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Posté : ven. juin 18, 2010 10:29 pm
par Ramiro de Maeztu
<center>Extrait du discours tenu le 26 avril 2012 devant les habitants et les élus du village de Buenavista del Norte, à l'occasion de la fête du saint patron de la ville, saint Jacques l'apôtre
[url=http://le-monde-de-selenia.xooit.com/image/42/9/1/b/450px-masca_2005-1d1999c.jpg.htm][img]http://img42.xooimage.com/files/d/8/9/450px-masca_2005-1d1999d.jpg[/img][/url]</center>
<center>[quote]Ethocratie, vous avez dit éthocratie ? Eh bien j’accepte volontiers ce néologisme forgé en son temps par le baron d’Holbach. Oui, le Numancia est un pays régi entre autres par une éthique infaillible, avec des gardiens des bonnes mœurs, des garde-fous pour limiter une liberté qui, devenue toute-puissante, verse dans l’erreur et le péché. « La liberté absolue, c’est le despotisme illimité », disait le grand auteur rostov Fédor Dostoïevski dans Les Possédés, et il ne se trompait guère. Et il ajoutait à juste titre dans Les Frères Karamazov : « Si Dieu n’existe pas, tout est permis ».
Sous le regard de saint Jacques l’apôtre – que Dieu l’assiste à veiller sur Buenavista del Norte ! –, je n’ai pas peur de le dire : l’ordre moral est une de nos priorités et tant pis pour les démocrates mollassons que cela pourrait gêner ou choquer. Si certains aiment s’adonner à la luxure, la débauche et le grand n’importe quoi, qu’ils le fassent, nous ne nous les en empêcherons pas ! De notre côté, nous voulons assurer la permanence de valeurs chrétiennes rigoureuses, et tant pis si l’on nous taxe de puritanisme, nous n’avons pas honte de ce que nous sommes.
L’Etat a le devoir de guider l’individu, de lui donner des limites qui, loin de l’étouffer, lui permettront de s’épanouir pleinement. Ce n’est pas lorsqu’il n’existe aucune contrainte que l’on trouve le bonheur ou que l’on édifie une société juste et grande. Regardez cette infâme substance qu’est la pâte à modeler : tout est possible, avec elle, et tout peut être fait. Mais tout peut être détruit en quelques secondes, d’un simple revers de main. Prenez au contraire un beau marbre nervuré : il résiste au premier abord, il faut le buriner et le sculpter durant de longues heures et pourtant, une fois l’œuvre achevée, elle résiste au temps et éblouit des générations par sa magnificence. Nous refusons de devenir comme trop de pays une nation pâte à modeler ![/quote]</center>
Posté : ven. juin 18, 2010 10:30 pm
par Ramiro de Maeztu
<center>Extrait du discours tenu le 23 avril 2012 devant la rédaction de La Concordia, réunie pour son congrès annuel à Filipina
[url=http://le-monde-de-selenia.xooit.com/image/42/5/9/3/la-torre-p-o-18d7416.jpg.htm][img]http://img42.xooimage.com/files/e/b/4/la-torre-p-o-18d7417.jpg[/img][/url]</center>
<center>[quote]Ce n’est pas le hasard qui vous a conduit à vous réunir cette année à Filipina pour votre grand congrès, Messieurs les journalistes. Cette ville ultramoderne qui symbolise pourtant le glorieux passé de notre nation et sa richesse culturelle et littéraire, avec son célèbre quartier des affaires Pedro Chalmeta n’a certes pas su séduire le Comité Olympique International pour les Olympiades d’Hiver de 2013. Néanmoins, elle symbolise, du haut de la Torre Pío, le Grand Bond en Avant du Royaume, qui confirme la place croissante qu’il occupe dans la politique et l’économie continentales et mondiales.
L’Institut National des Statistiques vient de remettre son rapport annuel et notre pays se porte de mieux en mieux, avec un budget en léger excédent, un grand aéroport et des ports marchands chaque jour un peu plus compétitifs et surtout un taux de chômage qui a baissé de près de 7% sur une période de quelques mois seulement. La politique menée par le gouvernement du Front Large et Sa Majesté Sérénissime est performante et porte ses fruits.
Mais nous devons poursuivre nos efforts sans relâche afin de combattre le chômage, qui cède sous nos coups de boutoir, et engager toutes nos entreprises, toutes nos infrastructures, tous nos compatriotes compétents et travailleurs à avancer sur la voie d’un progrès juste et antilibéral, à l’abri des grandes crises économiques et financières dues aux spéculations boursières.
Car la fermeture de la Bourse d’Hispalis, dépositaire de la valeur IBEX-35, décidée il y a quelques mois par l’exécutif, répond à la nécessité de nous déconnecter de ce jeu pervers et incontrôlable qu’est la finance mondiale. De la même façon que nous sommes parvenus à dissiper totalement l’opacité de notre système bancaire, nous avons réussi à vaincre cette chimère terrifiante qu’est le système boursier. [/quote]</center>
Posté : ven. juin 18, 2010 10:30 pm
par Ramiro de Maeztu
<center>Extrait du discours tenu le 20 avril 2012 devant une centaine d'entrepreneurs nationaux à Emerita Augusta
[url=http://le-monde-de-selenia.xooit.com/image/22/7/6/8/jardin-de-marseille-10c32a6.jpg.htm][img]http://img22.xooimage.com/files/0/a/7/jardin-de-marseille-10c32a7.jpg[/img][/url]</center>
<center>[quote]Notre politique est on ne peut plus claire : la gauche du travail, la droite des valeurs. C’est avec ces deux axes – protection des travailleurs et respect de la religion et de l’ordre moral – que nous comptons combattre le libéralisme.
C’est là l’hydre terrifiante qu’il nous faut vaincre, celle qui prétend désengager l’Etat de toute vie sociale ou économique et laisser la liberté d’entreprendre, d’agir et de se débaucher ! Au nom de cette hypothétique liberté, et de toutes les autres que le libéralisme prétend défendre, l’appareil étatique n’intervient plus dans la vie intérieure, laissant ceux qui en ont les moyens – fortune, réseaux, influence – s’emparer de cette prétendue liberté et laissant mourir ou dépérir les autres, au nom d’Adam Smith et de ses épigones. Le libéralisme, je vous le dis, c’est la loi de la jungle où le plus fort ou le plus adapté survit. Pour ce qui est des autres, que le darwinisme social fasse son œuvre ! Les dirigeants n’en ont cure.
Mais pire encore : cette concurrence et ce triomphe permanent des plus forts, au mépris de toutes les lois divines, est aujourd’hui projetée sur le plan international par le biais d’organisations comme l’Union des Démocraties ou l’Union Tripartite des Ressources. Je ne vois aucune entraide dans ces organes purement libéraux qui ne cherchent qu’une chose : exploiter toutes les richesses qui sont en travers de leur chemin, privant si besoin est les populations locales de tout moyen de subsistance, afin de dominer le monde.
C’est là le vrai visage du libéralisme occidental, conduit en grandes pompes par les Etats-Unis de Pelabssa.[/quote]</center>
Posté : ven. juin 18, 2010 10:30 pm
par Ramiro de Maeztu
<center>Extrait du discours tenu le 17 avril 2012 devant l'ensemble de l'appareil politique et administratif de la ville de Puerto Abierto
[url=http://le-monde-de-selenia.xooit.com/image/41/6/6/8/erquy_port5-1cfda15.jpg.htm][img]http://img41.xooimage.com/files/4/1/f/erquy_port5-1cfda16.jpg[/img][/url]</center>
<center>[quote]La doctrine Márquez, rédigée par mes soins et les bons offices de Don Baltasar Márquez y Villalobos, nous a donné un cadre idéologique et politique général, approuvé par la Couronne, confirmé par les dernières élections générales.
Mais ce nouveau parlement a besoin d’un plan politique précis, d’une perspective économique, sociale et diplomatique définie, d’un avenir dans lequel se projet, d’objectifs à atteindre. C’est chose faite depuis que j’ai été investi Président du Gouvernement de la Cinquième Législature, à la tête d’une coalition gouvernementale nommée « Front Large » et composée des régénérationnistes, des réactionnaires royaux et des marxistes unifiés.
Notre projet, c’est le Nouveau Siècle Numancien – en castillan, « Nuevo Siglo Numántico ». Le XXIème siècle et le troisième millénaire viennent à peine de commencer et, après plus de trois siècles de déclin, de difficultés structurelles et d’absence de la scène internationale, le Royaume Canoviste de Numancia revient.
Notre but est clair et précis : positionner le Numancia sur les rails du progrès économique et technologique ; faire du Royaume une force majeure dans les relations diplomatiques et la géostratégie continentale et mondiale ; défendre un antilibéralisme à la fois politique et économique tant à l’intérieur qu’à l’extérieur ; développer les lettres, les arts et le sport dans le cadre d’une politique de prestige et de représentation ; se forger un solide réseau d’alliances et gagner l’amitié de plusieurs régimes idéologiquement proches ; assurer l’approvisionnement énergétique du territoire ; se doter d’une armée importante, bien formée et bien équipée ; obtenir l’énergie atomique, tant à des fins civiles que militaires.
Le monde devra désormais compter sur nous. Le gouvernement du Front Large et Sa Majesté Sérénissime assureront la réalisation de ce plan jusqu’au bout et coûte que coûte pour défendre les intérêts de la patrie et du peuple numancien.[/quote]</center>
Posté : ven. juin 18, 2010 10:31 pm
par Ramiro de Maeztu
<center>Conférences, discours et notes du Premier Ministre</center>
<center>[url=http://le-monde-de-selenia.xooit.com/image/41/3/2/1/eric-mabius_11566_w185-1ce7390.jpg.htm][img]http://img41.xooimage.com/files/3/2/1/eric-mabius_11566_w185-1ce7390.jpg[/img][/url]</center>
Cette nouvelle section vous donnera un aperçu de la pensée idéologique et politique du Président du Gouvernement du Front Large, Don Gregorio López y Olfato.
Vous y trouverez des extraits de ses discours, des propos tenus lors de Conseils des Ministres, de conférences ou de congrès ainsi que des notes de son agenda ou de son journal intime.
Bonne lecture !
Posté : sam. juin 19, 2010 7:21 pm
par Ramiro de Maeztu
<center>Texte intégral du Rapport Zorrilla - Texto íntegro del Informe Zorrilla</center>
<center>[url=http://le-monde-de-selenia.xooit.com/image/40/8/3/3/dossier_t_1_-18c3d89.jpg.htm][img]http://img40.xooimage.com/files/5/9/7/dossier_t_1_-18c3d8a.jpg[/img][/url]</center>
Introduction :
Le Rapport Zorrilla, qui porte le nom du premier adjoint à l'Ambassadeur Royal du Numancia aux États-Unis de Pelabssa, Don José Luis Zorrilla, a été commandé il y a deux mois par le gouvernement du Front Large et Sa Majesté Sérénissime.
Son objectif est double :
- Essayer de déterminer précisément les fondements de la puissance pelabssienne et libérale
- Tenter d'établir si une victoire est possible à plus ou moins long terme contre le bloc libéral occidental
Son constat sans appel et son ton franc en font un texte essentiel de l'action politique intérieure et extérieure numancienne. Mais il est aussi classé secret défense car dangereux si divulgué à la presse et aux ambassadeurs étrangers. Lu par le Premier Ministre, le Ministre des Affaires Étrangères, la Ministre de la Défense, la Ministre de l'Intérieur, de la Sécurité et des Cultes ainsi que par la Reine, il a été jugé réaliste et pour cela rendu totalement confidentiel. Sa seule véritable trace publique sera l'inflexion politique évidente que va prendre la politique numancienne dans les prochaines années, à savoir une radicalisation de sa position et une attitude plus agressive vis-à-vis de ses adversaires.
<center>[url=http://le-monde-de-selenia.xooit.com/image/27/e/f/e/photo-dossiers-15c9623.jpg.htm][img]http://img27.xooimage.com/files/2/e/0/photo-dossiers-15c9625.jpg[/img][/url]</center>
Texte intégral :
"Le caractère politique de la puissance pelabssienne tel que nous le connaissons aujourd'hui est le produit de l'idéologie et des circonstances : idéologie héritée du mouvement capitaliste adélien d'où est issu le régime, et circonstances dans lesquelles le pouvoir a été exercé en Pelabssa depuis près de trois cents ans. Il est peu de tâches plus difficiles que l'analyse psychologique des répercussions réciproques de ces deux forces et du rôle de chacune d'elles dans la détermination de la conduite officielle d'Hellington. Mais cette analyse est indispensable si l'on veut comprendre cette conduite et la combattre efficacement.
Il est difficile de résumer l'idéologie avec laquelle les dirigeants pelabssiens ont constitué leur pouvoir et leur puissance internationale. L'idéologie capitaliste, dans sa projection adélio-pelabssienne, a toujours été en voie de subtile évolution. Les matériaux sur lesquels elle se base sont nombreux et complexes. Mais les traits les plus importants de la pensée libérale telle qu'elle existait dès le XVIIIème siècle peuvent se résumer comme suit :
- Le facteur central de la vie humaine, le fait qui détermine le caractère de la vie publique est non pas "la physionomie de la société", qui est niée dans son existence, mais le système en vertu duquel les marchandises sont produites et échangées
- Le système de production capitaliste est un système fondamentalement efficace qui mène inévitablement à la domination de ceux qui l'adoptent et est le seul à même de développer convenablement les ressources économiques de la société, quitte à en sacrifier dans la plupart des cas la répartition équitable
- L'antilibéralisme contient le germe de sa propre destruction et doit, en raison de l'incapacité de ses tenants à s'extraire vraiment du libéralisme, aboutir inévitablement au délitement des adversaires du Pelabssa et de l'Adélie
- L'impérialisme, dernière phase du capitalisme, conduit indirectement à la guerre et à la domination des libéraux par la contrainte, particulièrement contre leurs adversaires les plus coriaces
Pendant cinquante ans, avant qu'éclatât la Guerre d'Indépendance, cette pensée avait exercé un grand attrait sur les membres du mouvement indépendantiste pelabssien. Déçus, mécontents, désespérant - ou trop impatients - de pouvoir s'exprimer dans les limites du régime politique de l'Empire d'Urvilie, mais manquant du large soutien populaire exigé par la révolution radicale qu'ils croyaient être l'instrument obligatoire du progrès social, ces indépendantistes trouvaient dans la théorie libérale une confirmation très commode de leurs désirs instinctifs. Elle apportait une justification scientifique à leur impatience, à leur refus catégorique d'attribuer une valeur quelconque au régime urvilien, à leur soif de pouvoir et de revanche, et à leur tendance à prendre des raccourcis pour atteindre leur but. Il ne faut donc pas s'étonner qu'ils en soient arrivés à croire implicitement à la vérité et à la solidité des enseignements libéraux.
On ne peut mettre leur sincérité en doute; c'est un phénomène aussi vieux que l'humanité elle-même, et qui n'a jamais été mieux décrit que par Gibbon dans La Décadence et la chute de l'Empire romain :
"De l'enthousiasme à l'imposture, le pas est périlleux et glissant; le démon de Socrate offre un mémorable exemple de la manière dont un homme sage est susceptible de se tromper ; de celle dont un homme juste peut tromper les autres ; de la façon dont la conscience peut s'assoupir dans un état intermédiaire entre l'illusion et la tromperie volontaire."
Ce fut avec cette série d'idées que les libéraux pelabssiens prirent le pouvoir dans leur pays.
Pendant toutes les années de préparation à l'indépendance, l'attention de ces hommes, comme celle d'Adam Smith lui-même, s'était moins fixée sur la forme future que prendrait le libéralisme que sur le renversement nécessaire du régime rival - l'antilibéralisme au sens large - qui, selon eux, devait précéder l'établissement du libéralisme.
Leurs idées sur le programme positif à mettre en œuvre une fois le pouvoir entre leurs mains étaient, pour la plus grande partie, nébuleuses, chimériques et peu pratiques. En dehors de la privatisation systématique de l'industrie et de la domination des grands magnats de la finance, il n'y avait pas de programme arrêté. Le traitement de la paysannerie qui, d'après Marx, n'appartenait pas au prolétariat, était toujours demeuré vague dans la pensée libérale, et cette question resta un objet de controverse et d'hésitation pendant les dix premières années du régime libéral.
Les circonstances de la période qui suivit immédiatement l'indépendance - guerre civile et intervention étrangère, à quoi s'ajoutait le fait que les libéraux ne représentaient qu'une petite minorité du peuple pelabssien - firent de l'instauration d'un pouvoir faussement démocratique, mais véritablement dictatorial, une nécessité. L'expérience du "libéralisme absolu" et la brusque suppression de la production et du commerce publics produisirent des conséquences économiques formidables, mais excitèrent paradoxalement la résistance au nouveau régime. Tandis qu'une pause temporaire dans la libéralisation du Pelabssa, la Politique Économique Démocrate, atténuait un peu cette détresse sociale, ce qui était son but, elle montrait aussi que le "secteur antilibéral de la société" était toujours prêt à profiter aussitôt du moindre relâchement de la pression gouvernementale et que, si on lui permettait de continuer à exister, il constituerait toujours un puissant élément d'opposition au régime pelabssien et un rival sérieux. Une situation analogue régnait en ce qui concerne le paysan de coopérative qui, à son humble manière, était lui aussi un producteur public.
<center>[url=http://le-monde-de-selenia.xooit.com/image/24/9/c/1/hellington-1d46652.jpg.htm][img]http://img24.xooimage.com/files/4/8/e/hellington-1d46653.jpg[/img][/url]
George Hellington, meneur des indépendantistes libéraux pelabssiens contre le pouvoir monarchie adélien et premier Président des États-Unis de Pelabssa
[url=http://le-monde-de-selenia.xooit.com/image/47/e/5/6/thomas-jefferson-picture-1d46666.jpg.htm][img]http://img47.xooimage.com/files/6/e/7/thomas-jefferson-picture-1d46667.jpg[/img][/url]
Thomas Jefferson, troisième Président des États-Unis de Pelabssa, théoricien du libéralisme et de la Nouvelle Politique Démocrate</center>
George Hellington, s'il avait vécu, aurait peut-être pu s'avérer assez grand homme pour réconcilier ces forces opposées à l'avantage final de la société pelabssienne, bien que ce soit douteux. Quoi qu'il en soit, John Adams puis Thomas Jefferson, et ceux qu'ils dirigèrent dans sa lutte pour prendre la succession d'Hellington, n'étaient pas hommes à tolérer des forces politiques rivales dans la sphère du pouvoir qu'ils convoitaient. Leur fanatisme, que ne modérait aucune des traditions de compromis almérane, était trop violent, trop jaloux pour envisager un partage permanent du pouvoir. Du monde nord-vicaskaran d'où ils provenaient, ces hommes tenaient un certain scepticisme quant à la possibilité de l'existence pacifique de forces rivales. Aisément convaincus de la "justesse" de leur doctrine, ils exigeaient la soumission ou la destruction de tout pouvoir concurrent. En dehors du Parti Fédéraliste et du Parti Démocrate-Républicain, le Pelabssa ne devait comprendre aucune forme d'activité collective ou d'association qui ne serait dominée par lui. Seuls ces deux partis et leurs descendants seraient autorisés à la vitalité et à la structure; tout le reste ne devait être qu'une masse amorphe.
Et, au sein des partis, le même principe serait appliqué. La masse des membres des partis pourraient accomplir les mouvements du vote, de la délibération, de la décision et de l'action; mais ces mouvements ne devaient pas être animés par leur volonté collective, seul le souffle effrayant de l'égoïsme individuel devait les inspirer.
Subjectivement, ces hommes ne voulaient probablement pas l'absolutisme pour lui-même. Ils croyaient sans doute qu'eux seuls savaient ce qui ferait la prospérité de la société et qu'ils le réaliseraient une fois leur pouvoir assuré et inébranlable. Mais afin d'arriver à cette sécurité de leur pouvoir, ils ne reculeraient devant aucun moyen et lui donneraient la priorité sur le bien-être et la prospérité des peuples confiés à leurs soins.
Il est dans la nature de l'ambiance intellectuelle des dirigeants pelabssiens et dans le caractère de leur idéologie de ne pouvoir reconnaître officiellement le moindre mérite ou la moindre justification à une opposition quelconque. Aussi longtemps que des restes d'antilibéralisme (puis plus tard de traditionalisme ou de communisme) étaient officiellement reconnus comme existant au Pelabssa, on pouvait les faire servir de prétexte au maintien d'une forme faussement démocratique et véritablement dictatoriale de gouvernement. Mais au fur et à mesure de la liquidation de ces éléments, cette justification faisait défaut, et quand ils eurent été complètement détruits, elle disparut complètement. Ce fait créa l'une des contraintes fondamentales qui pesèrent sur le régime pelabssien : du moment que l'antilibéralisme n'existait plus au Pelabssa et du moment qu'on ne pouvait avouer qu'une opposition sérieuse à la Maison Violette pût surgir spontanément des masses soumises à son autorité, il devenait nécessaire de justifier la conservation de la dictature masquée en soulignant la menace du communisme et de l'antilibéralisme étrangers.
Dès 1924, le trentième Président des États-Unis de Pelabssa, Calvin Coolidge, défendit la mise en place définitive des "organes d'enquête", c'est-à-dire, entre autres, l'armée et la police secrète, pour la raison "qu'aussi longtemps qu'on serait encerclé par l'antilibéralisme, il subsisterait un danger d'intervention avec toutes les conséquences découlant de ce danger". A partir de ce moment-là et conformément à cette théorie, toutes les forces d'opposition intérieures, en Pelabssa, ont toujours été dépeintes comme des agents de forces étrangères de réaction hostiles à la puissance pelabssienne.
<center>[url=http://le-monde-de-selenia.xooit.com/image/41/8/7/7/calvin_coolidge-1d46ce5.jpg.htm][img]http://img41.xooimage.com/files/9/0/f/calvin_coolidge-1d46ce6.jpg[/img][/url]
Calvin Coolidge, trentième Président des États-Unis de Pelabssa</center>
En outre, il a été fortement insisté sur la thèse libérale selon laquelle un antagonisme fondamental existe entre le monde capitaliste et le monde socialiste. Bien des signes indiquent que cette assertion n'est pas fondée en réalité. Les faits ont été confondus à cause de l'existence, à l'étranger, de grandes puissances militaires qui avaient, en effet, des intentions agressives contre les États-Unis de Pelabssa. Mais les preuves ne manquent pas que l'importance donnée à Hellington à la menace à laquelle les libéraux devaient faire face de la part du monde extérieur ne se fonde pas sur les réalités de l'antagonisme étranger, mais sur la nécessité d'expliquer le maintien du régime dictatorial réel en Pelabssa.
Cette poursuite d'une autorité illimitée à l'intérieur, accompagnée de la culture du demi-mythe d'une implacable hostilité étrangère, a fortement influé sur la forme de l'appareil gouvernemental pelabssien tel que nous le connaissons aujourd'hui. On a laissé dépérir les organes administratifs qui ne servaient pas ce but, et ceux qui le servaient se sont démesurément enflés. La sécurité du pouvoir pelabssien en est venue à reposer sur la discipline de fer du Président, sur la sévérité et l'ubiquité de la police secrète, et sur l'intransigeant et paradoxal monopole des entrepreneurs privés. Les "organes d'enquête", auxquels les dirigeants pelabssiens avaient demandé de les protéger contre les forces rivales, devinrent, dans une large mesure, les maîtres de ceux qu'ils devaient servir. Aujourd'hui, la majeure partie de la structure de la puissance pelabssienne est consacrée à perfectionner la dictature dissimulée et à perpétuer l'idée d'un Pelabssa en état de siège, et dont l'ennemi menace les murs. Et les millions d'êtres humains qui forment cette partie de la structure gouvernementale sont obligés de défendre à tout prix cette conception de la position du Pelabssa, car, sans elle, ils seraient superflus.
Voyons à présent comment cet arrière-plan historique se traduit dans le caractère politique du régime pelabssien tel qu'il est aujourd'hui.
Rien n'a été officiellement rejeté de l'idéologie originelle : croyance à la nature fondamentalement mauvaise de l'antilibéralisme, au caractère inévitable de sa destruction, à l'obligation, pour toutes les peuplades, de concourir à cette destruction et de laisser le pouvoir au patronat et aux oligarchies. Mais on en est arrivé à insister principalement sur les idées le plus spécifiquement rattachées au régime pelabssien : à sa position de seul régime véritablement libéral dans un monde obscur et égaré, et à ses relations avec ce monde.
La première de ces idées est celle de l'antagonisme inné entre le capitalisme et le socialisme. Elle a de graves conséquences pour la conduite du Pelabssa en tant que membre d'une société internationale. Elle fait qu'Hellington ne peut jamais supposer avec sincérité une communauté de buts entre les États-Unis de Pelabssa et les puissances considérées comme antilibérales. Hellington doit invariablement supposer que les buts du monde socialiste sont opposés à ceux du régime libéral et aux intérêts des peuples qu'il contrôle. Si le gouvernement pelabssien signe occasionnellement des documents qui pourraient indiquer le contraire, il faut y voir une manœuvre tactique permise quand on traite avec l'ennemi (qui est sans honneur) et qui doit être admise comme étant de bonne guerre. De cet antagonisme présupposé découlent nombre des phénomènes qui nous troublent dans la conduite de la politique étrangère de la Maison Violette : manque de franchise, suspicion, inimitié fondamentale des buts. Ces caractères lui sont définitivement acquis; ils peuvent cependant varier d'intensité selon ce que les Pelabssiens désirent obtenir; l'un ou l'autre peut momentanément s'effacer; en ce cas, il y aura toujours des Numanciens ou des Rostovs qui annonceront en bondissant de joie : "Les Pelabssiens ont changé !" et il y en aura même qui s'attribueront le mérite de ces "changements". Mais nous ne devrions pas nous laisser leurrer par des manœuvres tactiques. Ces caractéristiques de la politique pelabsienne, de même que le postulat d'où elles dérivent, sont fondamentales de la nature interne du régime libérale, et elles persisteront, visibles ou cachées, jusqu'à ce que la nature interne du régime pelabssien soit changée.
Ceci implique que les tractations avec les Pelabssiens continueront longtemps encore à être difficiles. Non qu'il faille les croire inébranlablement décidés à renverser notre régime à une date déterminée. La théorie du caractère inévitable de la chute de l'antilibéralisme n'indique pas que celle-ci soit pressée. Les forces du progrès peuvent prendre leur temps pour préparer le coup de grâce. En attendant, ce qui importe est que la "Patrie du libéralisme" - cette oasis déjà gagnée au capitalisme dans la personne des États-Unis de Pelabssa - soit aimée et défendue par tous les bons libéraux au Pelabssa et à l'étranger, que ses chances soient favorisées, ses ennemis harcelés et confondus. Provoquer à l'étranger une révolution "aventureuse" et prématurée susceptible de gêner d'une manière quelconque le régime pelabssien serait un acte inexcusable, voire contre-révolutionnaire. La fin du socialisme est le soutien et l'établissement du régime libéral tels qu'on les détermine à Hellington.
<center>[url=http://le-monde-de-selenia.xooit.com/image/49/e/3/e/arton24-1cb33a3.jpg.htm][img]http://img49.xooimage.com/files/0/b/2/arton24-1cb33a4.jpg[/img][/url]
Jack Nikelson, quarante-deuxième Président des États-Unis de Pelabssa et théoricien de la doctrine de "l'inévitabilité de la chute des antilibéraux"</center>
Ceci nous amène à la seconde des idées importantes pour la compréhension de la perspective pelabssienne contemporaine : c'est l'infaillibilité de la Maison Violette. La conception pelabssienne du pouvoir, qui n'autorise aucun foyer d'organisation en dehors des partis libéraux (Démocrate ou Républicain), exige que la direction des partis demeure en théorie l'unique dépositaire de la vérité. Car si l'on devait pouvoir, trouver la vérité ailleurs, son expression en une activité organisée serait justifiée. Et c'est là précisément ce que la Maison Violette ne peut et ne veut pas permettre.
La direction des partis libéraux a donc toujours raison, et elle a toujours eu raison depuis qu'en 1929, Herbert Hoover, trente-et-unième Président des États-Unis de Pelabssa, a donné une forme précise à son pouvoir personnel en annonçant que les décisions de la Chambre Ovale étaient prises à l'unanimité. La discipline de fer du Présidnet repose sur ce principe d'infaillibilité; en fait, ils se soutiennent mutuellement : une discipline parfaite exige la reconnaissance de l'infaillibilité et l'infaillibilité exige l'observance de la discipline. Et les deux ensemble déterminent dans une large mesure le comportement de tout l'appareil gouvernemental pelabssien. Mais, pour en comprendre les effets, il est indispensable de tenir compte d'un troisième facteur : le fait que les dirigeants sont libres de soutenir n'importe quelle thèse que, pour des raisons tactiques, ils trouvent utile à leurs fins à un moment donné, et qu'ils peuvent exiger l'acceptation aveugle et fidèle de cette thèse de la part des membres du mouvement dans sa totalité. Il en résulte que la vérité n'est pas une constante mais qu'elle est, en fait, créée virtuellement par les dirigeants pelabssiens eux-mêmes. Elle peut varier d'une semaine à l'autre, d'un mois à l'autre. Elle n'a rien d'absolu et d'immuable, rien qui découle d'une réalité objective. Elle est seulement la manifestation la plus récente de la sagacité de ceux en qui est censée résider la sagesse absolue parce qu'ils représentent la logique de l'histoire. Ces facteurs accumulés ont pour effet de donner à l'orientation de tout l'appareil subordonné du gouvernement pelabssien une obstination et une persévérance inébranlables. Cette orientation peut être changée à volonté par la Maison Violette mais par elle seule. Une fois qu'un parti libéral a décidé d'une ligne de conduite à l'endroit d'une question de politique courante, toute la machine gouvernementale, y compris le mécanisme de la diplomatie, avance inexorablement dans la voie prescrite, comme une automobile-joujou remontée et lancée dans une certaine direction, ne s'arrêtant que si elle rencontre quelque force irréfragable. Les individus qui composent cette machine sont réfractaires à tout raisonnement provenant d'une source extérieure. On leur a enseigné à se méfier de la force de persuasion spécieuse du monde extérieur. Comme le chien blanc devant le phonographe, ils n'entendent que "la voix du maître". Ainsi, le représentant étranger ne peut espérer que ses paroles produisent sur eux la moindre impression; tout ce qu'il peut espérer est qu'ils les transmettent aux dirigeants, seuls capables de modifier la ligne d'un parti libéral. Mais il n'y a guère de chances que ceux-ci se laissent influencer par la logique normale des paroles du représentant antilibéral. Comme on ne peut invoquer de buts communs, on ne peut faire appel à des processus mentaux communs. Pour cette raison, les faits parlent plus fort que les mots aux oreilles de la Maison Violette; et les mots ont d'autant plus de poids qu'ils reflètent des faits d'une authenticité incontestable et sont confirmés par eux.
<center>[url=http://le-monde-de-selenia.xooit.com/image/41/7/8/5/483px-herbert_hoover-1d470ea.jpg.htm][img]http://img41.xooimage.com/files/5/6/e/483px-herbert_hoover-1d470eb.jpg[/img][/url]
Herbert Hoover, trente-et-unième Président des États-Unis de Pelabssa et théoricien de la doctrine de l'infaillibilité de la Maison Violette</center>
Mais nous avons vu que son idéologie n'oblige nullement la Maison Violette à se hâter. Semblable à l'Église, elle s'occupe d'idées d'une justesse à longue échéance et il peut se permettre d'être patient. Les préceptes d'Hellington lui-même doivent être utilisés avec beaucoup de prudence et de souplesse dans la poursuite des objectifs libéraux, et les leçons de l'histoire pelabssienne fortifient ces préceptes : ces siècles d'obscures batailles entre des armées nomades dans les vastes étendues d'une plaine dénuée de forts. La circonspection, la souplesse et la tromperie sont, dans une telle guerre, les qualités les plus précieuses, et elles sont tout naturellement appréciées par l'esprit pelabssien ou occidental. La Maison Violette n'hésite donc pas à reculer devant une force supérieure ; aucun horaire ne la hâtant, la nécessité de la retraite ne l'affole pas. Son action politique est un flot fluide constamment en mouvement vers un but déterminé, avançant partout où il peut passer. Elle se préoccupe surtout de remplir tous les coins et recoins disponibles de la puissance mondiale ; mais si elle trouve des barrières infranchissables sur son chemin, elle les accepte et s'en accommode avec philosophie. L'important est qu'il y ait une pression continue, une pression constamment accrue en, direction du but désiré. Rien, dans la psychologie pelabssienne, n'indique que ce but doive être atteint à un moment déterminé.
Ces considérations rendent les rapports avec la diplomatie pelabssienne à la fois plus faciles et plus difficiles qu'avec des dictateurs individuels comme Kirov ou Eriksson. D'une part, la diplomatie pelabssienne est plus sensible à la force opposée, plus prête à céder sur des secteurs isolés du front diplomatique, lorsqu'elle sent cette force trop puissante, et elle est, par là, plus rationnelle dans la logique et la rhétorique de la puissance. D'autre part, elle ne se laisse pas aisément vaincre ou décourager par une seule victoire de ses adversaires. Et la patiente persistance qui l'anime indique qu'elle ne peut être effectivement combattue par des actes sporadiques, représentant les caprices momentanés de l'antilibéralisme, mais seulement par les politiques intelligentes, à longue portée, de ses adversaires politiques, non moins persistantes dans leurs intentions et non moins variées et ingénieuses dans leur mise en œuvre que la politique des États-Unis de Pelabssa eux-mêmes.
Dans ces circonstances, il est clair que le principal élément de n'importe quelle politique du Numancia à l'égard du Pelabssa libéral doit être de contenir avec patience, fermeté et vigilance ses tendances à l'expansion. Il importe cependant de noter qu'une telle politique n'implique ni menaces, ni bravades, ni gestes superflus d'une inflexibilité apparente. Tout en étant fondamentalement souple dans ses réactions aux réalités politiques, la Maison Violette n'est nullement insensible aux considérations de prestige. Comme n'importe quel autre gouvernement, il peut être placé, par des gestes menaçants et dépourvus de tact, dans une position telle qu'il ne puisse céder, même si son sens des réalités lui dicte de le faire. Les dirigeants pelabssiens sont d'excellents juges de la psychologie humaine et, comme tels, ils ont très nettement conscience que la perte de la maîtrise de soi n'est jamais génératrice de force dans les affaires politiques. Ils sont prompts à exploiter de tels signes de faiblesse. Une condition sine qua non du succès d'une négociation avec le Pelabssa est donc que le gouvernement étranger reste toujours calme et de sang-froid, et que ses exigences soient exprimées de manière qu'un acquiescement ne porte pas trop préjudice au prestige du Pelabssa.
D'après ce qui vient d'être exposé, il apparaît clairement que la pression pelabssienne contre les institutions antilibérales du monde oriental peut être contenue par l'adroite et vigilante application d'une force contraire sur une série de points géographiques et politiques continuellement changeants, correspondant aux changements et aux manœuvres de la politique pelabssienne, mais qu'il est impossible de nier l'existence de cette pression et de la supprimer par le seul effet des paroles."
Posté : sam. juin 19, 2010 7:21 pm
par Ramiro de Maeztu
<center>Campagne officielle pour les élections générales de décembre 2011 - 5</center>
C'était aujourd'hui la dernière journée de campagne officielle avant le début des votes, demain matin à huit heures.
Le Parti Réactionnaire de Doña Esperanza de los Hoyos affrontait en débat le Parti Progressiste de Don Mariano Feijoó à treize heures, sur la première chaîne de TV Numancia. L'échange s'est vite envenimé, l'enjeu de ces élections générales étant important et les dissensions entre les deux partis dynastiques traditionnels étant devenues abyssales au fil des ans. Le candidat progressiste a notamment fustigé l'attitude de l'ancien Premier Ministre, Don Enrique de Huesca Toledo, concernant les démocraties libérales occidentales, ne comprenant pas "que l'on puisse avoir une telle phobie de l'Union des Démocraties alors même qu'elle est la seule à même de pouvoir vaincre les fascistes". En réponse, Doña Esperanza a ironisé sur les scandales qui ont éclaboussé l'ancien parti de Don Emiliano de Robledo Castelar en 2008 et a réaffirmé que "le Parti Réactionnaire Royal est la seule véritable alternative à l'affrontement fratricide entre les staliniens et les nazis".
Pendant ce temps, sur la chaîne culturelle de TV Numancia, Don Gregorio López y Olfato, chef du Parti Régénérationniste, était confronté à Don Antonio José de las Palmas, chef du Parti Marxiste Unifié, dans un débat plutôt cordial, où chaque candidat s'est contenté d'avancer ses arguments sans jamais chercher à accuser son adversaire ou à le disqualifier. Le jeune politologue régénérationniste a notamment partagé son "idée de la nation numancienne comme porteuse de la troisième voie juste et défendable", tandis que Don Antonio José a martelé ses principaux points de campagne avec une grande conviction. Signe qui ne trompe pas, les deux candidats se sont même serrés la main à la fin du débat.
De son côté, le Parti Phalangiste réalisait son dernier meeting, véritablement spectaculaire, devant vingt mille personnes à Nicolasol, où il a exhorté tous les indécis "à se rallier à la seule vraie cause du Numancia", se présentant comme "le seul à être présent sur le terrain alors que tous les candidats qui partent favori se prélassent sur des plateaux de télévision".
Il a par ailleurs communiqué que les phalangistes avaient désormais, à l'image des marxistes, un hymne officiel qu'il a chanté au côté des principaux lieutenants de son parti. Intitulé [url=http://www.youtube.com/watch?v=rEHC-9n9geE]Cara al sol[/url] (Face au soleil), dont voici les paroles en espagnol et leur traduction en français :
"Cara al sol con la camisa nueva,
Que tú bordaste rojo ayer,
Me hallará la muerte si me lleva
Y no te vuelvo a ver...
Formaré junto a los compañeros
Que hacen guardia sobre los luceros,
Impasible el ademán,
Y están presentes en nuestro afán...
Si te dicen que caí,
Me fui
Al puesto que tengo allí...
Volverán banderas victoriosas
Al paso alegre de la paz
Y traerán prendidas cinco rosas
Las flechas de mi haz...
Volverá a reír la primavera
Que por cielo, tierra y mar se espera...
¡Arriba, escuadras a vencer,
Que en Numancia empieza a amanecer!"
"Face au soleil avec la chemise neuve
Que tu as brodé de rouge hier,
La mort me trouvera si elle me cherche
Et je ne te reverrai plus jamais...
Je serai aux côtés des camarades
Qui montent la garde sur les étoiles,
Le visage impassible
Et qui sont présents dans notre effort...
Si l'on te dit que je suis tombé,
C'est que je m'en suis allé au poste qui m'attend dans l'au-delà...
Ils reviendront, les drapeaux victorieux,
Au pas allègre de la paix,
Et cinq roses seront attachées
Aux flèches de mon faisceau...
Il rira de nouveau, le printemps
Que les cieux, la terre et la mer espèrent...
Debout, légions, courez à la victoire,
Car une aube nouvelle se lève sur le Numancia !"
Rendez-vous à demain pour les élections générales tant attendues !
Posté : sam. juin 19, 2010 7:22 pm
par Ramiro de Maeztu
<center>Campagne officielle pour les élections générales de décembre 2011 - 4</center>
Alors qu'aujourd'hui était un jour de répit dans cette campagne officielle, le Parti Phalangiste et le Parti Marxiste Unifié ont semble-t-il eu la même idée au même moment et sans se concerter : une réunion surprise, organisée avec l'aide de leurs sympathisants.
Don Francisco del Ferrol a mené un coup d'éclat en réunissant douze mille personnes sur la Plaza del Nacimiento, plus vaste place de la capitale, Hispalis, fustigeant un adversaire communiste... qui était au même moment à Vadeable, fief traditionnel des marxistes, devant onze mille fidèles venus acclamer un discours visiblement convaincant.
Quoi qu'il en soit, cette opération quasi simultanée a permis aux deux formations de décoller un peu dans les derniers sondages, prouvant que les Numanciens sont encore pour beaucoup indécis.
Posté : sam. juin 19, 2010 7:22 pm
par Ramiro de Maeztu
<center>Campagne officielle pour les élections générales de décembre 2011 - 3</center>
Un nouveau grand débat télévisé avait lieu ce soir dans le cadre de la campagne politique officielle pour les élections générales de décembre, débat retransmis à vingt heures quarante-cinq sur TV Numancia.
Suivi par 72% des téléspectateurs du pays, il opposait le Parti Régénérationniste de Don Gregorio López y Olfato au Parti Phalangiste de Don Francisco del Ferrol.
Bien que ce dernier ne soit apparu sur la scène médiatique et politique que récemment, son inimitié avec le politologue numancien le plus connu n'est plus à démontrer.
Le débat s'est donc vite transformé en joute verbale âpre et parfois violente, même si les deux candidats ont su expliciter leur programme respectif et user d'arguments visiblement convaincants.
Don Gregorio López y Olfato a notamment défendu la doctrine Márquez comme sa "création quasi exclusive", reléguant le député réactionnaire qui lui a donné son nom au rang de nègre. Il a défendu "une ligne claire et très distincte de celle du Parti Réactionnaire Royal", répondant ainsi aux accusations de collusion avec Doña Esperanza de los Hoyos, accusations proférées par son adversaire. Sur le plan intérieur, il a fait valoir la rigueur et la faisabilité des premiers titres de la Constitution Révisée d'Hispalis, donc il est le principal rédacteur, et a notamment prôné son idée de "souveraineté royale renforcée pour le bien du peuple".
Don Francisco del Ferrol lui a rendu coup pour coup, blâmant sa politique extérieure louvoyante entre le Thorval et le Nordreich d'un côté et la Rostovie ou le Logroño de l'autre, l'accusant presque d'être un agent masqué du Pacte de Novgorod en Numancia.
Très critique envers l'orientation prise par la monarchie ces dernières années, il a critiqué à mots à peine couverts l'homosexualité d'Ángel Ier, "facteur de subversion et d'indécence bien plus dangereux que la doctrine fasciste lochlannaise". Fervent admirateur du Stjör nordique, il a proposé un programme socioéconomique assez semblable, tout en essayant de démontrer les spécificités qu'il voulait y apporter pour l'adapter au monde latin.
Nous verrons dans les sondages officiels des prochains jours les effets bénéfiques ou négatifs de ce débat sur chacune des deux formations en présence ce soir.
Posté : sam. juin 19, 2010 7:22 pm
par Ramiro de Maeztu
<center>Campagne officielle pour les élections générales de décembre 2011 - 3</center>
De nouveaux meetings avaient aujourd'hui lieu à travers tout le pays, meetings qui furent autant d'occasions supplémentaires pour les candidats en lice de convaincre et séduire les électeurs numanciens, qui semblent très intéressés par cette campagne.
Doña Esperanza de los Hoyos, candidate pour le Parti Réactionnaire Royal, se déplaçait aujourd'hui au Palais des Congrès ("Palacio de Congresos") de la capitale, Hispalis, afin de consolider ce fief traditionnellement réactionnaire. Devant vingt mille partisans, elle a notamment développé un programme économique et social assez complet.
Pour le Parti Régénérationniste, Don Gregorio López y Olfato s'était rendu à Antequera, une bourgade dans la plaine de la province de Península del Ponente, où il a harangué une large foule de trente mille personnes. Véritable réussite pour ce parti totalement nouveau qui sait visiblement séduire sur un programme hybride dit "de réconciliation nationale".
Pour le Parti Progressiste, Don Mariano Feijoó a tenté de couper l'herbe sous le pied des marxistes en tâchant de convaincre la large population ouvrière de Vadeable, avec un certain succès semble-t-il au vu des derniers sondages. Ses promesses concernant une éventuelle entrée dans l'Union des Démocraties du Numancia en cas d'élection paraissent porter leurs fruits, tout du moins pour le moment.
Le Parti Marxiste Unifié de Don Antonio José de las Palmas était en grand'messe à Hospedal, dans la comarque de Bellas Vistas, où il a galvanisé ses troupes et appelé à mobiliser toutes les énergies afin de rattraper le retard dans les derniers sondages. Son discours était somme toute plus affectif que rationnel.
Enfin, à Olite, sur l'Isla del Perejil, le Parti Phalangiste de Don Francisco del Ferrol a semble-t-il su toucher les pêcheurs déshérités d'une région qui a accumulé ces dernières années un retard économique et social certain et ne voit pas les fruits du plan spécifiquement développé pour l'Archipel des Comodoras, dans le cadre du Grand Bond en Avant.