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Posté : ven. juin 05, 2015 7:09 pm
par Vladimir Ivanov
La Rostovie entre résignation et joie de vivre : l'opposition cité/Obschina
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Si, contrairement à cette photo symbolique, les villes rostoves sont... peuplées et "actives", leur dynamisme est justement difficile à percevoir en raison des lourdes tâches de "reconstruction" imposées à la population (pas seulement le BTP : nouvelles industries légères, services de base -transports, éducations, et surtout hôpitaux surchargés...), ainsi qu'au rude climat qui bien-sûr, ne se limite pas à l'hiver : même en ces temps ensoleillés d'avril et de mai, l'effroi post-traumatique, mêlée d'une douloureuse nostalgie, assassine l'effet du printemps.
En ville, la situation a évolué, mais ne s'est pas inversée par rapport à l'ancienne ère terienkoviste : la tristesse et Terreur règnent encore.
Le NKRD patrouillent dans les rues et surveillent de près la population. Officiellement pour protéger les habitants des voleurs et des criminels en liberté. En réalité, si elle s'est incontestablement adoucie par rapport à l'ancienne époque, elle n'a pas foncièrement changé dans sa philosophie terroriste. Effectivement, cette police politique ne fait pas qu'imposer à la population le travail nécessaire au redressement du pays, elle fait peser de surcroît une lourde et obscure atmosphère de grisaille, qui suscite plus encore le deuil et la mélancolie chez une population accablée. S'il lui arrive occasionnellement de se livrer à certains actes de cruauté (les exécutions collectives arbitraires font encore partie de ses méthodes), sa simple présence suffit à réduire la criminalité au niveau quasi-nul d'avant-2023, et le Vosroskom (dont Arkharov son dirigeant) s'est suffisamment démené pour contrôler cette étrange police du mieux qu'elle pouvait.
Pour d'autres raisons qui s'ajoutent à celle-ci, tout n'est pas si sombre : les conditions de vie se sont nettement améliorées depuis l'année dernière. On mange désormais à sa faim. La croissance est désormais positive (quoiqu'insuffisante). L'armée pèse moins lourd. Le NKRD est infiniment moins brutal qu'il ne l'était malgré quelques malheureux incidents (certes encore trop nombreux, mais diminuant au fil des mois). Enfin, l’Église est en plein renouveau.
Les réouvertures et reconstructions d'églises vont bon train. Plus encore -même proportionnellement- que l'islam ou d'autres religions dans d'autres républiques autonomes (excepté le Karachaï...), le christianisme orthodoxe connaît un dynamisme jamais vu depuis 2014, l'ère du bicéphalisme Kirov-Saratova. Et justement, les chrétiens, comme les anciens kiroviens, ont l'intelligence cette fois-ci de refuser l'opposition systématique. D'un côté, les chrétiens appellent à l'indispensable pardon pour une juste réconciliation. L'aide sincère et gratuite apportée par les missions chrétiennes (rostoves comme étrangères) à des victimes non-chrétiennes ont massivement poussé ces dernières à la conversion. De l'autre côté, le communisme rostov encore très présent et très populaire, semble s'être définitivement converti à la liberté et au respect des cultes... et ce, d'abord par dégoût envers les dérives apportées par l'athéïsme que représentait Terienkov et sa secte, ensuite par l'impression très forte donnée par les ordres monastiques chrétiens, en plein essor dans un pays malheureux en reconquête de son identité.
Et c'est là qu'on arrive au second visage de la société rostove, radicalement différent : l'obschina.
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Représentation en peinture d'une fête d'inspiration traditionnelle dans une Osbchina
L'Obschina est une commune rurale au territoire défini, qui s'organise comme un village collectiviste avec trois sections : celle de l'organisation de jeunesse (qu'on appelle toujours communément "komsomol"), celle de la coopérative (agricole, artisanale, de service -solidarisme hospitalier et éducatif- ou de recherche, qu'on appelle encore "kholkhoz") et celle du monastère (centre cénobite chrétien orthodoxe, avec une petite communauté très faiblement hiérarchisée de moines, avec une église). Interdépendantes, les obchiny se confédèrent en une organisation nationale (ou plutôt multi-nationale), le "Mir", qui s'étend sur l'ensemble de l'Union fédérative qu'est la Rostovie. Lié à l’État (dont il fait partie de jure), le Mir coopère avec lui, mais peut également servir de grand syndicat, autorisé à faire pression sur l’État pour gagner des avantages en terme d'autonomie ou de niveau de vie. Cependant, les échanges économiques sont gérés directement par l’État (lui-même déconcentré plus encore que du temps de Kirov) pour lutter contre le marché noir et supprimer à la racine tout risque de libre-échange et ainsi éviter ses effets ravageurs sur la morale du peuple. Aussi, le dernier mot revient toujours à l’État rostov auquel appartient pleinement le Mir lui-même.
Peuplé de quelques centaines de personnes (dix mille maximum), l'obschina est surtout peuplée de jeunes, très nombreux en Rostovie (ou la mortalité des anciens est très élevée comparée à une natalité assez forte de l'ordre de 3 enfants par femme). Prenant exemple sur les komsomols (jeunesses communistes à l'époque de Kirov), l'obschina ressemble beaucoup... à une colonie de vacance. On y organise non-seulement des soutiens aux personnes vulnérables et isolés (victimes de Terienkov) sous l'injonction des ordres religieux réguliers, mais aussi des activités de loisirs "en communion avec la nature", allant des jeux collectifs et épreuves fraternelles en plein air à la musique et à la danse. La fête, qu'elle soit nouvelle ou traditionnelle, fait quasiment partie du quotidien de tous les jeunes. Pour les plus âgés, c'est le travail, comme en ville : artisanat, travaux agricoles, services de pédagogie en général allant de l'éducation morale à l'instruction traditionnelle que l'on dispense théoriquement dans les écoles, mais aussi d'aide humanitaire aux réfugiés, vagabonds, orphelins, malades et personnes fragiles... on tente alors par tous les moyens de leur redonner le sourire. Du côté des organisations de jeunesse, le travail n'est pas seulement théorique : des activités pratiques encadrées par les plus âgés les familiarisent ou les sensibilisent à la vie économique de l'obschina. Toutefois, la paresse est aussi très présente... comme la liberté.
En effet, il s'agit ici, socialement parlant, d'un effet boomerang, une réaction à 180° au terrorisme totalitaire de l'ère Terienkov. On frôle parfois une certaine "folie", relative à cette "joie choisie" par une jeunesse en perte de repaires, coupée du monde, et ce, même si elle reste prise en charge par une nouvelle micro-société moralisée et égalitaire. L'ultra-puritanisme qui caractérisait la Rostovie totalitaire est de fait, de l'histoire ancienne : retour au respect de l'environnement et à la vie dans la nature, vêtements plus "découverts" l'été y compris pour les filles (mais non-capitalistes, et bien-sûr aucune marque, de fabrication uniquement locale), plus grande tolérance aux comportements festifs et déjantés, ainsi que des mélanges filles-garçons dans les activités de la jeunesse, et, plus inquiétant cette fois, un commerce au noir de l'alcool et du tabac, qui fait encore des ravages malgré les nouvelles mesures drastiques prises dernièrement par les conseils du Mir. Excepté ces deux dernières tares (alcool et tabac, strictement interdit aux mineurs), le phénomène "libertaire" qui caractérise tant les komsomols des obschiny est vue comme une bonne chose par les nouvelles institutions religieuses ou politiques du pays (excepté le NKRD bien-sûr).
Cette joie de vivre, même partagée collectivement et encadrée par des éléments spéciaux de volontaires de l'armée et du clergé régulier, est devenue une règle, un choix de vie résolu et même une obsession. On veut profiter de la vie, de cette vie si fragile, si courte, où la frontière entre le rêve et le cauchemar n'est rien de plus qu'une ligne blanche tracée sur une pente glissante. Même les moines, qui ont leur section propre (monastère) ont tendance à laisser les jeunes s'amuser. Ils sont là pour aider moralement ou spirituellement, pas pour juger ou menacer. Bref, à l'obschina, on y cultive la joie de vivre dans l'égalité et la solidarité.
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Une fête traditionnelle régionale organisée par et dans une obschina.
Cela va jusqu'à une certaine "nouveauté autogestionnaire", qui laisse plus souvent la parole aux jeunes chez les organisations de jeunesse internes à l'obschina et aux plus humbles dans le cadre des coopératives. La prise de décision, même si l'expérience reste un sérieux avantage en terme de crédibilité, est plus collective que jadis : les comités de direction sont parfois restreint, mais mouvants (régulièrement renouvelés), et tous guidés par deux grandes dynamiques unanimement partagées : le communisme et la religion. Le premier contrôle, avec la plus grande intransigeance, le système économique, résolument collectiviste, dont les échanges extérieurs sont régulés directement par l’État. Il influence par ailleurs l'éducation de la jeunesse et ses activités de loisir, orientées toutes entières vers le sentiment d'appartenance collective. Le second, plus en retrait en apparence, joue un rôle majeur par voie indirecte : grandes messes hebdomadaires toujours très populaires, enseignements religieux et moraux, et bien-sûr charité mise en application par l'aide physique ou psychologique fournie aux plus vulnérables. Les fêtes chrétiennes sont toujours fêtées fièrement et collectivement par l'obschina. La participation n'est pas obligatoire (pour les athées ou musulmans par exemple), mais la pression collective est, indirectement, très forte.
Dans les régions musulmanes, les obschina sont plus rarement religieuses. En général, une simple mosquée remplace le monastère. Tandis que la majorité demeurent simplement communiste. En Palatie, on a même une première obschina "animiste" avec un monastère propre à leur religion !
Terminons sur la valeur essentielle de l'obschina : l'humilité. Cette vertu est de loin, à titre individuel uniquement (les compétitions collectives sont au contraire très favorisées), la mieux respectée. Plus encore que le mode de vie spartiate et travailleur tant vanté par les communistes, ou encore le puritanisme religieux, c'est l'humilité, elle-même consécutive à des années de souffrances (qui se révèlent donc payantes, d'une certaine manière), qui caractérise le mieux les membres des obschiny. Et c'est peut-être cette vertu, génératrice naturelle de naïveté, qui favorise la "joie révolutionnaire" si présente dans ces nouvelles communautés rurales de Rostovie.
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Un monastère orthodoxe jouxtant une obschina dans la région d'Ivanovgrad.
Quant à l'armée, elle ne contrôle pas l'obschina, et n'appartient pas à son organisation. Toutefois, elle reste étrangement omniprésente. Surtout dans les campagnes, et justement autour des obschiny... dans le but officiel de familiariser les jeunes avec l’institution militaire, fondamentale en Rostovie, mais surtout, plus officieusement, pour sécuriser la zone et assurer la protection des membres du Mir contre d'éventuels raids de criminels en liberté ou pire encore... des forces spéciales du NKRD...
C'est ainsi qu'en Rostovie, se substitue à l'ancien "totalitarisme volontaire"... un "cénobitisme libertaire".
===> [url=https://www.youtube.com/watch?v=LLmrZ-clzRQ]La folie de la jeunesse rostove dans les obschiny... l'ère Terienkov est belle et bien révolue dans ces nouvelles organisations sociales...[/url]
===> [url=https://www.youtube.com/watch?v=UzmZ2mZNWA0]Omniprésence de l'armée autour des obschiny.[/url]
Posté : mer. nov. 11, 2015 11:48 am
par Vladimir Ivanov
DE L'AMOUR ET DE LA SEXUALITÉ EN ROSTOVIE
Amour, sexualité, rapport homme-femme... le kirovisme pour contrer le modèle sébalde et autres capitalismes
[url=https://www.youtube.com/watch?v=lgScVTu7RqM]très beau chant ukrainien pour qui veut[/url]
[quote]"La sexualité pervertie, sans amour, ou rendue publique -qu'importe ses formes-, est l'émanation la plus caractéristique du capitalisme dont la pestilence n'a d'égale que sa cruauté. Le malheureux qui s'y adonne bascule vers un degré d'avilissement tel, qu'il se place, sciemment ou non, hors de l'Humanité."
Vladimir Kirov.[/quote]
[quote]"Une relation sexuelle entre deux êtres mariés, aimants et fidèles de sexe opposé, compte parmi les plus beaux cadeaux offerts par Dieu à l'Humanité. Si beau qu'il engendre, par cet amour fusionnel, la formation d'un nouvel être.
Malheureusement, un environnement naturel ou social malsain peut perturber la psychologie humaine et pervertir cette magnifique relation : infidélités, divorces, remariages, pseudo-célibats, avortements, homosexualité... les victimes de ces perturbations demeurent, malgré leurs péchés et leurs souffrances, enfants de Dieu, aimés par Lui et de tous les chrétiens. Un chrétien qui s'autoproclamerait irréprochable en émettant à l'égard de ces personnes quelques médisances et jugements méprisants, commet alors un péché incomparablement plus grave.
Cependant, la débauche sexuelle assumée est, avec l'orgueil cultivé, la plus directe des voies qui mènent à l'Enfer."
Patriarche Sergueï II.[/quote]
En Rostovie -contrairement au schéma habituel de certains autres pays- plus on est à gauche politiquement et socialement, plus on est puritain en matière de mœurs. Bien que l'ensemble du monde chrétien-orthodoxe soit intransigeant sur ces questions de morale sexuelle, la gauche athée l'est encore plus (kirovisme, marxisme-léninisme dit "rostov", ou terienkovisme, pourtant antispéciste). Seuls les nationalistes de la droite dure, et néo-tsaristes, sont libéraux, d'ailleurs aussi bien en matière de mœurs qu'en matière économique.
Cet étrange (et pourtant logique) tableau repose d'abord sur une explication historique : la débauche en matière de mœurs était considérée, et à juste titre, comme étant la plus typique et symbolique des manifestations de l'insolence des privilégiés. La résultante et le signe même de leurs richesses imméritées et volées au reste du peuple.
En privé, en Rostovie, la seule relation sexuelle pratiquée est la "traditionnelle", celle qui conduit à la fécondation. Et ce, tout simplement parce que les "autres" n'existent pas, de fait comme dans l'imaginaire. En raison de l'absence d'avortement et de contraception, c'est le puritanisme ambiant et la fidélité conjugale, suivit de l'enseignement de la méthode "naturelle" (selon les cycles féminins) dès 14 ans, qui évite une sur-natalité.
En public, le sexe est un tabou absolu et extrêmement mal vu, même et surtout lorsqu'il est évoqué dans un contexte humoristique. La seule relation charnelle tolérée sur la voie publique est l'embrassade, au sens étymologique du terme, à savoir le câlin avec les bras. Le baiser sur la bouche est interdit. Certaines tenues considérées comme "capitalistes-malsaines" (et abondamment portées dans les pays libéraux) sont interdites aussi, et n'existent de toute façon pas dans les commerces. L'écrasante majorité des femmes portent des longues jupes s'arrêtant entre les chevilles et quelque part autour des genoux (notamment pour les jeunes filles du Komsomol). En raison de la forte religiosité de celles-ci (plus que les hommes), la plupart d'entre-elles portent une mantille sur leur chevelure. Elle est même obligatoire à l’Église. Les femmes musulmanes sont bien-sûr voilées, un hidjab léger (recouvrant la nuque et les cheveux) est la coutume des peuples sirs de Rostovie. Cependant, les niqabs et les burqas sont interdits.
Concernant la "connaissance en matière de sexe", en Rostovie, même le jeune "adolescent" rostov (ce terme n'existe pas dans le pays, on lui préfère "grand enfant" -stariï rébionok) ne connaît l'existence des mots "sodomie" ou "fellation". Cela dépasse bien-sûr le vocabulaire puisque la majorité des rostovs ne savent même pas que de telles pratiques existent, et s'ils le découvraient, ils en seraient sincèrement choqués. Cette naïveté, incroyable voire impensable dans biens d'autres pays, s'est développée depuis des siècles, sous les coups d'un puritanisme de fait et d'un isolationnisme politique (se limitant aux "pays frères"), aussi bien religieux (jusqu'en 1949) que communiste (depuis cette date). Et dans cette même logique, les relations entre les pays libéraux qui existent ou ont existé demeurent extrêmement contrôlés et surveillés, les voyages le sont d'autant plus qu'ils sont eux-même particulièrement rares. Dans ce registre, les révolutionnaires vont plus loin encore puisque le féminisme qu'ils défendent implique nécessairement la lutte acharnée contre toute forme de pornographie ou de pratique sexuelle déviante considérées comme honteusement irrespectueuses pour les femmes, reléguées au rang de vulgaires objets de consommation masochistes par les hommes "réactionnaires", "aristocrates" ou "capitalistes", pour lesquels le "non" féminin (pourtant volontaire, c'est-à-dire réfléchi et rationnel) signifierait en fait un "oui" biologique et inné, consubstantiel au caractère inférieur de leur sexe. Les hommes étant à leur tour rabaissés puisque rejoignant le monde animal des prédateurs sexuels ou pire, celui des pervers, barbares sadiques. La législation est à ce sujet, significative : le viol, en Rostovie, s'il est avéré comme tel, à savoir une relation forcée, est puni de mort depuis 1950, condamnation généralement commuée en déportation dans les camps pour 30 ou 40 ans.
Du fait des contraintes biologiques et sociales qui pèsent inévitablement sur la femme, telle que l'infériorité physique, la grossesse et l'accouchement, les aptitudes naturelles générales pour s'occuper des enfants (une réalité qu'il ne faut pas nier sous prétexte de genrisme ou d'antigenrisme ridicules), celle-ci a droit en général à davantage de respects et de considérations qu'un jeune homme en bonne santé. Contrairement à ce que l'on dit parfois avec trop de précipitation, l'égalité ne s'oppose pas à l'équité, elle l'implique forcément. Et le féminisme du communisme rostov n'interdit pas la "galanterie".
Cependant, en parallèle, et ce depuis la révolution de 1949 (acquis perdus en 2000 puis restaurés par Kirov en 2007), la femme est considérée comme l'égal absolu de l'homme. Elle travaille comme lui (le travail est obligatoire pour tous en Rostovie), et elle reçoit, pour une même durée de travail, un même salaire. Les femmes sont abondamment recrutées dans l'armée nationale-révolutionnaire rostovique [hrp : l'adjectif "national" dans "ANR" désignant la nation au sens où l'entendaient les révolutionnaires français de 1789-94, c'est-à-dire le "peuple", principe universaliste qui dépasse les divisions ethniques ou de classe... le terme remplaçant "impérial" de l'armée impériale de l'époque tsariste], et il n'y a bien que les sous-mariniers qui demeurent exclusivement masculins. En effet, le service militaire est obligatoire pour tous, homme et femme compris.
Cette égalité, elle se manifeste également dans la vie conjugale, comme l'entraide dans les tâches ménagères (l'homme étant convié à y participer autant que son épouse). Mais aussi dans la relation sexuelle elle-même. Manifestation charnelle d'amour fidèle, la relations sexuelle se doit d'être parfaitement égalitaire : d'où, justement, le caractère traditionnel de celle-ci où la douceur et le respect mutuel remplacent les brutalités et autres psychiatries sado-masochistes des sociétés capitalistes. Au contraire même, pour compenser l'infériorité physique de son épouse, l'homme se doit d'être davantage à son écoute, davantage respectueux.
De plus, il est vrai qu'en Rostovie, l'alcoolisme et les survivances du passé très patriarcal de la Rostovie tsariste fait de la femme, en général, une victime : violences conjugales, abandon à partir d'un certain âge (femmes élevant seules leurs enfants), etc... Le kirovisme s'est donc attelé à combattre ces injustices, parfois impitoyablement, en condamnant les hommes violents ou égoïstes à des peines de camps de travaux forcés (à nuancer toutefois : les femmes délatrices peuvent, avec leurs complices, subir la même peine s'il est avéré qu'elle cherchait à "changer" de partenaire... les cas sont heureusement rarissimes, tout comme les remariages d'ailleurs). L'infidélité conjugale étant interdite, elle est même punie par la loi à des peines pouvant aller, officiellement, jusqu'à 30 ans de rééducation ! La Justice commue généralement ces peines à 5 années de camps (eux-même "humanisés") depuis l'adoucissement de la plupart des peines lancé par le nouveau gouvernement du Vosroskom.
En clair, en Rostovie, on conçoit l'amour comme une confiance absolue et une soumission mutuelle (donc égalitaire !), et non comme un rapport de force, une compétition "entre baiseurs", ou un barbarisme masculiniste réactionnaire pour femmes masochistes. Le consentement mutuel ne fait pas tout, bien au contraire : la violence privée, qu'elle que soit sa forme, est un mal à éradiquer qui perturbe une psychologie qui en voudra toujours plus... jusqu'au crime. Il a existé, dans certains pays capitalistes, des cas avérés de cannibalisme volontaire : un homme ayant demandé à se faire manger par un criminel sadique. Il y a consentement mutuel... mais il y a aussi le poids de la société et de l'environnement qui transforment la psychologie de leurs victimes. Un homme n'est véritablement libre que lorsqu'il se libère, grâce à un environnement social sain, éducatif, égalitaire, altruiste, respectueux, de l'emprise biologique (appétits alimentaires, sexuels ou matériels) pour à son tour choisir sa propre liberté, et au travers d'elle, le bien de tous, de lui-même comme des autres. Une "victime du capitalisme" qui choisit de manger son semblable, ou de se faire manger parce que là est son petit fantasme, ou encore de sodomiser sa femme ou son fils, n'est pas un homme libre. Le consentement mutuel, lorsque le choix est issu d'un environnement malsain (violence et ignorance), n'est donc rien de plus qu'un biologisme mimétique, oppressif et réactionnaire.
A ce titre d'ailleurs, la pornographie est considérée comme faisant partie des pires drogues, au même titre que l'héroïne. Un homme accusé de répandre de la pornographie, ou ne serait-ce que de promouvoir des pratiques sexuelles violentes ou dégradantes, risque ni plus ni moins, encore aujourd'hui, la peine de mort. Même si, encore une fois, la mort peut-être remplacée par une peine de travaux forcés... à vie (40 ans minimum). Pire, ses proches subissent également des sanctions collatérales. La responsabilité collective, exacerbée sous Terienkov a été toutefois fortement adoucie depuis l'arrivée du Vosroskom. De son côté, celui qui s'adonne en privé à ce genre de perversion sexuelle sans la promouvoir volontairement, subira une peine plus légère d'un maximum de 5 années de camp de rééducation. Ce rigorisme judiciaire a pu aboutir à des dérives, par la déportation d'innocents dénoncés sous d'autres prétextes. Mais des efforts ont été réalisé depuis la fin de la guerre, afin d'approfondir les enquêtes et punir les calomniateurs (lesquels, justement, avaient toujours été l'objet d'une surveillance spéciale du NKRD, à leur insu, pour chercher à savoir s'ils n'avaient pas profité personnellement de leurs délations... et si c'eût été le cas, à l'époque de Terienkov, le délateur subissait la pire des peines : les centres concentrationnaires pour irrécupérables du Grand Nord, à savoir les camps de la mort et d'expériences militaro-scientifiques... la personne dénoncée mais innocentée étant libérée, ou sa peine réduite...).
Par contre, cette terrifiante répression, certes adoucie mais encore en vigueur en Rostovie (le NKRD y est toujours actif), n'est pas le véritable instigateur du puritanisme ambiant qui caractérise tant ce pays. Ses lois ne viennent que prêter mains fortes à une éducation qui, parfois, peut s’avérer défaillante, et cela, en raison des imperfections du système économique socialiste rostov. Heureusement, l'essentiel du travail de purification vertueuse du peuple est accomplie par la prévention socialiste.
Grâce à une économie collectivisée, tous les hommes travaillent équitablement et reçoivent tous selon leur dû, à savoir la valeur réelle de leurs efforts selon une redistribution égalitaire, dont le montant absolu est bien-évidemment relatif aux disponibilités techniques de la puissance industrielle de cette économie (d'où la pauvreté persistante commune à toute la population et alourdie par le poids du militarisme). Cette Justice sociale fondamentalement égalitaire puisque "tous les hommes naissent et demeurent libres et égaux en droit", impose à chacun la propriété collective des moyens de production et d'échange, pour que cette liberté puisse s'épanouir dans les meilleures conditions. Y compris celle de la terre, des lieux de résidence, allant (en théorie) jusqu'aux vêtements et au corps biologique de l'individu lui-même, cela relativisé bien-sûr en raison de la distinction faite entre propriété privée et propriété personnelle (distinction qu'avait radicalement nié Terienkov). Tout appartient au peuple, tout appartient au bien public. Aussi, la jalousie et l’appât du gain n'existent pas... ou leur existence est si mince qu'elle en devient suspecte pour les étrangers qui ont pu visiter le pays. Encore une fois, le caractère relatif de la propriété collective (droit aux lopins de terre, droit à la possession de petits biens personnels...) autorise certaines dérives égoïstes allant jusqu'au marché noir. Mais à des degrés infiniment moindres qu'en société capitaliste ou du temps des années 1990 en ex-URSR.
Puisqu'il n'y a pas de propriété privée, que tout appartient à tous, si une seule personne vit dans la pauvreté toutes les autres doivent la suivre par solidarité (redistribution forcée des richesses produites), d'où le célèbre slogan kirovien : "le révolutionnaire élève celui qui s'abaisse et abaisse celui qui s'élève". Cette situation impose alors à chaque individu une profonde et sincère humilité, dont les mérites sont vantés par l'éducation d’État dès le plus jeune âge. En effet l'école est obligatoire dès l'âge 3 ans jusqu'à 21 ans... un parcours immédiatement et systématiquement suivit d'un service militaire obligatoire (3 années pour les hommes et 1 an pour les femmes) où ces valeurs d'humilité, de solidarité, d'ascétisme et de puritanisme sont de-nouveau promus.
Puisqu'il n'y a pas de publicité (hors catalogues spécialisés froids et neutres, où les points d'exclamation et décorations superflues n'existent pas), la promotion, même subreptice, de manières d'être, de s'habiller ou de se comporter en capitaliste n'existe pas. Il n'est donc pas question d'inciter les petits garçons à jouer aux voitures de cailleras machistes et les filles aux barbies sur-maquillées soumises. Cette question superficielle est totalement dépassée à sa racine même.
Au contraire, on oblige l'homme, entre-autres, à considérer la femme comme son égal absolu, sa "camarade", qui peut très bien avoir les mêmes centres d'intérêts que lui, personne que l'on se doit donc non-seulement d'aimer mais aussi de respecter à l'égal de tous ses autres camarades. On ajoute même que son infériorité physique naturelle (qu'aucune doctrine ne peut nier) doit être compensé par un respect supplémentaire. On martèle, et ce dès le plus jeune âge, que la personne la plus humble est la plus digne et que celle qui comporte des défauts naturels (handicap quelconque) a droit a davantage de respect et considération que les autres. Cette pseudo-discrimination positive est nuancée par l'impératif égalitaire : personne ne doit être laissé seul, tous doivent s'aimer, coopérer et se comprendre, sans exception, les plus forts comme les plus faibles. On précise que les atouts de la force ou de l'apparence physiques sont intrinsèquement subsidiaires lorsqu'ils sont relatifs à des individus : le fort peut être fier de sa force uniquement dans la mesure où il se devra de la mettre au service de la collectivité, de tous ceux qui justement n'ont pas cet atout. Il en est de même pour la beauté : plus encore que la force physique (qui peut être considérée comme utile : patriotismes militaires ou sportifs, aides matérielles ou humaines...), elle est bâillonnée par la "morale socialiste", qui la relègue au rang de "superficialité féodale".
En Rostovie, le maquillage n'est pas seulement interdit : il n'existe pas. Le "marché de la beauté" est donc absent, ni même la concurrence égoïste qui en découle. L'égalité est encore une fois de rigueur : tous les hommes et femmes sont égaux en droit et en dignité, et aucune différence naturelle ne viendra altérer cette égalité sacralisée.
Malgré les souffrances relatives aux difficultés économiques et à l'ascétisme puritain défendu avec acharnement par le kirovisme (plus encore que les religions, qui sont de fait, plus libérales sur ces questions de mœurs !), la chaleur humaine, la solidarité, le bonheur, l'Amour "de tous pour tous et avec tous" sont sans cesse exaltés par les kiroviens.
Le sexe sans amour ni engagement envers la société toute entière, est barbare et égoïste : il suscite envies, jalousies, concurrences et bien-sûr, loi du plus fort, patriarcat et oppression. En société capitaliste, comme avec la richesse matérielle, c'est le plus fort, le plus beau, le plus malin et le plus hypocrite qui obtiendra la femme désirée comme on acquiert une voiture de luxe, qu'on remplacera une fois le produit usagé et périmé...
Contre ce modèle absolument haïssable, considéré par les kiroviens comme "le plus vil de tous les fascismes", le kirovisme oppose, en accord avec la plupart des religions, le sexe avec amour, encadré par un mariage civil "égalitaire et responsable devant toute la société" (la religion préférant de son côté le mariage religieux, responsable devant Dieu, où l'homme est officiellement reconnu "chef de famille"). Le kirovisme condamne avec virulence aussi bien l'infidélité que les relations hors-mariages, qualifiées "d'égoïstes" et "d'irresponsables".
Et en effet, sur ces questions, l'éducation civique qui accompagne l'instruction scolaire des enfants de 3 à 21 ans, oblige chacun à un devoir de réserve et de pudeur absolus en public. La jeune fille est invitée à développer sa personnalité pour faire face aux instincts parfois primitifs des hommes rétrogrades mal-éduqués. Elle n'est pas un objet passif qui doit succomber à l'homme le plus entreprenant au mépris des autres. Une conception du rapport homme-femme aussi perverse et dépravée que les thèses défendus par les partisans de "l'amour libre, sans mariage ni morale".
Pour le kirovisme en effet :
_ la société conservatrice droitière où la femme n'est qu'un objet de conquête passif pour l'homme "actif", le plus vorace, orgueilleux et compétent, est une société immorale et dépravée où règne la loi capitaliste du plus fort en même temps qu'une débauche sexuelle à peine maquillée, dont l'hypocrisie moraliste n'a d'égal que sa cruauté, perfide et machiste, formalisée par un "ordre moral" plus bestial qu'humain.
_ la société transitionnelle nihiliste, où la femme est prétendument émancipée (mais de fait, certainement pas à l'égal de l'homme) pour pouvoir "librement disposer de son corps" selon ses petits caprices biologiques, eux-même fixés par le marché de l'offre et de la demande, génère perte de repères, partouzes, duperies, concurrences et encore une fois... loi du plus fort.
Selon le kirovisme, la femme ne doit être ni une "pute émancipée", objet de marchandise victime de ses déterminismes biologiques (où la "belle" pourra écraser sans pitié la "moche" aussi "librement" qu'un homme fort le fera contre un homme faible), ni une soumise, passive voire masochiste face aux caprices de son mari pervers, sadique ou dominateur, et alcoolique.
Le kirovisme est une idéologie révolutionnaire, qui souhaite ériger la femme en combattante de la Révolution, prête à tout pour défendre la patrie qui garantie ses droits et ses acquis : droit à l'éducation égalitaire, droit au travail, droit au même salaire, droit à l'égalité matérielle et humaine complète au sein de la famille (tâches ménagères, éducation des enfants...), droit à défendre la patrie dans l'armée, droit au divorce si justifié (mêmes difficultés procédurales pour l'homme que pour la femme), mais aussi, dans sa mesure originelle, le droit à l'avortement en cas de détresse sociale ou psychologique (donc inexistant en Rostovie puisque toutes les mères sont protégées par l’État, l'accouchement sous x servant de substitut). Il n'est pas question d'en faire "une capitaliste comme l'homme", mais bien une socialiste, humble au niveau du nombril, fière au niveau de la coopérative, travailleuse et instruite. Ainsi, le divorce comme l'avortement sont accessibles comme "droits" mais qu'en circonstance exceptionnelle. On ne passe pas d'un partenaire à l'autre comme on change de chaussette. Le devoir civil dans le mariage n'est pas pris à la légère en Rostovie. Bien plus encore que la répression judiciaire, la prévention idéologique comporte un aspect général, encore aujourd'hui, fondamentalement totalitaire. Tout est fait dès le plus jeune âge pour inciter à la droiture, à la fidélité et à l'humilité de tous avec tous.
S'il est vrai que, naturellement, la vision de la famille en Rostovie reste assez "traditionaliste" (image de l'homme fort qui défend sa belle épouse et ses enfants contre l'ennemi fasciste/capitaliste...), le kirovisme, sans la combattre expressément, l'a relégué au second plan derrière une autre image, celle deS hommeS et deS femmeS, unis à égalité au sein d'une coopérative, et derrière l'étendard patriotique, celui de la patrie de l’universalisme prolétarien et de la Vertu civile.
Allant plus loin encore, le kirovisme dans sa forme la plus extrême (dont le terienkovisme) va jusqu'à taxer l'amour entre deux personnes (et donc la famille) "d'égoïsme rétrograde et réactionnaire". L'Amour universel doit le dépasser et le remplacer : l'individu doit aimer tout le monde à égalité, et pas une personne en particulier. La sexualité, "pratique barbare d'un autre âge pour aristocrates pourris-gâtés ou dépressifs" (selon les mots mêmes de Terienkov) se doit de disparaître, progressivement : le renouvellement des générations se faisant in vitro, grâce à la technique. Tandis que la suppression des envies se fera par l'éducation totalitaire et, éventuellement, des solutions anaphrodisiaques au bromure.
Le concept d'Amour Universel, principe essentiel le plus élevé de l'idéal kiroviste (que le terienkovisme va non-seulement dénaturer mais aussi subordonner à la "mécanique techno-évolutionnaire"), consiste à aimer tout le monde, en principe, à égalité.
Concrètement, cet amour en Rostovie se manifeste d'abord par un souci du bien d'autrui. On se préoccupe des autres autant si ce n'est plus que de soi-même... une conception de l'amour qui peut être dure voire impossible, paraître humiliante même selon les cas, mais si tel est le fait de tous, en même temps, alors la balance sera rééquilibrée.
Dans un couple, formé ou en voie de formation, à l'échelle donc privé, l'amour se manifeste d'abord par son aspect romantique : il n'est pas rare qu'en Rostovie, un jeune homme rédige ou lise une poésie à sa bien-aimée. En contrepartie du puritanisme et de la dureté spartiate tant exaltée par la coopérative ou le kirovisme à l'échelle de tout le pays, un véritable culte est voué, surtout par la jeunesse, à la sensibilité romantique, à la beauté d'un amour platonique, sans rapport charnel (en tout cas certainement pas hors-mariage). Les rires naïfs dans la nature, les sourires, les rougissements, les petits mimis et autres actes doux et d'affection, constituent la réalité de l'amour rostov, ce qui contraste radicalement avec les "tourne-toi-salope" ou les "vas-y-que-je-te-baise-sale-chienne" proposé par les capitalistes des autres pays.
Il est toutefois nécessaire de rappeler qu'à l'origine de la philosophie kiroviste (idée plus tard modérée), l'individu appartient tout entier à la collectivité, il n'est qu'un boulon, un rouage dans la gigantesque mécanique immortelle du peuple. Et lorsque cet élément dysfonctionne ou rouille, on le répare ou on le remplace... méthodiquement, pour le bien de la collectivité. L'amour universel se basant sur l'amour de tous à égalité, c'est le peuple en tant qu'entité unifiée qui en bénéficie, et non l'individu à part entière.
Cette dure et froide interprétation du monde a conduit aux désastres du Perelag (camps de rééducation) et de la Terreur (qui frappait toutes les catégories de la société, l'apparatchik ayant même plus de chance d'être éliminé que le simple citoyen). Aujourd'hui, contre la "dérive terienkoviste" qui traumatisa le pays pendant 6 ans (2017-2023), les kirovistes ont adoucit leur pensée, notamment sous la pression de l’Église orthodoxe qui cherche à réhabiliter la personne humaine à l'échelle individuelle. Le système économique n'a pas changé pour autant et le fond idéologique non-plus. Mais il est question maintenant de reconnaître les fragilités et limites de la personne humaine, ainsi que sa dignité intrinsèque, et donc l'existence inévitables de préférences, pour les couples et donc les familles. Mais en retour, cette préférence doit être bornée de manière rationnelle, et ne jamais oublier que l'homme fait partie d'un tout social auquel il doit tout et sans lequel il ne pourrait rien. Les devoirs de pudeur et de respect sont donc de rigueur en Rostovie, aux côtés de l'amour conatif fraternel, à savoir le souci rationnel et concret du bien d'autrui (et non pas la satisfaction des caprices de soi et des autres), et bien-sûr, de l'amour chaleureux : les amitiés passionnelles qui peuvent se manifester par de bons services, des dons, ou des affections charnelles pudiques et respectueuses, allant du sourire au câlin.
Posté : ven. déc. 04, 2015 8:12 am
par Vladimir Ivanov
L'OURS ET LE CHÉLICÉRATE (1)
[img]https://i.imgur.com/0tNWqjF.jpg[/img]
Au monastère chrétien-orthodoxe de Святой Дух (prononcez "Sviatoï Doukh") (de fait, un petit centre concentrationnaire), à quelques centaines de kilomètres à l'est d'Ambartchik à l'extrême-Nord de la Rostovie...
Un gardien : Que voulez-vous, jeune femme ?
Maria Kaplanova : J'aimerai revoir un ami. Il est détenu ici. Une rencontre d'une heure est prévue à cette heure-ci aujourd'hui.
Un gardien : Vous avez une autorisation ? Donnez-la moi. -lui répondit-il froidement-
-elle lui donne trois papiers... et se fait fouiller rapidement-
Un gardien : C'est bon, vous pouvez passer.
-La jeune femme, chaudement vêtue d'un long et sombre manteau noir, la tête couverte par une épaisse capuche, marchait lentement dans la neige, et contemplait son environnement, impressionnée par la dureté de la vie des moines et des prisonniers qui travaillaient et priaient ensemble dans cet endroit désolé, perdu de tout.
Puis elle repéra une personne qui travaillait avec quelques popes sur une église en construction. Un certain individu au visage familier... le crâne rasé et dégagé, à la longue barbichette... alors qu'elle s'approchait de lui, les gardiens la surveillaient attentivement...-
Un gardien : -à son collègue- C'est étrange... c'est la première visite d'une femme depuis la création de ce camp. Elle me parait bien suspecte. Que peut-elle bien faire ici ?
L'autre gardien : Ses papiers sont pourtant en règles.
Alors qu'elle avançait lentement vers son "ami", la jeune femme sorti un objet qu'elle dissimula difficilement, sous l'effet du trac. Les gardiens comprirent alors son intention, et intervinrent immédiatement. Mais il était trop tard : elle avait eu le temps de transpercer sa victime, toujours parfaitement consciente mais gravement blessée. Alors que les gardiens la retinrent, elle criait :
Maria Kaplanova : Tu dois crever sale enflure ! Tu ne mérites pas de vivre une seconde de plus ! Tu es la pire abjection que notre espèce ait jamais enfanté ! Tu dois mourir ! Tu es l'incarnation du malheur et des souffrances de mon peuple ! Espèce de salopard ! Je te hais ! Tu m'entends Kirov, je te haiiiiiiis !
Peu après cet incident, et malgré sa blessure, Kirov continua à travailler, la tête basse et la sueur au front, comme si cet évènement n'avait jamais eu lieu. Mais les moines qui l'accompagnaient insistèrent pour qu'ils reçoivent des soins immédiats.
De toute évidence, tout comme son peuple, la mort ne voulait pas de lui.
à suivre...
Posté : dim. déc. 06, 2015 6:45 am
par Vladimir Ivanov
Les grands personnages de la Nouvelle Rostovie (2)
Rappel 1 ===> [url]http://www.simpolitique.com/post260033.html#p260033[/url]
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[img]https://i.imgur.com/eWJPYgS.jpg[/img]
Piotr Haïdarovski : Chef de file du groupe politique NSH (Force Nationale Haïdar en acronymes russes), il est le fils d'un zebej (siro-turc converti au christianisme), et d'une femme rostove chrétienne. Délaissant la pratique religieuse, tout en se revendiquant de la "chrétienté culturelle", il s'est tourné vers le nationalisme pur et dur. Un nationalisme certes, unificateur, c'est-à-dire non-raciste et pour l'égalité entre les ethnies (il a lui-même, on l'a vu, des origines sirs), mais résolument impérialiste et conquérant. Il dénonce régulièrement la mollesse de la diplomatie rostove, et souhaite récupérer Juvna.
Riche oligarque depuis 2003, il sera déporté dans un camp du Perelag au Sud du pays, de 2015 à 2023. Un de ses fils est mort en 2022, tué par les expériences de la Main Noire.
Son physique rondouillard trahit son incontestable habileté politique. Brutal, mais intelligent et calculateur, il cherche à diviser les deux principales forces du pays, à savoir briser l'actuelle coalition gouvernementale saratovistes-kirovistes. Violemment anti-communiste, il veut tuer Kirov, condamner Arkharov et enfermer tous leurs partisans. Par contre, il est également très anti-saratoviste, ce qui ne l'empêche pas d'agir avec prudence avec eux : dénonçant le projet miriste, qu'il accuse d'être une perversion communiste des valeurs chrétiennes, il n'omet pas en compensation de récupérer la figure de Saratova dans son héroïque combat contre le kirovisme, ainsi que d'approuver et d'encourager bruyamment la re-christianisation du pays, dans l'espoir de rallier à sa formation les chrétiens nationalistes dégoutés par le communisme kirovien.
Sur le plan socio-économique, il substituer aux obschiny du Mir et leurs coopératives collectivistes, par un "capitalisme autoritaire", efficace et conservateur, tourné vers les grandes et petites corporations (formation d'oligopoles privées).
Nationaliste en politique étrangère, il dit vouloir reconstituer, peu à peu, la "Grande Rostovie" (dans laquelle il intègre une bonne partie de l'Alméra orientale et du Jeekim-Nord). Il propose d'ailleurs un programme précis à ce sujet : rompre avec le Kirep, en échange d'un accord avec le Raksasa : retour de Juvna à la Rostovie en échange d'une alliance contre les "rouges".
Paradoxalement, le NKRD le soupçonne d'entretenir de secrètes relations avec les indépendantistes karachaïs. Certains le soupçonnent même d'aller jusqu'à avoir quelques sympathies pour la Main Noire, ne l'ayant jamais dénoncé directement... malgré la mort de son fils !
La quarantaine, il est marié et à eu 4 enfants (désormais 3). Malgré un machisme de façade, il est fidèle à son épouse et d'une droiture morale exemplaire dans sa vie privée. Il plait d'une manière générale au fascisme rostov.
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[img]https://i.imgur.com/qBCJdRE.jpg[/img]
Gueorgui Alexandrovitch : Dit "le Duc", Alexandrovitch est le principal prétendant au trône de Rostovie. "Biologiquement" illégitime si on considère d'autres prétendants qui ont quitté le pays depuis longtemps, il est malgré tout sur le territoire national, la personne la proche de l'arbre généalogique du dernier Tsar de Rostovie. Jadis pourchassé par le régime de Kirov, il s'était réfugié au Jeekim (notamment en Sébaldie où il dépensa une grande partie de sa fortune pour de somptueuses fêtes, entre-autres) avant de revenir dans son pays fin-2026 par goût de la politique, après la famine rostove.
Son programme politique est clair : restauration monarchique et donc du Tsarisme. Économiquement, il veut supprimer le Mir et adopter un "capitalisme moral", régulé et corporatiste. Chrétien pratiquant (là où Haïdarovski est secrètement athée), il a pourtant été jusqu'à renoncer à récupérer la figure de Saratova : il l'a considère haut et fort, avec mépris, comme "l'alter-égo de Kirov".
A l'étranger, son projet est là aussi, le même que celui de Haïdarovski : expansionnisme, rupture avec le Kirep au profit d'une réconciliation générale avec les pays du Makara. Sa seule vraie divergence avec le NSH est sa sympathie pour la Fiémance et une solidarité entre les royaumes du Monde, du Maok au Wa en passant par le Saint-Empire. Il se méfie toutefois du Thorval et du Viertenstein pour leur antilibéralisme fanatique.
Profitant à la fois de la crise politique, de l'essor de l'économie souterraine et des nouvelles limites gouvernementales imposées aux activités du NKRD en 2025, il mène dans la banlieue de Novgorod une discrète mais réelle petite vie de prince, secrètement riche et dépravée. Le NKRD le soupçonne d'être un des quelques parrains de la mafia de Novgorod, née pendant la crise sociale et la famine des deux années 2024-2026.
45 ans, il est marié et père de 2 enfants. Ce qui ne l'empêche pas de collectionner les maîtresses. Plus doux et raffiné qu'Haidarovski, cela ne l'empêche pas de considérer la femme en général comme un objet sexuel.
Plus apte à festoyer qu'à combattre dans l'arène politique, il est, en dépit de sa fortune et de sa haute estime de lui, aisément manipulable. Ce qui ne l'empêche pas de s'efforcer à ne plus l'être, en "montrant ce qu'il vaut". Comme il le dit souvent, "il aime gagner".
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[img]https://i.imgur.com/RrW3wvc.jpg[/img]
Sviatoslav Borisovitch : Vieil expert en politique étrangère, il conseilla en leur temps les gouvernements de l'URSR puis de Kirov entre 2007 et 2017. Parfois écouté, parfois non, il prônait la prudence : une politique militaire menaçante quand il le faut mais toujours pacifique, dans le respect des autres États, il s'opposait à l'ingérence. Chrétien peu pratiquant, il rejoint le camp saratovien le jour où Terienkov l'expulse dès mars 2017, préparant le génocide viek et son invasion du Pelabssa. Profondément meurtri par la Main Noire, il sera déporté quelques mois après son limogeage dans un camp, sa famille sera réduite à néant : épouse assassinée, leurs enfants et petits-enfants exterminés.
Profondément fatigué par cette dure épreuve, il sera même hospitalisé pour une grave dépression et une sous-alimentation en 2024. La pratique religieuse le sauvera en 2025 et se restaurera malgré son âge avancé (70 ans). Pour son expérience, il sera rappelé en politique trois ans plus tard, pour réformer l'armée rostove, qu'il contribuera à réduire massivement (plan Boriso-Arkhar). Pacifique en relations internationales, c'est un saratoviste convaincu, il croit au projet du Mir, et espère que les kirovistes s'y rallieront. Il déclarera même : "avant ma mort, je souhaite que se noue autour du Mir une réconciliation profonde et sincère entre ces deux factions qui menacent de déchirer notre pays. Pour son salut et la mémoire de Saratova, je pense que le Mir est la clé d'un avenir prometteur."
Posté : lun. janv. 04, 2016 3:06 am
par Vladimir Ivanov
LES VISAGES DE LA (NOUVELLE) SOCIÉTÉ ROSTOVE (1)
UNE SOCIÉTÉ TOUJOURS PRISE EN ÉTAU ENTRE LES CITES INDUSTRIELLES ET LES COMMUNES RURALES DU MIR
[HRP : ce pourquoi j'aime l'URSS, y compris celle de 1953 à 1985]
[url=https://www.youtube.com/watch?v=myg8Q0r8JnQ]Musique ![/url]
[spoiler="Photographies en Rostovie"][img]http://img15.hostingpics.net/pics/947235everydaylifeinlateussronphotosbyvladimirrolov2.jpg[/img]
Parc à Novgorod.
[img]http://img15.hostingpics.net/pics/272426everydaylifeinlateussronphotosbyvladimirrolov3.jpg[/img]
Une famille rostove en milieu rural qui s'apprête à travailler pour la coopérative agricole de leur obschina.
[img]http://img15.hostingpics.net/pics/394554everydaylifeinlateussronphotosbyvladimirrolov4.jpg[/img]
Réfectoire d'une obschina du Mir.
[img]http://img15.hostingpics.net/pics/118825everydaylifeinlateussronphotosbyvladimirrolov6.jpg[/img]
Deux jeunes à Surgut. Beaucoup de citadins des grandes villes en Rostovie rêvent de rejoindre le Mir, sans pouvoir toujours le faire en raison de nombreuses contraintes, surtout professionnelles et familiales.
[img]http://img15.hostingpics.net/pics/586732everydaylifeinlateussronphotosbyvladimirrolov7.jpg[/img]
Deux babouchkas dans un petit appartement de grande ville (témoignant de la vétusté des appareils télés et électroménagers en Rostovie) et un groupe d'enfants membres d'une obschina.
[img]http://img15.hostingpics.net/pics/579176everydaylifeinlateussronphotosbyvladimirrolov8.jpg[/img]
Transport spécial routier entre les grandes villes et les obschiny.
[img]http://img15.hostingpics.net/pics/787209everydaylifeinlateussronphotosbyvladimirrolov12.jpg[/img]
Examen médical pour l'école d'une obschina.
[img]http://img15.hostingpics.net/pics/203341everydaylifeinlateussronphotosbyvladimirrolov13.jpg[/img]
Cuisine collective dans une obschina !
[img]http://img15.hostingpics.net/pics/416027everydaylifeinlateussronphotosbyvladimirrolov18.jpg[/img]
Toutefois, malgré la dureté de la vie persistante, en ville aussi on arrive à s'amuser ! Ni superstitions ni bordels, ni casino ni concurrence : vive le socialisme ![/spoiler]
Source photo IRL : Vladimir Rolov
Posté : ven. janv. 22, 2016 9:12 am
par Vladimir Ivanov
LES VISAGES DE LA SOCIÉTÉ ROSTOVE (2)
UNE SOCIÉTÉ TOUJOURS PRISE EN ÉTAU ENTRE LES VIEILLES CITES INDUSTRIELLES ET LES NOUVELLES COMMUNES RURALES (OBSCHINY) DU MIR
[HRP : ce pourquoi j'aime l'URSS, y compris celle de 1953 à 1985]
[url=https://www.youtube.com/watch?v=x_IVWfR1Gh0]Musique : vive la RDA ![/url]
[spoiler="Photographies en Rostovie"][img]http://img15.hostingpics.net/pics/305630everydaylifeinlateussronphotosbyvladimirrolov15.jpg[/img]
Des parents rostovs à Tulariazan lisent avec attention et émotion la lettre de leur fils, soldat expérimenté membre des RVS - Révoliutsionnyié Voorujionnyié Cily ("forces armées révolutionnaires", corps d'armée de front, militaires professionnels)
[img]http://img15.hostingpics.net/pics/981279everydaylifeinlateussronphotosbyvladimirrolov19.jpg[/img]
Ces deux mères rostoves s'efforcent de rompre par la musique, la monotone "grisaille" que diffusent les vieux appartements communautaires de Novgorod.
[img]http://img15.hostingpics.net/pics/913245everydaylifeinlateussronphotosbyvladimirrolov21.jpg[/img]
Ces deux babuchkas le font à leur manière ! (appartement communautaire à Novgorod)
[img]http://img15.hostingpics.net/pics/646492everydaylifeinlateussronphotosbyvladimirrolov24.jpg[/img]
Des jeunes dans une obschina.
[img]http://img15.hostingpics.net/pics/780213everydaylifeinlateussronphotosbyvladimirrolov26.jpg[/img]
Trois vétérans des guerres rostoves de la fin du siècle dernier, dans un parc d'Ivanovgrad.
[img]http://img15.hostingpics.net/pics/195549everydaylifeinlateussronphotosbyvladimirrolov29.jpg[/img]
En Rostovie, la fidélité en amour n'est pas seulement un devoir : c'est un gage de bonheur et de respect pour toute la société (un vieux couple rostov à Kirovgrad).
[img]http://img15.hostingpics.net/pics/292661everydaylifeinlateussronphotosbyvladimirrolov30.jpg[/img]
Une grande section de maternelle dans une obschina rostove.
[img]http://img15.hostingpics.net/pics/551325everydaylifeinlateussronphotosbyvladimirrolov28.jpg[/img]
Un travailleur en pause près d'une exploitation minière, Kraï de Krasnoïarsk.[/spoiler]
Source photo IRL : Vladimir Rolov
Posté : ven. févr. 19, 2016 9:29 am
par Vladimir Ivanov
===> [url=https://www.youtube.com/watch?v=4EoUz39nPMM]Kirovgrad, la deuxième plus grande ville de Rostovie, en 2029[/url]
[à ceci près que vous enlevez la moitié des voitures, et que vous transformez toutes celles qui restent en vieilles lada thaliboziennes]
[url=http://img15.hostingpics.net/pics/954117GrandeRostovieofficielle.png]Rappel de la carte[/url]
Posté : ven. mars 04, 2016 7:55 pm
par Vladimir Ivanov
Rappels :
_ [url=http://www.simpolitique.com/post271903.html#p271903]le nouveau chef suprême de la Main Noire[/url]
_ [url=http://www.simpolitique.com/post278318.html#p278318]Saraï Hekmatyarov : de l'Oustrie à la Rostovie[/url]
_ [url=http://www.simpolitique.com/post253431.html#p253431]Le séparatisme karachaï[/url]
"Ce pays est le maillon faible du système mondial, il est notre porte d'entrée, et en même temps la voie qui nous mènera jusqu'à la résurrection, celle de la Main Noire pour l'éternel retour de la dynamique techno-évolutionnaire."
LE SOMMET DE KOLGOL : UNE IDEOCRATIE TRANSNATIONALE DANS L'EXPECTATIVE
SECRET
13 juillet 2029
[url]https://www.youtube.com/watch?v=RgEx-aSKvVw[/url]
[img]https://i.imgur.com/gmAP7vG.jpg[/img]
Dans les locaux souterrains du Palais de l'assemblée populaire de la RMA du Karachaï, sous la place centrale de Kolgol, le commissaire-général de la petite république autonome avait loué une salle au désormais célèbre opposant politique Djokhar Khamatov, le laissant organiser une réunion secrète illégale en échange d'un pot de vin. Le lieu de ce sommet fut choisi avec soin : c'est ici que reposaient des documents confidentiels rapportant au sujet des bases militaires rostoves implantées sur le territoire de la République. Mais qui devait rencontrer le leader indépendantiste karachaï ? Rien de moins que l'esprit de Terienkov, cherchant à revenir à la vie...
C'est donc un bâtiment administratif de la Rostovie qui abritait, en plein jour, le terroriste le plus recherché au monde : Saraï Hekmatyarov.
Après l'URKR, après l'Angkarviek, après l’Émirat du Karancevir, après le Kraï de Krasnoïarsk, après la République ultrarévolutionnaire du Pelabviek et après le Califat du Machrek, ce sont trois hommes qui posèrent les fondations d'une septième tentative afin de rétablir une entité politique rovostraniste autonome directement affiliée à la Main Noire.
Bien que personne n'admette l'avoir "éradiquée", son statut "d'organisation criminelle dissoute" lui colle à la peau depuis la triple chute rosto-pelabsso-barebjalienne : la prise de Turra le 31 janvier 2027 (neutralisation de l'IA et de Terienkov), la prise de Sanrow deux jours plus tard (suicide du "clown sanguinaire"), et la prise de Khaznadar (chute du Califat machrekien) le 31 août 2028. Cette situation constituait paradoxalement une opportunité à saisir pour la secte afin de regrouper ses forces éparpillées à l’abri des regards et définir une nouvelle stratégie de reconquête. Comme Terienkov l'avait prédit, qu'importe quand ou comment, il reviendra toujours : le Rovostran habite la Rostovie comme un hôte chez un schizophrène.
Ce qu'ils se dirent dans ce souterrain n'était pas enregistré. Pour plus de discrétion, ils étaient seuls : aucune escorte, aucun garde, pas de conseillé. A propos de l'un des trois invités, ce devait être sa première et dernière rencontre avec les karachaïs avant la "victoire finale" dans toute l'Union. Pour la simple raison que ce convive particulier était l'incarnation de la stratégie subversive de la Main Noire au cœur de la Rostovie, autrement dit, infiltrer le pouvoir à Novgorod sans éveiller les soupçons. Quant au troisième personnage, il représentait la concrétisation prochaine de leurs projets.
Les trois individus :
_ Saraï Hekmatyarov, le Vicaire du Rovostran, ancien commandant des cévékazes et chef des opérations de la Main Noire à l'étranger sous Terienkov (directement responsable des génocides delphinien et kasovien), émir du Karancevir (Juvna-Impériak) puis chef de guerre du Machrek, responsable de l'assassinat de l'empereur raksassan Siman II.
_ Youri Aktiubinov, méconnu en Rostovie mais -secrètement-, l'ancien directeur du centre militaire et laboratoire secret (ZATO) de Yakoutsk-858 (où fut conçu le viekovirus) et actuel chef suprême de la Main Noire et du Rovostran depuis sa nomination comme "Vice-Exarque".
_ Djokhar Abdulmuslimovitch Khamatov, le représentant de la faction "ultra" (néo-azraqite) des islamo-séparatistes karachaïs
[img]https://i.imgur.com/h3MaIiy.jpg[/img] - [img]https://i.imgur.com/WmVEzy6.png[/img] - [img]https://i.imgur.com/ISEynDm.jpg[/img]
La nouvelle triade dirigeante de la Main Noire (de gauche à droite) : Saraï Hekmatyarov, Youri Aktiubinov et Djokhar Khamatov.
Durant cette rencontre, c'est le Vice-Exarque Aktiubinov qui préside et entérine chaque stratégies à adopter selon les différentes étapes, sans toutefois quelques heurts et désaccords vites résolus par des solutions plus consensuelles.
D'abord, les trois fidèles de Terienkov rappellent les fondamentaux de leur cause commune.
L'objectif, précisément, est la constitution d'un "Exarchat" de la Main Noire au Karachaï, qui prendrait la forme d'un État souverain, c'est-à-dire d'une entité politique à la fois indépendante (au moins de facto si ce n'est de jure) et ultra-militarisée (donc capable de préserver sa liberté).
L'arme employée est le nationalisme karachaï. Elle est sensée être provisoire, conformément à la "viekisation" promise par la secte à tous les peuples du monde. Mais pareillement au cas rostov, la Main Noire a besoin d'une assise territoriale et de son cheptel bipède pour faire fructifier sa puissance brute, mener les efforts nécessaires en recherche&développement et créer un monde nouveau.
Son vecteur est le néo-azraqisme d'inspiration ikhwan (une branche particulièrement fanatique de l'islam salafiste, officiellement éteinte depuis un siècle). L'islam radical est un allié (et un instrument) incontournable de la Main Noire depuis bien longtemps. Ce sont des guerriers zélés, courageux et sans pitié, prêts à mourir pour un Dieu unique que "partagerait" la Main Noire (bien que cette entité divine ne soit pas du tout la même). Leur loyauté est garantie par l'Histoire (les relations sont restées intenses dès la fondation de l'idéocratie transnationale), les faits objectifs (soutien réel, financement, dépendance) et la haine justifiée que leur vouent les musulmans modérés.
La stratégie enfin, consiste en une ruse par la subversion intérieure jusqu'aux plus hautes élites militaro-politiques de Novgorod.
Cependant, il n'est pas question de précipiter le choses. On garde le sens des réalités : bien que la victoire soit considérée comme inévitable, le processus de retour en force de la Main Noire sur la scène internationale sera lent et sinueux. Promis par Saraï comme signal de victoire prochaine à ses homologues oustriens de l'organisation fasciste mafieuse Aigle Noir, un "cor de guerre" retentira, un phénomène suffisamment puissant pour éveiller l'organisation de son apparente torpeur. Concrètement ? Une insurrection armée islamo-nationaliste aboutissant à la séparation du Karachaï de l'Union rostove.
Pire, il ne s'agit que d'une étape parmi d'autres. Avant la date fatidique notamment, les activités de la Main Noire dans la région ne doivent laisser transparaître aucun signe qui pourrait prévenir d'un éventuel retour. En sous-traitant ses opérations via plusieurs intermédiaires, ce retour sera lent et progressif. Après cette date, une longue période de tensions et d'affrontements larvés opposera l’État infiltré et fragilisé de Novgorod avec la nouvelle entité karachaï. C'est durant cette phase que Youri Aktiubinov prévoit de subvertir le régime sarato-kiroviste de Novgorod.
Avant d'amener le Karachaï à l'indépendance, le Vice-Exarque insiste dans un premier temps sur la nécessité d'attendre patiemment l'ascension politique de certains personnages influents à Novgorod pour diviser kirovistes et saratoviens...
Cela parce que rien n'est possible sans le double consentement du NKRD (la police politique) et de l'ANR (l'armée). Et dans cette logique précise, l'ennemi n°1 à abattre n'est autre que Vladimir Arkharov, l'homme qui verrouille la société en la protégeant de toute velléité subversive. Le Vice-Exarque s'engagera donc personnellement dans cette lutte à mort. Il ralliera des personnages politiques variés pour le faire tomber : l'idée première est bien de de lui voler sa fonction, autrement dit, de prendre le contrôle du NKRD.
Une fois les saratovistes et les kirovistes divisés, une fois Arkharov neutralisé, une fois le Turriïvostok insurgé, une fois le Karachaï libéré... et une fois la Rostovie gangrenée par les agents de la Main Noire, le chélicérate n'aura plus qu'à attendre son venin nécroser le cœur de l'ours.
Malgré, là encore, une visée sur plus long terme, sont à l’étude également d'autres projets d'implantation, comme en Oustrie (pour aider l'organisation Aigle Noir) mais aussi en Alméra-ouest et centrale, en Eran, au Barebjal, au Zanyane, ainsi qu'en Juvna-Impériak.
A la fin de la réunion, lors d'une séance particulièrement mystique, un chapelet de bois appartenant à Saratova (dérobé peu avant sa mise à mort) est brûlé sous des incantations appelant au retour de Terienkov.
Juste après leur départ la nuit tombée, avec la complicité du responsable local, une bande de jeunes voyous karachaïs envahissent la salle d'accueil de la bâtisse pour inscrire en rouge-sang sur les murs : "Vers le Gazavat !" et... "Mort aux Årsted".
En définitive, de ce sommet secret à Kolgol le 13 juillet 2029, il ne ressort rien de bon pour l'avenir de la Rostovie.
[img]https://i.imgur.com/lCwDRFj.png[/img]
Le drapeau du futur Exarchat karachaï, basé sur l'original récupéré à cette nation par la Main Noire. Le loup, symbole d'endurance, de courage, de férocité et d'indépendance ; le rouge pour le sang versé ; le jaune pour la foi en l'avenir ; et le noir, qui représente la nuit (symbole de l'islam et par extension, des peuples sirs), mais aussi la souveraineté, et plus sournoisement, la "purification" par la Terreur.
Posté : lun. avr. 04, 2016 1:04 pm
par Vladimir Ivanov
LES VISAGES DE LA SOCIÉTÉ ROSTOVE (3)
UNE SOCIÉTÉ TOUJOURS PRISE EN ÉTAU ENTRE LES VIEILLES CITES INDUSTRIELLES ET LES NOUVELLES COMMUNES RURALES (OBSCHINY) DU MIR
[HRP : ce pourquoi j'aime l'URSS, y compris celle de 1953 à 1985]
[url=https://www.youtube.com/watch?v=qblarnwqaeU]Musique ![/url]
[spoiler="Photographies en Rostovie"][img]http://img15.hostingpics.net/pics/795312everydaylifeinlateussronphotosbyvladimirrolov31.jpg[/img]
La vie dans les obschiny... marquée par la simplicité et la pauvreté. A gauche, une vieille izba et deux bénévoles pour les rangements. A droite, un orphelin [url=http://www.simpolitique.com/post246944.html#p246944]comme il y en a tant en Rostovie[/url] : ses parents comptèrent parmi les dizaines de millions de victimes (morts ou blessés à vie) du régime de Terienkov.
[img]http://img15.hostingpics.net/pics/886104everydaylifeinlateussronphotosbyvladimirrolov32.jpg[/img]
Une famille rostove dont les sourires, malgré la difficulté persistante de la vie quotidienne, illustrent la réussite morale du système du MiR.
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Un repas en famille à Novgorod : la babouchka présente son gâteau selon une vieille coutume rostove.
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Certes dans une moindre mesure qu'en Oustrie, il arrive également aux rostovs de se relâcher au travail dans les usines d’État ou les coopératives : sans patron tyrannique, et avec la démocratisation de l'après-Terienkov, la discipline et la dureté de la vie se sont "assouplis".
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Dans cette toute nouvelle clinique d'obschina, il est nécessaire de rappeler aux enfants qu'il ne s'agit pas d'un terrain de jeu. L'orphelinat n'aide pas pour l'éducation.
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L'ANR, l'armée rostovique, omnipotente, omniprésente. La baisse drastique des dépenses militaires n'a pas réduit sa présence et l'importance de l'aide qu'elle apporte aux populations et à la production.
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La paresse, une plaie typiquement socialiste ? Ceci expliquerait le dynamisme de la R&D et de la chimie en Rostovie, secteurs parmi les plus importants au monde.
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Un "diédouchka" jouant du Bayan, un accordéon chromatique typique en Rostovie depuis le début du XXe siècle.[/spoiler]
Source photo IRL : Vladimir Rolov
Posté : mer. avr. 06, 2016 10:40 pm
par Vladimir Ivanov
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Affiche de propagande du Mouvement Impérial pour la Restauration (IDV), tsariste, favorable à la restauration de l'Empire rostov.