Posté : mar. janv. 06, 2015 7:01 pm
Les caisses noires de la Confédération
Il faisait presque nuit lorsqu’un convoi se faufilait dans les rues de Pantirabo, ou plutôt de ce qu’il en restait. Toute la ville n’était pas encore debout, dans tous les sens du terme en fait. Vladimir Stramine rechignait à la reconstruire : elle était la tumeur d’un ancien monde qui méritait de disparaître. Ce qui se murmurait dans les couloirs des locaux gouvernementaux portait d’ailleurs atteinte au GPDP. Certains osaient affirmer que c’était sa femme qui voulait la reconstruction de la ville. Enfin, ce n’était pas bien important. Le convoi en question était composé de quatre lourdes blindées en armes, encadrées par deux chars légers et rapides ainsi qu’une dizaine de motards. Cette fois-ci, aucun hélicoptère ne les suivait, on avait remarqué que cela attirait trop l’attention. Lorsque le soleil toucha l’horizon, le convoi était en train de sortir de la ville. Pendant plusieurs heures, il roulait sans s’arrêter, franchissant collines, plaines et cols.
Après plusieurs heures, une nuit noire l’enveloppait. Tous feux éteints, il se dirigeait maintenant vers une petite ville de province non-éclairée. Enfin, il sortit de la route et continua sur un chemin de campagne qui menait vers un vieil hangar. Tous les véhicules s’arrêtèrent en même temps. Après quelques secondes prises pour observer les environs, le passage du premier blindé descendit et toqua à quatre reprises sur la lourde porte en bois du hangar. Cette dernière se mit à bouger et s’ouvrit. Un homme en armes se tenait devant eux et regarda derrière le chauffeur.
Le soldat : Seulement quatre ?
Le chauffeur : A partir de demain, ce sera au moins six, je dois en parler au Meïlarté.
Le Meïlarté : Je suis là. Tout s’est bien passé ?
L’homme venait de sortir du fond de la grange. Il était vêtu d’un costard cravate qui laissait entre-apercevoir le magnum 44 qu’il avait attaché à sa ceinture. L’arme préférée des mafiosos juvniens. De plus, son visage était caché par un étrange tissu, assez typique de ces régions du Juvna. Il ordonna d’un geste de la main à ce que l’on éteigne toutes les lumières. On ne voyait plus rien dans la nuit alméranne. D’un pas assuré et rapide, le Meïlarté (surnom qui signifie « Celui d’en haut ») se rendit derrière la première blindé, qu’il ouvrit violemment. A l’intérieur, des centaines, voire des milliers de petits sachets remplis d’opium.
Un convoyeur : La même chose dans les trois autres.
Le Meïlarté : On en tirera neuf ou dix millions, grand maximum. J’ai entendu qu’on passera les bouchées doubles demain ?
Le chauffeur : On augmentera à au moins 6 blindées par convois. Il nous faudra plus d’hommes.
Le Meïlarté : Ca, ce n’est pas un problème.
Le chauffeur s’approcha du Meïlarté et murmura à son oreille.
Le chauffeur : C’est pas discret ces convois, ça mobilise beaucoup de monde et de temps. Des camions banalisés nous permettraient de transporter plus de marchandises, plus efficacement.
Le Meïlarté : Et si les camions se font choper par une patrouille de flics ? Ils ne sont pas tous de notre côté. Ces convois sont moins discrets, mais ces hommes sont avec nous, puis le pays se reconstruit, alors les mouvements d’énormes capitaux ne choquent personne. Bons moyens et bon alibi.
Le chauffeur : On prend des camions particuliers, et vous faites une circulaire comme quoi il ne faut pas les arrêter pour x ou y raison.
Le Meïlarté : Un imbécile honnête ira rapporter ça au Parlement du peuple, et on me demandera des comptes. Trop risqué.
Le chauffeur : Bien. On se fait combien en tout ?
Le Meïlarté Si l’on compte tous les convois comme celui-ci qui circulent par jour dans tout le pays, on doit en avoir pour sept milliards par mois.
Le chauffeur : Ca part vers où ?
Le Meïlarté : RS de Pasjonstan, puis vers le monde. Mais je crains que son président ne commence à culpabiliser. Il nous faudra développer nos plaques exportatrices vers le golfe d’Imperiak. Sept milliards, ça ne se perd pas.
Le chauffeur : On en fait quoi de ce pognon ?
Le Meïlarté : Environ un milliard est utilisé sur le champ pour payer tous ceux qui ont participé au business, toi, tes hommes, mes hommes, nos hommes, l’essence des bagnoles, le silence etc. Un autre milliard est réinvesti pour le mois suivant, pour développer nos champs de pavot et nos infrastructures.
Le chauffeur : Il reste cinq milliards.
Le Meïlarté : … Qui forment le petit coffre où je me sers pour mettre en place des projets d’envergure et me faire bien voir par le pouvoir central. Je passe alors pour un économiste et un politicien hors-pair.
On commençait à décharger le convoi, pour transférer la marchandise vers un autre. Cela faisait plusieurs mois que cette économie parallèle s’était mise en place, dans le dos des pouvoirs confédérés. Dans le dos ? Pas tant que ça. On ralluma la lumière dans le hangar et l’on aperçut le visage du chef de ce trafic, le Meïlarté ; Esen Rezan, président de la République Socialiste de Juvna.
Il faisait presque nuit lorsqu’un convoi se faufilait dans les rues de Pantirabo, ou plutôt de ce qu’il en restait. Toute la ville n’était pas encore debout, dans tous les sens du terme en fait. Vladimir Stramine rechignait à la reconstruire : elle était la tumeur d’un ancien monde qui méritait de disparaître. Ce qui se murmurait dans les couloirs des locaux gouvernementaux portait d’ailleurs atteinte au GPDP. Certains osaient affirmer que c’était sa femme qui voulait la reconstruction de la ville. Enfin, ce n’était pas bien important. Le convoi en question était composé de quatre lourdes blindées en armes, encadrées par deux chars légers et rapides ainsi qu’une dizaine de motards. Cette fois-ci, aucun hélicoptère ne les suivait, on avait remarqué que cela attirait trop l’attention. Lorsque le soleil toucha l’horizon, le convoi était en train de sortir de la ville. Pendant plusieurs heures, il roulait sans s’arrêter, franchissant collines, plaines et cols.
Après plusieurs heures, une nuit noire l’enveloppait. Tous feux éteints, il se dirigeait maintenant vers une petite ville de province non-éclairée. Enfin, il sortit de la route et continua sur un chemin de campagne qui menait vers un vieil hangar. Tous les véhicules s’arrêtèrent en même temps. Après quelques secondes prises pour observer les environs, le passage du premier blindé descendit et toqua à quatre reprises sur la lourde porte en bois du hangar. Cette dernière se mit à bouger et s’ouvrit. Un homme en armes se tenait devant eux et regarda derrière le chauffeur.
Le soldat : Seulement quatre ?
Le chauffeur : A partir de demain, ce sera au moins six, je dois en parler au Meïlarté.
Le Meïlarté : Je suis là. Tout s’est bien passé ?
L’homme venait de sortir du fond de la grange. Il était vêtu d’un costard cravate qui laissait entre-apercevoir le magnum 44 qu’il avait attaché à sa ceinture. L’arme préférée des mafiosos juvniens. De plus, son visage était caché par un étrange tissu, assez typique de ces régions du Juvna. Il ordonna d’un geste de la main à ce que l’on éteigne toutes les lumières. On ne voyait plus rien dans la nuit alméranne. D’un pas assuré et rapide, le Meïlarté (surnom qui signifie « Celui d’en haut ») se rendit derrière la première blindé, qu’il ouvrit violemment. A l’intérieur, des centaines, voire des milliers de petits sachets remplis d’opium.
Un convoyeur : La même chose dans les trois autres.
Le Meïlarté : On en tirera neuf ou dix millions, grand maximum. J’ai entendu qu’on passera les bouchées doubles demain ?
Le chauffeur : On augmentera à au moins 6 blindées par convois. Il nous faudra plus d’hommes.
Le Meïlarté : Ca, ce n’est pas un problème.
Le chauffeur s’approcha du Meïlarté et murmura à son oreille.
Le chauffeur : C’est pas discret ces convois, ça mobilise beaucoup de monde et de temps. Des camions banalisés nous permettraient de transporter plus de marchandises, plus efficacement.
Le Meïlarté : Et si les camions se font choper par une patrouille de flics ? Ils ne sont pas tous de notre côté. Ces convois sont moins discrets, mais ces hommes sont avec nous, puis le pays se reconstruit, alors les mouvements d’énormes capitaux ne choquent personne. Bons moyens et bon alibi.
Le chauffeur : On prend des camions particuliers, et vous faites une circulaire comme quoi il ne faut pas les arrêter pour x ou y raison.
Le Meïlarté : Un imbécile honnête ira rapporter ça au Parlement du peuple, et on me demandera des comptes. Trop risqué.
Le chauffeur : Bien. On se fait combien en tout ?
Le Meïlarté Si l’on compte tous les convois comme celui-ci qui circulent par jour dans tout le pays, on doit en avoir pour sept milliards par mois.
Le chauffeur : Ca part vers où ?
Le Meïlarté : RS de Pasjonstan, puis vers le monde. Mais je crains que son président ne commence à culpabiliser. Il nous faudra développer nos plaques exportatrices vers le golfe d’Imperiak. Sept milliards, ça ne se perd pas.
Le chauffeur : On en fait quoi de ce pognon ?
Le Meïlarté : Environ un milliard est utilisé sur le champ pour payer tous ceux qui ont participé au business, toi, tes hommes, mes hommes, nos hommes, l’essence des bagnoles, le silence etc. Un autre milliard est réinvesti pour le mois suivant, pour développer nos champs de pavot et nos infrastructures.
Le chauffeur : Il reste cinq milliards.
Le Meïlarté : … Qui forment le petit coffre où je me sers pour mettre en place des projets d’envergure et me faire bien voir par le pouvoir central. Je passe alors pour un économiste et un politicien hors-pair.
On commençait à décharger le convoi, pour transférer la marchandise vers un autre. Cela faisait plusieurs mois que cette économie parallèle s’était mise en place, dans le dos des pouvoirs confédérés. Dans le dos ? Pas tant que ça. On ralluma la lumière dans le hangar et l’on aperçut le visage du chef de ce trafic, le Meïlarté ; Esen Rezan, président de la République Socialiste de Juvna.