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Posté : jeu. juil. 25, 2019 8:53 pm
par Sébaldie
    • [justify][center][img]https://i.imgur.com/QqBwGBR.png[/img]
      15 septembre 2039

      Les Dégagistes accusent le Vice-Premier ministre de fraude au cadastre

      [img]https://i.imgur.com/1zkQUzC.png[/img]
      Martial Vallotton est accusé d’avoir intercédé en faveur de Lorthon Energy
      pour que la société pétrolière installe sa raffinerie près des marais mourbiens[/center]

      Adam Moysset l’avait dit le 7 septembre dernier : il « [url=https://simpolitique.net/viewtopic.php?p=354078#p354078]lâcherait prochainement du lourd[/url] » mais d’aucuns prédisaient plutôt une bouffonnerie qu’un scandale de cette ampleur. Au cours d’une conférence de presse très médiatisée, le chef de file des Dégagistes s’est d’abord étendu sur les exigences de probité, d’intégrité en politique, avec un ton grave qu’on lui connaît assez peu. Puis vient le couperet : « J’ai la preuve que le Vice-Premier ministre, monsieur Vallotton, ne remplit en rien ces exigences. ». Selon l’homme politique, qui a envoyé une heure avant, à l’ensemble des grands médias santognais, les preuves de son accusation, le Vice-Premier ministre aurait intercédé entre 2036 et 2038 en faveur de Lorthon Energy pour l’installation d’une raffinerie de la firme lorthonienne près des marais mourbiens, un écosystème fragile qui risque bien d’être condamné par les activités pétrolières du groupe. Concrètement, le Vice-Premier ministre aurait fait pression sur l’Organisme de gestion du patrimoine de l’Etat santognais pour que le terrain d’implantation soit divisé en petits lots, reclassifiés ensuite de « terrain domanial » à propriété privée, avant d’être légalement cédés à Lorthon Energy. Une telle procédure est légale dans certains cas, mais les cessions doivent être justifiées, motivées et transparentes, ce qui n’est pas vraiment le cas ici. « Martial Vallotton a dû apprendre la politique auprès des membres du Mitan (la mafia la plus influente du pays, ndlr) » analyse Ethipol, l’organisation qui s’intéresse aux conflits d’intérêts et faits de corruption d’hommes politiques.

      L’affaire est suffisamment prise au sérieux pour que le parquet ouvre une instruction. Cet après-midi, au détour d’une rue, alors qu’il se rendait à son ministère, Martial Vallotton a déployé un cordon policier pour empêcher les journalistes de l’interroger, le visage bien plus grave qu’à l’accoutumée. Il devrait être entendu, au même titre qu’Adam Moysset qui ne boude pas son plaisir, les deux hommes ciblant un électorat similaire, de Santognais dégoûtés par la politique. Si les faits sont vérifiés, Martial Vallotton pourrait risquer jusqu’à dix années d’emprisonnement et une amende de 300 000 pistoles. Mais en attendant que la lumière soit faite, la crédibilité déjà mise à mal du ministre est anéantie, une catastrophe à quelques semaines du scrutin législatif où son parti peine à sauver les meubles. Le scandale devrait logiquement toucher tout le gouvernement et même au-delà des frontières santognaises. L’amitié entre Martial Vallotton et le Premier ministre lorthonien précédent, Daniel Ceallach, est de notoriété publique, et Lorthon Energy est d’une telle importance qu’il est difficilement imaginable que le ministre travailliste n’ait pas entretenu de liens privilégiés avec le groupe pétrolier. Cela ne risque pas, enfin, de calmer l'opposition écologiste, qui a été revigorée par la [url=https://simpolitique.net/viewtopic.php?p=348438#p348438]reprise du projet en 2038[/url].


      [right]Roger de Féret[/right][/justify]

Posté : ven. juil. 26, 2019 2:53 pm
par Sébaldie
    • [justify][center][img]https://i.imgur.com/rVlXSZ1.png[/img]
      18 septembre 2039

      Après son virage à gauche, le Gandhari obligé de donner des gages
      de sa compatibilité avec l'oligarchie économique mondialisée


      [img]https://i.imgur.com/s8GGAMg.png[/img]
      Des zones franches poussent comme des champignons dans la république janubienne.[/center]

      Depuis le mois de juillet, la République du Gandhari vit sous les cinquante nuances de rouge de sa coalition gouvernementale, menée par la communiste Asha Lota et conclue par le parti travailliste et les pastèques de l’UER. L’accord de coalition, qui prévoit pêle-mêle un interventionnisme dans les secteurs économiques en difficulté, un salaire minimum, le développement de la géothermie et l’instauration de référendums d’initiative citoyenne, repose sur une faible majorité à la Lok Sabha, la Chambre du Peuple : 214 sièges sur 465. Dès lors, le gouvernement minoritaire doit s’appuyer sur des majorités de projet. C’est ainsi qu’à rebours de ce que l’on peut attendre d’un gouvernement communiste, le cabinet Lota s’est empressé de créer environ cinquante zones franches sur le territoire gandharien, qui prévoient d’importantes réductions fiscales – de l’ordre de 25 à 50 % - ainsi qu’une exemption d’impôt foncier, dans le but de séduire tout particulièrement les multinationales. Des îlots d’anarchie économique pour que la communauté internationale tolère mieux le matraquage fiscal des citoyens et entrepreneurs partout ailleurs, l’idée ne date pas d’hier : la Phalanstérie communiste l’avait [url=https://simpolitique.net/viewtopic.php?p=344185#p344185]appliquée sur les côtes mistralines[/url]. Des entreprises santognaises, comme le groupe d’électroménager Maïstrau, avaient alors fait le choix de s’y installer. Au Gandhari, le projet de loi a fait le plein de voix dans les rangs du parti communiste, ce qui laisse augurer une majorité certes faible au Parlement mais constituée de parlementaires godillots et disciplinés, avec lesquels Asha Lota peut diriger le pays facilement jusqu’en 2043. Si la ministre de l’Economie Iasmina Sembi enfonce une porte ouverte en rappelant que le gouvernement ne s’inscrira pas une dictature du prolétariat, elle omet de préciser que ce projet de zones franches sera en plus anti-méritocratique, et qu’il n’insufflera pas d’esprit d’entreprenariat chez le commun des mortels gandhariens et que sa petite entreprise si elle voit le jour restera pénalisée par rapport aux grands noms de l’économie mondiale, qui sont les derniers à avoir besoin d’exemptions fiscales pour exercer leur activité.

      Peut-être est-ce là finalement la logique du gouvernement Lota, asservir et réduire la population à une autre forme de dictature, celle du salariat. Cet épisode traduit par conséquent l’incompatibilité de l’idée communiste aux enjeux économiques actuels. Il a suffi de neuf jours, entre la publication des résultats et l’annonce du ministère de l’Economie, pour que le Gandhari rouge-rose-vert se rende compte de l’inapplicabilité de son dispendieux et utopique programme. Le problème, c’est que ni lui, ni les multinationales qu’il promet d’arroser d’avantages fiscaux, ne devront assumer l’effort. La classe moyenne, celle du petit entrepreneur trop peu miséreux pour bénéficier des soutiens économiques promis mais aussi trop peu riche pour couler des jours heureux dans une zone franche où les places sont rares et chères. Toujours est-il que le projet a eu l’effet escompté : les milieux économiques sont enthousiastes nous apprend la [url=https://simpolitique.net/viewtopic.php?p=353898#p353898]presse nationale[/url] et la Santogne devrait participer au banquet : le constructeur automobile Despine a engagé des pourparlers pour installer une unité de fabrication de voitures d’entrée de gamme dans la plateforme industrielle franche de Bunaghar et Orbis Communications devrait en faire autant pour la construction de ses pièces à faible valeur ajoutée, non loin de là, dans la zone aérospatiale de la capitale gandharienne. Pour atténuer la colère des petites gens, Asha Lota ne propose pas de rompre avec le paradigme actuel mais leur promet un quotidien plus « vivable », en annonçant par exemple l’[url=https://simpolitique.net/viewtopic.php?p=354095#p354095]abolition de la peine de mort[/url]… mais seulement après avoir appuyé [url=https://simpolitique.net/viewtopic.php?p=353237#p353237]une dernière fois[/url] sur la gâchette contre le principal opposant, Sankar Amrish ; ou renforcer la démocratie… mais seulement après avoir [url=https://simpolitique.net/viewtopic.php?p=354263#p354263]évincé un parti de l’opposition de toute représentation[/url]. Finalement, la jeunesse d’Asha Lota ne l’empêche d’être dotée de la qualité la plus essentielle pour une personnalité politique de son rang : le cynisme.


      [right]Cassian Larrieu[/right][/justify]

Posté : sam. juil. 27, 2019 1:47 pm
par Sébaldie
    • [justify][center][img]https://i.imgur.com/iB4oEW7.png[/img]
      20 septembre 2039

      « Si les enfants valvates se suicident, c’est parce qu’ils peuvent voir le CO2 à l’œil nu »

      [img]https://i.imgur.com/dacMp0T.png[/img][/center]

      Atteignant l’âge de raison, de nombreux enfants valvates font face à l’évidence : la Terre ne se remettra de ses fléaux écologiques. Pire, la situation empirera. Une situation évidemment anxiogène pour ces êtres humains qui appréhendent le XXIIe siècle. 521 enfants du royaume natolicain ont d’ailleurs mis fin à leurs jours, s’émeut la [url=https://simpolitique.net/viewtopic.php?p=354302#p354302]presse valvate[/url], une catastrophe de santé publique à laquelle le gouvernement, proactif sur ces questions voire culpabilisateur, n’est pas étranger. L’enfer est pavé de bonnes intentions en ce sens où la responsabilisation dès le plus jeune âge des enfants a fini par leur soustraire toute part de naïveté et à en faire d’ores et déjà des adultes. Les enfants valvates constatent qui plus est qu’en dépit des efforts réalisés par leur pays, celui-ci est toujours victime de la pollution - plastique notamment – du reste du continent, une situation empirée par la situation géographique du pays, en cuvette. Pour autant, l’ampleur du phénomène est telle aux Valvatides qu’une unité de recherche environnementale affiliée à l’Université de Fos-sur-Méguès se dit certaine que les enfants valvates ont développé la capacité de voir à œil nu le dioxyde de carbone, pourtant incolore. « Le corps est une étonnante machine. Si vous regardez un film d’épouvante centré sur des insectes tueurs, vous aurez une envie irrépressible de vous gratter. Si vous êtes malade, des pensées positives peuvent vous guérir. Dès lors, si dès le plus jeune âge, on vous apprend que l’air autour de vous est pollué, partout où vous allez, que vos urines sont contaminées même si vous habitez au point le plus éloigné de toute civilisation humaine avec une alimentation exclusivement biologique, vos craintes finiront par être matérialisées et visibles » explique tout à fait sérieusement le directeur de recherche, Marian Bernier.

      Pour autant, le scientifique l’affirme : ce ne sont pas des hallucinations, mais un simple processus d’évolution. « De la même manière que nous avons perdu la pilosité de nos ancêtres préhistoriques à force de porter des vêtements, et que des animaux normalement diurnes deviennent nocturnes pour fuir leur prédateur humain, les yeux de nos descendants vont s’adapter aux nouveaux dangers et seront en capacité de déceler en un coup d’œil le dioxyde de carbone, le méthane et le protoxyde d’azote. » continue Marian Bernier. Pour confirmer l’hypothèse, l’unité de recherche s’est rapproché des autorités valvates pour tenter, éventuellement, de procéder à une autopsie détaillée des enfants victimes de cette « angoisse écologique » que les psychiatres ont savamment rebaptisée « solastalgie » - du latin « solacium », la consolation et la racine grecque « -algia », la douleur. Il est toutefois peu probable que les autorités du royaume accèdent à cette requête. Elle serait par ailleurs la conséquence des principes hygiénistes du XIXe siècle qui ont mis au grand jour la présence d’agents pathogènes invisibles – microbes, bactéries, virus… - mais capables de terrasser des hommes et des écosystèmes. C’est surtout l’idée qu’on ne peut rien faire pour y lutter et que les efforts déployés seront toujours insuffisants qui participe de cette solastalgie. Autour de ce concept se développe néanmoins toute une « économie de la peur » : [url=https://simpolitique.net/viewtopic.php?p=343867#p343867]stages de survivalisme[/url] en Santogne, bunkers souterrains et stériles vendus par la République de Grande-Basilogne (Amarantie)… Si les enfants valvates sont capables de percevoir des gaz à effet de serre à l’œil nu, ils n’ont toutefois pas forcément la même lucidité quand il s’agit de voir l’instrumentalisation politique et économique de leurs angoisses.


      [right]Bruno Allaire[/right][/justify]

Posté : lun. juil. 29, 2019 9:10 pm
par Sébaldie
    • [justify][center][img]https://i.imgur.com/oYuVMvi.png[/img]
      27 septembre 2039

      En Ennis, une élection taillée pour lui

      [img]https://i.imgur.com/E4FlsWA.png[/img]
      L’Amiral Lúi Ó Móráin a su se faire élire président dans un parfait alignement des planètes[/center]

      On votait en Ennis pour désigner le nouvel homme fort du pays. Malgré des réserves de voix d’entre-deux-tours défavorables, l’Amiral Lúi Ó Móráin qui chapeautait le gouvernement militaire provisoire l’a finalement remporté sur le fil, avec 50.59 % des suffrages, à l’élection présidentielle prévue par la nouvelle Constitution. Le candidat militaire a ainsi surtout capitalisé sur le sentiment légitimiste de la population encore marquée par les attentats de Dunmore perpétrés par une faction communiste. Il a ainsi battu le candidat social-démocrate Máedoc Ó Ciaragáin, candidat parapluie qui se veut la jonction entre la gauche pragmatique vendu à l’économie de marché et la vrauche séduite par les promesses de taxation des riches sans jamais changer de paradigme économique. Candidat par défaut, choisie par des électeurs de gauche aux abois, Máedoc Ó Ciaragáin n’est pas parvenu à faire couler l’amiral. Les commentateurs politiques arguent que le coup de force de l’éphémère Première ministre gandharienne Asha Lota contre la Vasconie ont pesé sur la balance au dernier moment. Non mécontent d’avoir fait faire demi-tour aux navires gandhariens par un seul froncement de sourcils, l’Amiral Lúi a pu se construire la stature d’homme d’Etat que rêvait une population ennissoise au bord du burn-out. Au niveau diplomatique, cette victoire du militaire n’est pas de bon augure : partisan d’une ligne virile et donc inflexible, Lúi, celui dont le prénom le prédestinait à un dessein divin, compte bien mater les technocrates lébiriens et les utopistes westraits comme la jeune et naïve ministre janubienne.

      La peur n’étant pas bonne conseillère, la loi fondamentale votée – si elle garantit les droits fondamentaux - accorde ainsi au nouvel élu qui l’est avec à peine plus de la majorité des suffrages, des pouvoirs conséquents. La mouture du texte, beaucoup plus conservateur que le précédent, abolit entre autres le système fédéral pour le remplacer par un régime unitaire beaucoup plus centralisé et paternaliste. Mais surtout, la Constitution accorde aux militaires un tiers des sièges du Parlement, dont le renouvellement est imminent. S’il ne fait aucun doute que le Président Ó Móráin disposera de la majorité nécessaire pour gouverner, cette disposition constitutionnelle a certainement et sournoisement influencé le scrutin présidentiel, en incitant les électeurs à voter « utile » pour un candidat qui ne devra pas batailler avec une majorité étriquée. La position moins va-t’en-guerre du candidat social-démocrate, peu compatible avec les ambitions personnelles des chefs d’Etat-major, a clairement joué en sa défaveur. Par la voix de la Première ministre Roseline Delpuech, le gouvernement santognais a sobrement félicité le président élu tandis que le ministre des Affaires étrangères, empêtré dans le scandale de la raffinerie, a observé un inhabituel silence radio. La Santogne se rendra à son tour aux urnes d’ici trois semaines et la pressentie pour succéder à Delpuech, Inès Teysseire, compte elle aussi afficher une inflexibilité face à l’Ennis, et sur l’épineux sujet du secret bancaire.


      [right]Tibotz Casaban[/right][/justify]

Posté : mer. juil. 31, 2019 10:11 am
par Sébaldie
    • [justify][center]30 septembre 2039[/center]

      [/justify]

      [img]https://i.imgur.com/UGBQJab.png[/img] | Rentrée littéraire : les essais anti-CND à l’honneur
      [justify] « J’ai perdu mon travail à cause de la CND », « Les dessous noirs cachés de la CND. », « Témoignage d’un ancien collaborateur de la CND. », « CND : ce qu’ils ne vous disent pas. », « Le nouvel empire dytolien », « CND, la Communauté des Nations Diaboliques », « Comment ne pas se laisser envahir par la CND ? Petit guide de développement personnel »… Ces titres aguicheurs font partie des livres les plus vendus à la veille de la rentrée littéraire en Santogne, un succès qui ne se dément pas et porté par la mauvaise image dont pâtit l’organisation dans le tiers monde. Loin d’être de fines analyses, ces essais bradés jusqu’à 5.99 ₱ reprennent les poncifs étayés dans la presse internationale, sur les prétentions hégémoniques de la CND sur le continent et autres élucubrations sur son échec. « Ces pamphlets contre la CND traduisent d’une part l’absence de superpuissance mondiale après la Grande Hégémonie et d’autre part la volonté de nombreux Etats à ce qu’il n’en existe jamais. Les recherches de la presse karmalie, qui s’attèle à identifier LA superpuissance de ce monde, pourraient ainsi être vaines. Il serait de bon ton d’estimer qu’en absence d’une telle puissance dans ce monde, tous les Etats sont sur le même pied d’égalité mais ce serait de la paresse intellectuelle. La vérité est bien moins heureuse, puisque toute tentative en faveur de la paix, qui ne surviendra qu’au travers d’une harmonisation des règles et des codes de conduites se retrouve annihilée face à ce que j’appelle la « souverainitude », cette tendance enfantine et populiste des Etats à se croire David contre Goliath et à faire de leur « souveraineté » une fin en soi, qui serait en permanence menacée. L’ironie de l’histoire, c’est que ce sont des pays d’une CND qualifiée à l’étranger de populiste, raciste et belliqueuse qui incarnent le fer de lance de cette harmonisation. » résume le critique littéraire Théophile Battier. En Flavie, ces livres, transmis depuis la frontière à travers les barbelés, se vendent comme des petits pains sous le manteau et sous la « souverainitude » de Sa Majesté Alexandre III qui peut par un seul froncement de sourcils refuser à une entreprise flouée par une autre d’obtenir gain de cause en justice et même d’en démarrer la simple procédure. Mais au moins, nous apprend-t-on, les personnes flouées sont heureuses d’habiter un pays souverain. Toujours est-il que se développe une véritable économique de l'anti-CND : outre des livres, des vidéos monétisées voire des chansons, le sentiment anti-CND a fait [url=https://simpolitique.net/viewtopic.php?p=353946#p353946]gagner quelque 105 millions $[/url] à des fournisseurs santognais et lorthoniens de Megasector.[/justify]


      [img]https://i.imgur.com/r0uDdFJ.png[/img] | Dernière ligne droite avant les élections du 16 octobre
      [justify]Loin de donner une vision claire de ce qui sortira des urnes le 16 octobre prochain, les [url=https://simpolitique.net/viewtopic.php?p=354464#p354464]derniers sondages[/url] témoignent simplement que la liste d’Inès Teysseire devrait arriver très largement en tête, frôlant la barre des 40 % des voix. Le gouvernement sortant perdrait la moitié de ses élus : le scandale entourant le Vice-Premier ministre Martial Vallotton a pris de la consistance depuis que des sources lorthoniennes ont confirmé la possible fraude à laquelle s’est adonné le chef de file de l’Alliance du pouvoir populaire. Egalement impactée, la Ligue du Renouveau parvient tout de même à garder les meubles tandis que le Parti populaire se refait une santé grâce à Patrice Mallet qui mène une campagne très active contre Inès Teysseire. De nombreuses incertitudes demeurent tout de même puisque quatre liste se situent autour du seuil électoral de 5 % : outre l’Alliance du pouvoir populaire, le Mouvement Social-Démocrate, timide lors de ce scrutin, pourrait lui aussi passer en-dessous de barre et perdre ses élus. À l’inverse, porté par un contexte extrêmement favorable, le Parti Communiste Santognais atteint 4 % d’intentions de vote, un rebond inespéré pour le parti qui se résignait à passer les quatre prochaines années en dehors du Parlement, mais qui ne garantit pas encore des élus. La liste des Dégagistes s’est, quant à elle, dégonflée comme une baudruche et ne parvient plus à repasser au-dessus des 5 %. À noter que le Parti communiste et les Dégagistes ont tous deux fait campagne sur un sentiment anti-CND. Si les premiers reprochent une « CND taillée pour l’économie de marché et le capitalisme effréné », les seconds estiment qu’elle viole la souveraineté du peuple santognais et promettent un référendum sur la sortie de la Santogne de l’espace communautaire. Les partis crédités de plus de 5 % sont, il est vrai, tous plus ou moins acquis à la cause de la CND, même si l’on observe de plus en plus de résistance dans les rangs de la Ligue du Renouveau. Au-delà de la question des scores que réaliseront chacune de ces listes, se pose celle de la coalition, qui promet des tractations très difficiles. En dehors d’un gouvernement minoritaire d’Inès Teysseire, ou d’une éventuelle collaboration entre Teysseire et la Ligue du Renouveau, aucune coalition évidente ne semble se dégager et des élections anticipées pourraient être déclenchées par le Président.[/justify]

Posté : ven. août 02, 2019 9:22 pm
par Sébaldie
    • [justify][center][img]https://i.imgur.com/QqBwGBR.png[/img]
      6 octobre 2039

      Le Parti communiste voit ses espoirs se concrétiser peu à peu

      [img]https://i.imgur.com/jTX0VX5.png[/img]
      Les meetings du parti attirent de plus en plus de curieux[/center]

      Les militants ne cachent pas leur joie face aux sondages de plus en plus favorables : selon le dernier baromètre, le Parti communiste serait ainsi [url=https://simpolitique.net/viewtopic.php?p=354694#p354694]crédité de 5.5 %[/url] au niveau national, au-delà du seuil de 5 % nécessaires. « On va enfin crever ce plafond de verre ! » s’enthousiasme Gaëtan Rochette, un cadre du parti figurant à la neuvième place – éligible – de la liste communiste, exclue de toute représentation parlementaire depuis le début des années 2020. Plus précisément, le parti avait subi de plein fouet la concurrence des partis populistes, réduisant l’électorat communiste à quelques irréductibles, le plus souvent âgés ou agrégés de philosophie, au détriment des classes populaires ciblées. La chute de l’Alliance du pouvoir populaire qui, loin d’être une alternative au capitalisme, a fait entrer la Santogne dans un libre-marché dytolien, a rebuté nombre d’entre eux. Le scandale entourant sa figure de proue, le Vice-Premier ministre Martial Vallotton, n’a fait qu’achever ce processus de désaveu. Faisant de la sortie de la Santogne de la Communauté des Nations Dytoliennes son nouveau credo, le Parti communiste bénéficie en outre d’un contexte favorable bien que simplement conjoncturel. « Ne soyons pas trop présomptueux, le Grand Soir n’est pas pour aujourd’hui. » résume humblement Gaëtan Rochette, qui énumère les propositions de son parti : gratuité des services publics, nationalisation des grandes banques pour la remettre au contrôle des citoyens, lutte contre la concentration des médias par de grands groupes économiques, refus de payer la dette illégitime de la Santogne, fixation et réindexation des prix des matières premières pour lutter contre la spéculation… La crise du blé et l’Affaire du Sel ont toutes deux montré combien le marché était lunatique et sans lien avec la réalité. La plupart de ces thèmes étaient déjà présents et portés par la coalition sortante lors du scrutin de 2035. « Les populistes sont une création du capitalisme pour capter des voix des classes populaires fragilisées, au détriment du parti de projet construit que nous incarnons. » croit savoir le futur député santognais, qui promet d’entrer au Parlement avec le poing gauche levé.

      La concurrence des populistes n’est toutefois pas la seule explication aux désaveux électoraux du Parti communiste depuis les années 2020. Le discours du parti politique n’a pas su évoluer avec les évolutions de l’économie et des mentalités. La précarisation du travail consécutive à la crise économique, la fermeture de grandes entreprises ont bouleversé la sociologie des classes populaires santognaises. Les relais syndicaux, qui permettent à toute une usine de voter à l’unisson, ont largement perdu de leur influence à l’aune d’une raréfaction du salariat et au recours de plus en plus courant à des prestataires extérieurs, des intérimaires, et autres vacataires qui ne font que répondre à des demandes ponctuelles des entreprises. « Difficile de garantir une unité autour d’une même cause. » se désole un responsable syndical de Forcastel, nostalgique de la [url=https://simpolitique.net/viewtopic.php?p=342950#p342950]Grève des mineurs de Pénasque de 1949[/url], pour laquelle déjà les communistes subissaient la concurrence du syndicalisme chrétien. Partis très tôt en campagne, les communistes ont également dû prendre en compte la « [url=https://simpolitique.net/viewtopic.php?p=349553#p349553]crainte de la dernière place[/url] ». Un électeur communiste récemment converti nous raconte : « Avant, je considérais les électeurs du Parti communiste comme des ratés, des assistés, des cas sociaux même. Pour moi, l’égalité c’était le truc que souhaitaient uniquement ceux qui étaient tout en bas de l’échelle sociale. ». Convaincu par un discours plus cohérent et moins sensationnaliste que les partis populistes, l’intéressé fera partie des Santognais qui déposeront un bulletin rouge le 16 octobre prochain. Le score du Parti communiste sera scruté de près par l’Action Réformiste d’Inès Teysseire, qui envisage des « alliances de circonstance » sur certains projets de lois futurs, notamment la réforme fiscale des entreprises et la dénonciation des paradis fiscaux. Le score sera également analysé de près par l’Amiral Lúi Ó Móráin, élu à la présidence ennissoise, qui a agité le chiffon rouge pour gagner. Certains observateurs vont plus loin en imaginant une coalition entre l’Action Réformiste et le Parti Communiste compte tenu de leur volonté commune de mettre à genoux les tricheurs milliardaires : « Tout est possible. C’est pour ça que ce scrutin est aussi passionnant qu’inquiétant… » décrit un militant communiste, très peu séduit par l’hypothèse.


      [right]Robert Chastain[/right][/justify]

Posté : dim. août 04, 2019 3:13 pm
par Sébaldie
    • [justify][center][img]https://i.imgur.com/rVlXSZ1.png[/img]
      12 octobre 2039

      Graffic Constructions signe l’affaire de l’année en Estura

      [img]https://i.imgur.com/ukkYGj6.png[/img]
      Par le rachat de Caminacionales, Graffic Constructions contrôlera la seule voie rapide reliant l’Estura à la Santogne[/center]

      Finalement, l’afflux des investisseurs santognais en Estura n’a pas eu lieu. La principauté hispanique avait en janvier, pourtant, [url=https://simpolitique.net/viewtopic.php?p=351017#p351017]suscité leur intérêt[/url] en annonçant la cession des principaux actifs dont elle dispose. Mais les prévisions d’une croissance trop modeste de l’Estura les ont finalement réorientés vers d’autres marchés et places financières. Dans un [url=https://www.simpolitique.net/viewtopic.php?p=354581#p354581]contexte de défauts de dettes[/url] plus ou moins orchestrés, le rachat des banques esturanes et donc de leurs créances a été considéré comme un placement à haut risque. À l’inverse, la société santognaise Graffic Constructions, spécialisée dans le BTP et dans les concessions autoroutières, a racheté sa concurrente, Caminacionales pour une somme dérisoire, 729 millions $. Déjà propriétaire de voies rapides payantes en Santogne, en particulier dans l’Ouest, Graffic Constructions aura donc la mainmise sur la [url=https://www.simpolitique.net/viewtopic.php?p=354703#p354703]seule liaison routière rapide[/url] entre les deux pays, entre Pénasque et Nieres. « Les trajets quotidiens et réguliers entre l’Estura et la Santogne vont s’accroître dans les années à venir, en raison de la fin de la guerre civile dans la principauté et l’ouverture du pays à l’étranger. En conséquence, Graffic Constructions deviendra l’interlocuteur privilégié de tous les frontaliers et leur fournira un service de haute qualité proportionnelle aux besoins à venir. » s’est félicité l’entreprise santognaise après l’officialisation du rachat. Un abonnement autoroutier commun aux deux pays contribuera également à l’intensification des échanges physiques entre la Santogne et l’Estura, en prévision d’une intégration progressive de la principauté dans la Communauté des Nations Dytoliennes, un processus qui se confirme par la [url=https://simpolitique.net/viewtopic.php?f=1292&t=16867&p=354762#p354762]dispense de visa[/url] pour les Esturans en Santogne, décrétée par le gouvernement.

      Voies routières, télécommunications, énergie… les principales infrastructures sont rachetées par des sociétés relevant de pays membres de la CND. Le jernländer Telenorse a ainsi mis les bouchées doubles pour s’octroyer un peu plus de la moitié du capital de Relé, au détriment de l’estolien Pear Company. Une coûteuse opération – 1.82 milliards $ - mais qui permettra à l’opérateur téléphonique d’avoir progressivement une hégémonie sur les communications intra-CND. L’annonce du rachat a d’ailleurs incité nombre de Santognais des provinces de l’ouest à abandonner leur opérateur historique au profit de Telenorse, dans l’espoir d’un abonnement incluant les communications Santogne-Estura. Assez logiquement, c’est l’Ennis qui s’est octroyé la part du lion en rachetant le principal fournisseur d’énergie, qui était l’actif le plus stratégique mis en jeu lors de cet appel d’offres. Pour autant, l’appel d’offres s’est conclu en demi-teinte pour l’Estura. En effet, alors qu’elle misait sur 21 milliards $ de rentrées économiques pour [url=https://www.simpolitique.net/viewtopic.php?p=350923#p350923]reconstruire le pays[/url], l’ensemble des transactions ne s’élèvera au final qu’à hauteur de 12.409 milliards, soit à peine plus que la moitié attendue. En cause, un manque de concurrence sur le rachat de certains actifs, notamment sur la cession du service public de radio-télévision qui restera finalement sous le contrôle entier de la princpauté… et bien sûr le rachat à bas coût de Caminacionales par Graffic Constructions.


      [right]Léon Beaugendre[/right][/justify]

Posté : dim. août 04, 2019 10:44 pm
par Sébaldie
    • [justify][center][img]https://i.imgur.com/iB4oEW7.png[/img]
      13 octobre 2039

      La presse santognaise au banc des accusés[/center]

      « La plume est parfois une arme bien plus efficace que le glaive. Et visiblement, les Santognais sont passé maîtres dans cet art. Mais à trop vouloir en faire, ils se rendent eux-mêmes responsables de la fracture Dytolienne. ». L’accusation est portée par un [url=https://simpolitique.net/viewtopic.php?p=354633#p354633]journaliste valvate[/url] qui, loin de considérer le travail de ses confrères, estime au contraire qu’il nuit à l’unité du continent dytolien. Dans sa conclusion très politique, Joosep Rütermann rompt avec le code de déontologie auquel pourtant il a souscrit, celui de défendre le droit à la critique, à la caricature et à la retranscription de la vérité quelles que soient les conséquences. S’il reconnaît l’influence manifeste du pouvoir informatif, il s’aventure sur le thème glissant et largement éculé « Peut-on parler et rire de tout ? » en y répondant par la négative, privilégiant l’autocensure pudique pour ménager les susceptibilités de gouvernements étrangers narcissiques peinant à dissocier la parole officielle de la parole médiatique. S’il est vrai qu’une campagne de media-bashing peut détruire des hommes et des projets, l’inverse est tout aussi vraie, la haine des journalistes est un thème porteur depuis la crise santognaise. L’appartenance des titres de presse à de grands groupes économiques n’aidant pas, les journalistes incarnent les proies faciles d’un Système qu’ils servent et qui les sert. Le journaliste valvate reprend finalement à son compte, sous une forme différente, l’analyse faite par les mouvements populistes sur les médias, ennemis du peuple et donc ennemis de la paix sociale. L’Alliance du pouvoir populaire avait ainsi, dans son programme de 2035, prévu la possibilité législative de révoquer des journalistes sur simple recueil d’un nombre suffisant de signataires, de telle sorte que le « peuple » décide lui-même des contenus à censurer sous des prétextes démocratiques. La proposition est aujourd’hui reprise par la liste des Dégagistes, avec la conviction que les journalistes, par leur arrogance et leurs conflits d’intérêt, ont contribué les Santognais à détester leur classe politique et leurs institutions ; et que la vérité est forcément le fait d’une « contre-information ».

      Pour autant, c’est prêter une énorme influence à la presse santognaise – surtout satirique – que de considérer qu’elle porte en elle les germes de conflits politiques en Dytolie. C’est même un discours dangereux et irresponsable, mais qui fait des adeptes : « Vous voulez un exemple de la nocivité de la presse ? Le quotidien Sentinelles a publié un article chiffrant à 12 milliards les rentrées économiques de la cession d’actifs esturans. [url=https://simpolitique.net/viewtopic.php?p=354775#p354775]Erreur, c’est vingt ![/url] Sauf qu’entre-temps, l’information a été reprise par la [url=https://simpolitique.net/viewtopic.php?p=354773#p354773]presse karsaise[/url]. Cela montre bien que la presse santognaise n’est pas sérieuse et que la Communauté des Nations Dytoliens n’est qu’une organisation de vils menteurs. » diagnostique un opposant virulent à l’organisation continentale. Vous l'aurez lu ici en premier. Les raisons du sentiment anti-CND font aujourd’hui l’objet de marronniers journalistiques. Pour le politologue Fabrice Chagnon, « la CND a été opportuniste, elle s’est arrogé le statut de gendarme du monde car personne d’autre ne voulait l’assumer. Evidemment, cette arrogance n’a pas plu à ses adversaires mais ces derniers ne proposent rien d’autre qu’un monde sans gendarme, fait de souverainetés nationales et de susceptibilités à ménager du haut de leurs x années de règne ou de leurs x pourcents en leur faveur. Mais trop soucieux à leurs belles grandes souverainetés, ils sont également incapables de se mettre d’accord sur des règles communes à l’ensemble du monde, sur les barrières à ne pas franchir pour préserver la paix ; ils veulent des exceptions à leurs « particularités nationales » pour finalement pondre des résolutions sans intérêt car sans pouvoir coercitif. ». L’erreur du Sireeni Kõne est d’accuser le thermomètre d’avoir transmis la fièvre à son patient, comme celle des dirigeants hostiles à la CND est d’accuser l’organisation de dépasser les bornes sans les avoir jamais délimitées.


      [right]Fabien Grosjean[/right][/justify]

Posté : lun. août 05, 2019 8:01 pm
par Sébaldie
    • [justify][center][img]https://i.imgur.com/QqBwGBR.png[/img]
      16 octobre 2039

      Elections 2039 : victoire moins importante que prévu pour Teysseire, le Parti populaire
      en embuscade, des irrégularités dans l’Ouest du pays, les populistes de gauche laminés


      [img]https://i.imgur.com/Zndfwdq.png[/img][/center]

      Difficile de ne pas déceler une pointe de déception dans le sourire d’Inès Teysseire à l’annonce des résultats : créditée de 40 %, sa liste l’Action Réformiste santognaise ne recueille finalement « que » 35.28 % des voix, et 80 mandats. Ayant axé sa campagne sur les thèmes de la probité et de la sécurité, l’ancienne magistrat anti-corruption peu expérimentée en politique devrait normalement occuper la chancellerie. Si elle s’était résoute à ne pas obtenir à elle seule la majorité absolue des sièges du Parlement et ainsi à devoir sceller un accord avec une autre formation, elle espérait toutefois tutoyer la barre des 90 sièges. Désormais, elle devra convaincre une formation pesant plus de vingt députés. Or, elle a installé un cordon sanitaire (et réciproquement) autour du Parti populaire (droite conservatrice) de Patrice Mallet, le considérant comme l’incarnation même de la politique à papa corrompue qu’elle souhaite combattre. Le Rassemblement pour la liberté (libéraux) a quant à lui jugé le programme sécuritaire de l’ARS « attentatoire à la vie privée » et donc incompatible avec les positions défendues par le parti. Selon toute vraisemblance, Inès Teysseire devra composer avec la Ligue du Renouveau, qui maintient un contingent de 22 députés, mais l’ancienne ministre qui a travaillé pour le gouvernement sortant, espérait se dissocier de l’ère Roseline Delpuech. La très légaliste Inès Teysseire a par ailleurs déclaré son intention de saisir la Cour Suprême au sujet d’irrégularités constatées dans le dépouillement de nombreux bureaux des provinces de l’ouest. « Nous avons des raisons de penser que notre score devait être bien plus important que ce qui a été annoncé » a ainsi prudemment avancé le porte-parole de l’ARS. L’ouest du pays, favorable aux conservateurs, était marqué selon les sondeurs par un glissement de l’électorat du PP vers l’ARS. Or, l’ARS a affiché des scores de 5 à 10 points en-dessous de ce qui était annoncé.

      [center][img]https://i.imgur.com/AkibWxO.png[/img][/center]

      Défaite des instituts de sondage ou irrégularités ayant manifestement entaché le scrutin ? La chambre des contentieux électoraux de la Cour Suprême sera chargée de le déterminer dans les prochaines semaines. En attendant, le Rassemblement pour la liberté réalise le score qui lui avait été prédit : 11.36 %, soit 25 sièges. Le parti d’obédience libérale espère peser réellement sur les tractations gouvernementales pour infléchir la politique sécuritaire d’Inès Teysseire, mais il devrait rencontrer une porte de bois. Avec à peine plus de 10 %, la Ligue du Renouveau enregistre un désaveu cinglant et enregistre l’un des pires scores de son histoire électorale. Ses électeurs ont considéré la politique conduite par le gouvernement, peu hostile à l’immigration et à la mondialisation, comme une trahison. Roseline Delpuech garde toutefois la confiance des cadres – très légitimistes – du parti. La Première ministre avait en effet annoncé qu’elle pourrait quitter la vie politique si la Ligue passait en-dessous de la barre des 10 %. Avec 10.02 % des voix, elle sauve sa tête, mais son parti perd plus de la moitié de ses sièges, passant de 54 à 22 députés.

      À gauche, c’est l’hécatombe. L’Alliance pour le pouvoir populaire, au cœur du scandale Lorthon Energy, fait pire que prévu et passera les quatre prochaines années en dehors du Parlement ou au cimetière des partis politiques. Le Parti Communiste, qui commençait déjà à orchestrer son entrée au Parlement n’en verra pas le perron en échouant à 4.87 %, juste en-dessous du seuil de 5 %. À l’inverse, deux listes pressenties pour ne faire que de la figuration ont brisé le plafond de verre. La liste des Dégagistes, qui promet entre autres la convocation d’une assemblée constituante, la fin des taxes sur le carburant et une peine de mort plus « démocratique », a réussi son pari de dégager la coalition sortante en récupérant une bonne partie des électeurs de l’Alliance populaire. Les treize élus hauts en couleurs promettent d’être « infernaux » au Parlement. Mais la surprise vient du score de la Fédération des Ecologistes, menée par Guilhèm Frayssinet. Personnage associatif controversé, le chef de file de la formation verte se veut le défenseur d’une conception plus radicale, moins anthropocentrée de l’écologie voire carrément misanthropique et avait pris ses distances vis-à-vis du progressisme communément défendu par ses prédécesseurs, une ligne politique qui semble payer. Plus éclaté que sous l’ancienne législature, le Parlement ne semble donc dégager aucune majorité claire mais les députés élus le sont sous de meilleurs auspices, avec une participation électorale de près de 54 %.

      [right]Christine Ménétries[/right][/justify]

Posté : lun. août 05, 2019 8:52 pm
par Sébaldie
    • [justify][center][img]https://i.imgur.com/QqBwGBR.png[/img]
      17 octobre 2039

      Le Parti communiste voit ses espoirs douchés

      [img]https://i.imgur.com/FSwWmqr.png[/img]
      Les militants communistes inconsolables après l’annonce des résultats[/center]

      Le suspense aura duré jusqu’au bout au quartier général du Parti Communiste santognais, situé dans le [url=https://simpolitique.net/viewtopic.php?p=348434#p348434]quartier des Pébrinettes[/url] à Forcastel. À l’heure où tombent les premières estimations, le parti est alors crédité de 5 à 5.5 %, juste assez pour entrer au Parlement avec un contingent d’une petite douzaine de députés. Mais il ne s’agit alors que de simples estimations étayées par les sondages sortis des urnes. Si les militants se montrent confiants et commencent déjà à faire la fête, les cadres se montrent plus prudents. [url=https://simpolitique.net/viewtopic.php?p=354701#p354701]Interrogé le 6 octobre dernier[/url], Gaëtan Rochette avait décidé de passer la soirée avec les militants pour célébrer comme il se doit son élection à la députation. Mais à vingt-deux heures, toujours impossible de savoir avec précision si les communistes feront leur entrée au Parlement… Le candidat n’a plus d’ongle à se ronger sur sa main droite, il passe à la gauche. Selon les résultats du ministère de l’Intérieur, le Parti communiste affiche 5.10 %. Mais, les résultats des provinces occidentales ne sont pas toujours confirmés et ce n’est pas bon signe. Ces fiefs conservateurs risquent d’amoindrir la part du gâteau. Assommé de questions par les militants, Gaëtan Rochette s’exfiltre à travers une petite porte pour consulter les informations qui remontent peu à peu du terrain : de nombreuses irrégularités sont constatées dans les provinces de l’ouest, on parle de militants communistes qui ont été empêchés d’assister au dépouillement du scrutin. Le Parti communiste ne semble pas le seul affecté, l’Action Réformiste – qui dispose d’un faible maillage territorial – serait elle aussi concernée. « C’est le Parti populaire qui est derrière tout ça ! » grommelle en « off » celui qui se rend à l’évidence : ce n’est pas demain qu’il pourra entrer au Parlement.

      À bientôt minuit, les craintes de Gaëtan Rochette sont confirmées : le PCS obtient 4.87 % et ce ne sont pas les quelques derniers bulletins qui restent à dépouiller qui changeront la donne. La salle est déjà vidée aux trois quarts mais d’irréductibles militants continuent à y croire : « On déposera un recours et on gagnera ! C’est pas normal de laisser passer ça dans une démocratie. » s’exclame une jeune adhérente. Son compagnon tire un autre enseignement : « Qui sont les abrutis qui votent encore pour l’Alliance [pour le pouvoir populaire] ? Ce soir, ils n’ont servi qu’à diviser les voix de gauche. ». En effet, l’autre grand perdant est assurément le parti de Martial Vallotton, siphonné par le PCS certes mais aussi par les Dégagistes et la Fédération des Ecologistes qui entrent tous deux au Parlement. Pas de quoi consoler les militants communistes, les positions anti-taxes de la liste des Dégagistes sont à l’opposé de ce qu’ils préconisent tandis que la Fédération des Ecologistes n’est pour eux qu’un ramassis de tarés misanthropes sectaires. Au regard des résultats de ce soir, une douzaine d’élus communistes n’aurait pas changé le visage du Parlement et même un soutien à l’Action réformiste n’aura pas permis d’obtenir la majorité absolue. S’ils n’obtiennent pas gain de cause auprès de la Cour Suprême au sujet des irrégularités constatées dans les provinces de l’ouest, leur dernier espoir réside dans la convocation d’élections anticipées, possibles au regard de ce Parlement sans majorité.


      [right]Robert Chastain[/right][/justify]