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Posté : mer. mai 15, 2019 4:13 am
par Vladimir Ivanov
[center][img]https://i.imgur.com/OwtHcaO.jpg[/img]
Nassreddin[/center]

Nasreddin est un ouléma soufi, philosophe et voyageur médiéval turcique, natif de l'Estolie musulmane probablement au début du XIIIe siècle. Ce personnage est devenu mythique dans l'ensemble du monde musulman, par les nombreuses histoires et anecdotes, morales ou humoristiques, qui l'a dispensé aux populations au cours de son périple en Marquézie. Ces histoires ont dépassé les frontières spatiales et temporelles, ainsi que sa propre personne, pour marquer les générations arabes, turciques, syires et perses au cours des siècles, cela jusqu'à en être lui-même un sujet (il est soit conteur, soit à la fois conteur et acteur, soit sujet posthume de l'histoire). D'où la mystification du personnage et les zones d'ombre qui concernent sa vie et les histoires prodiguées.

Ces mini-contes, le plus souvent absurdes, sont différemment interprétables, mais révèlent en général un enseignement de principes moraux. A l'instar du cadre des productions d'Aristote dans la Poétique, elles se forment en trois actes. D'abord la présentation brève d'une situation initiale, généralement représentative de la vie quotidienne des populations auxquelles il (Nassreddin) ou bien elle (l'histoire posthume) s'adresse. Puis l'irruption d'un évènement perturbateur, tel que la confrontation de Nasreddin avec une autre personne, par exemple son épouse ou un villageois, ou bien avec lui-même, amenant à un déséquilibre. Enfin, la chute, généralement sous forme de résolution verbale prononcée par Nasreddin : parfois absurde, parfois ingénieuse, cette chute est toujours surprenante jusqu'à la sidération.
La trivialité du contexte renforce la pertinence de ses histoires, lesquelles s'adaptent au mode de vie des populations et à leurs préoccupations.

Reconnu et célébré dans maintes contrées de Marquézie jusqu'aux abords de la Janubie, de la Ventélie, de la Touranie, de la Natolique et de la Dytolie orientale, on lui a construit de nombreux cénotaphes et d'innombrables statues. On le représente le plus souvent sur dos d'âne, à l'envers.
Au Karmalistan, il est particulièrement apprécié et respecté comme philosophe, cela en raison de sa grande proximité avec le peuple, son caractère anti-élitiste. Son humilité et apparence bouffone dissimule en réalité une grande sagesse intérieure, tandis que l'absurdité des anecdotes délivrées n'ont d'égal que la richesse de l'enseignement qu'on en tire.

[center][img]https://i.imgur.com/srglDvp.png[/img]
Sa statue à Tchardjou, au Karmalistan.[/center]

Posté : jeu. mai 16, 2019 7:41 am
par Vladimir Ivanov
[center][img]https://i.imgur.com/sYbsTaF.jpg[/img]

Un jour un commerçant d’Aksehir vint trouver Nasreddin Hodja avec une lettre qui lui venait de Marquézie persane.
— « S’il te plaît, lis-moi cette lettre. »
Nasreddin Hoxha* prit la lettre, vit qu’elle était écrite en persan, et lui dit :
— « Cherche quelqu’un d’autre, je ne peux pas la lire. »
Le commerçant ne pouvait croire un instant que Nasreddin soit analphabète, lui dit :
— « Comment cela, tu ne peux pas la lire ! Il est impossible qu’un Hodja ne connaisse pas le persan ! N’as-tu pas honte de porter ce turban ? »
Alors Nasreddin retira son turban et le mit sur la tête du commerçant :
— « Si le miracle est dans le turban, tu peux la lire toi-même ! »
Et il s’en alla.


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On demanda à Nasreddin Hodja :
— « Qui est le plus puissant ? Le roi ou le paysan ? »
— « Le paysan. »
— « Pourquoi ? »
— « Parce que si le paysan n’existait pas, le roi mourrait de faim. »


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Un jour, l'épouse de Nasreddine dit à son mari :
- « La vie dans le village est devenue intolé­rable : la moitié des gens se rassasie en fruits sur des plateaux d'argent, pendant que l'autre moitié n'a pas de quoi manger.
Si toi, qui es respecté de tous, tu arrivais à les convaincre de partager leurs richesses, alors, tout le monde pourrait vivre heureux. »
- « Tu as absolument raison, femme, j'y vais de ce pas. »
Le Hoxha quitta sa maison et ne revint que le soir, complètement épuisé.
- « Alors ? l'interrogea sa femme. »
- « Alors, j'ai réussi à convaincre les pauvres ! »

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[*enseignant musulman, désignation de Nasreddin]

Posté : lun. mai 27, 2019 4:11 pm
par Vladimir Ivanov
[center]Jardins de Babur
BAGH-E BABUR (Karagol)
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[center][img]https://i.imgur.com/L8qGHLx.png[/img][/center]

Les jardins de Babur, "Bagh-e Babur" en dari (ou "Bog'i Bobur" en qarlouk), est le principal parc historique du centre de Karagol, la capitale du Karmalistan. Il s'agit d'une réalisation taragaïde de la branche des baburides, remontant au début du XVIe siècle.
D'une superficie de douze hectares il comprend quinze terrasses de différents niveaux. En son centre se trouve la tombe de Babur, illustre khan d'origine syiro-qarlouk qui régna sur la Transkormalie, la Ciskormalie, la Margiane, le Dahar et l'Ashurdabad. Depuis lors, c'est ici qu'on lui rend hommage.

Il a particulièrement souffert des guerres et pillages tout au long de l'Histoire de la capitale.

Aujourd'hui, les citadins s'y rendent pour se détendre, s'y ressourcer en promenades, pour y faire des piques-niques, mais aussi pour prier. On y trouve en effet, près du petit mausolée à Babur, un mirhab couvert, orienté vers la qibla (direction des Villes Saintes au Kars).
Quintessence des jardins islamiques, ce parc vert avec fontaines, particulièrement sécurisé (mais à l'accès gratuit), est un havre de paix où se recueille la population de cette grande ville victime de la misère, de la pollution et parfois, des conflits ethniques, tribaux ou actes de terrorisme.

[img]https://i.imgur.com/lby6uW7.png[/img]
Vue depuis un flanc de montagne proche

[img]https://i.imgur.com/A62WKVK.png[/img]
Fin d'automne

[img]https://i.imgur.com/2bKhXrL.png[/img]

Posté : lun. mai 27, 2019 6:45 pm
par Vladimir Ivanov
[center][img]https://i.imgur.com/4HABDqV.jpg[/img]

Un jour Nasreddin Hodja entendit des bruits suspects dans sa maison. Pensant à un voleur, il se cacha dans un placard.
Le voleur fouilla partout, sans trouver quelque chose digne d’être dérobé.
Au moment de partir, il alla quand même jeter un coup d’œil dans le placard. Quelle ne fut pas sa surprise d’y voir Nasreddin !
— « Mais que fais-tu là dedans ? »
— « Je me suis caché parce que j’avais honte, répondit Nasreddin. Chez moi, il n’y a rien qui soit digne d’être volé. »


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— « Félicite-moi, ami, s’exclama Nasreddin Hodja. Je suis père. »
— « Félicitations, lui dit-il donc. Est-ce une fille ou un garçon ? »
— « Oui, répondit Nasreddin. Mais comment le sais-tu ? »


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Nasreddin Hodja avait deux femmes. Il donna, séparément et dans le plus grand secret, une perle bleue à chacune, en lui recommandant de ne rien dire à l’autre.
Un jour, elles lui demandèrent laquelle était sa préférée.
Alors Hodja répondit :
— « Ma préférée est celle qui possède la perle bleue. »


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Nasreddin Hodja portait une caisse remplies d’objets en verre. Soudain, il trébucha et la caisse tomba à terre. Tout était là, cassé, au milieu de la chaussée. Attirés par le bruit, les badauds accoururent.
Agacé, Nasreddin s’écria :
— « Que regardez-vous ? Vous n’aviez encore jamais vu un imbécile ? »
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Posté : lun. mai 27, 2019 9:19 pm
par Vladimir Ivanov
[center]MARIAGE AU KARMALISTAN : CAS DES TOJIKS
traditions matrimoniales chez la principale ethnie du Karmalistan


[img]https://i.imgur.com/wa99VJa.png[/img]
Mariage dans la localité d'Amir Barqul, en Transkormalie du Sud.[/center]

Un mariage se déroule en cinq étapes.

1- Joura domod

L'homme vient dans la maison de sa future mariée pour y déjeuner ensemble avec tous les témoins amis. Ceux-ci récupèrent les objets et mobiliers de la pièce pour les restituer ensuite au futur couple.

Du côté de la famille et des amis du marié tout comme du coté de la mariée et de ses proches, ils font passer un plateau où chacun est invité à donner un peu d'argent pour "acheter symboliquement" le conjoint par la conjointe et inversement.

2- Aqdi Nikoh

Signature des registres à la mairie.
La mariée est vêtue d'une longue robe blanche à capuche, et couverte d'un voile blanc transparent au visage.

3- Nikah

Mariage religieux, avec lecture du Coran par le, ou les imams.
Lors de mariages arrangés (décision des familles), qui subsistent malgré les campagnes du gouvernement cherchant à faire disparaître la pratique, la croyance veut que le sentiment amoureux naisse des deux côtés lors du Nikah.

Puis la mariée rejoint le marié et sa famille.

4- Keylin Salom

Trois jours plus tard, la mariée revient seule vers sa famille pour une nouvelle fête, confirmant d'une certaine façon que tout va bien pour elle.

5- Domod Talabon

Le mari est à son tour invité dans la famille de son épouse pour un repas.

Naturellement, tout le long de ces étapes, on chante, on danse, on mange.

En déclin, le vieux système des talok est encore de vigueur parmi certains des milieux les plus conservateurs (en particulier dans la région de Pradishar, où il demeure la norme, tout comme les mariages arrangés) : celui-ci consiste en l'attribution de points de comportement (les "talok") par le mari à l'épouse : à partir de trois "mauvais comportements" de la part de l'épouse, l'époux peut réclamer l'annulation du mariage. Un système qui met la pression sur la mariée, dont l'attitude doit être irréprochable.
Si la libération sociale de la femme, entreprise par elle-même via diverses associations, sous l'influence des idéaux communistes en progression souterraine latente, et prônée par la reine Mamta et le parti au pouvoir, est une réalité, elle demeure limitée à la Kormalie centrale et du Nord-Est. L'Ala-Tau et le Pradishar, zones à peuplement tojik très majoritaire, demeurent strictement patriarcaux.

Le mariage est donc impacté par ces phénomènes, sans en renier pour autant les nombreuses traditions qui parfois s'adaptent au nouveau contexte social en renversant les symboliques ou bien en folklorisant les anciennes exigences religieuses ou coutumes féodales.

Posté : lun. juin 03, 2019 7:41 pm
par Vladimir Ivanov
[center]Bazar de Tarobaïn
Bāzār-e Tarobaïn
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[center][img]https://i.imgur.com/DUIdttU.png[/img][/center]

Tarobaïn est la capitale de la province d'Ortosundagol au centre de la Ciskormalie, au Sud du Karmalistan continental. Il s'agit d'une ville à dominante iranienne, de peuplement tojik.
Avec Khorramshahr, autre grande cité tojike de Ciskormalie, la ville est célèbre pour sa tapisserie reconnue dans le monde entier. Ces superbes pièces, produits de l'artisanat textile millénaire tojike, sont notamment exposées et vendues (y compris celles de Khorramhahr) au grand bazar de Tarobaïn.
C'est ce bazar qui, architecturalement, fait la réputation de la "ville entre les deux rivières". S'étendant sur 75 hectares, il est l'un des plus vastes marchés couverts du monde ; mais aussi l'un des plus anciens (remontant au IXe siècle), bien qu'entièrement rénové au XVIIIe siècle. Conformément à la position stratégique de la ville, il joue en effet le rôle de nœud commercial majeur entre le Raj Dahar et la Transkormalie ; entre le monde para-janubien et para-touranien.

Autre ville-relais des Routes de la Soie, on échangeait depuis des siècles au marché de Tarobaïn, tissus en tout genre dont les célèbres tapis, armes et carreaux, outils en cuivre, cuir de maroquinerie, savon, épices multicolores, fleurs séchées pour infusions, fruits secs...

Le bazar couvert de Tarobaïn est formé d'une multitude de "rues couvertes" sorte de grands couloirs nommés "rasteh", parfois parallèles, parfois perpendiculaires (intersections donnant lieu à des carrefours, les chaharsu), avec magasins de chaque côté du passage et souvent reliés entre eux par des très étroits couloirs de raccourcis (reliant au passage les pièces intérieures), nommés "dalan".
En toute logique, dans les magasins, les rez-de-chaussées sont les commerces en tant que tels, tandis que leurs étages supérieurs servent de zones de stockage et de bureaux.

En tant que tel, le site ne comprend pas que des marchés : on y trouve :
_ des caravansérails (ou plus simplement "sérails", avec la substitution des caravanes par les camions) pour recueillir l'approvisionnement extérieur en marchandises, également site de rencontre entre grossistes vendeurs et détaillants re-vendeurs,
_ les fameux timchehs, ayant pour fonction principale celle de l'entrepôt, pour stockage de produits précieux, ainsi préservé du vent, du soleil et de la pluie,
_ des auberges,
_ des ateliers (hojreh),
_ des mosquées.

[img]https://i.imgur.com/A0t7R4f.png[/img]
L'aspect architectural si caractéristique des couloirs couverts du bazar de Tarobaïn date du XVIIIe siècle.

[img]https://i.imgur.com/51OWfuo.png[/img]
Un timsheh pour stockage de la tapisserie.

[img]https://i.imgur.com/il6PXxq.png[/img]
Un rasteh parmi tant d'autres : des vitres sur la toiture laisse passer les rayons du soleil, mettant en valeur les briques rouges des murs et les dalles décorées du sol.

Posté : ven. juin 07, 2019 4:03 am
par Vladimir Ivanov
[center][img]https://i.imgur.com/6D5Oc5r.jpg[/img]

Un jour Nasreddin Hodja rencontra un voisin qui lui dit :
— « Hier soir, j’ai entendu des voix qui venaient de chez toi, puis des cris et enfin une chute. »
Voulant couper court à cette conversation, Nasreddin expliqua :
— « J’ai eu une petite prise de bec avec ma femme. »
De rage elle a pris mon manteau et l’a jeté dans les escaliers.
— « Mais, Hodja, est-il possible qu’un manteau fasse un tel bruit ? »
Acculé à la vérité, Nasreddin se résolut à avouer :
— « J’étais dans le manteau. »


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Nasreddin Hodja était alors Kadi à Aksehir. Un homme vint se plaindre de quelqu’un. Après l’avoir écouté, Nasreddin dit :
— « Tu as raison. »
L’autre arriva ensuite, qui lui raconta son histoire à sa façon, et demanda :
— « N’ai-je pas raison ? »
— « Si, toi aussi tu as raison. »
Sa femme qui avait tout entendu lui reprocha :
— « Quelle est cette justice ? Un Kadi qui donne raison à l’un et à l’autre ? »
Après avoir réfléchi un instant, Nasreddin répondit :
— « Femme, toi aussi tu as raison ! »


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A quelqu’un qui lui demandait :
— « Hodja, jusqu’à quand les hommes continueront à naître et à mourir ? »
Nasreddin répondit :
— « Jusqu’à ce que le paradis et l’enfer soient remplis. »


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Nasreddin Hodja avait enfourché son âne à l’envers. Les fidèles qui le suivaient lui en demandèrent la raison.
— « Je ne pouvais faire autrement. Si je monte normalement, je vous tourne le dos, et cela ne se fait pas. Si vous marchez devant moi, c’est vous qui me tournez le dos, et c’est incorrect. C’est pourquoi j’ai choisi de me tenir ainsi : je suis toujours devant, mais sans vous tourner le dos. »


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Un jour Nasreddin Hodja fut invité à un repas de noce. Il s’y rendit habillé normalement, mais personne ne fit attention à lui. Vexé, il retourna chez lui, mit une belle fourrure et rentra à nouveau dans la salle. Cette fois on le traita avec grands égards, on le fit asseoir à la table principale et on le servit copieusement. Nasreddin prit alors un pan de sa fourrure, le mit dans son assiette et dit :
— « Mange, ma fourrure, mange. »
Les convives furent intrigués :
— « Mais, Hodja, que fais-tu ? »
— « Puisque tous les égards sont dus à ma fourrure, il semble juste qu’elle aussi participe au festin. »
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Posté : ven. juin 07, 2019 10:37 pm
par Vladimir Ivanov
[center]Musiques modernes typiques (exemples)[/center]

"Örleou", du groupe Hassak

https://youtu.be/3BvjLv5CIOI

Commentaires : Le chanteur se consacre exclusivement au khöömei, cette voix très particulière utilisant la gorge et la cloison nasale, appelée "chant diphonique".
Tous les instruments de musique utilisés sont traditionnels : le sybyzgy (flûte syire) pour les instruments à vent, le dombra (luth touranien) et le kobyz ou kylkobyz (sorte de violon traditionnel typique) pour les instruments à cordes, l'asatayak (sceptre) avec son dangyra (tambourin), auxquels s'ajoute le daouylpaz (autre tambourin plus petit) pour les percussions, et même des shankobyz (guimbardes syires).

"Kazagym-aï" du groupe Gurandas

https://youtu.be/_FlBCJbb2oo

Commentaires : Steppes sur haut-plateaux ceinturées de montagnes, aigles des steppes, chevaux... les symboles naturels du Karmalistan ne manquent pas. Le clip commence sous le son (et la vue) d'un kylkobyz, le violon traditionnel syiro-qarlouk. On y entend également, en plus des instruments plus modernes, les pittoresques guimbardes "shankobyz". Il se termine enfin avec un instrument à vent, le sybyzgy (flûte syire).
La culture guerrière très présente dans l'histoire karmale, est donc centrale dans le clip, avec sabres à lame courbée (cimeterres), ainsi que l'arc réflexe et sa forme en 3 caractéristique.
Les femmes guerrières qui constituent le groupe de chanteuse, rappellent les amazones sarmatares, elles aussi constitutives de l'histoire antique du pays. On y montre aussi un pishtak à iwan, symbole par excellence de l'architecture karmale.
Un passage montrant des femmes voilées, musulmanes, buvant le Koumis, lait fermenté de jument, dans une yourte, sont une autre représentation de ce syncrétisme entre culture nomade ancestrale et apport religieux.

"Syir kyzdary!" du groupe Ak sedep

https://youtu.be/AYrrW5ByzhQ

Commentaires : Le titre signifie "les filles des Syirs".

Posté : ven. juin 07, 2019 11:34 pm
par Vladimir Ivanov
[center]Lac Iskanderkul
Iskandarkul


[img]https://i.imgur.com/5EVFMjI.png[/img][/center]

Le lac d'Iskanderkul est un lac d'altitude, creusant un haut-plateau de la chaîne du Kormal, situé à 2 195 mètres au-dessus du niveau de la mer. Situé au cœur du pays, à quelques dizaines de kilomètres en contrebas du Qullaï Kormal, à l'Est, non-loin de Tshirshik.
Sa superficie est de 3,4 km² et sa profondeur maximale est de 72 mètres.
De type glaciaire, il est formé de moraine, débris rocheux érodé et transporté par un glacier (ou "till"). Alimenté par d'innombrables ruisseaux issus des glaciers de Hautes Montagnes, ainsi qu'une rivière (Saritag), le lac débouche à l'autre extrémité sur une autre rivière, l'Iskander-daria, qui se jette à son tour sur le Kara-gol (la rivière de la capitale), non sans quelques perturbations tels que de nombreux torrents ainsi qu'une immense chute, haute de 43 mètres, à proximité immédiate du lac.

Cuvette rocheuse au milieu de hauts-sommets à neiges éternelles, son eau douce très pure, d'un bleu clair étincelant, est comme le miroir du ciel ; ses murmures font écho au chant des oiseaux.
De nombreuses légendes lui sont rattachées.

[img]https://i.imgur.com/bTTSa8t.png[/img]

[img]https://i.imgur.com/IhHDDYj.png[/img]

[img]https://i.imgur.com/PdOCI0n.png[/img]

[img]https://i.imgur.com/vSDV2yl.png[/img]

[img]https://i.imgur.com/tHotxDW.png[/img]

Posté : jeu. juin 13, 2019 12:03 pm
par Vladimir Ivanov
[center]Aksu Jabagyly
Aksu Jabagyly


[img]https://i.imgur.com/Ru3v7hc.png[/img][/center]

L'Aksou Jabagly est une réserve naturelle située à l'extrême-Nord du pays, à la pointe la plus occidentale de la circonscription de Talas, en Orkodyriane. Sa superficie est d'environ 2000 km² et comprend surtout des prairies de montagnes, parsemées de nombreux petits cours d'eau et cascades ; ainsi qu'un paysage steppique. L'altitude varie de de 1 100 à 4 300 m.
Malgré la pauvreté des sols spécifique aux régions montagneuses, la végétation y est luxuriante : on y compte pas moins de 1700 espèces de plantes, avec notamment des saules, des bouleaux, des genévriers, des tulipes sauvages et surtout le célèbre Malus sieversii, pommier caractéristique de la région, berceau du fruit ("alma" en langue qarlouk) le plus célèbre de l'Histoire. Mais également "l'oignon" allium karataviense, en réalité un ail ornemental, très apprécié pour ses feuilles violacées ou vert-bleutées, et plus encore pour son inflorescence caractéristique, le bulbe développant une parfaite boule de fleurs en forme d’étoile à 6 branches, de couleur rose nacré à blanchâtre.

[center][img]https://i.imgur.com/Hnp6Nus.jpg[/img]
Allium karataviense[/center]

La faune n'y est pas moins riche : y vivent des cerfs élaphes, perdrix, lièvres, renards, marmottes, ibex /bouquetin, mouflons, chamois, chevreuils, ours, lynx, loups, chats sauvages, serpents, varans, mais aussi des onces, ou "panthères de neiges". Plus de 200 espèces d'oiseaux, dont le fameux gypaète barbu, ainsi que d'autres vautours, aigles et faucons, ainsi que le hibou grand-duc.

Photos :

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[img]https://i.imgur.com/U8fIeuv.png[/img]