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Posté : jeu. sept. 09, 2010 12:17 pm
par Ramiro de Maeztu
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L'intérieur du quatrième terminal de l'Aéroport International Quique de Valdepeñas d'Hispalis</center>
Quelle ne fut pas ma surprise lorsque je posai le pied sur le tarmacadam de l'Aéroport International Quique de Valdepeñas, à Hispalis, et constatai qu'il s'agissait d'un immense ensemble de bâtiments, de véhicules, d'agents, de pilotes, d'hôtesses de l'air, de passagers..., le tout dans de très importantes proportions. Je fus surtout impressionné par la taille des bâtiments, que j'imaginais nettement plus modestes et, plus encore, lorsque j'entrai dans le quatrième terminal de l'aéroport, par leur propreté et leur modernité.
Moi qui m'attendait à un infâme rade humide et crasseux, je tombai des nues et constatai que l'on savait construire et nettoyer au Numancia... A moins que cet aéroport ne fût de fabrication pelabssienne ou germanique ?
Un peu désorienté, je m'adressai à un guichetier dans un castillan très hésitant - largement issu de mon apprentissage autodidacte par une méthode d'assimilation - pour lui demander où se trouvait le tapis roulant qui devait me rendre mes bagages.
"La cinta número tres" me répondit-il courtoisement et avec le sourire après avoir consulté son ordinateur.
Une fois ma valise récupérée, je sortis de l'aéroport, me disant que l'extérieur devait bien contraster par sa pauvreté avec cet aéroport ultramoderne. Je m'attendais presque à découvrir des bidonvilles à peine masqués ou tout du moins des tours et des barres totalement délabrées.
Mais il n'en fut rien : il y avait là des dizaines de taxis qui attendaient à l'extérieur des voyageurs pressés et, au-delà, d'autres bâtiments sur le côté gauche, tandis que le côté droit était occupé par un immense terrain vague herbeux sans aucun détritus.
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La file des taxis garés le long du trottoir, à l'extérieur du quatrième terminal</center>
L'un des chauffeurs, qui fumait une cigarette à l'extérieur de son véhicule, alla l'écraser sur une borne spécialement faite à cet usage et m'invita à monter dans son taxi. Il se chargea de ma valise, la rangea dans son coffre à bagages et grimpa après moi au poste de conduite.
Il me demanda où je voulais aller, mais je n'osai lui répondre au vu de la qualité de mon castillan et du fort bruit de la radio. Je me contentai de lui donner la fiche de réservation de mon hôtel, qui en indiquait l'adresse. Il programma la destination sur son écran de système de positionnement satellital et démarra rapidement.
Au bout de quelques minutes de route, nous nous retrouvâmes sur une voie rapide très empruntée, chose que je n'aurais jamais imaginé voir au Numancia étant donné ce qu'on disait de cette nation en Adélie. Le conducteur baissa un peu le son de sa radio, qui n'émettait que des chansons en espagnol (ce qui m'étonna également), et engagea la conversation avec moi.
Cet homme bien sympathique, dont j'appris rapidement qu'il était marié et avait trois enfants, voulait simplement savoir d'où je venais, quel était mon prénom, où j'allais, combien de temps je restais au Numancia...
Sans que je ne m'en rendisse compte, nous arrivâmes assez vite dans la ville d'Hispalis en elle-même.
Posté : jeu. sept. 09, 2010 12:18 pm
par Ramiro de Maeztu
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L'un des champs céréaliers du Numancia aperçu par le touriste adélien par le hublot de son avion</center>
Enfin ! Quinze jours de vacances bien méritées ! Après deux années pleines de soucis, de galères, de contretemps et d'un travail monstrueux, j'ai enfin l'occasion de me ressourcer ailleurs et de découvrir de nouvelles contrées, loin de l'angoisse générée par mon travail à Barrow, dans le quartier des affaires. Plus d'admonestations de mon patron, plus d'angoisse face aux dossiers qui s'accumulent et aux sanctions que l'on pourrait prendre à mon encontre si je multipliais les retards, plus de repas pris sur le pouce pendant quinze jours. Bref, halte à la vie chrématistique !
Il est vrai que le Numancia n'est pas réellement la nation dont je rêvais mais c'était surtout celle qui était le plus abordable pour ma bourse : le coût de la vie y est là-bas visiblement moindre qu'en Adélie. C'est en tout cas ce que m'a conseillé mon agence de voyage, même si je dois dire que j'ai d'abord failli refusé au vu du portrait apocalyptique que l'on dresse du Numancia dans les médias, en Adélie. Et c'est d'autant plus frappant que les fascistes y ont largement gagné les dernières élections générales anticipées - pauvres Numanciens, comme je les plains ! Quelle servitude volontaire ! A moins qu'il n'y ait eu du bourrage d'urnes, ce qui ne serait pas impossible dans cette nation totalement contrôlée, où tout est fait pour que les mêmes élites restent indéfiniment en place et continuent à écraser un peuple opprimé.
Même mon entourage a cherché à me dissuader de me rendre là-bas, notamment ma mère, qui habite à Perth. Elle m'a même certifié qu'un ami de l'entraîneur de la sélection nationale adélienne de football avait entendu dire que les Numanciens étaient obligés de gagner lors de leur premier match amical contre notre pays... sous peine d'être fusillés en rentrant ! Cela ne m'étonnerait guère au vu de la répression qui sévit visiblement dans ce pays qui se veut antilibéral...
Dans l'avion, l'hôtesse vient de nous signaler avec un fort accent espagnol que nous commençons à passer au-dessus du territoire national numancien. Le couloir aérien que nous empruntons survole notamment la métropole de Filipina, dont la brochure explique qu'elle est peuplée d'un million d'habitants, que c'est une importante ville d'affaires et qu'elle a failli avoir les prochains Jeux Olympiques d'Hiver, mais que c'est finalement Alegra, en Palombie, qui les a remportés. Je suis quelque peu surpris de voir autant de gratte-ciels réunis dans un pays non anglo-saxon, mais je me dis que la moitié d'entre eux ne doit même pas être louée vu la pauvreté du Numancia. Cette nation a beau être la neuvième puissance économique mondiale, je vois mal, étant donné toutes les informations qui nous parviennent à son sujet, comment la richesse y serait équitablement répartie. Et ça veut organiser des Jeux Olympiques...
Mais les touristes sont toujours bien traités dans les pays pauvres ouverts sur cette économie si particulière, je n'ai donc rien à craindre.
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Plusieurs des gratte-ciel de Filipina, dans le quartier des affaires Pedro Chalmeta, aperçus depuis le hublot</center>
Nous entamons notre descente et survolons désormais les contrées désertiques de la Province de Parda, où seules quelques bourgades et une ou deux grandes villes rompent un paysage monotone mais fascinant et magnifique, fait de champs de céréales à perte de vue, irrigués par quelques maigres cours d'eau. C'est vraiment splendide et impressionnant ! Même si ce pays est une dictature où les habitants sont aussi froids et fanatiques qu'on le dit, j'imagine qu'il doit y avoir bien des belles choses à y voir !
Nous atterrissons enfin à l'Aéroport International Quique de Valdepeñas, à Hispalis, ma destination, et je souffre de quelques acouphènes à cause de l'atterrissage.
Je descends sur la passerelle. J'espère pouvoir passer un bon séjour ici !
Posté : sam. déc. 11, 2010 3:32 pm
par Ramiro de Maeztu
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Après plus d'un mois passé dans la métropole, et notamment à Hispalis, à discuter, visiter, goûter à la gastronomie numancienne et à découvrir ou redécouvrir tant de choses, je fus à la fois tendu vers le passé et l'avenir, nostalgique et impatient : nostalgique parce que je quittais un pays et une capitale qu'au fond j'aimais beaucoup, impatient car ma mère et mon frère m'avaient beaucoup manqué.
J'étais bien entendu resté en contact avec eux grâce à un téléphone portable que j'avais acheté à Puerto Real, la téléphonie mobile commençant à se développer en Cisplatine grâce à la firme numancienne Telefónica. Mais parler à ses "seres queridos", comme l'on disait au Numancia métropolitain (ses êtres chers) à travers un combiné, à des centaines de kilomètres de distance, n'avait rien à voir avec leur parler de visu, les côtoyer, les choyer, les aimer, les toucher.
De retour chez moi, je vis qu'il y avait eu du changement dans la maison : un lave-linge, formidable engin électroménager que nous n'avions jamais possédé, avait fait son apparition dans la penderie, tandis qu'une nouvelle plaque de cuisson avait été installée. C'était ma mère qui les avait achetés, bien entendu, grâce à son salaire de contremaître (sa promotion avait été assez rapide car elle avait déjà travaillé dans une soierie artisanale avant d'intégrer cette grande usine textile numancienne), mais également grâce à une partie de mon salaire, que je lui reversais régulièrement.
Mon retour au bercail donna évidemment lieu à moult effusions et embrassades, puis je découvris que mon petit frère avait fait de grands progrès en castillan : il savait désormais parfaitement le lire (même s'il avait encore une pointe d'accent anglais) et l'écrivait assez correctement. Il lui restait bien entendu encore beaucoup à apprendre, l'espagnol possédant une grammaire et des conjugaisons très exigeantes.
Ma mère fut ravie de me mitonner un petit plat dont elle seule avait le secret. Puis elle m'expliqua qu'elle avait prévu pour le lendemain une petite soirée à la maison, avec des collègues de l'usine textile, dont plusieurs étaient des Numanciens et Numanciennes venus de la métropole. Elle me demande si je souhaitais dîner avec eux et j'acceptais de bon cœur : je voulais voir comment les métropolitains réagissaient à l'émigration en Cisplatine et au déracinement consécutif.
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Posté : sam. déc. 11, 2010 3:33 pm
par Ramiro de Maeztu
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Je crois que je me souviendrai toute ma vie de cette incroyable soirée du 11 juillet 2013, au Stade Monumental Ángel Ier d'Hispalis.
Entouré de cent dix mille spectateurs, les yeux rivés sur un incroyable spectacle qui captivait au même moment des millions de téléspectateurs au Numancia et dans le monde, je fus pris dans une marée humaine d'olas, de hourras, de bis, de bravos, de cris éperdus, d'attente, d'inquiétude, de tension, de libération.
Le match, malgré le peu de buts qu'il avait générés, avait été incroyable et superbe, ponctué par des nombreuses occasions, des moments de doute ou d'autres de joie incontrôlable, des cartons jaunes inévitables, des retournées acrobatiques, des corners, des coups-francs, des têtes, des ailes-de-pigeon ou encore des petits ponts et des talonnades.
Mais ce qui m'avait le plus frappé, c'était la fête populaire qui s'en était suivi dans toute Hispalis et sans doute dans tout le Royaume. Avec l'ensemble des spectateurs, nous étions restés encore pendant une bonne heure dans le stade, admirant le feu d'artifice qui avait été prévu pour le moment de la victoire et hurlant, saluant et acclamant les vainqueurs, cette magnifique équipe du Numancia qui avait réussi à faire vibrer tout un peuple pendant plus d'un mois. Troisième trophée mondiale, troisième trophée d'affilée : quel exploit !
Je frissonnai lorsque le capitaine de l'équipe, l'avant-centre Diego Rivera, meilleur buteur de la compétition, soulevait le trophée pour la deuxième fois de sa vie. Le héros de la soirée, le second attaquant Fernando de Padua, fut lui aussi bien sûr célébré, tandis que les joueurs de la Furia Roja portèrent au pinacle leur sélectionneur, Don Arsenio Galapagar.
Lorsque nous pûmes enfin sortir de l'arène, entourés d'une marée humaine, nous tombâmes sur une foule encore plus immense qui débordait partout dans les rues, s'ébrouait devant les écrans géants, envahissait les avenues et empêchait toute circulation. Les rares voitures qui passaient faisaient jouer leur avertisseur sonore et des drapeaux du Numancia étaient partout étendus, agités ou ceints à la taille. Malgré les dernières lois passées en la matière et l'interdiction formelle des autorités municipales, nombreux furent les supporters, hommes ou femmes, qui se jetèrent dans les fontaines et toutes les pièces d'eau publiques.
Partout, l'on entendait les mêmes slogans : "Numancia campeona", "Somos campeones", "Yo soy numántico"... Je me mêlai à un petit groupe d'amateurs de football qui célébrait la victoire dans un café bondé, comme tous les lieux de rencontre du pays sans nul doute, autour d'une bière. Je compris rapidement que ces quelques jeunes ne se connaissaient pas et s'étaient réunis tout à fait par hasard, les Numanciens ayant le contact très facile. Je ne fus donc pas dépaysé et ne me sentis pas étranger à leurs discussions, qui tournaient autour de cette finale : l'on refaisait la rencontre, voire toute la Coupe du Monde, imaginant ce qui se serait passé si ou ce qui se serait produit si untel n'avait rien fait ou fait quelque chose autrement. Rien de bien intelligent ou novateur, donc, dans ces supputations gratuites, mais j'étais tellement euphorique, comme tout le peuple numancien, que je m'en moquais totalement.
Nous regardions distraitement la première chaîne de télévision nationale, qui ne cessait de passer et repasser des images de cette victoire ou d'enfiler les analyses de commentateurs comme des perles sur un collier. Nous attendions tous les premières édition des journaux nationaux ou locaux ainsi que le défilé de la Furia Roja dans la ville...
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Posté : sam. déc. 11, 2010 3:34 pm
par Ramiro de Maeztu
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Le Stade de la Monarchie d'Hispalis vibra comme un seul homme lors du but de Julio Beltrán puis lors de celui de Javier Iberdrola. Je n'avais jamais vu une telle marée humaine, une telle profusion de cris d'encouragement, d'olas, de joies et de déceptions, qui ne touchaient bien évidemment pas de la même façon les supporters du Schlessien, le grand perdant de l'après-midi, fussent-ils schlessois, germaniques ou d'autres provenances géographiques.
Voir la sélection nationale numancienne de football à la télévision m'avait déjà impressionné, mais admirer un match de la Furia Roja en vrai, dans un immense stade mythique, qui n'était certes plus le plus grand du pays mais avait accueilli la finale de la Coupe d'Alméra des Nations de 1967, était encore plus exaltant.
J'avais pénétré dans l'enceinte, après bien des contrôles de sécurité, des portiques magnétiques et des fouilles au corps, deux heures avant le début de la rencontre, et le stade était déjà presque rempli. Cette Coupe du Monde était non seulement un succès d'image et un succès économique pour le pays, mais aussi une vraie réussite populaire. Des millions de touristes avaient déjà visité le pays et assisté à au moins un match et des millions d'autres étaient encore attendus. Les soixante-quinze mille spectateurs de l'arène s'égosillaient à s'arracher les poumons, agitant leurs drapeaux, leurs fanions, leurs banderoles, leurs affiches. Mais pas un écart de conduite, pas une rixe, pas un supporter aviné ne put gâcher la fête : les services de sécurité étaient conséquents et veillaient au grain. Et même le but de Brehmen, à la cinquante-cinquième minute, ne put faire diminuer l'euphorie dans le stade : le Numancia revenait dans la course, dans SA Coupe du Monde.
J'étais absolument admiratif devant la Furia Roja qui, poussée par son public et son sélectionneur, Don Arsenio Galapagar, déployaient tout à la fois l'exubérance offensive, la solidité défensive et la charnière centrale; la force du collectif et l'excellence des individualités. Je me pris à croire que la Furia Roja pouvait parvenir à décrocher son troisième titre de Champion du Monde et son troisième titre international consécutif, même si du chemin restait à faire, y compris pour se qualifier.
Je me pris même d'un certain amour pour ce pays, bien malgré moi, alors que cette nation était la mienne ou allait ou en tout cas bientôt le devenir. Nul doute n'était permis : une majorité de Cisplatins allaient voter pour le rattachement définitif à la métropole, d'autant plus qu'une autonomie non négligeable était assurée pour leur région et qu'elle était valorisée et reconstruite. J'avais jeté un coup d'œil aux derniers chiffres du chômage, qui accusaient encore un vrai retard sur la métropole mais étaient exceptionnellement bas pour l'archipel. Mon directeur me dit toutefois qu'ils devraient augmenter légèrement à la fin du gros de la reconstruction pour retomber quelques mois plus tard, selon un schéma économique classique bien connu de ses services.
En sortant du stade, encore tout échauffé par le public et la qualité du match, une phrase de l'auteur numancien antique de langue latine Juvénal me vint à l'esprit : "Panem et circenses", "Du pain et des jeux" ou "Pan y circo", en castillan. Quelle drôle d'ironie du sort !
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Posté : sam. déc. 11, 2010 3:34 pm
par Ramiro de Maeztu
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Mon arrivée au port d'Hispalis, qui était bien plus étendu et dynamique que dans mes souvenirs, se fit sans encombres. Mon chef me murmura quelques mots lorsque nous descendîmes, mais ils me parurent tellement insignifiants que je ne les écoutai même pas.
Je ne me souvins guère du repas du soir, qui devait se dérouler dans la grande Salle de Réceptions du Palais Royal d'Occident, en présence de Sa Majesté Sérénissime, qui se fit finalement porter pâle. Felipe V voulait passer la soirée précédant le début de la Coupe du Monde de Football sur son territoire à travailler sur divers sujets politiques, économiques ou sociaux. Il avait à se lever tôt le lendemain pour rejoindre dans son avion privé un aérodrome à une dizaine de kilomètres de Puerto Real, d'où il se rendrait en voiture jusqu'au stade qui portait son nom et où devait se dérouler la cérémonie d'ouverture que je vis, par un drôle de retournement dans ma vie, à la télévision, depuis mon très bel hôtel hispalien.
Je suivis avec une grande attention les premiers matches de qualification de ce Mondial : en dehors de visites guidées dans une ville que je connaissais déjà dans sa majorité, même si j'y découvris d'agréables nouveautés, et quelques réceptions sans grand intérêt, où je m'ennuyai à mourir. Étais-je fait pour le grand monde, pour le "mundillo", comme l'on disait au Numancia et comme le mot commençait à s'imposer en Province Cisplatine ? Je l'ignorais, mais j'aimais les rencontres que je voyais à la télévision ou dans les stades où l'on m'invitait avec l'ensemble des convives cisplatins de Sa Majesté.
J'avais notamment vibré devant le match opposant les surprenants Rostovs à des Esmarkiens déterminés; la victoire slave me paraissait méritée malgré une très belle bataille contre les Vicaskarans. J'avais aussi été surpris par la courte mais belle victoire des Shmorodim contre le Freutschland ou de l'écrasant triomphe shawiricois contre un Bangiso aux abois.
Mais j'avais évidemment été très déçu par le match nul entre un Numancia qui avait pourtant dominé la rencontre et des Amanais opportunistes. Mes sentiments concernant le Royaume avaient beau être ambigus, voire contradictoires, je ne pouvais pas, en tant qu'amateur de beau jeu, ne pas aimer et supporter la Furia Roja. Je mesurai en tout cas rapidement la déception profonde que pouvait provoquer une contre-performance footballistique dans ce pays - et donc, en filigrane, la liesse populaire qui avait pu découler des deux récentes victoires internationales numanciennes.
Mais tout cela ne répondait à une question plus profonde : pourquoi exactement la Couronne numancienne finançait-elle un séjour tous frais payés à plus d'une centaine de Cisplatins de tous horizons à Hispalis ? Était-ce uniquement pour leur faire voir du pays et leur faire aimer cette nation qui s'occupait désormais d'elle ? Cela me paraissait douteux...
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Posté : sam. déc. 11, 2010 3:35 pm
par Ramiro de Maeztu
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Durant ces huit heures de trajet sur mer, j'avais eu le temps de longuement méditer sur ce que j'allais faire au Numancia. J'allais me retrouver, quatre ans après la fin de mes études, à Hispalis, la ville de l'Université Royale Canoviste, l'établissement où j'avais passé mon doctorat sous le règne de Sa Majesté Sérénissime (quel titre pompeux...) Ángel Ier.
J'avais à cette époque beaucoup aimé cette ville dynamique, estudiantine, chaleureuse, riche et fière de son patrimoine et de son ambiance à nulle autre pareille. Mes années d'études dans cette grande capitale, peuplée d'onze millions de personnes, m'avait fait découvrir un coin du monde que je ne connaissais que par les récits des plus âgés qui se souvenaient encore du temps de la colonie quemienne. Par une drôle d'ironie de l'histoire, je me retrouvai dans la même situation avec la Province Cisplatine...
Qu'allais-je retrouver là-bas ? La cité avait-elle beaucoup changé ? J'avais lu dans plusieurs articles de La Digne Cisplatine que sa zone industrialoportuaire était en pleine reconversion et aspirait à s'élever au-dessus de sa place de troisième port mondial. J'avais aussi lu que la législature phalangiste, que je n'appréciais guère, avait beaucoup œuvré pour sauvegarder et valoriser le patrimoine urbain hispalien tout en y rendant la culture vivante.
Pourtant, j'avais peur d'être déçu, trompé par de vieux souvenirs de ma prime jeunesse.
A bord, je discutai avec plusieurs Cisplatins qui avaient eux aussi été invités par le Roi en métropole; c'était pour l'essentiel des ouvriers ou des employés subalternes qui étaient ravis de faire une aussi belle croisière et de découvrir un pays qu'ils n'avaient jamais vu. Nous échangeâmes nos impressions sur l'occupation numancienne en Cisplatine, qui n'était décidément plus vécue comme une invasion et un pillage en règle mais comme une "gestion efficace, juste et respectueuse" par toutes les personnes à qui je m'adressais. Oubliés les rancœurs contre le gouvernement nationaliste, l'intervention de groupes paramilitaires lochlannais ou l'anéantissement quasi total de l'armée quemienne. Cela tendait à confirmer les récents sondages d'opinion, que les autorités centrales n'avaient pas biaisés et qui donnaient 75% de satisfaits à la situation actuelle.
Cela me laissa songeur et soucieux, mais je préférai me concentrer sur la Coupe du Monde de Football à venir : j'étais assez mordu de football et, malgré ma défiance vis-à-vis du Numancia, sa sélection nationale était des plus impressionnantes. J'espérais la voir aller jusqu'en demi-finales à tout le moins !
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Posté : sam. déc. 11, 2010 3:36 pm
par Ramiro de Maeztu
<center>[url=http://www.casimages.com/img.php?i=10102105354984043.png][img]http://nsa23.casimages.com/img/2010/10/21/mini_10102105354984043.png[/img][/url]</center>
Je me rendis le surlendemain au grand port de plaisance de Puerto Real, qui avait totalement été restructuré et agrandi, muni de mon billet. Je l'avais eu gratuitement, comme l'ensemble des Cisplatins gracieusement invités par Sa Majesté Sérénissime à Hispalis, mais je supposai qu'il devait coûter bien cher.
Comme convenu, je retrouvai le directeur de la délégation provinciale de l'Institut National des Statistiques au pied de la grande passerelle qui menait au bateau que nous devions prendre. En marchant, je lus distraitement son nom, qui était inscrit en haut de sa coque : "Paquebote El Diamante", "Paquebot Le Diamant". Un nom qui sonnait clinquant, comme tout ce que faisait ou construisait le Numancia en Province Cisplatine, d'ailleurs...
Arrivé au niveau de mon directeur, je voulus le saluer, mais il m'interpella en premier :
- ¿Le gusta este gran barco? ¡Es el florón de la Marina nacional!
- Vous aimez ce grand bateau ? C'est le fleuron de la Marine nationale !
J'opinai du chef car je ne voulus ni contrarier mon supérieur hiérarchique, ni entrer dans un débat infini et stérile. Je fis connaissance avec son épouse, une femme assez réservée mais polie, puis nous montâmes dans le paquebot, salués par une hôtesse d'accueil qui déchira le talon de nos billets.
L'intérieur était incroyablement fonctionnel, luxueux et décoré dans un goût exquis. Le grand vestibule, avec ses tentures, ses fausses marbrures et ses lustres gigantesques m'impressionna par sa démesure. Les Numanciens ne savaient-ils donc rien faire simplement ? Mon chef me fit signe de le suivre, il allait me présenter ma cabine, qui était bien entendu l'une des plus belles et des plus spacieuses, par égard à mon nouveau rang en Province Cisplatine.
Puis il se mit martel en tête de m'expliquer par le menu toutes les caractéristiques de ce paquebot : plus de trois cents dix mètres de longueur, plus de trente-trois mètres de maître-bau, plus de dix mètres de tirant d'eau, plus de soixante-six mètres de tirant d'air, plus de cinquante-sept mille tonnes de déplacement, quatre hélices fixes d'un diamètre de six mètres chacune, près de quatorze mille tonnes de port en lourd, plus de soixante-six mille tonneaux de jauge brute, quatre groupes électromécaniques, cent soixante mille chevaux de puissance, douze ponts, trente-et-un nœuds en vitesse de croisière, plus de mille membres d'équipage, plus de deux mille passagers, le tout affrété par la Couronne numancienne.
Mais je ne l'écoutais plus, j'avais fermé les écoutilles : cette avalanche de chiffres ne m'intéressait pas, elle m'écœurait presque. On eût dit qu'il me faisait une récitation, comme un bon élève aurait appris ses fables ou sa leçon de choses. Je préférais profiter du voyage et oublier pour un moment ma profession, mes états d'âme, ma vie, en somme.
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Posté : sam. déc. 11, 2010 3:36 pm
par Ramiro de Maeztu
<center>[url=http://www.casimages.com/img.php?i=10101902214839794.jpg][img]http://nsa23.casimages.com/img/2010/10/19/mini_10101902214839794.jpg[/img][/url]</center>
Voyant que ma mère était interloquée par ma révélation, j'ajoutai rapidement, avant qu'elle ne pût parler :
- Bien me has oído, mamá. Pronto iré a Numancia; cogeré un barco con destino a Hispalis pasado mañana.
- Tu m'as bien entendu, maman. J'irai bientôt au Numancia; je prendrai un bateau en direction d'Hispalis après demain.
- Pero... ¿Por qué te vas a Hispalis?
- Mais... Pourquoi pars-tu à Hispalis ?
Je m'évertuai alors à tout expliquer à ma mère : ma réunion surprise avec le directeur de la délégation provinciale de l'Institut; l'invitation massive de la Couronne numancienne; le Mondial de Football... Je voyais bien que ma mère était perturbée. Elle n'en épluchait même plus les légumes qu'elle avait disposés sur une planche à découper, sur la table de la cuisine. Je crus tout d'abord qu'elle allait se montrer triste et déçue, inquiète et diligente. Mais il n'en fut rien, signe que le comportement de ma mère avait radicalement changé depuis la guerre.
Elle s'exclama, un sourire sincère aux lèvres :
- Pero... ¡Es estupendo, Emilio! Te vas haciendo importante en Numancia.
- Mais... C'est formidable, Emilio ! Tu deviens peu à peu important au Numancia.
Je crus tout d'abord qu'il s'agissait d'une réaction d'orgueil, pour ne pas avoir à pleurer ou à me montrer sa déception. Je lui répondis donc :
- Sabes, mamá, me puedes decir la verdad. Ya sé que te angustia y te entristece esa noticia. Desafortunadamente, no puedo negarme a ir allá.
- Tu sais, maman, tu peux me dira la vérité. Je sais bien que cette nouvelle t'angoisse et t'attriste. Malheureusement, je ne peux refuser d'y aller.
Ma mère cessa à nouveau d'éplucher ses carottes et me regarda, interdite. Elle me sourit, l'air amusé, et dit en riant gentiment :
- ¡Qué no estoy triste para nada, Emilio! Algo maravilloso te ocurre. Es la oportunidad de tu vida, hijo mío. Vas a encontrar a nueva gente poderosa, vas a trabar amistades importantes para el futuro...
- Mais je ne suis pas du tout triste, Emilio ! C'est quelque chose de merveilleux qui t'arrive. C'est la chance de ta vie, mon fils. Tu vas rencontrer de nouvelles personnes puissantes, tu vas nouer des amitiés importantes pour ton avenir...
Je n'écoutai plus le laïus de ma mère : elle semblait tracer mon avenir bien mieux que je n'eusse pu le faire moi-même. Elle me voyait déjà en haut de l'affiche alors que je n'avais pas forcément envie d'y être; pourtant, je la comprenais, quelque part. Nous étions sortis en si peu de temps d'une telle misère... Et elle réfléchissait en mère aimante et attentionnée, qui voulait le meilleur pour son fils aîné et y voyait la continuité de sa famille, sa survie après sa propre mort.
La soirée fut morne de mon côté; ma mère ne cessait d'échafauder des plans me concernant, me donnant mille et un conseils, se mettant à vouloir préparer ma valise. Je me surpris même à croire qu'elle souhaitait me voir partir loin d'elle car elle ne m'aimait plus, ce qui était bien entendu fantasque. Mon frère, de son côté, nous raconta par le menu sa journée à l'école primaire du quartier, qui avait ouvert il y a quelques semaines pour des cours de préparation à la rentrée prochaine. Il y apprenait notamment, avec une grande facilité, l'espagnol, et put même m'écrire quelques phrases sur un morceau de papier, tout fier de lui. Dans son sourire, je lus comme une soudaine adaptation à ce monde tout nouveau, celui du Numancia, adaptation qui touchait toute ma famille et tous mes amis.
N'y avait-il donc que moi pour avoir quelques scrupules et m'inquiéter de la domination numancienne ? J'étais pourtant fort mal placé pour leur donner des leçons : d'entre tous, j'étais celui qui avait le plus pactisé avec le nouveau maître des lieux et celui qui profitait le plus des largesses de la Couronne numancienne...
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Posté : sam. déc. 11, 2010 3:37 pm
par Ramiro de Maeztu
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J'ignorais complètement pourquoi le directeur de la délégation provinciale de l'Institut National des Statistiques m'avait convoqué ce matin-là, personnellement, dans son bureau. Cela ne me semblait pas du meilleur augure, mais, bien que je tournasse et retournasse le sujet dans ma tête, je ne voyais pas ce que j'avais pu faire de mal pour mériter un savon ou, pire, un licenciement.
Je montai quatre à quatre les marches de l'escalier qui menaient vers le sixième étage, celui de l'administration générale, dont je faisais partie et où se trouvait le bureau du directeur. Je croisai plusieurs collègues dans les couloirs où je déambulais, inquiet, et les saluai distraitement. Leur présence m'était soudainement étrangère, de la même façon que mon être m'était étranger à moi-même.
Arrivé au niveau du bureau de mon patron, je pris mon courage à deux mains et frappai à la lourde porte en verre opaque. Une voix venue de l'intérieur retentit :
- ¡Pase!
- Entrez !
Je mis la main sur la poignée, retins mon souffle et ouvris la porte. Je la refermai rapidement derrière moi, sans même jeter un coup d'œil au directeur, qui discutait au téléphone. Il raccrocha rapidement, me salua et me sourit :
- Buenos días, Don Emilio. ¿Cómo está usted, hoy?
- Bonjour, Don Emilio. Comment allez-vous, aujourd'hui ?
Je n'avais jamais conversé avec cette homme à la stature impressionnante : je n'avais jamais fait que le rencontrer par hasard, au détour d'un couloir, discutant avec des collaborateurs, un dossier à la main. Il m'avait toujours semblé roide, sévère et intransigeant. Dans un sens, pouvait-il en être autrement pour un homme avec de telles responsabilités ?
Je fus surpris par l'utilisation du vouvoiement et surtout du titre "Don". Personne ne m'avait jusqu'à présent fait un tel honneur, pas même le Roi lors de notre entrevue privée, au Palais du Gouverneur.
- Buenos días, señor director. Ha mandado que venga al despacho. ¿Qué quiere usted de mí?
- Bonjour, Monsieur le directeur. Vous m'avez fait venir à votre bureau. Que voulez-vous de moi ?
Le directeur me sourit à nouveau, sembla réfléchir quelques instants puis reprit la parole :
- Es usted, Don Emilio, un elemento brillante de verdad. Por eso hemos decidido con el vicedirector que había de venir con nosotros.
- Vous êtes, Don Emilio, un élément vraiment brillant. C'est pourquoi nous avons décidé avec le vice-directeur que vous deviez venir avec nous.
- ¿Venir con ustedes? Pero, ¿adónde?
- Venir avec vous ? Mais où donc ?
- ¿No está al tanto? Dentro de quince días, se invitará a la metrópoli una delegación de trabajadores, funcionarios y ejecutivos cisplatenses a cenar en el Palacio Real de Occidente y a presenciar algunos partidos del futuro Mundial.
- Vous n'êtes pas au courant ? Dans quinze jours, une délégation de travailleurs, fonctionnaires et cadres cisplatins va être invitée à la métropole pour y dîner au Palais Royal d'Occident et y assister à quelques matches du futur Mondial.
Ces mots résonnèrent dans mon crâne, rebondissant sur les parois sans parvenir à faire sens pour moi. Cela faisait près de trois ans que je n'avais été à Hispalis, seule ville que je connaissais au Numancia. Tant de choses devaient y avoir changé, tant d'éléments devaient y être bouleversés.
Voyant que j'étais perdu dans mes pensées, le directeur se racla la gorge puis reprit :
- Constará esa delegación de muchos elementos diferentes: directores, capataces, obreros, ciudadanos de a pie, agricultores, pescadores... La meta es permitir el mejor conocimiento posible del Numancia metropolitano, un conocimiento directo, para los cisplatense, y luego contar con el boca a boca... Y como a todos los cisplatenses les gusta tanto el fútbol como a los continentales...
- Cette délégation comprendra de nombreux éléments distincts : des directeurs, des contremaîtres, des ouvriers, des gens de la rue, des agriculteurs, des pêcheurs... Le but est de permettre la meilleure connaissance possible du Numancia métropolitain, une connaissance directe, pour les Cisplatins, et de compter par la suite sur le bouche à oreille... Et comme tous les Cisplatins aiment autant le football que les continentaux...
En rentrant chez moi, après une nouvelle journée de travail, je ne cessais de penser à cette réunion que j'avais eue avec le directeur dans la matinée. Je ne voulais pas quitter ma mère et mon petit frère, surtout depuis la mort de mon père, survenue deux ans auparavant.
En passant près d'une guérite qui vendait des journaux, l'une de ces guérites sur le modèle numancien qui avaient fleuri depuis la reconstruction de la province, j'achetai le dernier numéro de La Digne Cisplatine. Les massacres au Turrïyovostok et en Rostovie occupaient la première page, l'éditorial et la rubrique internationale, mais ces nouvelles, qui d'habitude m'auraient inquiété, n'avaient bizarrement aucun effet sur moi. Je lisais le périodique sans le lire.
En arrivant chez moi, ma mère, qui venait de rentrer de son usine textile, remarqua rapidement que quelque chose n'allait pas chez moi. A sa première question, je ne fis guère de mystère :
- ¿Qué pasa, Emilio?
- Qu'y a-t-il, Emilio ?
- Pronto iré a Numancia.
- J'irai bientôt au Numancia.
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