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Posté : mer. mai 27, 2015 9:15 am
par Rumy
[center][img]http://img09.deviantart.net/bad5/i/2015/078/e/f/the_fortified_monastery_by_najtkriss-d8m9vcm.jpg[/img]
Crédit photographique: [url=http://najtkriss.deviantart.com/art/The-Fruitful-Port-420729920]Najtkriss[/url]

«Certains nous considèrent comme des privilégiés, des hommes impitoyable détenant richesses et pouvoir sur autrui, libre de faire se qu'ils désirent. Je crois plutôt que nous sommes des prisonniers ayant pour prison un majestueux palais. Dès notre naissance, notre vie est déjà toute tracé. Nous n'avons aucune liberté de choisir notre destiné, aucune liberté de choisir notre vocation, de suivre nos passions et de concrétiser nos espérances. Nous n'avons pas la liberté de nous soucier de notre futur ou de s'attarder sur notre passé. Nous n'avons pas la liberté de faillir devant les moments difficiles, de prendre de mauvaises décisions, d'exprimer nos peines, d'exprimer nos peurs. Nous n'avons pas la liberté d'aimer qui nous voulons, de désirer celle qui déchaîne nos passions, de souffrir d'un cœur brisé ou de souffrir de notre terrible solitude. Nous n'avons pas la liberté d'être heureux, la liberté d'abandonner, la liberté de croire, la liberté de mourir. Nous ne sommes pas libre de nos vies, pas avec les énormes responsabilités qu'incombe notre rôle. Je suis l'Empereur Yuwen, mon palais est ma cellule, ma couronne est mes chaînes, mon titre est mon châtiment. »

Yuwen, 17e Empereur de la Troisième Dynastie Huan [1944-2018†]
Extrait de ses mémoires inachevés, Tome I[/center]

[justify]Sanctuaire de Jade, Massif d'Ephuket
Empire de Kaiyuan, 8 Février 2024


Encore maintenant, Zhao affichait un air contrarié. Il avait l'impression de ce qu'il connaissait de l'histoire de sa famille et de l'épopée impérial n'était que mensonges et ingénieuses tromperies.

[Zhao Huan]: Je vois que nous avons encore glorifier les exploits de notre famille. Les archives et l'histoire officielle ne mentionne nul part l'énorme pot-de-vin en or que nous avons offert pour mettre fin à cette guerre. Tianzun Ier a fait des coffres Impériaux un véritable buffet libre service, alors qu'il n'était pas en droit de le faire, du moins, à ce moment.

[Solada Phongsak]: En effet, l'Empereur Tianzun Ier a préférer garder secret cette part du marché. Et ce, dans le but de maintenir son aura d'héros de guerre, ainsi que son prestige. Cela lui a permit de se faire aimer du peuple à Fuxianji, lui donnant assez d'influence et de pouvoir pour monter sur le trône, rallier plusieurs clans sous son autorité et consolider le pouvoir de son clan dans la région. C'est en partie à cause de cela que l'Empire pu persister après la guerre et qu'aucuns autres puissant clan aient revendiqué le trône, préférant choisir l'indépendance plutôt que de combattre pour une couronne n'ayant plus l'éclat qu'elle avait autrefois..

[Zhao Huan]: Cela m'étonne que les Almérans n'aient pas vendu la mèche. .

[Solada Phongsak]: L'or a été inclus comme butin de guerre issu du pillage. Pillage dont les bénéfices vont généralement directement dans les poches des officiers et de leurs équipages. Alors que de l'or obtenu par un traité aurait été directement envoyé dans les poches des États Almérans concerné. Certains se sont forgé une véritable fortune et révélé la vérité sur cet or aurait causé la perte de cette fortune.

[Tianzun VI]: Cela ne nous dit toujours pas se qui est advenu des sceaux impériaux.

Solada ouvrit un fichier sur l'écran tactile, dévoilant un portrait d'un Alméran que Zhao reconnu comme étant Magnus II af Hedland.

[Solada Phongsak]: L'Amiral Magnus et son équipage ont refusé l'or offert par Tianzun Ier. Mais celui-ci a insisté pour que l'Amiral choisisse lui-même un objet d'art parmi l'imposante collection du trésor impérial.

[Tianzun VI]: Je suppose qu'il a porté son choix sur les sceaux impériaux.

[Solada Phongsak]: Oui. Ceux-ci n'auraient jamais dû se trouver au sein du trésor impérial. Mais les deux siècles de trône vacant ont causé d'énormes préjudices au trône impérial, à ses institutions et à son immense patrimoine.

[Zhao Huan]: Alors pourquoi ne pas avoir refusé qu'il emporte cet objet?

[Tianzun VI]: C'est une question de fierté. Et puis, cela aurait pu offenser l'Amiral, menaçant l'aboutissement du processus de signature du traité de paix.

[Solada Phongsak]: D'autant plus que Xu Beifong connaissait l'existence du deuxième exemplaire des Sceaux Impériaux et en a informer Tianzun Ier. Ainsi, pour que ses projets se concrétise et ainsi sauver se qui restait alors des institutions impériales, il jugea ce sacrifice comme étant acceptable.

[Tianzun VI]: Ainsi donc, nous nous retrouvons avec un exemplaire détruit par je ne sais qui et un autre perdu je ne sais ou dans le monde sans que nous sachions son intégrité. Vous savez se que cela signifie?

[Solada Phongsak]: Ce la signifie que la chaîne a été brisé. Nous ne pouvons plus couronné qui que se soit.

[Tianzun VI]: C'était l'objectif derrière l'attaque perpétré sur le domaine du clan Beifong. Il est donc inévitable que leur prochaine cible soit ma propre personne.

[Zhao Huan]: Que leur rapporterai ta mort?

[Tianzun VI]: Un énorme gain stratégique. Pense-y un peu Zhao. Sans les Sceaux Impériaux, à ma mort, tu ne pourra être couronné Empereur. Qu'adviendra-t-il ensuite?

[Zhao Huan]: Nous perdrons notre légitimité sur l'exécutif. À moins que nous imposions notre autorité par le biais d'une intendance.

[Tianzun VI]: Et si il advenait ce que notre clan à fait subir au clan Fang par le passé alors que ceux-ci était détenteur de l'intendance Impériale? Et si ceux qui nous menace dans l'ombre ne s'arrêterait pas seulement à l'élimination de ma personne, mais à l'élimination de tout les membres de la famille Huan et des membres influents du clan Huan, qu'adviendra-t-il Zhao?

[Zhao Huan]: La disparition des Huans laissera un vide immense dans la balance des pouvoirs. Un vide qui devra être comblé par l'un des grand clans et qui mènera inévitablement à la...

[Tianzun VI]: ...guerre. Cela mènera notre pays à la guerre.

Un lourd silence s'installa momentanément.

[Zhao Huan]: Les grands clans ne sont pas stupide. Les patriarches sauront pertinemment que le but de la manœuvre était destiné à les pousser à s'affronter.

[Tianzun VI]: Oui, mais la rivalité entre les grands clans est énorme. Aucun d'entre eux n'auront confiance en l'autre à retenir ses coups. Sans confiance, ceux-ci avanceront leurs pions par simple soucis de ne pas voir leurs rivaux bouger les leurs vers le trône Impérial. L'affrontement sera inévitable, même si elle n'est point désiré par les grands clans. Nous avons peu de marge de manœuvre.

[Solada Phongsak]: À moins que nous retrouvions les sceaux qui ont été offert à l'Amiral Thorvalien. Nous détenons actuellement les Sceaux de la troisième dynastie Huan, soit ceux des Empereurs du Deuxième Empire. Techniquement, les Sceaux emporté par l'Amiral Magnus comporte ceux de tout les Empereurs du Premier Empire. En réunissant les deux, nous pourrons ainsi former un seul et unique rouleau comportant les Sceaux Impériaux.

[Tianzun VI]: Rien nous garantit que les sceaux n'ont pas été détruit ou bien que ceux-ci n'ait pas changé de main, cela pourrait nous prendre des années à suivre la piste de ce trésor à travers plus de quatre siècles d'histoire.

[Zhao Huan]: Nous n'avons pas le choix. D'ici là, nous devrons faire en sorte de protéger la vie de l'Empereur en priorité.

[Solada Phongsak]: Le secret sur les Sceaux doivent rester strictement confidentiel. L'attaque sur le domaine du clan Beifong démontre que l'ennemi a infiltré le gouvernement. Ils croient que les sceaux ont été entièrement détruit. Si il advenait qu'ils apprennent l'existence des originaux et de cette chasse aux trésors au Thorval, ceux-ci pourrait se lancer eux-aussi sur leur trace.

[Tianzun VI]: Je préconise de mettre Keat Samay dans la confidence. Son expérience, sa loyauté et sa discrétion nous sera utile. D'autant plus que je prévois de le charger de retrouver lesdits sceaux.

[Solada Phongsak]: Veuillez accepter, Majesté, l'assistance de ma petite-fille, Kalaya Phongsak, afin de vous aider à retrouver les Sceaux Impériaux. Son expertise, sa grande expérience et sa discrétion vous sera particulièrement utile.

[Tianzun VI]: Et bien soit. J'accepte


Côte de Saawaaliya
Nord-Zanyane, 8 Février 2024


Le majestueux Die Walküre naviguait tranquillement sur les eaux clairs au large du Saawaaliya, semblant guère se soucier des trois petits navires cargo rouillé qui l'encerclait, armé jusqu'aux dents. Sur le pont, un homme en costard blanc discutait tranquillement avec un groupe de noirâtre maigrichon armé de gigakovs Rostov qui fouillait dans d'imposantes caisses qui semblait être bien remplit. En effet, l'on pouvait apercevoir de magnifiques RPG de fabrication Rostov très commune sur le marché noir, mais ceux-ci était de très bonne qualité, se qui semblait plaire aux pirates Saawaali. L'un d'entre eux lança un petit sac de jutes que l'homme au costard blanc attrapa en vol. Il déversa son contenu dans sa main gauche, sembla satisfait des diamants bruts, puis remit le tout dans le petit sac avant de le ranger dans une de ses poches intérieur de son veston. Épiméthée salua ses clients qui commencèrent à charger leurs précieuses cargaisons sur des canons pneumatique semi-rigide. Épiméthée tourna les talons et pénétra dans les profondeurs de l'imposant yacht. Il trouva son maître sirotant une tasse de thé dans le vivarium. À son entrée, il fût accueillit par les cris d'un magnifique couple de cacatoès du Wilal Memkile, une espèce en voie de disparition qu'Épiméthée aurait volontiers éradiqué de la surface de la planète si ceux-ci n'était pas les préféré de son maître. Épiméthée resta un moment immobile, attendant que Parsifal remarque sa présence. Celui-ci déposa sa tasse de thé et leva ses yeux perçant sur son protéger.

[Parsifal]: La transaction avec nos chers amis pirates c'est-t-elle bien déroulé?

[Épiméthée]: Elle c'est déroulé à la perfection, monsieur. Nous avons bon espoir qu'ils deviennent des clients réguliers. La guerre civile au Saawaaliya, bien qu'une trêve soit effective, est tout de même assez profitable pour les affaires.

[Parsifal]: Bien. Qu'en est-il d'Ephialtès? Nous a-t-il remit se que nous lui avions demandé?

[Épiméthée]: Pas entièrement. Il nous remet au compte goutte les informations concernant son ancien réseau au Kaiyuan.

Parsifal afficha un air contrarié.

[Parsifal]: Ma patience à des limites. Faites pression sur lui afin qu'il nous fournisse la totalité de son ancien réseau et débuter le triage.

[Épiméthée]: Ce sera fait monsieur.

Épiméthée s'inclina légèrement et quitta le vivarium, laissant son maître seul avec ses cacatoès.[/justify]

Posté : dim. août 30, 2015 7:28 pm
par Rumy
[justify][center][img]http://th09.deviantart.net/fs70/PRE/i/2014/012/9/6/frozen_hometown_by_flaviobolla-d71ma9d.jpg[/img]
Crédit photographique: [url=http://flaviobolla.deviantart.com/]flaviobolla[/url]

«La seule et unique responsabilité d'un Empereur est d'assumer son rôle de Monarque impartial, faisant office d'arbitre et garant de l'harmonie de la société. Une responsabilité qui lui est mandaté par le peuple, représenté par le Mandat du Lotus et mandaté par l'Univers, ici représenté par le Mandat du Ciel. Il est le cœur de l'Empire, le centre de la société, un père bienveillant au sommet de tout les clans, le nœud qui les unit tous. Détruisez ce nœud et tout s'effondrera. »

Yuwen, 17e Empereur de la Troisième Dynastie Huan [1944-2018†]
Extrait de ses mémoires inachevés, Tome I[/center]

Bourg de Kongeørnenbjerg, Marquisat de Hedland
Royaume du Thorval, 2 Mars 2024


L'Auberge aux cinq lucarnes était l'une de ces auberges idéalisé que tout peuple du monde imaginait retrouvé au Thorval lors d'un périple dans l'arrière pays. Comme son nom l'indiquait, l'auberge affichait cinq magnifiques lucarnes en pierre cintrée et encadrée de belles volutes aux airs gothiques. Selon le propriétaire de l'auberge, ces cinq lucarnes dataient du XVe siècles et étaient les seuls vestiges restant de l'ancienne auberge ayant brûlé lors du Grand Incendie de Kongeørnenbjerg en 1712. L'établissement était classé deux épis de seigle par les corporations des aubergistes et offrait cinq chambres douillettes correspondant à chacune des lucarnes. L'hiver touchait à sa fin et le printemps pointait le bout de son nez et pourtant, le temps était plutôt glacial et particulièrement grisâtre. Même après une semaine entière, Keat Samay ne semblait point s'habituer au climat, lui qui était habitué aux températures chaudes et à l'humidité oppressante. Seul sa chambre douillette et sa tasse de thé lui avait permit de survivre jusqu'ici. L'aubergiste, Bente Thorsen, avait réussit à dénicher une vieille boite de thé vert dans sa réserve, celle-ci devait en apparence au moins dater de plusieurs décennies.

Enfin bref, trois autre chambre de l'établissement était occupées notamment par Lars Boström, l'agent de liaison des services de renseignement Thorvalien. Keat Samay avait travaillé plusieurs fois avec celui-ci et il le connaissait assez bien, suffisamment pour considérer leur relation comme une véritable amitié. Les deux autres individus étaient Kalaya Phongsak et Ru Beifong, du clan Beifong. La première avait été proposé par la Matriarche de la famille Phongsak, alors que le deuxième, le chef du Clan Beifong, avait demandé sa participation à la recherche des Sceaux Impériaux afin de réparer son honneur perdu suite à l'attaque du domaine Beifong, chose que l'Empereur décida d'accepter. C'est ainsi que trois Kaiyuanais se retrouvèrent à Kongeørnenbjerg, petit bourg perdu dans le Thorval rural, chef-lieu du Margraviat de Hedland. Le bourg trônait au milieu d'un minuscule lac niché sur le flanc des immenses montagnes de l'est du pays. Kongeørnenbjerg avait complètement gardé son charme médiéval, notamment son immense château à l'architecture gothique et ses fortifications plutôt imposantes. La seule modernité apparente était les luminaires extérieurs en fer forgé qui permettait d'illuminer les rues du petit bourg, ainsi que l'antenne radio au sommet d'une des tours du château et permettait aux habitants d'écouter religieusement l'édition matinale de Radio Royale Première.

C'était justement cette édition matinale qu'écoutait Bente Thorsen alors qu'il tapait joyeusement sur sa vieille radio qui semblait avoir quelques caprices. Dans la salle principale, Lars Boström lisait le journal Providence qui avait été livré tôt ce matin par le facteur à vélo, tout en mangeant son petit déjeuner composé de pains de seigle, accompagné de beurre et de tranches de jambon. Devant Lars se trouvait Keat Samay qui dégustait un bol de flocons d'avoine et de lait agrémenté de miel et de baie sauvages. Alors que Ru Beifong et Kalaya Phongsak étaient confortablement installé sur des fauteuils au bord de la cheminé qui accueillait un feu plutôt jovial. La femme de l'aubergiste, Martha, sortie subitement des cuisines, apportant un plateau où trônait quatre petites tasses de porcelaine. Trois tasses de thé pour les Kaiyuanais et une tasse de café pour Lars. Café qui provenait par pur hasard du Kaiyuan, importé sous sa forme la plus brute et transformé par les torréfacteurs locaux Thorvaliens. Au même moment, le curé du bourg, Søren Nielsen entra dans l’auberge et salua l’aubergiste et son épouse.

[Søren Nielsen]: Bonjour Bente. Martha.

[Bente Thorsen]: Bonjour mon père. Que nous vaut cette visite aussi matinale!

[Søren Nielsen]: Je dois rendre visite à la vieille Brynhild. La pauvre a du mal à faire le deuil de son défunt mari.

[Bente Thorsen]: La pauvre vieille femme. Je suis sûr qu’un bon cidre lui permettra de tenir le coup. Si vous pouvez attendre un peu j’irais chercher une bouteille dans le cellier.

[Søren Nielsen]: Ce ne sera pas nécessaire Arendt.

Le Curé fit soudain apparaître une petite bouteille de cidre, affichant un petit sourire en coin. L’aubergiste afficha un air moqueur et le Curé lui envoya un regard espiègle tout en faisant disparaître la bouteille sous sa soutane.

[Søren Nielsen]: Monsieur Boström. Le Marquis m’a chargé de vous faire parvenir cette note.

Le Curé s’adressait maintenant à Lars qui leva la tête de son journal avec un air légèrement incrédule. Il fallait comprendre que le curé logeait depuis plusieurs semaines au château, et ce, depuis le début des travaux de restauration du presbytère, endommagé par un incendie le mois dernier. Il était donc l’un des rares habitants de l’immense château que le Marquis occupait seul, lui et ses fidèles domestiques. Le curé déposa la note sur la table de Lars, puis salua celui-ci et les propriétaires des lieux en levant son petit chapeau noir, avant de quitter les lieux en sifflotant.

Lars referma soigneusement le journal Providence, le plia en deux et le déposa sur la table sous le regard scrutateur de Keat Samay qui prit une grande gorgée de thé. Lars s'empara de la note et la lu en silence, pendant que les Kaiyuanais buvaient leur sacro-saint thé de manière presque synchronisé. Lars leva finalement la tête, disposant la note dans l'une des poches de son veston avant de s'adresser à Keat en mandarin kai.

[Lars Boström]: Le Marquis a apparemment trouvé quelque chose qui pourrait nous intéresser.

[Keat Samay]: Nous lui avions pourtant demandé de ne pas passer toute la nuit dans ses archives poussiéreuses!

[Lars Boström]: Vous connaissez son caractère Keat. Rien d'étonnant de la part d'un ancien officier de Sa Majesté. Un homme borné avec un sens de l'honneur particulièrement développé.

[Keat Samay]: D'autant plus que c'est la Reine elle-même qui lui a demandé de nous aider. Je me rappelle parfaitement de la délicatesse de ses mouvements lorsqu'il a ouvrit la lettre écrite de la main de Sa Majesté Annabelle II. Il préférerait mourir que de faillir à sa tâche!

[Lars Boström]: Cela a apparemment porté ses fruits. Mademoiselle Kalaya, Monsieur Beifong, désirez-vous nous accompagnez au château?

Lars c'était adressé au deux kaiyuanais dans un mandarin kai particulièrement parfait, faisant sourciller l'aubergiste qui n'était pas encore habitué à cette langue étrange. En signe de réponse, les deux membres du clan Beifong se levèrent de leur fauteuil et s'inclinèrent poliment, paume des mains collé lorsque Martha sortie des cuisines avec un bassin remplit d'eau pour la lessive. Elle se figea devant les deux makarans incliné devant elle qui s'adressèrent à elle en madarin kai sans qu'elle ne puisse comprendre quoi que se soit. Lars sourit et traduisit dans le dialecte local.

[Lars Boström]: Mademoiselle Phongsak et Monsieur Beifong vous remercie une nouvelle fois pour ce merveilleux déjeuner et ce thé réconfortant. Ils complimentent une nouvelle fois votre cuisine.

Martha vira en quelque secondes au rouge, gêné et flatté à la fois, embarrassé face aux manières étranges des deux makarans. Et pourtant c'était la même scène, chaque matin, et ce, depuis l'arrivée des makarans il y a une semaine. Bente c'était rapidement fait aux manières particulières des makarans, puisqu'il émit un simple grognement lorsque Kalaya et Ru s'inclinèrent à leur tour pour le remercier, une fois de plus, de l'hospitalité. L'aubergiste alluma sa pipe et retourna tapoté son poste de radio. Quelques minutes plus tard, Lars et les makarans étaient dehors, habillé chaudement alors qu'un vent glacial s'abattait sur le bourg. Le ciel était gris, peu accueillant et contrastait avec le sifflement joyeux du laitier qui passa devant eux avec sa charrette et ses deux chevaux, transportant le lait fraîchement trais tôt ce matin par les fermes laitières du vieux Søndergaard et des frères Brøgger. Lars et les makarans traversèrent la rue pavé, montant la côte menant à la place centrale du bourg. Le étals du marché avait été installé en plein milieu de la place, les étals parfaitement ordonné regorgeant de victuailles, essentiellement des légumes et des fruits, mais aussi des céréales et parfois du poisson, tout les Jeudi, venant directement de la côte nord. Les étals étaient tenu essentiellement par des femmes, les épouses des fermiers, puisque leurs maris devaient rester pour s'occuper de la ferme. Quelque fois, si nécessaire, c'était les enfants qui s'occupaient des étals, souvent les aînés chez les filles ou les cadets chez les garçons, les aînés aidant généralement leur père à la ferme. Pour le poisson, c'était généralement le fils du boucher, Knud Persen qui s'occupait tout les Lundi d'aller chercher des poissons frais chez des pêcheurs de la côte nord du Thorval pour être vendu le lendemain matin au marché. Il faisait cela depuis déjà dix ans en plus de ses responsabilités à la boucherie de son père. Le groupe passa devant l'étal de Knud Persen qui les salua joyeusement en sortant une caisse remplit de poisson de sa vieille camionnette réfrigéré des années 90. Lars le salua en retour, les makarans firent de même, de manière très maladroite dans le dialecte local, comme leur avait appris Lars.


L'entrée du château se trouvait lui aussi sur la place, le gigantesque portique de style baroque laissait paraître une immense porte double en chêne qui devait au moins peser plusieurs tonnes. Deux heurtoirs en fer battu ornait la porte et Lars s'emparât de l'un d'entre eux et cogna au moins quatre fois. Une minute passa et la porte s'ouvrit lentement émettant une longue protestation dévoilant un très vieil homme à l'habit impeccable qui les fit immédiatement entré. Le vieil homme en question était le majordome du Marquis, Jacob Svane, un des six domestiques du château. Le Marquis avait à son service une cuisinière, une femme de chambre, un valet de chambre, un chauffeur qui servait aussi de palefrenier et un homme à tout faire qui s'occupait généralement des réparations, la plomberie et du jardinage. Le Marquis employait aussi un Chambellan qui se chargeait des finances et de l'administration du Marquisat, mais aussi un secrétaire qui assistait le Marquis dans ses tâches administratives. Celui-ci se trouvait dans son bureau, une immense pièce munit d'une imposante cheminé qui laissait crépité un feu plutôt chaleureux. Un portrait du Marquis en uniforme militaire trônait au dessus de la cheminé, entouré d'une vingtaine de trophée de chasse plutôt impressionnant. Simon af Hedland, Marquis de Hedland, se tenait devant la cheminé, récitant à voix haute une lettre que son secrétaire, Asmus Josefsen, prenait note sur un calepin avec un stylo bille. Apparemment, la lettre était adressé à un vicomte qui tenait un arrière-fief au sein du Margraviat et concernait un litige entre deux vassaux concernant l'utilisation des eaux d'une même rivière. Le Majordome annonça l'arrivée de Lars et des Kaiyuanais et le Marquis se détourna de la cheminé, affichant un sourire excité, renvoyant son secrétaire sans même avoir terminé la lettre. Le Marquis se précipita à son bureau et ramassa délicatement une feuille de papier jaunit par le temps avant de s'approcher de ses invités.

[Simon af Hedland]: Je pense messieurs que ceci vous intéressera. C'est une lettre adressé à Magnus VI af Hedland venant d'un dénommé Henrik Folkenbjerg qui le remercie de la vente de certain objet d'art oriental qui correspond à la description de l'objet que vous recherchez. La lettre est en vieux norrois, mais la plupart de celle-ci est compréhensible.

Le Marquis tendis la lettre à Keat Samay qui la feuilleta délicatement. Lars avait rapidement sortie un téléphone satellite pour appeler un destinataire inconnu.

[Keat Samay]: Savez-vous, monseigneur, qui est ce dénommé Henrik Folkenbjerg?

[Simon af Persen]: Non. J'ai tenté de retrouvé dans les archives n'importe quel référence à cet homme durant toute la nuit, mais rien j'en ai bien peur.

[Keat Samay]: Vous ne devriez pas vous démener de cette manière, à votre âge surtout, si je puis me le permettre.

[Simon af Hedland]: Ce n'est pas tout les jours que l'on reçoit une lettre personnelle de Sa Majesté nous demandant humblement notre aide. C'était donc mon devoir et une question d'honneur de vous aider dans vos recherches et ce n'est pas mon âge avancé qui m'empêchera d'accomplir ma tâche.

Keat Samay s'adressa en mandarin à Kalaya et Ru Beifong, leur traduisant le contenu de la lettre. Tout deux s'inclinèrent respectueusement devant le Marquis, le remerciant pour son dévouement et sa trouvaille. C'est à ce moment là que Lars revint parmi le groupe, ayant fait disparaître son téléphone satellite à l'intérieur de sa veste.

[Lars Boström]: Mes services ont découvert qui est Henrik Folkenbjerg.

[Keat Samay]: Cela a été rapide dit-donc!

[Lars Boström]: En effet, puisque celui-ci se trouve dans les fichiers diplomatiques du Royaume. Il a été ambassadeur de la Couronne auprès de la Cour du Sultan d'Alamut entre 1689 et 1695. Celui-ci aurait offert au Sultan un objet d'art makaran qui correspond à la description de l'objet que vous recherchez.

[Keat Samay]: Nous savons donc notre prochaine destination.

[Lars Boström]: Je réserve immédiatement un vol direct vers Shariz.

[Simon af Hedland]: Ahhhhhh!! L'Alamut, contrée des milles et une lumières! ...

Keat Samay regarda un moment le Marquis, semblant ne pas comprendre.

[Simon af Hedland]: Cher ami, vous n'avez jamais entendu parlé des contes des milles et une lumières!?

Lars venait de nouveau quitter le groupe avec son téléphone satellite et le Marquis en profita en invitant Keat Samay et les makaran à s'asseoir. Ils passèrent l'heure suivante à discuter des contes des milles et une lumières, de Sultan, de dattes et d'amande de l'Orient.[/justify]

Posté : ven. déc. 11, 2015 2:41 pm
par Rumy
[center]Previously on Parsifal[/center]

[justify]Saito, ancien noble déchu et instigateur de la tentative de coup d’État de 2018 visant à renverser le pouvoir des Huan au profit de la noblesse princière, est de retour après 4 années d’exil sur les terres désertiques et isolées du nord de l’Endo. Un exil motivé par sa fuite de la justice Kaiyuanaise ou bien plutôt par la peur d’un homme? Un homme de l’ombre, dirigeant une organisation criminelle d’envergure internationale et dont Saito était l’un des membres éminents. Ainsi, le coup d’État visait à faire du Kaiyuan un État fantoche sous contrôle criminel, premier jalon des plans machiavéliques de cet homme avide de pouvoir et de domination mondiale connu sous le nom de code Parsifal. Assassinat, extorsion, fraudes, trafic d’armes, drogues, espionnage industriel, blanchiment d’argent, ses tentacules s’étendent à travers le monde, alimentant à sa guise les conflits mondiaux, finançant le crime organisé et gérant d’énormes quantités de capitaux issus de divers trafic, de magouilles financières et d’argent sale confié par la pègre internationale, les narcotrafiquants et de nombreuses organisations terroristes.

Peu de gens connaissent l’existence de cette organisation, encore moins la connaissance de sa tête dirigeante qui porte le nom d’un opéra de Wagner. Or, l’échec du coup d’État de 2018 a causé un énorme préjudice à celui-ci, laissant échapper des bribes d’information, voir un seul mot, que certaines agences de renseignements à travers le monde ont réussi à capter et à analyser. Le nom d’un opéra de Wagner. Mais qui est donc ce Parsifal?

Qui est cet homme qui donna une deuxième chance à Saito afin qu’il puisse réparer son échec? Ou plutôt assouvir la soif de vengeance qui le consume de l’intérieur, une vengeance profonde entièrement dirigée contre la famille et le clan des Huan. Pourquoi une telle haine envers cette famille, ces têtes couronnées? Tant de questions sans réponse alors que Saito se lance dans une nouvelle croisade contre la Dynastie Huan ou plutôt contre le trône impérial lui-même! En effet, il réussit non seulement à infiltrer le cercle fermé des Huan en se substituant au chef de la Garde Impériale, mais aussi à découvrir la faiblesse du trône du Dragon vermillon; les Sceaux Impériaux. Qu’arriverait-il à l’Empire si les Sceaux venaient à disparaître et que l’Empereur venait à mourir dans des circonstances dramatiques? La Guerre civile! Alors qu’aucun Empereur ne peut être couronné sans les sceaux, les grands clans commenceront à contester le pouvoir des Huan à la tête du gouvernement, menant inévitablement à un affrontement armé entre les plus grands clans de l’Empire pour le pouvoir et le contrôle du trône impérial. La péninsule Elghinoise risque de s’enflammer de nouveau!

Alors que les Sceaux furent détruits lors d’une attaque sur le domaine du Clan Beifong, clan protecteur des sceaux et des secrets des Empereurs, les Huan apprennent l’existence de la terrible vérité concernant les sceaux et les circonstances ayant mené au traité de paix de 1587 entre l’Empire et la coalition Almérane. Les Sceaux originaux auraient été échangés contre la paix, sonnant ainsi le début d’une vaste chasse au trésor afin de retrouver l’objet précieux. Première destination; le Thorval, et ce, au plus grand désarroi de Saito qui crains alors que les Huans et les Beifong ne réussissent à mettre ses plans de destruction de l’Empire en péril. Le temps presse, les clans s’agitent, les Huans ne pourront pas garder bien longtemps le secret sur les Sceaux Impériaux. Mais voilà que la chasse se déplace vers l’Alamut, terres des contes des mille et une lumières et phare culturel du Barebjal…[/justify]
[center]The next chapter is coming![/center]

Posté : mar. déc. 15, 2015 7:37 pm
par Rumy
[center][img]http://img11.hostingpics.net/pics/380931duskbytituslunterd5oej2i.jpg[/img]
Crédit photographique: [url=http://www.deviantart.com/art/Dusk-343319562]TitusLunter[/url]

«Le Trésor impérial consiste en un énorme entrepôt situé en dessous de la Cité impériale, un labyrinthe construit sous les fondations de l'énorme cité et qui abrite des milliers de pièces et de chambres fortes. Plus de 5.000 ans d'offrandes, de cadeaux, d'œuvre d'art et de richesses y ont été accumulés, étiquetés et soigneusement enregistrés par les mandarins conservateurs du Trésor impérial. La collection se chiffre en plusieurs millions de pièces uniques et elle alimente la grande majorité des Musées nationaux du Kaiyuan et occasionnellement des musées étrangers.»

Le Trésor impérial
extrait du Confucius Magazine, édition 456[/center]

Park-e Abbasi, Cité de Shariz
République islamique d'Alamut, 1er septembre 2024


[justify]Le parc Abbasi, du nom de Reza Abbasi, grand peintre et calligraphe Alamien du 16e et 17e siècle était l'un des parcs les plus fréquentés de Shariz, notamment par les jeunes couples qui adoraient marché le long du petit lac artificiel, manger sur le gazon verdoyant ou tout simplement admirer Shariz en contrebas. En effet, le parc à la forme d'une longe pente incliné qui permettait aux randonneurs d'admirer les magnifiques toits de la vieille ville de Shariz. Chaque extrémité du parc était coiffée d'une grande place piétonnière où trônaient de grandes fontaines de marbre datant de la période coloniale Fiémançaise. Sur la place au sommet de la pente, celle-ci était encerclée par de petits commerces de toute sorte; des épiciers, des vendeurs de tapis, des dinandiers, des pâtissiers et des fruitiers. Les effluves des épices, des herbes aromatiques et des fruits séchés descendaient dans le parc pour atteindre la place au bas de la pente, se mêlant à l'odeur du café, des feuilles de thé et du citron que servaient les nombreux Cafés et salons de thé qui occupaient la place basse. C'était dans l'un de ces salons de thé que Kalaya Phongsak et Lars Boström semblaient attendre patiemment quelqu'un, sirotant leur thé sur la terrasse de l'établissement d'un air décontracté.

Une berline noire arborant des drapeaux gouvernementaux s'aventura lentement sur la place, s'arrêtant devant le café sous les yeux intéressés de Lars et Kalaya. Deux hommes habillés de noir et munis de lunettes teintées et d'oreillettes sortirent du véhicule et l'un d’eux ouvrit la porte arrière droite du véhicule pour laisser sortir son patron. L'homme en question était Kourosh Douai’ram, ministre de la Culture et de l’Orientation islamiques au sein du gouvernement fraîchement élu de Mohammad Rohani. Les troubles résultant du départ de Ben-Garsiv et le lancement des élections présidentielles avaient mis un frein à la chasse au trésor entreprise il y a quelques mois au Thorval. De ce fait, cela faisait des mois que Kalaya Phongsak et Ru Beifong attendaient le moment opportun afin d'approcher les autorités alamiennes afin de procéder à des recherches dans les anciennes archives du Sultanat. Keat Samay était retourné à Fuxianji afin d'assumer son rôle de Directeur des Services secrets impériaux et les services de renseignement Thorvalien avaient gentiment prêté Lars Boström en tant qu'interprète, puisque celui-ci parlait parfaitement l'arabe. En fait, le nombre de langues qu'il pouvait parler relevait du mystère et frôlait littéralement le mythe! Un questionnement que Lars répondait avec un simple sourire moqueur.

Bref, les Kaiyuanais avaient finalement pris contact avec le gouvernement nouvellement formé afin de marchander les informations que Kalaya et Lars désiraient acquérir. Pour ce faire, le Trésor impérial avait fait sortir de ses immenses galeries un cadeau offert par une délégation Alamienne du IXe siècle, à l’âge d’or de l’Islam, alors que le Barebjal contrôlait le commerce entre l’Alméra et le Makara. Le cadeau en question était un magnifique Coran à la reliure ornée d’or et d’arabesques s’harmonisant parfaitement avec la calligraphie artistique remarquable de l’ouvrage et de son enluminure. L’œuvre était merveilleusement préservée, grâce notamment aux conservateurs mandarinaux responsables du Trésor impérial et qui gardait jalousement leurs anciennes techniques ancestrales de préservation. Un Coran de cette époque en bon état était extrêmement rare et pouvait valoir une fortune. C’était sûrement la principale raison qui avait poussé le ministre à se déplacer en personne au vu de la rareté d’un tel objet de nos jours.

Le ministre Kourosh Douai’ram était un petit homme jovial, arborant une barbe de couleur ocre et s’affichant assez clairement comme étant un homme de foi. Il portait au bout de son nez de petites lunettes rondes dorées qui lui donnaient un air de professeur. Un air balayé immédiatement par les vêtements d’un blanc immaculé que le ministre portait, choix judicieux au vu du soleil caniculaire Barebjalien. Les deux gardes du corps se positionnèrent à proximité alors que le ministre prenait place autour de la petite table, adressant un signe à un serveur qui regardait d'un air nerveux les deux hommes baraqués au visage de marbre. Kourosh commanda une tasse de café avant de saluer ses interlocuteurs en arabe. Ce fut bien évidemment Lars qui prit la parole, offrant ses politesses au ministre avant d'aller droit au but.

[Lars Boström]; nous sommes plutôt surpris que Monsieur le Ministre se déplace en personne ici même. Nous aurions cru l'envoi d'un spécialiste du Ministère afin d'évaluer l'authenticité du Coran en question.

[Kourosh Douai'ram]; Il s'avère que je suis un spécialiste en histoire, en jurisprudence et en art islamique. J'ai été un Calligraphe et un juriste d'expérience à l'Université d'Al-Dastan avant de devenir ministre de la Culture et de l’Orientation islamiques. Je crois être suffisamment qualifié afin d'évaluer le Coran que vous m'apportez.

[Lars Boström]; Parfait! J’espère que cette rencontre informelle ne vous mette point mal à l’aise. Cette affaire requiert une certaine discrétion, bien que je ne puisse vous en dévoiler davantage.

[Kourosh Douai'ram]; Toute cette affaire est évidemment intrigante, je ne peux le nier, mais je ne pourrais refuser d’examiner une pièce historique inestimable de l’histoire islamique Barebjalien, surtout si ce que vous affirmez se révèle véritable.

Kalaya déposa un coffret en bois d’acajou orné de motif oriental sur la table et Lars en sortit le Coran tant convoité pour le déposer tout doucement devant le ministre qui afficha un visage émerveillé. Celui-ci sortie des gants de caoutchouc, une pince et une loupe miniature de son veston et se mit immédiatement au travail. Il examina minutieusement la reliure, admirant sa beauté et son bon état, pour ensuite se focaliser sur l’œuvre sacré lui-même, examinant la calligraphie en tournant doucement une page à la fois avec la paire de pinces. Une trentaine de minutes passa, Kalaya et Lars avaient terminé leur thé et le ministre referma finalement le livre sacré affichant sans équivoque un visage satisfait.

[Kourosh Douai'ram]; Selon mes observations, ce Coran est authentique. Bien entendu, davantage de tests sera requis pour déterminer la date exacte de celui-ci, ainsi qu’étudiant ses divers composants. Je doute fortement que ce Corran soit une vulgaire copie, sinon vous avez des artisans talentueux pour créer de tels objets d’art aussi remarquable.

[Lars Boström]; De plus, qu’aurions-nous à gagner à vous offrir une copie? Aux enchères, un tel objet pourrait se vendre une fortune alors que nous vous avons seulement demandé quelques informations bien précises.

Le ministre reste un moment songeur.

[Kourosh Douai'ram]; En réalité, vous m’offrez ce Coran afin d’acheter ma discrétion n’ai-je pas raison?

Lars afficha un léger sourire.

[Kourosh Douai'ram]; L’objet que vous recherchez doit avoir une énorme valeur à vos yeux pour que le Kaiyuan et le Thorval s’y intéressent conjointement tout en désirant garder l’information hors de portée des voies officielles. Je suis certain que les services de renseignement de mon gouvernement seraient intéressés d’en savoir davantage…

Le sourire de Lars se dissipa rapidement.

[Kourosh Douai'ram]; Mais étant donné que l’information en question ne semble point menacé la sécurité de mon pays, d’autant plus de l’inestimable valeur du Coran que vous m’apportez, tant au niveau historique et artistique que religieux. Je vous accorde ma discrétion totale sur cette affaire.

Le Ministre claqua des doigts et l’un de ses hommes lui apporta une mallette d’un noir ténébreux qu’il ouvrit avec délicatesse avant d’en sortir une liasse de documents qu’il déposa sur la table devant Lars. Celui-ci les feuilleta avec soin, ne se souciant guère de Kalaya qui semblait inquiète. Au bout d’un moment, Lars se tourna rapidement vers Kalaya pointant un passage du document que Kalaya était incapable de lire.

[Lars Boström]; La prochaine étape est à Opemont.

Kalaya écarquilla les yeux et s’adressa au Ministre en mandarin kai sans soucier que celui-ci était incapable de comprendre un traitre mot de cette langue makarane.

[Kalaya Phongsak]; Êtes-vous certains de ces informations?

Lars effectua une traduction rapide.

[Kourosh Douai'ram]; Oui, nous sommes certains de ces informations. L’objet que vous recherchez a été offert en 1748 comme cadeau d’anniversaire au Roi de Fiémance par le Sultan de l’époque. Toutefois, nous ne savons pas si celui-ci l’a sauvegardé depuis.

[Lars Boström]; Très bien. Notre prochaine destination sera donc Opemont.

Lars, Kalaya et le Ministre se levèrent en même.

[Lars Boström]; Nous vous remercions profondément d’avoir accepté de nous rencontrer malgré les zones d’ombre concernant cette affaire.

Les deux hommes discutèrent un moment avant de se dire au revoir et le Ministre repartit dans sa berline noire, le Coran en main, vers le centre-ville de Shariz. Lars et Kalaya s’assirent de nouveau à leur table, se versant de nouveau une tasse de thé. Quelques secondes plus tard, Kalaya repoussait ses longs cheveux pour dévoiler la présence d’une oreillette à son oreille droite.

[Kalaya Phongsak]; Ru? Vous avez entendu? Préparez le jet pour un vol direct vers Opemont et contactez Fuxianji des nouveaux développements sur l’affaire.

[Ru Beifong]; Bien reçu. Autre chose?

[Kalaya Phongsak]; Dites à Fuxianji qu’ils nous ont retrouvés.

[Ru Beifong]; … très bien …

Kalaya mit fin à la communication et leva la tête vers Lars, silencieuse, attendant certainement que celui-ci réagisse à sa dernière réplique. Si les soupçons de Kalaya était juste, Lars n'était pas seulement un simple et banal agent de liaison. Le nombre de langues qu'il pouvait parler, son aisance sur le terrain et ses nombreux contacts ne collait pas à sa titularisation officielle. De ce fait, si Lars avait repéré le couple sur la terrasse voisin et la voiture suspecte de l'autre côté de la place, cela confirmerait que ce cher Thorvalien avait reçu un formation d'agent de terrain. Une minute passa et Kalaya afficha une certaine déception sur son visage, ouvrant la bouche pour briser le silence, mais Lars l'interrompit.

[Lars Boström]; Je sais ma chère. Troisième voiture à droite devant la boulangerie. Deux hommes à l’avant dont l’un avec un appareil photo. À gauche, de l’autre côté de la place, un homme sur un banc avec un journal qui date de trois jours. Finalement, la terrasse voisine, un couple d’alméran qui ont continuellement les yeux fixés sur notre dos. Tous n’ont pas bougé depuis notre arrivée dans ce salon de thé il y a trois heures. Nous sommes sans aucun doute sous surveillance.

Kalaya fût particulièrement impressionné, notamment par le calme du Thorvalien qui semblait se ficher complètement des hommes qui semblaient les surveiller.

[Kalaya Phongsak]; L’affaire se corse! dit-elle en s'emparant d'une datte bien grasse dans son assiette.

Lars prit une gorgée de thé.

[Lars Boström]; Tout comme ce thé d’ailleurs.[/justify]

Posté : mar. oct. 25, 2016 5:04 pm
par Rumy
[justify]Cité de Shariz
République islamique d'Alamut, 1er septembre 2024



Le bazar qui jouxtait le Park-e Abbasi était bondé à cette heure de la journée. Les badauds circulaient entre les étals remplis de produits alimentaires tels que des noix, des épices, des herbes aromatiques et des fruits et légumes. Les odeurs se mélangeant à l'odeur de friture issue de la cuisine de rue, ainsi qu'a l'odeur des tapis neuf vendus par les tapissiers. Trop préoccupé à regarder les produits des commerçants, personne ne remarqua le couple qui marchait d'un pas rapide dans la foule, n'hésitant pas à bousculer quelques imprudents au passage. Un œil avisé aurait remarqué à une dizaine de mètres derrière eux, deux hommes et une femme aux traits caucasiens marchant à la même vitesse, leur regard fixé sur le couple en question tel un prédateur regardant sa proie. La chasse était officiellement ouverte.

Sans crier gare, le couple se sépara rapidement, commençant alors à courir dans des directions différentes. Ce qui obligea leurs poursuivants à se séparer. Kalaya avait pris sur sa gauche, s’engouffrant dans la boutique d’un marchand de chaussures. Elle retira ses talons hauts et s’empara rapidement d’une paire de chaussures de sport d’une marque océanienne avant de quitter la boutique par la porte arrière sous les hurlements du commerçant. Celui-ci se tut rapidement à la vue de la femme blanche aux cheveux blonds tenant un énorme pistolet argenté muni d’un silencieux qui traversa la boutique sans porter la moindre attention au propriétaire des lieux. Elle quitta elle aussi la boutique par la porte arrière, à la poursuite de la voleuse de chaussures.

Kalaya était sortie dans une ruelle étroite, courant pieds nus sur le pavé poussiéreux en prenant soin d’éviter les zones exposées au soleil afin d’éviter de se brûler les pieds. Elle jeta ses talons hauts sur le pavé et elle enfila rapidement ses chaussures qui se révélèrent particulièrement petites. Un sifflement se fit rapidement entendre et du plâtre lui tomba sur les cheveux. L’Almérane venait d’atteindre la ruelle et avait repéré Kalaya à quelques dizaines de mètres de la porte. Elle se jeta au sol alors que trois autres balles venaient cribler le mur derrière elle faisant sursauter un chat qui faisait sa toilette à quelques mètres de là. Une roulade bien placée et Kalaya se jeta dans une nouvelle ruelle, courant comme une athlète olympique, cherchant à augmenter la distance entre elle et la tueuse. De nouvelles balles sifflèrent à ses oreilles, ce qui l’obligea à se réfugier à l’intérieur d’un portique. La brique explosait autour d’elle, mais elle attendit patiemment que la femme recharge son arme pour se jeter à nouveau dans la ruelle et atteindre une rue passante. Alors qu’elle se croyait en sécurité dans la foule, Kalaya changea rapidement d’avis lorsque la tireuse s’engouffra dans la rue, arme au poing semblant s’apprêter à tirer. Elle se baissa rapidement, ce qui lui sauva la vie. Un cri retentit et un homme s’écroula au sol, la tête ensanglantée. Il fallut qu’une femme s’écroule elle aussi, blessée à l’abdomen, pour que les gens remarquent la tireuse aux cheveux blonds et que la panique s’empare de la foule. Kalaya continua à courir, les cris de la foule se mêlant au sifflement des balles autour d’elle.

Au bout de la rue, elle remarqua l’arrivée d’une voiture de police, ce qui la soulagea légèrement, bien qu’elle ne pouvait pas se permettre d’être arrêtée par la police Alamienne. Étonnamment, le véhicule de police la dépassa rapidement fonçant droit sur la tireuse qui tenta d’éviter la collision. Tel un mannequin en ballon de baudruche, la tueuse virevolta dans les airs, avant de s’écraser au sol d’une manière très élégante, le visage ensanglanté et certains de ses membres enregistrant des angles plutôt audacieux. Kalaya s’apprêtait à courir de nouveau lorsqu’elle remarqua le chauffeur de la voiture de police qui n’était autre que Lars Boström en personne. Celui-ci lui fit signe de monter dans le véhicule, ce qu’elle fit sans tarder alors que des badauds commençaient à se regrouper autour de la tueuse inerte et du véhicule de police.


[Kalaya Phongsak] : Où avez-vous déniché cette voiture de police?! dit-elle d’un trait alors même qu’elle n’avait pas encore refermé la portière du véhicule.

[Lars Boström]; Disons qu’un gentil policier m’a permis de l’emprunter un moment.

Lars démarra en trombe, soulevant un nuage de poussière sous les regards médusés de la foule.

[Kalaya Phongsak]; Donc, vous l’avez volé…

[Lars Boström]; Je l’ai emprunté, nuance! Mais cela a très peu d’importance puisque nous sommes toujours poursuivis.

Comme pour appuyer ses dires, des crissements de pneu se firent entendre et un VUS noir, celui-là même positionné devant la terrasse quelques minutes plus tôt, surgit à l’arrière du véhicule de police incitant Lars à appuyer violemment sur la pédale de vitesse en allumant les gyrophares sur le toit. Cela avait au moins l’avantage de dégager la route. Sauf qu’un deuxième VUS leur barra rapidement le chemin obligeant Lars à bifurquer violemment vers la gauche, happant un kiosque de journaux sous les hurlements des piétons particulièrement surpris. Le véhicule se retrouva sur la chaussée piétonnière sous le regard médusé des badauds qui se jetèrent sur les côtés à leur passage. Rapidement, ils traversèrent en trombe une intersection, les deux VUS à leur trousse, sous une véritable symphonie de klaxons et de crissements de pneu d’automobilistes surpris par la scène.

Le véhicule de police, qui était un vieux modèle Thalibozien, semblait ne pas faire le poids face aux deux VUS beaucoup plus rapide. Comme pour confirmer la chose, celui en tête de peloton percuta violemment l’arrière du véhicule obligeant Lars à pousser un juron qui lui vaudrait une réprimande du curé de sa paroisse. Soudainement la fenêtre arrière du véhicule explosa et Kalaya poussa un petit cri de surprise. Leurs poursuivants avaient commencé à leur tirer dessus arborant des fusils d’assaut ridiculement massif comme s’ils avaient des frustrations sexuelles à combler. Lars bifurqua violemment à gauche, faisant virevolter les débris de verres dans le véhicule, puis cria quelque chose que Kalaya ne comprit pas. Quelques secondes plus tard, le Thorvalien lui lançait un fusil à pompe et Kalaya afficha un sourire diabolique qui aurait fait fuir un tigre. Alors que les tireurs rechargeaient, Kalaya se redressa sur son siège, fusil à pompe en main et fit feu sur le pare-brise avant du premier VUS, tuant le chauffeur sur le coup. Le véhicule zigzagua un moment avant de percuter un camion dans un fracas assourdissant. Le deuxième VUS ne prit par la peine de s’arrêter et contourna ses collègues pour continuer la poursuite.

À plusieurs kilomètres de là, sur la piste du petit aérodrome d’Apachem, Ru Beifong descendait tranquillement les escaliers que le petit avion privé venait de déployer afin d’atteindre le tarmacadam. Celui-ci tenait dans ses mains un énorme et terrifiant fusil de précision FA-150, un engin monstrueux fabriqué par la Société Impériale à l’Armement. Ru Beifong monta sur l’aile gauche de l’avion et s’installa confortablement sur celle-ci, le corps allongé, lunette de visée prête, le canon pointé vers l’Est. Il entendit là pendant un long moment, ne bougeant pas d’un poil. Il localisa rapidement la voiture de police poursuivie par un VUS noir qui venait de s’engager sur le tarmacadam de l’aérodrome. Ru retint son souffle, analysa la direction du vent grâce au drapeau Alamien qui flottait au-dessus du hangar à sa droite et tira sans hésitation. Une seconde plus tard, le pneu droit du VUS explosait en mille miettes, faisant perdre le contrôle du véhicule au chauffeur qui braqua violemment, renversant celui-ci sur le côté. Ru regarda avec satisfaction le VUS noir faire de nombreux tonneaux sur la chaussée du tarmacadam et se leva en sifflant rangeant son fusil de précision alors que la voiture de police s’approchait à toute vitesse. Lars s’arrêta à quelques dizaines de mètres de l’avion et Kalaya sortie du véhicule aussitôt laissant le fusil à pompe derrière elle. Les deux coururent jusqu’à l’appareil sous le regard calme de Ru Beifong qui les attendait à la porte d’embarquement.


[Lars Bostrom] : L’avion est-il prêt à décoller?

[Ru Beifong] : Oui. Nous avons aussi reçu les autorisations de décollage.

[Lars Bostrom] : Alors décollons immédiatement.

Ru hocha la tête et laissa Lars et Kalaya s’installer confortablement sur leurs sièges. Lorsque la police Alamienne arriva sur le tarmacadam de l’aérodrome, l’avion était déjà bien loin et avait maintenant pour destination Opemont.


Cité impériale
Empire du Kaiyuan, 2 Septembre 2024


Saito émit de nouveau un grognement d’insatisfaction. Ses mercenaires en Alamut avaient été mis hors d’état de nuire et n’avaient pas accomplis leur mission. Ils avaient tout de même réussi à dénicher quelques bribes d’information grâce à la surveillance des cibles. Saito venait ainsi d’apprendre qu’il existait un autre exemplaire des Sceaux impériaux, bien qu’il ne connaisse pas le contexte derrière l’existence de ces deux exemplaires, il se doutait bien que cela avait quelque chose à voir avec cette famille Phongsak qu’il n’avait trouvé aucune trace dans les archives impériales. Cet exemplaire pourrait foutre en l’air toute son opération et il ne pouvait pas se permettre d’accélérer le processus. La dernière fois qu’il avait tenté une telle chose, l’Empire l’avait devancé et piégé au pied d’un mur. Il ne pouvait revivre une deuxième chute, d’autant plus que Parsifal ne lui pardonnerait pas ce nouvel échec.

Ce n’était pas le seul problème que Saito devait faire face. L’infiltration des domestiques du Palais Impérial avait été impossible au vu de l’étanchéité et de la loyauté infaillible de ceux-ci envers la famille impériale. Autre problème, l’entourage de l’Impératrice et de l’Impératrice Douairière. Celles-ci avaient été jusqu’ici une grande source de problème puisque les hommes de Saito n’avaient pas réussis à approcher leurs appartements ni même y installer le moindre mouchard. La présence en tout temps de domestiques avait rendu cette tâche impossible, d’autant plus que l’Impératrice refusait la présence de la Garde impériale dans ses quartiers. C’était comme si elle se méfiait de celle-ci.

Autre problème, l’insistance d’Épiméthée concernant les informations sur son ancien réseau en Péninsule Elghinoise. Lors de sa chute, aucune mesure n’avait été prise afin de protéger les informations dudit réseau ainsi que la diffusion des activités de l’organisation. Parsifal était impatient de faire le ménage, mais Saito avait besoin de plusieurs de ses anciens collaborateurs pour arriver à ses fins. Pour l’instant, il n’offrait à Épiméthée que quelques informations au compte-goutte suivant ses besoins immédiats en espérant que cela satisfasse le Commandant de l’Organisation.



Jungle du Luban Reap
Empire du Kaiyuan, 4 Septembre 2024


La présence d’un homme en costard blanc était bien incongrue au milieu de la jungle épaisse du Luban Reap et un spectateur extérieur aurait eu certaines interrogations sur l’identité de cet homme qui ne semblait point se soucier du milieu où il se trouvait. Une vingtaine d’hommes était présent, dont la majorité était des combattants du Cercle d’Or. Des caisses de bois étaient un peu éparpillées sur le sol aux côtés de deux camions de fabrication militaire datant des années 80. Les caisses contenaient des lance-missiles portatifs antiaériens Pelabssien de très bonne qualité que les combattants du Cercle d’Or regardaient avec surprise.

[Lieutenant du Cercle d’Or] : Ou avez-vous déniché ces merveilles!?

[Épiméthée] : De bons réseaux et une guerre au Pelabssa et vous avez accès à de l’armement de qualité sans que personne ne remarque leur disparition. Je dois dire que le Rovostran nous a été grandement profitable.

[Lieutenant du Cercle d’Or] : Je croyais devoir faire affaire avec Ephialtès après son absence prolongée? Je ne crois pas vous avoir rencontré par le passé.

[Épiméthée] : En effet, mais vous connaissez peut-être mon nom. L’on me nomme Épiméthée.

L’homme afficha un air surpris.

[Lieutenant du Cercle d’Or] : Il est étonnant qu’une grosse pointure de votre genre daigne venir sur le terrain. C’est à peine si j’ai parlé au dénommé Chaos par téléphone lors de notre précédente transaction.

[Épiméthée] : J’ai des affaires à régler qui demande une certaine délicatesse et un certain talent que Chaos ou Ephialtès ne peuvent espérer atteindre. Et puisque l’une d’entre elles vous concerne, je me suis donc permis de m’immiscer dans les affaires de Chaos.

Le Lieutenant resta silencieux. Épiméthée afficha un sourire et tendit une feuille de papier.

[Épiméthée] : Je voudrais que vous nous rendiez un service. Cette liste comporte une dizaine de noms d’anciens collaborateurs qui nous ont grandement déçus par le passé et qui ont fourni des informations confidentielles sur nos activités aux autorités impériales. La plupart d’entre eux se trouvent dans des centres pénitenciers de haute sécurité. Mais vu le nombre des vôtres qui se trouvent actuellement dans ces prisons, j’aurais espéré que vos amis puissent leur rendre une petite visite de courtoisie en notre nom.

Le Lieutenant du Cercle d’Or resta de nouveau silencieux.

[Épiméthée] : Considérez ces armes comme paiement pour vos services. Je crois savoir qu’ils valent leur pesant d’or. Vous pourrez ainsi sans problème abattre les hélicoptères de la Gendarmerie Royale de Dak Hoà avec ces engins. J’ai cru comprendre qu’ils vous posaient certains problèmes depuis quelque temps.

Le narcotrafiquant afficha un sourire satisfait.

[Lieutenant du Cercle d’Or] : Je crois que nous avons un accord.

Centre pénitencier de Nam Tho
Empire du Kaiyuan, 17 Septembre 2024


Cela faisait maintenant cinq années que le Général Matak avait été transféré au centre pénitencier de Nam Tho depuis son procès très médiatisé en 2019. L’ancien seigneur de guerre du Nanzhao avait reçu une sentence de perpétuité pour ses divers crimes de guerre durant la guerre civile. Il avait réussis à diminuer sa peine à 35 ans après avoir fournir des informations sur ses lieutenants, ses fournisseurs d’arme et surtout son banquier. Dénoncé ses lieutenants avait été chose aisé. Il leur avait laissé une totale liberté concernant la répression sur les civils, se désengageant de toute responsabilité concernant les massacres qui avait été perpétré par ses hommes durant la guerre. Par contre, il avait été plus difficile de dénoncé Parsifal, celui-là même qui lui vendait des armes et qui se chargeait de gérer ses fonds. Mais dès qu’il avait appris que ses comptes à l’étranger avaient été vidé de ses centaines de millions de $ après son jugement devant la cour, il n’avait pas hésité fournir sans retenu des informations sur Parsifal et ses collaborateurs. Or voilà, en cette journée de septembre, il regrettait amèrement son geste puisqu’il se trouvait allongé sur le sol de sa cellule, baignant dans son sang, la gorge tranché comme un vulgaire porc à l’abattoir. Alors que la dernière flamme de vie s’éteignait dans ses yeux, le prisonnier qui se tenait au-dessus de lui et qui était armé d’un couteau ensanglanté chuchota : «Parsifal vous fait ses Adieux». [/justify]