PRESSE | Informations nationales, mondiales et régionales

Répondre
Sébaldie

Message par Sébaldie »

    • [justify][center][img]https://i.imgur.com/oYuVMvi.png[/img]
      18 mars 2037

      Ducacha en fait tout un fromage au Caeturia

      [img]https://i.imgur.com/rHH9819.png[/img]
      À base de viande de porc ou de poulet, le croque-monsieur emblématique de Ducacha
      espère tirer profit de la crise de la viande bovine au Caeturia[/center]

      Depuis 2035, les cas de bovins atteints d’un virus d’immunodéficience ne [url=https://simpolitique.net/viewtopic.php?p=343080#p343080]cessent d’augmenter au Conglomérat de Caeturia[/url] mais d’aucuns ne diront que le système capitaliste est à mettre en cause. Au niveau économique comme sanitaire, le capitalisme vit de crises et plutôt que d’engager une réflexion sur la pertinence d’élevages intensifs, le Conglomérat a préféré donner la priorité à la reconquête de la confiance des consommateurs, qui s’est sérieusement érodée. Un moustique, porteur du virus, venu de Dorimarie en serait responsable mais là-bas, on préfère pointer le doigt sur une autre menace : celle du néo-colonialisme dytolien. Dans ses colonnes, la [url=https://simpolitique.net/viewtopic.php?f=1280&p=343095#p343095]presse paskoane[/url] sonne le glas du panolgarisme et cible les élites du vieux continent. C’est en effet un empire dytolien, répondant au nom de Ducacha, qui espère tirer un profit de la situation caeturienne. La chaîne de restauration rapide, spécialisée dans les plats tels que les croque-monsieurs, les paninis ou les quiches, espère attirer vers elle toute la clientèle qui se méfie de la viande bovine. C’est qu’à Ducacha, on ne travaille presque qu’avec du jambon et du poulet. Déjà, la chaîne avait investi dans la filière avicole pour pouvoir s’implanter dans les pays de tradition juive ou musulmane, où la viande de porc est interdite à la consommation.

      Cet opportunisme permettrait de capter une clientèle olgarienne très friande de malbouffe. Car, qu’on le dise, Ducacha n’est plus la petite auberge des années 1930 située dans les montagnes de Nord-Santogne, où l’on travaillait les produits locaux pour le grand plaisir des pèlerins venus. La petite fromagerie artisanale a cédé sa place à une industrie qui tourne en continu. La crise bovine, pourtant, devrait également inquiéter Ducacha : ses fromages sont conçus, pour une grande partie, à base de lait de vache. Mais la firme joue la carte de l’origine santognaise de ses fromages, qui transitent chaque jour entre la Dytolie et l’Olgarie. Quant à la viande de porc ou de volaille, Ducacha sort une autre carte, celle de la proximité, en s’alliant avec les éleveurs caeturiens. Une délégation transpartisane de députés santognais s’est d’ailleurs rendue au conglomérat pour convaincre les détenteurs de capitaux de réorienter leur investissement vers la filière porcine et avicole. Chapeautée par Ducacha, cette opération de lobbying a fortement gagné en intensité depuis les premières alertes vétérinaires. Ducacha proposera d’ailleurs de fournir les cantines scolaires caeturiennes à prix réduit : une belle opération de communication qui vise à éduquer les consommateurs de demain, et les profits d’après-demain !


      [right]Justin Cazal[/right][/justify]
Sébaldie

Message par Sébaldie »

    • [justify][center][img]https://i.imgur.com/QqBwGBR.png[/img]
      26 mars 2037

      Échauffourées en marge d’une fausse « manif de droite » à Saint-Géraud

      [img]https://i.imgur.com/Y79ZMjU.png[/img][/center]

      Une centaine de manifestants en provenance de tout le pays ont pris par surprise les habitants de Saint-Géraud par une ainsi baptisée « manif de droite », bloquant les principaux axes de circulation de la ville. Chef-lieu de la province de même nom, Saint-Géraud est réputée pour être une ville de nantis, avec un revenu moyen nettement supérieur à la moyenne santognaise. Le choix des participants de cette manifestation non déclarée, ancrés à gauche, n’était donc pas anodin : pour sa porte-parole, Felicia Cavagnac, il s’agissait de ridiculiser le discours des privilégiés en l’exagérant. « Notre démarche n’en reste pas moins sérieuse », poursuit-elle, « la situation dans l’ouest de la Santogne est préoccupant avec une montée d’une pensée traditionaliste totalement rétrograde qui cause le recul des droits des femmes, des homosexuels et plus largement qui met en péril notre liberté d’expression ». La jeune femme adresse également un hommage à Lugan, son ami mort piétiné par un cheval alors qu’il s’opposait à une [url=https://simpolitique.net/viewtopic.php?p=342749#p342749]partie de chasse à courre[/url]. L’affaire, qui a mis en cause le veneur – un notable de Saint-Géraud – a abouti à un non-lieu, suscitant l’ire des opposants qui parlent d’une justice corrompue.

      Avec des slogans tels que « Pas d’allocs pour les dreadlocks », « Rentiers de tous les pays, unissez-vous ! » ou « Eglise obligatoire le dimanche », la provocation a été mal digérée par les passants. Une scène où un participant, qui a pris le déguisement de la Reine du Lagac’hann, a uriné sur la voie publique a particulièrement indigné les riverains. Leur appel a été entendu : vingt minutes plus tard, les forces de l’ordre ont réprimé la manifestation non autorisée et a procédé à plusieurs interpellations. Le calme n’est revenu qu’au bout de trois heures après le lancer de gaz lacrymogènes. Les manifestants se sont également plaints d’une « répression particulièrement zélée » alors que les forces de l’ordre locales disent avoir apporté une réponse « juste et adéquate ». Relativement peu impactées par la crise de la dette santognaise, les classes les plus aisées se plaignent d’être prises pour cibles par ces groupuscules, et plaident pour leur majorité, pour un retour aux valeurs traditionnelles en Santogne. La paroisse locale a d’ailleurs fortement condamné ces manifestations décadentes. L’Eglise était en effet dans le viseur des participants, qui lui reproche de jouer un trop grand rôle ici.

      [center][img]https://i.imgur.com/GR4wzdQ.png[/img][img]https://i.imgur.com/3kg7LqT.png[/img][/center]

      [right]Etienne Bossuet[/right][/justify]
Sébaldie

Message par Sébaldie »

    • [justify][center][img]https://i.imgur.com/rVlXSZ1.png[/img]
      30 mars 2037

      Monolide conçoit des ambulances aériennes

      [img]https://i.imgur.com/cU6AR6M.png[/img][/center]

      Le carnet de commandes est plein jusqu’à la fin de l’année. Après plusieurs essais concluants, le constructeur d’hélicoptères civils, Monolide, a annoncé l’imminente commercialisation de ses engins. La marque est déjà unanimement connue auprès des sapeurs-pompiers pour ses bombardiers d’eau, devenus indispensables aux feux de forêts, malheureusement courants en Santogne. Elargissant sa gamme à la [url=https://simpolitique.net/viewtopic.php?p=343230#p343230]construction d’hélicoptères médicaux[/url], Monolide propose désormais des aéronefs capables de venir en aide aux urgences dans les coins les plus reculés de la chaîne montagneuse. Jusqu’à présent, les hélicoptères se contentaient d’amener le plus rapidement possible le blessé vers l’hôpital le plus proche mais le trajet, long, conduit souvent des décès en plein vol ou juste après avoir franchi les portes du service d’urgences. Disposant d’un matériel adapté, ces hélicoptères peuvent ainsi répondre à des urgences courantes comme les traumatismes, les accidents vasculaires cérébraux, les infarctus et les détresses respiratoires.

      Pour autant, tout le monde n’en profitera pas. Le coût moyen d’une intervention en hélicoptère médicalisé peut atteindre 1 400 ₱ l’heure, un coût exorbitant qui n’est pris en charge que par de rares assurances onéreuses. L’acquisition de ce bijou de technologie n’est d’ailleurs pas à la portée de toutes les compagnies d’ambulances et des hôpitaux. « Seules des cliniques privées se sont portées acquéreuses de nos produits, nous attendons toutefois une réponse du Centre Hospitalier de Forcastel », seul établissement public qui pourrait en bénéficier. Se pose également la question de la formation du personnel : au nom de la réduction de la dette publique, seule une poignée de médecins spécialisés jouissent encore du stage d’interventions en hélicoptère. Ces derniers sont incités à se former à l’étranger, au risque de ne jamais revenir en Santogne…


      [right]Estienne Boutin[/right]

      [hr][/hr]

      [center][img]https://i.imgur.com/QqBwGBR.png[/img]

      Une banque de Forcastel détruite par les explosifs volés en janvier

      [img]https://i.imgur.com/kTXf28N.png[/img]
      Un point d’échanges de la Velvet Bank a été pris pour cible dans la banlieue de Forcastel[/center]

      Dans la nuit du 29 au 30 mars, un point d’échanges appartenant à la Velvet Bank a fait l’objet d’une attaque par explosifs dans la banlieue de Forcastel. L’enquête préliminaire a mis en évidence que les explosifs qui ont été utilisés sont les mêmes que [url=https://simpolitique.net/viewtopic.php?p=342430#p342430]ceux qui ont été volés au mois de janvier[/url] et qui étaient destinés aux mines de Pénasque. Si aucune victime humaine n’est à déplorer, les malfrats ont dérober la quasi-totalité des fonds des distributeurs automatiques, soit environ 800 000 pistoles, alors que de nombreux billets ont pris feu durant l’explosion. Firme lorthonienne sans histoire, la Velvet Bank a rassuré ses clients en assurant que leur épargne était protégée, et qu’elle a communiqué les numéros de série des billets subtilisés à la Banque Centrale. En lien avec cette dernière, la police judiciaire et scientifique a confirmé qu’elle remonterait à la source grâce à ces numéros. Mais l’affaire ne sera pas simple et étant donné la rapidité des transactions, il n’est pas impossible que l’argent soit déjà blanchi et qu’il ait passé plusieurs intermédiaires.

      L’enquête préliminaire a par ailleurs conclu que le système de neutralisation des billets, qui marque à l’encre les billets volés pour qu’ils deviennent inutilisables, avait fait l’objet d’une « probable attaque informatique ». Avant même les conclusions de l’enquête, la ministre de l’Economie Inès Teyssère a réagi sur PiouPiou à 4h41, soit à peu moins d’une heure après l’attaque, à cet évènement en réitérant son souhait d’accélérer la dématérialisation de la pistole santognaise. « Si la pistole était électronique comme la lire montalvéenne, cette attaque n’aurait jamais vu le jour » a-t-elle résumé sur le réseau social. L’incompétence des services secrets et de police est également pointée du doigt par plusieurs commentateurs, qui pointent l’absence de résultats suite au vol du camion du 18 janvier dernier. À l’heure où l’Etat cherche un responsable en interne, les coupables – probablement le Mitan ou un groupe affilié – ont emporté le jackpot.


      [right]Alaïs de Fougasc[/right][/justify]

      [spoiler="Indications Meta-RP"]Article à mettre en relation avec ce [url=https://simpolitique.net/viewtopic.php?p=343156#p343156]RP[/url] et [url=https://simpolitique.net/viewtopic.php?p=343179#p343179]celui-ci[/url].[/spoiler]
Sébaldie

Message par Sébaldie »

    • [justify][center][img]https://i.imgur.com/QqBwGBR.png[/img]
      15 avril 2037

      Des voix s’élèvent pour l’interdiction du « Patriot’s Cookbook »

      [img]https://i.imgur.com/zDwjR80.png[/img]
      Ce petit « manuel de guérilla » a subi de nombreuses traductions et modifications[/center]

      D’origine westrait, [url=https://simpolitique.net/viewtopic.php?p=341366#p341366]le Patriot’s Cook[/url] a fait parler de lui à l’aune de l’attaque par explosifs de la Velvet Bank dans la banlieue de Forcastel. Ce manuel, qui livre des recettes de fabrication de bombes artisanales et de moyens de communication, a été en partie rendu obsolète avec les technologies de ces dernières décennies mais continue d’inspirer, au moins pour la fabrication d’explosifs, des groupuscules violents en Santogne. Le livre, édité pour la première fois dans les années 1970, se vendait ici sous le manteau au détour de braderies de quartier. Il prenait alors le nom de « Livre de recettes patriotiques » ou « Manuel du patriote », souvent au prix de traductions amateurs maladroites et grammaticalement fausses, l’anglais étant peu parlé ici-bas. La question de son interdiction ne date pas d’hier et le livre fait déjà l’objet d’un décret limitant drastiquement sa vente, avec une interdiction totale en grande surface. Aujourd’hui, on le retrouve dans des bouquineries d’occasion, mais surtout, il s’est fait une place sur Internet, où il est téléchargeable facilement et gratuitement, avec des traductions beaucoup mieux élaborées.

      Mais après les évènements du mois dernier, des députés de tous bords tiennent à pénaliser les possesseurs. La proposition de loi, qui a peu de chances d’aboutir, se confronte à une opposition qui trouve « totalement stupide ». Pour la députée libérale Juliette Vernier, « l’attaque de la Velvet Bank a été perpétrée à l’aide d’explosifs volés, non artisanaux. Accuser ce livre de troisième zone, c’est se tromper de coupable. De plus, c’est lui assurer une publicité gratuite ». La parlementaire a raison : la consultation du livre sous format numérique a explosé après l’annonce de son possible interdiction, un effet pervers connu de longue date par les législateurs qui s’aventurent sur le chemin délicat de la censure.

      [right]Robert Chastain[/right]

      [hr][/hr]

      [center][img]https://i.imgur.com/rVlXSZ1.png[/img]

      La popularité de la ministre de l’Economie bondit, son projet également[/center]

      « Et si elle avait raison depuis le début ? ». Cette interrogation revient sur toutes les lèvres. La ministre de l’Economie, Inès Teyssère, qui plaide pour la dématérialisation de la pistole santognaise pour lutter contre l’économie souterraine et les vols, voit sa popularité bondir de vingt points pour l’institut Céler, passant de 35 % d’opinions favorables en janvier 2037 à 55 % en avril 2037. Ce qui en fait de loin la personnalité préférée du gouvernement, et la seule au-dessus de 50 %. Même en dehors de l’exécutif, aucune autre personnalité politique ne l’égale. Grâce aux fruits de ses efforts, plusieurs personnes impliquées dans leur blanchiement de la somme dérobée ont été interpellées. Mais la ministre accuse le coup : les interpellés sont des « petits poissons » qui n’ont qu’un lien très indirect avec les malfrats. Les versions corroborent néanmoins une implication du Mitan, la mafia locale, qui aurait agi pour le compte de tiers.

      C’est sa « volonté de changement » qui est la plus plébiscitée par les Santognais, qui sont 86 % à lui accorder cette qualité selon l’institut Céler, alors qu’elle fait terriblement défaut pour les autres membres du gouvernement. Mais surtout, après une année 2036 en dents de scie ponctuée de déclarations maladroites et polémiques, la ministre cherchait un second souffle pour porter son projet de dématérialisation de la pistole. C’est chose faite, le projet reçoit maintenant l’aval du peuple, qui exprime son exaspération face aux différentes attaques et exactions fiscales que le pays a connues. Des discussions sont d’ores et déjà engagées au Parlement et Inès Teyssère compte user de sa nouvelle popularité pour prioriser l’ordre du jour parlementaire au bénéfice de cette réforme. Mais pour d’autres ministres, elle occuperait déjà trop de place, n’hésitant pas à marcher sur les platebandes des autres portefeuilles. Sur les ondes, au début du mois d’avril, elle a notamment appelé indirectement à une « restructuration des services secrets », qui ont montré leur inefficacité ces dernières années. Une déclaration qui n’a pas du tout été au goût du ministre de l’Intérieur, en charge du dossier et directement mis en cause. Seule à bénéficier du soutien du peuple, elle perdrait donc celle de la caste dirigeante, un effet de vases communicants ?

      [right]Léon Beaugendre[/right][/justify]
Sébaldie

Message par Sébaldie »

    • [justify][center][img]https://i.imgur.com/oYuVMvi.png[/img]
      5 mai 2037

      ENQUÊTE. En 2036, les députés santognais ont reçu pour 30 millions ₱
      de cadeaux de la part de lobbies


      [img]https://i.imgur.com/d9NfeRM.png[/img][/center]

      La scène est surréaliste : le 28 avril dernier, à l’occasion d’un [url=https://simpolitique.net/viewtopic.php?f=1292&t=16867&p=343605#p343605]scrutin public au Parlement santognais[/url], le député populiste de l’Alliance du pouvoir populaire (gauche) Romieu Nicollier vote l’autorisation accordée à Lorthon Energy d’installer dans les [url=https://simpolitique.net/viewtopic.php?p=342682#p342682]marais morbiens[/url] une raffinerie pétrolière. Pourtant, quelques mois auparavant, l’homme s’est farouchement opposé à un tel projet, arguant qu’il serait dévastateur pour le fragile écosystème, jusqu’à se mettre en scène devant les caméras, en salopette et en bottes en caoutchouc en train de planter des roseaux avec des adhérents d’une association écologie locale. Progressivement, le député modère ses propos et finalement, le projet ne serait pas « si dévastateur » jusqu’à clairement vanter les mérites de la raffinerie, pourvoyeuse d’emplois et dont une partie des recettes serait ensuite investie dans le maintien de l’écosystème local. Une opération de greenwashing qui ne résiste cependant pas au constat sans appel de biologistes, qui affirment que l’argent ne suffira pas à résorber des sols pollués pour longtemps.

      Quelques jours auparavant, au Parlement, des vaguemestres apportent dans le bureau de chacun des parlementaires un sac noir anonyme. À l’intérieur, une bouteille de scotch lorthonien estampillé de la marque [url=https://simpolitique.net/viewtopic.php?p=327795#p327795]Adam’s Beverage[/url]. La bouteille de cette entreprise détenue à majorité par le royaume celtique vaut son pesant d’or, élevant la facture à plus de 20 000 $ pour les deux-cents parlementaires santognais. Certains députés ont en plus de ce présent une petite note de « proposition de rédaction d’amendement ». Siégeant dans le même groupe que Romieu Nicollier, Leonça Barrès n’apprécie pas le cadeau : non seulement cette femme expérimenté de la politique santognaise ne boit pas d’alcool mais surtout, elle dénonce une campagne de lobbying intense de Lorthon Energy, qui achète les voix à coup de pots-de-vin ou plutôt de pots-de-whisky. « Je regrette que des collègues se laissent embarquer dans cette opération séduction qui est scandaleuse et contraire à l’intérêt public. En plus, en nous disant comment amender le texte, ils nous prennent pour des arriérés ! » s’agace la députée, engagée dans la lutte de la corruption et fidèle soutien de la ministre de l’Economie, mais qui reconnaît être « isolée » au sein de la Chambre. Son camarade de parti a beaucoup plus d’influence au sein du groupe, il est comme on dirait dans la langue locale du Lorthon un « whip », le député qui s’assure que ses homologues votent conformément aux consignes du parti, même si cette fonction n’a aucune existence officielle.

      [center][img]https://i.imgur.com/TsvvMx3.png[/img]
      Le lobby du pétrole lorthonien n’est qu’un des innombrables groupes d’influences au Parlement de Santogne.
      Alors que le Parlement était en décembre opposé au projet de raffinerie, il a finalement voté son autorisation à une assez nette majorité.
      (Illustration : une plate-forme pétrolière offshore au large des côtes lorthoniennes)[/center]

      Est-ce à dire que le vote d’un député ne vaut que le prix d’une bouteille de scotch haut de gamme ? Bien sûr que non, ce n’est qu’un petit extra qui s’ajoute aux innombrables cadeaux antérieurs. Tous lobbys confondus, les députés auraient reçu, au titre de l’année 2036, pour près de 30 millions de pistoles d’après une estimation de l’association anti-corruption Ethipol. Pour éviter les conflits d’intérêt, la loi limite pourtant drastiquement les dons d’argent d’organismes privés à des hommes politiques et les sanctions sont assez lourdes pour les contrevenants, pouvant aller jusqu’à une inéligibilité à vie. Mais la loi n’est pas assez efficace puisqu’elle avoue son impuissance face aux cadeaux en nature, qui sont difficiles voire impossibles à quantifier. Les lobbys ont profité de ce vide juridique pour se refaire une santé, non sans la complicité du gouvernement lui-même. Outre les bouteilles de scotch, voyages d’affaires, dîners somptueux, places de concert, de match sportif, les lobbyistes peuvent offrir des cadeaux beaucoup plus insidieux encore, d’influence et de réseaux relationnels.

      Rares sont les parlementaires qui dénoncent ce système mais rares sont également ceux qui l’assument. Les députés du Parti populaire (conservateurs) sont les plus sollicités, étant à la fois la première force parlementaire de Santogne et dans l’opposition. L’un d’eux, le tonitruant Patrice Mallet, fait mine de s’agacer des rapports d’Ethipol qui l’épinglent régulièrement :
        • « Mais qu’on arrête de nous bassiner avec ça ! Oui, j’ai été approché par des groupes d’influence, quel est le mal à ça ? La crise touche tout le monde, le peuple comme les représentants du peuple. Qu’aurais-je du faire ? Les refuser ? Et au nom de quoi ? Je travaille avec ceux qui veulent redonner de l’activité à la Santogne, pas avec des réfractaires au changement. Regardez : les électeurs boudent les urnes, mais continuent à se plaindre… La Santogne est comme une gare : on y croise déjà des gens qui réussissent et des gens qui ne sont rien. Nous ne sommes pas les représentants de la Santogne des marginaux et des sans-abris : si nous voulons réussir, il faut miser sur ceux qui sont en capacité d’apporter de la valeur ajoutée. »

          [right]- Patrice Mallet
          Député du Parti populaire au Parlement de Santogne[/right]
      Ces déclarations ne choquent même plus les Santognais, qui sont habitués au mépris de leur caste politique. Surtout que le match ne se situe plus sur une opposition entre d’un côté « le peuple » et de l’autre « les lobbies », mais entre les lobbies eux-mêmes, qui se livrent entre eux une bataille acharnée. Cas d’école : les pesticides. Le lobby des chasseurs souhaite les limiter pour préserver le gibier tandis que le lobby des industriels et agricoles souhaite un assouplissement de la réglementation. Où est la place du « lobby » écologiste ? Nulle part. Les gens qui ne sont rien ne sont même pas spectateurs de ces matchs qui se jouent à huis clos, dans les couloirs.

      [right]Tibotz Casaban[/right][/justify]
Sébaldie

Message par Sébaldie »

    • [justify][center][img]https://i.imgur.com/rVlXSZ1.png[/img]
      23 mai 2037

      Retourner vivre chez ses parents après 40 ans, un contrecoup de la crise

      [img]https://i.imgur.com/6Q31yEm.png[/img]
      Le nombre de Santognais de plus de 40 ans retournés vivre chez leurs parents a doublé en vingt ans[/center]

      Le phénomène était jusqu’ici limité aux jeunes adultes approchant la trentaine. Etudiants de longue durée ou chômeurs diplômés depuis plusieurs années, de nombreux Santognais continuent à vivre chez leurs parents. La plupart du temps, cette situation est subie : le coût de la vie et les loyers dissuasifs dans les zones d’activité rendent difficile toute entreprise d’indépendance du cocon familial. Parfois, cette situation est choisie et l’on parle alors de « célibataires parasites », ces vieux garçons et vieilles filles pour qui l’indépendance est davantage une source d’ennuis que d’opportunités. Largement documentée, cette situation n’est pas propre à la Santogne, elle devient même systémique dans les pays modernes vieillissants et à fort taux de chômage chez les jeunes. Mais un phénomène nouveau est attesté depuis la fin des années 2010, mais qui n’a pris son ampleur réelle qu’à partir des années 2030 : le retour à la maison d’hommes et de femmes quadragénaires – voire même quinquagénaires – au domicile parental, au moins pour ceux qui ont encore la chance d’avoir leurs parents en vie. Ils n’étaient qu’environ 60 000 dans ce cas en 2019, ils sont aujourd’hui près de 130 000 en 2037.

      La crise a non seulement provoqué une hausse des loyers substantielle dans la plupart des villes santognaises, mais aussi une hausse des taux d’intérêt, rendant plus chère encore l’accession à la propriété. Nombreux sont ceux, parmi ces 130 000, qui ont contracté un crédit dans les années 2020 mais qui, ne pouvant plus l’assumer, ont décidé de revendre leurs biens et s’installer de nouveau chez les parents, qui pour beaucoup ont fini de payer leur propriété. Contrairement aux « célibataires parasites », ces hommes et ces femmes arrivent parfois avec leurs enfants, plus rarement avec leur conjoint, pas forcément à l’aise à l’idée de vivre chez les beaux-parents. Les cas de divorces qui ont précédé ou suivi la vente d’une maison pour cause de crédit non remboursé témoignent de cette situation inconfortable. Les [url=https://simpolitique.net/viewtopic.php?p=341483#p341483]hard discounters qui proposent désormais des logements sociaux[/url] se sont adaptés à cette situation et promettent des logements familiaux au moins inférieurs à 20 % du prix du marché. Mais ces « boomerangers », tels qu’ils sont nommés par des sociologues westraits qui étudient le phénomène depuis plusieurs années, permettent malgré tout de ressouder des liens familiaux qui s’étaient délités voire rompus. Paradoxe de la crise, qui permet aux familles santognaises de se réunir. Autres conséquences insoupçonnées : la baisse des ventes d’appareils électroménagers, qui font leur plus gros de leur chiffre sur la vague de néo-propriétaires et d’étudiants qui s’installent. En effet, les boomerangers ne voient plus l’intérêt d’investir dans l’électro-ménager – celui des parents suffit ! – et s’orientent vers des consommations de luxe et de loisirs.

      [right]Cassian Larrieu[/right]

      [hr][/hr]

      [center][img]https://i.imgur.com/oYuVMvi.png[/img]

      À l’heure de la radicalisation de la Dorimarie, le Tlaloctlitlal reste muet[/center]

      Longtemps figure de proue de tolérance et de défense des minorités autochtones, le Tlaloctlitlal semble s’effacer de la scène dorimarienne au profit de régimes néocoloniaux, tels que le Txile, le Nephiland, le Nuevo Rio et le Berlim. Ce dernier, dirigé par le président conservateur Joaquim Fendres, a déclaré que « [url=https://simpolitique.net/viewtopic.php?p=343680#p343680]les indigènes ne sont pas berlimiens[/url] ». Fils du dictateur Paulo Fendres, l’actuel président de la fédération lusophone défend son action par le fait d’avoir reçu la légitimité populaire des urnes, capitalisant sur l’exaspération de la population vis-à-vis d’une criminalité épidémique. Cette criminalité se concentrant dans les favélas et les favélas étant majoritairement habités par les indigènes, le président parvient par un sophisme malhonnête à faire des indigènes des criminels en puissance. Cela permet de justifier, avec l’aval du peuple, les raids policiers dans ces quartiers défavorisés mais aussi et surtout, les peuples indigènes de la forêt d’O Pulmao alors qu’ils sont éloignés de toute civilisation moderne et par conséquent étrangers de tout fait de criminalité. L’appétit des futurs exploitants des gisements de bauxite et de fer valent bien cet amalgame. Cette entreprise de déforestation n’est pas sans rappeler là encore [url=https://simpolitique.net/viewtopic.php?p=340729#p340729]celle au Nuevo Rio[/url], ou de la [url=https://simpolitique.net/viewtopic.php?f=1267&t=16402&p=343361#p343361]jungle nephiliane[/url].

      Ce mouvement de répression des minorités, qui s’accompagne systématiquement d’un désastre environnemental, laisse ainsi la République de Tlaloctlitlal peu loquace. Faisant partie des seuls Etats reconnus par le monde entier dirigés par des autochtones, la petite nation insulaire n’a évidemment pas les moyens coercitifs suffisants pour porter secours aux communautés autochtones dont elle est le porte-voix privilégié. Isolé sur la scène dorimarienne, le Tlaloctlitlal a mené un processus de pacification avec le Txile, tout en restant assez muet sur la mainmise euskale sur les Îles Paskoak. Ce débat, pourtant, s’est exporté jusqu’en Santogne, au sein du « [url=https://simpolitique.net/viewtopic.php?p=343670#p343670]petit Txile de gauche[/url] » du Grand-Rascassin. Inquiet de la situation sur le continent de leur deuxième patrie, les Euskales de Santogne – plutôt marqués à gauche – tentent en vain de faire infléchir la complaisance txiléenne à l’égard de ses voisins. Ils espéraient trouver dans le Tlaloctlitlal une voi(x) de secours mais celle-ci semble avoir perdu du panache qui la caractérisait jusqu’alors…

      [right]Thomas Gérin-Lajoie[/right][/justify]
Sébaldie

Message par Sébaldie »

    • [justify][center][img]https://i.imgur.com/kEbcwxN.png[/img]
      27 mai 2037

      Pour prévenir l’autisme chez les jeunes, une application ludique
      propose de les « Asperger des sens »


      [img]https://i.imgur.com/PzGBHj5.png[/img]
      L’application exige entre autres de décrypter des expressions du visage pour progresser[/center]

      Ils sont là, dans les villes, dans les campagnes… Mais ils vivent cachés. On leur tend la main pour les saluer, ils s’enfuient… Entre-temps, il aura compté le nombre de carreaux présents sur votre chemise. C’est pour déceler ces comportements du spectre autistique d’un développeur santognais a mis au point une application mobile ludique, destinée aux enfants et pré-adolescents. Conçu en amont par des pédopsychiatres, le jeu évolue dans un monde ouvert. Pas de points à récolter et un seul objectif précis : « rendre l’univers plus agréable ». Cet univers change légèrement d’un jour à l’autre – un objet change de place par exemple – le tout en vue de titiller la frustration du joueur, habitué à des rituels très précis, à des agencements suivant des logiques très austères. Et parce que de la frustration naît la colère, l’application peut être assortie d’une assurance d’un mois contre les bris du smartphone ou de la tablette, avec le partenariat d’une compagnie d’assurance. Ranger, collectionner, classer, calculer. Tous les comportements des joueurs sont passés au crible de plusieurs algorithmes calculant en temps réel le caractère autistique du joueur. Ici, pas de boss à vaincre pour monter de niveau. Il faut au contraire sympathiser avec lui avec une succession d’interactions sociales à remplir correctement. Les résultats peuvent ensuite être analysés par des professionnels de santé. L’application, très complète, est disponible pour 5.99 ₱ avec une réduction de 30 % le premier mois… faites vos maths !


      [right]Marian Girardot[/right][/justify]
Sébaldie

Message par Sébaldie »

    • [justify][center][img]https://i.imgur.com/QqBwGBR.png[/img]
      29 mai 2037

      Un député de l’Alliance du pouvoir populaire finit en garde à vue après un joint d’un kilo

      [img]https://i.imgur.com/aFB5Mj0.png[/img]
      Face caméra, défenseur du cannabis, Aurelian Vaugrenard a volontairement provoqué les autorités[/center]

      Aurelian Vaugrenard est de longue date un défenseur de la consommation de cannabis, aussi bien à des fins thérapeutiques que récréatives. Les [url=https://simpolitique.net/viewtopic.php?f=1292&t=16787&p=343812#p343812]très bons scores de l’Alliance du pouvoir populaire[/url] au sud de la Santogne en 2035 lui ont permis d’accéder à la députation alors qu’il était considéré au début de la campagne comme non éligible sur la liste du parti du Vice-Premier ministre. Près de deux ans après le scrutin, le député veut remettre à l’honneur une promesse de campagne de l’APP, qui est aujourd’hui dans la coalition gouvernementale. Pour ce faire, ce musicien de profession de 36 ans a acheté près d’un kilogramme de cannabis en Philanstérie – le pays de Dytolie occidentale le plus laxiste à ce sujet – avec lequel il s’est roulé un énorme joint. « Je ne vous cache pas, c’était la misère ! » confesse le député, hilare de sa provocation ou par l’effet euphorisant de sa consommation. Le soir-même, le député sera placé en garde à vue tandis que le parquet s’est saisi de l’affaire, réclamant notamment la levée de son immunité parlementaire.

      L’intéressé, qui court jusqu’à un an d’incarcération, dit ne rien regretter et insiste sur les retombées économiques dans une Santogne en crise à la recherche de ressources nouvelles. « La Santogne a un climat qui se prêterait à la culture de chanvre. Cessons d’être hypocrites : malgré l’interdiction légale, nombreux sont les consommateurs ici et les réseaux mafieux s’en frottent les mains. ». C’est la raison pour laquelle Aurelian Vaugrenard a tenu à importer son produit de Philanstérie, pour ne pas alimenter l’économie souterraine. Commercialiser le cannabis pour lutter contre les réseaux mafieux ? Une idée vieille comme le monde mais qui n’aurait aucune efficacité selon Eugène Chuquet, notre interlocuteur de la brigade des stupéfiants : « Contrairement à ce que l’on pourrait penser, la mafia plébiscite la légalisation du cannabis, pour une raison simple : elle lui permettrait de blanchir ses rentrées d’argent plus facilement. De plus, elle ne craint pas la concurrence, elle garderait le monopole en Santogne mais cette fois-ci avec l’aval de l’Etat. ». Cette proposition, qui reçoit le soutien des libéraux et de quelques sociaux-démocrates se confronte à une forte hostilité des conservateurs du Parti populaire et dans une moindre mesure, à celle de la Ligue du Renouveau, l’allié de coalition gouvernementale de l’Alliance du pouvoir populaire, qui en est bien embarrassé.

      [right]Robert Chastain[/right]

      [hr][/hr]

      [center][img]https://i.imgur.com/rVlXSZ1.png[/img]

      Les « stages de survie » atteignent des niveaux records d’inscriptions

      [img]https://i.imgur.com/awcfrRV.png[/img][/center]

      Le Salon du Survivalisme tient sa trentième édition à Castanhières sous de cléments auspices. Moyennant 200 ₱ à 1000 ₱, des tours opérateurs proposent des stages de survie allant d’un week-end à deux semaines entières dans les forêts montagneuses du Puget-d’Ors, sur les flancs du Brec d’Argent ou au Rascassin rocailleux. Ce marché juteux est né d’un intérêt de plus en plus vif, qui a connu son essor au plus fort de la crise économique. Dans le salon, il est parfois difficile de distinguer les stages de survivalisme pur des agences de tourisme qui ont voulu surfer la vague et qui proposent une expérience bien plus artificielle. Les motivations sont diverses : volonté de rupture avec un monde numérique, préparation à la survie d’une catastrophe imminente… ou préparation pour les terroristes. En [url=https://simpolitique.net/viewtopic.php?p=336535#p336535]décembre 2035[/url], des combattants de Force & Islam attaquent la Nazalie. Plusieurs d’entre eux avaient, l’année précédente, participé à un stage de survivalisme en Santogne. Sous la pression de l’Etat, les critères d’inscription sont aujourd’hui plus rigoureux, avec obligation de posséder un casier judiciaire vierge.

      À l’aune de ces évènements, une lutte entre l’Etat et ces opérateurs s’est engagée tout au long de l’année 2036, l’Etat leur exigeant de transmettre la liste des participants. Refusant de voir leurs clients fichés, les opérateurs ont déposé un recours auprès de la Cour Suprême, qui leur a donné raison. Dans son arrêt, la Cour estime en effet que « le fait de participer à un stage dit de « survivalisme » ne constitue pas un critère pertinent pour justifier une surveillance par les services de renseignement des participants ». Craignant d’être fichés, beaucoup se sont finalement rétractés l’année dernière. Depuis l’arrêt de la Cour Suprême cependant, les inscriptions reprennent de plus belle. Ancien militaire et aujourd’hui coordinateur d’un des stages les plus exigeants, Bastian Beaufils se félicite de cet engouement :
      • « Les gens ont besoin de retisser un lien avec leur passé, à revenir à des rapports humains beaucoup plus sains, à mieux connaître une nature pour mieux la respecter. Je préfère insister sur le fait que ce ne sont pas des camps de vacances, c’est quelque chose de sérieux, et ce que nous enseignons ici aura son utilité parce que nous vivons dans un monde instable et où l’industrie effrénée est davantage une bombe à retardement qu’un progrès pour notre société. On se moque souvent du Thorval à ce propos, ou même dans moindre mesure du Lagac’hann mais le futur leur donnera raison. Ce ne sont pas des nations archaïques mais au contraire avant-gardistes, qui ont bien analysé le monde dans lequel nous vivons. »

        [right]- Bastian Beaufils
        Coordinateur de stage de survie[/right]

        [indent]500[/indent]
        [indent]500[/indent]
        [right]Léon Beaugendre[/right][/justify]
Sébaldie

Message par Sébaldie »

    • [justify][center][img]https://i.imgur.com/iB4oEW7.png[/img]
      5 juin 2037

      Providañs veut sceller en chanson un siècle de paix entre la Santogne et le Lagac’hann

      [img]https://i.imgur.com/w3CjI3M.png[/img]
      Trois santognais et deux lagarans forment ce groupe de metal celtique[/center]

      Pour comprendre les origines de Providañs, il faut remonter à l’année 2027 : alors inscrits à l’Université d’Oradour-sur-Méguès, cinq étudiants dont deux Lagarans bénéficiant d’un programme d’échanges universitaires, se lient d’amitié autour d’une passion commune, le paganisme celtique. Gardant des points d'encrage au désormais catholique Lagac’hann, il narre les vies trépidantes de Teutatès et autres dieux mythologiques. Le thème, récurrent dans le répertoire du groupe, est mis en musique par une symphonie de cornemuses et de flûtes, accompagnée en arrière-plan par les sonorités plus sauvages de la guitare et de la basse. Cantonné à la scène locale, le groupe atteint une notoriété nationale malgré lui après qu’un groupuscule traditionaliste eût réussi à interdire une représentation à Brunemonge, au nord-est de la Santogne. Dès lors, le groupe ne cesse de créer des tensions entre des fans de plus en plus nombreux, et des opposants de plus en plus radicaux, qui exposent les habituelles critiques de mauvaise foi adressées au heavy metal. Les réactions sont plus mitigées pour les figures de la musique celtique traditionnelle, entre l’hostilité des puristes et l’accueil bienveillant des avant-gardistes, qui estiment que ce mélange des genres a permis de promouvoir et remettre à l’honneur un genre musical destiné à l’oubli.

      Le groupe a remporté une compétition interne pour représenter la Santogne au prochain [url=https://simpolitique.net/viewtopic.php?p=343903#p343903]Concours Simpovision[/url] qui se tiendra à Donostia pour l’édition 2037. Ce choix ulcère les identitaires proches de la Ligue du Renouveau, qui considèrent que le groupe n’a absolument rien de santognais. « La Santogne sera représenté par un groupe étranger. » a déclaré le député LdR Timothé Bacque, en amorce d’un long plaidoyer en faveur de la musique de langue d’oïl. Providañs entend ces critiques, mais refuse de se plier aux desiderata de députés xénophobes. « Ce serait avant un acte de trahison envers nos fans. » analyse un gallique très accentué Enora Le Gonidec, seule membre féminine du groupe. Interrogé par notre rédaction, le groupe argue que leur initiative est motivée par la paix : « Il y a exactement un siècle, la Santogne et le Lagac’hann se sont affrontés lors de la [url=https://simpolitique.net/viewtopic.php?f=1240&t=17064]Guerre pour l’Argentône[/url], un conflit particulièrement meutrier. » se justifie Norbert Caraguel, l’un des guitaristes du groupe. La participation de Providañs vise ainsi à sceller, en musique, une paix entre les deux Etats qui sera fêtera ses cent ans l’année prochaine.


      [right]Chantal Caraveu[/right]

      [hr][/hr]

      [center][img]https://i.imgur.com/QqBwGBR.png[/img]

      Avec la FIG, le gouvernement populiste veut se réconcilier avec le monde intellectuel[/center]

      La création de la [url=https://simpolitique.net/viewtopic.php?f=1317&t=16996]Fondation Internationale pour la Gallophonie[/url] n’était pas dénuée d’arrière-pensées politiques pour la coalition gouvernementale scellée entre l’Alliance du pouvoir populaire et la Ligue du Renouveau. Les deux mouvements disent partager le même intérêt pour la promotion de la langue gallique au niveau mondial, quitte à dénigrer pour ce faire les cultures étrangères. La [url=https://simpolitique.net/viewtopic.php?f=1055&p=343963#p343963]presse eashe[/url] s’en est fait l’écho, rappelant entre autres les propos particulièrement durs des parlementaires de l’actuelle majorité contre le cinéma du géant hindou et les [url=https://simpolitique.net/viewtopic.php?p=341371#p341371]artefacts religieux[/url] de mauvaise qualité mis en vente par les boutiques catholiques. Ces tensions atteignent leur paroxysme à l’aune d’une réforme électorale visant à réduire la représentation parlementaire des Santognais installés à l’étranger. Martial Vallotton, l’actuel Vice-Premier ministre avait eu ce mot malheureux, en qualifiant les expatriés santognais « d’exilés fiscaux qui ne s’assument pas ». La Fondation Internationale pour la Gallophonie est donc vue, par le gouvernement, comme une manière de se réconcilier avec sa diaspora.

      Mais au-delà de ça, il souhaite se réconcilier avec le monde intellectuel, qui a été la cible de beaucoup de critiques lors de la campagne électorale de 2035. On ne compte plus les déclarations assassines de l’Alliance du pouvoir populaire et de la Ligue du Renouveau contre la « caste médiatique » qui leur serait hostile ou contre les universitaires qui mettaient en garde contre la « menace populiste », ce à quoi les intéressés ont répondu que « ces intellectuels autoproclamés [faisaient] dans le mépris de classe du haut depuis leurs beaux salons de notables ». À leur arrivée au pouvoir, la coalition a, parmi ses premières mesures, sensiblement réduit les financements publics des chaires universitaires les plus « politiques », notamment en sciences politiques et sociales. L’économiste Lionel Courtial, auteur d’un ouvrage décrivant les dangereuses conséquences économiques de la politique de relance voulue par le gouvernement, a par exemple été victime de ces baisses de subventions. Se défendant de toute attaque politique, le gouvernement s’est contenté de justifier cette décision par des impératifs financiers. Deux ans après, le gouvernement fait marche arrière mais préfère allouer les crédits pour la recherche à l’ensemble de la gallophonie, afin de joindre l’utile et l’agréable : faire la paix avec sa diaspora tout en partageant la charge de cette dépense sur plusieurs pays.


      [right]Etienne Bossuet[/right][/justify]
Sébaldie

Message par Sébaldie »

    • [justify][center][img]https://i.imgur.com/oYuVMvi.png[/img]
      9 juin 2037

      50 ans après, qu’en est-il du scandale des orphelinats catholiques convertis en asiles ?

      [img]https://i.imgur.com/cZeHKDX.png[/img]
      Durant des décennies, des orphelins ont été déclarés comme arriérés mentaux pour des raisons budgétaires
      (Illustration : photo de l’orphelinat de Cauvière (nord-est de la Santogne) prise dans les années 1980)[/center]

      C’est l’un des plus grands scandales santognais et ce d’autant plus qu’il s’attaque frontalement à deux géants : l’Etat et l’Eglise. Bien qu’officiellement laïque, la Santogne continue de déléguer la charge des orphelins à l’institution catholique, moyennant de modestes subventions. Mais à une époque de sécularisation et face à la raréfaction de ses ressources, qui ont diminué de plus d’un tiers en un siècle, l’Eglise catholique de Santogne aurait mené de concert, entre les années 1960 et 1990 une opération d’enfumage, décrétant des orphelins sains d’esprit arriérés mentaux. Le but caché derrière cette manœuvre qui continue de couvrir de honte l’Eglise était de faire des orphelins santognais des citoyens de seconde zone pour réduire les dépenses financières. Marginal ailleurs dans le pays, le phénomène a particulièrement touché les orphelinats du nord-est, sous la bénédiction des évêques successifs. Décrétés arriérés mentaux, les orphelinats n’étaient plus considérés comme des enfants ayant droit, comme tout Santognais, à une instruction gratuite et obligatoire, mais comme des patients à soigner et à interner, trop arriérés pour pouvoir jouir de cette éducation.

      Malades, certains pensionnaires le sont devenus à cause de ce diagnostic arbitraire et politique. Effectivement, âgés de huit ans, aucun orphelin n’était capable de lire, écrire ou compter raisonnablement, non pas parce qu’ils souffraient d’une quelconque arriération mais parce qu’ils n’ont reçu aucune éducation. Arriérés, donc considérés comme potentiellement violents, les enfants de ces orphelinats-asiles furent régulièrement l’objet de sévices corporels, voire même sexuels. Le tout se déroule à huis clos, et quiconque parmi les anciens pensionnaires venaient à témoigner de ce qui s’est passé entre les quatre murs était immédiatement mis au ban et discrédité par son diagnostic médical. « On tente de discréditer l’Eglise avec la parole d’attardés mentaux, on marche sur la tête ! » s’exprime un député conservateur lorsque le sujet est pour la première fois évoqué au Parlement dans les années 2000. Parmi ces anciens orphelins, certains sont effectivement devenus fous tandis que d’autres se sont suicidés. Les restants ont dû faire reconnaître leur bonne santé mentale auprès d’organismes indépendants étrangers tandis que des documents d’archives diffusés bien plus tard – à partir des années 2010 seulement – révèlent la complicité de l’Etat. Le scandale est né et il est d’ampleur, même si les protagonistes ne sont plus très nombreux.

      Si effectivement des opérations ont fait fermer ces instituts honteux, la question de l’indemnisation des victimes, aujourd’hui âgés en moyenne de plus de soixante ans, est encore d’actualité. Cyniquement, l’Etat tente de jouer sur la montre, misant sur l’imminence de la mort pour un certain nombre de pensionnaires. L’Eglise, quant à elle, refuse de débattre du fond de l’affaire et argue pour sa défense que les faits sont maintenant prescrits. Autrement dit qu’il est trop tard pour les victimes pour porter plainte. Cette hypocrisie est largement dénoncée par les associations des victimes, qui demandent au législateur une dérogation sur ce délai de prescription. Mais le Parlement d’un pays en crise de la dette n’est pas très motivé à l’idée d’ouvrir une brèche pouvant indemniser des milliers de personnes. Ne voulant pas froisser l’Eglise, le gouvernement s’inscrit dans cette optique même s’il assure « vouloir faire la lumière sur ces graves évènements ».

      [right]Justin Cazal[/right][/justify]
Répondre

Retourner vers « Santogne »