Page 3 sur 3
Posté : sam. oct. 18, 2014 12:19 pm
par Joyan
Publication du gouvernement
[url=http://www.hostingpics.net/viewer.php?id=472059propagandeagri.png][img]http://img4.hostingpics.net/pics/472059propagandeagri.png[/img][/url]
Posté : sam. oct. 25, 2014 4:59 pm
par Joyan
[indent]50[/indent]Par décret, le jour était férié. Et pour cause, c'était jour de fête en Biturige. Sa Majesté Alexandre de Biturige se mariait avec Diane Gatheret, avec qui il entretenait une liaison depuis plus d'un an selon le journal Biturige Royale.
[indent]50[/indent]Très tôt hier, les services d'organisation finissaient la préparation de l'événement, le plus important pour la royauté depuis le sacre du roi en 2019. La Cathédrale Saint-Etienne a été décorée des couleurs bleue et jaune, couleurs de la monarchie biturigeoise avant d'être celles de la nation. Des roses, cueillies dans les serres du Service Horticole Royal ont été répandues dans l'édifice, sur les piles et le long des murs, mais aussi dans les rues de la capitale, donnant un air festif à l'ensemble. Des banderoles bleu, blanc et jaune étaient étendues au-dessus des rues, le long des murs et les drapeaux étaient arborés fièrement aux fenêtres des plus royalistes des habitants. Avaric avait un air joyeux et patriote. Ce même matin, l'écran-géant du Jardin de l'Aurore était encore éteint, mais déjà des milliers de biturigeois, et quelques étrangers, campaient devant, tasse de café chaud à la main. L'ordre était pourtant ferme: pas de tentes. Mais pour un mariage royal, on tolère tout. Et les tentes étaient rangées à 10h, alors que de nombreux nouveaux arrivants se donnaient rendez-vous.
[indent]50[/indent]Il faut dire que depuis la veille, les images de l'arrivée des couples royaux de l'ensemble d'Alméra, et même au-delà, ainsi que de nombreux chefs d'Etat, avaient embrasé les médias. On les voyait débarquant à l'aéroport, arpentant dans leur voiture les rues de la capitale, parfois jusqu'au Palais Royal où ils seraient logés, parfois à l'hôtel où ils avaient fait réserver un étage entier, ou parfois encore dans une simple auberge d'un quartier populaire, même si les gardes royaux veillent à l'ordre. Les biturigeois étaient désormais imbibés de ce sentiment de communion nationale derrière leur souverain. Tous les bistrots, les bars, les restaurants ou n'importe quel autre lieu où la télévision était diffusée et qui n'était pas fermé au public malgré le jour férié diffusait ces vidéos, dans lesquelles les journalistes ont répété les mêmes choses et diffusé les mêmes reportages jusqu'à 14h.
[indent]50[/indent]C'est en effet à 14h que tout a véritablement commencé. Les écrans géants se sont allumés devant un "Ah!" de soulagement de la foule, et on voyait alors les premiers invités arriver et s'installer, devant pour les couples royaux, les représentants étrangers et les ambassadeurs, et plus en retrait pour les invités du royaume, notamment la haute noblesse. Les chœurs étaient, eux, déjà installés, en rang d'oignons. Cette heure était l'occasion pour tout un chacun de commenter les magnifiques parures d'Annabelle du Thorval ou les nombreuses médailles de l'Empereur Tianzun du Kayuan. On commençait à s'agiter sur les places publiques tandis que les derniers invités arrivaient à la Cathédrale. La Biturige était désormais paralysée. Il est presque certain que le pays retenait son souffle, que le nombre de voitures circulant n'excédait pas celui de Noël.
[center][url=http://www.hostingpics.net/viewer.php?id=703526Cathdrale04.jpg][img]http://img15.hostingpics.net/thumbs/mini_703526Cathdrale04.jpg[/img][/url][/center]
[indent]50[/indent]Quand 14h50 est arrivé et que Diane Gatheret s'est présentée sur le parvis de l'édifice, un long murmure a plané sur le pays. Vêtue d'une robe simple, ample, d'un blanc parfait, ceinte d'un nœud tirant sur un léger rose, la fiancée portait un collier de perles aussi blanches que la soie qui l'entourait. Une dentelle confectionnée par les plus grands couturiers biturigeois couvrait ses épaules tandis qu'un voile s'étendait sur ses cheveux. Quelques secondes après, c'est Sa Majesté Alexandre qui descendait de sa voiture - une Friles. Le murmure s'est fait encore plus fort dans le peuple. Il portait un costume bleu relevant de sa carrière dans l'armée, d'un bandeau bleu clair, symbole de son titre, ainsi que les nombreuses médailles qu'il avait déjà acquis au cours de son jeune règne. Un sourire éclatant, sans signe de la main, était envoyé à la foule massée autour du parvis.
[indent]50[/indent]Sa fiancée l'attendait, et, une fois rejointe, les enfants d'honneur se sont engouffrés dans la Cathédrale, suivant l'archevêque Benoît d'Avaric et son cortège de prêtres sur le tapis rouge bordé d'or. Ils ont remonté la nef sous les regards admirateurs des personnalités présentes, avant que la messe ne se déroule pendant une heure et demi. Ils ont fini par se dire "Oui" sous les applaudissements de tout le peuple. Les places publiques ont à ce moment laissé exprimer leur joie. Le Biturige disposait à partir de ce moment précis d'un roi et d'une reine. La fin de la messe s'est déroulée dans le plus grand calme, sous les chants en latin et en Fiémançais, du chœur, avant que le couple ne ressorte, lentement, du bâtiment ecclésiastique. Sur le parvis, devant la foule qu'ils surplombaient du haut des 15 marches de pierre, ils purent se tenir la main et adresse un geste de la main, sous des acclamations et applaudissements, mais aussi sous la surveillance de gardes omniprésents.
[indent]50[/indent]Il était donc 16h30 passés quand le couple a regagné le Palais Royal, avant de se rendre à la grande réception donnée en l'occasion à 18h30. La soirée serait, dans toute la Biturige, destinée à des bals populaires et des festivités, afin de célébrer les fiançailles. Au Palais Royal, la fête serait plus mesurée, mais le repas était servi par le plus grand chef que la capitale comptait, et serait composé de canard, de pommes de terre, de saumon, de tomates, d'haricots verts et de nombreuses épices. L'accompagnement musical était organisé par l'Orchestre Royal. Les derniers invités sont repartis à 2 heures, et la journée était enfin finie, officiellement. Dans de nombreux villages, elle ne se finirait que plus tard, ou plus tôt, c'est selon.
Posté : lun. nov. 17, 2014 5:25 pm
par Joyan
[center][url=http://www.hostingpics.net/viewer.php?id=564074AffichePR.png][img]http://img11.hostingpics.net/pics/564074AffichePR.png[/img][/url][/center]
"[...]Une République ne doit pas faire la guerre pour un but aussi stupide que la concurrence idéologique. C'est pourquoi, si vous nous faites parvenir au pouvoir, nous nous engagerons à lancer une procédure d'apaisement, conjointement avec nos alliés, avec la Fiémance. C'est en pacifiant l'Alméra que la Biturige pourra s'épanouir, et non en en cristallisant des tensions. Oui, le Parti Républicain s'engage aussi à diminuer les dépenses militaires du pays. Parce que nous ne pouvons pas continuer dans cette voie.[...]"
[right]Paul Tomazeau, Parti Républicain, Congrès à Thuret[/right]
[center][url=http://www.hostingpics.net/viewer.php?id=990131AfficheMMS.png][img]http://img11.hostingpics.net/pics/990131AfficheMMS.png[/img][/url][/center]
"[...]La Fiémance nous agresse. La Fiémance nous harcèle. Ce n'est pas par bellicisme que nous devons nous armer, mais par précaution. Puisque l'équilibre régional est menacé, puisque la paix ne tient qu'à un fil, la Biturige doit continuer à se renforcer. Jamais, jamais le MMS n'engagera une guerre. Car personne n'y trouverait son compte: ni la Biturige, ni la Fiémance, ni le monde. Mais si nous venions à être agressés, soyez sûr que nous saurions répondre.[...]"
[right]Armand Gasmard, Mouvement Monarchiste Solidaire, Congrès à Saint-Paul-Voie-de-Vie[/right]
[center][url=http://www.hostingpics.net/viewer.php?id=375693AfficeLEP.png][img]http://img15.hostingpics.net/pics/375693AfficeLEP.png[/img][/url][/center]
"[...]Oui, notre priorité n'est pas à l'augmentation de la dépense publique. Sauf sur certains budgets. Et parmi ceux-ci figure le budget militaire, car dans un climat de tensions qu'est celui que nous subissons actuellement, il n'y a que les républicains pour penser pouvoir apaiser la situation. Grand bien leur fasse, mais nous pensons que nous renforcer face à une menace toujours plus présente est la meilleure chose que nous pouvons faire aujourd'hui.[...]"
[right]Hector Joumet, Liberté, Equité, Peuple, Discours à Saint-Amand-du-Palais (banlieue d'Avaric)[/right]
Posté : mer. nov. 19, 2014 3:53 pm
par Joyan
[center]SONDAGE SUR L'ACTION GOUVERNEMENTALE ET LES PRINCIPALES ATTENTES DE LA POPULATION[/center]
Pour chacun des points suivants caractérisant l'action gouvernementale, précisez si vous êtes pleinement satisfaits, plutôt satisfaits, plutôt insatisfaits, tout à fait insatisfaits: (économie, lutte contre la pauvreté, éducation et enseignement supérieur, environnement, agriculture et monde rural, enjeux de société, sécurité, position internationale, politique militaire, culture et sports, cohésion et clarté gouvernementale)
[url=http://www.hostingpics.net/viewer.php?id=332472sondageactiongouvernementale.png][img]http://img11.hostingpics.net/pics/332472sondageactiongouvernementale.png[/img][/url]
Posté : dim. févr. 15, 2015 11:37 am
par Joyan
[center]L'ETAT IDEAL, Philippe July
[url=http://www.hostingpics.net/viewer.php?id=727189lEtatidall.png][img]http://img11.hostingpics.net/thumbs/mini_727189lEtatidall.png[/img][/url][/center]
"En 342 pages, Philippe July expose sa vision d'un Etat moderne idéal. En comparant d'abord les différents régimes politiques, existants et utopiques, puis en mettant en avant sa conception de la meilleure société possible, il juge enfin les méthodes possibles pour finaliser l'achèvement de cette oeuvre qu'il pense indispensable. C'est selon lui une nécessité pour parvenir à l'accomplissement de l'Homme dans son ensemble."
[right]L'Etat Idéal, Philippe July, Quatrième de couverture[/right]
"Nous considérons aujourd'hui que l'Etat a comme principal devoir de garantir la paix sociale et la prospérité économique de tous. C'est stupide. L'Etat est là avant tout pour permettre l'accomplissement de tout un chacun et la vie en société d'un peuple qui se sent uni. Il n'y pas d'Etat sans unité nationale. Je ne dis pas cependant que chaque Etat doit avoir une seule culture, fermement délimitée par des bornes fixées par les institutions centrales elles-mêmes, d'abord parce que la centralisation poussée à l'extrême n'est pas idéale en soi - mais cela j'y reviendrai - mais surtout parce que c'est au peuple lui même de se fonder une culture. Evidemment, il ne s'agit pas d'une culture dans son ensemble non plus, mais plutôt d'un socle commun, comme la langue, les traditions, la religion dans une moindre mesure. En ce sens, les cultures nationales restent encore bien présentes, et contrairement à ce que beaucoup cherchent à faire croire, la mondialisation n'a pas changé fondamentalement ces structures nationales. S'il est vrai que le Fiémançais s'impose de plus en plus comme langue internationale, que le dollar raskasan demeure la monnaie internationale et que les grands médias internationaux restent encore ceux qui dominent la planète, il ne faut pas s'arrêter à cette culture superficielle pour faire une généralité. Rentrons dans les sociétés, observons ce que les cultures nationales ont de plus précieux, et nous verrons qu'elles ne disparaissent pas tant que cela. "
[right]L'Etat Idéal, Philippe July, page 128[/right]
Posté : mer. avr. 01, 2015 10:43 am
par Joyan
ASSEMBLEE REPRESENTANTE
session du 02 octobre 2026
Monsieur Jean-Claude Darlat, Président de l'Assemblée représentante
« La parole est à monsieur Jean-Jacques Vaillant, député du Parti National »
Monsieur Jean-Jacques Vaillant, Représentant Parti National du Bas-Pouleyz
« Monsieur le Président de la chambre, mesdames et messieurs les députés, madame la ministre de la justice,
Je veux aujourd'hui vous poser une question de morale publique. Vous comptez légaliser, autoriser, le mariage et l'adoption pour les couples de même sexe. Voilà un scandale dont personne, dans vos rangs, ne semble vraiment s'inquiéter. Je ne comprends pas, Madame le ministre, comment vous pouvez penser réaliser le bien quand vous faites le mal. [applaudissements] Comment vous pensez menez à l'égalité alors que vous niez tous les principes fondamentaux de la famille, de l'équilibre intellectuel, psychologique et moral d'une part des enfants élevés par de tels couples, et sans parler des enfants qui vont les juger à l'école et dans la rue, mais aussi d'autre part de la société toute entière que vous faites entrer dans le plus profond déclin jamais observé depuis bien longtemps, jamais connu même quand feu le jeune Jean XXIII a succédé à son père. [sifflements à gauche]. Vous ne réalisez donc pas, Madame la ministre, messieurs les solidaires qui en réalité ne pensent qu'à satisfaire un complot homosexuel bien visible aujourd'hui, qu'au lieu de réaliser l'égalité, vous permettez à d'éternels pêcheurs de creuser les inégalités en répartissant arbitrairement des enfants, les uns chez des couples pédérastes [sifflements et insultes à gauche] et les autres chez des couples normaux et équilibrés [sifflements à gauche]. Vous niez tout principe qui fait de la famille la cellule de base d'une société. Bientôt, les fiémançais et autres conservateurs auront eu raison : au lieu de défendre la Biturige, vous coulez ce qu'il reste d'une grande société. Merci. »
[applaudissements à droite]
Monsieur Jean-Claude Darlat, Président de l'Assemblée représentante
« La parole est à Madame la Ministre de la justice. Pardon, on me signale que Monsieur le Ministre des Affaires Extérieures souhaite intervenir. »
Monsieur Lysandre Maladier, Ministre des Affaires extérieures
« Monsieur le Président de l'Assemblée Représentante, Mesdames, mesdemoiselles, messieurs les députés, [quelques applaudissements à gauche, sifflements à droite]
Je ne vais rien cacher, si je tiens à répondre à tant d'insultes et de propos aujourd'hui condamnables, c'est parce que je suis directement concerné, et vous savez tous pourquoi. Ces propos me touchent, moi, sans doute plus que la majorité d'entre vous ici, et je ne les tolérerai pas dans une assemblée démocratique qui doit faire respecter les droits de chacun. Alors oui, monsieur Vaillant, je suis un « éternel pêcheur » si vous le souhaitez, mais sachez qu'à aucun moment je ne croirai un livre de 3000 ans qui dit que la Terre a été créée en 6 jours [cris et sifflements à droite]. Quand à votre prétendu discours moralisateur sur l'égalité, permettez moi d'exprimer mes plus profonds doutes. Qui êtes vous pour juger l'équilibre d'un couple, vous qui avez été marié deux fois, eu six enfants dont deux hors-mariage ? Non, monsieur, je ne vous permets pas d'insulter la stabilité de couples de deux personnes qui s'aiment, fussent-elles deux hommes ou deux femmes, quand vous n'êtes pas capables d'assurer la stabilité d'un couple que vous qualifiez allègrement de normal. [sifflements à droite, applaudissements à gauche] Mais passons outre ces attaques faciles et directes. Je soutiens ce projet, non par par solidarité gouvernementale, ni même par solidarité envers les autres personnes homosexuelles, mais par principe. Si nous n'admettons pas l'égalité aujourd'hui entre les hommes d'une même société, alors nous ne l'admettrons jamais. Si nous refusons d'inclure des personnes différentes, quelle qu'en soit la raison, dans notre société, alors qui le fera ? Nous devons à présent prendre la mesure de ce qui nous attend : sommes nous prêts à continuer à vivre dans une société qui rejette ses propres produits, ou sommes nous conscients qu'en les intégrant, nous nous rendons tous, collectivement plus forts ? [applaudissements à gauche] Il ne s'agit pas non plus de nier l'équilibre de l'enfant, comme vous pensez que je, que nous le faisons, car nous nous en préoccupons. Un enfant n'a pas besoin de repère sexués. C'est absolument faux, pensez à tous ceux qui élèvent seuls leurs rejetons. Ne nous trompons pas de cible. Ce qu'il faut, c'est que la discrimination cesse. Cela passera par l'éducation. Et quoi de mieux pour éduquer nos enfants et notre société que leur montrer qu'il n'y a aucun risque ? Rien.
Alors, monsieur Vaillant, messieurs les représentants, je vous enjoins à dire oui à ce pas vers l'égalité, à ce pas contre la discrimination, et surtout à faire barrage à ces propos insoutenables qui ont été ceux tenus il y a quelques minutes et qui ne représentent pas notre démocratie et notre pays. »
[les députés de gauche et du centre se lèvent et applaudissent]
Monsieur Jean-Claude Darlat, Président de l'Assemblée représentante
« Merci monsieur le ministre. »
Posté : lun. juin 22, 2015 9:09 pm
par Joyan
Portrait ordinaire
[justify]Georges rentrait chez lui. La journée avait été longue. Très longue. Et c'est comme ça depuis des semaines déjà. Il commençait à huit heures le matin, et il finissait à dix-sept heures le soir, avec une pause d'une heure le midi. Toute la journée, il assemblait des pièces de métal entre-elles pour des lave-linge. Dans sa grande générosité, son employeur lui permettait de changer de poste toutes les deux semaines. Il passait à la confection de lave-vaisselle. Cela le fatiguait. A cinquante-trois ans, il aspirait à une vie plus paisible, lui qui travaillait depuis ses seize ans. Il s'était occupé de ses enfants, de sa femme, de ses parents même. Son seul espoir, c'est la retraite. Plus que douze ans, pense-t-il sur le chemin du retour.
Oh ! Georges ne se plaint pas. Ce n'est pas son genre. Il a grandi dans des conditions bien pires. Il a connu la dictature, la pauvreté. Il a grandi dans un bidonville. Il a tout juste appris à lire avec la charité catholique, et il sait à peine compter. C'est sa femme qui tient la comptabilité dans son petit foyer. A 16 ans, après des années de galère, il a réussi à entrer dans une petite entreprise de lavage. Ce n'était pas grand chose, mais ça le faisait vivre. Puis, il a été manouvrier, comme tant d'autres, à vivre du travail au jour le jour. Il a connu la faim, Georges. Il sait ce que c'est que de n'avoir qu'une pomme de terre comme dîner, et à peine une tasse de café pour commencer la matinée. Alors quand il rentre de l'usine, fatigué, pour rejoindre son appartement où l'attend sa femme, il ne se plaint pas. Il pourra s'asseoir dans le canapé, à regarder L'étoile enchantée à la télé, ou lire le journal qu'il aura acheté en rentrant.
Georges, en rentrant, prend le bus. Il n'a pas de voiture, mais qu'importe. Les travaux fleurissent partout en ville, si bien qu'il est impossible de circuler en voiture. D'ailleurs, il ne comprend pas ces gens qui prennent la voiture, qui klaxonnent et s'énervent à leur volant. C'est tellement plus facile de prendre le bus ! Il passe à deux rues de chez lui et le dépose juste en face de l'usine. Et pendant ce temps, il voit les écoles. Il voit les petits entrer dans la cour, voir leur maîtresse, échanger des cartes et se raconter leur dernier jeu vidéo. Ah ! Ce qu'il aurait aimé aller à l'école, Georges ! Mais il se console : ses enfants ont pu être éduqués. Il n'ont pas fait de grande études, mais maintenant, ils avaient un emploi, et un salaire. C'était quand même mieux que lui, à son époque.
Mais quand même. Georges, il se demandait où tout cela allait les mener. Pas lui, lui il savait bien que sa vie était faite. Mais ceux d'après. Cette société, tout ça. Les ouvriers ne sont plus malheureux, enfin beaucoup moins tout du moins. Les gens d'en haut avaient beaucoup fait pour ça. Maintenant, on avait au moins huit Livres par jour, sans travailler plus de quarante heures et avec cinq semaines de congés. Mais ils ont perdu ce goût de la vie, ce qui faisait qu'il allait travailler. Ils étaient tombé dans une oisiveté latente. Et puis ce monde, qui bougeait si vite. Hier, un terrain vague où les gosses jouaient au ballon, aujourd'hui une tour aussi haute que la Tour Fredel. On va d'Avaric à Egrafine en 1h40 en train. On n'a même pas fini de visiter un musée qu'on va à la patinoire. Qui l'eût cru encore hier ? Non, ce monde n'était plus pour lui. Il l'appréciait, parce qu'il ne pouvait pas dire le contraire, et il espérait que ses enfants sauraient en faire quelque-chose de bien comme lui l'a fait.[/justify]
Posté : mar. juin 23, 2015 9:54 pm
par Joyan
Portrait ordinaire
[justify]Julie fait partie de ces jeunes filles de 18 ans qui préparent leur Grade, sésame qui représente la fin de l'école. Ses derniers cours au lycée Léon Polvert sont à la fois intenses et particulièrement enivrants. Le parfum de l'été commence à se répandre en classe, mais cette année a un goût particulier. Ses professeurs ne cessent de mettre la pression sur elle et ses camarades : « réussir son Grade, c'est s'assurer un avenir », martèlent-ils. Le pire, c'est Madame Mordillon, leur professeur d'histoire-géographie. Elle n'a pas passé une semaine de l'année sans leur parler du Grade.
Julie est une de ces filles qui réussit médiocrement à l'école. Avec 12,7 de moyenne, elle pourrait intégrer l'université à la fin de son lycée. Mais ses parents n'en ont pas les moyens. Alors elle se contentera de son Grade, comme beaucoup de ses camarades des petites villes de province. Les bourses scolaires ne sont pas assez élevées pour lui permettre de partir, surtout sans léser ses parents. Elle s'est donc spécialisée en 12ème en sciences de laboratoire et en biologie. Elle pourra peut-être intégrer un cabinet médical comme secrétaire, ou comme assistante. C'est du moins ce qu'elle espérait. Avec un peu de chance, elle passera les concours pour rentrer dans la fonction publique, dans un hôpital ou un dispensaire de campagne.
Comme tous les jeunes de son âge, pourtant, Julie avait des rêves pleins la tête. Depuis la Révolution de 2015, alors qu'elle n'avait que 6 ans, ses parents n'avaient cessé de répéter que la vie s'améliorerait. Alors elle pensait pouvoir devenir médecin, vétérinaire ou alors écrivain. Mais très vite, elle a appris la réalité : ce n'est pas parce qu'on veut faire quelque-chose qu'on peut le faire. Et dans le cas présent, c'est précisément ce qui l'empêchait de devenir quelqu'un dont ses parents pourraient être vraiment fiers. Elle aurait voulu qu'on lui donne sa chance. Elle aurait voulu changer les choses. Elle aurait voulu servir les autres. Alors elle est comme Annabelle, Victorine et Alice, ses camarades : elle est révoltée contre le système, elle veut tout envoyer en l'air. Enfin, pour le moment, il faut que Julie obtienne son Grade, avec une mention peut être. Elle mise tout sur les mathématiques – elle a toujours eu un certain talent pour l'algèbre – et sur l'adélien.
Il n'empêche, en y repensant, Julie est heureuse. Elle a des amies sur qui elle peut compter. Elle a découvert les plaisirs des jeunes de son âge : l'amour, les sorties, l'alcool, le tabac, les nuits blanches, le cinéma, la musique pop, le sexe. Elle a aussi beaucoup plus de libertés que ses parents n'en avaient, d'après ce qu'ils lui ont dit. Elle n'a pas à les aider à la ferme : son père a maintenant des machines assez performantes pour n'avoir qu'un employé, et sa mère travaille à la mairie de son petit village. Elle peut prendre le bus qui passe tous les jours dans son village pour aller en ville. Elle peut même aller faire les boutiques avec les quelques Livres que ses parents veulent bien lui accorder chaque semaine, ou alors aller au cinéma. Elle se dit que toutes les critiques de ses parents sur sa génération sont infondées. « Vous passez votre vie sur vos écrans », « Vous êtes toujours pressés », « Vous ne savez pas ce que c'est que de travailler » lui disent-ils. Mais elle, elle pense que toutes ces nouveautés sont autant d'opportunités qu'il faut saisir, et qu'au pire, il faut savoir faire avec. Julie devient grande, bientôt adulte. Et dans deux semaines, elle passe son Grade.[/justify]
Posté : dim. juin 28, 2015 1:17 pm
par Joyan
Publicité pour BRF, en coopération avec le Ministère des Transports
[url=http://www.hostingpics.net/viewer.php?id=662796PubBRF.png][img]http://img11.hostingpics.net/pics/662796PubBRF.png[/img][/url]
Posté : ven. juil. 31, 2015 8:09 pm
par Joyan
Sondages pour les élections régionales de novembre 2028
Rappel : les élections régionales permettent d'élire les représentants à l'Assemblée régionale, principale collectivité territoriale avant les mairies. Selon la majorité désignée, chaque assemblée désigne un représentant qui siègera à l'Assemblée royale, chambre basse du parlement, aux côtés des représentants royaux.
[center][url=http://www.hostingpics.net/viewer.php?id=462911Sondagergionales20272.png][img]http://img15.hostingpics.net/pics/462911Sondagergionales20272.png[/img][/url]
Sondage par région
[url=http://www.hostingpics.net/viewer.php?id=149999sondagergionales2027.png][img]http://img15.hostingpics.net/pics/149999sondagergionales2027.png[/img][/url]
Sondage sur le résultat global[/center]
Rapide analyse :
Le MMS perdrait de nombreuses voix : il serait rattrapé par le Parti Conservateur, même dans certaines régions du sud. L'Alliance Impériale continue de dégringoler et le LEP s'installe durablement dans le paysage politique. Le PC pourrait gagner 4 à 5 régions, le MMS 6 à 7 et l'UDC peut-être une.