple! Mettez dans une marmite le boeuf en morceaux, l'os à moelle et l'eau. Portez à ébullition puis écumez. Une fois fait, ajoutez-y les oignons coupés en quatre ainsi que les légumes qui servent pour le bouillon de bœuf que vous aurez coupé en morceaux, et le bouquet garni. Salez, n'hésitez pas à goûter pour bien doser le sel, il faut toujours goûter ses plats lorsque l'on cuisine. Laissez ensuite cuire environ une heure et demi, jusqu'à ce que la viande soit bien tendre![/quote]

[justify]La caméra filme alors une marmite en train de bouillonner tranquillement, puis, après un nouveau fondu, le résultat de la cuisson.[/justify]


[quote]- Lorsque votre viande est bien tendre, il est temps de préparer le potage! Vous aurez profité du temps de la cuisson du bouillon de bœuf pour préparer les autres ingrédients, les éplucher et hacher les légumes qu'il vous reste en gros morceaux.[/quote]

[justify]L'image à l'écran montre effectivement le reste des légumes, grossièrement hachés.[/justify]


[quote]- Écrasez d'abord l'ail, et faites le revenir au poêlon avec deux cuillères à soupe de beurre. Ajoutez y les betteraves, le céleri rave, le navet, les tomates, deux cuillères à soupe vinaigre et une demi cuillère à café de sucre. Une fois fait, mouillez avec le bouillon de bœuf. N'en mettez pas trop! Juste ce qu'il faut![/quote]

[justify]On voit alors Valter verser du bouillon de bœuf dans le poêlon, juste ce qu'il faut pour recouvrir les légumes et l'ail qui étaient dedans.[/justify]


[quote]- Couvrez, et laissez mijoter une heure à feu doux. Pendant ce temps là, portez le reste du bouillon de bœuf à ébullition et ajoutez-y le chou et les pommes-de-terre, en ayant retiré au préalable les morceaux de viande que vous gardez de côté. Laissez cuire sans couvrir la marmite, jusqu'à ce que les pommes-de-terre soient bien tendres.[/quote]

[justify]A ce moment, la marmite et le poêlon sont côte à côte sur la gazinière.[/justify]


[quote]- Ça commence à sentir vraiment bon pas vrai? N'hésitez pas à ouvrir pour aérer un peu quand même, surtout que l'odeur reste! Une fois que les pommes-de-terre et le chou sont cuits d'un côté, et que le potage de betterave l'est de l'autre, mélangez le tout dans la marmite. Puis, ajoutez les morceaux de viande. Salez et poivrez à convenance. Laissez cuire le tout à feu moyen encore une demi-heure. Et voilà! Il n'y a plus qu'à servir! Servez dans des bols séparément, ajoutez de la crème épaisse à laquelle vous aurez ajoutez du jus de citron, et décorez d'une feuille de persil. Bon appétit![/quote]

[justify]On voit alors des bols parfaitement servis d'un bortsch rouge vermeil, avec un petit nuage de crème et une branche de persil.[/justify]


[quote]- Magnifique n'est-ce pas? Accompagnez ce plat avec un vin blanc sec plutôt jeune, que vous aurez laissé au frais au réfrigérateur. Passons maintenant au grand jeu! Pour participer et tenter de gagner un chèque de 10 000 Kr, il vous suffit de répondre à cette question : qu'est ce qui donne cette jolie couleur rouge au plat? 1 - la betterave 2 - le bœuf. Facile! Envoyez 1 ou 2 par SMS au 3680, le gagnant sera désigné par tirage au sort parmi les bonnes réponses. Vous avez cinq minutes pour jouer, sinon il sera trop tard! Et pour finir, la petite astuce du jours! Les Valdaques ont eux aussi leur propre recette de bortsch, qui est quelques peu différente! Alors n'hésitez pas à leur en préparer si vous en accueillez chez vous, ils seront certainement ravis et surpris! Bon appétit![/quote]

[justify]Fin, générique, pub. Valter se sert un grand verre de vin.[/justify]


[quote]- A demain![/quote]

[center][img]https://nsm09.casimages.com/img/2019/06/19//19061912061221391216278450.png[/img][/center]

Posté : mar. juil. 30, 2019 1:34 am
par Yul
[right][img]https://nsm09.casimages.com/img/2019/07/14//19071402102921391216311171.jpg[/img]
[url=https://www.youtube.com/watch?v=kDi0hGG6rXg]Ambiance musicale[/url][/right]

~ Voyna kurtizanok (1)


[justify] Ostrov-Sengir, un soir d'été. Liisa Taraškievič vit des semaines mouvementées. Son paris d'accéder un jour au trône de l'Uural-Liivimaa semble désormais perdu, avec la découverte d'un nouvel héritier, prêt à succéder à la reine Karoliina. Mais en ces jours, ce sont d'autres événements qui accaparent l'attention de la Markiza. Elle reçoit en effet des représentantes des deux principales guildes de courtisanes de l'Uural-Liivimaa, la Chervena Gildiya valvate et la Gil'diya Kurtizanok votyake, venues se plaindre des sévices endurées par leurs jeunes professionnelles depuis plusieurs mois à Ostrov-Sengir. Liisa le sait, elle ne peut se permettre de se mettre à dos des guildes aussi puissantes que celles des courtisanes, d'autant que celles-ci ont l'oreille de la reine Karoliina elle même. Elle marchait sur des œufs, et devait en cet instant tout autant faire preuve de fermeté que de complaisance, un exercice auquel elle s'était peu à peu habitué.[/justify]


[quote]- Damy, dobro pozhalovat' v Ostrov-Sengir[/quote]

[justify]Liisa avait en effet peu à peu appris le Votyak, et le maîtrisait désormais presque parfaitement, tant et si bien que l'une des représentantes lui répondit dans la même langue.[/justify]


[quote]- Blagodarya vi, mis Markiza. Mais je propose que nous continuions cette entrevue en Valvate si vous le voulez bien.[/quote]

[quote]- Comme vous le voudrez, cela m'est égal.[/quote]

[justify]Liisa avait répondu sur un ton évasif, marquant presque du dédain, ce qui déplu fortement aux trois femmes qui lui rendaient visite. L'une d'elles, une Valvate de Tengmalm étant donné son accent, lui répondit sèchement.[/justify]


[quote]- Nous sommes ici pour demander réparation suite aux sévices que de nombreuses courtisanes ont subi en ces lieux, depuis que vous l'administrez en toute impunité. Nombreuses sont celles qui se sont plaintes de viol, de pénétrations anales violentes et même de lacérations, certaines même ont dû être hospitalisées à leur retour sur le continent; trois d'entre elles ne sont jamais réapparues suite à leur venue ici, qu'en dites vous?[/quote]

[quote]- Mesdames, avec tout le respect que je vous dois, vous portez des accusations qui peuvent être graves dans le royaume, mais dont nous n'avons que faire ici, à Ostro-Sengir. Tout ce que vous me décrivez ici n'est nullement interdit dans l'Okrŭg. Aussi, je n'ai aucune obligation d'accéder à vos exigences.[/quote]

[quote]- Vous avez peut être le sentiment de pouvoir agir en toute impunité sur cette île, mais je vous rappelle que nous représentons des consortiums puissants, et que vous auriez tout intérêt à ne pas nous avoir comme ennemies.[/quote]

[quote]- Oh, je le sais bien mesdames, je le sais fort bien. Aussi, je suis prête à faire un effort, en signe de sympathie.[/quote]

[quote]- Avant toute choses, nous voulons savoir où sont les trois courtisanes disparues. Comment vont-elles?[/quote]

[quote]- Elles sont ici, en bonne santé, disons physique, rassurez-vous. Cependant, je dois vous dire qu'elles ont perdu depuis leur venue certaines facultés psychologiques.[/quote]

[quote]- De quoi parlez-vous?[/quote]

[quote]- De drogues mesdames, des drogues chimiques qui les ont faites partir dans un autre monde, un monde dont elles ne sont jamais revenues.[/quote]

[quote]- C'est horrible![/quote]

[quote]- Nous les gardons ici, et les soignons, le temps qu'elles reprennent leurs esprits, si elles les reprennent un jour.[/quote]

[quote]- Nous exigeons leur transfert immédiat vers un hôpital de Kluj.[/quote]

[quote]- Soit. Vous repartirez avec elles.[/quote]

[quote]- Nous exigeons de plus le remboursement des frais d'hospitalisation des autres courtisanes, ainsi que un million de Krones pour chacune, en vertu des sévices subis, et des traumatismes en résultant. Ainsi que un million supplémentaire pour chacune de nos guildes, afin de couvrir nos pertes financières.[/quote]

[quote]- Vous êtes gourmandes. Rien d'étonnant d'ailleurs, étant donné votre métier.[/quote]

[quote]- Ne nous méprisez pas. Devons-nous en conclure que vous refusez?[/quote]

[quote]- Vingt millions de dollars, et vous repartez avec les trois jeunes femmes qui sont encore ici. Et je suis clémente.[/quote]

[quote]- C'est trop peu.[/quote]

[quote]- C'est à prendre ou à laisser.[/quote]

[justify]Les représentantes prirent un moment pour discuter. Puis, elles revinrent vers Liisa.[/justify]

[quote]- Nous refusons. Quarante millions ou rien.[/quote]

[quote]- Mesdames, je ne vous raccompagne pas. Prenez vos filles, et allez-vous en.[/quote]

[quote]- Vous avez tort Markiza, vraiment tort. Tant pis pour vous.[/quote]

[justify]Liisa arrivait à bout de patience. Il lui fallu un claquement de doigt pour faire venir quatre membres de la Vŭltsi. Elle ordonna qu'on fisse partir sur le champs les courtisanes, ce qui fut fait, avec peu de ménagement.[/justify]


[quote]- Tant pis pour moi.[/quote]

[center][img]https://nsm09.casimages.com/img/2019/07/14//19071402104621391216311172.jpg[/img][/center]

Posté : mar. juil. 30, 2019 1:46 am
par Yul
[center][img]https://nsm09.casimages.com/img/2019/05/24//19052403220021391216249187.jpg[/img][/center]

[quote][center]La meule de la pauvre orpheline[/center]

[justify]Une pauvre petite fille avait perdu ses parents, elle était seule au monde comme un agnelet; élevée dans une famille fort méchante, son seul ami était Krants, le chien, auquel elle donnait de temps en temps quelques croûtes de pain. Du matin jusqu'au soir, la pauvre petite devait moudre le blé pour sa marâtre à l'aide d'une meule; un instant de repos suffisait pour qu'un bâton lui rappelât ses obligations. Le soir, elle avait les doigts engourdis comme des pièces de bois - mais qui s'en souciait? La moindre bouchée octroyée par charité aux orphelins leur coûte la plupart du temps bien du sang et bien des larmes... Seul le bon Dieu, là-haut, entend leurs gémissements, lui seul peut compter les larmes qui coulent sur leurs joues...

Un jour, alors que notre chétive enfant - chagrinée de ce que la fermière l'eût laissée ce matin-là à jeun - faisait une fois de plus tourner la lourde meule, un vagabond, borgne, boiteux, en haillons, se présenta devant la maison. Or ce n'était pas un vrai mendiant. C'était un célèbre sage venu des rivages du sud, et qui avait pris cette apparence pour ne pas se faire reconnaître. Le boiteux s'assit sur le seuil de la maison, jeta un regard pénétrant sur le dur labeur de l'orpheline et prit dans sa besace un morceau de pain qu'il lui mit dans la bouche en disant :


- Le déjeuner n'est pas pour tout de suite, mange un peu de pain, reprends tes forces!

L'orpheline se mit à mâcher la petite croûte de pain sec, qui lui parut plus douce qu'une brioche. Elle sentit ses bras prendre de plus en plus de vigueur. Le vagabond lui dit :

- Tu dois avoir les bras bien fatigués, ma pauvre enfant, à force de tourner cette lourde pierre!

La petite jeta au vieillard un regard méfiant, comme pour s'assurer de l'objectif de sa question: était-il sérieux, se moquait-il d'elle? Mais quand elle vit que le visage du vieillard était sérieux et bienveillant, elle lui répondit :

- Qui donc s'intéresse aux bras de l'orpheline? J'ai les doigts en sang et le dos labouré de coups de bâton, quand je n'arrive pas à faire tout ce que veut la fermière!

Le boiteux lui demanda son histoire, il voulait connaître sa vie en profondeur. Quand elle eut terminé, il prit dans son sac un vieux foulard et le lui donna en disant :

- Ce soir, quand tu iras te coucher, tu te banderas les yeux avec ceci. Puis, avec un soupir venant du fond du coeur, tu diras: "Emmène-moi, ô mon doux petit rêve, là où je trouverai une meule qui tourne toute seule, qui n'aura plus besoin de mes maigres efforts..."

La jeune fille cacha le foulard dans son corsage et remercia le vieillard qui repartit par les chemins. Le soir, allant se coucher, elle fit ce qu'il lui avait appris: elle attacha le foulard autour de sa tête et prononça, dans un soupir baigné de larmes, la phrase qu'il lui avait apprise - même si elle ne caressait pas de grands espoirs. Elle s'endormit pourtant le coeur plus léger qu'à l'accoutumée. Et voilà qu'un rêve curieux se déroula devant ses yeux bandés: elle était en voyage sur une longue route, elle avait toutes sortes d'aventures. Enfin elle arriva sous terre, à une grande profondeur. S'agissait-il de l'enfer? Peut-être, car tout avait l'air hostile et déplaisant. Le portail était grand ouvert, mais dans la cour pas un animal ne bougeait. En avançant, elle entendit un grondement - semblable au bruit que fait une meule en train de tourner. Elle poursuivit son chemin, guidée par ce bruit, d'un pas alerte. Enfin, arrivée sous l'auvent d'une remise, elle trouva un grand coffre. C'est de là que provenait le grondement. Incapable même de le déplacer, comment allait-elle pouvoir le soulever...!? Alors elle aperçut, attaché à la mangeoire de l'étable, un cheval tout blanc qui lui donna une idée: le prendre, l'atteler au coffre avec une corde et emporter ainsi la meule miraculeuse. Aussitôt dit, aussitôt fait: à l'aide de cordes, elle attacha le coffre au cheval, puis s'assit sur le couvercle, s'empara d'un long fouet et au galop! en direction de la maison.

Le lendemain matin, en se réveillant, ce rêve si important lui revint en mémoire; elle avait l'impression d'avoir traversé de longues distances sur le couvercle du fameux coffre. Or en regardant alentour, qu'aperçut-elle à côté de son lit? Le coffre! Elle bondit de sa couche, prit un tas de graines qu'elle n'avait pas pu moudre la veille et les mit dans un trou qui se trouvait sur le couvercle du coffre. Et - oh miracle! - aussitôt les pierres se mirent à tourner! Au bout d'un petit moment, la farine était prête, et dans le sac.

La vie fut désormais facile pour l'orpheline. Les pierres miraculeuses, au fond de leur coffre, réduisaient en poussière tout ce qu'elle leur donnait: il ne lui restait plus qu'à donner au coffre sa part de graines et puis à en sortir la farine qui était retombée sur le fond. Mais il lui était formellement interdit d'ouvrir le couvercle. Le vagabond le lui avait bien dit: "si tu ouvres le couvercle, c'est la mort!"

Au bout de quelque temps, la fermière eut l'impression que l'orpheline avait trouvé de l'aide pour moudre le blé. Un méchant dessein commença à mûrir dans son esprit: chasser l'orpheline et la remplacer par le coffre, qui, lui, ne mangeait pas de soupe... Mais d'abord, elle voulait étudier de plus près ce coffre merveilleux afin de comprendre où se trouvait le mystérieux meunier. Cette envie la tenaillait, sans relâche, jour et nuit. Elle ne lui laisserait pas de repos tant qu'elle ne saurait pas le secret.

Un dimanche matin, elle ordonna à l'orpheline d'aller à l'église; elle resterait elle-même garder la maison. Jamais la pauvre enfant n'avait entendu si plaisantes paroles! Toute contente, elle passa un corsage propre, mit ses meilleurs atours et s'en alla en direction de l'église.

La fermière, sur le pas de la porte, la suivit des yeux le plus longtemps possible. Puis elle prit dans la remise un tas de graines et les jeta dans le couvercle du coffre afin que celui-ci se mit à moudre. Mais il ne donna pas signe de vie. C'est seulement quand elle eut jeté une poignée de graines dans le trou que les pierres se mirent au travail. Mais elle dût se donner beaucoup de mal pour parvenir à simplement bouger le lourd couvercle. Enfin, le coffre s'entrouvrit tant bien que mal, et la fermière se hasarda à y jeter un œil. Mais ô malheur! une étincelle en jaillit, qui mit le feu à la fermière et la consuma comme si elle n'avait été que paille sèche. Il n'en resta pas plus qu'un amas de cendres.

Le jour où le veuf voulut reprendre femme, il se rappela que sa pupille, la petite orpheline, était devenue femme: il n'avait pas besoin d'aller chercher plus loin. Les noces furent discrètes, et lorsque les voisins, le soir, furent rentrés chez eux, le marié alla lui aussi se coucher avec sa femme. Le lendemain matin, en allant dans la remise, la jeune femme découvrit que le coffre avec la meule avait disparu pendant la nuit sans laisser de trace. On chercha bien partout, pour savoir si quelqu'un avait vu l'objet disparu. Mais personne n'avait rien entendu... Et depuis non plus, jusqu'au jour d'aujourd'hui... Le coffre miraculeux, apporté un jour sur terre par un rêve, n'avait-il pas pu s'en retourner, de manière toute aussi miraculeuse, là d'où il était venu?
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[center]-------------------------[/center]

[justify]Jusqu'au début du XXème siècle, et même en certains endroits un peu plus tard, le froid glacial des longs mois d'hiver et la famine survenant emportaient bon nombre des habitants des arrières-pays de l'Uural-Liivimaa. Ces morts laissaient derrière eux parfois des orphelins qui, ne sachant où aller, étaient recueillis par des membres de la famille, parfois des voisins, parfois allaient même plus loin. Nombreux sont les enfants qui ont du travailler dur pour avoir le droit à un toit et de quoi se nourrir. Ces orphelins qui grandissaient dans la misère étaient souvent maltraités, et devaient participer aux travaux des champs pour gagner le droit de survivre. Ce compte traditionnel, probablement raconté depuis le moyen-âge et transmis oralement génération après génération raconte l'histoire d'une enfant qui, grâce à un peu de magie, réussit à se sortir de la misère, un mage ayant pitié d'elle punissant sa tortionnaire et la menant ensuite à se marier à un riche propriétaire terrien. Ce conte, comme beaucoup d'autres, donnaient de l'espoir à tous ces enfants travailleurs, qui espéraient qu'un jour enfin, ils pourraient quitter ce monde de misère et vivre libre, sans avoir à subir la méchanceté de leurs tortionnaires.[/justify]

[spoiler="hrp"]Conte estonien trouvé sur le web[/spoiler]

Posté : mar. juil. 30, 2019 1:47 am
par Yul
[center][img]https://nsm09.casimages.com/img/2019/07/20//19072005134021391216320681.jpg[/img][/center]

[quote][center]Le bouleau et l'étoile[/center]

[justify]C'était il y a environ deux-cent cinquante ans. Une grande famine sévissait dans les Valvatides. La guerre faisait des ravages partout. Les villes étaient incendiées, les moissons détruites. Beaucoup de malheureux mouraient ou émigraient...

Les membres d'une même famille furent partout dispersés; les uns furent emmenés prisonniers par l'ennemi tandis que les autres se cachèrent dans les forêts ou gagnèrent la Dytolie. Souvent la femme ignorait le sort de son mari, le frère celui de sa sœur, le père celui de ses enfants. Aussi, la paix une fois conclue, lorsque chacun rejoignit son foyer, il était rare qu'on n'eût pas à pleurer l'absence ou la mort d'un des siens.

Parmi ceux qui avaient été emmenés dans un autre pays se trouvaient deux jeunes enfants, un frère et une sœur. Ils furent recueillis par de braves gens qui prirent d'eux le plus grand soin. Les années passèrent. Les enfants grandirent entourés d'affection. Mais, malgré leur vie heureuse, ils ne pouvaient oublier ni leurs parents, ni leur pays. Lorsque les enfants apprirent que la paix était rétablie dans les Valvatides, et que ceux qui le désiraient pouvaient y rentrer, leur éloignement leur devint si insupportable, qu'ils demandèrent la permission de retourner chez eux.
Leurs parents adoptifs se mirent à rire en disant :

- Rentrer chez vous ! Enfants, vous n'y pensez pas ! Vous auriez plus de cent lieues et encore cent lieues à marcher !
- Cela ne fait rien ! répondirent les enfants, pourvu que nous arrivions à la maison.
- Mais n'avez-vous pas trouvé un bon foyer chez nous ? Vous avez tout en abondance, des fruits et du laitage exquis, une jolie demeure et des amis qui vous chérissent ! Que voulez-vous de plus ? répondirent-ils attristés.
- C'est vrai, répondirent les enfants, mais nous voulons retourner chez nous.
- Dans votre patrie vous trouverez une grande misère; les forêts de sapins seront votre abri, la mousse vous servira de lit; le froid et la neige seront votre lot, un pain grossier sera votre nourriture. Depuis longtemps vos parents et vos amis sont morts, et quand vous les chercherez, vous ne trouverez que la trace des loups qui rôdent autour des ruines de vos chaumières.
- C'est sans doute vrai, mais nous voulons retourner chez nous.
- Mais il y a dix ans que vous êtes arrivés ici. Vous étiez tout petits; vous n'aviez que quatre et cinq ans et vous ne pouviez vous souvenir de grand chose. Maintenant, vous avez onze et douze ans, mais vous connaissez peu la vie : vous avez oublié la maison paternelle et le chemin qui y mène. Vous avez oublié vos parents et ils vous ont oubliés.
- Peut-être, mais nous voulons retourner chez nous.
Les enfants n'en démordaient pas.
- Qui vous indiquera le chemin ?
- Je me souviens qu'il y a devant notre maison un grand bouleau où les oiseaux chantent à l'aurore, répondit le jeune garçon.
- Et moi, dit la sœur, je me souviens que, le soir, une étoile luit à travers le feuillage du bouleau.
- Il suffit, dit le père adoptif, vous resterez ici !
On leur défendit de penser davantage à leur départ. Mais plus on le leur défendait, plus les enfants y pensaient.
Une nuit, le jeune garçon, qui ne pouvait fermer les yeux, dit à sa sœur :

- Dors-tu ?
- Non, répondit-elle, je n'arrive pas à dormir, car je pense à la maison.
- Moi aussi, dit son frère. Faisons un paquet de nos vêtements, et partons.

Et tous deux partirent sans bruit dans la nuit. La lune brillait sur les sentiers. La nuit était splendide. Quand ils eurent marché un moment, la jeune fille dit :
- Mon frère, j'ai peur que nous nous égarions !
Le garçon répondit :
- Allons toujours du côté de l'est, là où le soleil se lève tous les matins pendant l'été. Notre pays est de ce côté. Quand nous verrons le bouleau devant la maison et l'étoile qui brille dans le feuillage, nous saurons que nous avons retrouvé notre foyer.

Le jeune garçon s'arma d'un solide bâton, pour le cas où ils seraient attaqués. Cependant il ne leur arriva aucun mal. Un jour, ils de trouvèrent à un carrefour et ne surent quelle route prendre. Tout à coup, deux petits oiseaux se mirent à chanter sur la route de gauche.
- C'est par ici, dit le garçon, ce sont les oiseaux qui le disent.
Et ils poursuivirent leur route, guidés par les oiseaux qui voletaient devant eux de branche en branche. Ils se nourrissaient de baies sauvages, s'abreuvaient aux sources fraîches et reposaient la nuit sur un lit de mousse. Chose merveilleuse, ni les fruits, ni le refuge pour la nuit ne leur manquèrent jamais. A la fin, la sœur se sentit lasse et dit :
- Ne crois-tu pas que nous devrions nous mettre à la recherche du bouleau ?
- Non, dit le frère, pas avant d'entendre parler la langue que parlaient notre père et notre mère.

Un soir, après avoir marché sans interruption toute la journée, ils se sentirent très las. Au crépuscule, ils atteignirent une ferme isolée. Dans la cour, une petite fille était occupée à éplucher des navets.
- Voudrais-tu nous donner un de tes navets ? demandèrent les enfants.
- Bien volontiers, répondit la petite. Mais, entrez chez nous, maman y est, elle vous donnera à manger.

A ces mots, le jeune garçon battit des mains et se jeta au cou de la petite fille en l'embrassant et en pleurant de joie.
- Pourquoi es-tu si content ? lui demanda sa sœur.
- Comment ne le serais-je pas ? Cet enfant parle la même langue que parlaient nos parents : maintenant, nous pouvons nous mettre à la recherche du bouleau et de l'étoile !

Ils entrèrent dans la maison où ils furent bien reçus. On leur demanda d'où ils venaient. Le jeune garçon prit la parole.
- Nous venons de très loin, expliqua-t-il, et nous voulons retrouver notre foyer. Mais nous ne savons qu'une chose, c'est que, devant notre maison, il y a un bouleau où les oiseaux chantent à l'aurore et où une étoile brille le soir, à travers le feuillage.
- Pauvres enfants ! répondit la mère. Il y a, hélas, sur la terre des centaines de bouleaux et au ciel des milliers d'étoiles ! Comment vous serait-il possible de ne pas vous tromper !
Les deux enfants répondirent en souriant :
- Dieu nous aidera !

Les enfants prirent congé de la charmante famille qui les avait reçus et si généreusement nourris et reprirent leur chemin. Cependant, à partir de ce moment, ils n'eurent plus besoin de dormir dans les bois et purent demander l'hospitalité de maison en maison : quoique le pays fût dévasté et la misère générale, ils trouvèrent toujours du pain et un gîte, car chacun avait de la compassion pour eux. Mais l'étoile et le bouleau restaient introuvables. Il y avait bien des bouleaux et des étoiles devant les maisons, mais ce n'étaient jamais ceux qu'ils cherchaient.
- Ah ! soupirait la sœur, les Valvatides sont si grandes et nous sommes si petits ! Jamais nous ne retrouverons la maison !

Il y avait deux ans qu'ils étaient en route. C'était le soir de la Pentecôte, à la fin mai, et les arbres commençaient à se couvrir de leur premières feuilles. En entrant dans la cour d'une ferme où ils espéraient se reposer, ils virent un grand bouleau orné de sa parure printanière, et à travers son feuillage d'un vert tendre, brillait dans la nuit naissante l'étoile du soir. Le crépuscule était si clair qu'on ne distinguait que cette seule étoile dans tout le firmament.
- Voilà notre bouleau ! s'écria le jeune garçon, sans hésiter.
- Voilà notre étoile ! s'écria sa sœur, en même temps.
Ils se jetèrent dans les bras l'un de l'autre en répandant des larmes de joie.

- Voici l'écurie où notre père mettait ses chevaux ! dit le frère.
- Voici le puits où notre mère venait abreuver le troupeau, dit la sœur.
- Il y a deux petites croix au pied du bouleau. Qu'est-ce que cela peut signifier ?
- J'ai peur d'entrer dans la maison. S'ils ne nous reconnaissaient pas ! Entre le premier !
- Restons un moment derrière la porte ! dit le jeune garçon, dont le cœur battait à grands coups.

Un homme et une femme étaient assis dans la chaumière.
- Pour nous, disait l'homme, il n'y a plus de consolation, nos quatre enfants sont partis, deux dorment sous le bouleau, deux ont été emmenés en pays ennemi. Ceux-ci ne reviendront sans doute jamais.
Ils parlaient encore, lorsque les enfants entrèrent. Ils dirent qu'ils venaient de loin et qu'ils avaient faim.

- Approchez-vous, dit le père; vous passerez la nuit avec nous et vous aurez à manger. Si nos enfants avaient vécu, ils seraient aussi grands que vous.
- Quels gentils enfants ! dit la femme, Les nôtres seraient aussi gentils qu'eux, s'ils avaient vécu !
Et le père et la mère se mirent à pleurer. Alors les enfants, n'y tenant plus, se jetèrent au cou de leurs parents.
- Ne nous reconnaissez-vous pas ? s'écrièrent-ils ! Nous sommes vos enfants !"

Les parents, débordants de reconnaissance, pressèrent leurs enfants sur leur cœur. Ils se racontèrent tout ce qui leur était arrivé. Mais tout était oublié, la joie inondait leurs cœurs. Le père se réjouissait de retrouver son fils grand et fort. La mère caressait les cheveux noirs de sa fille et couvrait de baisers ses joues fraîches.
- Je pensais bien, dit-elle, qu'il arriverait quelque chose d'heureux aujourd'hui. Deux oiseaux inconnus sont venus ce matin chanter de joyeuses chansons dans notre bouleau.
- Je les connais, dit la petite; ce sont les deux oiseaux qui nous ont conduits jusqu'ici, et ils se réjouissent avec nous.
- Ma sœur, dit le jeune garçon, allons saluer encore l'étoile et le bouleau. C'est là que reposent nos petits frères. Je le comprends maintenant. Ces oiseaux qui nous ont guidés dans notre voyage, les oiseaux qui ont chanté dans le bouleau, ce sont leurs petites âmes blanches. Ce sont eux qui nous ont répété : "Retournez à la maison, retournez à la maison, pour consoler notre père et notre mère. Ce sont eux qui, dans les plaines désertes, ont pris soin d'apaiser notre faim et nous ont protégés pendant notre sommeil. Ils ont aplani toutes les difficultés devant nous, jusqu'à ce qu'ils nous aient dit : "Voici votre bouleau et voici votre étoile"."[/justify][/quote]

[center]-------------------------[/center]

[justify]Jusqu'à la fin du XVIIIème siècle, et même durant les premières décennies du XIXeme, le pouvoir se concentrait particulièrement dans les grandes cités côtières de la mer intracontinentale. Dans les arrières pays, la misère et la famine poussaient des bandes à s'organiser, parfois même en de véritables petites armées pour attaquer et piller villages et fermes afin de s'accaparer le peu de richesse et de nourritures qu'elles abritaient. Il arrivait même que des bandes venues de pays voisins s'adonnent à ce genre de choses, puisque après-tout, la misère était la même de part et d'autres de la frontière. Il fallait ainsi du temps au pouvoir central du royaume des Valvatides pour intervenir, et ces "guerres", qui faisaient parfois de nombreuses victimes, poussaient une partie des villageois à l'exil. Dans ce monde, tout chrétien qu'il fut, peuplé d'habitants souvent superstitieux et peu instruits, où les anciennes coutumes païennes et chamaniques du Natolique, voir même pour certaines des peuples baltes, on croyait aux forces de l'esprit et parfois même à la réincarnation. Ce conte se transmettait oralement de bourg en bourg. Comme d'autres, il servait surtout à remonter un peu le moral des villageois endeuillés, et permettait surtout de susciter l'espoir de retrouver un jour les parents disparus.[/justify]

[spoiler="hrp"]Conte estonien trouvé sur le web[/spoiler]

Posté : jeu. août 01, 2019 1:20 am
par Yul
[right][img]https://nsm09.casimages.com/img/2019/08/01//19080102455421391216338255.jpg[/img]
[url=https://youtu.be/c6MczzFi67M]Ambiance musicale[/url][/right]

~ Voyna kurtizanok (2)


[justify]Mīļais tēti,

Comme convenu, je te fais part de mon sentiments par rapport à ce qu'il s'est passé cette nuit à Ostrov-Sengir. Comme nous le savions, la guerre était déclarée entre Liisa Taraškievič et les guildes courtisanes, une guerre qui avait jusque hier une vingtaine de morts, et qui en compte désormais plus d'une centaine.

Comme tu l'avais ordonné, les forces spéciales de la Valvuride ont donné l'assaut à l'Okrŭg. L'attaque a eu lieu cette nuit, vers trois heures du matin, et a duré plusieurs heures puisque l'opération s'est achevée ce midi seulement. Le bilan est lourd, des deux côtés, puisque nous avons perdu six Valvurides; les escouades ont du combattre les femmes de la Vŭltsi, les "louves" ainsi que plusieurs jeunes cybergoths embrigadés... Le bilan de leur côté est très, très lourd puisqu'on compte tout de même plus de quatre-vingt victimes et de nombreux blessés graves. Toutes les louves se sont battues jusqu'au bout, et certaines se sont même donné la mort plutôt que de se rendre. Les Valvurides n'ont pu faire aucune prisonnière dans leurs rangs, tant elles étaient fanatisées. Les Valvurides ont par contre arrêté de nombreux cybergoths; il apparaît que la Markiza les a rendu complètement dépendants de drogues dures, notamment de l'héroïne et du crack. Certains d'entre eux devaient se prostituer et se soumettre aux jeux sado-masochistes des louves de la Vŭltsi et de la Markiza elle même pour pouvoir avoir leurs doses. D'autres avaient choisi de devenir des combattants et d'assister les milices de la Vŭltsi dans le maintien de l'ordre sur l'île. On commence à peine à comprendre l'ampleur de ce qu'il se passait réellement ici; une véritable micro-société s'était organisée, et tout tournais autour du sexe et de la drogue. On pourra dire que la Taraškievič avait bien calculé son coup!

Quant à elle justement, elle ne te posera plus de problème. Je sais que tu la voulais vivante pour la confronter à tout ses actes ignobles, mais elle a décidé d'elle même une autre solution. On l'a retrouvée morte à proximité du Dvoretsŭt Sengir, il semblerait d'après les premiers éléments de l'enquête qu'elle se soit suicidée en s'empoisonnant. Les médecins ont déterminé qu'elle avait du ingérer le poison vers neuf heures ce matin, et qu'elle est morte en quelques minutes seulement. On l'enterre cet après-midi dans une tombe anonyme à Kluj.

Tout est détruit sur Ostro-Sengir, seul le Dvoretsŭt Sengir tient encore debout, mais il est dans un piteux état. A l'intérieur, c'était le temple de la luxure, on m'a montré des photos, on dirait vraiment un donjon tout droit sorti d'un film porno sado-masochiste. La ville quant à elle n'existe plus, il n'en reste que des ruines... des maisons effondrées, des murs lézardés, l'ancienne capitale du Votyakskiy est devenue une vraie ville fantôme. Je ne crois pas qu'on puisse reconstruire, et puis franchement, je n'en vois pas l'intérêt. Seul le château peut-être sauvé à mon avis, comme tu l'espérais.

Voilà pour les nouvelles. Les Valvurides te transmettront un rapport plus fourni. Des journalistes de Sireeni Kõne sont actuellement dans leurs locaux à Kluj pour recueillir les informations qu'il leur faut afin de publier un article sur le sujet. Quant à moi, je ne sais pas trop quoi faire, je retourne à l'université pour aller travailler, j'ai un exposé à préparer. Dis moi quoi faire si tu as encore besoin de moi. Et ne t'en fais pas, je suis très bien et très heureuse à Kluj.

Tava meita, kas tevi mīl un kas tevi skūpstās,

Aleksandra
[/justify]


[center][img]https://nsm09.casimages.com/img/2019/08/01//19080103524421391216338267.jpg[/img][/center]

Posté : jeu. août 15, 2019 2:08 am
par Yul
[right][img]https://nsm09.casimages.com/img/2019/08/15//19081503060521391216358319.jpg[/img]
[url=https://youtu.be/FjbbSNzR30k]Ambiance musicale[/url][/right]

~ Voyna kurtizanok (3)


[justify]Oskar est un jeune homme de 36 ans, bien dans sa tête, bien dans sa peau, cordialement détesté, aimé et admiré par ses amis pour son côté ultra-pragmatique et sa fâcheuse tendance à répondre à tout, tout le temps, pour la moindre raison. Un type fatigant, très fatigant. Enfin ça, [url=https://www.simpolitique.net/viewtopic.php?f=1301&t=16860&start=15#p342162]vous le saviez déjà[/url]. En trois ans, Oskar a travaillé sur beaucoup d'affaires, beaucoup. Suffisamment pour que sa réputation ait continuée à grandir, au point qu'il fut appelé parfois par la Valvuride pour l'assister sur certaines enquêtes, comme assistant. Tout naturellement, il fut appelé à Kluj pour aider les enquêteurs à comprendre comment Liisa Taraškievič avait pu ressusciter, et aussi, si possible, afin de déterminer où elle pouvait bien se trouver à présent. Oskar avait donc été voir la fameuse tombe, celle où bon nombre de chasseurs de fantômes et autres prêtres de toute religion comptée dans les Valvatides s'étaient rendus. Il n'avait pas de radar de détection d'ectoplasme ou d'autres bidules technologiques à en faire baver le moindre ingénieur Briton. Non, lui, il avait une boussole, une loupe, un pinceau et une pince à épiler.

Oskar passa simplement quelques minutes dans le caveau, à observer les différents éléments et indices qu'il pourrait y trouver. Son attention fut captée par une petite feuille insignifiante, qui détonnait peu dans le caveau, malgré sa couleur verte. Oskar la saisit et prit soin de la mettre dans une petite poche plastique hermétique. Puis, sans rien dire, il sortit du caveau et se mit à se promener dans le cimetière. Les enquêteurs de la Valvuride le suivaient, se demandant ce qu'il pouvait bien trafiquer. Au bout d'une dizaine de minutes, Oskar les regarda, souriant.[/justify]


[quote]- Messieurs, je crois savoir comment elle a fait.[/quote]

[justify]Les inspecteurs se regardaient, l'air interrogateur.[/justify]


[quote]- Avez vous entendu parler de la "poudre zombie"? C'est, en réalité, scientifiquement non prouvé, et le débat fait toujours rage entre les spécialistes, mais il s'agirait d'une sorte de drogue, ou de poison, qu'utiliseraient les bokor vaudou en Olgarodorimarie ou en Algarbe, comme par exemple au Makengo, pour punir les criminels quand la justice serait trop lente à agir. Une substance qui plongerait les victimes dans un état de paralysie proche de la mort, et provoquant un ralentissement du rythme cardiaque et de la respiration, les transformant en zombis. Il y a des histoires à ce sujet, les victimes resteraient conscientes bien que paralysées, et seraient ainsi enterrées vivantes. Certaines d'entre elles auraient été par la suite déterrées puis droguées pour qu'on en fasse des esclaves.[/quote]

[justify]Oskar se roula une cigarette tout en continuant sa démonstration.[/justify]


[quote]- La substance active de cette substance serait la tétrodotoxine que l'on trouve notamment dans le fugu, ou poisson globe. C'est le fameux poisson mangé au Teikoku qui, si il est mal préparé, peut tuer un homme en quatre à six heures sans que l'on ne puisse rien y faire. On retrouve la TTX dans d'autres animaux, des grenouilles, des poulpes, etc... Il faut des compétences de chimistes pour pouvoir ajuster les doses afin de donner un tel résultat. Vous m'avez bien dit que Liisa Taraškievič avait des compétences en botanique et en chimie?[/quote]

[quote]- [url=https://www.simpolitique.net/viewtopic.php?f=1301&t=16821&start=15#p341893]Oui, en effet.[/url] Mais comment a-t-elle pu sortir de son cercueil et du caveau?[/quote]

[quote]- J'y viens. Elle aura donc absorbé une substance composée à base de tétrodotoxine, lui permettant de se faire passer pour morte, tout en restant probablement consciente, ou tout du moins seulement hagarde. Pas étonnant que votre médecin se soit fait bluffé. Elle aura simplement bénéficié ensuite de complicité pour sortir du caveau, et surtout pour être réveillée. Car même si l'effet de ce poison s'estompe peu à peu, étant donné le moment auquel elle a été aperçue errante dans le quartier, le froid et le risque de déshydratation, il fallait la réveiller. Et pour cela, rien de mieux que de l'atropine. Une substance que l'on trouve dans la balladone, la datura ou encore la mandragore, vous me suivez?[/quote]

[quote]- Jusque là, oui. Mais qu'est ce qui vous fait croire...?[/quote]

[quote]- Ce sont des plantes hautement hallucinogènes, je ne serais pas étonné que la petite en ai utilisé pour ses viols à Vindurhiminn. Toujours est-il qu'elle doit en connaître les propriétés et déjà les avoir utilisé, car j'ai justement trouvé un petit morceau de feuille de mandragore dans le caveau. J'ai voulu vérifier comment il a pu arriver là, mais je n'ai pas vu de mandragore dans le cimetière, ni plantée, ni même déposée sur une tombe. Comment cette feuille a pu arriver là du coup?[/quote]

[quote]- Quelqu'un l'aura déposé là.[/quote]

[quote]- Exactement. Je pense qu'on est venu la sortir de son caveau et qu'on est venu la réveiller. Mais l'antidote au TTX étant lui même hallucinogène, si Liisa Taraškievič a échappé au contrôle de ses complices pendant qu'elle planait, il n'est pas surprenant qu'elle se soit mise à errer, comme un fantôme, dans les rues du quartier.[/quote]

[quote]- Vous êtes sur de vous?[/quote]

[quote]- Non, mais c'est la théorie la plus plausible. Et je ne crois pas aux fantômes. Il y a toujours un truc.[/quote]

[quote]- Mais alors, où est-elle?[/quote]

[quote]- Cherchez chez les fleuristes, pharmaciens et autres herboristes ou apothicaires de Kluj si quelqu'un ne leur a pas acheté de la mandragore un peu avant l'assaut d'Ostrov-Sengir. Il fallait que la plante soit encore fraiche, donc maximum trois ou quatre jours auparavant. Cherchez quelqu'un habitant le quartier...[/quote]

[center][img]https://nsm09.casimages.com/img/2019/08/15//19081504321021391216358334.jpg[/img][/center]

Posté : ven. août 30, 2019 3:07 am
par Yul
[right][img]https://nsm09.casimages.com/img/2019/08/30//19083005081821391216384352.jpg[/img]
[url=https://youtu.be/46WW3D5a_TU]Ambiance musicale[/url][/right]

~ Nunakya Ovttaskas


[justify]Ráhkis áddjá,

Voici maintenant quinze jours que je suis parti avec d'autres à la rencontre de nos frères au Nunakya. Comme tu le sais, la situation là bas est précaire, et les sâmes là bas se sentent peu à peu abandonnés par le gouvernement du Commonwealth. Nous avons donc été les voir et leur proposer nos amitiés, afin de tenter un peu de les réconforter.

La situation dans le dominion n'est pas exactement celle que certains médias du Commonwealth pourrait le laisser croire. La crise économique est passée par là : l'affaiblissement de l'UPO, les mauvais résultats ces dernières années du Commonwealth et la crise politique ont fait que les sâmes ont vu leurs conditions de vie peu à peu se dégrader... et la situation dans l'Arctique les inquiète. Ici aussi on a entendu parler des problèmes dans l'Arctique Vonalyan, et on a vu aux informations ce qu'il est passé à Fort William le jour de noël. Les sâmes voient les gaéliques et les norrois s'entre-déchirer pour garder le contrôle de leur banquise, et nos frères ont peur d'être assimilés par les gaéliques de Britonnie à des terroristes. J'ai déjà été témoin de lynchages contre certains des nôtes en ville, ils sont le fait surtout des quelques Alekaners résidant au Nunakya. Comme tu le comprends, la situation est donc pénible, pour ne pas dire difficile.

On souhaite ici surtout que la crise politique au Nunakya s'estompe, et que le gouvernement réagisse. Certains de nos frères ont appelé, comme d'autres personnes issues d'autres communautés à ce que le Nunakya quitte le Commonwealth. On parle d'indépendance, on parle de rattachement. Chez nos amis sâmes, notre invitation n'est pas passée inaperçue, mais fait au mieux sourire, au pire, déséspère. Non pas qu'on nous haïsse. Mais on sait bien comment les choses se passent au Commonwealth, et on craint que le Nunakya ne se transforme en une seconde Algarbe-du-Sud, avec les Inuits et les Sâmes subissant le même traitement que les noirs dans les Bantoustans. Alors ici règne surtout le silence, un silence qui cache à peine la misère grandissante.

Au Nunakya, tout est blanc, et c'est encore plus vrai ici. A perte de vue, il n'y a que la neige, en dehors du petit village dans lequel nous nous sommes arrêtés. Pas de forêt à exploiter, les seules ressources proviennent de la pêche, et parfois de la chasse. La végétation est rare, et dans les conditions de la région, trop au nord, il est impossible d'espérer cultiver quoi que ce soit.

Les Sâmes du Nunakya, même si ils ne le demanderont pas, par pudeur, ont besoin de notre aide. Nous pensons que nous pourrions les aider, là où le gouvernement du dominion semblent incapables de le faire. Il me paraît urgent de leur envoyer de la nourriture et des médicaments. Après tout il ne sont qu'une dizaine de milliers, et les aider me paraît un effort tout à fait supportable. Aussi je te le demande, peux-tu en parler à nos représentants, afin qu'ils aillent à Vindurhiminn demander l'aide de notre gouvernement? Nous avons le pouvoir de faire bouger les choses ici, j'en suis persuadé. Aidons les!

Marihttá
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