Posté : ven. déc. 20, 2019 5:07 pm
[center]Une entraide mutuelle (2)
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[center][img]https://i.imgur.com/M2YOlVZ.png[/img]
Pour abolir le fusil, il faut prendre le fusil...[/center]
[justify]Peu de personnes savaient ce qui s'était réellement passé dans la région d'Amanzi lors des élections et encore moins qui était le réel responsable de l'attaque qui avait fait voler en éclat quelques bureaux de votes. L'on soupçonnait évidemment le PCRM et sa direction, mais cette dernière n'y était absolument pour rien. L'organisation avait été entièrement planifié par la branche régional du PCRM à Amanzi et agissait sous les ordres directs de Pierre-Victor Massamba. Ce dernier avait réussi à convaincre les westréens de lui accorder un soutien et surtout de voir en lui le renouveau du socialisme au Makengo. Il avait tenté un véritable coup de poker en attaquant les urnes et en entrant bruyamment dans le combat politique, portant ce dernier à un niveau rarement atteint pour lui et les siens. Il fallait maintenant penser à l'avenir et surtout ne pas se précipiter. Si il y avait des échos favorables à ce qui avait été entrepris, les masses restaient en retrait sur la question de la violence révolutionnaire et n'avait pas exprimé majoritairement un franc soutien à l'action armée mené. Il allait donc falloir faire preuve de patience, redoubler d'effort et attendre le moment propice afin de frapper à nouveau. Le but véritable que se fixait Massamba était de sanctuariser le nord d'Amanzi, d'en faire une gigantesque base de recrutement et préparer dans un futur proche le déclenchement de la guerre populaire. Il faudra donc maintenir un certain degré de clandestinité et opérer dans les zones les plus reculées qui n'étaient pas directement sous le regard des autorités gouvernementales. L'avantage de l'arrière-pays makengais était certain pour les futurs insurgés. Disposant d'une grande carte du pays qu'il avait déplié sur une table, Pierre-Victor Massamba l'étudiait consciencieusement, entourant, barrant ou notant en rouge des choses dessus. Il comprenait qu'il s'agissait d'accomplir la chose la plus importante de sa vie de révolutionnaire et de militant communiste. Il n'avait pas le droit à l'erreur et il mesurait avec gravité tout ce que cela impliquait.
[center][img]https://i.imgur.com/SU9OtkK.png[/img]
Pierre-Victor Massamba, responsable régional du PCRM à Amanzi[/center]
PIERRE-VICTOR MASSAMBA | « Il faut faire comprendre aux camarades que nous n'obtiendront pas la victoire demain, dans un mois ou dans deux ans. Nous devons faire comprendre aux camarades qu'une lutte longue et opiniâtre va les attendre et que nous avons besoin qu'ils comprennent bien cela. Nous ne pourrons tolérer à l'avenir de mettre en péril notre organisation. »
"Hippo" comme l'on surnommait désormais Pierre-Victor, dictait quelques notes à l'un de ses proches compagnon d'armes, Augustin Adingono. Il scrutait toujours la carte devant lui, légèrement penché sur la table, l'air pensif.
PIERRE-VICTOR MASSAMBA | « Nous n'aurons pas seulement à affronter le gouvernement semi-colonial et semi-féodal de Botamba, mais nous aurons à affronter les féodaux, la bourgeoisie compradore et leur relais à l'international. Nous aurons face à nous des ennemis déterminés et qui feront tout pour nous écraser. Nous devons solidifier nos positions et bâtir notre organisation afin qu'elle soit indestructible. Qu'est-ce que tu en penses ? »
Tandis qu'il prenait les notes, Augustin Adingono faisait tomber des cendres de sa cigarette qu'il tenait du bout des lèvres sur le papier qui lui servait de support. D'un revers de la main, il balaya les cendres et souffla bruyamment pour ne plus être incommodé. Il relut en silence les notes qu'il venait de prendre.
AUGUSTIN ADINGONO | « Pour le moment, nous ne serions pas capable de pouvoir nous opposer à un simple détachement de la police locale. Nous avons besoin de plus d'armes, d'un meilleur encadrement tant militaire que politico-idéologique. Alors peut-être nous pourrions envisager des actions de grandes envergures. »
PIERRE-VICTOR MASSAMBA | « La question des armes ne se posera que bien plus tard, si tu veux mon avis. Le plus important est de mener une campagne afin de former des cadres qui pourront ensuite retourner dans leurs villages et diffuser la ligne de notre organisation aux plus pauvres. Pour le moment nous sommes trop faible sur le plan politique et hégémonique. »
AUGUSTIN ADINGONO | « Nous ne pourrons pas attendre indéfiniment non plus, comme tu le sais. Il nous faudra être réactif si jamais des événements nous poussent à agir. Il faut continuer à montrer notre présence, mais de manière sporadique et diffuse. »
PIERRE-VICTOR MASSAMBA | « Oui, bien entendu. Je pense qu'il serait utile que nous prenions exemple sur le développement du PRDK-ML au Karmalistan, notamment dans sa manière d'organiser et d'administrer les "zones rouges" qui sont les siennes. Je pense qu'il s'agit d'un document important qu'il nous faudrait traduire et qui devra être lu par l'ensemble des camarades. Bien que la situation ne soit pas la même au Makengo ainsi qu'au Karmalistan, nous avons des choses à apprendre. »
AUGUSTIN ADINGONO | « Il va cependant nous falloir bien plus que le soutien formel des petits paysans et de la classe ouvrière dans notre pays. Il y a des éléments qui sont frustrés dans la bourgeoisie nationale, des intellectuels qui n'aiment pas tellement Botamba et son régime. Nous devons faire en sorte qu'ils viennent vers nous et qu'ils ne se fassent pas ramasser par les illusionnistes du MSCR. »
PIERRE-VICTOR MASSAMBA | « La jeunesse étudiante est acquise à certaines de nos idées. Tout le monde voit très bien la nature réelle et concrète du régime en place dans notre pays. Nous avons une force à disposition et il va falloir que nous nous en servions judicieusement car sa colère sera juste et légitime. Prendre les campagnes mais également prendre des positions dans les appareils idéologiques, comme l'Université. Nous avons quelques sympathisants à l'Université de Ugbo-Mmiri et nous devons utiliser cela à notre avantage. »
AUGUSTIN ADINGONO | « Pour la formation des cadres, c'est bien ça ? »
PIERRE-VICTOR MASSAMBA | « Exactement. Investir l'Université et la transformer en bastion d'agitation et de formation pour des cadres qui retourneront ensuite chez eux pour faire de l'agitation et bâtir les structures de notre nouvelle organisation. La suite ne sera alors qu'une simple formalité. Mais je le répète, cela nous prendra du temps. Il faut faire comprendre aux camarades que nous ne tolérerons aucune forme d'aventurisme. »
AUGUSTIN ADINGONO | « C'est bien plus facile à dire qu'à faire, tu le sais parfaitement ! Nous avons pesté contre l'inaction de la direction de notre Parti et aujourd'hui, nous demandons aux camarades de faire exactement la même chose ! »
PIERRE-VICTOR MASSAMBA | « Non, cela est faux. Nous ne prônons pas l'inaction, nous disons simplement que la lutte que nous entreprenons sera longue et prolongée, qu'elle nécessitera bien plus que quelques coups d'éclats. Cela n'est pas de l'inaction, nous préparons les victoires de demain. »
AUGUSTIN ADINGONO | « Cela va être difficile à faire comprendre aux camarades si tu veux mon avis... »
PIERRE-VICTOR MASSAMBA | « Je leur parlerai et j'expliciterai mon point de vue à la prochaine conférence de notre Parti. En attendant, j'aimerai que tu me sélections une douzaine de camarades que tu considères comme fiable. Je veux qu'ils quittent le pays le plus rapidement possible. »
AUGUSTIN ADINGONO | « Pour aller où ? »
PIERRE-VICTOR MASSAMBA | « Cewell, la capitale des révolutionnaires ! »[/justify]
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Pour abolir le fusil, il faut prendre le fusil...[/center]
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[center][img]https://i.imgur.com/SU9OtkK.png[/img]
Pierre-Victor Massamba, responsable régional du PCRM à Amanzi[/center]
PIERRE-VICTOR MASSAMBA | « Il faut faire comprendre aux camarades que nous n'obtiendront pas la victoire demain, dans un mois ou dans deux ans. Nous devons faire comprendre aux camarades qu'une lutte longue et opiniâtre va les attendre et que nous avons besoin qu'ils comprennent bien cela. Nous ne pourrons tolérer à l'avenir de mettre en péril notre organisation. »
"Hippo" comme l'on surnommait désormais Pierre-Victor, dictait quelques notes à l'un de ses proches compagnon d'armes, Augustin Adingono. Il scrutait toujours la carte devant lui, légèrement penché sur la table, l'air pensif.
PIERRE-VICTOR MASSAMBA | « Nous n'aurons pas seulement à affronter le gouvernement semi-colonial et semi-féodal de Botamba, mais nous aurons à affronter les féodaux, la bourgeoisie compradore et leur relais à l'international. Nous aurons face à nous des ennemis déterminés et qui feront tout pour nous écraser. Nous devons solidifier nos positions et bâtir notre organisation afin qu'elle soit indestructible. Qu'est-ce que tu en penses ? »
Tandis qu'il prenait les notes, Augustin Adingono faisait tomber des cendres de sa cigarette qu'il tenait du bout des lèvres sur le papier qui lui servait de support. D'un revers de la main, il balaya les cendres et souffla bruyamment pour ne plus être incommodé. Il relut en silence les notes qu'il venait de prendre.
AUGUSTIN ADINGONO | « Pour le moment, nous ne serions pas capable de pouvoir nous opposer à un simple détachement de la police locale. Nous avons besoin de plus d'armes, d'un meilleur encadrement tant militaire que politico-idéologique. Alors peut-être nous pourrions envisager des actions de grandes envergures. »
PIERRE-VICTOR MASSAMBA | « La question des armes ne se posera que bien plus tard, si tu veux mon avis. Le plus important est de mener une campagne afin de former des cadres qui pourront ensuite retourner dans leurs villages et diffuser la ligne de notre organisation aux plus pauvres. Pour le moment nous sommes trop faible sur le plan politique et hégémonique. »
AUGUSTIN ADINGONO | « Nous ne pourrons pas attendre indéfiniment non plus, comme tu le sais. Il nous faudra être réactif si jamais des événements nous poussent à agir. Il faut continuer à montrer notre présence, mais de manière sporadique et diffuse. »
PIERRE-VICTOR MASSAMBA | « Oui, bien entendu. Je pense qu'il serait utile que nous prenions exemple sur le développement du PRDK-ML au Karmalistan, notamment dans sa manière d'organiser et d'administrer les "zones rouges" qui sont les siennes. Je pense qu'il s'agit d'un document important qu'il nous faudrait traduire et qui devra être lu par l'ensemble des camarades. Bien que la situation ne soit pas la même au Makengo ainsi qu'au Karmalistan, nous avons des choses à apprendre. »
AUGUSTIN ADINGONO | « Il va cependant nous falloir bien plus que le soutien formel des petits paysans et de la classe ouvrière dans notre pays. Il y a des éléments qui sont frustrés dans la bourgeoisie nationale, des intellectuels qui n'aiment pas tellement Botamba et son régime. Nous devons faire en sorte qu'ils viennent vers nous et qu'ils ne se fassent pas ramasser par les illusionnistes du MSCR. »
PIERRE-VICTOR MASSAMBA | « La jeunesse étudiante est acquise à certaines de nos idées. Tout le monde voit très bien la nature réelle et concrète du régime en place dans notre pays. Nous avons une force à disposition et il va falloir que nous nous en servions judicieusement car sa colère sera juste et légitime. Prendre les campagnes mais également prendre des positions dans les appareils idéologiques, comme l'Université. Nous avons quelques sympathisants à l'Université de Ugbo-Mmiri et nous devons utiliser cela à notre avantage. »
AUGUSTIN ADINGONO | « Pour la formation des cadres, c'est bien ça ? »
PIERRE-VICTOR MASSAMBA | « Exactement. Investir l'Université et la transformer en bastion d'agitation et de formation pour des cadres qui retourneront ensuite chez eux pour faire de l'agitation et bâtir les structures de notre nouvelle organisation. La suite ne sera alors qu'une simple formalité. Mais je le répète, cela nous prendra du temps. Il faut faire comprendre aux camarades que nous ne tolérerons aucune forme d'aventurisme. »
AUGUSTIN ADINGONO | « C'est bien plus facile à dire qu'à faire, tu le sais parfaitement ! Nous avons pesté contre l'inaction de la direction de notre Parti et aujourd'hui, nous demandons aux camarades de faire exactement la même chose ! »
PIERRE-VICTOR MASSAMBA | « Non, cela est faux. Nous ne prônons pas l'inaction, nous disons simplement que la lutte que nous entreprenons sera longue et prolongée, qu'elle nécessitera bien plus que quelques coups d'éclats. Cela n'est pas de l'inaction, nous préparons les victoires de demain. »
AUGUSTIN ADINGONO | « Cela va être difficile à faire comprendre aux camarades si tu veux mon avis... »
PIERRE-VICTOR MASSAMBA | « Je leur parlerai et j'expliciterai mon point de vue à la prochaine conférence de notre Parti. En attendant, j'aimerai que tu me sélections une douzaine de camarades que tu considères comme fiable. Je veux qu'ils quittent le pays le plus rapidement possible. »
AUGUSTIN ADINGONO | « Pour aller où ? »
PIERRE-VICTOR MASSAMBA | « Cewell, la capitale des révolutionnaires ! »[/justify]