Posté : mar. nov. 04, 2014 7:19 pm
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12 Juillet 2025
[center]INTERVIEW DE BASEK MARKESON[/center]
Bonjour à vous. Nous souhaitons que vous commencer par vous présenter. Par présenter votre parcours politiques ; il faut savoir qu'une majorité des Danubois ne vous connaissent que de nom et n'ont pas une culture sur l'histoire contemporaine Tarnoise assez vaste pour re-contextualiser les événements actuelles.
Je vous remercie déjà pour m'avoir permis de faire cet interview. Je pense que c'est une chose importante de permettre un certain dialogue interculturel, surtout en vue des actualités plutôt houleuses entre nos deux pays. Donc mon nom est Basek Markeson mais on a plutôt coutume de abrévier mon prénom en Bas. Ceci car le suffixe -ek a plutôt une mauvaise connotation. Mais je ne veux pas vous faire subir les horreurs de la langue tarnoise.
Je suis né le 11 septembre 1989 donc durant la fin de la guerre froide et aussi dans la dernière partie de l'Empire tarnois. C'était une époque bien plus rude que celle que nous vivons aujourd'hui au contraire ce que l'actualité pourrait nous suggérer. A l'époque, l'Empire tarnois ressemblait beaucoup au Khalidan actuel. Il y avait des lois très anciennes voir même rétrogrades sur certains aspects. Mais au contraire de ce dernier pays, l'Empire souffrait d'une profonde crise politique, économique et culturelle. Des que j'ai eu vingt ans, j'ai fait alors ce que faisaient beaucoup à l'époque : rejoindre l'armée. C'était la seule institution ou il y avait vraiment des perspectives d'avenir. Aussi, des que quelqu'un avait des idées progressistes, il avait intérêt d'être un soldat. La loi martiale était bien plus avantageux au dissident intellectuel que la loi civile de cette époque. Quand la Révolution suniste a éclatée en 2016, j'ai pris le partie de Gorun Sun et la Fédération. Ceci m'a permis de survivre sur le plan professionnel durant cette période. Le nouveau régime a prit soin d'éliminer de l'Armée toute personne suspectée d'avoir de la nostalgie envers l'Empire. J'en ait pu passer entre les gouttes. Après la mort de Gorun Sun et la prise de pouvoir de Blackwood, j'ai participé à la Guerre du Vicaskaran en faisant campagne en Nueva Esperanza et au Zorokon. Néanmoins la défaite et la Paix de Hellington forçait le gouvernement de la Fédération a démobilisée une grande partie de l'Armée fédérale. J'ai donc été remercié et j'ai prit un emploi comme garde de corps à Borisk. C'était une sale époque surtout car l'OTH avait établit un embargo contre la Fédération. La crise économique n'a pas attendu et les gens, surtout les riches, commençaient à avoir peur pour leur vie. C'était donc une bonne période pour offrir des services de protection. Quand la Fédération tombe en 2020 et eprmet le retour de la monarchie, j'ai été forcé de quitter le pays vu que la police royale en a eut un intérêt plus que soutenu pour ma personne. C'est qu'avec la crise mondiale de 2023, la guerre aux USP et le chaos qui a suivi que j'ai pu revenir. Vaelak et moi on a alors organiser avec d'autres anciens officiers un coup d'état le 18 juin 2023 contre le roi à fin de permettre de restaurer la République. Le mot coup d'état est un grand mot. La situation était tellement chaotique, qu'on a surtout permis de restaurer l'ordre avec le soutien de l'Armée fédérale et des anciens soldats démobilisés. A partir de là, j'ai pris la présidence de la Fédération. Ces dix derniers années ont été une époque tumultueuse pour tous les Tarnos.
La triste réalité est que le fait que je sois aujourd'hui président est surtout dû à la guerre mondiale et le chaos qui a suivi. Je n'ai donc aucun vrai mérite d'être là ou je suis aujourd'hui. J'ai été au bon moment au bon endroit. C'est très certainement quelque chose avec quoi on peut que mal construire une hagiographie, je vous l'avoue sans aucune hésitation. Mais ça m'arrange largement. Je n'ai nulle intention de devenir un objet de culte comme l'a permis Gorun Sun.
Pour vous, que représente l'Union du Vicaskaran ? Que doit-elle représenter ? Pourquoi y avoir adhérer ?
L'Union du Vicaskaran c'est un ensemble de vision. Certains rêvent de la démocratie mondiale, d'autres d'une défense et d'un marché commun. Pour ma part je désire que l'Union soit un facteur de stabilité et de paix pour les peuples du Vicaskaran. Nous en avons besoin. Que ceci passe par des projets économiques, militaires ou culturelles n'a que peu d'importance. Ce qu'il faut, c'est construire un espace commun de tranquillité. Après, que doit-elle représenter ? Bonne question. A mon avis, elle doit plus agir que représenter. Il ne faut pas tomber dans le piège de vouloir la voir incarner des valeurs. Ca ne marche jamais. Les actes démasquent les plus beaux principes. Elle doit agir pour le bien du continent. Voila ce qu'elle doit faire. La représentation viendra de toute seule et si elle représente rien sur le plan idéologique, tant mieux, pourvu qu'elle fasse son travail sur le terrain et améliore le quotidien de chaque habitant de ce continent. La raison de l'adhésion sont difficiles à expliquer. Il fallait avoir une union pour servir d'instrument à une paix et prospérité continentale. Ceci demandait de devoir accepter des compromis des fois poussés trop loin. Le cas des élections montrent qu'on a trop voulu laisser imposer un ensemble d'idées politiques au détriment du bon sens. Je n'ai rien contre les idées politiques mais dans un processus de construction, elles doivent venir dans un deuxième temps, pas avant. Le Danube a bien négocié, peut être trop bien sur le moment. Jusqu'à certains point, on peut dire que le Danube est aujourd'hui victime de ses succès très larges durant la négociation du traité de l'Union. A mes yeux, le devoir principal de la Fédération était d'aider à donner naissance à l'Union. Si nous faisons partie de l'aventure pour la suite, est encore une question ouverte. Nous soutiendrons toujours l'Union mais peut être différemment demain que nous le faisons aujourd'hui.
Que pensez vous du continentalisme ? Du fait de vouloir d'une manière ou d'une autre rapprocher les états ou les peuples du continent ?
Le continentalisme est une bonne idée s'il est basé sur des aspirations réelles de rapprochement. On peut rapprocher des peuples mais les continents sont aussi des espaces de diversité. On ne peut pas prendre une carte et supposer que tout continent, doit être uni dans une organisation continentale. Nous avons au Vicaskaran au moins trois grandes cultures, voir plus si on compte plus largement. Nous avons des façons très différentes de faire de la politique et organiser nos économies. Si un continentalisme existe, alors il doit accepter de devoir être plus souple, mutable et ouvert que le fut l'Union de l'Alméra en son temps. Mais le but en soit est louable. Après tout dépend comment on veut le promouvoir.
Pour rentrer dans un pan plus précis de l'U.V. Etes vous défavorables aux Vicaskarannaises ?
Si non, seriez vous prêt à voir vos élections garantie par l'assemblée des nations ?
Si oui, pourquoi avoir signer le traité institutionnel ?
Je pense que l'idée d'élections n'est pas mauvaise mais déplacée pour le Conseil économique. Nous parlons d'un organe sensé s'occuper de questions techniques. Pourquoi vouloir donner à des représentants cette mission ? N'aurait-on pas mieux fait de créer une assemblée pour le conseil ethique ? Là, des débats philosophiques et moraux auraient du sens. Là, la diversité politique serait une vraie richesse. Je crains que le gouvernement du Danube a tellement voulu imposer la démocratie dans l'Union, qu'il a sauté sur la première occasion. On a voulu faire la démocratie pour la démocratie en elle-même et non car elle correspondait à des besoins techniques réels. C'est à mon avis, le grand défaut. Pour les élections, il faudra voir si elles seront organisés. A mon avis, la Fédération n'est pas prête pour l’exercice démocratique. Il faudra encore du temps avant de pouvoir se permettre une telle forme de gouverne. Pas tous les peuples sont prêts à la démocratie. C'est quelque chose qui se construit très lentement et qui se prépare. La dernière fois que nous avons eu des élections démocratiques, elles ont porté au pouvoir un homme très charismatique mais complètement fou. Voulons-nous répéter cet expérience? Non. Il faut préparer le terrain. Le Danube prête aux autres peuples des vertus qu'ils n'ont pas encore. Il pêche par optimisme. Le traité institutionnel a été signé car il n'y avait pas de choix. Le Danube a imposé la démocratie et ne voulait pas y revenir. C'était la seule façon de permettre à l'Union de naître. Il est préférable de devoir avoir une crise a-posteriori que de compromettre la naissance d'une telle organisation. Une naissance avortée, reste avortée mais les crises peuvent être résolues avec un peu de bonne volonté.
Que pensez vous de l'idée générale de voir votre peuple choisir ses dirigeants ?
Pourquoi préférez vous votre régime politique actuel ?
Quand je suis arrivé à la présidence, la majeure partie de la production électrique était en arrêt, deux-tiers des entreprises en faillites et il n'y avait plus d'essence pour les voitures civiles. Je suis donc monté au pouvoir quand le chaos était omniprésent. Ce n'est donc pas une question de préférer le régime politique actuel. C'est que c'est un régime qui s'est établi quand tout allait mal et qui désormais tend de réparer dix ans d'errements. Pensez-vous vraiment qu'une assemblée d'élus auraient pris les décisions draconiennes que nous avons dû prendre ? Non. Le peuple peut choisir ses dirigeants quand tout va bien mais pas quand le chaos est omniprésent et que trois mille ans de civilisations sont compromis, il faut opter pour des formes de gouverne radicale. La dictature est une forme de gouvernement comme une autre. Et elle est particulièrement efficace en temps de crise. Même vos démocraties, quand il y a des guerres, acceptent de doter leurs gouvernements de pouvoirs similaire à celui d'un dictateur. Pourquoi ? Car instinctivement vous savez que quand la maison brûle, ce n'est pas le temps de faire du formalisme avec les pompiers.
Et généralement parlant, la démocratie ne vaut pas plus qu'un régime autoritaire. La seule différence est que vous considérez que seul un gouvernement élu par le peuple est légitime. C'est un système qui fait le jeu des politiciens les plus charismatiques et qui savent le mieux promettre. Ce n'est pas un système qui permet aux plus aptes d'arriver au pouvoir. Croire le contraire, c'est de finir aveuglé par vos propres croyances. D'une certaine sorte, vous considérez le charisme comme une condition pour exercer le pouvoir. Nous, nous pensons que c'est la force individuelle qui doit prévaloir. La légitimité vient des aptitudes du dirigeant à se montrer fort et à faire avancer le pays.
Chaque système à ses forces et faiblesses mais aucun vaut plus que l'autre. Ce sont des choix historiques faits en des temps et espaces précis. Il n'y a pas de bon ou mauvais régime mais des régimes qui arrivent à résoudre les problèmes et faire avancer leur peuple et ceux qui ne sont pas à la hauteur de cette tâche. La démocratie fonctionne au Danube. Tant mieux. L'autoritarisme marche dans la Fédération ? Encore une fois, tant mieux.
Si vous avez une critique à faire vis à vis de l’exécutif Danubois, ce serait quoi ?
Je respecte le président de votre pays et je le considère comme un homologue respectable. Je pourrais au plus dire que sur certains dossiers, des choix peu judicieux ont été pris mais ceci arrive à chacun.
Si vous avez une critique à faire cette fois ci sur le Danube en général, et l'image que vous vous en représentez, que serait-elle ?
Je pense que le Danube croit trop que son modèle de vie peut être exporté partout dans le monde. C'est une erreur que commettent presque tous les peuples à un moment de leur histoire. Après, peut-on en vouloir les gens du Danube d'être fier de leur système politique et économique ? Certainement pas. Mais d'un autre côté, on constate que c'est un pays avec une grande richesse intellectuelle qui peut que provoquer admiration. Surtout le fait que l'extrême-gauche soit si bien implantée est un signe d'une belle diversité idéologique.
Militairement parlant, vous semblez favorable à une protection de l'ensemble du continent, quelque soit le types de régimes du pays en question. Voulez vous nous confirmer ou infirmer cette affirmation et si celle ci se révèle exacte, pouvez-vous développer ?
Je suis de l'avis que la défense de chaque pays passe par la défense de tous les nations de notre continent. Donc je confirme cette affirmation. Nous ne pouvons pas permettre qu'un pays subisse le sort de l'invasion. Si nous le faisons, nous compromettons la sécurité de tous car ce pays occupé servira d'avant-poste à la puissance étrangère sur nos terres. Nous avons vu ce qui arrive quand es pays étrangers comme le Wapong s'installent dans des pays comme la Nueva Esperanza. Nous connaissons aussi tous les risques que nous avons couru aux moments les plus agités avec le Makiran oriental en terme de sécurité régionale. Ce n'est donc pas un simple slogan mais une nécessité géopolitique. Le continent est à voir comme une île, une île sur laquelle nous ne devons pas tolérer des avant-postes extra-continentaux. Par ceci nous ne protégeons non seulement la liberté de notre voisin mais surtout la notre.
Pour sortir un peu du carde de la polémique sur l'U.V. , j'en profite pour vous poser d'autres questions :
Gerardo Tumien est une figure Esmarkienne peut populaire en Danube qui a récemment affirmé dans le National vous avoir rencontré. Est-ce exacte ? Si oui, dans quel circonstance ? De quoi avez vous conversé ?
C'est tout à fait vrai et j'en suis l'auteur du crime. J'ai invité Monsieur Tumien à un dîner à la résidence présidentielle. Le but était de discuter ensemble sur tout et rien. Mais plus concrètement, nous avons abordé la question des minorités indiennes et leur avenir sur notre continent. Il m'a permis d'apercevoir une problématique que j'avais jusqu'à là négligé. Monsieur Tumien est un homme tumultueux et qui divise les opinions mais je pense que son avis ne vaut pas moins d'être écouté. Il défend avec une certaine violence une cause trop longtemps négligée et qui doit devenir un enjeu majeur de la politique continentale. Peut être pas au niveau qu'il le désire mais faire apparaître la question des minorités indiennes sur nos agendas, serait un bon début. Ses actions sont que la suite d'un long processus de conflits culturels entre d'une part les peuples anciens et les peuples venus d'outre-mer il y a quelques siècles. Pour assurer une cohabitation harmonieuse, il faut prendre au sérieux ces anciens conflits et les problèmes des inégalités. Donc sur le fond, il a entièrement raison. Après, on peut modérer la forme mais ceci n'est pas son devoir mais le notre. Peut être qu'une rencontre entre le Président du Danube et moi pourrait être l'occasion de parler plus amplement sur le problème de la situation précaire des populations indiennes. Voir même, on pourrait en envisager de discuter au niveau de l'Union du Vicaskaran.
Lorsque l'on parle de vous à Danube, c'est très généralement pour vous critiquer. Néanmoins, pour détendre l’atmosphère ou à des fin parodiques, beaucoup de Danubois commentent votre coupe de cheveux. Il est vrai que malgré votre réputation de dictateur, votre charme physique fait contre-sens à votre image politique. Vous pouvez ne pas répondre mais nous en profitons pour vous poser une question qui sort quelque peu du contexte politique : Utilisez vous un gel cheveux ?
Je dois avouer de ne pas m'être attendu à ce que mes cheveux en provoquent une telle fascination au niveau national. Mais c'est je pense à prendre avec de l'humour et c'est peut être même bien de rire de ces choses alors que la situation diplomatique est tendue. C'est encore une force de votre pays de savoir rire même durant les moments les plus compliqués. Et pour répondre à cette question, je pense que je ne devrais pas vous cacher la vérité, mon arme secrète consiste surtout dans un bon peigne. Je n'ai jamais été un amateur du gel cheveux. Mais peut être que je devrais me lancer dans la publicité de gel cheveux le jour ou je serais plus président. Apparemment j'arrive à attirer l'attention des gens sur ce sujet.
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Vous nous dite que la démocratie n'est possible qu'en temps organisé et pacifié ; ce qui est probablement vrai quand nous constatons, comme vous l'avez précisé, que même la constitution Danuboise prévoit les pleins pouvoirs en cas de situation majeur. Cependant, votre pays est sortie du chaos et de la guerre.
Beaucoup de Danubois penserons que la concentration des pouvoirs tel que vous le prôner est justement un facteur d'abus évident. Si l'ancienne démocratie Tarnoise a permit à un fou de faire du pouvoir une folie, c'est très probablement que cette démocratie confondait les pouvoirs.
Sans vouloir douter de votre bonne fois vis à vis de votre peuple, un jour vous ne serez plus à la tête de l'aquanox. Partant de ces constats, ferez-vous alors une constitution qui prône la séparation des pouvoirs, qui donnera aux citoyens des droits inaliénables qu'aucun politique ne pourront attaquer et, dans une certaines mesures, un système qui prend en compte les aspirations populaires ?
J'essaie surtout de dire que la démocratie ne peut pas être instaurée en tout lieu et en tout temps. Il y a des moments et des régions, ou une telle forme de gouverne n'est pas adapté. Rousseau le disait lui-même dans son chef d’œuvre « le contrat social ». Chaque peuple a un autre régime en fonction de son environnement. Vous ne pouvez pas gouverner de la même façon un peuple de trois cent millions d'habitants qu'un de trois cent mille. Ce n'est pas la même chose d'avoir un pays insulaire qu'un situé au cœur d'un continent. Le fait d'avoir des voisins agressifs et bellicistes n'est pas la même chose que d'en avoir des voisins fiables et pacifiques. Tout ceci fait qu'un régime politique sera davantage adapté qu'un autre. Que le Danube est démocratique est conditionné par des dizaines de facteurs. L'histoire, la géographie, la culture, les voisins, son évolution sociale et aussi les gens qui habitent le pays. Il n'y a pas de bon ou mauvais régime d'un point de vue moral. Il y a ceux qui conviennent à leur peuple et répondent aux besoins de l'époque. Dans ce cas, ils sont bons. Il y a ensuite ceux qui ne le sont pas et donc ils peuvent être considérés comme mauvais. La démocratie peut donc être un bon pour un peuple et mauvais pour l'autre. Dans un cas elle répond aux besoins et dans un autre, elle ne le fait.
Je comprends parfaitement les soucis liés à la concentration de pouvoirs. Néanmoins il ne faut pas oublier que la séparation des pouvoirs classiques n'est pas la seule façon de lutter contre la concentration de pouvoirs. Et même là, la Fédération n'est pas aussi mauvaise qu'on l'accuse d'être. La justice est réellement indépendante. La preuve en est qu'aucune organisation non-gouvernementale a jamais constaté des prises d'influence sur les tribunaux. La justice se fait de manière autonome car c'est un principe inscrit dans notre culture depuis la nuit des temps. Il y a des démocraties ou ceci est moins le cas que chez nous. Après oui, le pouvoir exécutif et législatifs sont étroitement liés mais il ne faut pas croire que je suis assis sur un trône et que je peux faire ce que je veux.
Je suis aussi contraint à respecter des règles que votre président. Sauf que dans la Fédération, ces règles sont informelles. Chaque décret doit avoir même tacitement le soutien de la majorité des gouverneurs car sans eux, son application sera impossible. Chaque décision qui mobilise des ressources financières doit respecter les sensibilités des concernés. Je ne peux pas décréter par exemple un nouvel impôt sans au moins discuter avec des syndicats et corporations. Et même si j'ai leur soutien, il faut que je discute avec mon Vice-président et le reste du gouvernement. On pense souvent que c'est celui qui signe le décret qui a le pouvoir mais la vérité est que chaque décret est un long processus de négociation. Tout simplement, il se fait en dehors d'un parlement. Si vous lisez un peu nos journaux, vous verrez que les gouverneurs de la Fédération n'hésitent pas de dire quand ils ne sont pas d'accord et chaque fois, la seule solution c'est de négocier avec eux. Je ne peux pas imposer une décision par la force, ou si oui, alors c'est uniquement contre une toute petite minorité extrémiste.
C'est vrai que je ne serais pas éternellement à la tête de la Fédération. Je pense qu'après un mandat de six ans au plus, il sera temps de passer la flamme à une nouvelle génération. Après, tout dépend vraiment de la situation. Je suppose que via votre question, vous voulez savoir s'il aura une démocratie ? Je ne peux pas vous répondre à ça aujourd'hui. Mais si une démocratie émerge, alors elle sera très différente de celle d'un pays alméran car notre conception du pouvoir et du social est différente. Elle aura forcement quelque chose d'exotique car notre histoire est remplie d'idées bien différentes de celles qu'a connu l'Alméra. Est-ce que vous la reconnaîtrait en tant que telle ? C'est une bonne question. Tout processus de démocratisation prend son temps et il donne naissance à des résultats différents. Ca sert à rien de vouloir démocratiser un pays pour tout simplement avoir fait une démocratisation. Il faut être sûr que les fondations sont stables. Autrement elle tombera dans le chaos comme l'ont fait toutes les expériences passées.
Vous affirmez que l'efficacité est plus importante que la légitimité populaire. Néanmoins, vous serez d'accord avec moi pour dire que l'on est efficace en fonction de critères ou d'objectif préalable. Or, tous ne partageront pas vos objectifs, tant en matière économique que sociale ou sociétale. L'efficacité ne peut être une valeur totalement objective. Certes, en cas de graves crises, le taux de famines ou de mortalités infantile en baisse est clairement un signe incontestable d'efficacité mais vint un temps où ces taux sont si bas que les problèmes contemporains deviennent plus subtiles et font moins l'unanimité quant aux objectif à fixer. Pour illustrer, il n'existe pas d'indicateur d'efficacité objectif en terme sociétale ou bien même sur des problématiques à multiples répercussions tel que l'instauration des OGM. La répartition des richesses est également un débat dont aucune solution objectif n'existe. Pourquoi alors affirmer que "La légitimité vient des aptitudes du dirigeant à se montrer fort et à faire avancer le pays" alors même que l'avancement du pays est subjectif à chacun ?
Je ne dis pas que l'efficacité est plus importante que la légitimité populaire. Je dis que le talent et le mérite sont des facteurs aussi légitimes que le charisme. C'est une nette différence. Que vous choisissez un dirigeant car il est le plus charismatique, comme c'est le cas en démocratie, ou car il est le plus apte à s'imposer par ses qualités, comme dans un régime autoritaire, c'est un simple choix social et historique. Il n'y a pas le bon choix parmi ces deux modes de gouverne. Il y a des choix adaptés aux peuples et ceux qui ne le sont pas.
Vous tentez de me dire que l'efficacité est subjective alors que vous me citez deux cas démontrant l'existence d'une efficacité objective. La vérité est que le but de l'efficacité c'est surtout de répondre aux besoins de son époque. Ces besoins ne sont pas forcement toujours objectifs. Ils sont des fois bien subjectif mais ceci n'empêche pas à une personne de qualité de répondre aux besoins élémentaires de la population.
Maintenant au sujet de vos exemples comme l'OGM ou les débats sociétal, je pense que vous voulez politiser des thèmes qui ne sont pas en premier lieu du ressort du politique. Ce que le dirigeant doit faire c'est assurer la stabilité, la sécurité, l'accès à la nourriture, la santé, l'éducation et la culture et fixer des objectifs collectifs sur long terme. Que ces objectifs ne sont pas partagés par tous, c'est un fait. Mais il aura toujours une minorité contre un projet collectif. La question des OGM c'est un débat que la société civile doit conduire, pas le politique. Le politique doit surtout assurer une nourriture accessible et de qualité. La question des OGM, c'est presque du ressort de la philosophie ou les experts en santé publique.
L'avancement d'un pays est nullement subjectif. Vous le dites vous-même. Si la mortalité infantile baisse, la faim recule, on a des actes d'efficacité politique. Si plus de gens ont accès à des soins de qualité, on a des actes d'efficacité. Si plus de gens peuvent s'éduquer et gagner plus, en travaillant moins, alors on a aussi des signes de bonne politique. Il y a donc des critères bien visibles et faisant une unanimité. C'est là ou le politique doit agir. C'est là ou le travail doit se faire. Maintenant, si vous êtes pour ou contre les OGM, c'est un débat qui finalement est secondaire comparé à tous ce qui reste à faire dans le domaine de la santé, l'éducation, la qualité de l'eau, un bon réseau de transport, une lutte contre la pollution et je vous passe de faire toute la liste. Donc non, l'avancement d'un pays n'est pas subjectif ou pas que.
Je sais pourquoi vous me dites ceci. C'est car vous venez d'un pays qui pense avoir tout acquis, tout conquis est qui désormais peut se permettre le luxe de mettre en priorité des questions secondaires comme les OGM. On pourrait considérer ceci comme un signe de désœuvrement du politique. Mais je suis convaincu que si vous cherchez bien, il y a encore bien de choses plus importantes à faire que de débattre sur les OGM. Tout simplement, c'est plus facile de parler sur les OGM que de parler d'inégalité de revenus ou les solutions sont très compliqués et froisseront ceux qui financent les campagnes électorales. Et je vous rassure, réduire les inégalités en terme de revenus, c'est loin d'être quelque chose de subjectif. Je peux même parier que les gens concerneront vous diront que c'est même très tangible et objectif. Que vous ayez deux mille ou trois mille dollars à la fin du mois, personne vous dira que c'est subjectif. A part peut être ceux qui en gagnent des millions en tout.
Donc si l'avancement d'un pays est objectif, alors le fait de choisir comme dirigeant quelqu'un qui a les qualités pour le faire, est justifié. Dans la Fédération, tout reste à construire, tout à conquérir et donc nous ne pouvons pas nous permettre de luxe de gens charismatiques mais ne sachant pas quoi faire pour répondre aux problèmes bien tangibles du quotidien des citoyens de la Fédération. C'est un choix que nous impose l’histoire.
Vous savez probablement que l'économie est un domaine particulièrement politique. Que l'on soit partisans d'un "libéralisme efficace", d'un "régulationnisme sociale", d'une "décroissance raisonnable" ou bien même d'une"planification". Que l'on soit partisans d'un productivisme quantitatif ou de la protection du consommateur qualitative. Que l'on défende une répartition des richesses qui suit les lois du marché, de l’instauration d'inégalité correctrice, de la méritocratie ou bien de l'égalitarisme, tous on une vision différente des choix économiques à faire, d'autant plus que l'idéal de société diverge entre ces différentes obédiences économiques. En tant que Danuboises, je ne comprend pas votre étonnement quant aux fait que les Vicaskarannaises concernent les choix économiques à faire, bien qu'il est vrai que la démocratie serait souhaitable également pour des questions plus sociétale au niveau de l'union.
Il y a mille façon de voir l'économie mais il n'y a qu'une seule économie. On ne peut pas fabriquer une table de mille façons. Le processus économique sera presque toujours le même à quelques détails près. Vous ne pouvez pas commercer de mille manières ou créer de la richesse de trente-six facons. Raison pourquoi toutes les idéologies que vous avez cités abordent que deux questions : comment distribuer la richesse et selon quelles règles doit-on la produire ? Mais en soit, la façon de produire la richesse sera toujours identique. Vous ne pouvez pas faire une table de manière très différente. Vous pouvez mieux protéger les travailleurs, donner plus ou moins de salaire, de sécurité et de confort mais le processus de production de la table sera identique. Maintenant, si vous voulez gérer une économie à l'échelle continentale, dont le conseil se fixe le but, vous avez besoin de gens sachant de quoi ils parlent. Des gens qui connaissent les flux commerciaux, les structures économiques à grande échelle et les enjeux. Au niveau d'un pays, c'est une bonne chose de discuter sur comment on réglemente la production mais au niveau continental, c'est surtout organiser les grands flux économiques qui comptent et ceci se fait avec des gens ayant des connaissances dans ce domaine. On pourra discuter des heures durant sur les OGM mais ceci n'aidera à rien de savoir comment transporter des marchandises du Perlian vers la Fédération. Quel taux de douane est le bon ? Comment produire assez de nourriture au niveau continental ? Ce sont des problèmes très concrets et techniques qui demandent des gens qui ont une expertise dans le domaine. On peut discuter de questions idéologiques mais ceci doit être secondaire par rapport à l'organisation à grande échelle de l'économie continentale. Je pense que des débats comme les OGM ont leur place au conseil éthique, pas économique et c'est là ou une assemblée avec une grande diversité idéologique est une force.
Parlant d'économie, quel est votre programme ? Que pensez vous du libéralisme, du corporatisme ?
Je pense que l'économie est une question avant tout nationale. Chaque pays à une structure économique propre qui exige des réponses adaptées. Pour la Fédération, je défends le principe de la production nationale pour la consommation nationale. La politique d'exportation massive d'avant la crise a montré l'extrême fragilité de notre économie quand nous misons tout sur le commerce mondial. Exporter c'est bien mais pas quand nous faisons que ceci. Je vise donc à favoriser l'émergence de ce qu'on aime nommer les PME, donc les petites et moyennes entreprises qui produisent localement pour répondre à la demande locale. Il faut lutter contre le chômage et permettre aux gens de se procurer de la nourriture, des vêtements, de l'essence et des biens de tous les jours à un prix abordable et une qualité fiable. Ceci passe donc par une production localisée. On ne peut plus contribuer à produire des voitures inaccessible pour le citoyen du pays que nous vendons au Raksasa. Si ceci signifie moins de croissance, c'est un prix acceptable. Mais il faut maintenant s'attaquer au niveau de vie catastrophique des gens de la Fédération. Il faut passer de l'ouvrier-esclave à l'ouvrier-citoyen.
Au sujet du libéralisme, je vais vous donner une vieille métaphore de chez nous. L'économie c'est comme un chien qu'on tient à une laisse. Si vous tenez la laisse trop courte, il s'étouffera. Si vous la lâchez trop, il s'échappera et mordra quelqu'un. L'art c'est de donner assez de laisse pour qu'il puisse s'épanouir sans prendre le risque de perdre le contrôle sur lui. Donc ni l'économie planifiée ni l'ultra-libéralisme sont des réponses adaptés sur le long terme. Un étouffe l'économie, l'autre la laisse échapper tout contrôle. Vous remarquerez que ni l'ultra-libéralisme ni l'économie planifiée dure sont largement répandue sur la planète. On opte donc le plus souvent pou des solutions intermédiaires et centristes car instinctivement, on sent que la solution n'est pas dans l'extrême.
Vous savez qu'avec les anciens événements d'Hohensteinhart, avec le scandale politique qu'à suscité les accords avec la Tchoconalie et les actuelles émeutes dans la capitale Danuboise, qui font en partie écho à la mort d'un professeur Danubois au Khaldidan, emprisonné pour avoir défendu le régime démocratique face à ses élèves; les Danubois, dont particulièrement l'opposition politique, sont hostile à tout accord avec des états totalitaires ou ne respectant pas la notion d'état de droit.
Constatant cela, que voulez-vous dire à ces nombreux citoyens partisans de la déclaration des droits des humains ?
Pour commencer, il ne faut pas confondre état totalitaire et état autoritaire. Le premier veut le contrôle absolu sur l'homme alors que le second pratique simplement une politique plus autoritaire comparé à un régime démocratique. La Fédération au contraire de ce qu'on aime dire dans certains discours n'est pas totalitaire ou ne l'est plus. Elle l'était avant sous le Sunisme mais aujourd'hui c'est un régime autoritaire avec une obédience national-conservatrice. Il est important de faire cette différence. Certes, j'imagine que pour beaucoup, ca paraît être une petite différence aux yeux de la personne lambda qui vit dans une démocratie mais elle est fondamentale. Nous ne voulons pas créer un homme nouveau.
Après, je permets de vous dire que ne pas appliquer les principes des droits des humains ne signifie pas qu'un pays n'est pas un état de droit. L'état de droit, c'est quoi ? C'est un pays dans lequel les décisions et le système pénal sont liés au droit donc à la loi. C'est le cas de la Fédération. Toute action politique doit avoir une base légale. On peut bien évidemment discuter la qualité de cette base légale mais elle existe. Si vous êtes un citoyen, vous pouvez en lisant le droit savoir à quel moment vous êtes exposé à des sanctions et quand non. Vous pouvez donc vivre sans jamais avoir de problème avec l'Etat. Bien évidemment il peut exister des moments d'actions arbitraires mais elles sont vraiment extrêmement rare et prise dans l'urgence.
Prenons le cas de ce malheureux professeur au Khalidan. Que serait-il arrivé s'il serait venu à Sayakon enseigner dans une université ? Selon notre législation, vous pouvez tout à fait militer pour un système politique à condition de ne pas vous attaquez directement ou indirectement au gouvernement fédéral. C'est à nos yeux une mesure de sécurité. Nous sommes d'accord de laisser aux intellectuels une « marge de manœuvre » mais à condition qu'ils acceptent un accord de non-agression idéologique avec le gouvernement. Concrètement, vous ne pouvez pas mettre en cause le système politique concret de la Fédération mais rien empêche de dire que vous êtes contre une décision précise si vous avez des arguments. Vous pouvez aussi dire que vous pensez qu'il faut mieux inclure la population dans le processus politique. Bien évidemment le problème réside dans la frontière entre ce qui est une critique constructive et une attaque idéologique. Jouer sur cette frontière comporte un risque.
Mais imaginons que le professeur aurait dit que la démocratie serait mieux pour la Fédération ? Une critique idéologique directe contre notre système. La police l'aurait arrêté et on aurait interrogée la personne. Ensuite, si on pense que cette critique était volontairement portée contre le gouvernement et avait un but militant, il aurait eu un procès. Dans ce procès, il aurait eut droit à choisir librement avocat et on aurait eut une procédure juridique classique entre lui et le procureur fédérale. A mon avis, on l'aurait très probablement relâché rapidement car on aurait vu que c'était une critique pas vraiment malveillante. Le but n'est pas de poursuivre un pauvre professeur qui connaît mal les coutumes locales mais de punir les personnes qui veuillent vraiment déstabiliser le pays. Et même s'il aurait été reconnu coupable, il est à mon avis fort probable qu'on se serait contenté soit d'une amende soit d'une expulsion du pays. Il faudrait vraiment qu'il ait organisé un mouvement politique pour qu'il eut le risque d'une peine de prison et même là, je pense que votre ambassadeur aurait simplement pu faire une demande d'extradition auprès le consulat tarnois.
Tout pour vous dire que la Fédération n'est pas totalitaire mais autoritaire et il existe un état de droit. Si au niveau législatif et exécutif, les pouvoirs se mélangent, la justice reste indépendante. Vous pouvez penser que je tend de vous tromper mais je vous laisse la liberté de contacter les ONG les plus farouchement opposé à ma personne. Tous vous diront que je suis un monstre salopard mais aucun pourra vous dire en âme et conscience que le système judiciaire est sous influence du gouvernement. Après , je ne nie pas qu'il puisse exister une corruption des juges mais le gouvernement n'en participe pas. Ce dernier point est un problème que connaissent même les meilleures démocraties.
Mais je comprends les sentiments des Danubois et de leur point de vue, je leur dit qu'ils ont raison de penser ainsi. Après, ils doivent comprendre que je dois défendre des intérêts étatiques dans un pays qui a connu dix ans de révolution et contre-révolution. Oui, je dois prendre des décisions qu'ils peuvent juger cruels mais si une personne est tué sous ma direction, c'est que ceci est le seul et unique moyen d 'éviter des dizaines de milliers de morts. La violence est des fois nécessaire pour éviter une nouvelle guerre civile. On essaie de la limiter, de tenter de passer par le dialogue et par un processus juridique mais il existe des moments ou ceci n'est pas possible. Je suis convaincu que dans deux à cinq ans, il ne faudra plus faire ces actes barbares car on aura pu construire un pays assez stable pour se passer d'actes de répression. Même aujourd'hui, je peux vous dire que la Fédération est devenu un régime beaucoup plus respectueux de l'intégrité individuelle. Ce n'est pas parfait mais nous travaillons à établir des règles de jeu qui soient le moins violent et le plus propre que possible. Après, je pense que les Danubois peuvent se reconnaître dans leur propre histoire. Eux aussi devaient passer par des époques violentes pour arriver à ce qu'ils sont aujourd'hui. Ils doivent simplement nous permettre de faire notre propre évolution.
Je respecte les Danubois pour leur culture et leur vision du monde. Mais je dois avant tout défendre un pays qui n'est pas aussi avancé que le Danube. Mais je peux leur promettre une chose et s'il y a une chose que les dictateurs font, c'est tenir leurs promesses. Si le Président du Danube sent le besoin de me parler sur la question des droits des hommes, je serais là, j'écouterais et je lui dirais alors ce qui est faisable, ce qui ne l'est pas et pourquoi et quand nous pourrons améliorer les choses. Je suis disponible au dialogue mais il est essentielle de comprendre que je ne peux pas sortir une baguette magique et transformer la Fédération dans une démocratie ou tout le monde s'aime et danse autour le feu en chantant Kumbaia. Ce sont des processus longs et compliqués mais on peut essayer de trouver des compromis. Sur certaines choses, je devraient dire non car les conditions ne sont pas remplies pour le faire mais je vous rassure, je n'en prends pas un plaisir à restreindre les libertés individuelles. Je le fais car autrement la paix sera en danger et la liberté ne sert à rien quand la guerre civile ravage un pays.
Une question plus philosophie cette fois ci ; est-ce qu'un individu peut exprimer son individualité face à une société ? Est-ce que vous considérez que le bonheur passe avant tout dans un groupe qu'est la société entière ou qu'il est à l’inverse primordiale qu'un être puisse avoir sa propre culture en ce sens qu'il exprime son individualité au travers d'une communauté spécifique et parfois marginale, par exemple une communauté geek, homosexuel, artistique etc... Bref, que pensez vous du libéralisme sociale et de l'affranchissement des individus face à certains diktats sociales imposés par un mode de vie qui fait doxa ?
Bien évidemment qu'il le peut. Je trouve que c'est une erreur d'opposer la société à l'individu. Les excès dans les deux sens sont dangereux. La pratique de l'individu-roi est aussi malsaine que celle du système totalitaire et collectif. Je pense qu'une société a besoin de règles, d'une doxa qui est respecté. Après, cette doxa ne doit pas écraser les minorités par la violence. On peut demander une certaine tenue et de garder certaines cultures dans le milieu privé mais rien sert à vouloir poursuivre les gens avec une baïonnette jusqu'à dans leurs maisons. Je suis également contre cette manie de certains pays de vouloir à tout prix démonter leur société traditionnelle pour établir l'individualisme en tant que nouvelle norme. Le libéralisme social en soit est un contre-sens. On ne construit pas une société par l'accumulation d'individus mais par leur union et fusion. Ceci signifie donc que les individus doivent respecter la société et la culture dominante et qu'en échange, ils aient le droit dans l'espace privé de s'organiser librement voir aussi de revendiquer une partie de l'espace public. Une certaine diversité est bonne à condition que la diversité ne soit pas la norme qui remplace l'unité sociale. Prenons le cas des geeks. Qu'ils puissent librement s'organiser, faire des tournois de jeux, promouvoir leurs idées dans le milieu professionnel est une chose mais ce n'est pas à la société de se dissoudre pour qu'ils puissent s'épanouir. La même chose dans le domaine des mœurs sexuelles. Que deux femmes ou hommes veuillent pratiquer l'homosexualité est une chose mais ils n'ont pas à commencer à faire des manifestations publiques et politiques. Il faut leur laisser la liberté de vivre ensemble et avoir la sexualité qui leur convient tant que ca reste privé. Après, certaines mœurs doivent être combattues comme la pédophilie, la nécrophilie et la zoophilie. Dans ce cas, la protection de l'espace privé ne compte plus. Aussi, la société a le droit de proscrire certaines attitudes, idées et pratiques dans l'espace publique. Une société représente un consensus majoritaire comment l'espace public doit être. Les minorités doivent avoir le droit d'exister en marge mais il est hors de question de changer la société pour plaire à ceux-ci. Nous avons des valeurs que nous défendons. Des alternatives peuvent exister mais nous n'avons pas à renoncer aux conviction de la majorité pour les idées de quelques uns. Par exemple certains veuillent abolir la polygamie. Pour ma part je considère que ceci fait partie de notre culture et qu'il est hors de question de se plier à ceci. Les femmes et hommes ont toujours pu librement opter vivre un ou plusieurs conjoints. Surtout les femmes en ont profité de ce système qui les protège mieux face à des abus physiques et leur donne une liberté sexuelle dans le cadre d'une société conservatrice.
Pour revenir à Tumien, pensez-vous que les efforts du gouvernement actuel pour préparer la reconnaissance culturelle des natifs et plus largement pour la création de la communauté du Péro est un effort louable ou de la poudre dans les yeux ?
Tout effort est louable et on peut toujours aller plus vite. Tumien dirait que c'est rien et insuffisant. Moi je dis que c'est un début. Qui suis pour condamner un progrès ? Même s'il est petit, c'est une bonne chose. Et si c'est par calcul politique, je dis clairement : on s'enfiche, pourvu que ca aille dans le bon sens. Si tous les politiciens feraient le bien par égoisme, je vous rassure que le monde serait merveilleux.
Pour finir, avez vous tous simplement une chose à ajouter et que vous n'avez pas pu exprimer aux travers vos réponses ?
J'aimerais vous remercier pour avoir permis cet interview et fait des questions critiques. Sachez que je vous inviterais à boire une bière si une fois vous passez à Sayakon.
Je n'y manquerais pas. Voilà donc cette interview à présent terminé, nous laisserons les lecteurs et commentateurs de tout bord juger de la position politique défendu par notre invité.
12 Juillet 2025
[center]INTERVIEW DE BASEK MARKESON[/center]
Bonjour à vous. Nous souhaitons que vous commencer par vous présenter. Par présenter votre parcours politiques ; il faut savoir qu'une majorité des Danubois ne vous connaissent que de nom et n'ont pas une culture sur l'histoire contemporaine Tarnoise assez vaste pour re-contextualiser les événements actuelles.
Je vous remercie déjà pour m'avoir permis de faire cet interview. Je pense que c'est une chose importante de permettre un certain dialogue interculturel, surtout en vue des actualités plutôt houleuses entre nos deux pays. Donc mon nom est Basek Markeson mais on a plutôt coutume de abrévier mon prénom en Bas. Ceci car le suffixe -ek a plutôt une mauvaise connotation. Mais je ne veux pas vous faire subir les horreurs de la langue tarnoise.
Je suis né le 11 septembre 1989 donc durant la fin de la guerre froide et aussi dans la dernière partie de l'Empire tarnois. C'était une époque bien plus rude que celle que nous vivons aujourd'hui au contraire ce que l'actualité pourrait nous suggérer. A l'époque, l'Empire tarnois ressemblait beaucoup au Khalidan actuel. Il y avait des lois très anciennes voir même rétrogrades sur certains aspects. Mais au contraire de ce dernier pays, l'Empire souffrait d'une profonde crise politique, économique et culturelle. Des que j'ai eu vingt ans, j'ai fait alors ce que faisaient beaucoup à l'époque : rejoindre l'armée. C'était la seule institution ou il y avait vraiment des perspectives d'avenir. Aussi, des que quelqu'un avait des idées progressistes, il avait intérêt d'être un soldat. La loi martiale était bien plus avantageux au dissident intellectuel que la loi civile de cette époque. Quand la Révolution suniste a éclatée en 2016, j'ai pris le partie de Gorun Sun et la Fédération. Ceci m'a permis de survivre sur le plan professionnel durant cette période. Le nouveau régime a prit soin d'éliminer de l'Armée toute personne suspectée d'avoir de la nostalgie envers l'Empire. J'en ait pu passer entre les gouttes. Après la mort de Gorun Sun et la prise de pouvoir de Blackwood, j'ai participé à la Guerre du Vicaskaran en faisant campagne en Nueva Esperanza et au Zorokon. Néanmoins la défaite et la Paix de Hellington forçait le gouvernement de la Fédération a démobilisée une grande partie de l'Armée fédérale. J'ai donc été remercié et j'ai prit un emploi comme garde de corps à Borisk. C'était une sale époque surtout car l'OTH avait établit un embargo contre la Fédération. La crise économique n'a pas attendu et les gens, surtout les riches, commençaient à avoir peur pour leur vie. C'était donc une bonne période pour offrir des services de protection. Quand la Fédération tombe en 2020 et eprmet le retour de la monarchie, j'ai été forcé de quitter le pays vu que la police royale en a eut un intérêt plus que soutenu pour ma personne. C'est qu'avec la crise mondiale de 2023, la guerre aux USP et le chaos qui a suivi que j'ai pu revenir. Vaelak et moi on a alors organiser avec d'autres anciens officiers un coup d'état le 18 juin 2023 contre le roi à fin de permettre de restaurer la République. Le mot coup d'état est un grand mot. La situation était tellement chaotique, qu'on a surtout permis de restaurer l'ordre avec le soutien de l'Armée fédérale et des anciens soldats démobilisés. A partir de là, j'ai pris la présidence de la Fédération. Ces dix derniers années ont été une époque tumultueuse pour tous les Tarnos.
La triste réalité est que le fait que je sois aujourd'hui président est surtout dû à la guerre mondiale et le chaos qui a suivi. Je n'ai donc aucun vrai mérite d'être là ou je suis aujourd'hui. J'ai été au bon moment au bon endroit. C'est très certainement quelque chose avec quoi on peut que mal construire une hagiographie, je vous l'avoue sans aucune hésitation. Mais ça m'arrange largement. Je n'ai nulle intention de devenir un objet de culte comme l'a permis Gorun Sun.
Pour vous, que représente l'Union du Vicaskaran ? Que doit-elle représenter ? Pourquoi y avoir adhérer ?
L'Union du Vicaskaran c'est un ensemble de vision. Certains rêvent de la démocratie mondiale, d'autres d'une défense et d'un marché commun. Pour ma part je désire que l'Union soit un facteur de stabilité et de paix pour les peuples du Vicaskaran. Nous en avons besoin. Que ceci passe par des projets économiques, militaires ou culturelles n'a que peu d'importance. Ce qu'il faut, c'est construire un espace commun de tranquillité. Après, que doit-elle représenter ? Bonne question. A mon avis, elle doit plus agir que représenter. Il ne faut pas tomber dans le piège de vouloir la voir incarner des valeurs. Ca ne marche jamais. Les actes démasquent les plus beaux principes. Elle doit agir pour le bien du continent. Voila ce qu'elle doit faire. La représentation viendra de toute seule et si elle représente rien sur le plan idéologique, tant mieux, pourvu qu'elle fasse son travail sur le terrain et améliore le quotidien de chaque habitant de ce continent. La raison de l'adhésion sont difficiles à expliquer. Il fallait avoir une union pour servir d'instrument à une paix et prospérité continentale. Ceci demandait de devoir accepter des compromis des fois poussés trop loin. Le cas des élections montrent qu'on a trop voulu laisser imposer un ensemble d'idées politiques au détriment du bon sens. Je n'ai rien contre les idées politiques mais dans un processus de construction, elles doivent venir dans un deuxième temps, pas avant. Le Danube a bien négocié, peut être trop bien sur le moment. Jusqu'à certains point, on peut dire que le Danube est aujourd'hui victime de ses succès très larges durant la négociation du traité de l'Union. A mes yeux, le devoir principal de la Fédération était d'aider à donner naissance à l'Union. Si nous faisons partie de l'aventure pour la suite, est encore une question ouverte. Nous soutiendrons toujours l'Union mais peut être différemment demain que nous le faisons aujourd'hui.
Que pensez vous du continentalisme ? Du fait de vouloir d'une manière ou d'une autre rapprocher les états ou les peuples du continent ?
Le continentalisme est une bonne idée s'il est basé sur des aspirations réelles de rapprochement. On peut rapprocher des peuples mais les continents sont aussi des espaces de diversité. On ne peut pas prendre une carte et supposer que tout continent, doit être uni dans une organisation continentale. Nous avons au Vicaskaran au moins trois grandes cultures, voir plus si on compte plus largement. Nous avons des façons très différentes de faire de la politique et organiser nos économies. Si un continentalisme existe, alors il doit accepter de devoir être plus souple, mutable et ouvert que le fut l'Union de l'Alméra en son temps. Mais le but en soit est louable. Après tout dépend comment on veut le promouvoir.
Pour rentrer dans un pan plus précis de l'U.V. Etes vous défavorables aux Vicaskarannaises ?
Si non, seriez vous prêt à voir vos élections garantie par l'assemblée des nations ?
Si oui, pourquoi avoir signer le traité institutionnel ?
Je pense que l'idée d'élections n'est pas mauvaise mais déplacée pour le Conseil économique. Nous parlons d'un organe sensé s'occuper de questions techniques. Pourquoi vouloir donner à des représentants cette mission ? N'aurait-on pas mieux fait de créer une assemblée pour le conseil ethique ? Là, des débats philosophiques et moraux auraient du sens. Là, la diversité politique serait une vraie richesse. Je crains que le gouvernement du Danube a tellement voulu imposer la démocratie dans l'Union, qu'il a sauté sur la première occasion. On a voulu faire la démocratie pour la démocratie en elle-même et non car elle correspondait à des besoins techniques réels. C'est à mon avis, le grand défaut. Pour les élections, il faudra voir si elles seront organisés. A mon avis, la Fédération n'est pas prête pour l’exercice démocratique. Il faudra encore du temps avant de pouvoir se permettre une telle forme de gouverne. Pas tous les peuples sont prêts à la démocratie. C'est quelque chose qui se construit très lentement et qui se prépare. La dernière fois que nous avons eu des élections démocratiques, elles ont porté au pouvoir un homme très charismatique mais complètement fou. Voulons-nous répéter cet expérience? Non. Il faut préparer le terrain. Le Danube prête aux autres peuples des vertus qu'ils n'ont pas encore. Il pêche par optimisme. Le traité institutionnel a été signé car il n'y avait pas de choix. Le Danube a imposé la démocratie et ne voulait pas y revenir. C'était la seule façon de permettre à l'Union de naître. Il est préférable de devoir avoir une crise a-posteriori que de compromettre la naissance d'une telle organisation. Une naissance avortée, reste avortée mais les crises peuvent être résolues avec un peu de bonne volonté.
Que pensez vous de l'idée générale de voir votre peuple choisir ses dirigeants ?
Pourquoi préférez vous votre régime politique actuel ?
Quand je suis arrivé à la présidence, la majeure partie de la production électrique était en arrêt, deux-tiers des entreprises en faillites et il n'y avait plus d'essence pour les voitures civiles. Je suis donc monté au pouvoir quand le chaos était omniprésent. Ce n'est donc pas une question de préférer le régime politique actuel. C'est que c'est un régime qui s'est établi quand tout allait mal et qui désormais tend de réparer dix ans d'errements. Pensez-vous vraiment qu'une assemblée d'élus auraient pris les décisions draconiennes que nous avons dû prendre ? Non. Le peuple peut choisir ses dirigeants quand tout va bien mais pas quand le chaos est omniprésent et que trois mille ans de civilisations sont compromis, il faut opter pour des formes de gouverne radicale. La dictature est une forme de gouvernement comme une autre. Et elle est particulièrement efficace en temps de crise. Même vos démocraties, quand il y a des guerres, acceptent de doter leurs gouvernements de pouvoirs similaire à celui d'un dictateur. Pourquoi ? Car instinctivement vous savez que quand la maison brûle, ce n'est pas le temps de faire du formalisme avec les pompiers.
Et généralement parlant, la démocratie ne vaut pas plus qu'un régime autoritaire. La seule différence est que vous considérez que seul un gouvernement élu par le peuple est légitime. C'est un système qui fait le jeu des politiciens les plus charismatiques et qui savent le mieux promettre. Ce n'est pas un système qui permet aux plus aptes d'arriver au pouvoir. Croire le contraire, c'est de finir aveuglé par vos propres croyances. D'une certaine sorte, vous considérez le charisme comme une condition pour exercer le pouvoir. Nous, nous pensons que c'est la force individuelle qui doit prévaloir. La légitimité vient des aptitudes du dirigeant à se montrer fort et à faire avancer le pays.
Chaque système à ses forces et faiblesses mais aucun vaut plus que l'autre. Ce sont des choix historiques faits en des temps et espaces précis. Il n'y a pas de bon ou mauvais régime mais des régimes qui arrivent à résoudre les problèmes et faire avancer leur peuple et ceux qui ne sont pas à la hauteur de cette tâche. La démocratie fonctionne au Danube. Tant mieux. L'autoritarisme marche dans la Fédération ? Encore une fois, tant mieux.
Si vous avez une critique à faire vis à vis de l’exécutif Danubois, ce serait quoi ?
Je respecte le président de votre pays et je le considère comme un homologue respectable. Je pourrais au plus dire que sur certains dossiers, des choix peu judicieux ont été pris mais ceci arrive à chacun.
Si vous avez une critique à faire cette fois ci sur le Danube en général, et l'image que vous vous en représentez, que serait-elle ?
Je pense que le Danube croit trop que son modèle de vie peut être exporté partout dans le monde. C'est une erreur que commettent presque tous les peuples à un moment de leur histoire. Après, peut-on en vouloir les gens du Danube d'être fier de leur système politique et économique ? Certainement pas. Mais d'un autre côté, on constate que c'est un pays avec une grande richesse intellectuelle qui peut que provoquer admiration. Surtout le fait que l'extrême-gauche soit si bien implantée est un signe d'une belle diversité idéologique.
Militairement parlant, vous semblez favorable à une protection de l'ensemble du continent, quelque soit le types de régimes du pays en question. Voulez vous nous confirmer ou infirmer cette affirmation et si celle ci se révèle exacte, pouvez-vous développer ?
Je suis de l'avis que la défense de chaque pays passe par la défense de tous les nations de notre continent. Donc je confirme cette affirmation. Nous ne pouvons pas permettre qu'un pays subisse le sort de l'invasion. Si nous le faisons, nous compromettons la sécurité de tous car ce pays occupé servira d'avant-poste à la puissance étrangère sur nos terres. Nous avons vu ce qui arrive quand es pays étrangers comme le Wapong s'installent dans des pays comme la Nueva Esperanza. Nous connaissons aussi tous les risques que nous avons couru aux moments les plus agités avec le Makiran oriental en terme de sécurité régionale. Ce n'est donc pas un simple slogan mais une nécessité géopolitique. Le continent est à voir comme une île, une île sur laquelle nous ne devons pas tolérer des avant-postes extra-continentaux. Par ceci nous ne protégeons non seulement la liberté de notre voisin mais surtout la notre.
Pour sortir un peu du carde de la polémique sur l'U.V. , j'en profite pour vous poser d'autres questions :
Gerardo Tumien est une figure Esmarkienne peut populaire en Danube qui a récemment affirmé dans le National vous avoir rencontré. Est-ce exacte ? Si oui, dans quel circonstance ? De quoi avez vous conversé ?
C'est tout à fait vrai et j'en suis l'auteur du crime. J'ai invité Monsieur Tumien à un dîner à la résidence présidentielle. Le but était de discuter ensemble sur tout et rien. Mais plus concrètement, nous avons abordé la question des minorités indiennes et leur avenir sur notre continent. Il m'a permis d'apercevoir une problématique que j'avais jusqu'à là négligé. Monsieur Tumien est un homme tumultueux et qui divise les opinions mais je pense que son avis ne vaut pas moins d'être écouté. Il défend avec une certaine violence une cause trop longtemps négligée et qui doit devenir un enjeu majeur de la politique continentale. Peut être pas au niveau qu'il le désire mais faire apparaître la question des minorités indiennes sur nos agendas, serait un bon début. Ses actions sont que la suite d'un long processus de conflits culturels entre d'une part les peuples anciens et les peuples venus d'outre-mer il y a quelques siècles. Pour assurer une cohabitation harmonieuse, il faut prendre au sérieux ces anciens conflits et les problèmes des inégalités. Donc sur le fond, il a entièrement raison. Après, on peut modérer la forme mais ceci n'est pas son devoir mais le notre. Peut être qu'une rencontre entre le Président du Danube et moi pourrait être l'occasion de parler plus amplement sur le problème de la situation précaire des populations indiennes. Voir même, on pourrait en envisager de discuter au niveau de l'Union du Vicaskaran.
Lorsque l'on parle de vous à Danube, c'est très généralement pour vous critiquer. Néanmoins, pour détendre l’atmosphère ou à des fin parodiques, beaucoup de Danubois commentent votre coupe de cheveux. Il est vrai que malgré votre réputation de dictateur, votre charme physique fait contre-sens à votre image politique. Vous pouvez ne pas répondre mais nous en profitons pour vous poser une question qui sort quelque peu du contexte politique : Utilisez vous un gel cheveux ?
Je dois avouer de ne pas m'être attendu à ce que mes cheveux en provoquent une telle fascination au niveau national. Mais c'est je pense à prendre avec de l'humour et c'est peut être même bien de rire de ces choses alors que la situation diplomatique est tendue. C'est encore une force de votre pays de savoir rire même durant les moments les plus compliqués. Et pour répondre à cette question, je pense que je ne devrais pas vous cacher la vérité, mon arme secrète consiste surtout dans un bon peigne. Je n'ai jamais été un amateur du gel cheveux. Mais peut être que je devrais me lancer dans la publicité de gel cheveux le jour ou je serais plus président. Apparemment j'arrive à attirer l'attention des gens sur ce sujet.
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Vous nous dite que la démocratie n'est possible qu'en temps organisé et pacifié ; ce qui est probablement vrai quand nous constatons, comme vous l'avez précisé, que même la constitution Danuboise prévoit les pleins pouvoirs en cas de situation majeur. Cependant, votre pays est sortie du chaos et de la guerre.
Beaucoup de Danubois penserons que la concentration des pouvoirs tel que vous le prôner est justement un facteur d'abus évident. Si l'ancienne démocratie Tarnoise a permit à un fou de faire du pouvoir une folie, c'est très probablement que cette démocratie confondait les pouvoirs.
Sans vouloir douter de votre bonne fois vis à vis de votre peuple, un jour vous ne serez plus à la tête de l'aquanox. Partant de ces constats, ferez-vous alors une constitution qui prône la séparation des pouvoirs, qui donnera aux citoyens des droits inaliénables qu'aucun politique ne pourront attaquer et, dans une certaines mesures, un système qui prend en compte les aspirations populaires ?
J'essaie surtout de dire que la démocratie ne peut pas être instaurée en tout lieu et en tout temps. Il y a des moments et des régions, ou une telle forme de gouverne n'est pas adapté. Rousseau le disait lui-même dans son chef d’œuvre « le contrat social ». Chaque peuple a un autre régime en fonction de son environnement. Vous ne pouvez pas gouverner de la même façon un peuple de trois cent millions d'habitants qu'un de trois cent mille. Ce n'est pas la même chose d'avoir un pays insulaire qu'un situé au cœur d'un continent. Le fait d'avoir des voisins agressifs et bellicistes n'est pas la même chose que d'en avoir des voisins fiables et pacifiques. Tout ceci fait qu'un régime politique sera davantage adapté qu'un autre. Que le Danube est démocratique est conditionné par des dizaines de facteurs. L'histoire, la géographie, la culture, les voisins, son évolution sociale et aussi les gens qui habitent le pays. Il n'y a pas de bon ou mauvais régime d'un point de vue moral. Il y a ceux qui conviennent à leur peuple et répondent aux besoins de l'époque. Dans ce cas, ils sont bons. Il y a ensuite ceux qui ne le sont pas et donc ils peuvent être considérés comme mauvais. La démocratie peut donc être un bon pour un peuple et mauvais pour l'autre. Dans un cas elle répond aux besoins et dans un autre, elle ne le fait.
Je comprends parfaitement les soucis liés à la concentration de pouvoirs. Néanmoins il ne faut pas oublier que la séparation des pouvoirs classiques n'est pas la seule façon de lutter contre la concentration de pouvoirs. Et même là, la Fédération n'est pas aussi mauvaise qu'on l'accuse d'être. La justice est réellement indépendante. La preuve en est qu'aucune organisation non-gouvernementale a jamais constaté des prises d'influence sur les tribunaux. La justice se fait de manière autonome car c'est un principe inscrit dans notre culture depuis la nuit des temps. Il y a des démocraties ou ceci est moins le cas que chez nous. Après oui, le pouvoir exécutif et législatifs sont étroitement liés mais il ne faut pas croire que je suis assis sur un trône et que je peux faire ce que je veux.
Je suis aussi contraint à respecter des règles que votre président. Sauf que dans la Fédération, ces règles sont informelles. Chaque décret doit avoir même tacitement le soutien de la majorité des gouverneurs car sans eux, son application sera impossible. Chaque décision qui mobilise des ressources financières doit respecter les sensibilités des concernés. Je ne peux pas décréter par exemple un nouvel impôt sans au moins discuter avec des syndicats et corporations. Et même si j'ai leur soutien, il faut que je discute avec mon Vice-président et le reste du gouvernement. On pense souvent que c'est celui qui signe le décret qui a le pouvoir mais la vérité est que chaque décret est un long processus de négociation. Tout simplement, il se fait en dehors d'un parlement. Si vous lisez un peu nos journaux, vous verrez que les gouverneurs de la Fédération n'hésitent pas de dire quand ils ne sont pas d'accord et chaque fois, la seule solution c'est de négocier avec eux. Je ne peux pas imposer une décision par la force, ou si oui, alors c'est uniquement contre une toute petite minorité extrémiste.
C'est vrai que je ne serais pas éternellement à la tête de la Fédération. Je pense qu'après un mandat de six ans au plus, il sera temps de passer la flamme à une nouvelle génération. Après, tout dépend vraiment de la situation. Je suppose que via votre question, vous voulez savoir s'il aura une démocratie ? Je ne peux pas vous répondre à ça aujourd'hui. Mais si une démocratie émerge, alors elle sera très différente de celle d'un pays alméran car notre conception du pouvoir et du social est différente. Elle aura forcement quelque chose d'exotique car notre histoire est remplie d'idées bien différentes de celles qu'a connu l'Alméra. Est-ce que vous la reconnaîtrait en tant que telle ? C'est une bonne question. Tout processus de démocratisation prend son temps et il donne naissance à des résultats différents. Ca sert à rien de vouloir démocratiser un pays pour tout simplement avoir fait une démocratisation. Il faut être sûr que les fondations sont stables. Autrement elle tombera dans le chaos comme l'ont fait toutes les expériences passées.
Vous affirmez que l'efficacité est plus importante que la légitimité populaire. Néanmoins, vous serez d'accord avec moi pour dire que l'on est efficace en fonction de critères ou d'objectif préalable. Or, tous ne partageront pas vos objectifs, tant en matière économique que sociale ou sociétale. L'efficacité ne peut être une valeur totalement objective. Certes, en cas de graves crises, le taux de famines ou de mortalités infantile en baisse est clairement un signe incontestable d'efficacité mais vint un temps où ces taux sont si bas que les problèmes contemporains deviennent plus subtiles et font moins l'unanimité quant aux objectif à fixer. Pour illustrer, il n'existe pas d'indicateur d'efficacité objectif en terme sociétale ou bien même sur des problématiques à multiples répercussions tel que l'instauration des OGM. La répartition des richesses est également un débat dont aucune solution objectif n'existe. Pourquoi alors affirmer que "La légitimité vient des aptitudes du dirigeant à se montrer fort et à faire avancer le pays" alors même que l'avancement du pays est subjectif à chacun ?
Je ne dis pas que l'efficacité est plus importante que la légitimité populaire. Je dis que le talent et le mérite sont des facteurs aussi légitimes que le charisme. C'est une nette différence. Que vous choisissez un dirigeant car il est le plus charismatique, comme c'est le cas en démocratie, ou car il est le plus apte à s'imposer par ses qualités, comme dans un régime autoritaire, c'est un simple choix social et historique. Il n'y a pas le bon choix parmi ces deux modes de gouverne. Il y a des choix adaptés aux peuples et ceux qui ne le sont pas.
Vous tentez de me dire que l'efficacité est subjective alors que vous me citez deux cas démontrant l'existence d'une efficacité objective. La vérité est que le but de l'efficacité c'est surtout de répondre aux besoins de son époque. Ces besoins ne sont pas forcement toujours objectifs. Ils sont des fois bien subjectif mais ceci n'empêche pas à une personne de qualité de répondre aux besoins élémentaires de la population.
Maintenant au sujet de vos exemples comme l'OGM ou les débats sociétal, je pense que vous voulez politiser des thèmes qui ne sont pas en premier lieu du ressort du politique. Ce que le dirigeant doit faire c'est assurer la stabilité, la sécurité, l'accès à la nourriture, la santé, l'éducation et la culture et fixer des objectifs collectifs sur long terme. Que ces objectifs ne sont pas partagés par tous, c'est un fait. Mais il aura toujours une minorité contre un projet collectif. La question des OGM c'est un débat que la société civile doit conduire, pas le politique. Le politique doit surtout assurer une nourriture accessible et de qualité. La question des OGM, c'est presque du ressort de la philosophie ou les experts en santé publique.
L'avancement d'un pays est nullement subjectif. Vous le dites vous-même. Si la mortalité infantile baisse, la faim recule, on a des actes d'efficacité politique. Si plus de gens ont accès à des soins de qualité, on a des actes d'efficacité. Si plus de gens peuvent s'éduquer et gagner plus, en travaillant moins, alors on a aussi des signes de bonne politique. Il y a donc des critères bien visibles et faisant une unanimité. C'est là ou le politique doit agir. C'est là ou le travail doit se faire. Maintenant, si vous êtes pour ou contre les OGM, c'est un débat qui finalement est secondaire comparé à tous ce qui reste à faire dans le domaine de la santé, l'éducation, la qualité de l'eau, un bon réseau de transport, une lutte contre la pollution et je vous passe de faire toute la liste. Donc non, l'avancement d'un pays n'est pas subjectif ou pas que.
Je sais pourquoi vous me dites ceci. C'est car vous venez d'un pays qui pense avoir tout acquis, tout conquis est qui désormais peut se permettre le luxe de mettre en priorité des questions secondaires comme les OGM. On pourrait considérer ceci comme un signe de désœuvrement du politique. Mais je suis convaincu que si vous cherchez bien, il y a encore bien de choses plus importantes à faire que de débattre sur les OGM. Tout simplement, c'est plus facile de parler sur les OGM que de parler d'inégalité de revenus ou les solutions sont très compliqués et froisseront ceux qui financent les campagnes électorales. Et je vous rassure, réduire les inégalités en terme de revenus, c'est loin d'être quelque chose de subjectif. Je peux même parier que les gens concerneront vous diront que c'est même très tangible et objectif. Que vous ayez deux mille ou trois mille dollars à la fin du mois, personne vous dira que c'est subjectif. A part peut être ceux qui en gagnent des millions en tout.
Donc si l'avancement d'un pays est objectif, alors le fait de choisir comme dirigeant quelqu'un qui a les qualités pour le faire, est justifié. Dans la Fédération, tout reste à construire, tout à conquérir et donc nous ne pouvons pas nous permettre de luxe de gens charismatiques mais ne sachant pas quoi faire pour répondre aux problèmes bien tangibles du quotidien des citoyens de la Fédération. C'est un choix que nous impose l’histoire.
Vous savez probablement que l'économie est un domaine particulièrement politique. Que l'on soit partisans d'un "libéralisme efficace", d'un "régulationnisme sociale", d'une "décroissance raisonnable" ou bien même d'une"planification". Que l'on soit partisans d'un productivisme quantitatif ou de la protection du consommateur qualitative. Que l'on défende une répartition des richesses qui suit les lois du marché, de l’instauration d'inégalité correctrice, de la méritocratie ou bien de l'égalitarisme, tous on une vision différente des choix économiques à faire, d'autant plus que l'idéal de société diverge entre ces différentes obédiences économiques. En tant que Danuboises, je ne comprend pas votre étonnement quant aux fait que les Vicaskarannaises concernent les choix économiques à faire, bien qu'il est vrai que la démocratie serait souhaitable également pour des questions plus sociétale au niveau de l'union.
Il y a mille façon de voir l'économie mais il n'y a qu'une seule économie. On ne peut pas fabriquer une table de mille façons. Le processus économique sera presque toujours le même à quelques détails près. Vous ne pouvez pas commercer de mille manières ou créer de la richesse de trente-six facons. Raison pourquoi toutes les idéologies que vous avez cités abordent que deux questions : comment distribuer la richesse et selon quelles règles doit-on la produire ? Mais en soit, la façon de produire la richesse sera toujours identique. Vous ne pouvez pas faire une table de manière très différente. Vous pouvez mieux protéger les travailleurs, donner plus ou moins de salaire, de sécurité et de confort mais le processus de production de la table sera identique. Maintenant, si vous voulez gérer une économie à l'échelle continentale, dont le conseil se fixe le but, vous avez besoin de gens sachant de quoi ils parlent. Des gens qui connaissent les flux commerciaux, les structures économiques à grande échelle et les enjeux. Au niveau d'un pays, c'est une bonne chose de discuter sur comment on réglemente la production mais au niveau continental, c'est surtout organiser les grands flux économiques qui comptent et ceci se fait avec des gens ayant des connaissances dans ce domaine. On pourra discuter des heures durant sur les OGM mais ceci n'aidera à rien de savoir comment transporter des marchandises du Perlian vers la Fédération. Quel taux de douane est le bon ? Comment produire assez de nourriture au niveau continental ? Ce sont des problèmes très concrets et techniques qui demandent des gens qui ont une expertise dans le domaine. On peut discuter de questions idéologiques mais ceci doit être secondaire par rapport à l'organisation à grande échelle de l'économie continentale. Je pense que des débats comme les OGM ont leur place au conseil éthique, pas économique et c'est là ou une assemblée avec une grande diversité idéologique est une force.
Parlant d'économie, quel est votre programme ? Que pensez vous du libéralisme, du corporatisme ?
Je pense que l'économie est une question avant tout nationale. Chaque pays à une structure économique propre qui exige des réponses adaptées. Pour la Fédération, je défends le principe de la production nationale pour la consommation nationale. La politique d'exportation massive d'avant la crise a montré l'extrême fragilité de notre économie quand nous misons tout sur le commerce mondial. Exporter c'est bien mais pas quand nous faisons que ceci. Je vise donc à favoriser l'émergence de ce qu'on aime nommer les PME, donc les petites et moyennes entreprises qui produisent localement pour répondre à la demande locale. Il faut lutter contre le chômage et permettre aux gens de se procurer de la nourriture, des vêtements, de l'essence et des biens de tous les jours à un prix abordable et une qualité fiable. Ceci passe donc par une production localisée. On ne peut plus contribuer à produire des voitures inaccessible pour le citoyen du pays que nous vendons au Raksasa. Si ceci signifie moins de croissance, c'est un prix acceptable. Mais il faut maintenant s'attaquer au niveau de vie catastrophique des gens de la Fédération. Il faut passer de l'ouvrier-esclave à l'ouvrier-citoyen.
Au sujet du libéralisme, je vais vous donner une vieille métaphore de chez nous. L'économie c'est comme un chien qu'on tient à une laisse. Si vous tenez la laisse trop courte, il s'étouffera. Si vous la lâchez trop, il s'échappera et mordra quelqu'un. L'art c'est de donner assez de laisse pour qu'il puisse s'épanouir sans prendre le risque de perdre le contrôle sur lui. Donc ni l'économie planifiée ni l'ultra-libéralisme sont des réponses adaptés sur le long terme. Un étouffe l'économie, l'autre la laisse échapper tout contrôle. Vous remarquerez que ni l'ultra-libéralisme ni l'économie planifiée dure sont largement répandue sur la planète. On opte donc le plus souvent pou des solutions intermédiaires et centristes car instinctivement, on sent que la solution n'est pas dans l'extrême.
Vous savez qu'avec les anciens événements d'Hohensteinhart, avec le scandale politique qu'à suscité les accords avec la Tchoconalie et les actuelles émeutes dans la capitale Danuboise, qui font en partie écho à la mort d'un professeur Danubois au Khaldidan, emprisonné pour avoir défendu le régime démocratique face à ses élèves; les Danubois, dont particulièrement l'opposition politique, sont hostile à tout accord avec des états totalitaires ou ne respectant pas la notion d'état de droit.
Constatant cela, que voulez-vous dire à ces nombreux citoyens partisans de la déclaration des droits des humains ?
Pour commencer, il ne faut pas confondre état totalitaire et état autoritaire. Le premier veut le contrôle absolu sur l'homme alors que le second pratique simplement une politique plus autoritaire comparé à un régime démocratique. La Fédération au contraire de ce qu'on aime dire dans certains discours n'est pas totalitaire ou ne l'est plus. Elle l'était avant sous le Sunisme mais aujourd'hui c'est un régime autoritaire avec une obédience national-conservatrice. Il est important de faire cette différence. Certes, j'imagine que pour beaucoup, ca paraît être une petite différence aux yeux de la personne lambda qui vit dans une démocratie mais elle est fondamentale. Nous ne voulons pas créer un homme nouveau.
Après, je permets de vous dire que ne pas appliquer les principes des droits des humains ne signifie pas qu'un pays n'est pas un état de droit. L'état de droit, c'est quoi ? C'est un pays dans lequel les décisions et le système pénal sont liés au droit donc à la loi. C'est le cas de la Fédération. Toute action politique doit avoir une base légale. On peut bien évidemment discuter la qualité de cette base légale mais elle existe. Si vous êtes un citoyen, vous pouvez en lisant le droit savoir à quel moment vous êtes exposé à des sanctions et quand non. Vous pouvez donc vivre sans jamais avoir de problème avec l'Etat. Bien évidemment il peut exister des moments d'actions arbitraires mais elles sont vraiment extrêmement rare et prise dans l'urgence.
Prenons le cas de ce malheureux professeur au Khalidan. Que serait-il arrivé s'il serait venu à Sayakon enseigner dans une université ? Selon notre législation, vous pouvez tout à fait militer pour un système politique à condition de ne pas vous attaquez directement ou indirectement au gouvernement fédéral. C'est à nos yeux une mesure de sécurité. Nous sommes d'accord de laisser aux intellectuels une « marge de manœuvre » mais à condition qu'ils acceptent un accord de non-agression idéologique avec le gouvernement. Concrètement, vous ne pouvez pas mettre en cause le système politique concret de la Fédération mais rien empêche de dire que vous êtes contre une décision précise si vous avez des arguments. Vous pouvez aussi dire que vous pensez qu'il faut mieux inclure la population dans le processus politique. Bien évidemment le problème réside dans la frontière entre ce qui est une critique constructive et une attaque idéologique. Jouer sur cette frontière comporte un risque.
Mais imaginons que le professeur aurait dit que la démocratie serait mieux pour la Fédération ? Une critique idéologique directe contre notre système. La police l'aurait arrêté et on aurait interrogée la personne. Ensuite, si on pense que cette critique était volontairement portée contre le gouvernement et avait un but militant, il aurait eu un procès. Dans ce procès, il aurait eut droit à choisir librement avocat et on aurait eut une procédure juridique classique entre lui et le procureur fédérale. A mon avis, on l'aurait très probablement relâché rapidement car on aurait vu que c'était une critique pas vraiment malveillante. Le but n'est pas de poursuivre un pauvre professeur qui connaît mal les coutumes locales mais de punir les personnes qui veuillent vraiment déstabiliser le pays. Et même s'il aurait été reconnu coupable, il est à mon avis fort probable qu'on se serait contenté soit d'une amende soit d'une expulsion du pays. Il faudrait vraiment qu'il ait organisé un mouvement politique pour qu'il eut le risque d'une peine de prison et même là, je pense que votre ambassadeur aurait simplement pu faire une demande d'extradition auprès le consulat tarnois.
Tout pour vous dire que la Fédération n'est pas totalitaire mais autoritaire et il existe un état de droit. Si au niveau législatif et exécutif, les pouvoirs se mélangent, la justice reste indépendante. Vous pouvez penser que je tend de vous tromper mais je vous laisse la liberté de contacter les ONG les plus farouchement opposé à ma personne. Tous vous diront que je suis un monstre salopard mais aucun pourra vous dire en âme et conscience que le système judiciaire est sous influence du gouvernement. Après , je ne nie pas qu'il puisse exister une corruption des juges mais le gouvernement n'en participe pas. Ce dernier point est un problème que connaissent même les meilleures démocraties.
Mais je comprends les sentiments des Danubois et de leur point de vue, je leur dit qu'ils ont raison de penser ainsi. Après, ils doivent comprendre que je dois défendre des intérêts étatiques dans un pays qui a connu dix ans de révolution et contre-révolution. Oui, je dois prendre des décisions qu'ils peuvent juger cruels mais si une personne est tué sous ma direction, c'est que ceci est le seul et unique moyen d 'éviter des dizaines de milliers de morts. La violence est des fois nécessaire pour éviter une nouvelle guerre civile. On essaie de la limiter, de tenter de passer par le dialogue et par un processus juridique mais il existe des moments ou ceci n'est pas possible. Je suis convaincu que dans deux à cinq ans, il ne faudra plus faire ces actes barbares car on aura pu construire un pays assez stable pour se passer d'actes de répression. Même aujourd'hui, je peux vous dire que la Fédération est devenu un régime beaucoup plus respectueux de l'intégrité individuelle. Ce n'est pas parfait mais nous travaillons à établir des règles de jeu qui soient le moins violent et le plus propre que possible. Après, je pense que les Danubois peuvent se reconnaître dans leur propre histoire. Eux aussi devaient passer par des époques violentes pour arriver à ce qu'ils sont aujourd'hui. Ils doivent simplement nous permettre de faire notre propre évolution.
Je respecte les Danubois pour leur culture et leur vision du monde. Mais je dois avant tout défendre un pays qui n'est pas aussi avancé que le Danube. Mais je peux leur promettre une chose et s'il y a une chose que les dictateurs font, c'est tenir leurs promesses. Si le Président du Danube sent le besoin de me parler sur la question des droits des hommes, je serais là, j'écouterais et je lui dirais alors ce qui est faisable, ce qui ne l'est pas et pourquoi et quand nous pourrons améliorer les choses. Je suis disponible au dialogue mais il est essentielle de comprendre que je ne peux pas sortir une baguette magique et transformer la Fédération dans une démocratie ou tout le monde s'aime et danse autour le feu en chantant Kumbaia. Ce sont des processus longs et compliqués mais on peut essayer de trouver des compromis. Sur certaines choses, je devraient dire non car les conditions ne sont pas remplies pour le faire mais je vous rassure, je n'en prends pas un plaisir à restreindre les libertés individuelles. Je le fais car autrement la paix sera en danger et la liberté ne sert à rien quand la guerre civile ravage un pays.
Une question plus philosophie cette fois ci ; est-ce qu'un individu peut exprimer son individualité face à une société ? Est-ce que vous considérez que le bonheur passe avant tout dans un groupe qu'est la société entière ou qu'il est à l’inverse primordiale qu'un être puisse avoir sa propre culture en ce sens qu'il exprime son individualité au travers d'une communauté spécifique et parfois marginale, par exemple une communauté geek, homosexuel, artistique etc... Bref, que pensez vous du libéralisme sociale et de l'affranchissement des individus face à certains diktats sociales imposés par un mode de vie qui fait doxa ?
Bien évidemment qu'il le peut. Je trouve que c'est une erreur d'opposer la société à l'individu. Les excès dans les deux sens sont dangereux. La pratique de l'individu-roi est aussi malsaine que celle du système totalitaire et collectif. Je pense qu'une société a besoin de règles, d'une doxa qui est respecté. Après, cette doxa ne doit pas écraser les minorités par la violence. On peut demander une certaine tenue et de garder certaines cultures dans le milieu privé mais rien sert à vouloir poursuivre les gens avec une baïonnette jusqu'à dans leurs maisons. Je suis également contre cette manie de certains pays de vouloir à tout prix démonter leur société traditionnelle pour établir l'individualisme en tant que nouvelle norme. Le libéralisme social en soit est un contre-sens. On ne construit pas une société par l'accumulation d'individus mais par leur union et fusion. Ceci signifie donc que les individus doivent respecter la société et la culture dominante et qu'en échange, ils aient le droit dans l'espace privé de s'organiser librement voir aussi de revendiquer une partie de l'espace public. Une certaine diversité est bonne à condition que la diversité ne soit pas la norme qui remplace l'unité sociale. Prenons le cas des geeks. Qu'ils puissent librement s'organiser, faire des tournois de jeux, promouvoir leurs idées dans le milieu professionnel est une chose mais ce n'est pas à la société de se dissoudre pour qu'ils puissent s'épanouir. La même chose dans le domaine des mœurs sexuelles. Que deux femmes ou hommes veuillent pratiquer l'homosexualité est une chose mais ils n'ont pas à commencer à faire des manifestations publiques et politiques. Il faut leur laisser la liberté de vivre ensemble et avoir la sexualité qui leur convient tant que ca reste privé. Après, certaines mœurs doivent être combattues comme la pédophilie, la nécrophilie et la zoophilie. Dans ce cas, la protection de l'espace privé ne compte plus. Aussi, la société a le droit de proscrire certaines attitudes, idées et pratiques dans l'espace publique. Une société représente un consensus majoritaire comment l'espace public doit être. Les minorités doivent avoir le droit d'exister en marge mais il est hors de question de changer la société pour plaire à ceux-ci. Nous avons des valeurs que nous défendons. Des alternatives peuvent exister mais nous n'avons pas à renoncer aux conviction de la majorité pour les idées de quelques uns. Par exemple certains veuillent abolir la polygamie. Pour ma part je considère que ceci fait partie de notre culture et qu'il est hors de question de se plier à ceci. Les femmes et hommes ont toujours pu librement opter vivre un ou plusieurs conjoints. Surtout les femmes en ont profité de ce système qui les protège mieux face à des abus physiques et leur donne une liberté sexuelle dans le cadre d'une société conservatrice.
Pour revenir à Tumien, pensez-vous que les efforts du gouvernement actuel pour préparer la reconnaissance culturelle des natifs et plus largement pour la création de la communauté du Péro est un effort louable ou de la poudre dans les yeux ?
Tout effort est louable et on peut toujours aller plus vite. Tumien dirait que c'est rien et insuffisant. Moi je dis que c'est un début. Qui suis pour condamner un progrès ? Même s'il est petit, c'est une bonne chose. Et si c'est par calcul politique, je dis clairement : on s'enfiche, pourvu que ca aille dans le bon sens. Si tous les politiciens feraient le bien par égoisme, je vous rassure que le monde serait merveilleux.
Pour finir, avez vous tous simplement une chose à ajouter et que vous n'avez pas pu exprimer aux travers vos réponses ?
J'aimerais vous remercier pour avoir permis cet interview et fait des questions critiques. Sachez que je vous inviterais à boire une bière si une fois vous passez à Sayakon.
Je n'y manquerais pas. Voilà donc cette interview à présent terminé, nous laisserons les lecteurs et commentateurs de tout bord juger de la position politique défendu par notre invité.