Page 4 sur 6
Posté : jeu. août 01, 2019 5:39 pm
par Viktor Troska
[bod]WESTRAIT'S LITTLE LEXICON (II)[/bod]
[center][img]https://i.imgur.com/1nNb1bF.png[/img][/center]
[justify]Le Westrait, comme toute société en transition d'un modèle politique à un autre, connait ses propres transformations dans le langage usuel. Pour essayer d'y avoir plus clair, ce petit lexique est à disposition pour toute personne ne souhaitant pas passer pour une ignare quand elle foule le sol westrait. Mots, définitions, expressions, acronymes, tout y est pour pouvoir s'y retrouver.
[quote]APPARATCHIK(I) : Terme provenant du bykovien, que l'on peut traduire par "membre de l'appareil", désigne un fonctionnaire dans la branche civile qui officine généralement dans l'administration d'Etat. Contrairement à une croyance répandue, ce terme n'est pas utilisée de manière péjorative et désigne affectueusement un quelqu'un disposant d'un mandat et travaillant dans l'immense appareil administratif du pays. On lui oppose généralement la figure du bureaucrate, qui lui est vu comme un parvenu, un incapable voir un planqué.[/quote]
[quote]BUREAUCRAT : Terme péjoratif et méprisant utilisé pour désigner un membre occupant une position administrative mais qui cherche uniquement à faire carrière au sein de l'appareil, sans développer de facteurs politiques, économiques ou idéologiques particulier. Le terme et l'emploi de ce terme est politiquement offensant, car il représente un style de travail et une manière de concevoir le travail politique qui ne tient pas compte de la ligne de masse et de l'intérêt de la construction du socialisme dans le pays.[/quote]
[quote]COLLECTIVE : Forme avancée et plus haute d'une coopérative, où l'ensemble des décisions ainsi que des ressources productives sont détenues en de manière commune. Ce type de formeéconomique est encore assez rare au Westrait, comparée aux coopératives. Elle touche essentiellement les secteurs de pointes où les secteurs où les collectifs de travailleurs et de travailleuses décident volontairement de passer de la coopérative à la forme collective de gestion et de production. A terme, cette forme économique devrait se généralisée dans l'ensemble du pays.[/quote]
[quote]COOPERATIVE : Forme usuelle d'organisation économique au Westrait, qui date de la guerre civile et qui s'est généralisée dans l'ensemble du pays suite à la victoire du camp révolutionnaire et progressiste. La majorité des entreprises du pays fonctionnent sur ce principe, c'est à dire l'union volontaire de plusieurs organisations de travailleurs qui gèrent démocratiquement
la production et la répartition. Elle est considérée comme l'étape intermédiaire devant mener à la constitution de grands ensemble collectif à un stade plus développé de la révolution socialiste.[/quote]
[quote]FELLOW TRAVELER : Désigne de manière vague une personne (généralement un intellectuel, mais pas que) qui n'adhère pas à une organisation révolutionnaire mais qui supporte les idées et le programme avancée par cette dernière. Le terme est également utilisé par la droite et les réactionnaires pour parler d'une personne qui cacherait ses sympathies ou qui du moins ne les avoueraient pas au grand jour, pour ne pas être démasqué comme un possible membre ou agent d'une organisation révolutionnaire. De manière générale, le terme est malgré tout connotée positivement.[/quote]
[quote]MUTUAL : Forme première et basique d'organisation économique, utilisé principalement dans l'agriculture ou dans les politiques de logement. Il s'agit d'une association volontaire où tous les membres jouissent d'un bénéfice mutuel, mais où certains biens ou ressources reste dans le domaine privée. Dans le cas de certaines fermes par exemple, l'ensemble des biens comme les tracteurs, les semences ou les engrais sont des biens collectifs alors que la terre et son exploitation reste dans le domaine privée de ceux et celles qui l'exploitent.[/quote]
[quote]PEOPLE : Terme fourre-tout qui est utilisé à tort et à travers pour désigner un ensemble plus ou moins cohérent suivant l'appartenance politique de la personne qui l'utilise. Pour l'écrasante majorité des révolutionnaires, l'usage du terme "peuple" est avant tout mobilisateur et utilisé dans un cadre purement stratégique, regroupant le prolétariat et ses alliés de classes ou d'autres couches sociales, opposé à ceux qui s'opposent à leurs intérêts. Le terme de "peuple" et celui de "masse" sont assez similaire dans leurs utilisations et peuvent se confondre.[/quote]
[quote]SCAB : Terme péjoratif et insultant qui désigne un briseur de grève ou un jaune. La figure du scab est la bête noire du mouvement syndicaliste révolutionnaire westréen, car il a toujours été du côté du patron, refusant de participer à toute action collective et sabotant parfois la grève en rejoignant des jaunes venus faire sauter des piquets de grèves. Aujourd'hui, le terme est le plus souvent utilisé pour parler de quelqu'un qui refuse de participer à l'activité du syndicat dans sa branche ou son domaine, voir qui s'y oppose avec véhémence.[/quote]
[quote]TO BE ATTACKED BY THE ENEMY IS A GOOD THING : Expression populaire largement reprise au Westrait et qui provient d'abord des communistes karmalis du PRDK-ML quand ce dernier était régulièrement attaqué par les réactionnaires ainsi que par les sociaux-démocrates. Largement utilisé aujourd'hui dans la classe ouvrière westréenne, démontrant par là que toute attaque de l'ennemi montre que quelque chose de positif est accompli et que si il n'y avait qu'un silence, cela voudrait dire que l'ennemi ne se sent pas menacé.[/quote]
[quote]VANGUARD : Terme polémique dans le mouvement révolutionnaire westréen, désignant une force avancée comme une organisation, un parti où des militants qui dirigent un vaste mouvement. Pour les tenants de l'avant-gardisme, il ne s'agit pas d'un terme péjoratif ou insultant, mais bel et bien d'une manière de concevoir la politique et la relation entre les masses, les organisations et leurs dirigeants. Pour ceux et celles qui s'opposent à l'avant-gardisme, il s'agit de démontrer qu'il s'agit là d'une petite élite d'intellectuel qui s'arroge le droit de la révolution et la fait au détriment des masses, parfois même en se retournant contre elle.[/quote][/justify]
Posté : ven. août 02, 2019 7:03 pm
par Viktor Troska
[bod]THE STORY BEHIND THE "PATH OF ARMED STRUGGLE"[/bod]
[center][img]https://i.imgur.com/Z7c4deF.png[/img]
"Dodger the Cat", personnage de cartoon félin anthropomorphe célèbre au Westrait détourné ici volontairement dans un but de
propagande et d'éducation pour les plus jeunes générations, mais pas que...[/center]
[justify][quote]La question centrale de toute révolution est celle du pouvoir : Qui le détient, qui l'exerce, comment et de quelle façon ? Si le mouvement révolutionnaire s'est depuis longtemps positionné sur la question, c'est à dire l'impossibilité d'une transition pacifique du capitalisme au socialisme, l’effritement du mouvement communiste international et la pénétration d'idées réformistes ont enterré dans une assez large majorité des pays cette possibilité. La voie la plus suivie est donc celle de la "démocratie en générale", l'exemple récent du Gandhari a finalement prouvé une fois de plus que le but des communistes n'était pas de géré les affaires de la bourgeoisie, mais bel et bien d'imposer sa propre dictature et de détruire les mécanismes de l'Etat bourgeois. Si toute disposition visant à se mouler pacifiquement dans le cadre de la démocratie bourgeoise est formel, il devient donc parfaitement normal que la question de la prise du pouvoir ne se pose plus en terme militaire, idée à bannir car jugée violente, inadaptée, utopiste, militariste, etc. Au Westrait, cette question s'est posée depuis très longtemps aux forces révolutionnaires mais n'a finalement été tranché que par la guerre civile révolutionnaire qui a mis sur le devant de la scène historique la nécessité de l'armement généralisé du prolétariat. Jusque là, la question de la violence révolutionnaire et toute question s'y rapprochant était évoqué, mais jamais mis en pratique ni même concrètement préparé. Du côté des syndicalistes révolutionnaires, le rêve du Grand Soir et l’ethos de la barricade suffisait en terme de stratégie révolutionnaire. Pour les communistes, la question était ambiguë et bien qu'il existait quelque part un "appareil militaire", ce dernier était grandement inactif et n'était en fait qu'un service d'ordre plus ou moins musclé chargé de protéger les colleurs d'affiches ou les militants lors de la diffusions de tracts ou de journaux. Pour le dire clairement, personne n'était réellement prépare sur le plan organisationnel à se lancer dans la lutte armée et cette possibilité semblait d'ailleurs être assez farfelue au vue de la situation sociale présente au Westrait. Pendant de longues décennies, le mouvement révolutionnaire westréen a été décapité suite à l'affaire Styngal-Robertston et sa longue influence sur le mouvement ouvrier organisé a décliner pour finalement n'être plus que peau de chagrin. Les secousses sociales, politiques, économiques et idéologiques du début du XXIème siècle ont été d'un grand renfort et ont quelque peu relancé la machine. Mais même dans une optique purement révolutionnaire, aucune organisation ne posait concrètement la question militaire et de la stratégie pour la prise de pouvoir. La guerre civile révolutionnaire va être le catalyseur qui va remettre quelques pendules à l'heure.
Au moment de la « Great Miner's Strike » de 2029/2030, la possibilité d'un épisode révolutionnaire se présenta et semblait même sur le point d'éclater, quand une large partie de la population s'était mise derrière les mineurs et contre le gouvernement militaire. Peu d'informations sont encore accessibles là dessus, mais il est de notoriété publique que le Westrait Communist Party, le Socialist Labor Party ainsi que l'IWW ont été les deux organisations qui ont sondés leurs partenaires afin de discuter sérieusement d'un potentiel soulèvement révolutionnaire. Personne n'avait répondu à cette époque et en conséquence de cause, ces trois organisations avaient décidé de jeter les bases d'une commission qui devait se charger de travailler la question militaire d'un point de vue révolutionnaire. Cette première tentative à avortée non pas à cause de désaccords politiques, mais parce que l'intensité de la lutte des classes a conduit naturellement des sections de mineurs à s'opposer militairement aux troupes qui étaient envoyé pour dégager les puits et les mines. Quand les affrontements ont commencé à se généraliser, l'ensemble des révolutionnaires ont eu en tête l'épisode de la Révolution de 1931, où l'armement généralisé des masses avait été rendu possible péniblement, ce qui avait causé sa défaite quelques temps plus tard. L'occasion était désormais bonne pour lancer un tel mot d'ordre et constituer des unités militaires qui serviraient à lutter contre les forces militaires. En l'espace de quelques semaines, des casernes, des dépôts, des commissariats et tout ce qui pouvait contenir des armes avait été pillé et les armes distribués massivement aux organisations syndicales et politiques qui les voulaient. Les premières unités de la guerre civile révolutionnaire, c'est à dire le plus souvent des sections syndicales, des groupes de militants ou de partis politiques, montèrent "au front" la "fleur au fusil" pour s'opposer aux militaires. L'inexpérience des unités militaires et des différentes milices a rapidement mis les révolutionnaires devant le fait accompli : Sans discipline, sans cohérence et sans constituer une force armée solide, il serait impossible de lutter face à la contre-révolution. La constitution de ce qui va devenir la Republican Liberation Army prendra encore un long moment, mais sa constitution aidera grandement à centraliser, équiper et rationaliser l'ensemble des unités combattantes au sein d'un commandant unifié. Pour la première fois, les révolutionnaires avaient la possibilité de pouvoir théoriser et pratiquer la "guerre révolutionnaire". Mais comment faire la guerre quand l'on a toujours refusé de la mettre en pratique ? C'est douloureusement que cette leçon va être retenue et qu'aujourd'hui encore, chaque citoyen et citoyenne du Westrait garde soigneusement une arme dans un coin, au cas où il faudrait à nouveau s'en servir si la contre-révolution revenait.
La question de la lutte armée a donc été posée clairement par le Westrait Communist Party, qui a écrit de nombreux articles sur la question militaire et poser le cadre d'une possible doctrine militaire prolétarienne. Dans ces articles, le dogme des syndicalistes révolutionnaires qui faisaient de la grève générale une idée à atteindre mais qui semblait fuir à l'horizon plus l'on s'en approchait était durement critiqué, jugé même totalement incantatoire. La nécessité de la lutte armée se posait désormais dans le cadre du développement des forces révolutionnaires et cette question ne pouvait pas être traité à côté, ou du moins dans le même tempo social. Les communistes westréens critiquaient ici une idée assez répandue chez les communistes mondiaux, que la nécessité de la lutte armée ne se posait que lorsque la contre-révolution l'avait emportée, ou alors qu'il fallait accumuler pacifiquement des forces et lancer l'insurrection "au moment voulu". Sans peut-être le savoir, les théoriciens du WCP se trouvaient quasiment sur la ligne développé bien des années plus tôt par le PRDK-ML au Karmalistan ainsi que par le PCUP en Valdaquie. L'idée centrale qui revenait entre ces trois organisations pouvait être théorisé sous le vocable de la "guerre populaire", c'est à dire la guerre des masses qui bâtissent leur propre pouvoir rouge, contrôlent ses zones rouges en y appliquant leur programme et petit à petit, se confronte à l'Etat bourgeois jusqu'à ce que ce dernier soit vaincu militairement et politiquement par l'établissement de la dictature du prolétariat. (Ou la Nouvelle Démocratie, comme au Karmalistan ou tout autre pays semi-colonial et semi-féodal) Cette idée directrice a été celle qui a été utilisée par les forces révolutionnaires westréennes et les communistes ont joué un rôle important dans la direction de la guerre, fournissant des cadres importants ainsi que la structure de la Republican Liberation Army, même si ces places leurs ont été ravis par des éléments moins radicaux à la fin de la guerre civile, expliquant en partie l'état de déliquescence dans lequel se trouvait aujourd'hui la Republican Liberation Army. L'expérience de la guerre civile révolutionnaire a définitivement changé la vision des révolutionnaires sur la question de la lutte armée, de la guerre en général et sur la nécessité d'édifier une théorie militaire prolétarienne qui puisse s'appliquer universellement. En rompant avec le révisionnisme et les tactiques réformistes, les communistes, socialistes et syndicalistes westréens ont permis la victoire des forces révolutionnaires lors de la guerre civile révolutionnaire. Mais l'histoire de la "voie vers la lutte armée" est à peine entrain d'être écrite et suscitera très certainement de nombreux débats dans le pays, sur ses tenants et ses aboutissants...[/quote][/justify]
Posté : lun. août 12, 2019 6:18 pm
par Viktor Troska
[bod]CORRESPONDENCE (V)[/bod]
[center][img]https://i.imgur.com/dJ0xZaD.png[/img][/center]
[justify][quote]Cher et estimé Liam Henderson,
J'ai lu avec beaucoup d'attention votre dernière lettre concernant les réformes que nous devons appliquer au sein de la WFRA et comment nous devons mettre en corrélation la nécessité d'une réforme sur le plan stratégique ainsi que sur le plan politico-idéologique. Comme vous le savez, notre révolution n'a pas crée de toute pièce une stratégie militaire prolétarienne. Pour ainsi dire, nous avons mené la guerre en nous basant sur des principes généraux et en incorporant au sein de nos effectifs et de nos organisations des personnalités qui ont apportés un savoir militaire et technique qui faisait défaut jusque là. Je suis de ces personnes là, qui ont basculé dans le camp de la révolution. Nous avons mis au service de la révolution nos savoirs, nos techniques ainsi que nos expertises pour nous assurer la victoire, pour bâtir une force armée révolutionnaire capable de lutter non pas seulement pour écraser notre adversaire, mais pour assurer qu'un nouveau pouvoir prolétarien puisse émerger de notre révolution. C'est là je pense et vous le notez bien dans votre dernière lettre, la différence entre la guerre classique et la guerre révolutionnaire : La première cherche la victoire décisive sur le plan militaire, une bataille d’annihilation, la seconde sait que l'écrasement définitif de l'adversaire n'est pas nécessaire et que les buts politiques fixés qui sont ceux de la libération national et/ou la prise du pouvoir révolutionnaire. Je suis malheureusement en désaccord quand vous exprimez le fait qu'il n'y aurait pas de doctrine militaire prolétarienne parce que nous n'en avons pas eu besoin pour remporter la guerre civile. Or, il est évident que notre victoire sur le plan stratégique n'est pas dû simplement à une copie de l'ordre militaire bourgeois, mais à sa transformation et son adaptation dans la lutte révolutionnaire de masse. Il nous faut analyser l'art de la guerre en utilisant les outils que le marxisme a laissé à notre disposition, en utilisant le matérialisme historique et en concevant bien le fait que si il existe une science militaire bourgeoise, il existe une science militaire prolétarienne.
Notre Etat aujourd'hui est celui de la dictature du prolétariat. La victoire dans notre guerre civile révolutionnaire n'est qu'une première étape dans la longue guerre civile révolutionnaire qui se mène dans le cadre mondial. Il est évident que notre victoire n'a été qu'une percée et représente désormais un rempart sur lequel nous devons nous préparer à subir les assauts de la contre-révolution. C'est en cela que nous devons nous préparer à l'éventualité d'une agression impérialiste et savoir les tâches et les buts que nous devons fixer à la WFRA : Défense de l'intégrité du territoire national et défense de la révolution. Sur ce point, je me place encore une fois en désaccord vis à vis de votre vision que j’appellerai le "partisianisme", c'est à dire l'idée que nous devrions favoriser l'auto-défense en démantelant totalement notre armée nationale pour remplacer cette dernière par un système de milices qui s'échelonnerait sur l'ensemble du territoire, des plus petites communes jusqu'au niveau régional puis finalement national. Si je ne rejette pas l'idée d'un système de milices (Je parle moi-même de l'idée d'une "mer armée des masses" en m'appuyant sur les idées développées par Khalq-Ata), il serait dangereux de penser que cette force soit capable de s'opposer à une armée professionnelle et bien entraînée. Il est encore nécessaire d'avoir une armée permanente, une armée relié à notre Etat (Celui de la dictature du prolétariat) et capable de défendre les acquis de notre révolution. Nous devons combiner alors les forces à la fois régulières et irrégulières et ne pas transformer toute notre armée en petites unités de milices ou de partisans. Vous avez une idée fausse de mes perspectives quand vous exprimez le fait que je serai opposé à l'utilisation de la guerre des partisans, ou alors que je sous-estimerai leur importance durant la guerre civile. Nous nous sommes mal compris sur ce point, je vais donc éclairer mon point de vue.
Militaire de carrière, je ne comprenais l'utilité de la guerre des partisans que comme des opérations visant plus ou moins à déstabiliser les arrières de l'ennemi, ou à pratiquer des attaques visant à la déstabiliser mais n'offrant aucune perspective stratégique claire. Je me suis rendu compte de mon erreur en relisant notamment l'oeuvre du général töttern Von Clausewitz, qui a consacré plusieurs écrits et même des conférences sur ce qu'il nomme la "petite guerre" et tout simplement sur la guerre des partisans. Si ce dernier, en tant que conservateur, percevait simplement la mobilisation du peuple dans le cadre d'une "guerre populaire" dans le cadre d'une défense nationale et donc rejetant toute visée révolutionnaire , nous devons comprendre que la "guerre populaire" tel que nous devons la pratiquer vise justement une visée révolutionnaire et doit non pas être encadré dans un sens limité, obtus et bourgeois, mais avec la conviction que seule une politique révolutionnaire au poste de commandement permettra d'aboutir à la victoire dans une guerre révolutionnaire. Dans le cadre de la défense de notre pays, il est évident que la pratique de la guerre des partisans sera nécessaire et sera très certainement primordial sur des combats ouverts et des grands engagements. Il nous faut relire les grands classiques en matière de stratégie et d'art militaire et c'est en cela que nos futures académies militaires seront importantes, car elles formeront idéologiquement, politiquement et stratégiquement toute une génération de commandants qui auront comme tâche de définir les contours de ce que sera une stratégie militaire prolétarienne pour notre Etat. Donc, je me dresse contre cette volonté manifeste de déformer mes propos en ce qui concerne la guerre des partisans et la "guerre populaire". Peut-être devrais-je écrire plus largement sur ce sujet, je vous ferai parvenir un manuscrit avec mes notes à ce sujet pour faire taire définitivement cette polémique stérile.
Enfin, j'aimerai vous remercier pour les remarques et vos vues assez justes sur des questions d'importances capitales, comme celle du contrôle du militaire par le pouvoir civil, ou encore la nécessité de réorganiser notre commandement sur une base unifiée et de redéfinir notre ligne générale concernant le rôle que doivent avoir les commissaires politiques au sein des unités et du commandement. Je n'ai pas grand choses à ajouter là dessus, nos vues sont concordantes et je sais qu'au sein du People's Officier Corps il existe une tendance assez importante se dégageant sur ce point. La transformation radicale que nous opérons dans nos forces armées révolutionnaires sera d'une grande importance dans les années qui viennent. La défense de la patrie socialiste est aussi important que notre soutien à la révolution mondiale, seul des sots ne peuvent pas voir le lien dialectique qui uni les deux. En assurant la pérennité de la révolution westréenne, nous assurons également la pérennité dans l'arène mondiale de la lutte des classes. Soyons fier de la tâche qui nous incombe, continuons d'étudier sérieusement et de nous transformer intégralement en de véritables soldats de la révolution.
[right]Votre estimé et dévoué frère d'arme,
Edgar Ross[/right][/quote][/justify]
Posté : dim. août 18, 2019 7:50 pm
par Viktor Troska
[bod]THE GREAT JAKE[/bod]
[center][img]https://i.imgur.com/lJAVETr.png[/img][/center]
[justify]Kendrick rentrait des cours en se demandant ce qu'il allait bien pouvoir écrire pour son prochain sujet d'histoire. Si il y avait bien un sujet qui était désormais incontournable dans les programmes westréens, c'était l'histoire de la guerre civile révolutionnaire, de son commencement jusqu'à sa conclusion. Si désormais la guerre civile révolutionnaire formait pour ainsi dire une partie importante de l'histoire nationale et son orthodoxie, le champ d'étude à son sujet était extrêmement ouvert et l'on continuait encore de publier des analyses portant sur ce conflit. Pour Kendrick cependant, il ne s'agissait pas de pondre une nouvelle thèse mais de faire une présentation sur un événement ou une situation particulière de la guerre civile. Lui n'en savait rien et avait été tenté comme énormément de monde de juste regarder sur internet pour consulter des sites en parlant, rapidement faire un résumé et le tour était joué. Mais rien n'était aussi simple, il fallait parler d'un sujet qui touchait sa propre famille ou son entourage. Difficile donc de pouvoir allègrement pomper sur une histoire qui était déjà écrite et qu'il suffirait juste de mettre en forme à sa propre manière. Tout le long du chemin, Kendrick n'avait que ça en tête. Pour être tout à fait franc cela ne l'intéressait absolument pas. Il aurait largement préféré abordé un autre sujet, ou même tout simplement pouvoir se soustraire à ce type d'exercice. Il se disait que peut-être ses parents pourraient l'aider à y voir plus clair, car comme de nombreux westréens et westréennes ils avaient pris part à la guerre civile révolutionnaire, de gré... comme de force.
KENDRICK MADDOX | « Pap', j'ai besoin de ton aide sur ce coup... »
LEIGH MADDOX | « Quand tu fais cette tête là, c'est que tu as quelque chose de grave à me demander. Qu'est-ce que tu as encore fait comme connerie ? »
Leigh Maddox travaillait dans un garage automobile et pour tout dire, c'était simplement sa passion depuis qu'il était gosse. Quand son fils vint le voir, il était dans son propre garage entrain de bidouiller sa propre voiture. L'homme âgé d'une quarantaine d'années savait parfaitement que son fils ne venait pas tout fielleux le voir pour rien, quelque chose se tramait.
KENDRICK MADDOX | « Mais rien, j'te promet ! C'est en rapport avec les cours... »
LEIGH MADDOX | « Donc j'avais raison, t'as fais une connerie ! »
KENDRICK MADDOX | « Mais... Tu vas me laisser finir s'il te plaît ? Bon, pour mon cours d'histoire portant sur la guerre civile révolutionnaire, je dois faire une présentation sur l’événement de mon choix, mais cela doit avoir un rapport direct avec notre histoire familiale. Est-ce que tu peux m'aider ? »
LEIGH MADDOX | « Hum... Laisse moi réfléchir. J'ai pas mal de choses à te raconter, mais rien qui puisse définitivement sortir de l'ordinaire si tu veux quelque chose qui fasse un peu classe. Peut-être que tu pourrais parler du Grand Jack, non ? »
KENDRICK MADDOX | « Qui ? »
LEIGH MADDOX | « Le Grand Jack. Jack Fowler quoi. »
KENDRICK MADDOX | « Je ne sais vraiment pas de qui tu me parles. Il est célèbre ton "Grand Jack" là ? »
Leigh soupira longuement, peut-être par exaspération.
LEIGH MADDOX | « Mais décidément on ne vous apprend rien d'utile en cours hein. Bien évidemment que Jack Fowler est célèbre, il est connu dans tout l'Etat de Wack ! Il est actuellement l'une des figures importantes du Conseil d'Etat de Wack justement. C'est un héros de guerre, il a quasiment tenu tout l'Etat à lui tout seul pendant un an et demi, on le surnommait le "Commandant du Maquis" d'ailleurs. C'est dingue que vous ne parliez pas de lui dans vos cours d'histoire. Va voir ta mère, elle t'en apprendra plus sur lui. »
Kendrick ne dit rien, se contentant d'obéir à son père. Il fut cependant surpris que son père lui ordonna d'aller voir sa mère. Qu'est-ce qu'elle pouvait bien faire là dedans ?
KENDRICK MADDOX | « Mam', est-ce que t'es là ? Mam', faut que je te parle c'est urgent. »
Rien, pas un bruit. Plusieurs fois, Leigh appela sa mère en vain. Puis une quinzaine de minutes plus tard, alors qu'il était entrain de se préparer un sandwich dans la cuisine, elle fit son apparition.
KENDRICK MADDOX | « Mam' où est-ce que t'étais ? Je t'appel depuis tout à l'heure ! »
RACHEL MADDOX | « Excusez-moi votre altesse sérénissime de ne point répondre sur le champ quand vous êtes entrain de me héler. »
Le sarcasme était suffisant pour que Kendrick n'en dise pas plus.
RACHEL MADDOX | « J'étais avec ton père, il m'a raconté un peu. Alors comme ça tu ne sais pas qui est le "Grand Jack" ? »
KENDRICK MADDOX | « Non, c'est pour ça que je venais te demander puisque Pap' m'a dit de venir te voir. Tu le connais ? »
RACHEL MADDOX | « Si je le connais ? Kendrick, j'étais chargé de la sécurité du Commandant Fowler quand il était dans le maquis. Est-ce que ça répond à ta question ? »
KENDRICK MADDOX | « Waaaah mais c'est trop cool, pourquoi t'en a jamais parlé avant ? »
RACHEL MADDOX | « Parce que tu ne m'as jamais demandé quoi que ce soit là dessus, tout simplement. »
KENDRICK MADDOX | « Mais, pourquoi il est aussi célèbre du coup ? »
RACHEL MADDOX | « Il a été l'un des premiers à initier le mouvement de résistance dans l'Etat de Wack, tout simplement. Au début, ils n'avaient que quelques vieilles pétoires, quelques grenades et des armes blanches pour se défendre. On a souvent peine à le croire, mais quand je dis "ils" je veux dire qu'il y avait 3 femmes et 11 hommes qui composaient les troupes qui allaient participer à la création du plus grand maquis de toute la guerre civile révolutionnaire. Dis toi bien ils étaient 14 ! Quelques années plus tard, ils allaient être des dizaines de milliers et bien armés. »
KENDRICK MADDOX | « Comment est-ce que tu as... Non ne bouge pas, je vais juste prendre de quoi écrire, je reviens ! »
Le jeune homme alla prendre quelques feuilles et un stylo dans son sac, avant de revenir aussi vite qu'il venait de partir.
KENDRICK MADDOX | « C'est bon, je peux prendre des notes ! »
RACHEL MADDOX | « Tu allais me demander comment est-ce que je me suis retrouvé à être chargé de sa sécurité ? C'est une histoire qui n'a pas forcément d'intérêt dans le sujet qui nous concerne, c'est à dire parler de Jack Fowler. Ce que tu dois savoir, c'est que ton père et moi avons été séparés par la guerre civile, nous ne nous sommes pas revus pendant pratiquement trois ans. Je pensais qu'il était mort et il pensait également la même chose pour moi. Toi, tu étais chez tes grands-parents loin de tout ça, tu dois en avoir encore quelques souvenirs non ? »
KENDRICK MADDOX | « Vaguement oui... »
RACHEL MADDOX | « Bien. J'ai été affecté à la sécurité du Commandant Fowler par un concours de circonstance. Alors qu'il était en inspection dans divers unités, il m'a vu entrain de m'entraîner au corps à corps. On m'a dit plus tard qu'il avait été impressionné par mes capacités, mais ça c'est ce que l'on raconte. En tout cas, j'ai été assigné à sa défense et celle de son Etat-Major. C'est un homme dur le Jack Fowler, il ne faut pas croire. Crapahuter le matin de bonne heure, inspection régulière, lectures et formations politiques, entraînement au maniement des armes, etc. Il avait de grandes capacités d'organisations et il tenait toujours notre moral au plus haut. »
KENDRICK MADDOX | « Politiquement, il se situe où ? »
RACHEL MADDOX | « Quelle question ! Si on te donne des cours en histoire qui sont un peu objectifs, on te dit quelle organisation a énormément participé et façonné la manière dont la guerre civile révolutionnaire a été menée ? »
KENDRICK MADDOX | « Tu pouvais juste me répondre "Il est communiste Kendrick", j'aurai compris Mam' hein... »
RACHEL MADDOX | « Un communiste donc, oui. Mais il avait compris très tôt que seul le WCP ne pourrait pas diriger à la fin de la guerre civile révolutionnaire, qu'il fallait composer avec les autres forces démocratiques et progressistes. Son objectif a toujours été de ratisser large pour son soutien populaire. C'est ainsi que dans ses colonnes il y avait toutes les affiliations politiques réunies, mais il faisait en sorte que la direction politique restait entre les mains des communistes. Chose à mon avis très importante et qui a sans doute impacté énormément sur le devenir de notre pays... Mais je divague, désolé. »
KENDRICK MADDOX | « "Commandant du maquis", il contrôlait réellement l'Etat de Wack ? »
RACHEL MADDOX | « Quasiment oui. Par contrôle, il faut comprendre que des zones entières étaient administrés par la nouvelle légalité révolutionnaire républicaine mais que dans d'autres zones, c'était la nuit tombée que les actions des partisans se pratiquaient, elles harassaient, désorganisaient voir tout simplement annihilaient l'ennemi quand elles le pouvaient. C'était un véritable casse-tête pour les autorités militaires. Il y avait des affiches avec sa tête partout, on proposait des centaines de milliers de Hennings pour sa capture, mort ou vif ! Pourtant, il continuait de circuler librement à la barbe des militaires, comme si il était chez lui. Je me demandais par moment si nous servions réellement à quelque chose en tant qu'unité de protection... »
KENDRICK MADDOX | « Est-ce qu'il a été impliqué dans la prise de la ville de Woodfeard ? »
RACHEL MADDOX | « Impliqué ? Tu veux plutôt dire qu'il a réussi à prendre Woodfeard sans tirer un seul coup de feu plutôt, non ? »
KENDRICK MADDOX | « Sans tirer un coup de feu ? Tu me charries là, on dirait un super-héros que t'es entrain de me décrire. »
RACHEL MADDOX | « Je ne me moque pas de toi, c'est la stricte vérité. Fowler avait parfaitement compris qu'il était impossible d'attaquer de front Woodfeard, que les autorités militaires chercheraient à liquider les prisonniers et à s'en prendre à la population le cas échéant. Dis toi qu'il a désobéi aux ordres émanant directement du Gouvernement Républicain Provisoire lui enjoignant de prendre la ville par la force ! Il aurait pu avoir de gros ennuis, mais finalement il a fait valoir son point de vue et quand il est entré à Woodfeard quelques mois plus tard, la ville est tombée sans un seul coup de feu. Encore aujourd'hui, cela peut étonner mais c'est pourtant le cas : Je le sais, puisque j'y étais. »
KENDRICK MADDOX | « Il est devenu quoi après la guerre civile révolutionnaire ? Pap' m'a dit qu'il était au Conseil d'Etat de Wack, mais il ne m'a rien dit de plus... »
RACHEL MADDOX | « C'est vrai, il me semble qu'il est toujours d'ailleurs au sein du Conseil de l'Etat. Aussi bizarre que cela puisse paraître, il n'a pas utilisé sa notoriété pour asseoir son autorité dans son Parti, ni même dans la nouvelle République. Il a été délégué au sein de la Convention Nationale, il était écouté révérencieusement quand il prenait la parole. Mais aujourd'hui comme tu peux le voir, il est retombé dans l'anonymat. Alors qu'il aurait pu faire tellement de chose, même être Président, c'est pour te dire ! »
KENDRICK MADDOX | « Pourquoi il a fait ça ? »
RACHEL MADDOX | « Avant d'être "Commandant du Maquis" ou d'être le "Grand Jack", c'est avant tout un communiste. »
KENDRICK MADDOX | « Je ne... euh... tu veux en venir où ? »
RACHEL MADDOX | « Regarde Audrey Grant par exemple : Incorruptible, quelqu'un qui n'a jamais été soudoyé, qui n'est pas hautaine, ne fait preuve d'aucune vanité... Voilà, Fowler est de cette trempe, de cette race de combattants et combattantes exceptionnels que j'ai pu côtoyer durant la guerre civile. Pourtant je ne suis pas communiste, comme tu le sais. »
KENDRICK MADDOX | « Très bien, j'ai de quoi broder autour de ça. Je vais écrire quelque chose d'un peu plus cohérent et je te le montrerai pour que tu me dises ce que tu en penses, d'accord ? »
RACHEL MADDOX | « Faisons comme ça ! »
Kendrick s'en alla en murmurant "Mes potes ne vont jamais me croire quand je vais leur raconter ça !", l'air triomphant. Sa mère ne put s'empêcher de lâcher un léger rire. Tout cela semblait tellement loin pour elle, elle ne pensait d'ailleurs pas que son propre fils viendrait lui demander de lui raconter de telles choses. Une fois son fils dans sa chambre, elle alla dans le salon et à l'intérieur d'une grande commode, fit sortir une petite boîte. En l'ouvrant, elle contenait des photos, des souvenirs qui avaient sans doute un rapport avec la guerre civile révolutionnaire. Elle prit le petit tas de photos et les fit défiler devant ses yeux, en cherchant une en particulier. Une fois qu'elle mis la main dessus, elle rangea la boîte à sa place et déposa sur le coin de la table une photo à l'intention de son fils : On y voyait le "Grand Jack", entouré de combattants et combattantes révolutionnaires. Accroupie au premier rang en tenant un fusil d'assaut, Kendrick allait pouvoir aisément reconnaître sa mère...[/justify]
Posté : dim. sept. 01, 2019 10:20 pm
par Viktor Troska
[/! Je tiens à préciser qu'il s'agit d'un texte que j'ai mis longtemps à mettre au propre, parce que je considère qu'il est l'un des plus durs que j'ai eu à écrire depuis que je suis sur Simpo. Je mets un avertissement ici en disant qu'il est déconseillé à un jeune public car il traite d'un sujet qui n'est franchement pas drôle du tout. Je précise que toutes les histoires qui parleront de la guerre civile révolutionnaire westréenne n'aborderont pas nécessairement des sujets aussi choquant, voir malsain. Merci de votre compréhension et je vous souhaite malgré tout, une bonne lecture.]
[justify][bod]CIVIL WAR STORIES (I)[/bod]
[center][img]https://i.imgur.com/OWBiKGt.jpg[/img][/center]
Des coups de feu retentissaient au loin, ainsi que des cris et autres explosions. L’on pouvait entendre la cohue des gens de bien s’enfuir dans la détresse : La révolution approchait. Elle semblait apporter dans son sillage la destruction et la mort. Le règne du chacun pour soi venait de trouver son paroxysme, alors que l’ancienne société était entrain d’agoniser. Tout le monde était entrain de tenter de s’enfuir, sauf Darlene Graves. Cette jeune femme de bonne famille (C’est à dire de famille bourgeoise) était entrain méthodiquement de ranger ses affaires. Dans ce qui lui servait encore de maison tout était sens dessus dessous. Alors qu’elle rangeait maladroitement des affaires dans une grande malle, elle se saisit d’une photo qui trônait sur un meuble. Sur cette photo, l’on pouvait voir Darlene en compagnie de ses parents ainsi que de son petit frère. Sa mère était morte il y a maintenant quelques années, avant que n’éclate la guerre civile. Son père lui avait disparu un beau jour sans laisser de trace, sans doute victime du conflit sanglant qui secouait le Westrait depuis de trop nombreuses années maintenant. Ne restait que Darlene et son petit frère Frederick. Alors qu’elle contemplait toujours cette photo avec un brin de nostalgie, elle fut tirée de ses pensées par une voix qui l’appelait : Il s’agissait justement de Frederick, son petit frère.
FREDERICK GRAVES | « Darlene ? Darlene ? Où es-tu ?! »
DARLENE GRAVES | « Je suis dans la chambre de papa ! »
En l’espace de quelques instants, le garçon d’une quinzaine d’années gravit les marches pour atteindre l’étage et se jeta dans les bras de sa sœur, encore tremblant.
FREDERICK GRAVES | « Il faut partir Darlene, tout de suite ! Ils arrivent ! »
DARLENE GRAVES | « Qu’est-ce que tu me racontes ? Qui arrive ? »
FREDERICK GRAVES | « J’ai vu le shérif et il m’a dit que les rouges arrivaient ! Il faut que l’on s’en aille, il n’y a plus personne pour défendre la ville ! Le shérif m’a dit de venir te chercher et que l’on fiche le camp d’ici. »
DARLENE GRAVES | « Mais pour aller où ? »
Suite à cette remarque interrogative, des cris se firent entendre. Darlene serra dans ses bras son petit frère pour tenter de le calmer, de le consoler. La révolution était plus proche que jamais, elle était à quelques pas d’ici. Darlene détestait la révolution, comme la plupart des personnes de sa classe sociale. Elle vomissait les communistes, les socialistes, les progressistes, les syndicalistes, qu’importe le nom qu’ils pouvaient bien avoir. L’on entendait des histoires plus folles les uns que les autres, à propos de vols, de viols et d’autres actes dans le genre qui rendaient la région de moins en moins sûr avec le temps. En trombe au loin, une voiture faisait un raté. Puis une explosion. Enfin le silence. Tout était arrivé si vite… La famille de Darlene, les Graves, étaient connu dans les régions de l’Ouest pour avoir de grandes exploitations agricoles où de nombreux natifs olgariens travaillaient, le plus souvent dans des conditions horribles, des conditions qui révoltaient la jeune Darlene. Pourtant, les affaires restaient les affaires. Si tout s’était plutôt bien déroulé au courant de la première phase du conflit, les nouvelles sur le grossissement de la révolution avait de quoi inquiéter les gens respectables. Un beau jour, quel ne fut pas la surprise de Darlene de voir que collectivement, les journaliers avaient décidé de cesser le travail. Ils avaient mandaté l’un des leurs, un certain River. Ce natif imposant, qui surplombait la jeune femme d’au moins une tête et demi, tenait dans ses mains son chapeau et regardait piteusement le sol. Les mots qu’il lui tinrent glacèrent le sang de la jeune femme.
RIVER | « Nous ne travaillerons plus jamais pour vous madame. Nous ne courberons plus jamais l’échine. Nous sommes libres désormais, libres d’aller où nous voulons et de pouvoir vivre dignement. La promesse de la révolution offrira la liberté à notre peuple. Nous allons donc partir et ne plus revenir. Nous ne serons plus des esclaves désormais. »
Darlene fut outrée. Comment ce natif, cet untermensch osait-il lui tenir un tel langage ! Voilà ce qui se passait quand on laissait la révolution corrompre le cœur et les esprits des plus faibles. Dans une rage folle, la jeune femme commença à frapper le natif de toutes ses forces, tentant de le faire vaciller en l’insultant de tous les noms possible. Une fille de bonne famille comme elle avec un tel nom, si on l’avait surpris sur le fait entrain de balancer de telles insanités… River lui, ne bougea pas. Inconsciemment, il gardait ce réflexe de soumission et ne fit rien pour se défendre.
RIVER | « J’ai été élevé dans la foi catholique madame. Notre seigneur Jésus Christ mort sur la croix nous a enseigné qu’il fallait tendre l’autre joue. C’est ce que je fais. Votre agressivité n’y changera rien du tout. Bonne continuation à vous madame, puisse Dieu vous garder. »
Et River s’en alla, faisant signe au reste de ses compagnons d’infortunes que la voie était libre, qu’ils n’étaient plus retenus par rien. Si Darlene se sentait honteuse de son comportement, River de son côté en tirait une certaine fierté : Jamais il n’avait envisagé la possibilité de résister face à un blanc, de se tenir droit et de ne pas reculer, de ne pas s’excuser et de pouvoir s’en aller dignement. Cela s’était passé il y a maintenant quelques semaines et la révolution continuait d’avancer, inexorablement. Sortant de ses pensées, la jeune femme tenta de raisonner son petit frère, lui faisant sécher ses larmes.
DARLENE GRAVES | « Frederick, écoute. J’ai besoin que tu sois fort, d’accord ? Je m’occupe de nos affaires, va voir si les chevaux sont toujours dans l’écurie. Nous partirons avec ces derniers dans la direction des bois, où nous serons en sécurité. Va en préparer deux, je te rejoins dès que possible. »
Sur ces mots son petit frère se mit en route, se ressaisissant pour faire bonne figure devant sa grande sœur. De son côté, Darlene accéléra la manœuvre pour boucler les dernières affaires et s’en aller le plus rapidement possible. Elle abandonna sa robe bleue que son père lui avait offerte il y a de ça quelques années maintenant, pour enfiler une tenue plus décontractée et surtout plus adaptée pour une fuite à cheval. Au loin, les combats semblaient reprendre. Cette maudite révolution n’en finissait donc pas ? A nouveau des cris, cette fois-ci féminin. L’on parlait beaucoup des exactions commises par les troupes révolutionnaires à l’égard des civiles, notamment des sévices en tout genre qui pouvaient allaient jusqu'aux viols. Darlene était une petite fillette de dix ans quand elle a assistée à son premier lynchage d’un natif accusé d’avoir violer une de ses amies. Depuis toujours, on lui avait expliqué que les natifs avaient ça dans le sang, qu’ils cherchaient constamment à violer les femmes blanches et qu’il fallait s’en méfier comme la peste. Maintenant qu’ils étaient déchaînés, qu’allait-il se passer ? Attrapant les deux valises qui se trouvaient sur le lit, la jeune femme fit un dernier tour à l’étage de la maison pour ramasser ce qui restait de valeur. Quand tout à coup, des bruits de bagarres se firent entendre tout proche de là. Elle entendit crier son petit frère et les bruits de coups se faisaient plus pressant. Totalement apeurée, la jeune femme lâche ses valises et se saisit du pistolet qu’elle tenait en bandoulière, un cadeau de son père avant qu’il ne revienne plus…
Elle descendit lentement les escaliers et se dirigea vers la porte d’entrée, qui était restée grande ouverte. Arrivant au niveau du porche, elle pointa son arme tremblante en direction d’un cercle de plusieurs individus formant un cercle autour de son petit frère, riant grassement. La suite, Darlene ne s’en souvient pas exactement, si ce n’est qu’un énorme coup porté à l’arrière de sa tête lui fit perdre l’équilibre et connaissance quelques instants. Quand elle revint à elle, ses yeux s’ouvrirent sur son frère en boule au sol, pleurant et entrain de saigner, appelant à l’aide sa sœur. Cette dernière encore les yeux embrumées, ne compris pas tout de suite ce qui se passait, jusqu’à ce qu’un pied vienne se poser sur sa joue, l’écrasant légèrement. Tournant péniblement les yeux, Darlene reconnu sans peine cette fois la personne qui lui faisait face : Il s’agissait de David Webb, une grande gueule du coin, un péquenaud comme on pourrait l’appeler, qui travaillait dans les champs pour gagner modestement sa croûte. Souvent alcoolisé, allant rarement à l’Église, il représentait tout ce que Darlene pouvait détester.
DAVID WEBB | « Tiens, tiens, tiens… Qu’est-ce que nous avons là ? Mais ce ne serait pas la fille Graves ? Alors, qu’est-ce que tu fais ici toute seule, hein ? Tu ne t’es pas encore enfuit c’est ça ? Tu sais que ton père était un beau salaud ? J’aurai pris un plaisir à le tuer moi-même. Mais puisqu'il n’est plus de ce monde, on va se payer avec sa fille, pas vrai les gars ? »
L’horreur se dessina sur le visage de la jeune femme. Ces paroles n’étaient pas vaines, elles n’étaient d’ailleurs pas une provocation minable. Darlene fut traînée de force par Webb et plusieurs de ses acolytes jusqu'à l’intérieur de la maison, alors qu’elle tentait de se débattre autant que possible sous le regard incrédule de son frère. Elle fut amenée jusqu'à la grande table du salon et fut plaquée contre, tenu par deux hommes tandis que Webb prenait un plaisir sadique à la voir se débattre.
DAVID WEBB | « Tu peux te débattre autant que tu le souhaites sale catin, tu vas avoir ce que tu mérites maintenant. Tenez là bien les gars, une fois que j’en aurai fini avec elle vous aurez aussi votre part, hahaha ! »
Webb tel un animal, commença à arracher les vêtements de la jeune femme, tandis que cette dernière hurlait, pleurait et se débattait de tout son possible. Pour compléter le sévisse, son petit frère avait été traîné jusque dans la pièce, entouré par plusieurs gaillards qui le tenaient debout. En sang et en pleurs, il conjurait ces hommes de laisser sa sœur, de les laisser s’en aller et de prendre ce qu’ils voulaient. Ils ne lui répondirent qu’avec un mépris cinglant, en lui riant au nez et en le forçant à regarder ce qui était entrain de se produire. Darlene tentait de rassurer son frère, de lui expliquer que tout ceci n’était pas de sa faute… C’est à ce moment qu’elle reconnu que l’un des hommes qui la maintenait sur la table était Luke John, un jeune homme qu’elle connaissait bien. Elle l’avait fréquentée lorsqu’elle allait à l’Église ou à la bibliothèque. C’était un jeune homme plutôt cultivé, un peu réservé et qui n’avait jamais rien tenté vis à vis de Darlene, bien qu’il devait certainement avoir des sentiments pour elle. Darlene commença à l’interpeller par son prénom avec insistance. Le jeune homme se contenta simplement de tourner la tête et de fermer les yeux, serrant les dents.
DAVID WEBB | « Ah, voyez-vous ça ! Ce bon vieux Luke et la petite Darlene, qui aurait pu le croire ? Tu auras ton tour Luke, ne t’inquiète pas. Elle t’as snobée pendant tout ce temps ? Tu pourras lui faire payer à cette petite pétasse ! Pas vrai ? »
Il lui asséna une énorme gifle qui sonna à moitié la jeune femme, tandis qu’il terminait d’entièrement la déshabiller. Sans plus attendre, il se mit à l’œuvre. Darlene se crispa de douleur et serra les dents, pleurant toutes les larmes de son corps. Webb sentait l’alcool et le tabac froid, il avait des mains rugueuses et proférait des insanités continuellement. Silencieusement, la jeune femme subissait son calvaire alors que la douleur se faisait de plus en plus pressante et qu’à l’humiliation, du sang commençait à couler… Son petit frère qui assistait à toute cette scène, fut de nouveau roués de coups et d’autres injures lui firent lancer. Puis subitement, des bruits de pas se firent entendre et un cran de sûreté se faisant ôter raisonna dans la pièce. Tout le monde se tourna subitement et Webb encore à l’ouvrage, s’arrêta pour regarder par-dessus son épaule : A l’entrée de la maison, se tenait un homme d’une forte carrure, un natif qui portait l’uniforme de la Republican Liberation Army, avec un petit brassard rouge noué sur son bras. Il pointa son fusil d’assaut sur Webb.
SOLDAT DE LA RLA | « Bordel de Dieu. Qu’est-ce qui se passe ici ? Répondez, qu’est-ce que vous foutez ? »
DAVID WEBB | « Tout ça te regarde pas soldat, trace ta route. Ne pointe pas cette arme sur moi si tu veux que je continue de lutter pour ta petite révolution. »
SOLDAT DE LA RLA | « Violer des civils, c’est ça pour toi la révolution Webb ? Remonte donc ton froc et essaye d’avoir un peu de dignité, tas de merde. »
Webb s’exécuta et Darlene en profita pour se dé-saisir de l’emprise qu’il y avait sur elle, saisit la nappe qui se trouvait sur la table et l’utilisa pour recouvrir son corps nu. Elle descendit de la table et remercia silencieusement Dieu pour cette intervention qui venait de lui sauver la vie.
DAVID WEBB | « Qu’est-ce que ça peut te foutre qu’on viole la bourgeoise ? C’est une ennemi de la révolution non ? »
SOLDAT DE LA RLA | « Arrêtes avec tes conneries Webb, ça ne marchera pas avec moi. Tu sais très bien que les ordres qui t’ont été donnés par l’État-major étaient de traquer les partisans fascistes et les forces réactionnaires dans le coin, pas te de comporter comme un porc avec tes potes de beuveries. »
DAVID WEBB | « Tu vas faire quoi maintenant, hein ? »
SOLDAT DE LA RLA | « Ta gueule et foutez tous les mains en l’air, maintenant ! »
DAVID WEBB | « T’es tout seul mon gars et on est onze. Fais le calcul, on va te descendre si tu persistes à faire le héros. »
SOLDAT DE LA RLA | « Qui t’as dit que j’étais seul ? »
A ce moment précis, d’autres soldats de la Republican Liberation Army firent irruption dans la maison, par l’étage, par différentes portes ainsi que par l’entrée. Le rapport des forces venaient subitement de s’équilibrer, voir de passer en faveur des soldats révolutionnaires. L'ensemble des soldats pointèrent alors leurs armes sur Webb et sa bande, tandis que ces derniers sortirent également leurs armes pour se défendre.
SOLDAT DE LA RLA | « Webb, c’est terminé pour toi et ta bande de petite frappe. Rangez votre artillerie, vous ne faîtes pas le poids. Vous êtes peut-être des durs quand il s’agissait de s’attaquer à deux civils ou pour attaquer des unités en fuite, mais les hommes que tu as ici sont des vétérans de plusieurs années de conflits, qui pour beaucoup ont participé aux combats les plus meurtriers de la guerre. Ils ne feront qu’une bouchée de vous. Alors lâchez vos armes, c’est mon dernier avertissement. »
DAVID WEBB | « Sinon quoi, hein ? »
SOLDAT DE LA RLA | « Camarade Commissaire, rappelez donc à notre cher Webb et sa bande la sentence pour le viol sur civil. »
Un petit homme fit alors son apparition, les cheveux courts avec un accent marqué typique du nord du pays. Il vient se poster à côté du soldat, croisant les bras et fixant Webb dans les yeux.
COMMISSAIRE POLITIQUE | « Eh bien ! Si je ne dis pas n’importe quoi sergent-chef, pour le viol c’est le peloton d’exécution sans autre forme de procès. On ne tolère pas ce genre de pratiques dans les unités partisanes et encore moins dans celles qui travaillent activement dans la RLA. Enfin je suppose que si ces hommes reconnaissent leurs torts, le tribunal populaire sera peut-être un peu plus clément vis à vis de leur peine… »
Un flottement se fit sentir. Les hommes de Webb se regardèrent puis l’un après l’autre, ils lâchèrent leurs armes qui tombèrent lourdement sur le sol. Seul Webb avait toujours son arme et quand il vit que l’ensemble de ses acolytes lâchèrent leurs armes, il dut se résigner à faire de même. Une fois ce geste accompli, il leva les mains et les soldats se précipitèrent sur lui pour le maîtriser avec l’ensemble de son groupe. Le soldat qui venait de sauver Darlene et son petit frère, vient s’enquérir de l’état dans lequel se trouvait la jeune femme. Il demanda que l’on prenne en charge son petit frère et qu’elle soit transportée dans la cuisine. Quelques instants plus tard, le soldat vint la revoir dans la cuisine, alors qu’elle restait hébétée et encore sous le choc. Le soldat lui proposa un verre d’eau.
SOLDAT DE LA RLA | « Je tiens d’abord à m’excuser pour tout ce qui s’est passé ici. Je n’aurai jamais du faire confiance à cette bande de péquenaud pour mener des opérations militaires dans le coin. C’est en grande partie de ma faute. »
Darlene ne dit rien.
SOLDAT DE LA RLA | « Nous allons faire venir le médecin de notre unité pour qu’il puisse vous ausculter. Nous avons également pris en charge votre frère qui en ce moment subit des soins. Une unité va rester ici jusqu’à demain afin d’assurer la protection de vos biens et de votre maison. Ils seront à votre disposition pour vous préparer à manger et vous aider dans d’autres tâches que vous jugerez nécessaire. »
DARLENE GRAVES | « Pourquoi ? »
SOLDAT DE LA RLA | « Pourquoi quoi ? »
DARLENE GRAVES | « Pourquoi faîtes vous ça pour moi ? Ne suis-je pas pour vous une ennemi de classe, une exploiteuse qui a maintenu le peuple travailleur pendant trop longtemps dans l’ignorance et la domination ? Pourquoi m’aidez-vous ? »
SOLDAT DE LA RLA | « C’est une excellente question. Disons que nous sommes des camarades de souffrance, tout simplement. »
DARLENE GRAVES | « Des camarades de souffrance, n’importe quoi… »
SOLDAT DE LA RLA | « Écoutez moi madame. Je ne suis qu’un fils d’ouvrier et de paysan, je n’ai pas une grande éducation. Ce que j’ai retenu de ce que le Parti m’a enseigné dans ma formation, c’est que la révolution que nous portons ne vise pas à tout détruire, mais à rebâtir une société nouvelle. Nous sommes autant l’un que l’autre aliéné par le système capitaliste. La société que nous nous proposons de bâtir ne fonctionnera plus selon ses principes, mais permettra à tout à chacun de pouvoir s’épanouir librement, en transcendant ce qui faisaient les différences de classes, de conditions, de familles, de cultures, etc. Si nous rebâtissons un monde où règne toujours l’injustice et le mépris, la révolution que nous menons actuellement n’aurait aucun sens. Donc oui, nous sommes des camarades de souffrance. Maintenant, si vous voulez bien m’excuser… »
Darlene ne sut quoi répondre. Elle détestait les communistes, elle méprisait la révolution. Pourtant à ce moment précis, elle ne savait quoi répondre. Elle venait de prendre une leçon d’humilité par ce soldat qui venait de prendre respectueusement congé d’elle et qui tient parole, en lui fournissant quelques hommes pour assurer sa protection et l’aider durant les prochains jours. Ce soldat lui faisait penser à River, ce natif qui il y a peu s’était en aller la tête haute pour ne plus revenir et vivre en homme libre. Intérieurement, Darlene enviait ces hommes qui étaient plus libre qu’elle ne le serait probablement jamais...[/justify]
Posté : mer. sept. 25, 2019 5:36 pm
par Viktor Troska
[bod]PIECE OF PHILOSOPHY (I)[/bod]
[center][img]https://i.imgur.com/iQYwCRc.png[/img][/center]
[justify][quote][center]POURQUOI NOUS FAUT-IL RÉTABLIR LE RÈGNE DE LA TOTALITÉ SUR LA MULTITUDE ?[/center]
(Texte revu, corrigé, augmenté et modifié car issu de la version précédente)
Il est bien trop courant d'entendre ici et là, qu'il nous faut trouver une recette miracle pour bâtir une société nouvelle, une société meilleure et révolutionnaire au Westrait, sans quoi nous échouerons. Il n'existe pas de recette miracle, mais nous ne pouvons pas nous permettre de nous égarer dans des voies de garages pour autant. Il est aussi courant de voir des déformations de droite comme de gauche, pulluler à une grande vitesse. Les déformations de droite expliquant qu'il ne faut pas tomber dans une vision 'globalisante' de la société, de ses rapports sociaux et dans la construction du socialisme tandis que celles de gauche affirment quand à elles qu'il est suffisant de faire preuve de volontarisme révolutionnaire, qui à grand coups de pompes va embrigader tout et tout le monde, dans une sorte de magma informe qui permettrait alors "d'aller de l'avant". Il nous faut être très clair et démontrer que ces deux voies sont néfastes et un danger pour notre révolution, ainsi que dans la compréhension internationale des autres partis/organisations révolutionnaires. Aujourd'hui, nous vivons réellement dans le règne de la multitude et non pas dans celui de la totalité. Totalité et multitude ne sont donc pas la même chose ? Non, bien qu'elles englobent la même idée mais ne sont qualitativement pas comparable. La multitude se rapprocherait plutôt des sociétés libérales ou dites traditionnelles (ces dernières essayent de contre-carrer le principe de totalité, avec des substrats comme les corporations qui de fait, ne font que renforcer la multitude et non pas la totalité révolutionnaire), alors que la totalité est une vision profondément révolutionnaire, profondément novatrice dans sa manière de concevoir le monde. Il faut relier l'individualisme bourgeois avec la multitude comme conception anti-dialectique de dépasser les contradictions du capitalisme (sans les résoudre), de faire triompher un prétendu ''ordre naturel'' qui aurait des échos avec des prétendus ''droits naturels'' qui réunis, marchent main dans la main contre toute transformation révolutionnaire jugé néfaste et étant typique d'un anticapitalisme tronqué. Seule une conception du monde authentiquement révolutionnaire nous donnera les armes pour mener la lutte tant au Westrait que sur la scène internationale.
L'INDIVIDUALISME A T-IL ÉTÉ RÉVOLUTIONNAIRE ?
Face à des ordres et des sociétés qui se voulaient ancestrales, l'individualisme bourgeois a été une arme de guerre contre la féodalité. En proclamant qu'il existe des droits inaliénables, qu'il doit y avoir une justice face à des ordres, qu'il doit y avoir une conception de la société basé sur des individus et leurs responsabilités, la bourgeoisie s'est montrée révolutionnaire dans sa pensée, pour faire triompher son mode de production ainsi que ses valeurs propres. Au moment de son accession au pouvoir, c'est à dire quand elle est passée de classe dominante à une classe dirigeante, son individualisme s'est finalement transformé en conception conservatrice visant à protéger l'accumulation des richesses et la défense mystique de la propriété privée comme une base civilisationnelle. A partir de ce moment là, la bourgeoisie a réussit à imposer ses propres normes, soit au moyen de la société politico-militaire pour écraser les masses, soit au moyen de la société civile, c'est à dire en usant de son hégémonie politique ou idéologique pour faire passer ses conceptions comme parfaitement naturelle. L'on pourrait cependant dire que l'individualisme bourgeois est une forme spécifique de l'individualisme, qui recouvre finalement la volonté de faire de l'individu le centre de toute analyse, comme se suffisant à lui-même, se fabriquant lui-même et n'étant finalement, que sous la dictature de l'État, de la société, d'un ''collectivisme'' qui commencerait par le fait d'être obligé d'avoir des heures de travail fixe pour tous et toutes. L'égocentrisme, le nombrilisme, le narcissisme, l'égoïsme qui engendre la rivalité, le profit, la réussite qui passe par l’écrasement de l’autre en sont les symptômes premiers. Existerait-il donc, des formes d'individualismes qui restent révolutionnaires et se détournant de celui communément admis sous sa forme bourgeoise ? Sans doute. La forte tradition anarchiste admet que l'individu existe, qu'il doit s'exprimer et s'affirmer mais que dans cette quête, il ne doit pas être au-dessus des autres, il doit être dans une coopération totale. Le seul problème a souligner dans cette conception, est sans aucun doute la passerelle existante entre le libéralisme et l'anarchisme vis à vis de cette "philosophie de l'individu", ce qui ne permet pas d'éviter des glissements de l'un vers l'autre. L'individualisme ne peut se réaliser que dans une totalité bien comprise, c'est à dire quand des gardes-fous et le bien commun sont mis en place et permettent l'épanouissement tant d'un point de vue individuel que collectif. La révolution quand elle est bien comprise, part souvent d'une réflexion et d'une attitude personnelle et individuelle, qui permet de se transformer soi-même et au contact des autres, de se transformer collectivement. Dans ce sens, nous pouvons donner raison au philosophe bykov Bakounine qui disait qu'il ne fallait pas limiter la liberté des uns à la liberté des autres, mais que la liberté des uns, s'étend constamment avec la liberté des autres. Mais encore une fois, cela n'est possible que dans une société qui accepte le principe de totalité, le principe que toute possibilité d'émancipation réelle vient d'abord des masses.
QU'EST-CE QUE LA TOTALITÉ ?
La totalité vise à dépasser l'individualisme et toutes les autres théories politiques qui s'opposent à la notion de bien commun. Le bien commun est le socle collectif, le terreau d'où peut naître toute tentative d'émancipation, toute tentative d'améliorer les conditions du genre humain. Il est vain et illusoire de penser que tout partirait de l'individu et de sa volonté propre. Les théories qui font de l'individu-élite (théorie du Surhomme) une sorte de volonté de puissance qui dépasserait la simple plèbe, démontre toute la volonté de briser le socialisme dans son essence. Face à toutes ces théories et interprétations, il faut remettre en avant la nécessité impérieuse du tout, de la totalité. Il est cependant nécessaire ne pas se tromper dans l'interprétation à faire du terme de totalité. Il ne s'agit aucunement de faire triompher des appareils et des institutions, ni de donner la priorité aux cadres dans la construction d'une société nouvelle. (Ici et à notre avis, une critique radicale des expériences socialistes passées est nécessaire) Nous voyons dans la totalité la possibilité de faire participer activement les masses à la construction du socialisme, à la construction de cette société nouvelle. La totalité n'est donc pas un concept qui vise à tout englober "par en haut", mais à lier organiquement les organismes de direction avec le mouvement de masse. Ici donc, la totalité effectue un saut qualitatif en avant. Hier, la multitude ne pouvait que trouver son salut dans l'intégration aux mœurs bourgeoises, à la cupidité et à l’appât du gain. Il y avait un paradis bourgeois, qui ne prenait plus en compte la nécessité de Dieu, mais celle d'accumuler, d'accumuler et d'accumuler encore plus. En l'absence d'une analyse scientifique du monde, les révoltés mettaient en avant un vitalisme, une volonté de destruction, une révolte individuelle qui devait mener à un bouleversement de la société. Mais cette voie était sans issue, la multitude se défiant de ces actes individuels, pire les prenant pour des actes de guerre contre eux et la société. Aujourd'hui, avec les armes théoriques et idéologiques dont nous disposons, nous pouvons faire en sorte que la multitude hier totalement dépossédé de tout, puisse acquérir un degré de conscience supérieur. Résumons brièvement ce que nous essayons de mettre en valeur : la totalité ne vise aucunement à effacer les individus, ni à être un "tout" qui se substitue à eux. Elle vise à lutter contre l'individualisme bourgeois, à la pensée petite-bourgeoise qui ne veut pas se plier à la discipline de classe, qui ne souhaite aucun changement qui pourrait remettre en cause sa place dans la société capitaliste. Car en tant que catégorie sociale, elle sert d'instance promotionnel. "Si moi je peux réussir, tout le monde peut réussir. Donc toi aussi, tu peux le faire". Voilà ce qu'il faut briser, ce qu'il faut totalement retourner. Seul un mouvement massif, un mouvement de masse peut permettre d'atteindre l'idéal de la totalité, l'idéal de la communauté telle qu'elle était défini par Marx & Engels quand ils parlaient du communisme comme d'un "retour à la communauté'", à la Commune. La réhabilitation de la totalité, théorie qui prolonge le bien commun et l'élargit, doit permettre d'être la première pierre posée contre l'édifice capitaliste, contre son monde et sa civilisation qu'il impose absolument partout. La totalité rassemble, la totalité permet de faire émerger les potentialités jusque là impossible dans une société de classe. La totalité permettra aux forces productives de croître dans l'intérêt de toutes et tous, dans le sens du développement humain, dans la sauvegarde de la biosphère, dans le besoin de la planification, le besoin en bien d'équipements durables, etc etc. Est-ce que le Westrait a atteint ce stade, est-ce que le Westrait en est au stade de la totalité comme forme accomplie de la politique révolutionnaire ? Non. Il serait opportuniste de le proclamer. Au Westrait, nous essayons de trouver comment atteindre ce stade, comment atteindre cet idéal. Notre société est encore traversée par de nombreux contradictions, de nombreuses divisions. Ne perdons pas de vue la totalité, sinon nous pourrions laisser place au révisionnisme et aux conceptions qui viseraient à briser le matérialisme dialectique comme vision du monde.
LE CONCEPT DE TOTALITÉ A T-IL ÉTÉ APPLIQUÉ PAR LE PASSÉ ?
Les seuls référents que nous puissions avoir, sont les expériences malheureuses comme au Liang ou en Estura, pour ne citer qu'elles. Au-delà de ces exemples, nous sommes obligés de faire un léger détour pour aborder brièvement la notion fallacieuse de "totalitarisme", qui viserait à discréditer toute volonté collective de bâtir une société nouvelle. Qui pourrait donc croire que les révisionnistes modernes étaient entrain de bâtir une société où se réalisait la totalité ? Les révisionnistes dans leur approche politique et idéologique ne représentaient qu'une minorité (c'est à dire eux-même), assouvissant des désirs tout au plus individuels. Réfléchissons quelques instants. Nous qui défendons la totalité, si il doit y avoir un régime "totalitaire" pour reprendre ce vocable, c'est une organisation sociale et politique qui est gérée collectivement par tous et par toutes. Qui peut donc croire qu'en Estura par exemple, les révisionnistes réalisaient ce noble projet ? Nous ne devons pas subir ce terrorisme intellectuel qui empêche toute émancipation de la pensée. C'est parce que nous aimons le genre humain, que nous aimons la totalité au profit de la multitude, que nous nous battons pour le socialisme et pour atteindre la société communiste. Les révisionnistes à la Gutierrez en appliquant une politique d'enfermement et de psychiatrisation forcée des masses paralysait l'ensemble de la société esturane, ce qui ne permettait en aucun cas une quelconque émancipation collective. Tout cela n'a fait que renforcer des appareils bureaucratique, renforcé la domination d'une toute petite élite néo-bourgeoise sur l'ensemble de la société. Il faudrait creuser davantage dans les conceptions qui se veulent "orthodoxes" du marxisme-léninisme, car elles ont également cette vision "verticale" qui fait de la totalité quelque chose d'abstrait, quelque chose qui viendrait de manière transcendantale. La totalité doit rester cohérente, elle ne doit pas pousser en avant quand les masses ne sont pas prêtes et elle ne doit pas être en retrait quand les masses veulent aller de l'avant. La totalité vise à révolutionnariser les rapports sociaux, les rapports économiques au sein de la phase de transition qu'est le socialisme. Non, le socialisme n'est pas qu'un mode de production, mais une phase de transition où se mettent en place les instruments nécessaires pour détruire le capitalisme et faire accoucher un monde nouveau, le monde communiste. Nous ne devons donc pas avoir peur de faire de la totalité une arme contre toutes les dérives sectaires, bureaucratiques, individuelles qui pourraient se dresser contre elle et non pas réaliser l'inverse comme les révisionnistes modernes nous l'ont tristement démontrés. Voilà pourquoi nous disons que notre devoir en tant que révolutionnaires, en tant que communistes, est de lutter implacablement pour que la totalité soit comprise comme forme d'émancipation universelle. Nous ne pouvons pas laisser les idéologues de la bourgeoisie, les tenants du capitalisme débridée, nous expliquer que tout se résumerait à l'individu ou alors, nous ne pourrions avoir que des massacres de masses comme seul horizon possible. Combattre la clique de Gutierrez et ses positions théoriques, c'est faire un pas de plus en avant dans la compréhension de la totalité, du but véritable du socialisme.
EN CONCLUSION
Nous pouvons dire qu'au Westrait, nous avons dépassé la multitude du moment où notre peuple s'est retrouvé à mener la guerre civile révolutionnaire et surtout à réfléchir au pouvoir qui devait émerger de cette dernière. Cependant, la totalité est entrain d'être bâti et le chemin est encore long pour parvenir à imposer cette conception dans tout les secteurs de la société. Nous pouvons cependant dire que notre système démocratique de gestion et de contrôle est un pas vers la totalité, vers ce qui pourrait être une mobilisation permanente des énergies vives des westréens et des westréennes. Qu'est-ce que le socialisme, si il reste stationnaire et campé à quelques cadres, quelques appareils qui dictent une politique sans se référer aux masses ? La totalité doit avoir comme slogan que l'émancipation des masses exploitées sera l'œuvre des masses exploitées elles-même ! Nous ne prétendons pas que la totalité se doit d'être un code rigide, d'être un catéchisme. Nous prétendons que la totalité est la réponse pour construire, approfondir et développer les bases d'un socialisme authentique, véritable et populaire. Ne soyons cependant pas orgueilleux, ne soyons pas des fanfarons. C'est en creusant, en approfondissant les bases de la totalité et d'un "socialisme total" que nous pourrons déclarer avoir été capable de vaincre une fois pour toute, les pensées bourgeoises et petites-bourgeoises au Westrait. En attendant, n'oublions pas que le plus important est d'étudier et de transformer sans cesse notre conception du monde. Nous ne sommes pas seulement bon à détruire l'ancien monde, nous devons également penser à en bâtir un nouveau ![/quote][/justify]
Posté : dim. oct. 06, 2019 8:59 pm
par Viktor Troska
[bod]KEEP THE RIGHT DIRECTION[/bod]
[center][img]https://i.imgur.com/gZGoDT4.png[/img]
Affiche de recrutement westréenne incitant à rejoindre en tant que volontaires les Brigades Internationales allant se battre au Caskar[/center]
[justify]La situation internationale s'échauffait rapidement. Le conflit en Janubie commençait à déborder de son cadre purement régional et pourrait peut-être à terme, dégénérer en un conflit ouvert bien plus important. La situation au Caskar restait pour le moins préoccupante. L'arrivée en masse de volontaires gandhariens et la mort de Asha Lota précipitait à son tour une intervention étrangère, cette fois celle du Caeturia. La position d'inconfort était à son paroxysme pour le gouvernement westréen. Si jusque là, la coexistence pacifique entre le corporatisme et le conseillisme en Olgarie était une réalité, la situation internationale serait peut-être le point de rupture de relations qui étaient jusque là au beau fixe. Parler de position d'inconfort n'était pas parler à la légère, il s’agissait même réellement d'un malaise profond. Le Conglomérat était à la fois un proche partenaire et un allié, ainsi qu'un redoutable ennemi sur le plan international sur le terrain purement révolutionnaire. Aucune critique n'avait été faîtes du côté du Caeturia comme du côté du Westrait, l'un comme l'autre ne souhaitant sans doute pas mettre un terme à une coopération fructueuse qui fait rayonner l'Olgarie avec deux économies en plein boom bien que sur deux modèles radicalement différentes. Si du côté du Westrait, on avait fait de Asha Lota une sainte morte en martyr pour le communisme (Après lui avoir ouvertement "craché à la gueule"), on la dépeignait comme une terroriste du côté du Caeturia. Un moment ou un autre, les positions westréennes et caeturiennes finiraient par entrer frontalement en contradiction. Tout le monde le savait autour de la table où venait de s'asseoir un Casey McKenna, en retard de quelques minutes sur l'horaire prévu.
CASEY MCKENNA | « Je suis vraiment désolé pour mon retard messieurs, un contretemps à expédier d'urgence. J'espère ne rien avoir raté d'important. »
ROGER LESTER | « Non non, ne t'inquiète pas Casey. Old Ross nous racontait sa jeunesse et comment était plus simple avant. Le bullshit habituel des vieux réactionnaires, on commence à avoir l'habitude avec lui ! Lester donna un léger coup de coude à Edgar Ross qui lui répondit avec un sourire moqueur »
JULIUS BLACKWELL | « Bien, maintenant que nous sommes tous là, nous pouvons discuter d'affaires plus importantes. Je propose que nous écoutions le Camarade Clay qui va nous délivrer un rapide topo de la situation. Citoyen Clay, si vous voulez bien commencer. »
PATRICK CLAY | « Je vais être le plus bref possible, tout le monde est plus ou moins au courant de la situation ici. Nous savons maintenant que le Conglomérat est derrière l'opération qui a tué Asha Lota et qu'il s'agissait juste de déblayer le terrain pour une intervention plus massive, sous couvert humanitaire. Si nous avons à l'esprit que nous avons des intérêts au Caskar et que nous commençons déjà à aider la faction plébéienne, il en résultera nécessairement une confrontation sur un temps moyen entre nous et le Conglomérat. C'est inévitable, notre aide n'est pas dissimulée et nous ne l'avons d'ailleurs pas dissimulé. Ce qu'il faut tranche, c'est notre attitude générale vis à vis du Caeturia et la nature de notre intervention dans le conflit caskar. »
ROGER LESTER | « Je ne pense pas que notre ligne diplomatique doit changer vis à vis du Caeturia. Jusque là, nous n'avons eu aucun problème à pouvoir bâtir en commun sur le théâtre purement olgarien. Nous savions parfaitement qu'il y aurait ce genre de scénario qui se présenterait à nous, il s'agit maintenant de le gérer. Devons nous sacrifier notre bonne entente avec avec le Caeturia en maintenant notre aide dans le conflit caskar ? Là est toute la question. Nous trahirons nos engagements en nous retirant honteusement maintenant. »
EDGAR ROSS | « Écoute-moi Lester, si ces fumiers de gandhariens n'avaient pas une fois de plus fait n'importe quoi en envoyant dix mille hommes comme on envoi des vaches paître dans un champ, nous n'en serions pas là ! C'est insupportable de voir que leurs décisions ne sont jamais réfléchi et nous mettent constamment dans la merde. Asha Lota a eu ce qu'elle méritait, tout le monde se voile la face en la bombardant martyr, alors que c'est son incompétence et son aventurisme qui nous conduit dans cette situation. Ils font chier ! »
JULIUS BLACKWELL | « Je prierai le Citoyen Ross de s'abstenir désormais de prendre la parole si ce n'est que pour proférer des injures et insultes un de nos alliés. Nous ne sommes pas là pour ça. »
EDGAR ROSS | « Que le Président du Présidium ose contredire tout ce que je raconte et dise que je mente. Mais allons-y ! »
JULIUS BLACKWELL | « Là n'est pas mon propos Citoyen Ross. Vous avez toutes les raisons de vous emporter, mais ce n'est ni le lieu, ni le moment. Nos alliés font des erreurs, nous ne pouvons pas nous contenter de leur aboyer dessus et de ne rien faire pour changer cela. Nous devons réfléchir à comment nous sortir mutuellement de ce pétrin. Donc, je ne sous-entend aucunement que vous êtes entrain de mentir Citoyen Ross, mais qu'il vous faut mesurer vos paroles. »
Le vieux soldat se lève en grommelant, balayant de ses yeux les personnes autour de la table avant de se retirer au fond de la pièce, continuant de maugréer des insultes dans sa moustache.
CASEY MCKENNA | « Je me range de l'avis du Camarade Ross malgré tout. Je pense qu'il a raison d'être en colère et de l'exprimer. Maintenant pour recadrer notre discussion, je pense que nous devons continuer notre soutien et si il le faut, intervenir plus en avant dans le conflit caskar. Nous avons une possibilité enfin de faire triompher nos idées et de pouvoir avoir un point d'ancrage solide au milieu de la Cérulée. Il faut y réfléchir. De plus, je tiens à préciser que le Caeturia n'a pour le moment rien dit sur nous et sur notre position. Tant que cela continue, nous n'avons pas à changer notre position. C'est mon avis. »
JULIUS BLACKWELL | « Quelles seraient nos options si il y avait un revirement de la part du Caeturia ? »
PATRICK CLAY | « Je ne veux pas parler à la place du Camarade Lester, mais je pense que nos options sont assez simples si ce cas de figure devait se produire. Tenter une discussion avec les autorités du conglomérat, mettre en marche notre appareil de propagande contre ce dernier si il se tourne contre nous. Enfin, nous avons toujours moyen de pouvoir faire couiner le conglomérat en l'attrapant par les couilles sur son arrière-cour, je parle bien évidemment du Nuevo-Rio. »
JULIUS BLACKWELL | « Ne nous sommes nous pas engagés à mener les discussions pour que le SCN dépose les armes ? Qu'est-ce qu'aurait notre parole si nous violions nos engagements ? »
ROGER LESTER | « Si je peux me permettre Citoyen Blackwell, nous avons promis de faire de la médiation et rien de plus pour le moment. Rien ne nous empêche de pouvoir garder quelques éléments radicaux au sein du SCN, c'est à dire sur notre ligne, et de pouvoir les soutenir le moment venu. Mais nous n'en sommes pas dans ce cas de figure, donc excluons le pour le moment. De toute manière et je pense que le Camarade Ross sera d'accord, si nous devons intervenir militairement nous ne le ferons pas comme l'ont fait les gandhariens, nous utiliserons les Brigades Internationales pour cela. »
Ross revient s'asseoir avec un verre de whisky à la main, calmé par rapport à il y a quelques minutes.
EDGAR ROSS | « De toute manière la WFRA est dans un piteux état, nous ne pouvons pas nous en servir pour le moment tant que nous n'aurons pas profité du plan quinquennal pour entièrement la ré-équiper la moderniser. Mais en effet, rien ne nous empêche de nous servir des Brigades Internationales en fournissant le matériel nécessaire ainsi que de la logistique. De plus cela fera davantage fulminer le Conglomérat qui n'aime pas tellement le fait que l'IC puisse avoir une force armée indépendante. Nous sommes gagnant sur tous les tableaux. »
CASEY MCKENNA | « J'ajouterai d'ailleurs qu'il est important que nous comme nos alliés comprennent que les Brigades Internationales doivent servir de force de frappe pour le mouvement communiste international et que nous n'aurons pas à devoir utiliser nos armées nationales dans ce cadre là. Il va falloir ruser et se montrer plus malin que nos adversaires, ou nous finirons par être mangé sans que l'on ne puisse rien faire. »
JULIUS BLACKWELL | « Je souscris totalement à ce que vous venez tous trois de dire. Il nous faut surveiller attentivement les réactions du Caeturia et tant que cela est possible, ne pas froisser les autorités du conglomérat. Tant que nous ne sommes pas nommés directement, nous avons toute la latitude pour agir. Et puis peut-être qu'au fond, le Caeturia n'en a rien à faire de notre position et fait la sourde oreille volontairement pour préserver la bonne entente en Olgarie. C'est un jeu de dupe, mais tant qu'il se joue conjointement nous sommes gagnant l'un comme l'autre. »
PATRICK CLAY | « Il nous faut aussi scruter les réactions de la part des puissances dytoliennes vis à vis de l'intervention humanitaire gargantuesque du Caeturia. Il y a de fortes chances que quelques pays puissent mal prendre le fait que l'on vienne directement foutre ses pieds dans la piscine pendant que l'on a le dos tourné. En profitant des contradictions inter-impérialistes, nous pourrons également savoir où nous positionner. Soyons optimiste, tous nos ennemis sont divisés et nous ne le sommes pas. Nous avons au moins ce facteur avec nous. »
EDGAR ROSS | « Voilà de sages paroles, Camarade Clay. Nous pouvons saluer votre clairvoyance sur ce dossier. Je tenais à m'excuser pour m'être emporté juste avant, c'est juste que... les gandhariens. J'espère qu'un jour nous arriverons à leurs faire entendre raison. »
CASEY MCKENNA | « Restons optimistes, comme l'a dit le Camarade Clay. Le Gandhari reste notre allié et son aide même maladroite, nous sera fortement utile dans le long conflit qui nous attend au Caskar. »
JULIUS BLACKWELL | « J'ai une autre question pour vous, Citoyen Clay : Qu'en est-il du Citoyen Baxter, savons nous si il est toujours en vie ? »
[...][/justify]
Posté : ven. oct. 11, 2019 5:16 am
par Viktor Troska
[bod]FIRST OF MAY[/bod]
[center][img]https://i.imgur.com/HPdsFkG.png[/img][/center]
[justify]Dans les pays à traditions culturelles britonnes, la célébration du Labour Day se fait généralement le 1er Septembre, marquant la fin des vacances et la reprise de l'activité dans l'ensemble du pays. Au Westrait, cette date n'est pas fêtée et le défilé traditionnel du 1er Mai lui est préféré. L'on fête en ce jour les martyrs de Dove Avenue ainsi que leurs revendications d'une journée de travail de huit heures, avec huit heures de repos et huit heures de vie de loisir. L'histoire du 1er Mai se confond quasiment avec l'histoire sociale, révolutionnaire et syndicale du Westrait. Peu de gens le savent, mais le choix de la date du 1er Mai comme Fête Internationale des Travailleurs et des Travailleuses est lié directement au "Massacre de Dove Avenue", où la police royale fit feu sur une manifestation syndicale tuant plusieurs dizaines de personnes après que des bombes furent lancées depuis le cortège contre la police. Il s'agit du moins de la version fournie par les autorités de l'époque, précipitant des vagues d'arrestations dans le pays et la mort de plusieurs leaders politiques anarchistes et socialistes, pour "complot contre la monarchie" et "attentat contre les forces de l'ordre". Suite à cela, le mouvement ouvrier international a décidé que le 1er Mai représenterait cette lutte pour la journée de huit heures, pour le droit syndical et pour la reconnaissance d'un jour entier dédié aux travailleurs et aux travailleuses. Depuis la fin de la guerre civile, les célébrations du 1er Mai ont toujours été une grande festivité et les défilés rassemblement des centaines de milliers de personnes dans la capitale, sans compter les autres défilés dans d'autres villes du pays. Pour ce 1er Mai 2040, la symbolique est double. Cinq années ont quasiment passées depuis la fin de la guerre civile révolutionnaire. Mais il s'agit également d'une date particulière, puisque cette manifestation du 1er Mai regroupe des délégations ouvrières venant du monde entier, prélude à l'ouverture du Congrès de l'Internationale qui aura lieu le lendemain.
Si les autorités westréennes n'ont pas lésinés sur la sécurité depuis plusieurs semaines, il ne s'agit pas de verrouiller définitivement les différents cortèges et de donner un aspect policier à ce grand rassemblement et cette énorme manifestation. La capitale Cewell s'est pour l'occasion littéralement couvertes de drapeaux rouges, ces derniers étant accrochés absolument partout, formant des nuées de drapeaux dans les grandes avenues de la capitale, jusqu'aux plus hauts bâtiments. Il aurait été mal vu que les westréens se placent à l'avent du cortège et occupent la tête de ce dernier. C'est ainsi que la banderole de tête, qui célèbre par un message clair la solidarité internationale des travailleurs et travailleuses du monde entier, est occupée par des gandhariens, des valdaques, des karmalis ou encore des bykovs. Juste derrière, des rangées succinctes se sont formées dans un ordre militaire parfait, arborant drapeaux rouges et grandes icônes. Sur ces dernières, des visages de martyrs : Asha Lota, Vasile Tudor ou encore Khalq-Ata. Quand l'immense cortège s'ébranle, l'atmosphère est délirante et à la fête. A ceux et celles qui défilent, répondent celles et ceux qui attendent sur le côté, saluant le plus souvent le poing levé au passage des énormes portraits des martyrs de la cause communiste. Les slogans frappent, les drapeaux claquent dans les airs. Si il ne fait pas beau aujourd'hui et si le vent souffle, la détermination est pourtant bien là. Cette masse compacte s'élance, scandant des slogans qui se répercutent de plus en plus fort au fur et rien mesure qu'ils sont lancés. Aux fameux "CAMARADE TUDOR ?", des voix répondent instantanément "PRÉSENT !" et il en est de même pour tous les martyrs, dont aucun n'est oublié ou minoré.
L'importance historique de ce défilé du 1er Mai, n'est pas encore nécessairement perçu par celles et ceux qui y participent. Si ce défilé revêt un caractère important, rien ne dit encore quelle trace il laissera dans l'histoire. Pourtant, derrière les visages déterminés, l'excitation et la joie de vivre un moment unique de fraternité internationale domine. Si le cortège donne de la voix, la foule présente sur les abords répond avec une aussi grande ferveur aux slogans qui sont lancés. Il faudra plusieurs heures pour que l'immense cortège finisse par arrivée sur la place centrale de Cewell, la fameuse "Place des Martyrs". Ici, un gigantesque podium a été montée, flanquée une fois de plus par d’innombrables drapeaux rouges et des banderoles aux slogans révolutionnaires. L'une après l'autre, les délégations étrangères viennent prendre la parole, délivrant un message en ce 1er Mai si particulier et à la vieille de la tenue du Congrès de l'Internationale Communiste. Les applaudissements, les cries de joies se succèdent, au fur et rien mesure que les délégations étrangères montent sur le podium et délivrent leurs messages et leurs profondes amitiés avec le mouvement révolutionnaire westréen. A la toute fin, c'est la Secrétaire Générale du WCP Audrey Grant qui vient conclure les prises de paroles. Si son discours est assez bref, il n'en reste pas moins comme à son habitude incisif et percutant, ponctué par des salves d'applaudissements qui couvrent par moment sa voix. La manifestation terminée, la célébration du 1er Mai n'est pas pour autant terminé. Divers meetings sont organisés à la fin de la journée, tandis qu'un concert énorme en plein air (toujours sur la Place des Martyrs) est donnée par des groupes westréens et étrangers. Clou du spectacle, "A Tribe Called Red" vient conclure cette soirée mémorable en jouant jusqu'à très tard dans la nuit. Si de nombreuses personnes sont déjà partis et que les délégations étrangères pour la plupart ont choisi de profiter d'une nuit de repos, des irréductibles ont préférés se laisser emporter par le très populaire groupe natif westréen. Demain sera un autre jour, un jour extrêmement important qui marquera la cérémonie officielle d'ouverture du Congrès de l'Internationale Communiste. Mais avant de passer aux choses sérieuses, un long moment de détente n'est pas de trop. Le temps semble s'être arrêté alors qu'un événement d'une importance capitale se profile et pourrait sans doute marquer un tournant majeur dans les relations ainsi que dans la dynamique qu'entretiennent les partis et organisations au sein du mouvement communiste international. Se détendre maintenant, pour prendre du recul par rapport aux débats qui vont se profiler au cours des prochaines semaines et qui vont très certainement mettre plus d'une organisation à rude l'épreuve.
Si les westréens savent être des hôtes charmants, ils ne montreront aucune pitié quand il s'agira de définir l'orientation stratégique globale du mouvement communiste international. On ne rigole pas avec la politique au Westrait, jamais ![/justify]
Posté : dim. oct. 20, 2019 9:45 pm
par Viktor Troska
[justify][bod]CIVIL WAR STORIES (II)[/bod]
[center][img]https://i.imgur.com/6jFFHpS.png[/img][/center]
Alors que les combats faisaient rage pour le contrôle de la capitale westréenne Cewell, certains quartiers de la ville avaient été libérés par les forces républicaines et révolutionnaires qui avaient commencé à administrer ces quartiers et préparer la libération prochaine de la ville. Pendant la majeure partir de la guerre civile, Cewell a été un point important de concentration pour les forces militaires et contre-révolutionnaires ainsi que leur capitale provisoire. Si la ville avait été épargnée des combats pendant le conflit civil, la situation avait changé radicalement dans les dernières semaines de combats. Elle devenait désormais le dernier point tenu fermement par ce qui restait du gouvernement militaire qui depuis son aéroport, commençait à faire exfiltrer les éléments les plus importants du gouvernement ainsi que leurs proches. Même si épargnée des combats, la brutalité des militaires s'était exercé dans la ville et toute contestation était brutalement réprimé et le plus souvent dans le sang. Alors que les classes possédantes westréennes pliaient bagages pour s'en aller loin de chez eux, la "Terreur Rouge" commençait à s'appliquer dans la ville et contre ceux et celles qui n'avaient pas été assez rapide pour s'enfuir. Malgré les combats qui s'intensifiaient, les dégâts sur la ville elle-même étaient minimes. C'était le cas par exemple du bâtiment qui abritaient hier encore la Bourse, mais qui à ce moment là n'était plus qu'un bâtiment fantôme. Les éléments radicaux au sein du camp républicain, représentés notamment par les communistes et les syndicalistes, voulaient faire un exemple et rendre la justice du peuple contre celles et ceux qui avaient soutenu le gouvernement militaire, son existence mais aussi ses exactions. La Bourse, hier symbole du capitalisme westréen, était désacralisé pour devenir le siège du Tribunal Révolutionnaire et de la vengeance populaire. De grandes estrades avaient été aménagés pour permettre à l'assistance de pouvoir assister aux procès, tandis que des va-et-vient permanent d'hommes et de femmes en armes apportaient tel ou tel suspect ou futur condamné. Au sommet d'une pile de mobiliers renversés qui formait une bien étrange pyramide, se trouvait le juge. Le juge était juré, avocat et bourreau à la fois pour simplifier les tâches. Il serait d'ailleurs plus juste de parler de la juge, car la juge du Tribunal Révolutionnaire de Cewell était une certaine Laura Tanner, une jeune femme grande et corpulente, qui se servait d'un marteau (au sens littéral) pour se faire entendre.
LAURA TANNER | « Citoyen Decker, vous êtes reconnu coupable d'avoir soutenu, armé et financé le gouvernement militaire en qualité de patron des industries Decker. Qu'avez-vous à dire pour votre défense ? »
HAROLD DECKER | « CE TRIBUNAL EST ILLÉGITIME ! VOUS N'AVEZ PAS LE DROIT DE ME JUGER ! RELÂCHEZ-MOI ! »
LAURA TANNER | « Votre gouvernement qui a assassiné un président légitimement élu était illégitime. Ce tribunal est à l'inverse parfaitement légitime car reposant sur le peuple westréen décidé à en finir avec les ordures fascistes dans votre genre. Je répète : Qu'avez-vous à dire pour votre défense ? »
HAROLD DECKER | « SALOPARDS ! JE N'AI RIEN A ME REPROCHER ! »
LAURA TANNER | « Bien dans ce cas, ce tribunal révolutionnaire vous condamne à la peine de mort par fusillade pour vos activités contre-révolutionnaires. La sentence est applicable immédiatement. »
Plusieurs miliciens se saisirent de Harold Hecker qui était attaché sur une chaise. Ce dernier était entrain de se débattre et criait qu'il était innocent, que ce tribunal était une honte pour son pays. Il fut rapidement évacué de ce qui servait de cours, puis une autre personne vient prendre sa place toujours sous bonne escorte.
LAURA TANNER | « Citoyen Bolton. C'est un plaisir de vous recevoir ici. Il y a vraiment un défilé de très belles personnes depuis ce matin. Qu'en pense l'assistance ? »
Des applaudissements et des encouragements se firent entendre, tandis que Jeremy Bolton était attaché à la chaise. Rapidement insulté par l'assistance, il se montra hautain au point de cracher dans leur direction, mais se mangea un coup de crosse en pleine figure l'instant d'après. Jeremy Bolton n'était pas n'importe qui à Cewell, il était l'un des principaux dirigeants militaires depuis le début de la guerre civile et un proche de Warren Richmond, qui venait de s'enfuir quelques jours plus tôt. D'une bonne famille et connu pour ses positions anticommunistes, il semblait vouloir rester digne et ne cachait pas son mépris pour ceux et celles qu'il avait pris plaisir à tuer au cours de ces dernières années.
LAURA TANNER | « Citoyen Bolton, vous êtes reconnu coupable de... »
JEREMY BOLTON | « Allez bien vous faire foutre, je me fiche pas mal de vos conneries. Vous êtes de la merde pour moi. »
LAURA TANNER | « L'accusé souhaite t-il préciser ses pensées ? »
JEREMY BOLTON | « Mais bien évidemment. Vous êtes de la merde et vous l'avez toujours été. Vous êtes nés pour être de la merde et pour récurer des chiottes, pas pour diriger une société. C'est naturel, tout simplement. Vous êtes des nuisibles, il faut vous traiter comme tel. Si j'en avais encore l'occasion, je ne me gênerai pas pour continuer ce qu'on ne m'a pas laissé terminer. »
LAURA TANNER | « L'accusé maintient-il ses déclarations ? »
JEREMY BOLTON | « Absolument et je peux même les répéter si vous le souhaitez. Immonde, déchet de l'humanité, grosse porcine suintant la haine. La nature ne t'as pas gâté, donc faut que tu te venges sur les moins ratés que toi. Qui t'as donné l'autorité pour avoir ton propre tribunal ? Cette bande d'émasculés et de singes vociférants ? Ce pays part réellement en couille... »
LAURA TANNER | « Citoyen Bolton, vous êtes reconnu coupable d'avoir entraîné la mort volontaire de plusieurs milliers de personnes... »
JEREMY BOLTON | « Je ne regrette rien madame la juge ! »
LAURA TANNER | « ... Ainsi que d'être un soutien actif au gouvernement contre-révolutionnaire qui a pris illégalement le pouvoir dans notre pays. Vous êtes reconnu coupable. Qu'avez-vous à dire pour votre défense ? »
JEREMY BOLTON | « J'ai eu un plaisir particulier à écraser toutes ces merdes humaines, est-ce une circonstance atténuante ? »
LAURA TANNER | « Bien dans ce cas, ce tribunal révolutionnaire vous condamne à la peine de mort par pendaison pour vos activités contre-révolutionnaire. La sentence est applicable immédiatement. »
Plusieurs coups de marteaux raisonnèrent en même temps que des applaudissements du côté des estrades de fortunes. Alors que les soldats venaient emporter Jeremy Bolton vers son trépas, ce dernier se montra d'une assez ferme réticence et ne se laissa pas faire. Le bougre se défendait bien et n'avait pas l'intention de se laissé passer la corde au cou sans broncher. Alors qu'il continuait à faire de la résistance, la juge Tanner était descendue de son tribunal de fortune et se dirigeait vers les soldats qui peinaient à maîtriser le fringant Bolton. Elle dégaina alors son arme et colle deux balles dans la tête à Bolton, qui s'écroula sur le sol raide mort.
LAURA TANNER | « Sentence appliqué. Suspect suivant je vous prie. »
Elle alla regagner sa place tandis que le corps inerte de Bolton était entrain d'être évacué et qu'une nouvelle personne prenait place sur le siège des accusés. Il s'agissait d'un homme assez jeune, bien habillé et qui ne respirait pas la tranquillité. Il fixait avec des yeux épouvantés la mare de sang qui se trouvait à ses pieds et peinait à retrouver sa respiration. Les coups de marteaux de la juge le firent revenir à lui.
LAURA TANNER | « Citoyen Wiley, vous êtes reconnu coupable d'avoir livré des listes entières de réseaux résistants aux autorités militaires, trahissant ainsi la confiance de nombreux de vos anciens camarades. Qu'avez-vous à dire pour votre défense ? »
Le jeune homme du nom de Luke Wiley se mit à fondre en larmes à l'annonce de ses chefs d'accusations. Comme de nombreux westréens, il avait dû choisir entre entrer en résistance ou assister de manière passive aux événements. Mais Wiley avait été arrêté par la police militaire et appréhendant le fait d'être possiblement torturé, avait donné des noms, des caches d'armes ainsi que des lieux précis de camps de partisans. C'était la raison de sa présence ici.
LAURA TANNER | « Citoyen Wiley ? »
LUKE WILEY | « Je... Je... Je n'ai pas eu le choix de faire cela, ils ont dit qu'ils tortureraient ma famille et mes proches, ainsi que moi. Qu'est-ce que je pouvais bien faire pour sauver les miens ? Je n'ai pas voulu tout ça, je n'ai jamais voulu de cette guerre civile ! »
Il éclata une fois de plus en sanglots, alors que l'assistance lui vociférait dessus. Si la défense de Luke Wiley pouvait avoir un sens, pour les présents en ce lieu elle était tout au plus une preuve de culpabilité avancée.
LAURA TANNER | « Citoyen Wiley, personne n'a voulu de cette guerre civile en effet. Il y a énormément de personnes ici qui ont perdus des proches et leurs familles et qui ont fait le choix de lutter pour leur liberté et pour la révolution. Est-ce que vous comprenez cela et donc, que j'attends de vous autre chose pour votre défense. Qu'avez-vous d'ailleurs à dire concrètement pour votre défense ? »
Un silence accueilli cette question, le pauvre Luke Wiley continuait de pleurer toutes les larmes de son corps, se balançant sur sa chaise d'avant en arrière le regard vide, murmurant des paroles incompréhensibles.
LAURA TANNER | « Citoyen Wiley ? J'attends une réponse, le fait de ne rien dire et de vous lamenter sur votre sort n'y changera rien du tout et sera d'ailleurs potentiellement reconnu contre vous. Citoyen Wiley ? Bien dans ce cas, ce tribunal révolutionnaire vous condamne à la peine de mort par fusillade pour vos activités contre-révolutionnaires. La sentence est applicable immédiatement. »
Prostré, le jeune homme ne fit rien pour se défendre et fut emmené rapidement à l'extérieur de la salle, tandis que l'on venait de ramener quatre chaises supplémentaires. 3 soldats réguliers de la RLA et deux miliciens vinrent y prendre place, sous une forte escorte.
LAURA TANNER | « Citoyens Holland, Watson, Cook, Kennedy et Gibson. Vous êtes reconnus coupable de malversations, d'utilisations abusives de votre stature au sein des forces armées révolutionnaires, d'extorsion d'impôts révolutionnaires, de vols, de viols et autres sévices sur des civils de notre pays. Qu'avez-vous à dire pour votre défense ? »
Les militaires et les deux miliciens se contentèrent de regarder le sol, sans rien dire. Cette attitude provoqua la fureur de la juge Tanner.
LAURA TANNER | « CITOYENS ! QU'AVEZ-VOUS A DIRE POUR VOTRE DÉFENSE ?
Nouveau silence.
LAURA TANNER | « Eh bien, eh bien... Elle a vraiment fière allure notre armée ! Ne sont-ils pas magnifiques nos braves soldats défendant la cause républicaine et révolutionnaires ? On les attrape le pantalon sur les chevilles et les poches pleines de billets, laissant des cadavres derrière eux par moment et aujourd'hui, voilà qu'ils ne sont pas capables de se défendre ! Vous êtes la honte de notre révolution, vous êtes la honte des combattants et des combattantes qui ont donné leurs vies pour notre lutte. Vous ne valez guère mieux que les cloportes qui nous font face, vous êtes d'ailleurs comme eux ! Puisque vous n'avez rien à dire, je vais procéder à la lecture de la sentence. »
SAMUEL KENNEDY | « Non ! Attendez, attendez. ATTENDEZ ! »
Samuel Kennedy était un soldat régulier de la Republican Liberation Army et un militaire de carrière. Comme nombre de ces camarades, il avait été de ceux qui avaient décidé de rester loyaux aux idéaux de la vieille république et refusaient le gouvernement militaire. C'était un homme d'environ quarante-cinq ans.
LAURA TANNER | « Citoyen Kennedy, je vous en prie. Expliquez à notre noble assemblée votre comportement, nous serions ravis de l'entendre. »
SAMUEL KENNEDY | « J'ai toute ma vie été un soldat. J'en suis d'ailleurs toujours un et c'est d'ailleurs en tant que soldat que j'ai décidé de défendre mes convictions républicaines contre le gouvernement militaire. »
LAURA TANNER | « En participant à du recel de matériel militaire sur le marché noir ? C'est votre façon de défendre vos convictions républicaines, citoyen Kennedy ? »
SAMUEL KENNEDY | « Cette pseudo cour de justice est moins républicaine que Warren Richmond ! »
Un énorme brouhaha émergea des estrades, tandis que la juge Tanner donna plusieurs coups de marteaux pour que le calme revint presque aussitôt.
LAURA TANNER | « Cette sortie citoyen Kennedy ne va très certainement pas améliorer votre cas. Ce Tribunal doit frapper les ennemis de la révolution, qu'il porte un complet veston ou bien qu'il se déguise avec des uniformes de la Republican Liberation Army, comme vous l'êtes actuellement. »
SAMUEL KENNEDY | « Je n'ai même pas encore eu la possibilité de pouvoir me défendre et exprimer mon avis... »
LAURA TANNER | « Citoyen Kennedy, vous venez de donnez votre avis à l'instant en tenant des propos contre-révolutionnaire, assimilant la justice populaire et révolutionnaire à la Terreur Blanche de Warren Richmond. Vous êtes un voleur et pardonnez-moi, un homme méprisable qui a troqué ses convictions pour former un gang de sous-prolétaires qui ont déshonorés à jamais notre révolution. Ce tribunal révolutionnaire vous condamne tous les cinq à la peine de mort par pendaison pour vos activités contre-révolutionnaires. La sentence est applicable immédiatement. »
SAMUEL KENNEDY | « Je proteste. En tant que militaire nous avons... »
LAURA TANNER | « VOUS N'AVEZ AUCUN DROIT ICI ! VOUS N'ETES PAS UN MILITAIRE, VOUS ETES UN ENNEMI DE NOTRE PEUPLE AINSI QU'UN CONTRE-RÉVOLUTIONNAIRE ! COMMENT OSEZ-VOUS RÉCLAMER UNE JUSTICE MILITAIRE ? FOUTEZ MOI TOUT ÇA HORS DE MA VUE ! »
Plusieurs miliciens armés vinrent pour emmener le groupe vers sa sentence et seul Samuel Kennedy semblait vouloir garder la tête haute en cette circonstance, ses coreligionnaires continuant d'avoir la mine basse et n'ayant d'ailleurs rien dit tout le monde de leur courte audition, ne cherchant même pas à défendre le militaire qui avait essayé d'amorcer un début de défense. Il faudra attendre de nombreux mois pour que cesse ces tribunaux révolutionnaires improvisés et que la "légalité socialiste" mette un terme à une justice populaire expéditive et assez désordonnée sur l'ensemble du territoire. En attendant cela, de nombreuses victimes de la "Terreur Rouge" continueraient de tomber, le plus souvent avec l'approbation d'une grande partie de la population qui aurait participé volontiers à des lynchages si l'occasion lui avait été offerte. Laura Tanner pour sa part, ne sera jamais inquiétée pour son rôle de bourreau à la tête du tribunal révolutionnaire de Cewell. Au contraire, elle sera remerciée pour ses services.[/justify]
Posté : mer. oct. 23, 2019 1:07 pm
par Viktor Troska
[bod]PUBLIC DÉCLARATION[/bod]
[center][img]https://i.imgur.com/T2GM6Sh.png[/img]
Lamarcus Greer, membre influent du Workers Action Front en exil au Westrait[/center]
[justify][quote]Frères et sœurs, amis et camarades, combattants et combattantes de l'indépendance,
C'est avec une immense joie que nous venons d'apprendre que les actions visant à la reprise de la lutte armée au sein du MLA se sont définitivement matérialisés, suite à l'attaque contre un convoi militaire où des ennemis de notre peuple ont été terrassés par la témérité de nos combattants et de nos combattantes. Pendant de nombreuses années, la Workers Action Front n'a jamais démordu de sa ligne et à sans cesse appeler à durcir la lutte contre le régime d'apartheid et à mener le combat au cœur du pouvoir blanc, racial et colonial porté par le gouvernement De Klerk. Nous avions déclaré que nous ne resterons pas sans riposter suite au massacre des mineurs suite à des attaques au gaz à leur encontre. Définitivement, le gouvernement De Klerk a prouvé qu'il n'en avait rien à faire de vouloir discuter avec le MLA, ni de mettre en place une quelconque réforme pour faciliter une prétendue intégration. Nous savons cependant qu'il existe encore au sein de notre mouvement, au sein du MLA, des réticences à mener de front un combat armé. Il faut en finir avec les illusions et nous préparer à nous battre et nous fixer comme objectif de déboulonner le gouvernement d'apartheid et de génocide de De Klerk. Notre lutte est encore longue, mais nous sommes désormais plus uni que par le passé. Le Workers Action Front appel officiellement l'ensemble du MLA à se déclarer pour la reprise unilatérale du combat armée et pour le triomphe de la résistance anti-apartheid. Il est temps désormais de nous lever tous et toutes, de ne plus regarder le sol et de courber l'échine. Nous avons rendu coup pour coup suite à la dernière attaque du gouvernement fasciste de De Klerk. Disons clairement que nous n'avons rien à faire de savoir si un autre gouvernement viendra remplacer celui que nous avons actuellement, car il pourra se présenter sous un nouveau jour si il le souhaite, les vieilles recettes racistes des colonisateurs ne changeront pas pour autant ! Arrêtons maintenant de participer à des institutions, décrétons que nous boycotteront les institutions et les organismes qui sont les sous-marins du gouvernement et de l'Etat colonial Alekaner. Refusons de servir, refusons de baisser les yeux, refusons d'accepter de vivre dans des townships comme si nous étions de vulgaires cafards. Nous sommes dans notre droit, nous avons raison de nous révolter ! Maintenons plus que jamais la pression sur ce gouvernement, sur son édifice raciste et sur ses failles. S nous restons unis et soudés, si nous maintenons la perspective de libération fixé par notre mouvement, nous aurons remporté une grande victoire. Le Workers Action Front ne réclamera rien d'autre pour le moment que la libération de notre pays et de nos peuples, la fin de la politique d'apartheid, la condamnation des élites actuelles alekaners et surtout la constitution d'un pouvoir authentiquement indigène, un pouvoir qui sera celui des combattants et des combattantes de l'indépendance. Notre objectif est à porté de main et c'est seulement en intensifiant notre lutte, en acceptant des sacrifices que nous pourrons enfin être libre et ne plus vivre dans la souffrance. Il faut que derrière chaque maison, chaque arbre et chaque coin de rue, se dresse de nouveaux combattants. Frappez nos ennemis avec tout ce que vous pouvez et harcelez le constamment et continuellement. Nous vaincrons parce que nous sommes plus forts et plus déterminés. Notre lutte est juste, notre avenir est radieux et notre combat nous apportera la paix, la victoire et la libération totale sur nos oppresseurs.
VIVE LE MLA !
CONVERGEONS VERS LA REPRISE GÉNÉRALISÉE DE LA LUTTE ARMÉE !
A BAS L'ETAT COLONIAL ET D'APARTHEID ALEKAN ![/justify][/quote]