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Posté : dim. sept. 29, 2019 4:12 pm
par Sébaldie
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27 mars 2040
Comment les informaticiens sarkhovites envahissent (virtuellement) la Santogne
[img]https://i.imgur.com/dmbzZ1U.png[/img]
Les Sarkhovites sont entre autres très prisés pour leur savoir-faire en matière de génie génétique[/center]
C’est une immigration dont on parle peu et pour cause, elle n’est pas à portée de vue dans l’espace public santognais. En revanche, pour peu qu’ils travaillent dans la programmation informatique, les Santognais ont bien conscience de leur présence : les Sarkhovites envahissent le secteur de l’informatique en Santogne. En dépit des relations plutôt tendues entre cet Etat slave situé aux confins de la Dytolie et la Communauté des Nations Dytoliennes, les entreprises santognaises du numérique sollicitent hautement le savoir-faire de la Fédération. Confrontées à d’importantes difficultés de recrutement, les entreprises santognaises sont en effet concurrencées par leurs homologues jernlanders qui [url=https://simpolitique.net/viewtopic.php?p=351331#p351331]accueillent de plus en plus d’ingénieurs santognais[/url] qui trouvent dans l’Etat nordique de meilleures conditions de travail et de perspectives d’évolution nettement plus importantes, accentuées par la hausse exponentielle de la productivité du pays. Il faut dire que ce processus a été plus ou moins directement encouragé par les pouvoirs publics ; qui veulent raccrocher le wagon santognais à la locomotive de Røros ; et notamment par le Parlement qui est la cible d’un [url=https://simpolitique.net/viewtopic.php?p=356788#p356788]lobbying très manifeste[/url] de la part du Jernland et tout à fait assumé. En conséquence, la Santogne est en pénurie de forces vives et le nombre de postes restés vacants en informatique a pratiquement doublé en dix ans, avec une forte accélération ces dernières années. Pourtant, les employeurs n’ont pas ménagé leurs efforts pour séduire les postulants : « On propose à nos ingénieurs informatique berlines en leasing aux frais de l’entreprise et on a même installé une petite piscine à côté des espaces de travail… » déplore le patron d’une PME située à Lucresart, au sud d’Ouradour-sur-Méguès. « Mais visiblement, Altek propose des massages aux pierres chaudes en plus. Je ne peux pas rivaliser ! » continue-t-il.
C’est là qu’interviennent les Sarkhovites. Avec un PIB par habitant de 1 138 $, dix fois inférieur à celui de la Santogne, la Sarkhovie est loin de répondre aux attentes de ses informaticiens hautement qualifiés. Si des efforts ont été réalisés pour améliorer la couverture Internet, force est de constater que la fédération compte encore un grand nombre de [url=https://simpolitique.net/viewtopic.php?p=355381#p355381]zones blanches[/url] et il est difficile pour eux de travailler en dehors de la métropole de Sarkhgorod. Ainsi, pour lutter contre leur pénurie de main-d’œuvre, les sociétés santognaises font de plus en plus appel à des sous-traitants sarkhovites qui travaillent à distance depuis chez eux... tout en étant soumis à la législation santognaise, et donc à de conditions salariales santognaises, plus avantageuses. Payés en pistoles, reconvertis en roubles, ces Sarkhovites sont de grands privilégiés de cette opération qui profite également à l’administration sarkhovite puisque c’est en Sarkhovie qu’ils cotisent et payent des impôts. Cela se fait toutefois au prix d’un déficit d’image de la part de la Santogne : en effet, les Sarkhovites se [url=https://simpolitique.net/viewtopic.php?p=354725#p354725]demandent-ils sur Internet[/url] pourquoi les Santognais sont « si fainéants » ou si « ingrats » avec leurs dirigeants comme avec leurs patrons. Jusqu'ici limitée à des programmeurs en freelance travaillant pour des clients santognais, c'est de plus en plus l’expertise sarkovite en matière de matière d’informatique appliquée à la santé qui est recherchée aujourd'hui : les génomes humains y sont séquencés à la chaîne pour le compte de laboratoires santognais… eux-mêmes travaillant pour le compte de clients jernlanders.
[right]Christine Ménétries[/right][/justify]
Posté : mar. oct. 01, 2019 9:07 pm
par Sébaldie
- [justify][center][img]https://i.imgur.com/oYuVMvi.png[/img]
3 avril 2040
Ames nucléaires fabriquées au Makengo dans les années 1960 : la justice
donne raison à des proches de victimes, l’Etat se pourvoit en cassation
[img]https://i.imgur.com/svChHaV.png[/img]
Dans les années 1960, la Santogne a exposé des ouvriers makengais à des risques
Sanitaires en y délocalisant la fabrication d’ogives nucléaires.
Illustration : Photo de 1965 illustrant un Makengais en train de porter un « mini-nuke » [/center]
C’est une affaire qui dure depuis près de quatre-vingts ans. Si elle n’a pas été un colonisateur « agressif » au niveau institutionnel, en laissant au Makengo une part non négligeable de son autonomie, le pays du Golfe d’Ebène a subi un certain nombre d’exactions informelles pour lesquelles la Santogne a toujours refusé d’assumer sa responsabilité en dépit de preuves accablantes. Parmi elles, l’affaire des bombes tactiques, dites aussi « mini-nukes ». De taille réduite, ces bombes A ou H de faible puissance, destinées à des attaques très ciblées étaient prisées par l’Etat santognais pour moderniser son arsenal, à une époque où le nucléaire régnait en maître. Pour répondre aux besoins pressants et quantitatifs de Forcastel, des usines de fabrication sont délocalisées dans la capitale makengaise. Pourvoyeuses de nombreux emplois, ces fabriques attirent notamment les candidats à l’exode rural, attirés par ailleurs par des salaires élevés – moins toujours beaucoup plus faibles que les standards santognais. La délocalisation du processus de fabrication de ces ogives se révèle très rentable pour Forcastel mais le coût sanitaire est terrible pour les salariés. Négligentes vis-à-vis des impératifs de sécurité, les autorités santognais exposent les Makengais à des substances radioactives au-delà des normes que peuvent supporter les hommes. Les ouvriers makengais ne sont d’ailleurs pas les seuls touchés puisque des contremaîtres d’origine santognaise y sont également exposés. Le scandale ne sera dévoilé qu’à partir de la fin des années 1980, à la lumière d’historiens et de médecins qui alertent sur un nombre très important de cancers chez les ouvriers et de malformations fœtales chez leurs descendants. Dans les années 1970, ce ne sont pas moins de 200 bébés de la région de Lunda qui naissent sans jambes, sans bras, avec des becs de lièvre aggravés ou encore avec des têtes trop petites.
En 1963, le Makengo déclare son indépendance et des militants de ce qu’on appellera plus tard les « Combattants du 22-Mai » (Mayakan 22 Ga Mayu) s’en prennent à l’usine, la condamnant à une fermeture temporaire. Des ogives sont notamment subtilisées. La fabrication se poursuivra jusqu’en 1970, jusqu’au changement institutionnel instituant la République démocratique et populaire du Makengo. Encore aujourd’hui, les Combattants du 22-Mai (dits « les Vingt-Deux ») s’attaquent aux symboles de l’ancien colon santognais et entendent se venger tout à la fois de la Santogne que des élites politiques makengaises qui montrent des connivences avec elle. Le groupe est considéré comme « terroriste » en Santogne, qui le soupçonne de détenir des ogives nucléaires. Préférant éviter le scandale sanitaire, la Santogne s’activera à faire porter l’attention médiatique sur les Vingt-Deux, qui sont les véritables ennemis à abattre. L’opération est plutôt couronnée de succès mais en dépit des efforts déployés, la bataille juridique se poursuit, avec l’appui d’historiens chevronnés.
Les ouvriers de Lunda sont morts depuis longtemps et ce sont leurs arrière-petits-enfants qui demandent, pour eux, que justice soit faite. Certains de leurs descendants souffriraient d’ailleurs de pathologies qui se seraient transmises de génération en génération, au gré des mutations génétiques induites par la radioactivité. Un lien de causalité extrêmement difficile à établir, ce qui explique pourquoi l’affaire dure depuis si longtemps. En 2032, une action collective débouche en première instance sur un non-lieu, déboutant les plaignants makengais. Interjetant appel, ils devront attendre huit ans et la réouverture de l’instruction, pour que leur plainte soit entendue. La Cour d’appel de Forcastel a en effet ce jour condamné l’Etat santognais à verser de substantiels dommages et intérêts à 84 plaignants sur les 130 qui s’étaient constitués partie civile, ainsi qu’à l’Etat makengais par l’intermédiaire d’une officine qui s’est elle aussi constitué partie civile. Une victoire pour les Makengais après des décennies de procédure. Mais dans la foulée, l’Etat santognais s’est pourvu en cassation, clamant la prescription des faits reprochés. Ce qui pourrait allonger la procédure d’une ou plusieurs années encore…
[right]Frédéric Gleyzes[/right][/justify]
Posté : ven. oct. 04, 2019 5:19 pm
par Sébaldie
- [justify][center][img]https://i.imgur.com/kEbcwxN.png[/img]
12 avril 2040
Un pêcheur santognais soupçonné à tort de terrorisme islamique
[img]https://i.imgur.com/SNOKnhY.png[/img]
André (à droite) n’en revient pas de l’incompétence du renseignement santognais[/center]
« Excusez-moi, avec tout ce que j’ai vécu, je suis fatigué et j’ai attrapé un petit rhume… » nous dit André Haillet, qui tient une boutique d’article de chasse et pêche à Nalvisès, dans la province des Bouscarots-du-Méguès. En effet, au-dessous des narines, les petites auréoles humides de sa moustache touffue le trahissent. C’est que André Haillet a vécu une semaine épouvante, où il a dû se confronter à un quiproquo du renseignement santognais, qui a intercepté un appel. Le sexagénaire, très connu des environs, tient sa boutique depuis plus de trente ans et organise des parties de pêche dans cette province plutôt bien lotie en lacs. C’est en proposant de se rendre « au lac à bars » qu’André a été mis sous surveillance après que le système - en partie géré par une intelligence artificielle – ait compris « Allah Akbar ». L’homme qui, de par son activité, se fournit régulièrement en fusils, a ainsi été confondu par le système informatique et des opérateurs humains peu vigilants. « Je m’entretenais avec mon ami, je lui ai dit qu’on allait « bouffer du bon Jésus » mais ces crétins ne savent que c’est une variété de saucisson sec ! » raconte-t-il dépité. Mis en examen le temps de recueillir et vérifier les soupçons qui pèsent contre lui, l’homme n’a pas pu procéder au lâcher de bars et a dû annuler le concours de pêche qu’il organisait tous les ans au mois d’avril. Un manque à gagner important pour le commerçant, qui compte porter plainte et obtenir des compensations financières.
Du côté des cellules antiterroristes, on reconnaît une « défaillance technique ». L’opérateur ayant donné son feu vert pour l’arrestation d’André Haillet se défend, quant à lui, de toute incompétence : « C’est pas ma faute, la communication téléphonique était de mauvaise qualité ! ». En attendant, l’homme a été mis à pied pour faute professionnelle et son avenir dans les services de renseignement dépendra de l’indemnisation dont pourra jouir André Haillet. Pour autant, le premier responsable reste une direction qui fait trop confiance à l’intelligence artificielle pour prévenir les risques terroristes sur le sol santognais. S’inscrivant dans la stratégie plus globale de gouvernement d’une surveillance omniprésente, la transition numérique de l’administration santognaise n’en est à son premier écueil. Déjà, depuis l’année dernière, [url=https://simpolitique.net/viewtopic.php?p=349331#p349331]les ordinateurs gagnent du terrain dans les tribunaux au détriment des juges[/url] et la majorité d’Inès Teysseire, pourtant chantre de la lutte anti-corruption, cache de plus en plus difficilement son allégeance à l’Etat-policier informatisé du Jernland. En attendant, pour éviter de connaître une nouvelle mésaventure de cet acabit, André Haillet s’est juré de ne plus parler de « pêche Allah ligne ».
[right]Matthieu Bozonnet[/right][/justify]
Posté : sam. oct. 05, 2019 2:58 pm
par Sébaldie
- [justify][center][img]https://i.imgur.com/rVlXSZ1.png[/img]
14 avril 2040
Importante manifestation pour alerter le gouvernement sur les
conséquences de sa réforme de l’impôt sur les sociétés
[img]https://i.imgur.com/O2LY5tW.png[/img]
Ces ouvriers du BTP ont répondu à l’appel à manifester après que leur groupe ait annoncé
le retrait progressif de ses activités en Santogne. [/center]
Après la promulgation de la [url=https://simpolitique.net/viewtopic.php?p=356475#p356475]réforme de l’impôt sur les sociétés[/url], très hostile aux acteurs économiques domiciliés à l’étranger mais exerçant leurs activités en Santogne, l’opposition la plus audible n’est pas celle que l’on croit. Si [url=https://simpolitique.net/viewtopic.php?p=356491#p356491]plusieurs groupes[/url] ont pris acte de la réforme en réduisant leurs activités dans le pays, ce sont finalement les salariés de ces sociétés sur le départ qui ont battu le pavé dans plusieurs villes du pays, dénonçant un texte qui « va trop loin », peu convaincus par les promesses de « justice fiscale » du gouvernement. Salariés et patrons ont ainsi adopté une ligne commune, ce que n’a pas hésité à relever le Vice-Premier ministre Husain el-Kaleel Rouvier : « Notre gouvernement est le premier à avoir concilié le petit peuple avec le patronat. » a-t-il ironisé. Mais du côté du gouvernement, malgré ces départs et ces manifestations populaires, on reste inflexibles : « Si je doutais de l’attractivité de la Santogne, je démissionnerais de mon poste de cheffe de gouvernement ! » a martelé la Première ministre Inès Teysseire. L’ancienne juge aux manettes du pays depuis six mois ne croit en effet pas aux menaces de ces groupes, qu’elles relèguent à du bluff. Rappelons toutefois que la dernière fois que Teysseire s’est montrée si inflexible, c’était à l’automne 2037 alors qu’elle était au ministère de l’Economie, en plein conflit social au site logistique du conglomérat teiko Gyôkai. Cela s’est terminé avec des lance-roquettes, un mort de froid, une fermeture du site tout de même actée et un déclin des relations teiko-santognaises. En bref, un jeu à somme nulle.
Basée aux Ménechmes, la société de BTP Divion, a été l’une des récentes à annoncer le retrait de ses activités en Santogne. Alors qu’elle y réalise 30 % de son chiffre d’affaires, elle n’a versé qu’un impôt dérisoire à l’Etat santognais. Une situation que défend la direction : « Avec la nouvelle réforme fiscale, nos charges pour un chantier classique augmenteront de près de 25 %. Mais nos clients sont-ils prêts à acheter exactement le même logement pour un prix 25 % plus élevé ? Nous répondons à une demande, nous ne sommes pas des tricheurs. » a ainsi tranché la directrice de la communication. En bout de chaîne, ce sont ses 2 000 ouvriers qui risquent de pâtir de la réforme du gouvernement : devenue trop peu rentable, la Santogne a fait fuir leur employeur. L’ancien chef de file de l’Alliance pour le pouvoir populaire, Martial Vallotton, aux portes de la prison pour des faits de corruption, a commenté l’actualité en affirmant que « Inès Teysseire n’en a rien à faire de la justice fiscale, elle n’en a rien à faire de mettre des milliers de Santognais au chômage… Elle n’a qu’une idée fixe : tuer la mafia, qui a attenté à sa vie il y a une dizaine d’années et elle mettra tous les moyens pour y arriver. Elle ne le fera pas pour la Santogne, elle le fera pour elle.- ».
[right]Léon Beaugendre[/right][/justify]
Posté : sam. oct. 05, 2019 8:55 pm
par Sébaldie
- [justify][center][img]https://i.imgur.com/oYuVMvi.png[/img]
15 avril 2040
« Nos concitoyens auraient bien besoin d’être initiés à l’économie » :
la leçon de mépris du Vice-Premier ministre
[img]https://i.imgur.com/B4aANdN.png[/img]
Husain el-Kaleel Rouvier était l’invité de l’émission [url=https://simpolitique.net/viewtopic.php?p=355243#p355243]Palabres[/url][/center]
Trou d’air dans la popularité du gouvernement dans un contexte de fortes tensions sociales. La réforme de l’impôt sur les sociétés continue de faire parler d’elle dans la rue comme sur les plateaux de télévision. Voulant s’affranchir des barrières du politiquement correct, le Vice-Premier ministre Husain el-Kaleel est intervenu longuement dans l’émission Palabres d’hier soir pour défendre mordicus la position du gouvernement. L’ancien banquier d’affaires « repenti » et reconverti dans la lutte contre l’optimisation fiscale a affirmé « ne pas comprendre la colère des Santognais » : « Nous avons mené une campagne très claire en 2039, nous avons détaillé tous les tenants et aboutissants de ce projet de réforme et les Santognais nous ont accordé leur confiance pour la mettre en application. Je ne comprends pas la colère des Santognais qui se sont exprimés dans la rue aujourd’hui ! » a-t-il commenté, sans sourciller. « Peut-être parce qu’à cause de vous, ils vont perdre leur emploi dans quelques mois ? » a rétorqué [url=https://simpolitique.net/viewtopic.php?p=351484#p351484]Cassian Larrieu[/url], destiné à en découdre avec le numéro deux du gouvernement, dont la réponse ne sait pas attendre : « Dans ce cas, nos concitoyens auraient besoin d’être initiés à l’économie ». Huées du public. Loin de revenir sur ses propos, Husain el-Kaleel affirme bien au contraire que ces manifestations ont été fomentées par la mafia qui a déclaré la guerre au gouvernement et que la plupart des groupes qui ont annoncé le retrait de leurs activités en Santogne « bluffaient ». « Viriez-vous complotiste, monsieur El-Kaleel ? » se gausse Cassian Larrieu en insistant bien sur le patronyme musulman du Vice-Premier ministre.
C’est que l’histoire de Husain el-Kaleel Rouvier est celle d’un naufrage télévisuel qui sert de faire-valoir à la fachosphère, qui a vivement réagi sur ce qui apparaît comme une marque de profond mépris à l’endroit du peuple santognais. Le sourire de Cassian Larrieu en témoigne. L’émission, qui régale toujours en médiocrité de débats, en est réduite à une succession de phrases assassines. Le repenti-en-chef nuance tout de même son propos en fin de soirée mais juste à la marge : « Je ne veux pas acculer les Santognais qui manifestent librement, comme le leur permet la Constitution, je rappelle en tout bien tout honneur qu’ils sont manipulés par leur hiérarchie, pour qui seule compte la maximisation du profit et l’optimisation fiscale poussée jusqu’à ses dérives les plus perverses. Ils se moquent éperdument de leur sort ! ». Mais le mal est fait et le Vice-Premier ministre n’a pas donné les meilleurs gages d’un gouvernement souhaitant rompre avec les pratiques des vieux partis. La Ligue du Renouveau, qui accordait son soutien au gouvernement, pourrait à l’aune de ce naufrage télévisuel, le monnayer, d’autant plus que le parti d’extrême droite souhaite avoir la peau du premier membre musulman d’un gouvernement santognais. Jusqu’ici hostile à la convocation d’élections anticipées, le recul des intentions de vote pour l’Action Réformiste donne quelques idées à la Ligue.
[right]Frédéric Gleyzes[/right][/justify]
Posté : ven. oct. 11, 2019 3:20 pm
par Sébaldie
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3 mai 2040
Une erreur de greffe permet d’attaquer les discours de « N »
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La scène se situe au tribunal de Rodessac, haut-lieu de l’antifascisme. À l’audience, le prévenu se présente. « Je suis N. E. mais pas haineux. » prévient Nasari Escarguel, chef d’une petite entreprise de transport-routier, « N. E. & Fils ». La victime présumée, Dominique Mpongo, tient à Saurelles un restaurant de spécialités de son pays d’origine, le Makengo. Ce dernier fait appel à la société de transport pour un service exceptionnel de 200 couverts. La cargaison, cependant, arrive à moitié abîmée. Le restaurateur accuse le transporteur, qui accuse le fournisseur, qui lui-même accuse le transporteur. Dominique Mpongo affirme que la marchandise a été délibérément endommagée par le transporteur par simple bassesse raciste. Le chauffeur-routier, ce jour-là, se présente avec un polo « Fier d’être N. E. » aux couleurs de l’entreprise, qui en avait fait la commande pour renouveler la tenue vestimentaire de ses salariés. Aux yeux de Dominique, c’est évidemment une provocation : « N. E. ou haineux… Ils jouent sur l’homophonie mais leur discours nauséabond est bien là ! ». « C’est une blague ? » se défend l’entrepreneur. Hélas pour lui, ce n’en est pas une. L’avocat de la partie civile a en effet pioché dans une vieille décision de 2011, qui a en effet condamné un conseiller municipal de la petite municipalité d’Estrotats, lequel a affirmé que « les étrangers mettent neuf mois à descendre leurs poubelles ». Dans la retranscription de la décision, il est en effet mention d’une condamnation pour « discours de N ». Une erreur du greffier qui a oublié de corriger cette astuce sténographique. Si le transporteur a bien sûr fait appel de cette décision, qui a de très fortes chances d’être annulée, Cacarinette annonce qu’elle en prend acte en abandonnant la lettre N. Et ivite la Satoge et la CD à e faire de même.
[right]Fraçois Sait-Pierre[/right][/justify]
Posté : sam. oct. 12, 2019 8:16 pm
par Sébaldie
- [justify][center][img]https://i.imgur.com/oYuVMvi.png[/img]
6 mai 2040
Une réforme constitutionnelle trahit la tentation autoritariste du gouvernement Teysseire[/center]
Peu médiatisée, une réforme constitutionnelle a été actée par le collège de grands électeurs (députés et conseillers provinciaux). À l’image du « volontarisme » qui cache un certain autoritarisme de la Première ministre, le nouveau gouvernement veut se donner les moyens de réduire à néant la mafia mais au prix de quelques réductions de libertés individuelles et de dénis de démocratie. C’est la lecture qu’on peut faire de la révision qui a été entérinée. Un nouvel article de la Constitution prévoit ainsi que le gouvernement pourra à l’avenir bénéficier de « pouvoirs exceptionnels » s’il obtient à la fois l’accord du Président et du Parlement pour une durée de trente jours. Au terme de ces jours, le Gouvernement pourra demander la reconduction de ses pouvoirs mais cette fois-ci à une majorité qualifiée du Parlement des, faute de quoi des élections anticipées devront être enclenchées. Un garde-fou non présent dans la version initiale du texte mais qui a été négocié pour obtenir son adoption. Autre mesure phare de la réforme constitutionnelle, la réforme du mode de scrutin accordera désormais une prime majoritaire de 10 % à la liste arrivée en tête au niveau en tête, c’est-à-dire 20 députés. Là encore, Inès Teysseire – qui veut se prémunir d’un nouveau scénario de gouvernement minoritaire – a dû jouer des coudes pour accepter cette disposition qui réduira la proportionnalité du scrutin, jusqu’ici sacrée. La version initiale du texte prévoyait d’ailleurs une prime de 20 %, inacceptable pour le collège de grands électeurs qui refuse de donner les pleins pouvoirs.
Mais quelles ont été les conditions pour faire passer en force cette réforme non prévue au programme électoral de l’Action Réformiste ? L’association Ethipol, qui veille à l’éthique en politique, « s’inquiète d’une dérive autoritaire de celle qui était présentée comme une chantre de l’Etat de droit », observe que « la volonté réformiste d’Inès Teysseire lui en fait oublier son intégrité à toute épreuve de juge » et pose un diagnostic implacable : « L’association Ethipol regrette la Juge Teysseire, avec laquelle elle a beaucoup travaillé, et qui était intraitable avec les tricheurs du système ; et critique la Ministre Teysseire qui semble reproduire ce qu’elle reprochait à ses anciens prévenus en changeant les règles du jeu ». Ce divorce est d’autant plus consumé que pour Ethipol, c’est un « pacte avec le diable » qui a été signé entre le Gouvernement et son partenaire discret, la Ligue du Renouveau, qui promettait sous l’ancienne mandature de laver plus blanc que blanc, avec le résultat prévisible. Selon des sources proches du pouvoir, ce pacte prévoirait notamment l’élection de l’ancienne Première ministre Roseline Delpuech à la présidence du pays le 1er juin prochain, et à la nomination de juges compatibles avec les intérêts de la Ligue à la Cour Suprême.
[right]Justin Cazal[/right][/justify]
Posté : sam. oct. 12, 2019 10:34 pm
par Sébaldie
- [justify][center][img]https://i.imgur.com/iB4oEW7.png[/img]
7 mai 2040
Comment un anime teiko a réconcilié les altermondialistes
santognais avec la culture populaire néchinésienne
[img]https://i.imgur.com/oZQG8zE.png[/img]
Hahanaru Shizen (母なる自然 | « Mère Nature ») est une série animée teiko prônant la permaculture[/center]
2031. Au Parlement santognais, un texte porté par le Parti populaire est déposé. Celui-ci propose sans vergogne d’interdire tout bonnement et simplement la diffusion de mangas et d’animes sur le territoire national et prévoit à cet effet la création d’un organisme de censure chargé d’appliquer l’interdiction. La proposition de loi est rejetée à 93 voix contre 90, soit à trois voix près. Il n’empêche qu’elle traduit une certaine hostilité de la part de Santogne à l’égard de cet art nippon. Abusivement qualifiés d’idiots et/ou de violents, les mangas sont toutefois vus comme des menaces, à une époque où le pays cherche encore à valoriser ses propres productions télévisuelles nationales pour faire oublier la [url=https://simpolitique.net/viewtopic.php?p=344390#p344390]période cinématographique « nanar »[/url] ; mais aussi et surtout pour répondre aux attentes d’un lobby de la [url=https://simpolitique.net/viewtopic.php?p=343928#p343928]bande dessinée[/url] particulièrement actif sur ce sujet. Un responsable de la Ligue du Renouveau dira d’ailleurs que « seuls des yeux bridés peuvent être émerveillés par la diarrhée graphique proposée par les mangas »… mais hélas, la contestation est protéiforme et, en plus des rejets motivés par le nationalisme voire le racisme anti-déchinésien, les altermondialistes regrettent l’arrivée massive de ces productions de pays valorisant « l’individualisme et la modernité à tout-va ».
Pour autant, les mêmes ont répondu présent à l’appel de « Mère Nature » ou « Hahanaru Shizen » en version originale. Cet anime, qui jouit d’une diffusion presque confidentielle à la télévision – à tel point qu’il n’est pas doublé mais seulement sous-titré en gallique (avec de nombreuses fautes d’orthographe) – met en scène une fille qui, en voyant [url=https://simpolitique.net/viewtopic.php?p=329016#p329016]de moins en moins d’oiseaux[/url] dans son jardin, prend conscience que la Terre court un grand danger. Prédestinée à de grandes études, elle claque tout et décide à sa manière de se préparer à l’Apocalypse, avec un discours de résilience qui fait écho à celui des survivalistes, dont la Santogne est [url=https://simpolitique.net/viewtopic.php?p=357131#p357131]devenue un haut-lieu[/url]. La permaculture est au cœur de l’histoire et la série fourmille d’astuces pour retrouver un équilibre entre l’agriculture et la préservation de l’environnement. À tel point que l’anime est sérieusement proposé à des agriculteurs et reconversion ou des primo-agriculteurs, à qui on conseille de revenir à la traction animale pour ne pas s’endetter avec une machinerie coûteuse et difficilement rentabilisable. De quoi en revanche accentuer la guerre que le Parti populaire (conservateurs), chantres de l’intensif, mène tambour battant contre les « néchinaiseries ».
[right]Fabien Grosjean[/right][/justify]
Posté : lun. oct. 14, 2019 7:56 pm
par Sébaldie
- [justify][center][img]https://i.imgur.com/QqBwGBR.png[/img]
12 mai 2040
« Il y a la CND et il y a le Tiers-monde »
[img]https://i.imgur.com/tQYnfKI.png[/img]
Les propos d’Amaury Cravemortes, « whip » du gouvernement, ont fait polémique[/center]
Il est l’un des députés les plus en vue et les plus influents de l’Action Réformiste. Amaury Cavemortes exerce surtout dans l’ombre : président du groupe du parti du gouvernement au Parlement, il s’assure de la bonne discipline de groupe dans les votes et remet sur le droit chemin le moindre mouton égaré. C’est également lui qui a permis d’obtenir une majorité auprès des grands électeurs pour voter la réforme constitutionnelle accordant de plus grands pouvoirs à l’exécutif. Cet ancien haut-fonctionnaire de 57 ans est aussi un « ocaludophilie » féru : il collectionne les plateaux de jeu de l’oie et en possède à ce jour près de 1 200 différents. « Le jeu de l’oie nous rappelle de manière ludique l’immortalité de l’homme, de son âme, la transmission d’un savoir précieux. Par exemple, lorsqu’un joueur tombe dans le puits de la case 31, il ne peut en sortir que si un autre joueur prend sa place. C’est évidemment une métaphore ! Le puits, c’est celui de la connaissance, qui nous permet de poursuivre le chemin initiatique. Seuls les pays de la CND sont tombés dans le puits aujourd’hui. Les autres, ce sont les oies stupides qui prennent des raccourcis comme celui du pont de la case 6. » explique-t-il autour d’un café au lait de soja de Forcastel, à quelques encablures du Parlement. L’homme affiche un sourire plutôt bienveillant mais son jugement est implacable : pour lui, la Santogne pourrait être à l’avant-garde de cette initiation et atteindre la case 63 beaucoup plus rapidement si les forces vives n’étaient pas « enfermées » dans des pays qui n’en valent pas la peine. « Franchement, quand vous voyez les scientifiques caskars ou karmalis travailler d’arrache-pied… Vous ne vous dites pas qu’ils perdent leur temps là-bas ? ».
Lorsque l’on évoque la première place du Karmalistan pour l’[url=https://simpolitique.net/viewtopic.php?p=357340#p357340]Indice d’Attractivité Intellectuelle et Univesitaire[/url], Amaury Cravemortes laisse échapper un rictus : « Désolé, je ne veux pas être désobligeant. Mais le Karmalistan est fondé sur une binarité insupportable pour n’importe quel intellectuel digne de ce nom. Le bien et le mal, l’oppresseur et l’oppressé, l’Orient et l’Occident, le Pur et le Décadent. Ces jugements moralistes et à l’emporte-pièce n’ont pas leur place dans un raisonnement scientifique. Cette binarité est même matérialisée par un mur, protégeant l’arrière-pays de la « décadence » du résidu du Dahar. ». Avec une quinzaine d’autres parlementaires dont il a pris le leadership, Amaury Cravemortes a fondé un collectif qui souhaiterait s’accaparer des « forces vives » des pays extérieurs à la CND pour les amener à « réfléchir l’homme du XXIIe siècle » avec le reste des pays de la Communauté, d’où le sobriquet de « Collectif XXII » donné à ce qui n’est pour l’instant qu’un simple groupe de réflexion. Mais le ministre des Affaires étrangères est assez proche de leurs convictions et réfléchit à une politique d’élargissement des visas, indépendamment des pays d’origine. Une idée, pourtant, qui est loin de plaire à la Ligue du Renouveau qui soutient (encore ?) le gouvernement.
[right]Robert Chastain[/right][/justify]
Posté : mar. oct. 15, 2019 9:06 pm
par Sébaldie
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15 mai 2040
60 000 Santognais vivent sous terre, « attendant la fin du monde »
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Ce couple est fier de son acquisition[/center]
11 mars 2024. Une affaire fait grand bruit en Santogne : la police déloge une famille de huit – six enfants et leurs deux parents – reclus sous une maison abandonnée, saisie par les huissiers en pleine crise économique. Propriétaires ruinés de la demeure, les deux parents qui ne voyaient plus l’intérêt de payer leurs factures dans un monde au bord du gouffre, avaient construit l’abri souterrain pour mieux aborder la fin des temps. Déclarée depuis dix ans disparue, en fuite à l’étranger, la famille avait littéralement disparu des radars et c’est au détour d’une analyse thermique de la maison qu’un promoteur immobilier a pris connaissance de son existence. Les enfants, tous âgés de moins de quatorze ans et trop jeunes pour avoir connu le monde extérieur, ignoraient qu’il existait d’autres formes de vie humaine et accusaient un retard mental notable. À contre-courant de l’héliotropisme, leurs parents avaient fait le choix de vie souterraine et ont depuis migré d’un lieu clos vers un autre, incarcérés pour maltraitance et mise en danger d’autrui. Les Santognais découvraient alors un phénomène dont ils ignoraient alors qu’il était loin d’être exceptionnel. Une cellule du Ministère de l’Intérieur chargée de la lutte contre les mouvements sectaires estime qu’il existerait en 2040 près de 60 000 individus qui vivent sous terre en Santogne, de manière plus ou moins régulière et pour des motifs variés. Politiques tout d’abord puisque la Santogne est malgré elle la référence du tourisme survivaliste et des collapsologues de tous bords. Mais les motivations sont également plus terre-à-terre, pour fuir ses dettes ou le tumulte du quotidien. Parmi ces 60 000 « taupes », de nombreux ménages ont fait le choix d’une vie souterraine partielle, le temps d’un week-end par exemple.
La multiplication de ces terriers a pris de court le législateur, qui a dû agir en urgence pour définir un cadre réglementaire de ces constructions qui font la joie de nouveaux acteurs du BTP. Mais la loi est difficilement applicable : ce qui est sous terre ne se voit pas. Aussi, contrairement aux cabanes, yourtes et autres roulottes qui s’installent sur des terrains sans permission et qui sont très vite débusqués par les pouvoirs publics, les abris souterrains passent à la trappe, littéralement. La vie de taupe, pourtant, est de plus en plus assumée et les intéressés s’échangent de bons tuyaux sur les réseaux sociaux. « Autonomie en eau : comment collecter les eaux de pluie et alimenter son abri ? » s’interroge un blog spécialisé sur la question, aux côtés d’articles sur la vitamine D, synthétisée par le soleil et d’astuces pour conserver des aliments frais. Et le gouvernement a bien des raisons de s’inquiéter : 60 000 Santognais, c’est le double d’il y a quinze ans.
[right]Justin Cazal[/right][/justify]