[justify][center][img]https://i.imgur.com/QqBwGBR.png[/img] 17 mai 2040
Deux députés « dégagistes » tentent d’incendier le Parlement
[img]https://i.imgur.com/yduIEdp.png[/img]
Les députés dégagistes Cédric Reverdin et Ariane Pierrat[/center]
Il voulait appliquer à la lettre la célèbre injonction de leur chef de file. En janvier 2039, Adam Moysset déclarait en effet : « [url=https://simpolitique.net/viewtopic.php?p=350628#p35062]Si nous entrons au Parlement, c’est pour y mettre le feu ![/url] ». Une phrase choc pour entrer en campagne que certains électeurs avaient vu comme une promesse électorale bien réelle. C’est dans cette optique que Cédric Reverdin et Ariane Pierrat, deux députés élus sur la liste des Dégagistes se sont introduits dans l’hémicycle du Parlement avec de l’huile à fondue et des allumettes. Echappant aux contrôles de par leur statut de parlementaires, les deux dégagistes ont cependant échoué dans leur tentative, l’alarme anti-incendie les a rapidement mis en échec. Toutefois, un siège appartenant à un député de la majorité a eu le temps de brûler en grande partie et d’endommager les voisins. Facilement appréhendés par la sécurité du Parlement, les deux députés sont depuis en garde à vue et peuvent s’attarder à de très lourdes conséquences pénales, ainsi qu’à une inéligibilité. La responsabilité de tout le groupe pourra d’ailleurs être engagée, le procureur a d’ores et déjà requis contre Adam Moysset des faits de « complicité » par son appel de janvier dernier.
Adversaires de la démocratie représentativité, les Dégagistes prônent l’instauration d’une démocratie directe en Santogne, et l’abolition de nombreux impôts. Hétéroclite, le mouvement rassemble aussi bien des anarchistes de gauche que des libertariens reconnaissables sur PiouPiou par des mèmes anime en guise de photos de profil. Opportunément unis dans la volonté de « faire chier » selon le bon mot d’Adam Moysset, les Dégagistes sont dans le viseur du gouvernement qui a annoncé « réfléchir à des solutions » pour les encadrer. Après cet événement hors du commun, la Ligue du Renouveau a pour sa part plaidé pour une inscription de la liste comme organisation terroriste, à l’image de l’initiative de l’Ennis contre le parti communiste. Cette proposition n’a toutefois pas le soutien du gouvernement, qui préfère étudier les voies de droit existantes.
[justify][center][img]https://i.imgur.com/oYuVMvi.png[/img] 21 mai 2040
La Santogne réduit à peau de chagrin le « principe de précaution »[/center]
C’est quelque part un gage offert aux industries après la réforme de l’impôt sur les sociétés. Après d’intenses débats parlementaires, le gouvernement a épuré le bloc constitutionnel d’un certain nombre de textes sacralisant le principe de précaution, principe philosophique qui invite le législateur à appliquer des mesures pour prévenir des risques lorsque la science et les connaissances techniques ne sont pas à même de fournir des certitudes. Au-delà de sa simple valeur philosophique, le principe de précaution a donc une valeur constitutionnelle sur laquelle la Cour Suprême s’appuie régulièrement pour freiner des quatre fers des politiques qu’elle juge trop risquées ou censurer des textes trop permissifs. Généralement, ce principe prévaut pour l’environnement ou la santé, mais il s’applique également à des débats de société. Ainsi, en 2020, la Cour - qui penchait alors du côté conservateur - a-t-elle refusé au gouvernement social-démocrate l’instauration d’une union civile pour les couples homosexuels au nom de ce même principe de précaution, motivant sa décision par l’impératif de « prémunir la société santognaise d’un choc civilisationnel irrémédiable », ce qui avait à l’époque suscité un immense tollé. Le gouvernement Teysseire a, quant à lui, réduit ce champ d’application du principe de précaution, lui préférant un principe d’innovation beaucoup plus compatible avec les intérêts économiques des entreprises. Officiellement pour « accélérer le processus législatif », le gouvernement n’aura plus besoin de prendre en compte l’avis de conseils d’éthique, tandis que la réglementation environnementale a été largement assouplie.
Les juges de la Cour Suprême se voient ainsi dépossédé d’un levier de contrôle important mais surtout, cette initiative interroge les motivations du gouvernement, qui veut de plus en plus manifestement avoir les mains libres pour agir ou plutôt « réformer » selon la novlangue de l’Action à point nommé Réformiste. D’aucuns qui voyaient Inès Teysseire comme une femme attachée au droit, découvrent plutôt une cheffe de gouvernement bornée, autiste, complètement sourde au consensus. L’Eglise catholique, qui [url=https://simpolitique.net/viewtopic.php?p=342459#p342459]nomme l’un des 4 juges amovibles de la Cour Suprême[/url], se sent ciblée par cette réforme. Et pour en comprendre les raisons, il faut prendre des gants et aller du côté des mouvances traditionalistes : « Le gouvernement et sa majorité parlementaires sont infiltrés par des franc-maçons, qui veulent subsister à notre Eglise la foi dans la pédérastie et la décadence. La levée du principe de précaution est pour eux une étape essentielle vers le transhumanisme jernlander, à la généralisation des infanticides et à la mise à mort de nos aînés inaptes aux cadences folles du productivisme. » peut-on lire sur le site Internet de la Fraternité du Christ-Roi. Cette réforme, en effet, s’inscrit dans un contexte de développement des très controversées puces sous-cutanées LITEN au Jernland. Sans assumer prendre la même voie que son allié nordique, la Santogne semble en tout cas en préparer le terrain. Le gouvernement reste sourd aux critiques, arguant que « la Santogne doit devenir le phare du monde et une terre d’innovation et rejeter les archaïsmes et le vieux monde qui l’ont enlisée dans la corruption et l’infamie » selon les mots du Vice-Premier ministre Husain el-Kaleel Rouvier.
[img]https://i.imgur.com/NSqlbkO.png[/img] | La société Carnatio, grand nom santognais de la viande, quitte à son tour le pays
[justify]L’hémorragie continue pour l’économie santognaise, après l’adoption de la réforme de l’impôt sur les sociétés. Carnatio, l’un des principaux acteurs de la viande dans le pays, a annoncé qu’il cesserait ses activités d’ici la fin de l’année, mettant sur le carreau près de 3000 salariés. Cette fois-ci, le gouvernement Teysseire tente de réagir en étudiant la possibilité de la nationalisation du grossiste, en attendant la très incertaine reprise par des investisseurs privés. Le groupe Carnatio est bien connu de la mouvance végane, qui en avait fait sa cible privilégiée, au point d’obliger l’entreprise à installer des caméras dans ses abattoirs. Excédé par ces violences politiques venant d’en bas comme d’en haut, ce fleuron industriel a donc mis les voiles, contraignant ses propres salariés au chômage technique mais aussi laissant dans l’expectative tous ses clients et sous-traitants.[/justify]
[img]https://i.imgur.com/UGBQJab.png[/img] | « Paradigme », un mot que les étudiants doivent proscrire
[justify]Marie-Pierre Barrande est chercheuse en sciences de l’éducation à l’Université d’Oradour-sur-Méguès et a mené une expérimentation en double aveugle dans laquelle elle a soumis à des enseignants-chercheurs des copies d’examens d’étudiants rangées dans deux catégories. Dans la première, les étudiants présentent un « paradigme » ou un « changement de paradigme » dans leur dissertation. Dans la seconde, le terme n’apparaît nulle part. Les résultats attestent que toutes choses étant égales par ailleurs, les copies qui évoquent le mot « paradigme » ont des résultats en moyenne 20 % inférieurs à ceux qui le proscrivent. « Je ne supporte plus que les étudiants utilisent ce mot de « paradigme » pour décrire un simple changement de contexte, de conjoncture, de manière de penser… Dans neuf cas sur dix, ce mot est mal utilisé, l’étudiant veut se montrer savant avec son joli mot, alors qu’il n’apparaît que pédant. J’ai fait le choix de les dévaluer dans ma notation car vous savez ce qu’on dit, la confiture… » assume si bien un enseignant-chercheur qu’il refuse de sortir de l’anonymat. Etudiants, étudiantes, vous voici avisés : pour avoir de meilleures notes… changez de paradigme.[/justify]
[justify][center][img]https://i.imgur.com/rVlXSZ1.png[/img] 3 juin 2040
Roseline Delpuech élue présidente de la République de Santogne
[img]https://i.imgur.com/7VVDFnj.png[/img]
Sans surprise, l’ancienne Première ministre a bénéficié d’un accord de couloir pour gagner le scrutin[/center]
Il n’y avait aucun suspense et l’élection était sans réel enjeu : Roseline Delpuech, Première ministre entre 2035 et 2039, a été élue par un collège de grands électeurs – comprenant députés et conseillers provinciaux - à la tête du pays pour un mandat de six ans non renouvelable. À 65 ans, elle devient ainsi la deuxième femme présidente dans l’histoire de la Santogne, après Elise Casaux entre 1998 et 2004. Ancienne chef de file de la Ligue du Renouveau, son élection n’a guère suscité les foules et ce sont par des applaudissements polis que le collège a salué sa victoire, fruit d’une tambouille politique. La majorité d’Inès Teysseire, qui n’a pas présenté de candidat, s’est en effet rallié à la candidature de Roseline Delpuech en échange de bons procédés. L’actuelle Première ministre, échaudée par le camouflet qu’elle a reçu de la part du président sortant, Barnabé Darrieussecq, qui a refusé de convoquer des élections anticipées à la suite de fraudes avérées au scrutin d’octobre 2039, a ainsi monnayé son soutien contre un certain nombre d’avantages. Pour le gouvernement, il s’agit d’avoir un président qui ne rechignera pas à donner son contreseing pour le [url=https://simpolitique.net/viewtopic.php?p=357511#p357511]déclenchement du nouveau dispositif constitutionnel[/url], accordant au Gouvernement des pouvoirs étendus, en matière de police notamment, pendant trente jours. Au terme de ces trente jours, le Parlement devra voter – cette fois-ci à la majorité qualifiée – la confiance du Gouvernement, faute de quoi des élections parlementaires seront organisées. Un garde-fou nécessaire à l’étendue de ces « pouvoirs exceptionnels », sur laquelle la réforme reste peu loquace et la Cour Suprême bien impuissante.
Si l’ancien président avait refusé de convoquer des élections anticipées pour ne pas donner une majorité absolue à un seul et même parti, Roseline Delpuech semble s’affranchir de ces considérations d’éthique politique, sa [url=https://simpolitique.net/viewtopic.php?p=344584#p344584]vie politique[/url] n’est qu’une succession d’opportunismes et d’accords bien ficelés. C’est de toute façon sous sa direction qu’a été validée la coalition avec l’Alliance pour le pouvoir populaire, pourtant – en théorie – à son opposé sur l’échiquier politique. Mais Inès Teysseire n’est pas la seule à qui la nouvelle présidente Delpuech a fait des promesses puisqu’elle dût solliciter le soutien de son ancien partenaire de coalition, l’Alliance du pouvoir populaire, qui bien exclu de toute représentation parlementaire après son fiasco d’octobre, garde un réseau de conseillers provinciaux bien implanté qui ont pu faire basculer la balance en sa faveur. Les pouvoirs du président de la République de Santogne sont peu nombreux mais assez importants. En nommant le Premier ministre, il est le faiseur de roi. Il peut également gracier n’importe quelle personne condamnée par la justice – un héritage de l’ancien royaume de Santogne – et il nomme par ailleurs un des quatre juges amovibles de la Cour Suprême. Il ne peut être destitué que par une pétition réunissant au moins 10 % du corps électoral et un vote à la majorité simple au Parlement. Le président fait le plus souvent office de vieux sage que l’on récompense pour son dévouement pour la patrie santognaise au terme d’une longue carrière politique. Ce qui semble bien en phase avec les aspirations de la nouvelle présidentielle, qui bénéficiera d’une confortable retraite pour ses vieux jours.
[justify][center][img]https://i.imgur.com/iB4oEW7.png[/img] 6 juin 2040
« Même crevé, il continue à nous nuire » :
des internautes victimes de virus après avoir recherché le nom de Luciano Vesperto[/center]
[vidéo décapitation vesperto], [vesperto pas mort], [assassinat vesperto revendication]… Les moteurs de recherche ont répondu à la demande insistante d’internautes curieux après l’[url=https://simpolitique.net/viewtopic.php?p=357949#p357949]attaque contre le convoi[/url] du président du Conseil lébirien, Luciano Vesperto, perpétrée le 1er juin dernier et rapidement [url=https://simpolitique.net/viewtopic.php?p=357950#p357950]revendiquée[/url] par des vétérans de la Guerre d’Aminavie excédés par les déclarations de l’homme fort de la première puissance économique mondiale. Cinq jours après, les zones d’ombre sont nombreuses et théories et fake news ont envahi les réseaux sociaux. Ici, on raconte que Luciano Vesperto a été décapité par des terroristes portant un masque de rapace tel la déesse Isis dont la victime vouait un culte. D’autres y voient la preuve que le président, qui a marqué l’histoire de son pays comme celle de l’Algarbe, s’est littéralement brûlé en approchant de trop près du soleil. On recèle un grand nombre de vidéos censées représenter l’assassinat : toutes sont fausses, la scène n’a pas été filmée et les sites qui relaient ces vidéos sont peu fiables. Francis, la soixante passée, est tombé dans le piège : sa curiosité l’a amené sur l’un de ces sites, qui lui a fait ouvrir une dizaine de pop-ups chargés de virus et de publicités pédopornographiques en provenance d’Amarantie ainsi que des promotions sur des crèmes permettant d’agrandir son pénis de dix centimètres en quelques semaines d’applications. Si son ordinateur est maintenant hors d’usage, Francis reste philosophe : « J’ai quand même eu le temps de noter le nom du site qui fournit cette crème… » confesse-t-il.
D’autres en revanche ont perdu plus que leur ordinateur et se sont vu débiter à leur insu des sommes d'argent plus ou moins importantes par le visionnage de ces vidéos. « Même crevé, il continue à nous nuire ! » peste Rigaut, qui ne gardait pas l’ancien président lébirien en odeur de sainteté. C’est que l’homme qui a été assassiné il y a cinq jours comptait de nombreux ennemis, en interne comme à l’étranger et ceux qui peuvent se targuer d’une amitié et d’une alliance indéfectible avec la Ligue sont aujourd’hui rares. Vesperto a essuyé un certain nombre d’échecs à la tête du pays. Echec de l’Union Douanière Occidentale dont le modèle a été copié par la CND ; échec de sa réforme de décentralisation de la Ligue pour calmer les ardeurs des indépendantistes arovaques ; et bien sûr celui de la Guerre d’Aminavie pour lequel ses excuses lui ont coûté la vie. Mais contre vents et marées, il s’est maintenu à la tête du conseil, ce que certains ont considéré comme une incapacité à apprendre de ses erreurs tandis que d’autres lui louaient son inflexibilité. Les relations tendues de la Ligue avec la CND, avec l’Amarantie – dont Vesperto avait annoncé la fermeture des frontières –, avec le Thorval autour de l’Affaire du Sel… Vexant ses vétérans sans convaincre en contrepartie le monde arabo-musulman, il s’est bâti une réputation d’homme à abattre, ce qui l’a fini par être. Le Gouvernement santognais n’a pas été très loquace, se contenant de « déplorer les circonstances de la mort du président du Conseil lébirien », sans prendre le soin d’honorer sa mémoire. Seul [url=https://simpolitique.net/viewtopic.php?p=357588#p357588]Amaury Cravemortes[/url], président du groupe de l’Action Réformiste au Parlement, a rendu un mystérieux hommage à un homme « dont [il a] partagé un moment la route » (?).
[justify][center][img]https://i.imgur.com/QqBwGBR.png[/img] 16 juin 2040
La Santogne lance une agressive et coûteuse campagne pour
attirer chez elle les « cerveaux » du monde entier
[img]https://i.imgur.com/6PcZ2qv.png[/img]
Les jeunes hauts-diplômés sont particulièrement ciblés[/center]
Le gouvernement l’avait laissé sous-entendre mais il devrait bientôt l’officialiser : la Santogne abolira prochainement les visas et autres conditions restrictives pour les immigrés hauts diplômés. Si cet assouplissement législatif concernera tous les pays, la Santogne visera en particulier les pays en voie de développement mais dynamiques, qui ont su réaliser ces dernières années des performances économiques hors-normes : Gandhari, Kars, Karmalistan, Saog et Sarkhovie sont dans le viseur… ou le sont déjà pour la Sarkhovie. La campagne s’étendrait également à des pays plus développés comme le Caskar, l’Aurora, le Txile et la Flavie. Le profil recherché est celui d’un haut diplômé, que ce soit d’ailleurs dans le domaine technique ou littéraire. « Il ne s’agit pas seulement de répondre à la demande de main-d’œuvre hautement qualifiée des entreprises santognaises, mais de faire plus généralement une place intellectuelle forte qui rayonnera à l’international » décrit un promoteur du projet sous la tutelle du ministère de l’Immigration. Une campagne largement assumée par le gouvernement mais qui peut avoir des conséquences diplomatiques néfastes, perçue comme une spoliation des ressources humaines et intellectuelles, ce à quoi là encore le ministère de l’Intérieur répond avec tempérance : « Cette campagne n’a rien d’agressif et les Etats concernés auraient tort d’y voir une déclaration de guerre. Ils doivent plutôt voir l’opportunité de développer leur diaspora. C’est très important d’entretenir sa diaspora ! ». Pourtant, les Etats ciblés n’ont rien d’anodin, ils ne sont liés jusqu’à présent par aucune grande coopération avec la Santogne et ils sont même, dans le cas du Caskar ou l’Aurora, dans une relation sinon conflictuelle, tout du moins hostile. Mais le gouvernement l’assure, il a surtout ciblé les pays où les intellectuels, semble-t-il, « gâchent leur potentiel », avec un PIB par habitant assez faible.
Deux milliards de pistoles sont déjà alignés pour pouvoir accueillir ces cerveaux, une somme conséquente qui offrirait notamment aux nouveaux arrivants une location payée par l’Etat pour douze mois, des facilités dans les démarches administratives, des crédits d’impôts et une politique de regroupement familial. À terme, le gouvernement ouvre d’ailleurs la possibilité à une naturalisation expresse, après deux ans de résidence sur le sol santognais, contre six normalement. La nationaliste Ligue du Renouveau, qui soutient le gouvernement sans y participer, goûte moyennement à ces annonces, craignant une « pompe aspirante pour intellectuels enturbannés » mais devrait s’abstenir lors du vote du texte, comme contrepartie à l’élection de Roseline Delpuech à la présidence du pays, rendue possible par les députés de la majorité gouvernementale. Mais l’opposition ne se restreint pas à la seule extrême droite. Le programme est vu comme une discrimination positive excessive et injuste à l’endroit à la fois des intellectuels nationaux que des intellectuels étrangers qui n’ont pas la chance de provenir d’un pays « suffisamment pauvre ». L’objectif de la Santogne est ambitieux : « 100 000 arrivées d’ici 2045 », le chiffre comprenant toutefois les membres de la famille les plus proches des intellectuels. Un site Internet devrait être inauguré sous peu pour expliquer, en une trente de langues différentes, les modalités du programme.
La « fête » a commencé très tard, au terme d’un [url=https://simpolitique.net/viewtopic.php?p=358391#p358391]interminable match contre la Slézanie[/url]. Arrachant la victoire après une séance de tirs aux buts après une erreur de Kosakowski, la Valdaquie a ainsi remporté le 30 juin dernier la Coupe de l’UDDNFI, rebaptisée « Coupe de Dytolie » par abus de langage. Une véritable déferlante de supporters s’est abattue sur les rues de Forcastel et des autres grandes villes du pays, tant est si bien que l’on eût cru que la Santogne, pourtant éliminée en quarts, avait gagné la compétition. Les supporters santognais, pourtant, étaient de la partie pour cette finale et se sont résignés en grande majorité à soutenir l’équipe de Slézanie qui a mis la Santogne en défaite. Après les Makengais, les Valdaques constituent la plus importante communauté étrangère dans le pays et Forcastel s’est métamorphosée en un instant en Albarea. Tapage nocturne, ébriété publique, vandalismes... La Santogne a payé un lourd tribut en organisation la compétition. Commencée peu avant minuit le 30 juin dernier, la fête n’est à ce jour toujours pas terminée, au grand dam des riverains. « Je n’en peux plus de cette chanson ! » soupire, excédée, Violaine, habitant la banlieue d’Aubinergues qui résonne au son de Un trandafir crește la firida mea, hit 2038 interprété par Livia Pop. « C’est vrai qu’ils ont fait un peu fort… » concède-t-on même dans les associations antiracistes. L’unanimité des réactions tranche cependant avec la timidité avec laquelle le gouvernement a mis un semblant d’ordre.
[justify][center][img]https://i.imgur.com/iB4oEW7.png[/img] 23 juillet 2040
Valoriser le gallique technique et commercial, le défi de l’OIG[/center]
Dans une grande discrétion, l’Organisation Internationale de la Gallophonie a vu le jour. Simple résurgence de la mort-née Fondation Internationale pour la Glalophonie, l’OIG a été créée sous l’impulsion du Royaume de Flavie dans le cadre de sa politique d’ouverture, une initiative à laquelle se sont joints l’Archavêne, le Makengo, la Santogne et la Valdaquie – où le gallique est parlé de manière minoritaire et diffuse. Le congrès fondateur a été marqué par des absences marquées, dont celles de l’Aurora plus que jamais fermée à l’idée de s’associer à une initiative commune à la Santogne et empêtrée dans une politique autoritaire et censoriale. L’adhésion de l’Aurora est d’autant plus comprise que la Santogne considère aujourd’hui les ressortissants aurorans comme des réfugiés politiques. Un enlisement autoritaire s’observe également en Vasconie, autre grand absent du congrès fondateur, qui n’a pas donné suite à l’invitation, tandis que des pourparlers sont en cours pour intégrer la République fédérative du Lôre. L’organisation a donc vu le jour dans des conditions particulièrement défavorables et sa survie dépendra de l’engagement de ses signataires.
Avec moins de 8 millions d’habitants – et donc de locuteurs – la Santogne est pour ainsi dire le petit poucet gallophone de l’organisation, dominée démographiquement par le Makengo avec ses 55 millions d’habitants, contre 15 pour la Flavie et 8 pour l’Archavêne. Mais profitant de son poids économique, la Santogne a insisté à l’occasion du congrès sur la nécessité de faire du gallique non pas simplement une langue d’arts et de lettres mais également une langue technique, commerciale et professionnelle, pour ne pas se laisser envahir par le jargon étranger. « L’anglais a déjà pris l’ascendant en Aurora, où le principal groupe médiatique est baptisé Auroran Associated Networks. C’est une volonté manifeste de tourner le dos au reste de la gallophonie et d’envoyer des signes d’inféodation à ses alliés, dont le Caeturia et le Karmalistan, où l’anglais y est parlé au moins régionalement. C’est l’exemple à ne pas suivre. » analyse Jean-Pascal Badeaux, qui a représenté la Santogne à l’OIG. Au-delà des limites structurelles de l’organisation, le défi est de taille, tant l’anglais peut être pratique et innovant pour les relations commerciales. En effet, contrairement au gallique, l’anglais permet de substantiver des concepts qui sont parfois difficilement à décrire et à traduire. Jean-Pascal Badeaux s’est lui-même trahi en parlant de l’importance pour les Etats signataires de l’OIG d’exercer un véritable « soft power », qui ne trouve pas de traduction convaincante en gallique, sans employer au moins une conjonction de coordination. L’autre défi de l’OIG, c’est donc de ne pas être une simple agence de traduction de termes déjà établis, mais d’être à l’initiative de ceux-ci.
[justify][center][img]https://i.imgur.com/QqBwGBR.png[/img] 24 juillet 2039
La CND s’entend sur un statut commun de réfugié politique pour les Aurorans
[img]https://i.imgur.com/a89rjM1.png[/img]
Craignant pour leur vie, des réfugiés aurorans témoignent anonymement[/center]
« Ils m’ont tenue par les cheveux et m’ont traînée jusqu’à la salle d’interrogatoire. Là, ils m’ont insultée de catin gauchiste de la CND et m’ont menacée de me violer avec leur matraque si je ne disais pas la vérité. ». Le témoignage d’Emilie* (ndlr : le prénom a été modifié), aussi violent qu’invraisemblable, n’en reste pas moins réel. La jeune femme aurorane, qui s’est entichée d’un fonctionnaire de la Communauté des Nations Dytoliennes, nouait une relation à distance avec ce dernier, jusqu’à ce que la République d’Aurora ne décide de couper le réseau Internet. Accusée d’intelligence avec l’ennemi et de complicité d’organisation terroriste, la femme finit par être libérée faute de preuves incriminantes. Traumatisée par cette affaire, Emilie prend dans la foulée un avion avec plusieurs esclaves pour rejoindre in fine l’aéroport de Forcastel, où l’attend son cher et tendre qu’elle n’a jamais rencontré de visu. Cette préparatrice en pharmacie avait certes ressenti de vives inquiétudes en observant la descente aux enfers de son pays mais n’imaginait pas devoir le subir physiquement. Sous la houlette de Jean-Marie LeMahieu, ce sont en effet tous les pires instincts des policiers qui peuvent s’exprimer, la lutte contre le terrorisme permettant d’avaliser tous les actes de torture. « La politique ne m’intéresse pas, ce conflit avec la CND non plus, mais je ne peux rester indifférente après ce qu’ils m’ont fait subir. » raconte Emilie, qui tient en outre un blog pour faire le récit d’un pays où les libertés se sont réduites à peau de chagrin en l’espace de douze mois. Comme elle, ce sont plus de 38 000 Aurorans qui ont déposé une demande d’asile politique auprès de la Santogne.
Devant l’ampleur du phénomène, le gouvernement santognais a fait appel à ses partenaires de la CND pour instaurer un [url=https://simpolitique.net/viewtopic.php?p=358786#p358786]statut commun de réfugié politique[/url] et ainsi assurer si besoin une répartition de ces migrants, une décision qui fit – chose rare – l’unanimité dans la classe politique santognaise. Les motivations sont hétérogènes, on retrouve aussi bien des militants amoureux de la Santogne que des professionnels qui ne voient pas comment travailler convenablement avec un Internet limité, sinon carrément censuré. Si Emilie a un lien avec la Santogne en raison de la nationalité de son compagnon numérique, ce n’est pas le cas de tous. À défaut de rester en Aurora, ces candidats au départ ne se faciliteraient-ils pas la tâche en rejoignant plutôt une Flavie, elle aussi gallophone, qui leur [url=https://simpolitique.net/viewtopic.php?p=358589#p358589]ouvre ses portes[/url] ? La Flavie fait en effet de ses accords diplomatiques passés avec l’Aurora un argument de poids. Mais c’est justement parce qu’un [url=https://simpolitique.net/viewtopic.php?p=353148#p353148]traité bilatéral[/url] a été signé que ceux qui veulent tourner la page de l’Aurora ne veulent pas se rendre en Flavie. Celui-ci prévoit en effet que la Flavie extrade « sans délai » les Aurorans présents sur son sol, condamnés par la juridiction de leur pays d’origine. À l’heure où l’indépendance des pouvoirs n’est plus garantie et du zèle auquel fait preuve le gouvernement LeMahieu, le traité a de quoi être rebutant pour les émigrés.
On voit difficilement comment une désescalade des tensions entre l’Aurora et la CND peut s’opérer. « Avec LeMahieu à la tête du pays, c’est impossible. » tranche Simon Caillat, Commissaire de la Santogne auprès de la CND. « Mais la CND a déjà remporté une victoire, aussi mince soit-elle : en venant se réfugier en Santogne, les émigrés aurorans ont fait infléchir leur gouvernement, qui a [url=https://simpolitique.net/viewtopic.php?p=358616#p358616]lâché du lest[/url] quant à sa censure d’Internet. C’est loin d’être suffisant mais il faut s’en féliciter. ». Au sujet justement du maintien de LeMahieu au pouvoir auroran, Simon Caillat précise : « Nous n’avons même pas besoin d’intervenir pour le déloger. Les Aurorans, qui sont suffisamment intelligents pour quitter leur pays, le seront aussi pour prendre les armes si leur gouvernement reste sur une ligne aussi caricaturale. Et ils finiront par nous aimer, comme les Gänsernbergiens ont fini par aimer la CND malgré le conflit en Hohengraf. C’est mécanique, c’est le sens de l’Histoire ». En attendant, la Santogne s’attèle à intégrer du mieux possible ses nouveaux résidents qui ont pour la plupart d’entre eux vocation à rester au pays, voire à être naturalisés en raison du sort qui leur est réservé s’ils revenaient en Aurora.
[justify][center][img]https://i.imgur.com/rVlXSZ1.png[/img] 7 août 2040
Deux heures après avoir gagné les « pleins pouvoirs », le Gouvernement
chapeaute un gros coup de filet anti-mafia dans un parc d’attractions abandonné
[img]https://i.imgur.com/gdn9haO.png[/img]
Le parc d’attraction désaffecté [url=https://simpolitique.net/viewtopic.php?p=348534#p348534]Sudparc[/url], situé au Sudre, fut le lieu d’opération de ce coup de filet[/center]
Il n’aura pas fallu attendre longtemps pour qu’il soit appliqué : après un vote en urgence au Parlement, le [url=https://simpolitique.net/viewtopic.php?p=358103#p358103]nouvel article constitutionnel[/url] accordant plus ou moins les « pleins pouvoirs » au Gouvernement pendant une période déterminée, a été utilisé après validation par la présidente Delpuech. À compter de ce jour et jusqu’au 5 septembre minimum, la Santogne vivra une parenthèse autoritaire, s’affranchissant des règles procédurières pour mener de arrestations, saisies et restrictions de liberté sans aval du juge. Evidemment peu loquace sur ses motivations, la Première ministre Inès Teysseire a ainsi donné son feu vert aux sections d’intervention de la police pour procéder à l’arrestation de plusieurs lieutenants du réseau mafieux du Mitan après leur avoir tendu un guet-apens. Malgré une heure d’échange de coups de feu, la police a largement pris l’ascendant après un assaut décisif et ce ne sont pas moins de 32 individus, dont 5 mineurs, qui ont été arrêtés. Si aucun décès n’est à déplorer, 2 policiers ont été blessés, ainsi que 7 malfaiteurs dont deux grièvement. Au petit matin, les policiers ont sécurisé les lieux et ont mis la main sur un impressionnant arsenal de fusils à pompe et grenades, stocké dans un sas souterrain du train fantôme.
« L’opération est une réussite » s’est réjoui dès six heures du matin le ministre de l’Intérieur avec des cernes sous les yeux, qui est venu communiquer photos à l’appui sur l’arrestation de ces mafieux. L’opération, qui consistait à localiser un des quartiers généraux du Mitan et leur arsenal, n’a toutefois pas mis la main sur le parrain. De telle sorte que le Gouvernement a interdit tous les vols non réguliers et a renforcé la présence de la police aux frontières, comme le lui permettent ces nouveaux pouvoirs. Interrogé à ce sujet, le ministre de l’Intérieur a assuré que « monsieur Tristan Gastinet était encore sur le sol santognais » et que « tous les moyens sont engagés pour le retrouver ». Pour Inès Teysseire, il s’agit finalement du premier acte fort de son mandat : si la Première ministre est encore très loin d’avoir éradiqué le réseau mafieux, qui compte de nombreuses ramifications en Santogne et ailleurs dans le monde, ce coup de filet est le plus important effectué depuis cinquante ans. Voulant s’épargner des conséquences collatérales terribles en cas d’assaut franc et direct contre la Mafia, la plupart des gouvernements ont préféré temporiser, considérant qu’il était urgent d’attendre. Teysseire semble faire fi de ces dangers bien réels, au risque peut-être d’entraîner la Santogne dans le chaos ?