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Posté : ven. févr. 08, 2019 12:29 pm
par Vladimir Ivanov
Précédemment, du temps du coup d’État islamiste de 2034 :
[spoiler="A relire impérativement, pour comprendre le contexte"]CONTRE-ATTAQUE
A Daharpur, une femme, brune bien-sûr, élégante marquée au front d'un humble tilak/bindi, demande à entrer dans un couloir interdit du siège de la Banque Abkadi. Entrée tenue par deux hommes de corpulences inégales, le très crédule daharo-briton Ambud et l'intimidant daharo-algarbien Nathaniel.
Ambud : Désolé ma petite dame, vous n'avez pas accès à ce secteur.
La femme : Je dois parler à votre patron de toute urgence de vive voix et en privé. C'est très important.
Ambud : Fallait prendre rendez-vous. Alors, cassez-vous.
La femme : Tenez. -elle leur tend un badge-
Ambud : Oh, merci. C'est du vrai ? De l'or ? Et ici, regarde Nath., un rubis ! Ça doit valoir un paquet de tengis !
La femme : Mais...?! Ce n'est pas pour vous !
Ambud : Euh... très bien : si ce n'est pas pour moi, alors qu'est-ce que vous voulez que ça me foute ?
La femme : Il s'agit de mon passe-droit, pour entrer !
Ambud : Mais oui... et moi je suis la reine du Karmalistan ! Mouhahaha ! -rit grassement avec son collègue-
Nathaniel : Passe-moi le badge Ambud, je veux voir le rubis ! Et maintenant barre-toi la mégère !
La femme : Si vous me renvoyez, je m'engage personnellement à vous faire licencier, tous les deux. Appelez-le, vous verrez.
Dans son bureau, l'interphone du bureau du plus riche banquier karmali sonne.
Shaul Khairajul : -se réveille après un quart d'heure de sommeil, les pieds posés sur son bureau- Oui, qu'y a-t-il encore ?
Ambud : Il y a une personne qui souhaiterait vous parler.
Shaul Khairajul : Je suis occupé là. Dites-lui qu'il prenne rendez-vous, comme tout le monde. Pour les micro-crédits vous savez qui il faut emmerder, alors laissez-moi tranquille.
Nathaniel : On dirait que c'est quelqu'un d'important mais je saurai pas dire qui précisément.
Shaul Khairajul : Mais qu'est-ce que vous me chantez ? Il ressemble à quoi ce type ?
Ambud : C'est une femme hindou. Elle est... plutôt jolie, mais vraiment très chian...
Shaul Khairajul : Elle s'est trompée de client. On est pas chez McNeil ici ! -il raccroche et s'apprête à se rendormir, avant que le téléphone ne sonne à nouveau-
Ambud : -la voix hésitante- Euh... désolé patron mais elle insiste. Elle menace de nous envoyer en prison et dit que c'est au sujet de... d'un certain... Temour-kan.
Shaul Khairajul : -ramène à la hâte ses pieds sous le bureau- Pardon ? Qu'est-ce que vous dites ?! Temürkhan ?
...Hum, dites-moi, elle n'aurait pas un badge avec un tigre et un éléphant ?
Ambud : Euh... si, pourquoi ?
Shaul Khairajul : BANDE DE CRÉTINS ! LAISSEZ-LA IMMÉDIATEMENT ENTRER ! VOUS NE SAVEZ PAS A QUI VOUS AVEZ A FAIRE ! MÊME UN SEUL DE SES CHEVEUX VAUT PLUS QUE VOS CERVELLES D'ABRUTIS !
Ambud et Nathaniel pâlissent, puis ouvrent précipitamment la porte afin de laisser passer leur souveraine. Perdant son équilibre sous le choc de la nouvelle, le premier manque même de se viander.
[img]https://i.imgur.com/5EPidMT.jpg[/img]
Mamta : Shaul Khairajul, comme on se retrouve.
[img]https://image.noelshack.com/fichiers/2018/04/4/1516892104-721961shaulkairajul2.jpg[/img]
Shaul Khairajul : Eh bien... votre majesté, en voilà une surprise ! Asseyez-vous, je vous en prie !
-elle reste debout et le fixe d'un regard froid, méprisant et menaçant-
Mamta : D'abord je veux des explications. Ensuite je demande que vous rachetiez votre faute.
Shaul Khairajul : Euh... des explications vous dites ? Une faute ? A propos de... ? -dit-il, plein d'hésitations-
Mamta : Vous êtes un odieux personnage. On m'avait prévenu qu'il ne fallait pas vous faire confiance.
Vous avez magouillé avec le KhAD dans ce coup d’État qui ne dit pas son nom : vous m'avez trahi. Un coup de poignard dans le dos. Et ça vous allez me le payer.
-Très embarrassé, Shaul lance un regard perdu en direction de son bureau, l'air honteux-
Shaul Khairajul : Comprenez-moi, votre Majesté, je suis impuissant à mon tour, pris en otage... ma vie est en danger, ainsi que celle de ma famille et...
Mamta : C'est votre problème. Et vous en aurez un autre, lorsque je dévoilerais au KhAD l'aide que vous fournissez à Temürkhan. -elle jette sur son bureau une fiche détaillant quelques transactions financières et d'armement...-
Shaul Khairajul : COMMENT ?! NON ! Non, par pitié... mais comment vous...
Mamta : Oui, je n'ai pas encore perdu la partie. Et je suis plus informée que vous ne l'imaginez.
Shaul Khairajul : C'est d'accord. C'est d'accord par pitié de me dénoncez pas, je suis prêt à réparer mes fautes. Ce que j'ai fait est impardonnable, mais cela prouve en quelque sorte que je peux justement faire machine arrière. Simplement, pour protéger nos vies, cela demandera un certain temps et plusieurs précautions. Je vous remercie d'ailleurs d'avoir pris la première d'entre-elle, à savoir venir me parler en personne.
Mamta : Si vous me trahissez à nouveau en faveur du KhAD, de Mukhammad Barakzaï ou de je ne sais quel groupe terroriste, je vous assure que vous tomberez avec moi.
Shaul Khairajul : Je vous le promet, cette fois-ci je n'ai pas le choix, je suis à votre service. Laissez-moi juste quelques jours.
-Il explique alors à la reine son stratagème, dont l'action principale consistera tout simplement à acheter le maximum de députés du Majlis. Puis il brouillonne quelque chose sur un papier.-
Shaul Khairajul : GÉRARD ! MOULOUD !
Ambud et Nathaniel se précipitent vers le bureau du patron.
Shaul Khairajul : Vous irez me chercher ceci -il leur tend le papier- au conteneur n°431b du port.
Ambut : Mais patron, vous aviez dit que jamais...
Shaul Khairajul : JE SPEEK BRITONISH PAS ASSEZ GOOD POUR VOUS ? ALLEZ ME CHERCHER CE QUE JE VOUS DEMANDE, IDIOTS !
Les deux compères se rendirent donc avec la clé au conteneur en question...
[img]https://image.noelshack.com/fichiers/2018/04/4/1516892104-676821bodyguards2.png[/img][/spoiler]
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LA DIGNITÉ (1)
Siège de l'agence Abkadi, Daharpur
avril 2038
[img]https://image.noelshack.com/fichiers/2018/25/2/1529434851-shaul-kairajul.jpg[/img]
Un matin tôt, au sommet d'un gratte-ciel de Dahapur, siège social de l'agence Abkadi, se présenta un jeune homme, étudiant chétif, timide et parfait inconnu... Un certain Hashmat, convoqué par l'un des hommes les plus puissants du Karmalistan, dans son bureau principal.
Shaul Kairajul : Bonjour ! Venez ! Asseyez-vous ! ... ah, et euh... fermez donc la porte, s'il vous plaît.
-Hashmat s’exécute avant de s'asseoir, intimidé.-
Shaul Kairajul : Bien ! Je suppose que tu dois faire semblant de te demander : "mais que me veut le premier banquier du pays ? à un simple étudiant comme moi ?" N'est-ce pas ?
Eh bien... entre-nous... je connais ton rôle depuis longtemps. Je sais pour qui tu travailles. Il n'est pas question de te faire du chantage, mais de te prévenir qu'un nouvel ordre te sera transmis depuis... vous savez qui. Lorsque tu auras reçu ce message de confirmation, tu me recontacteras à ce numéro avec ce téléphone.
Ton nouveau job consistera à effacer des dossiers compromettants à mon sujet qui viennent tout juste d'être déposés dans la base de donnée informatique du KhAD. Heureusement, ils n'ont pas encore été traité, et c'est là que tu dois agir le plus vite possible. Je compte donc sur toi pour me rappeler le plus tôt possible. Nous sommes donc d'accord ?
Hashmat : Entendu. J'attendrai la confirmation. -dit-il, la voix basse-
Shaul Kairajul : Excellent. Alors tout devrait se passer sans problème.
Bon... eh bien... une chose de faite. Tes études se déroulent comme il faut ?
Hashmat : Oh, vous savez... c'est difficile avec... -court silence-
Shaul Kairajul : Hum... je comprends. Tu as des amis pour t'épauler ? une copine ? -large sourire-
Hashmat : N... -interrompu par son interlocuteur-
Shaul Kairajul : Ah, c'est vrai... j'oubliais. Ils sont durs quand même là-bas. Mais enfin ce n'est pas du tout le même contexte, vous n'êtes techniquement pas encore un... membre officiel... en raison de votre situation, tu devrais décompresser un peu de temps en temps ! Trouvez des amis, t'amuser un peu quoi ! Du moins après ta dernière mission me concernant, bien-sûr.
Hashmat : Cela ne vient pas d'eux. Disons que... si je crois en ma mission, je ne suis de plus, pas du genre "entreprenant" dans les relations sociales.
-le banquier compris alors sa situation difficile : le jeune étudiant devait supporter le regard des autres avec un visage... marqué d'une large cicatrice accidentelle depuis l'enfance-.
Shaul Kairajul : Hum... je vois. Tu sais bonhomme... Allah récompensera les gens comme toi. Moi, bien habillé, décontracté, à la tête de cet empire financier, je ne suis en fait qu'un vulgaire capitaliste. Mais toi, en tant qu'égal de dignité, l'immense injustice dont tu es victime te rend souverain en toi-même. Ta souffrance sera rachetée, avant ou après ton décès. La mort n'est qu'un passage. Tes sacrifices, ton courage pour une noble cause... tout cela sera récompensé.
Hashmat resta silencieux, souriant, sincèrement heureux d'être encouragé.
Shaul Kairajul : Et puis... j'aurai pu demander ce travail bien particulier à quelqu'un d'autre. Mais on m'a dit beaucoup de bien à ton sujet ! Ils t'admirent et te soutiennent là bas, tu sais !
Ému, Hashmat ne sait que dire.
Shaul Kairajul : Je m'assurerai qu'il ne t'arrive rien, Hashmat. Et tu vas sauver mes miches, je te devrais bien ça ! D'ailleurs si tu veux des gardes du corps... euh... -il hausse la voix-
JEAN-HERBERT, ABDUL-MOULOUD ! -Ambud et Nathaniel s’exécutent en se présentant au jeune homme : leurs corpulences respectives ajoutent au burlesque de la situation-
Shaul Kairajul : Je vous confie la tâche d'assurer une protection permanente à notre ami ici présent !
Hashmat : Euh non, merci, c'est très aimable à vous, et même si j'ai conscience des risques encourus, je vais me débrouiller. Merci encore.
Shaul Kairajul : Hum... très bien alors, dans ce cas. N'hésitez pas à m'appeler en cas de pépin !
à suivre
Posté : sam. févr. 09, 2019 6:33 am
par Vladimir Ivanov
===> lire messages ci-dessus avant !
LA DIGNITÉ (2)
Dans un bureau du KhAD, un commissaire chargé du renseignement à Daharpur, Rahmon Samad, reçoit la visite d'un de ses informateurs.
Rahmon Samad : Avez-vous trouvé le responsable ?
L'informateur : C'est un gamin solitaire, un geek bizarroïde, un étudiant asocial de l'Université de Daharpur. Même ses parents l'ont laissé tombé il y a des années. Toutefois, en tant que responsable de la suppression de nos données sur le plus puissant banquier du pays, c'est un minable... dangereux. On peut l'éliminer dès maintenant. Les préparatifs de l'opération sont déjà en place. On maquillera l’événement en suicide. A en croire son état mental et sa vie passée, tous tomberont dans le panneau.
Il lui donne un dossier. Et après quelques secondes, son supérieur lui répond.
- Non... il pourrait devenir notre meilleure source d'informations à propos de cette secte.
- Le problème c'est qu'il semble déterminé. Il refusera de collaborer, pas même pour tout l'or du monde.
- Ce n'est pas de l'argent qu'il nous faut... à en croire son profil...
- Je viens de comprendre.
- Et n'oubliez pas qu'à défaut de changer son cœur, on le fera parler à son insu. Nous n'avons rien à perdre. Dans le pire des cas, on l'éliminera.
Ironie de l'Histoire, cet idiot idéaliste qui a donné sa vie pour une cause la fera sombrer par sa faute !
à suivre...
Posté : lun. févr. 11, 2019 11:27 am
par Vladimir Ivanov
à lire le rp ci-dessus avant de continuer !
LA DIGNITÉ (3)
[url=https://www.youtube.com/watch?v=TW9d8vYrVFQ]ambiance musicale pour qui le souhaite[/url]
[img]https://i.imgur.com/YX4W8k5.jpg[/img]
Daharpur.
Dans un immeuble délabré, un jeune étudiant tojik travaille seul -comme à son habitude- sur son ordinateur personnel. Son activité n'a aucun rapport avec ce que lui ont imposé ses professeurs, comme à son habitude là aussi. Des fenêtres noires (type "cmd"), des chiffres, des codes html... et deux sites internets biens particuliers, l'un pourvu en page d'accueil [url=https://simpolitique.net/viewtopic.php?p=314844#p314844]d'une tête de markhor[/url]*, l'autre d'une queue de scorpion*.
C'est alors qu'on sonne à la porte. Surpris à en sursauter, il sauvegarde précipitamment son travail et ferme toutes ses fenêtres, en prenant soin de faire un nettoyage rapide de l'historique via un logiciel spécialisé.
[*symboles respectifs des services secrets karmali -KhAD- et de la Confrérie du Nod.]
Les chiffres et les codes software qui le harcelaient à chaque fermeture de paupière, n'avaient nullement affaibli sa méfiance et sa concentration : notre jeune tojik du Dahar prend soin de jeter un œil au judas avant d'ouvrir la porte... prêt à détruire son matériel informatique avec une batte, s'il s'avère que les visiteurs sont en uniformes. Mais le choc de la nouvelle est plus dramatique encore : ses yeux semblent percevoir un être venu d'un autre monde, mystérieux, éblouissant, indescriptible, effrayant. Il était face à un danger d'un nouveau genre, au-delà de ce qu'il imaginait. Pire qu'un échec scolaire, pire qu'une convocation chez le premier des banquiers, et surtout pire qu'une intervention de la police ou des services de sécurité du KhAD...
...une fille de son âge, simple étudiante de sa promotion.
Un bombardement d'interrogations réduisit à néant sa détermination. Sa confiance en lui et en sa mission venait tout-juste de s'envoler... pourquoi est-elle venue ici ? que lui veut-elle ? comment va-t-il gérer son accueil ? va-t-il encore passer pour un débile ? un psychopathe ? Il en tremblait déjà.
Ce jeune étudiant s'appelle Hashmat Termizaï, un tojik (tadjik/iranien) de 23 ans, plutôt grand, et aux longs cheveux très bruns. En troisième année, il étudiait le droit dans une petite classe, à la nouvelle université de Daharpur.
Hashmat n'est pas un karmali comme les autres. Issu d'une famille d'anciens maliks reconvertis dans les affaires, il fait partie de ces enfants privilégiés qui, au Karmalistan, n'existent qu'au Dahar.
Hashmat n'est pas un tojik comme les autres. Il n'est pas musulman, sa carte d'identité indiquant : "autre abrahamique".
Hashmat n'est pas un daharan comme les autres. Il est politisé et secrètement engagé dans une organisation secrète : la Confrérie du Nod.
Hashmat n'est pas un étudiant comme les autres. Il n'a aucun ami à l'université, et ne connaît ni l'alcool, ni le tabac, ni les fêtes ou les galas. S'il se débrouille pour parler aux garçons de son âge, le nombre de mots qu'il a adressé aux individus de sexe opposé d'âge similaire se comptent par dizaines, probablement moins d'une centaine au cours de sa vie entière.
Hashmat n'est pas un homme comme les autres. Solitaire et indiscipliné, écolier médiocre, il souffre d'un trouble de la personnalité responsable de formes légères d'autisme et d'agoraphobie... ou plutôt de phobie scolaire. Froid en apparence, son visage souvent figé (réflexe défensif) dissimule une hypersensibilité. Des "maladies" de riches, incontestablement.
Comble de sa déshonorante situation dans un pays comme celui-ci, Hashmat est défiguré : une marque d'enfance profonde rend son visage difficile à regarder sans qu'une forme -du moins instinctive- de mépris ou de dégoût ne soit exprimé dans la pensée d'autrui. Aussi se laissa-t-il pousser de longs cheveux noirs.
Victime de harcèlements scolaires tout le long de son enfance, sa confiance en lui s'est rapidement effondrée dans presque tous les domaines de la vie quotidienne. A l'origine curieux et travailleur, la souffrance qu'il subissait à l'école était telle qu'il était devenu incapable de se concentrer, ses résultats médiocres ne faisant qu'exacerber le mépris des professeurs l'accusant de paresse et de mauvaise volonté. Pire, ses parents n'ont jamais cessé de le renfoncer, le comparant aux autres écoliers qui réussissaient, lui intimant l'ordre de "se relever" seul, par lui-même. Ce qu'il n'a jamais su faire... : ses parents décidèrent finalement de le renier. Après tout, dans un pays où le taux de fécondité moyen dépassait 5...
Quotidiennement moqué, souvent insulté, parfois frappé, continuellement méprisé et ostracisé. Les mâles idiots, brutaux et sadiques de sa classe, les professeurs lâches et complices, les filles hautaines, méprisantes jusqu'à enfoncer le couteau sous la plaie.
Quand un "camarade" de sa classe le frappait "pour rigoler", les autres ricanaient, les filles en rajoutaient verbalement, tandis que les "intellos" rapportaient aux professeurs des méfaits inventés de toute pièce afin qu'au bout du compte, ce soit la victime qui soit sanctionnée. Hashmat avait beau tenter de se défendrelors d'une agression physique -parfois avec succès-, il n'avait aucune réparti et sa timidité maladive faisait de lui une victime facile. Et au retour à la maison, les parents, carriéristes autoritaires, exprimaient leur honte d'avoir mis au monde un tel raté, un mauvais élève dans tous les sens du terme.
Ce qui l'a sauvé du suicide ? Une passion pratique pour l'informatique, lié à une croyance profonde, un idéal, plus grand que lui, plus grand que ses bourreaux, plus grand que tout. Et cet idéal... n'est autre que le communisme. Une société égalitaire, où tous ont la même dignité, le même respect à devoir envers chacun, quel que soit l'apparence des visages ou les statuts. Un monde de l'un pour tous, tous pour un. Un univers où l'Amour régit des relations humaines toujours horizontales. Des convictions nourris par sa colère, au point de l'intéresser aux expériences sociales des guérillas du Nord-Est du Karmalistan, dont celle qu'il finira par rejoindre, la -pourtant groupusculaire- Confrérie du Nod.
Il en était devenu un frère, à savoir un « disciple apprenti » de la secte. Néanmoins, en tant que daharan inexpérimenté, on le chargea d'un "sale boulot", un travail risqué, et on le renseigna peu des activités du Nod dans la région. Temürkhan, l'homme de l'ombre et protecteur de la Confrérie, connaissait son "dossier", sa vie personnelle, ainsi que ses qualités acquises en informatique. Rationnel, il n'hésita donc pas à octroyer à ce jeune étudiant et malheureux "geek" des missions d'espionnage et de piratage informatique qui mettaient sa vie en péril. En résumé, il n'était qu'un vulgaire pion -sacrifiable- aux yeux de ses maîtres.
Quoiqu'il en soit, Hashmat était volontaire, il avait conscience des risques, prêt à aller jusqu'au bout. Mieux valait mourir pour une cause que de s’ôter la vie par dépression égocentrique. Une détermination sans faille, donc... du moins jusqu'à ce jour particulier.
Avec le peu de courage qui lui reste, il ouvre la porte. Craignant d'être à nouveau persécuté par ce genre d'individu, qui malgré son indescriptible beauté pouvait se montrer cruel (son expérience le prouve), il brûlait déjà quantité de calories pour contrôler sa peur et ses tremblements.
Lorsque la fille se présenta brièvement, elle esquissa un sourire. Le visage d'Hashmat se figea. Son état de stupeur imposa un silence d'au moins une petite dizaine de secondes... avant qu'il ne se reprenne et réponde comme le veut la moindre des politesses.
La jeune fille, effectivement très loin d'être laide, s'appelait Asha, étudiante de sa promotion. Bien-évidemment, elle ne le connaissait pas jusqu'à il y a peu, et trouva le prétexte d'un problème sur son ordinateur portable pour lui quémander une aide technique.
Hashmat déjà heureux de susciter l'intérêt de quelqu'un, s’exécuta. Tous deux assis sur le lit, le pc sur les genoux de notre jeune geek. La présence d'une fille à ses côtés n'était pas loin de lui provoquer un malaise. Pourtant... il était aux anges. Une sensation telle qu'il avait du mal à réparer ce problème pourtant bénin... Alors qu'il s'efforçait de se concentrer sur son objectif, son invitée chercha à faire connaissance... bien-sûr, il ne pu contrôler ses minables bafouillements. Cette étrange situation mêlait à la fois la peur liée au stress, la honte due à sa flagrante timidité, et le bonheur, celui de se rendre utile au service d'une fille qui semblait être gentille avec lui. Événement unique dans sa piteuse vie.
Enfin, malgré une concentration totalement aléatoire, il parvint à remettre sur pieds l'outil de travail de sa camarade. Pour le remercier, celle-ci, accompagné d'un autre sourire, l'embrassa sur la joue. La fille était calme et sereine, contente de retrouver les données de son SSD. Quant à Hashmat ? c'était le plus beau jour de la vie. Une joie indescriptible. Après le bisous, son visage rappelait le drapeau du PRDK-ML. Ce bonheur était tel, que les questions (paranoïaques) qu'il se posait sans cesse depuis une heure, à savoir pourquoi cette fille était si gentille avec lui, disparaissait complètement.
Mais ce n'est pas fini. Telle une source de lumière au bout d'un long et sombre tunnel, sa sublime camarade lui dit avec un grand sourire qu'elle aimerait le voir plus souvent (il avait la fâcheuse habitude de sécher les cours).
Ce n'était plus du bonheur, mais un état d'ataraxie. Hashmat versa une puis deux larmes. Il pleurait de joie et d'émotions. Jamais on avait été si gentil avec lui... qui plus est de la part d'un être aussi intouchable et mystérieux qu'une femme de son âge.
Le minable geek asocial, tant persécuté et méprisé qu'il en culpabilisait, se noyait dans les remerciements. Il combla la jeune fille de mots respectueux.
à suivre
Posté : mer. févr. 13, 2019 8:59 am
par Vladimir Ivanov
Suite et fin.
LA DIGNITÉ (4)
[url=https://www.youtube.com/watch?v=1gl4p7LXQxg&app=desktop]ambiance musicale pour qui veut[/url]
Après quelques rencontres à l'université, Asha se décide à inviter à son tour Hashmat chez elle... un soir.
Hashmat, toujours aussi sensible et timide, était encore rouge, gêné et hésitant. Il était apeuré. Toutefois, peu enclin à rester les bras croisés face à tant de gentillesse, il venait de rédiger un poème qu'il pris soin de lire à la jeune fille une fois seuls, tous les deux, dans la chambre... ce poème faisait un parallèle entre leur histoire, et celle d'un amour impossible... et abordait le thème du sacrifice de soi pour un monde meilleur... lui-même mis en relation avec la beauté de la personne à laquelle ce poème était destiné.
Asha, touchée, se rapproche de lui... l'enlace... puis... sans surprise... cherche à aller plus loin. Mais conformément à la morale de son poème, Hashmat la repousse avec douceur et respect. Par-delà sa timidité, il lui dit les choses franchement, comme s'il poursuivait son envolée lyrique :
- La bonté de ton âme n'a d'égale que la beauté de ton visage... mais je ne peux dépasser le cadre fraternel de notre relation. Il n'en va pas que de mes principes : je ne veux simplement pas te causer d'ennuis.
Bien-évidemment, là encore, incapable d'improvisation en ces moments "critiques", il avait préparé sa réponse à l'avance.
Alors qu'Asha fait mine de ne pas comprendre son message, il ajoute -les yeux scintillants- que sa vie sera trop courte pour elle, puisqu'en danger de mort permanent en raison de son travail bien particulier. Il ajoute qu'il priera pour elle et son bonheur les derniers moments qui lui restera à vivre, en souvenir de ces jours inoubliables ! Avant de partir, il se noie dans les excuses, les larmes aux yeux, ne pouvant lui en dire plus sur les raisons de son départ précipité.
Mais... Asha savait. Ce qui ne fit qu'empirer son état profondément bouleversé... jusqu'à ce que son cœur ne change. La proie venait de retourner le piège de sa prédatrice contre elle-même. Hashmat venait de prouver que son idéal était supérieur à ses instincts égoïstes.
Furieuse, Asha se rend dès le lendemain au commissariat du KhAD qui l'avait recruté. Elle force le passage -en vain- à un commissaire de police de Daharpur. Elle veut parler au chef du renseignement dans ce secteur qui l'avait embauché pour cette mission secrète bien particulière : le fameux Rahmon Samad.
Celui-ci ordonne qu'on la laisse rentrer dans son bureau.
Asha : -elle comprime sa rage pour garder son calme- Vous m'avez menti.
Rahmon Samad : Voyons, qu'est-ce que vous racontez ?
Asha : Vous m'aviez certifié qu'il s'agissait d'un complice de terroriste ! Ce n'est qu'un étudiant isolé et mal dans sa peau ! Vous m'entendez ? Vous m'avez manipulé pour détruire la vie d'un innocent !
Rahmon Samad : Auriez-vous failli à votre mission ? Votre échec pourrait coûter autre chose que votre paye vous savez... dont de nombreuses vies bien plus innocentes que lui à l'avenir, je vous l'assure, très chère...
Asha : Ce garçon est un ange ! Il ne ferait pas de mal à une mouche ! Que voulez-vous de lui ? Qu'a-t-il fait pour mériter votre haine ? Son "travail" est-il si immoral que cela ?
Rahmon Samad : Ce "garçon" n'est pas un être humain. C'est un communiste.
Un illuminé inconscient, qui plus est déplorable cas psychiatrique. Croyez-moi mademoiselle, l'incontestable bonté dont-il aurait pu faire preuve à votre égard, même franche et honnête, dissimule en réalité un bien sombre dessein, non-pas contre vous certes, mais contre notre nation, nos concitoyens, notre démocratie. Ce petit minable n'est qu'un pion bien-sûr, mais les ruisseaux font les grandes rivières. A terme, ce gamin schizoïde représente une menace, potentiellement majeure, parce que derrière lui se cache un nombre important d'agents dormants prêts à donner leur vie pour servir une idéologie criminelle.
Asha quitte précipitamment la pièce, puis l'immeuble... d'abord hésitante, elle prend finalement la décision d'aller prévenir Hashmat.
Mais il est déjà trop tard : Hashmat n'était plus chez lui. Il avait subitement disparu, son matériel informatique avec. Définitivement.
Et plus personne ne le reverrait jamais.
Quelques jours plus tard, le KhAD l'informe qu'Hashmat a sans doute été kidnappé et tué préventivement par le Nod lui-même, qui n'avait pas l'intention de le laisser entre les mains du KhAD.
___________________
Et c'était bien la vérité.
Dans un désert rocheux des monts du Karmal, peu avant son exécution, les bourreaux du Nod, indulgents, le laissèrent rédiger une dernière lettre pour Asha. Une fois scellée, la lettre, remplie de mots d'excuse, de remerciement et d'amour, sera transmise en mains propres à sa malheureuse destinataire.
A genoux dans un lieu secret, les yeux bandés, Hashmat, respecté comme jamais dans sa vie malgré la terrible sentence, reçoit à son tour des remerciements solennels pour ses services rendus à la cause... avant d'être assassiné d'une balle dans la nuque.
Conformément à l'ordre donné, les agents de Temürkhan s'agenouillèrent devant sa dépouille, et humblement prièrent pour l'âme du défunt, lui rendant un sincère hommage.
Il deviendra une icône du [url=https://simpolitique.net/viewtopic.php?f=998&t=14798]Nod[/url], immortelle.
Avant sa suppression par ceux-là même qui l'ont recruté, Hashmat venait tout juste de sauver la principale source de financement de la Confrérie [voir premier message de ce rp].
« Marqué au visage par l'Être Suprême, sa dignité révolutionnaire sauve, et sacrifié pour le Nod,
Hashmat vit dans la mort ! »
[img]https://i.imgur.com/3LQalu6.jpg[/img]
Posté : jeu. mars 28, 2019 3:31 pm
par Vladimir Ivanov
[center][img]https://i.imgur.com/gAIEWSs.png[/img]
[img]https://i.imgur.com/o22vROx.jpg[/img][/center]
Discours de Mamta Shakhan à la réunion d’État qui réunit son éminent conseiller Nazar-Babur, les trois fervânes ainsi que leurs principaux commissaires et représentants.
Comme vous le savez, l'hostilité des élites rajans à mon égard vient de franchir un nouveau cap, avec cette [url=https://simpolitique.net/viewtopic.php?p=349192#p349192]diatribe de Banerjee[/url] contre ma personne, largement relayée dans tout le Raj Dahar, via la une de l'Estuary Times. Puis cet autre déchaînement médiatique sur lequel surfe le général McNeil, lequel n'hésite pas à réclamer ma perte... politique et même personnelle.
Nous nous attendions à une riposte concrète de leur part à la suite de notre nationalisation du fer et de l'acier, et elle a bien eu lieu : profitant de notre audace, celle qui anime nos campagnes contre l'injustice que sèment les survivances féodales, profitant aussi de la crise de Hiérosolyme, où notre soutien à l'allié karsais a suscité des mécontentements du côté des mollahs sunnites tojiks, les hommes d'affaire du Dahar se sont empressés d'offrir leur assistance financière aux groupes islamistes « légaux » les plus virulents. Mais pas uniquement.
Le KhAD lui-même, cette engeance dont je soupçonne l'implication dans l'assassinat de mon père, serait secrètement impliqué dans le soutien armé au bastion de l'Amarat à Pradishar.
Aux côtés des islamistes qui réclament ma tête, le KhAD et les élites daharanes, comme McNeil et cette Banerjee, veulent me voir tomber, tomber dans la boue et salie pour le discrédit nécessaire à ma déchéance.
Les conservateurs religieux misent sur l'appui des mâliks (chefs de village), garants de la féodalité tojike, et disposent de relais jusqu'au sommet du pouvoir avec la Shura des mollahs. L'aristocratie libérale rajan détient les leviers financiers et contrôle le verrou qui permet à notre pays de garder contact avec le reste du Monde. Quant à l'inamovible chef des services de renseignement, Jalaluddin Akhtar Abdur, il est certainement l'un des hommes les plus puissants du pays.
Cette convergence d'intérêt entre ces trois pôles majeurs, auxquels se joint subrepticement la guérilla islamiste-radicale de l'Amarat, représente la pire menace, le plus grand danger pour notre stabilité intérieure et toutes nos avancées sociales.
Je ne vous cache pas que la situation est critique : nous marchons en équilibre sur un vieux pont suspendu à travers un abîme.
Mais nous n'avons guère le choix : il faut rejoindre l'autre rive. Un demi-tour ne serait pas moins dangereux puisqu'il montrait contre nous la majeure partie de la population, à savoir tous ceux qui justement espéraient cette évolution.
Oui, notre politique est profondément audacieuse. Nous menons une lutte frontale contre la féodalité qui continue d'entretenir les injustices sociales, toujours au détriment des plus vulnérables : les paysans, les travailleurs pauvres, les femmes, les minorités religieuses et même les enfants, dont la valeur est déconsidérée par leur surnombre et leur surmortalité.
En récupérant nos moyens de production au profit des institutions publiques, nous nous donnons les moyens pour appliquer les réformes nécessaires, prodiguer les soins les plus élémentaires, octroyer à tous un travail, nouveauté qui exige un minimum de partage. Les travailleurs ont désormais le droit de grève et l'assistance des syndicats, malgré des salaires encore faibles (quoiqu'en nette hausses). Des femmes nous remercient aux quatre coins du pays pour nos efforts en leur faveur, leur permettant de monter associations et entraides pour arracher leur liberté au patriarcat.
Néanmoins, j'ai bien conscience des tragédies à déplorer. Une partie non-négligeable de la communauté tojike se sent lésée dans leur foi et leurs traditions, pourtant oppressives. Quant aux hommes d'affaires et aristocrates rajans, ils interprètent... ou plutôt cherchent à faire passer cette « confiscation » de leur propre pouvoir économique, comme le vol du « peuple » rajan au profit d'une bureaucratie karmale.
Certes, ils ont raison sur un point, et pas des moindres : cette bureaucratie se perpétue « en haut », au moins autant que la féodalité s'éternise « en bas ». Et oui, la corruption propre à cette bureaucratie continue de nous ralentir. Néanmoins, ces maux perdurent depuis des décennies, et il ne sert à rien de la viser de front quand les racines pourries subsistent. Notre but à moyen et long terme consiste alors non-pas seulement à la combattre de front, mais aussi et surtout à la court-circuiter, cela en rétrocédant ce « pouvoir public » aux Karmali. L'objectif final, à travers les services gratuits de soin, d'éducation, et le soutien au développement des comités populaires (syndicats, associations de femmes, les KMK ou « Chumollilar » dans l'armée et la défense civile) consiste ainsi à redonner sa dignité au peuple, en lui offrant les moyens de récupérer le pouvoir qui lui ait dû.
Cette mission sera accomplie avec la plus inflexible des déterminations : quoi qu'en feront nos ennemis, quels qu'en seront leurs menaces.
Ils ont les services de renseignement, la haute-bourgeoisie et aristocratie rajan, les mâliks et les ultra-conservateurs.
Nous avons le peuple. Et c'est déjà amplement suffisant.
Si nous parvenons à rejoindre l'autre rive à la suite de ce dangereux périple, la féodalité sera enfin déchue, le peuple aura franchi une nouvelle étape décisive dans son cheminement vers la Justice, et le Karmalistan redeviendra une grande puissance.
Réagissant aux paroles de leur souveraine, le cercle interne du pouvoir, Sultan-Zareh compris, manifesta avec un froid et sérieux, mais bien réel enthousiasme, son approbation la plus résolue.
Posté : ven. mai 17, 2019 4:06 am
par Vladimir Ivanov
[center][img]https://i.imgur.com/JsaQR8X.jpg[/img]
COMMENTAIRE DE PRESSE (3)
====> [url=https://simpolitique.net/viewtopic.php?f=1292&t=16761&start=120]Article du journal santognais "Sentinelles"[/url][/center]
Un professeur tojike de l'université de Daharpur et spécialiste des langues céruléennes, commente à ses élèves, l'article de presse santognais "Sentinelles".
Voyez comment démasquer les combines et dissimulations qui se glissent dans la presse céruléenne, particulièrement friande de ce genre de procédé.
Cet article paru dans la presse santognaise, dans un journal conservateur, commence sur une note bien légère : l'attaque contre un navire de guerre karmali, comme si elle était la seule agression perpétrée par cet État, ne serait-ce qu'avant que la guerre ne soit déclarée (les frappes aériennes contre son voisin qui furent prouvées, les sabotages au Mahajanubia et en Aminavie...).
Mais là n'est qu'un détail, signe de mauvaise augure pour la suite.
[quote]On préfère créer au préalable des dissensions dans l’armée hachémite avant d’envisager une telle éventualité… et si cela permet de lui subtiliser quatre avions de guerre comme en août 2038 au profit de la flotte karsaise, l’opération est en plus rentable, même si les retombées restent risibles.[/quote]
"Création au préalable", "subtilisation"... d'où le journal sort-il ces informations ? Quelles sont ses sources ? Sauf à considérer les théories complotistes sur les fameuses "machinations étrangères" (déjà le propre des dictatures comme l'Hachémanie en terme de mode accusatoire), comme relevant désormais de la stratégie marketing pour attirer le plus de lecteurs possible, il est en effet peu probable pour un journal aussi sérieux, d'en faire usage.
Il s'agit donc très vraisemblablement d'un parti-pris avec imputations au parfum de diffamation (j'en reste à la seule odeur, puisque s'il s'agit bien de vérité, on en attendra les sources, ou du moins, un minimum d'explications : pour un journaliste ou éditorialiste, c'est la moindre des choses).
Et c'est là qu'on en arrive au vif du sujet. Lisez ce passage :
[quote]Si la Hachémanie a réussi à faire l’unanimité contre elle, c’est aussi par le lobbying forcené auquel s’adonne le Karmalistan pour la désigner à la vindicte internationale, et lui faire porter tous les pires atrocités, dont celle pour le gouvernement d’être chiite alors que la population est majoritairement d’obédience sunnite. Un crime de moralité auquel s’ajoute celui d’ouvrir des casinos et de s’être allié à des pays peu convenables, parmi lesquels les pédérastes amarantins ou les bien-nommés lucifériens d’Algarbe.[/quote]
Selon ce monsieur Cassian Larrieu, auteur santognais de l'article, l'accusation portée contre l'Hachémanie par le Karmalistan, est la suivante : outre les casinos sur les lieux saints et ses alliés politiques, il ne peut s'agir que de la nature chiite d'un gouvernement de pays majoritairement sunnite. Quelle signe d'hystérie et de sensiblerie de la part des sunnites du Karmalistan, que de dénoncer cette injustice administrative !
Plus sérieusement, s'agit-il de malhonnêteté journalistique, ou bien d'incompétence ?
La question se pose en toute franchise.
[url=https://simpolitique.net/viewtopic.php?p=346099#p346099]En ce 27 décembre 2037, le nouveau régime hachémanien (actuellement au pouvoir) de Ben Salmane Khalifa, déclare, je cite : "le chiisme duodécimain comme la religion d'État et impose la conversion religieuse à tous les sujets."[/url]
Cette mesure est dénoncée un peu partout en Ventélie, en [url=https://simpolitique.net/viewtopic.php?f=1055&p=351436#p351436]Janubie[/url], et en [url=https://simpolitique.net/viewtopic.php?p=350737#p350737]Marquézie[/url]. [url=https://simpolitique.net/viewtopic.php?p=348157#p348157]Même le Lébira a été refroidi.[/url]
Malgré cette cacophonie internationale, l'objet même de ce sujet, il semblerait que ce Larrieu ne soit pas au courant.
Ce ne peut être de l'incompétence. On ne peut y songer !
Allons droit au but : qu'elle importance accorder à la "vérité" ? Puisque selon la ligne d'un journal conservateur sous influence catholique (jusqu'au traditionalisme), il leur est égal que des chrétiens (il en existe forcément quelques centaines, ou milliers, dans le pays) soient persécutés pour leur foi, jusqu'à les forcer à abjurer leur religion pour le chiisme. Après tout, aux yeux d'un chrétien céruléen, pourquoi se préoccuper du malheur d'une poignée de chrétiens d'Orient, puisque de toute évidence, ce sont les sunnites majoritaires, adeptes de la même religion de l'horrible Karmalistan, qui en payent le prix fort ? A leur grande satisfaction ?
[quote]Et pour s’en convaincre, il faut rappeler au travers des enquêtes d’opinion qu’aucun karmali n’a une bonne opinion de la Hachémanie. Pas UNE seule personne.[/quote]
On notera ici l'absence de considération à l'égard de [url=https://simpolitique.net/viewtopic.php?p=348867#p348867]l'astérisque du dossier de l'enquête d'opinion publié par notre ministère[/url]. Lequel fait remarquer que les chiffres sont arrondis à 2,49% près. Si cela peut rassurer ce Larrieur, cela signifie qu'il y a potentiellement de 0,01 à 2,49% de karmali qui remercient l'Hachémanie d'avoir [url=https://simpolitique.net/viewtopic.php?f=879&t=16575]massacré 800 des leurs[/url], avant d'avoir non-seulement interdit la pratique de presque toutes les religions de leur pays, mais également la conscience de l'être (c'est ce qu'implique une conversion forcée). Même l'infime minorité de chiites du Karmalistan ne peuvent en être que profondément dégoûtés, en plus de la tuerie de février 2036.
En résumé selon ce M. Larrieu : la révolte généralisée des sunnites hachémaniens et les pilotes qui ont déserté, ne peuvent provenir que d'un vaste complot karmali pour nuire à un pays dont le seul "crime" est d'avoir institué le chiisme au rang de [paisible] "religion d’État" (s'en préoccuper relève donc de l'hystérie orchestrée par les "éleveurs de mouton karmali"). Prendre la peine de préciser qu'il s'agit d'une religion imposée à toute la population, ne fait pas partie du travail d'un journaliste sérieux.
L'éventualité que des centaines de chrétiens locaux soient forcés à abjurer leur religion, par ceux-là même qui ont bombardé des pays étrangers sans justification valable, n'est sujet à aucune forme de préoccupation pour cet éditorialiste "sérieux" d'un des principaux journaux conservateurs chrétiens du pays. Du moment qu'est dénoncée la pieuvre manipulatrice karmale, ses hystéries et ses supercheries.
C'est à se demander si la Santogne n'est pas en train de s'amarantiniser.
Posté : lun. oct. 28, 2019 6:44 am
par Vladimir Ivanov
21 juin 2040
[center]GUERRE ET PAIX : RÉ-ÉDITION 2040[/center]
[center][img]https://i.imgur.com/D1lulMA.jpg[/img][/center]
La nuit tombée le [url=https://simpolitique.net/viewtopic.php?p=358255#p358255]21 juin 2040[/url], au souterrain militaire secret du Palais Darulaman ("demeure de la Paix") à Karagol, à deux centaines de mètres sous les délégations de l'OCC, du Gandhari et du Raja-Tika, dormants paisiblement dans leurs chambres d'hôtes.
Mamta Ismaïla Khan, Shakhan du Karmalistan :
« Mon Dieu quelle erreur ! »
Omar Sultan Zareh, fervâne [équivalent de vizir] aux affaires étrangères :
« Vous pouvez le dire. »
Abu Bakr Safarali , fervâne [équivalent de vizir] à la défense :
« Concrètement, on appelle cet évènement un acte de guerre. Leurs navires n'étaient pas armés. Le seul tort des Karsais fut de soutenir une économie gandharienne au bord du gouffre.
Nous devons réagir. »
Mamta Ismaïla Khan :
« Réagir... »
Abu Bakr Safarali :
« L'OCC doit comprendre la gravité de son acte. Qui plus est le Gandhari est observateur au sein de l'organisation : le blocus dont il est victime est déjà en soi une agression. Je propose la dépêche d'un ultimatum de la LIM à leur endroit. Ils lèvent le blocus, sans quoi la guerre totale est déclarée. »
Mamta Ismaïla Khan :
« Je ne peux me résoudre à une telle issue. La gravité de l'acte n'est décemment pas en adéquation avec les menaces que vous proposez. Cette situation est semblable à celle qu'on a connu lors de la guerre de 2036 contre l'Hachémanie : le Karmalistan avait simplement arraisonné un cargo hachémite qui tentait de forcer notre blocus du détroit du Dar : ce royaume belliqueux en a tiré prétexte pour lancer une agression militaire de grande ampleur. Ne commettons pas la même erreur qu'eux. »
Omar Sultan Zareh :
« Je rejoins la reine sur ce point. Je rappelle qu'en qualité d'observateur, le Gandhari ne fait pas l'objet d'une clause de soutien militaire de la part des autres pays membres de la LIM en cas d'agression (Saog excepté en vertu de leur alliance bilatérale). »
Abu Bakr Safarali :
« Sans aller jusqu'au déclenchement d'une guerre, un ultimatum montrerait notre détermination. Si je veux bien reconnaître une qualité à l'OCC, c'est qu'elle mérite sa réputation concernant sa pondération, voire une certaine forme de sagesse. Elle devrait voir à travers cet ultimatum un signe fort qui l'obligera à plier, l'origine de cette décision relevant davantage du bon sens que de la crainte. »
Mamta Ismaïla Khan :
« Humilier l'OCC n'est pas non-plus une solution raisonnable : les conséquences d'un tel ultimatum, si, par chance, elles n'aboutissent pas à la guerre, ce sont les relations politiques qui, durablement affectées, se détérioreront dangereusement et durablement.
La paix doit restée une priorité. Je tiens également à rappeler le rôle éminemment positif joué par le Kaiyuan et l'Eashatri, deux membres clés de l'Organisation de Coopération, lors de la guerre de 2036 : le premier nous a de facto protégé d'une nouvelle agression par la mer, le second nous a soutenu secrètement. »
Abu Bakr Safarali :
« Vous oubliez l'adhésion de l'entité hachémite, ou encore les menaces d'invasion terrestre provenant du Sengaï en 2036, avec l'appui diplomatique et financier du Lianwa... »
Omar Sultan Zareh :
« Menaces qui furent contrebalancées par le double refus eashe et kaiyuanais. Tandis que l’État hachémite, qui n'était qu'observateur, a été exclu.
J'ajouterai comme élément à charge contre l'idée d'un ultimatum : leur incontestable puissance de feu aéronavale... qui pourrait bien les aveugler après de telles menaces, et finalement conduire à la catastrophe du fait de leur orgueil militaire. »
-Safarali en avait parfaitement conscience. Mais la guerre... c'est ce qu'il recherchait. Cela avant tout pour des raisons de politique intérieure : son objectif était de profiter du chaos international pour envahir le Raj Dahar et y éliminer tous les séparatistes. En dépit de cet échec, Safarali estimait que le temps jouait en sa faveur : il n'insista donc pas et continua d'écouter attentivement les autres solutions. Après tout, l'heure n'était peut-être pas encore venue.-
Mamta Ismaïla Khan :
« Et j'en reviens à l'évènement du jour : pour l'heure, nous n'avons aucune victime à déplorer lors de ces incidents. »
Omar Sultan Zareh :
« Si vous me permettez votre majesté, je pense avoir une solution. »
Mamta Ismaïla Khan :
« Je vous écoute M. Sultan Zareh. »
Omar Sultan Zareh :
« Nous pourrions procéder autrement... que diriez vous de gagner le beurre et l'argent du beurre ? »
-Au cours d'une longue tirade, Sultan Zareh dressa un plan machiavélique consistant ni plus, ni moins, qu'à monter l'OCC contre le Lébira. Un plan juste assez ingénieux pour être crédible... mais si cruel et audacieux... qu'on ne pouvait y déceler que deux hypothèses venant de ce fin diplomate : soit il avait perdu la raison... soit il s'agissait d'un piège politique destiné à abattre la reine, du moins politiquement. Même Safarali avait démasqué la supercherie. Quant à Mamta, la question n'était pas là : reine hindoue d'une nation officiellement islamique, elle devait d'une part, constitutionnellement et obligatoirement composer avec ses fervânes musulmans, tandis que se dressaient face à elle trois dangers majeurs.
D'abord le risque d'une guerre régionale voire mondiale entre son alliance à laquelle elle tenait sincèrement (la LIM) et l'OCC, qu'elle se refusait toujours à considérer comme une ennemie.
Ensuite, celui d'une rupture avec l'allié karsais, aux conséquences tragiques.
Enfin, celui d'une déchéance politique, convoitée par ses innombrables ennemis intérieurs : des islamo-conservateurs aux libéraux rajans en passant par les fanatiques de la gauche islamique.
Sans surprise, elle rejeta son idée : mais en invoquant des prétextes froids et pragmatiques, plutôt qu'idéalistes et moraux, ce qui lui aurait été préjudiciable... du pain béni pour ses adversaires politiques.-
Mamta Ismaïla Khan :
« Soyons francs : le seul État qui a tout à gagner d'une conflagration régionale voire mondiale entre civilisations... est le Raja-Tika. Cet État est devenu par la force des choses, le seul qui ne soit pas abordable pour avancer dans le processus de paix. Il faut contacter toutes les autres parties séparément, et les rassurer sur nos intentions. Celles-ci seront franches et respectueuses : nous condamnons l'attaque des cargos, mais nous insistons sur notre idée d'accord arrangé secret direct entre Gandhari et OCC : retrait militaire avec promesses du premier, et fin du blocus pour la seconde. Il est également indispensable de rassurer le Kars. Le Karmalistan a le devoir de respecter ses engagements envers son alliance, tandis que nous avons pour principe inestimable de ne jamais abandonner nos alliés. Vous savez ce que vous avez à faire, M.Safarali.
Dans l'espoir que la LIM et l'OCC restent en paix. Notre indéfectible et inconditionnel soutien à la première, notre infini respect pour la seconde. »
-temporairement résigné sur ses projets initiaux, Safarali restait enthousiaste quant à la solution adoptée : sincèrement attaché aux intérêts de son pays et ceux de la LIM, il se voyait confier la tâche de rassurer l'allié karsais et réaffirmer les engagements kormali à son égard.-
Abu Bakr Safarali :
« A vos ordres, votre majesté. »
[img]https://i.imgur.com/wa86eHB.png[/img] – [img]https://i.imgur.com/zxGpklp.jpg[/img] – [img]https://i.imgur.com/Ti5voVy.jpg[/img]
La reine pacifiste Mamta, le diplomate opportuniste Sultan-Zareh (islamo-conservateur), et le religieux jusqu'au-boutiste Safarali (socialiste-musulman)
Posté : mar. nov. 12, 2019 2:06 am
par Vladimir Ivanov
[center][img]https://i.imgur.com/xhArM3g.png[/img]
Ruprahad : l'autre visage de [url=https://www.simpolitique.net/viewtopic.php?p=352233#p352233]Daharpur[/url][/center]
[url=https://www.youtube.com/watch?v=zzaxVFc9oIs]ambiance musicale[/url]
C'est probablement le plus grand bidonville de la planète. Agglomérant près de cinq millions de miséreux de toutes origines, il est l'autre Daharpur, celui qui se dissimule à l'ombre de ses hôtels de luxe et gratte-ciels de bureaux. Situé loin des résidences pavillonnaires des classes dites "moyennes" et fortunées, il est la honte de la grande cité, son versant obscur, son anagramme. Enfer terrestre côtoyant le "paradis" consumériste, il est sa redevance, le prix à payer, le sacrifice à consentir pour que se réalise le bonheur des plus chanceux.
A Ruprahad, il n'est pas question d'admettre le "manque" de services élémentaires. L'eau potable, l'électricité, les égouts, les écoles et les hôpitaux ne sont pas "rares". Ils sont absents.
Les conditions de vie proprement dites ne sont pas déplorables. Elles sont abominables. Contre les intempéries : un empilement de quelques taules ondulées. Les déchets font disparaître la surface du sol. L'odeur ne donne plus nausée à personne : on s'y est habitué. Les moustiques et les rats pullulent, se frayant leur chemin sur cet océan d'ordures et récipients ouverts d'eaux usées à peine assainies par les pluies acides. Dépourvu de monnaie, on y survit grâce au troc, au triage et recyclage manuel de détritus, de plastique, d'aluminium, de ferrailles... Au point qu'une énorme usine informelle s'y est développée. L'un ne va pas sans l'autre, la criminalité est le lot quotidien des habitants : petits larcins et rackets, règlements de compte et guerre de gangs, kidnapping et rançons, viols et proxénétisme, trafic de drogue, trafic d'armes, trafic d'organes et d'êtres humains. Beaucoup y laissent la vie.
Mais le crime, spontané ou organisé, ne représente pas, et à juste titre, leur plus grande peur. Ce qui terrifie les marginaux, qui n'ont accès ni à l'hygiène, ni aux soins, c'est bien la maladie. Elle tue plus que le crime, les guerres et les accidents, et davantage ici que partout ailleurs : l'absence de vaccin, de médecin et de soin, la multiplication des vecteurs que sont la puce du rat, l'anophèle, et l'être humain victime d'une promiscuité malsaine qu'impose la surpopulation, expliquent cette tragédie. L'anophèle transmet le paludisme, l'être humain - la tuberculose et le sida, les eaux et l'air impurs - respectivement le choléra et la pneumonie infantile.
Des campagnes de vaccination et de soins gratuits, voire même de relogement, ont été programmé à plusieurs reprises, entre-autres par le pouvoir de Karagol, en vain. Les détournements de fonds et la corruption, le crime organisé, et les procédures administratives liées aux enjeux politiques paralysent toute initiative sérieuse durable.
Les élites du Dahar, membres de la noblesse traditionnelle, mais aussi les hommes d'affaire, chefs d'entreprise, actionnaires, traders et personnalités du show-business, ne sont effectivement pas les plus enthousiastes quant à ces programmes sociaux. Et c'est le moins qu'on puisse dire. On peut donner à cette attitude, deux explications majeures. La première raison invoquée, purement philosophique, se résume à la théorie libérale de la responsabilité personnelle. Les malheureux sont seuls coupables de leur propre situation ; et ils ne doivent compter que sur le propre force, ne trouver leur salut qu'en eux-mêmes.
Sans surprise, cette façon de pensée n'est qu'un prétexte. La véritable cause, touche d'abord, comme toujours, à leurs intérêts.
Ruprahad, son existence et sa persistance, permet aux plus fortunés de faire tendre à la baisse la rémunération moyenne des "moins malchanceux", leurs employés et ouvriers, n'ayant d'autres alternatives que de consentir à un travail pénible pour un salaire dérisoire, ce qu'il n'est plus relativement à une déchéance absolue, celle de se retrouver dans cet enfer. Un moyen qui plus est de mettre en valeur la fortune qu'ils possèdent, cela grâce au contraste des niveaux et conditions de vie. Rien est plus satisfaisant en effet que de jouir des biens que l'on possède lorsque ceux-ci sont réputés rares et enviés, donc précieux. De même quel plus beau cadeau que de se savoir le gagnant, supérieur à de potentiels rivaux !
Même si elles entravent tous les programmes sociaux « radicaux » pour résoudre le problème lui-même, à sa racine et sur long terme, les élites du Dahar n'en restent pas moins insensibles : elles peuvent se permettre de s'intéresser aux conséquences, aux symptômes, dans le but de les soulager.
« En bons chrétiens », « en bons philanthropes », les élites se manifestent par de nombreuses actions « humanitaires », de charité, telles que des collectes de « dons pour les pauvres » via l'organisation de galas de charité (ce qu'ils savent faire de mieux) ou par des soutiens à des missions religieuses, chrétiennes notamment (ils sont nombreux au Dahar), pour soulager au compte-goutte les quelques miséreux qui pourront soulager la conscience de ces dispensateurs de charité « par amour de Dieu ».
En attendant, à Ruprahad, dépourvue de confiance en elle par l'hindouisme qui la catégorise « intouchable » (les « dalits »), anesthésiée par l'islam ou le christianisme qui prétendent que seuls les « petits efforts personnels » la sauveront, la population des marginaux, victime de son désespoir, n'a jamais pris goût à la politique. Elle est tombée dans un tel degré d'avilissement, qu'elle s'identifie aux rats mêmes qui la harcèle au quotidien.
[center][img]https://i.imgur.com/Jf7IP2a.png[/img][/center]
Contrairement à la « [url=https://www.simpolitique.net/viewtopic.php?p=358799#p358799]Ligue Internationale[/url] » et son organisation étudiante qui vise les jeunes des quartiers aisés ou semi-aisés, c'est dans ce sinistre milieu que le Nod a décidé d'investir sur long terme.
Jésus Lui-même n'a converti que 25% de ses fréquentations tout au long de ses 33 ans "d'existence". A Ruprahad, les chances pour l'organisation de parvenir à convaincre ne serait-ce qu'une petite partie de sa population sont minces. Ici, la raison, le bon sens, et même les sentiments et la passion sont altérés par les perpétuelles luttes intestines et les nécessités égoïstes de la survie. La mission sera probablement un échec, et elle le sait.
Mais contrairement à tous ceux qui s'y étaient efforcés avant elle, la Confrérie dispose d'un atout inestimable : son but. L'objectif du Nod ne consiste pas seulement à les « convaincre », et encore moins à les sortir de leur misère (il en est de toute façon bien incapable).
La raison est froide et patiente... mais elle a pour elle son authenticité. Au-delà des passions, de l'hypocrisie et du sentimentalisme, l'opprimé est d'abord et avant-tout un outil. Mieux : il est une arme. Une arme potentiellement redoutable. Et l'organisation compte bien en faire usage dans un but qui, bien qu'elle en fasse partie, dépasse de loin la seule « lutte anti-capitaliste ».
On conclura sur ces paroles attribuées au mythique fondateur de la Confrérie du Nod du nom de Qobyl (Kirov / Kane / Caïn) :
[quote]« La misère est comme la souffrance. Une amie dont l'insupportable laideur dissimule un merveilleux mystère. Une amie qui vous appelle à l'aide, dans l'espoir que la personne par-laquelle elle se manifeste soit sauvée du danger qui la guette. Une amie bienveillante rappelant à l'Humanité sa mission ici-bas. »[/quote]
[img]https://i.imgur.com/Hq7fxE5.png[/img]
Posté : sam. nov. 30, 2019 5:01 am
par Vladimir Ivanov
[center]Statut de la femme AVANT 2037[/center]
[center][img]https://i.imgur.com/HULCFUz.png[/img]
Statut de la femme parmi les veloyati en 2036 et avant[/center]
En tant que nation islamique, traditionaliste voire encore largement féodale et meurtrie par la grande pauvreté, le Karmalistan est un pays fondamentalement patriarcal et misogyne. La femme est cantonnée à son rôle de mère : celui de s'occuper des enfants et d'obéir au père, au frère ou au mari.
Cependant, ce dimorphisme social varie considérablement selon les écoles musulmanes et les cultures propres aux différentes ethnies.
Les régions iraniennes tojikes (tadjikes), au Centre-Sud et à l'extrême-Ouest, sont les plus traditionalistes et conservatrices. Bien que minoritaire et concurrencé par l'école naqshband - nettement moins réactionnaire, la très rigide école déobandi y est plus répandu qu'ailleurs. A l'inverse, les Turciques chaïbano-qarloukes (ouzbèkes et kirghizes), au Nord et à l'Est, subissent l'influence de trois forces plus ou moins liées : leurs lointaines origines nomades, par contrecoups leur proximité historico-culturelle avec les Syirs, ainsi que la pénétration des idées socialistes voire communistes. La femme reste reléguée à des positions inférieures dans de nombreux aspects de la société, surtout décisionnel et militaire, mais elle est bénéficie d'une plus grande liberté, tandis que son influence, son pouvoir "indirect", ou de "conseillère", est consensuellement accepté par la société. Cela bien qu'à leur tour, les régions qarloukes connaissent un large éventail de conceptions et d'exercice en ce qui concerne le droit des femmes, qui varie beaucoup d'une localité à l'autre.
Chez les Tojiks, une région fait exception : la province d'Ortosundagol (Tarobaïn), au Centre-Sud, carrefour ciskormalien entre l'ultra-bourgeois Dahar, l'ultra-féodal Pradishar, et le reste du pays. Bénéficiant d'un plus haut niveau de développement, haut-lieu de savoir scientifique et culturel, avec des reliquats d'héritage antique [url=https://www.simpolitique.net/viewtopic.php?p=319714#p319714]amazone[/url] et [url=https://www.simpolitique.net/viewtopic.php?p=320536#p320536]gréco-bouddhiste[/url], la femme, quoique musulmane, y jouit d'une exceptionnelle liberté, allant jusqu'à se passer du foulard religieux.
Au Dahar, l'islam et l'hindouisme joignent leurs forces pour rappeler à la femme son rôle de "protégée", soumise aux exigences vestimentaire, d'humilité et d'obéissance.
Cette brève synthèse de la situation initiale au Karmalistan demeure d'actualité quelles que soient les réformes en cours : on n'émancipe pas la moitié du ciel en quelques mois ou années.
La région des Syirs au Nord-Est est un cas à part, en raison de ses particularités historiques, ethno-culturelles et confessionnelles : celles-ci ont toujours joué un rôle majeur dans la vie courante et politique, y compris à tous les échelons décisionnels, au point qu'on a pu parler d'un "matriarcat syir", même si l'expression est impropre, dans la mesure où les hommes ne sont pas pourtant "relégués" à des "seconds rôles". Cet "égalitarisme médiéval" (remontant au Haut-Moyen-Âge), est relativement proche du modèle thorvalien dans la mesure où il comporte des similitudes liées à leurs "sur-"représentation (~40-50%), dans les organes de commandement tribaux, d'assemblées locales, politiques (guérilla du Syirkhanat), etc... similitude qu'on retrouve également dans l'importance toute-matriarcale, à la fois concrète et active non-pas seulement accordée mais aussi [url=https://simpolitique.net/viewtopic.php?p=342271#p342271]exercée par les mères[/url]. Mais il s'en distingue toutefois par sa caractéristique nomade ou semi-nomade. En effet les peuples vulnérables, menacés constamment d'extermination, doivent être capable de mobiliser au combat les jeunes filles, les épouses et même les mères. Leur apprentissage des arts martiaux et militaires est le socle de leur puissance dans la société syire depuis plus d'un millénaire (quoiqu'on retrouve aussi bien ces femmes-guerrières dans le célèbre pays norrois).
Posté : sam. nov. 30, 2019 5:01 am
par Vladimir Ivanov
Lire précédent message pour la situation initiale.
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[center]Statut de la femme sous le règne de Mamta Ismaïla Shakhan[/center]
[center][img]https://i.imgur.com/A6W99ZQ.png[/img]
Statut de la femme parmi les veloyati VERS 2040 et tendance ultérieure[/center]
Le règne de Mamta Shakhan a représenté un véritable tournant en faveur de la libération de la femme au Karmalistan.
Bien-sûr, le paragraphe précédent, bref rappel de la situation initiale, reste d'actualité : le Karmalistan demeure incontestablement un pays patriarcal et misogyne à bien des égards. Néanmoins, il convient d'observer de très sensibles évolutions.
Le recul de l'Amarat en Ala-Tau, la trêve bienveillante signée avec les guérillas marxistes et les diverses campagnes gouvernementales en faveur de l'instruction universelle, ont toute contribué à l'amélioration des conditions de vie des femmes et leurs considérations dans la société.
Les avancées législatives et donc juridiques, telles que [url=https://www.simpolitique.net/viewtopic.php?p=347084#p347084]l'égalité politique[/url] en janvier 2038, puis [url=https://www.simpolitique.net/viewtopic.php?p=348933#p348933]la campagne gouvernementale de lutte contre la polygamie et les mariages forcés[/url] en août 2038, se sont accompagnées d'un essor prodigieux des associations de femmes, encouragées, protégées et soutenues par Mamta Shakhan et ses appuis socialistes. Une politique reposant elle-même sur le gage de légitimité que représente le socialisme-islamique aux yeux de la Shura des Mollahs, gardien de la constitution islamique, elle-même basée sur la jurisprudence tirée de l'interprétation de la Sharia et hadiths du Prophète.
Après tout, l'ascétisme traditionnel reste plus que jamais en vigueur (exigences vestimentaires et pudeur comportementale), tandis que l'avortement est toujours rigoureusement interdit. Le féminisme "mamtaïste" se distingue du féminisme occidental moins par les limites qu'il s'imposerait, que par une conception différente de l'égalité, adaptée au contexte national et à la religion (après tout, l'ascétisme vestimentaire et comportemental restreint tout-aussi bien les hommes que les femmes, même remarque avec l'adultère : pourquoi l'homme qui trompe son épouse devrait-il être moins sanctionné que la femme lorsque la faute est inversée ?).
Pourtant, Mamta elle-même souhaiterait aller plus loin, comme instituer une forme de parité en politique (ne serait-ce qu'au tiers), faciliter les procédures de divorce, réduire les sanctions pour les fautes "vénielles" de mœurs, ou bien sanctionner aussi bien le jeune père en cas d'avortement clandestin, ainsi que l'amant en cas d'adultère (plutôt que se limiter à punir la femme "fautive"). "Pis", dans sa vision de la société, les relations homosexuelles ne la dégoûtent aucunement : elle espère aboutir, du moins sur long terme, à une dépénalisation en la matière. Un crime impardonnable pour le musulman conservateur... mais elle n'est plus à ça près. Princesse hindouiste et jadis comédienne (théâtre), ses multiples tenues ou comportements "légers" propre à sa vie d'actrice passée, la font de toute façon passer pour une dévergondée, voire une débauchée aux yeux du clergé islamo-conservateur.
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[spoiler="censure"][img]https://i.imgur.com/sEwpPhl.png[/img] - [img]https://i.imgur.com/ywgkWkC.png[/img] - [img]https://i.imgur.com/a2LM7yQ.png[/img][/spoiler]
La princesse Mamta Ismaïla, lors d'une représentation théâtrale remontant à 2033, et une pose photographique au centre. Une atteinte à la pudeur parmi d'autres, qui lui sont reprochées encore aujourd'hui par la Shura des Mollahs. Une vie passée source de nombreuses moqueries ou mépris de la part des conservateurs. Le théâtre est d'ailleurs rigoureusement interdit par les déobandis karmalis.
La troisième photo à droite, où on la voit armée, est parfois ressortie par ses partisans, non-sans autodérision, mais toujours en signe de soutien dans sa lutte contre la misogynie. Toutefois, et heureusement pour elle, Mamta Shakhan, sans renier son passé artistique (malgré quelques regrets), s'efforce aujourd'hui à un peu plus de pudeur dans son rôle de souveraine, tandis qu'elle s'est promise sous la pression de ses conseillers socialistes-musulmans, de préserver son pays de l'individualisme.
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Concrètement, sur le terrain, "l'activisme" des associations de femmes ont permis de rendre justice sur plusieurs affaires de femmes battues et viols. Déjà de nombreux maris violents ont été incarcéré (même si les peines sont encore généralement courtes), tandis qu'une centaine de violeurs ont été condamnés à mort et exécutés au Nord du pays par la justice islamique depuis le début de l'année 2040, grâce à leur mobilisation (le viol est officiellement puni de mort au Karmalistan). A l'inverse, la peine de femmes condamnées d'adultère ont pu être commué. Sur d'innombrables affaires de la vie courante jusqu'au judiciaire, des associations locales de femmes luttent pour la défense des intérêts des jeunes filles, des épouses, des mères. Enfin, la militarisation des femmes est aussi une conséquence de leur pression : les volontaires du "sexe faible" se multiplient dans les rangs des Chumollilar, les milices populaires constituées par le socialiste-musulman Abu Bakr Safarali.
En toute logique c'est le Nord qarlouk, davantage sécularisé et moins conservateur, qui lui est donc le plus favorable. Là bas, le "mamtaïsme" (le nouveau féminisme karmal), est soutenu par la population... du moins une grande partie des hommes assistent-ils passivement, avec une certaine tolérance, à la mobilisation croissante des femmes, dans leur émancipation contre la misogynie ambiante.
Au Sud au contraire, et dans l'Ala-Tau au Nord-Ouest, la résistance religieuse se fait déjà plus sentir. Même à l'école de Naqshband, moins patriarcale que celle de Déoband, on voit d'un mauvais œil cette déferlante féministe. La répression s'exerce alors un peu partout : de la shura locale sur telle association féministe, du malik (chef de village et/ou grand propriétaire terrien) sur les paysannes, du père sur la fille, et, s'ils sont jeunes, du mari sur son épouse (dans les couples âgés, l'épouse est généralement toute aussi conservatrice que son conjoint chez les Tojiks). Enfin, de nombreuses manifestations éclatent à l'initiative des imams les plus réactionnaires, en particulier en Ciskormalie et au Dahar, où la reine est le plus contesté. Néanmoins le "mamtaïsme" y a gagné de nombreux adeptes, actifs ou silencieux. Les graines sont semées, Mamta espère qu'elles germeront avec les racines les plus profondes possibles.
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"Samira Meskina", de Souad Mazdaïa, chanteuse populaire karmale tojike et arabophone.
Cette chanson en arabe dénonce à sa manière le patriarcat, et plus particulièrement la violence morale exercée par certains frères envers leurs sœurs au Karmalistan, en particulier dans la très conservatrice Ciskormalie tojike. Le ton triste et fataliste est révélateur des mentalités d'un pays encore marqué par la misère, la guerre et les injustices de toutes sortes. [/center]