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Posté : mer. sept. 04, 2013 1:38 pm
par Arios
La fleur la plus belle, 2022

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Film de 1h34. Dans la ville de Meaulx-sur-mer, la petite Estérelle grandit à une époque où les mœurs commencent à s'envoler. Si elle reste toujours fidèle aux travaux que lui confit sa mère, ainsi qu'aux ordres de son père, un vent de liberté qui traverse le monde semble l'inviter elle aussi à ne plus avoir peur de rien, à croquer la vie sans réserves. D'abord, poussée par ses amies, elle n'hésite plus à parler aux garçons, à passer du temps avec elle. C'est dire qu'elle est de plus en plus belle au fil des années qui passent, même ce vieux connassou de Guihèn se présente un jour à son père pour lui demander de l'épouser contre des économies pharaoniques. Tout l'attire désormais que le monde semble à ses pieds, mais surtout elle attire tous le monde, jusqu'à donner ses vœux à Tinou, un jeune batailleur du vieux port qui a réussi à la séduire malgré ses airs d'imbécile.
Mais Tinou a besoin d'argent, et pour ne pas qu'il s'engage dans la marine lui qui a déja échappé de peu au service militaire, Estérelle veut se prostituer. Lorsque Guihèn va rapporter la nouvelle au père de la petite, Savié ne laisse pas passer deux jours sans mourir de chagrin.

La mère se réduit au silence, et Estérelle revient vivre à la maison, Tinou étant parti sans prévenir pour le nord travailler dans les usines. Un an plus tard elle est conduite à l'autel par son oncle, mais sa mère morte entre temps ne voit pas son mariage avec Vitour, un négociant qui a payé pour Estérelle et ses frères les dettes du papa.

Vitour, qui n'a pas les ressources nécessaires, ne découvre jamais que Guihèn mentait.

Posté : sam. sept. 21, 2013 10:21 am
par Arios
Jean-Françouè de Lanton, 2022

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Vieux port de Lanton

Le film part sur un pari audacieux : retranscrire l'histoire de Jean-Françouè de Lanton, connu par une chanson du XVIIIème siècle, en pleine fin du XXème, dans un contexte de libéralisation et de pertes d'identités.

Lanton est un vieux port négrier de Biturige, qui a fait sa fortune à une époque ancienne, principalement par le commerce d'étoffes. L'île de Lanton subit à l'époque où se passe le film des rénovations voulues par Avaric et sont détruits les anciennes usines et ateliers pour la construction de logements étudiants et sociaux, ainsi qu'un musée d'art moderne et un centre d'information pour la contraception.

Jean-Françouè, d'une famille ouvrière qui n'a plus d'emploi, s'engage dans la Marine marchande à bord d'un des derniers porte-containers qui passe à Lanton, La Fringante II.

Commence alors l'histoire, contemporaine, d'un Jean-Françouè découvrant qu'en dehors du cocon libéral et de son lycée gentillet, la vie des hommes n'a pas forcément changé.

Après un voyage d'un an, par allers-retours entre le Valacida et le Liethuviska sur la route commerciale almérane est-ouest, Jean-Françouè perd la mesure dans la consommation d'alcool, et passe de femmes en femmes. Attrapant une maladie vénérienne chez une hôtesse du Vallon, la Fringante le dépose à Lanton où il est hospitalisé au CHU.

Il meurt la mer dans la tête, devant sa petite télévision et le journal JFMtv.

Posté : lun. sept. 30, 2013 4:17 pm
par Arios
Homefront IV, 2022

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Juillet 2015, plus de 210 000 hommes envahissent l'Hakoim, territoire autonome du nord de l'île lychakienne. La révolution communiste doit passer, la solidarité s'ériger partout et les avions de chasse de la Révolution s'en assurer à coup de tonnes de bombes larguées sur un territoire sans armées. 20 000 soldats perdent la vie dans les deux camps pour une poignée de rizières et la gloire du drapeau rouge. Chers camarades, amis, oppressés et affamés, c'est le début d'un exode de populations entières voulant fuir l'oppression rouge qui a déjà tué les membres de leur famille qui défendaient leur pays. 40 000 personnes sont jetées dans le détroit.

Mais la gloire du drapeau rouge peut s'affirmer, quitte à torpiller certaines embarcations si on soupçonne une présence militaire à bord.

Une histoire en 40 minutes sur la construction de la Patrie makarane du communisme et de la race makane, entrecoupé de récits fidèles de personnes vivant actuellement au Wapong, et n'ayant pas oublié qu'il y a à peine 7 ans la souffrance aujourd'hui cachée derrière des défilés militaires spectaculaires et une superbe révolutionnaire leur enlevaient leur famille et leur tranquilité : non par référundum, non par une main tendue, mais par des bombardements et une invasion équivalente à celle que subissent actuellement les États-Unis. Et ce, avec tout le cynisme d'une opération dans la langue du Capital, décidément aux trois visages.

Posté : ven. oct. 11, 2013 5:41 pm
par Arios
Le fascisme rouge, 2022

[img]http://us.123rf.com/400wm/400/400/loskutnikov/loskutnikov1005/loskutnikov100500647/7006898-moscou--6-mai-2010--repetition-generale-du-defile-militaire-sur-le-65e-anniversaire-de-la-victoire-d.jpg[/img]

Pauvre Marx, pauvres ouvriers. Le film explique par un docu-fiction de quelle manière toutes les idéologies communistes nées au XXème siècle et prolongées à certains endroits au XXIème siècle ont échoué dans leur vocation originelle d'offrir un cadre de vie plus décent aux masses anonymes, et comment elles ont suivi le développement banal d'une société davantage sur les affects que sur les réalités.

Comment l'idéologie d'extrême-gauche a-t'elle pu virer au fascisme, et véhiculer aujourd'hui les doctrines les plus intransigeantes et menaçantes pour les hommes, en trahissant jusqu'au moindre principe de ses valeurs initiales : démocratie, pacifisme, allègement du travail.

Le film tente d'éclaircir plusieurs axes de réflexion. Tout d'abord, le passage d'un combat idéologique à un combat des symboles, la manière dont tous les régimes communistes ont basculé d'un réel ras-le-bol social à une esthétique creuse et capricieuse, due à des élites demeurées au pouvoir. C'est le deuxième point, la façon dont la démocratie populaire a cédé le pas, partout, à la dictature des élites du régime, se cédant la place au chaud au fur et à mesure des intrigues de cours internes. Lola, l'héroïne de la partie fiction du film, constate également l'écrasement salarial et la façon dont les masses laborieuses, semi-exploitées aux temps des rêveries rouges, tombent dans une totale dépendance vis à vis de l'État et deviennent de véritables esclaves des grandes branches productivistes de l'État. Communisme, ou liens des individus contre l'écrasement du salariat et l'esclavage industriel du capital, devenu la dictature de "trusts" rouges pour un esclavage obligatoire et une propagande de la fourmilière. Communisme, rêve d'un retour de la société vers la communauté, et au final imposition partout d'une société ne laissant plus aucune liberté et s'efforçant de briser les communautés.

Communisme, idéologie promise aux hommes du monde entier, enfin vecteur du nationalisme le plus primaire, jusqu'au racisme et à la manipulation de masse.

Posté : mar. oct. 15, 2013 5:32 pm
par Arios
Genres, armées et satanisme, 2022

[img]http://www.slate.fr/sites/default/files/imagecache/node-story/dac.jpg[/img]

Ce documentaire de 1h20 condamne fermement l'utilisation de femmes dans les armées de plusieurs pays.

Sous couvert de "patriotisme", des êtres faibles que l'homme devrait protéger sont utilisés comme militaires pour la défense des sociétés, qui souvent ont leurs tares à cacher.

Si on peut réserver l'origine de ce phénomène au communisme qui emploit encore de très nombreuses femmes et y fait un point d'honneur dans ses armées, des pays occidentaux ont adopté le procédé au nom cette fois de l'égalitarisme entre les sexes. Voulant se faire excuser d'avoir trop longtemps opprimé la femme, on l'envoie combattre pendant que certains hommes feront des affaires.

Yves Paulichon, le réalisateur du film, avait déclaré une semaine avant la sortie sur les écrans qu'il souhaitait avoir les soutiens politiques pour aller faire déposer à l'AdE ce qu'il veut faire reconnaître comme un crime contre l'humanité, l'emploi des femmes dans les troupes combattantes de n'importe quel régime.

Appuyant son argumentation sur une répartition à la fois biblique et traditionnelle des rôles de la femme et de l'homme, et dénigrant cette copie d'une pratique tribale extrêmement peu répandue et uniquement dans certaines ères géographiques sous-développées à des époques antérieures qu'est cette emploi de personnels féminins dans l'armée, il montre aussi toute l'absurdité morale comme matérielle d'un tel emploi, en interrogeant de nombreux militaires hommes de diverses armées.

"Nous devons retailler des uniformes..."
"Certaines avec leurs miches ne peuvent pas tirer droit."
"Des tenues de combat intégreront bientôt la jupe..."

Si c'est évidemment le Pacte qui véhicule aujourd'hui le plus cette pratique d'inversion complète des valeurs, Paulichon dénonce également l'Occident trop laxiste sur cette pratique, et fait le parallèle entre les idéologies communistes et erikssoniennes puis des sociétés prétendues évoluées encourageant encore cette pratique d'engagement féminin.

Si l'argumentaire sera bancal pour de nombreux esprits éclairés de notre siècle pétaradant d'arrogance des élites paperassières, les plans osés de Paulichon sur ces femmes que l'intimité trahi dans l'exercice de leur fonction de militaire - comme cette tireuse qui se plaint de douleurs d'entre-jambe pendant un tir d'entraînement ; ou la poitrine qui gène une candidate à l'engagement pendant un parcours du combattant - séduit le public un minimum attentif.

Terminant par l'abomination morale que représente un tel phénomène, et les valeurs que celle-ci encourage à véhiculer, Paulichon s'insurge que des hommes ne soient pas encore dans l'armée pour prendre la place de ces mères gâchées, victimes des pleutres, hontes de la civilisation, hystériques encouragées

Posté : mer. oct. 16, 2013 7:08 pm
par Arios
Denis du 4ème, 2022

[img]http://images.lindependant.fr/images/2011/03/31/des-tirailleurs-senegalais-plus-vrais-que-nature_245437_516x332.jpg[/img]

Film de 1h42. Robert Daromey.

Denis est un ouvrier miséreux des faubourgs d'une ville makengue de l'Empire brestangeais. Devant la corruption noire de l'administration de son entreprise, il dénonce les pratiques de ses supérieurs et est renvoyé.
Ne souhaitant pas rentrer dans son village qui s'est déjà vidé d'une partie de ses habitants, il s'engage dans l'armée pour gagner un peu d'argent.
Manque de chance, la guerre éclate et il est projeté sur le front après un entraînement de trois mois, qui la surtout dû faire contre lui-même, le froid, au contact d'une population brestangeaise aussi malheureuse que ce qu'il a vu au Zanyane chez lui, avec en plus des conditions météorologiques terribles.

Denis combat en Ménovie dans un régiment de tirailleurs makenguais, et avec ses camarades parle de ses rêves d'après-guerre chaque soir lorsqu'il a la chance de revenir.
Les "rouges", tels que surnomment Denis et ses camarades les soldats rostovs dont les uniformes des régiments portent une couleur rouge à la lisière de la casquette, lancent des assauts répétés en sacrifient les noirs qu'ils prennent en otage, ne les considérant pas comme des soldats, surtout lorsque les survivants des assauts rostovs sont issus des provinces orientales et makaranes de l'Empire rostov.

Denis du 4ème ( Régiment de T.M. ) est une histoire d'amitié entre ces soldats brestangeais issus des colonies, et surtout l'histoire de la défense de la morale et de l'entente des peuples respectés contre la barbarie, l'obscurantisme et le nationalisme biologique.

Posté : sam. nov. 23, 2013 1:56 pm
par Arios
Après la pluie..., 2022

[img]http://static3.7sur7.be/static/photo/2013/12/9/1/20130729120225/media_xll_6021511.jpg[/img]

Film de 1h31. Thierry Alagne.

Le jour le bruit des bus qui glissent sur l'asphalte mouillée. La nuit les klaxons perdus et les cris de poivrots. La ville est laide et la campagne aussi, avec ses rues désertes, ses places mortes, ses fontaines sèches et son balayeur à gilet fluorescent. Personne n'a le cœur à rire, sauf les saouls qui s’enivrent pour leur propre santé. Où irons-nous demain ? Que nous arrive-t'il ?

Les temps sont durs, tout est cher alors on calcule. Rien n'est insupportable et tout insupporte, nous vivons dans un monde parfait répètent les prompteurs des jeux télévisés. Le jardin des parents de Catherine n'a rien donné cette année, les choux ont pourri, les panais péri, la vigne vierge est tombée malade. Robert est mort au début du printemps. Sa femme Yvonne l'a suivi. Catherine ne s'en sort pas dans le bourbier administratif que lui laissent ses parents.

Toujours la même routine harassante et nécessaire. Son frère revient de guerre, une jambe en moins, perdue dans une intervention si courte dont on ne comprend pas le sens.

Mais une année l'hiver est un peu court. Catherine plait à quelqu'un. Elle s'en rapproche ; il la protégera désormais. Le frère a un fils, de son épouse laissée si longtemps. Les enfants ne vendront plus la maison de leurs parents, faute d'acheteurs. Mais la vigne vierge est plus jolie que jamais.

Une ode à l'espoir dans les temps difficiles, qu'ils soient d'une âpreté fatigante ou d'une douleur vrombissante.

Posté : jeu. nov. 28, 2013 10:38 am
par Arios
La bataille du détroit, 2022

[img]http://www.nagelphotography.com/img/s8/v0/p649300930-2.jpg[/img]

Film de 2h41. Grégoire Cardon.

Deux ans après Agnadel, qui se situait sur le détroit juvnien à l'époque basse-médiévale, et après la très grande réussite de Charles en 2018, Grégoire Cardon sort sa dernière super-production... qu'il dédie tout particulièrement aux équipes de tournages.

En effet, La bataille du détroit a été majoritairement tourné aux États-Unis pour les scènes extérieures et reconstitutions d'affrontements, tandis que la Fiémance offrait assez de palais et de décors pour le reste des bandes. Certaines scènes de nature, annulées aux USPs cette année, ont été retournées ici, notamment dans les Baras et à Port-Saint-Georges.

La bataille du détroit raconte l'affrontement fiemanco-kaldien pour l'hégémonie sur l'embouchure de la rivière Yocak, riche en commerce de fourrures et d'or venant de l'amont. Si ce film au scénario déjà exploré fait l'unanimité des commentateurs, c'est grâce à l'énorme richesse du travail de reconstitution du matériel, des armes, des techniques et coutumes particulièrement indigènes.
En effet, de 1706 à 1716, c'est le temps de la grande alliance entre Fiémance et tribus Cona et Tiwawah qui peuplaient les alentours du lac Milwan.

Emportant le spectateur de l'impétuosité des généraux et économistes de la cours d'Opemont jusqu'aux arpents de neige et au sable du Pelabssa de jadis, La bataille est un film qui serre le cœur de tous bons fiémançais quand ils contemplent les merveilles perdues à l'issue de quelques traités malheureux. À saluer la qualité d'acteurs exceptionnels, ayant affûté leur talent sur les bancs de l'École de Cinéma d'Opemont, et rentrant parfaitement dans la peau de trappeurs ou d'agriculteurs-ingénieurs du XVIIIème siècle, souvent issus d'une deuxième voire troisième génération de colons.
Aujourd'hui Grégoire Cardon n'a plus de contact avec les acteurs autochtones recrutés là-bas. Il en est profondément atteint et ne se rendra pas à l'avant-première du film à Seuilly-la-palud dans un des terroirs émetteurs de colons à l'époque.

Posté : dim. janv. 05, 2014 7:27 pm
par Arios
Les bêtes inanimés, 2023

[img]http://www.loireforez.fr/var/loireforez/storage/images/media/images_fichiers/galerie_photo/loire_forez_en_photos/saint_just_saint_rambert/58534-4-fre-FR/saint_just_saint_rambert_imagelarge.jpg[/img]

Film de 1h48. Michel Dariot.

Tout commence au chant du soir, un coq le crie depuis l'amont d'un tailli. Il salue sans le vouloir l'arrivée du deuxième et dernier camion de déménagement. Dans la maison construite sur l'ancienne combe, là où on a redispersé la terre et les pierres avortées forcément pour modeler une cave, la nouvelle famille s'installe. Des militaires peut-être, portant les valeurs de la Patrie.
Certains arrivent, d'autres s'en vont. On vend. Ceux qui arriveront voudront autre chose que le silence des chemins asphaltés où rampaient jadis les jurons des querelleurs. Parmi les immigrants, des commerçants redonneront une vie à cet espace géographique. Il faudra agrandir. Le maire le sait. Il y travaille.
Les Saulnières ont vu leur propriétaire mourir la semaine dernière, à 86 ans. Pas d'enfants. Pas d'enfants car pas de femme. Pas de femme car pas d'argent, juste les Saulnières, leurs peupliers arrogants le long du duvet vert.
Les machines arrivent au chant du coq, elles écrasent la mousse des dix années de friche. On creuse, on tasse, on épand, on tuyaute, on lacère, on enfoui. Bientôt les petites boîtes de compteurs électriques pavoisent aux emplacements de leurs futurs foyers, les allées sont dessinées et les trottoirs réalisés.
Dans la maison des militaires, la cave s'empiffre de babioles zanyanaises, de livres d'enfants que personne ne lit, de produits régionaux étrangers, d'ordinateurs, d'ustensils électroménagers, de draps, de caisses pour stocker les livres d'enfants que personne ne lit, de consoles de jeux, de chaises en fer forgé.
On coule enfin, les rigoles se gorgent du plus durable artefact humain : la pierre à modeler, le béton vainqueur de tout. Les pavillons sont construits, on y pose la tuile orpheline.
Le village revit. Honte ! Le bourg...
Les familles s'y amassent, depuis sa hauteur on constate les échelles blanches qui vont de la centrale nucléaire jusqu'à la maison de Dieu, on scrute les cheminées noires des ateliers abandonnés, on contemple les petites boîtes des compteurs électriques le long de trottoirs sans destination. 3 commerces, 4, 5 feront le compte. Le maire est réélu.
Mais les gens ne vivent pas aussi bien qu'en ville. Il leur faut la ville, il leur faut rapidement, ils veulent ce jardin, la vue trompeuse de la haie, le fantasme du paysagisme ne suffit pas à vivre. L'autoroute viendra, elle arrive même et on entend bientôt les buldozers travailler. On les voit depuis la hauteur. Ils tirent sur un ruban gigantesque qui a déjà détruit des montagnes, percé des côtières, enlacé des monts pour desservir des ports magnifiques. Enfin est-elle là. Boîtier, passage automatique, abonnement. La ville est à côté, on pourra jouer au judo à 50km et revenir en face de la haie cache-sex.
Une vaste esplanade recouvre la rivière, le nouveau marché s'y installe. On y trouve de tout, de quoi réjouir tout le monde. Le dernier coq est bientôt abattu, les œufs sont moins chers au supermarché du Guéret. Non, ils sont plus chers, mais moins sales ; moins laborieux à attraper. Ce n'est pas un film, pourquoi s'emmerder avec un poulailler ? Il n'y a plus de place, la maison n'est pas à eux, ils louent.
Une boutique de tatouages aplanie la Hauteur, une boutique bio s'encastre à la Petite Combe, un magasin de chaussures recouvre la Castagne. Un commerce makaran épaule le restaurant-rapide de l'ancien port fluvial.
On commence à être à peu prêt contentés.
Mais le jour les chemins sont toujours morts, et la nuit les jeunes boivent, le long de la route des Saulnières.

Posté : jeu. avr. 03, 2014 3:18 pm
par Arios
Milicien III, le retour au pays, 2023

[img]http://a142.idata.over-blog.com/500x332/4/44/44/16/Actualite-evenements/Les-lettres-de-la-religieuses-portugaise-2.jpg[/img]

Film de 2h04.

Le premier plan du film est celui d'une poussière qui se soulève. Sous le soleil naissant du jour, face aux murailles de Narciss en Vespasie, les Musulmans du Mehmed Odagan, les bourses pleines des écus des princes makarans, mettent en marche leurs machines de guerre contre les remparts de la ville chrétienne.
Lameule est avec d'autres chevaliers francs, dans les villages alentours où leurs troupes se sont dissimulées pour passer la nuit. Déjà les bruits des combats montent et raisonnent contre la falaise claire de l'horizon. On se jette dans la bataille, pour briser l'esclave et espérer rompre le poignet qui le manipulait.
Les Chrétiens remportent la victoire, et Narciss remercie grandement ses combattants. Le lait de chèvre et les fruits confis ne suffisent plus à maintenir l'impatience de Jeannot Lameule et de ses trois derniers compagnons fiémançais. Leur pays, après ces années, n'a jamais été aussi proche. Il leur faut prendre la mer, les échevins de la cité leur confie les lettres qui le leur permettront.

Au port, ils apprennent que la Fiémance est en feux depuis un mois, et que les troupes impériales ravagent leurs pays.
Le voyage est agité, la boule au ventre et les vagues sous la coque, ils parviennent finalement à Meaulx après une semaine de nuits courtes et de siestes bouillantes.
Ce qui leur reste de solde du temps où ils étaient soldats de l'Armée régulière, ils le versent pour louer des chevaux hors de prix à un juif du nom de Schleman. Les quatre compagnons peuvent quitter les Oulivastres, gagner les Geujes où ils firent leurs premières passes d'armes, jusqu'au bourg de Salvagny. Ils ne sont plus qu'à une journée des Bannes, deux d'entre eux partent vers leurs régions, Lameule et Pitiviers poursuivront vers le nord.
Mais à Salvagny, les nouvelles sont terribles. Toute la plaine de Terdus et la moitié nord du pays est ravagée par les Impériaux. Nous sommes en 1649, 7 ans après le départ et l'engagement forcé dans la Milice, et la Fiémance est en train de perdre la guerre contre l'Empire.
L'aubergiste et les autres clients racontent aux expatriés ce que font les soldats Impériaux, qui décapitent les statues de Saints, interdisent les fêtes, violent les femmes, ils veulent imposer le culte de l'Empereur et distribuent partout les pistoles impériales. Ils encerclent Opemont avec des camps militaires fortifiés, et les plus grands Maréchaux de Fiémance ne peuvent encore rien.
Lameule et son compagnon se lèvent très tôt pour rejoindre les Bannes, mais là-bas les troupes impériales sont déjà légions.
Jeannot retrouve la trace de Nannon, ses parents sont morts et elle s'est résignée à se marier avec l'un des garçons du village, le plus riche, qui a rasé toutes les haies de l'ancien domaine de Nannon et se confond dans un commerce de porcs avec l'occupant.
Jeannot n'a plus qu'à rejoindre les armées fiémançaises qui tiennent Luny, de l'autre côté du massif, avec son camarade Pitiviers.
Ils combattent l'ennemi pendant quatre mois.
Jeannot est finalement tué par un coup de fusil ennemi, à la bataille de Vignelay-Mont-béni.
Pitiviers respecte ses souhaits, enveloppe le coeur de son ami dans un mouchoir blanc, et l'apporte au village sur la souche du chêne abattu par le mari de Nannon, là où Lameule et elle s'étaient promis 7 ans plus tôt.