Page 14 sur 18

Posté : jeu. juin 27, 2019 6:57 pm
par William Hamleigh
[center][img]https://i.imgur.com/eDLIYrh.png[/img]
[img]https://i.imgur.com/Fjt8DA7.png[/img]
Une usine d'assemblage aéronautique, un des sites de l'Empresio à Hoxa[/center]
[center]LE GOUVERNEMENT FAIT PLANER LA MENACE D'UNE NATIONALISATION SUR LA COMMISSION CASKAR
21 juin 2039[/center]

[justify]La paix, troublée par des épisodes de combats sporadiques entre les forces de la CND et du Gänsernberg, semble être revenue en Dytolie, à la plus grande réjouissance des habitants de l’Hohengraf et des familles de soldats déployés. Alors que l’encre du traité signé bilatéralement entre les deux camps n’a pas eu le temps de sécher qu’une nouvelle affaire attire la préoccupation des États-membres de la CND. Le Principat Caskar s’est, une fois de plus, fait remarquer pour sa maladresse dans l'appropriation d'un rôle qu'il convoite, celui de gendarme des mers. En effet, dans la nuit, un des navires formant le corps expéditionnaire envoyé à la suite des événements en Hohengraf, s’est tout simplement retrouvé en perdition au large des côtes du Jernland, relativement proche donc des eaux territoriales des Îles Lorthon. Un égarement qui trahit la présence caskare à quelques encablures du territoire Jernlander, au-delà de tout accord conclu entre ce dernier et la flotte céruléenne qui s’était arrogée le droit de patrouille en pleine Mer des Crabes. Un déploiement qui intervient à la suite d’un communiqué officiel des autorités caskares à l’encontre de la République santognaise qui menait alors des opérations conjointes avec le Jernland et auxquelles le Gouvernement lorthonien avait apporté son soutien.

L’annonce de la perdition du navire nommé l’Amazone, n’a pas été bien accueillie par les Jernlanders qui l’ont appris par voie de presse, à en croire leurs déclarations. Sans surprise, les Affaires Extérieures du Jernland ont sommé le Caskar de cesser ses déploiements opportunistes dans les eaux du Nord. De même, c’est la Santogne qui s’est également trouvée être la cible de la flotte caskare ayant déployé un contingent démesuré de navires impliquant des porte-aéronefs ainsi que plusieurs dizaines de bâtiments militaires. Une mobilisation qui a tous les airs d’une flotte parée au combat et dont la Santogne s’était d’ailleurs plainte par voie officielle. Après leurs alliés jernlanders et santognais, ce sont les membres du Cabinet d’Ulysses Morgan qui ont, semble-t-il, reçu le feu-vert pour exprimer la position du Gouvernement à l’égard des machinations du Caskar qui, ici non plus, n’ont pas plu. À la différence de leurs alliés, les Îles Lorthon, par l’intermédiaire du Département de l’Économie, ont annoncé la mise en place de sanctions à l’encontre des activités de l’Empresio, l’organisation qui regroupe les différentes divisions de la commission Caskare. Ces sanctions sont avant tout symboliques et ne devraient, dans un premier temps, pas toucher trop durement la production des sites de la commission, implantée aux Îles Lorthon depuis 2037. D’ici quelques jours, les produits issus de ces installations sur le territoire national seront sujets à une taxe supplémentaire sur le marché lorthonien. Une mesure qui, selon la Secrétaire d’État aux Affaires Étrangères, Miranda Russell, devrait rappeler au Principat Caskar qu’il n’a aucun droit à effectuer des manœuvres belliqueuses à l’encontre des alliés des Îles Lorthon ainsi qu’à proche distance des eaux lorthoniennes.

Unis, les États-membres de la CND entendent bien bloquer le fantasme thalassocrate du Caskar qui ne cesse de s’immiscer de manière chronique dans les affaires des pays du Nord et, plus largement, de la CND. Le Premier ministre n’a pas réellement partagé sa position sur le sujet, même si l’on se doute qu’il a passé la consigne aux membres de son gouvernement. La Secrétaire de l’Économie, elle, a cependant laissé entendre que le Caskar s’exposait à des risques de sanctions majeures sur ses installations lorthoniennes s’il était pris à l’avenir en train de récidiver. Toutefois, la division lorthonienne de l’Empresio est un important pourvoyeur d’emploi dans des secteurs majeurs de l’économie nationale et le gouvernent le sait, pousser les sanctions plus loin serait nuisible aux secteurs et aux travailleurs. Reste alors l’hypothèse de la nationalisation des installations qui se révélerait bénéfique à long terme pour l’économie. Un scénario qui n’est pas sans rappeler la nationalisation des groupes énergétiques, repris par l’État sous l’étiquette de Lorthon Energy. La Secrétaire d’État tient donc à envoyer un message clair, invitant à l’arrêt des menaces du Principat, sans quoi celui-ci s’expose à la perte de ses avantages concédés sur le sol lorthonien.

Posté : sam. juin 29, 2019 9:40 am
par William Hamleigh
[center][img]https://i.imgur.com/7ww0Woc.png[/img]
[img]https://i.imgur.com/mv68Cxa.png[/img]
Souhaitant renforcer la coalition, le PM a choisi d'inviter sa partenaire au congrès annuel du parti.

AMANDA ASGAILL INVITÉE SURPRISE AU CONGRÈS TRAVAILLISTE
23 juin 2039[/center]

[justify]« Les récents événements à l’étranger ainsi qu’au cœur même de notre démocratie impose au parti travailliste un important renouvellement et une redéfinition précise de nos objectifs pour ce pays qui le vaut tellement » C’est en ces termes que le Premier ministre a ouvert son allocution au congrès annuel du parti travailliste qui, cette fois, avait lieu dans les halles de Marisburry. Ulysses Morgan est apparu à la tribune acclamé par une audience manifestement acquise et composée de disciples de la première heure. Tout au long de son discours, le chef du gouvernement et président de parti n’a pas passé sous silence l’actualité internationale qui fait les gros titres partout dans le monde. La direction du parti l’avait annoncé, à la suite des attentats en Ennis, le parti travailliste questionnerait la légitimité de certains de ses membres les plus à gauche ayant pour beaucoup des liens d’activisme passé ou revendiqué avec les mouvements révolutionnaires du pays. « Nous avons tous été choqués par les atrocités dont ont fait preuve les forces d’extrême-gauche chez nos voisins ennissois qui, aujourd’hui, doivent s’en remettre à la gouvernance d’une équipe de militaire qui n’a été élue par personne » Le Premier ministre a souhaité mettre en garde les Lorthoniens contre l’éventualité d’un scénario similaire aux Îles Lorthon. « La démocratie est fragile et nous nous devons de la protéger de ceux qui la menacent » Toujours en lien avec l’actualité internationale, Ulysses Morgan a voulu évoquer le chaos qui règne actuellement au Westrait après la chute de Douglas Reed et la proclamation d’un nouveau régime. « La République Démocratique du Westrait avait réussi à faire mentir la plupart des analystes en proposant un système réellement nouveau et qui avait le mérite d’être modéré à l’image de l’homme qui le chapeautait alors, le regretté Douglas Reed avec qui les Îles Lorthon entretenaient des rapports cordiaux et sains. Là encore cependant, le subconscient marxiste, sans cesse refoulé par Reed, a fait irruption et a précipité le Westrait dans une nouvelle ère de barbarie. Ce même Westrait pour lequel de nombreux jeunes Lorthoniens partirent, il y longtemps, combattre, la fleur au fusil, pour la Liberté »

Accompagné de plusieurs de ses associés et collègues du gouvernement, le Premier ministre a présenté la visage que lui et ses collaborateurs souhaitent donner au parti travailliste de demain. Une réorganisation qu’il a voulue « réaliste » et « en adéquation » avec la forme actuelle du paysage politique lorthonien, de plus en plus indécis. Sans surprises, les membres du gouvernement ont tenu à réaffirmer leur soutien à la coalition formée avec le Front gaélique. Entre deux discours s’est alors présenté l’invité surprise de la soirée, annoncé par le Premier ministre en début de soirée « Un invité mystère viendra témoigner de son engagement à nos côtés et nous apporter sa vision éclairée » Le moment venu, c’est Amanda Asgaill qui s’est présentée à la tribune du congrès devant des milliers de militants travaillistes. « Le risque était énorme » affirme ce matin Tom Grant, politologue à l’Université de Fort William. « Présenter ainsi Asgaill qui, pour beaucoup, était encore il y a un an seulement l’équivalent du valet puant, c’est un coup de poker épatant » Un coup de poker qui a porté ses fruits puisque la Vice-Première ministre, Secrétaire d’État à l’Intérieur et présidente du Front gaélique a été chaleureusement accueillie par les militants ce qui prouve, encore une fois, le bloc électoral commun qu’ont réussi à former Morgan et Asgaill. Au cours de son temps de parole, Amanda Asgaill a évidemment souhaité remercier le Premier ministre à la fois pour son invitation et pour son travail comme chef du gouvernement. Les deux ont ensuite tenu à réaffirmer leur proximité et collaboration. L'analyse de Tom Grant est, à nouveau, éclairante : « Avec l’annonce de l’écrémage prochain que subira le parti, les travaillistes alliés de Morgan, qui se trouvent aux postes clés du parti grâce à ce dernier, ont clairement l’intention de vitrifier toute opposition interne. Ils voient le parti comme un corps physique dont l’aile gauche est un membre malade qu’il faut amputer avant d’ensuite revivifier le tout pour le rendre plus fort. Après l’éviction de l’opposition interne, qui éclaircira sans doute encore plus les rands au Parlement, le Premier ministre pourrait légitimement convoquer des élections anticipées pour revenir en force avec son parti « nettoyé » et renforcer la coalition. Il n’y a pas à dire, l’actualité internationale tombe à pic pour le Premier ministre et ses collaborateurs »

Posté : ven. juil. 12, 2019 1:47 pm
par William Hamleigh
[center][img]https://i.imgur.com/eDLIYrh.png[/img]
[img]https://i.imgur.com/UnuObHr.png[/img]
L'ancien Premier ministre pourrait tenter un retour dans le jeu politique.[/center]
[center]REVENIR ? DANIEL CEALLACH Y SONGE
5 août 2039[/center]

[justify]Parti la queue entre les jambes dans le tumulte de l’affaire du navire lorthonien coulé par la marine deserane, Daniel Ceallach songerait à effectuer un retour dans la vie politique. Il l’affirme : « Démissionner était une erreur, c’est la pression publique qui m’y a contraint ». Pour l’ancien Premier ministre, il aurait fallu rester et conduire ensuite le parti travailliste aux élections générales à leur date prévue. Aujourd’hui le parti est au bord de l’éclatement, profondément en désaccord sur la ligne à adopter. Un clivage entre nouveaux et anciens incarné par la personnalité complexe et polémique de l’actuel Premier ministre Ulysses Morgan. Une situation en partie due à la fin de mandat de Daniel Ceallach, marquée par une croissance économique au rendez-vous contre une politique migratoire qui a propulsé le Front gaélique aux affaires. Plus que jamais, les travaillistes se cherchent leur homme providentiel qu’ils peinent à voir dans le locataire actuel du 10 Cameron Avenue. La « gauche pragmatique », [url=https://simpolitique.net/viewtopic.php?p=347605#p347605]comme l’appelait un article santognais[/url], a, semble-t-il, ses limites dans la cohésion et l’unité de ses membres. Pourtant si Ceallach pourrait se rêver en sauveur du parti, le clivage n’en serait pour autant toujours pas comblé. Seule voie viable selon plusieurs analystes : le retour en force dans la politique avec sa propre mouvance.

Outre la débâcle actuelle de son parti, d’autres facteurs semble inciter Daniel Ceallach dans cette entreprise. Tout d’abord la nouvelle réalité de la Communauté des Nations Dytoliennes par laquelle les Îles Lorthon accèdent à un marché économique bien supérieur à celui jadis de l’Union Douanière Occidentale. Une prospérité économique qui encourage la poursuite de la consolidation de l’État-providence lorthonien, amorcée par son gouvernement et mise en pause par ses successeurs. « Il y a encore beaucoup à faire » déclare-t-il lors d’une intervention à la radio. Autre point qui pourrait être à l’origine d’une résurrection de Daniel Ceallach, le climat politique international et la place de la gauche aux quatre coins du monde. Passée sous silence par le pacte gouvernemental aux Îles Lorthon, persécutée en Ennis, en proie à de nombreux rebondissements au Westrait, victorieuse au Gandhari, il y a sans aucun doute une carte à jouer pour les gauches dans le monde à l’heure actuelle et, selon l’aile gauche du parti travailliste ainsi que plusieurs analystes, aux Îles Lorthon où la « destinée » de la gauche serait d’opposer un front uni face aux nationalistes qui sont actuellement la première organisation politique, forts d’avoir vitrifier l’ensemble des forces conservatrices.

Plus récemment, le monde semble s’être pris de passion pour la question de la fraude fiscale. Une thématique remontée sur la scène publique avec l’affaire du secret bancaire de la République d’Asdriche. Un problème que Daniel Ceallach mettait au cœur de son programme lors de sa victoire en 2035 mais qui, par manque de soutien international, n’avait pas trouvé de réalisation concrète. Aujourd’hui les choses sont différentes et de nouvelles réalités ont émergées qui redéfinissent le cadre de la lutte contre la fraude fiscale. Plusieurs pays ont marché dans les pas de Daniel Ceallach, parfois sans le savoir. La Santogne, s’est faite remarquée pour ses exigences à l’égard de ses partenaires commerciaux et plusieurs pays ont accepté l’idée de constitution d’une liste noire des paradis fiscaux comme le [url=https://simpolitique.net/viewtopic.php?p=353441#p353441]Kars[/url] ou le [url=https://simpolitique.net/viewtopic.php?p=353431#p353431]Jernland[/url]. Aussi la CND pourrait se révéler pionnière par son poids économique et les bonnes relations qui unissent ses membres en matière d’harmonisation des règles de confidentialité fiscale. Outre sans doute une ambition personnelle avortée, ce qui pousse l’ancien Premier ministre travailliste à penser à un retour c’est sans doute le sentiment d’avoir été élu trop tôt, dans un monde qui alors ne permettait pas la pleine réalisation de son programme.

Posté : sam. juil. 13, 2019 9:54 pm
par William Hamleigh
[center][img]https://i.imgur.com/eDLIYrh.png[/img]
[img]https://i.imgur.com/a7vb38P.png[/img]
Une solution de plus en plus prisée par les mères démunies.[/center]
[center]LES BOITES À BÉBÉS REVIENNENT EN FORCE
9 août 2039[/center]

[justify]« La commande 56 est prête à la caisse. Il s’appelle Henry ». Tel est l’incipit d’un éditorial qu’ont pu lire les Lorthoniens dans la presse régionale de Marisburry où la mise en place de « babies boxes » (fr : boîtes à bébés) a fait couler beaucoup d’encre. Sur un ton nettement moins provocateur, plusieurs organisations d’assistance familiale de la région ont cosigné un communiqué dans lequel il est question de ce nouveau moyen mis à disposition de ces parents malgré-eux. Depuis le début du mois, il est en effet possible pour quiconque le souhaite de venir abandonner un nouveau-né dans des conditions qui garantissent sa prise en charge et l’anonymat des parents. À l’image d’une boite aux lettres ou du guichet de drive-in de nombreux fast-foods, l’enfant est placé dans un petit espace aménagé dans le mur lui garantissant un relatif confort dans l’attente de sa réception par le personnel des associations participantes. De l’autre côté de la vitre, une sirène annonçant la présence d’un nourrisson retentit avec un délai de cinq minutes laissant aux dépositaires le temps de se volatiliser. Le petit être est ensuite recueilli et placé dans un endroit plus approprié avant qu’une nouvelle demeure ne lui soit trouvée.

Les boites à bébés n’ont rien d’innovant aux Îles Lorthon ni même en Dytolie. Ce procédé est aussi vieux que le monde et n’est pas, comme on le pense parfois, l’apanage d’un âge médiéval sombre où venir au monde n’était que le début des ennuis pour un petit humain. De tous temps les parents et surtout les mères ont cherché des moyens d’épargner à leur enfant né au mauvais moment un sort funeste. En Dytolie, ce sont les couvents religieux qui ont assuré la charge de recueillir pour ensuite placer les enfants abandonnés. Aujourd’hui encore, ces établissements remplissent toujours cette fonction mais d’autres organismes s’y sont récemment joints. Si les boites à bébés font la une dans la presse nationale ces derniers jours c’est précisément car ce phénomène est à mettre en lien avec les restrictions imposées par l’exécutif au droit à l’avortement. Avortement dont les frais incombent désormais aux particuliers. Depuis l’entrée en vigueur de la loi, le nombre d’interruptions volontaires de grossesses est, comme prévu, en chute libre. Tout du moins, nous n’avons actuellement pas assez de recul pour bénéficier d’une vue plus générale du phénomène. De nombreux avortements ont aujourd'hui lieu clandestinement dans des conditions parfois abominables mais ceux-ci échappent dès lors à tout prise en compte statistique.

Plutôt que d’avoir à subir le calvaire physique et psychologique d’une telle procédure, nombreuses sont les mères à opter pour la baby box. Des mères qui appartiennent, pour l’immense majorité d’entre elles, aux classes les plus défavorisées de la société. Ces mêmes classes qui ne bénéficient bien souvent pas d’informations suffisantes en dépit des nombreuses actions de sensibilisations. À noter que d’un point de vue économique, ce sont également les plus démunis qui, logiquement, préfèrent recourir à l’abandon encadré plutôt qu’à devoir débourser pour une intervention chez un praticien. Naturellement tombés en désuétude lors de la légalisation de l’interruption volontaire de grossesse, les lieux dédiés à l’abandon de nouveau-nés connaissent, on l'a vu, une véritable renaissance au sein de la société. Un retour sur la place publique au sujet duquel un consensus peine à être atteint ; les uns regrettant le recours à une pratique moyenâgeuse qui force la mère à assurer la gestation et l’accouchement alors que les autres sont soulagés de voir la vie sauvée par des personnes compétentes. « Nous préférons un bébé à l’orphelinat qu’au fond de la cuvette » déclaraient plusieurs militants pro-vie en marge des manifestations contre le projet nataliste du gouvernement. Après les boomers, peut-être assistera-t-on dans trente ans à l’émergence de cette nouvelle génération d’enfants abandonnés, des « Morgan babies » dont la parole servira d’héritage à la politique actuelle du gouvernement.

Posté : lun. juil. 15, 2019 8:35 pm
par William Hamleigh
[center][img]https://i.imgur.com/7ww0Woc.png[/img]
[img]https://i.imgur.com/SMs3axX.png[/img]
Britannia en soins palliatifs mais quand débranchera-t-on la machine ?

L'UNION PANOCÉANIQUE AGONISE
15 août 2039[/center]

[justify]Dans la foulée du séisme diplomatique qu’a provoqué l’affaire des largages de sel au-dessus du Thorval, la communauté internationale semble tendre vers une condamnation unanime de la Ligue de Lébira. Cartagina, dont l'implication révélée par le Gänsernberg qui assurait la couverture radar du Thorval, s’est empressée de nier toute implication, blâmant des groupes privés et certaines autorités régionales. La communauté internationale trouve néanmoins ce bouc émissaire de très piètre qualité, l’hypothèse selon laquelle l’économie et l’exécutif de la Ligue seraient totalement distincts et fonctionneraient en vases clos ne convainquant, à vrai dire, pas grand monde. Toujours est-il que la crise a mis en lumière un autre phénomène géopolitique : l’état de santé catastrophique de l’Union Panocéanique. Organisme visant à fédérer l’ensemble des États présentant une composante britonnique dans leur histoire, l’Union Panocéanique s’est retrouvée au cœur du conflit mondial de 2034 et a bien failli basculer à nouveau lors de la guerre d’Aminavie. Toujours est-il qu’aujourd’hui, l’organisation bat de l’aile et semble toute proche de la mort diplomatique. En proie à des divergences internes extrêmes, qui ont été à la source de la sortie des Îles Lorthon, l’organisation perd un à un ses membres et soutiens au point de ressembler de plus en plus à une coquille vide. Le monde briton, comme on l’appelait au siècle dernier, semblant trouver que, finalement, on n’est jamais mieux servi que par soi-même.

Dans le cas présent, ce sont les relations entre le Shakhanat Islamique du Karmalistan et la Ligue de Libéra qui illustrent cette dérive qui annonce sans aucun doute un naufrage dont personne ne semble vraiment avoir cure. Tous deux alliés à la Britonnie, les deux pays n’ont jamais réellement su s’accorder dans une politique commune, la formule « à moitié dedans, à moitié dehors » de la Ligue, garantie par le traité de Lébira, étant sans doute, incompatible avec la vision de l’organisation. Ainsi, Cartagina a annoncé dans un communiqué officiel suspendre ses relations diplomatiques avec le Karmalistan après que celui-ci s’est joint aux condamnations internationales quant à l’affaire thorvaloise. Coup de théâtre, la Ligue a également fait savoir qu’une renégociation du traité de Lébira n’était pas exclue, une action qui soutient la thèse de cet article. L’alliance entre la Ligue et la Britonnie, c’est finalement un peu comme le Thorval, pour en revenir à l’actualité, c’est incompréhensible, moyenâgeux, personne ne sait comment c’est encore possible mais c’est toujours là. À Lanfair, dont l’agenda politique se calque souvent sur l’actualité céruléenne, personne ne semble remettre en cause ces liens et même, certains les trouvent toujours insuffisants. Le sauvetage surréaliste proposé par le groupe Townsend Thorensen à la banque Monezzi, récemment déclarée en faillite, confirme cette idée.

Pourtant si la Britonnie se retrouve de plus en plus coupée de ses anciens partenaires, dont il ne reste plus que le Karmalistan, par l’intermédiaire du Dahar, ex-colonie britonnique, c’est en grande partie à cause d’elle-même. La Britonnie un allié dérangeant ? pire, un boulet enchaîné à la Ligue et à tout État qui s’en rapprocherait. Un boulet dont la Ligue avait pu mesurer le poids concret lors de la crise qui avait causé la dislocation de l’Union Douanière Occidentale, déclenchée en raison des liens avec le Karmalistan, et dont est issu, en partie, le marasme économique et institutionnel actuel dont souffrent les provinces lébiriennes. Sans doute n’était-ce qu’un avant-goût du pire, quand la Britonnie révélait, triomphante, son programme nucléaire top secret, désireuse de montrer au grand monde comment Britannia restait le phare du monde civilisé. Crise à laquelle avait ensuite suivi la délirante pièce de théâtre avec les investisseurs caeturians, où le libéralisme briton, pourtant érigé en culte, s'était, semble-t-il, subitement évaporé. Force est désormais de constater que l’isolement de la Britonnie va de pair avec celui de la Ligue. De telle sorte qu’actuellement, il est difficile d’entrevoir pour Cartagina une sortie de crise sérieuse tant le mal est profond. Qualifiée à l’internationale d’État-voyou, la première puissance économique se retrouve seule, ou presque, dans un monde qui lui ferme de plus en plus ses portes. Et ce, alors que de l’intérieur même, les troubles grandissent comme en atteste les négociations insatisfaisantes autour du statut arovaque. La Ligue choisira peut-être la révision du traité de Lébira, auquel cas tout n’est peut-être pas perdu. La Britonnie, elle, devra faire un choix cornélien qui risque de lui coûter quelques cheveux : le Karmalistan qui l’a porté à la victoire en 2034 ou la Ligue, patrie du vieil Edmund Butler, et qui couvre, les unes après les autres, les gaffes successives de cet allié encombrant. Si tant est que Cartagina lui laisse le choix, Britannia ne rules plus rien du tout et s'enferme, un peu plus chaque jour, dans une politique d'isolationnisme toute flavienne.

Posté : mar. juil. 16, 2019 1:26 pm
par William Hamleigh
[center][img]https://i.imgur.com/7ww0Woc.png[/img]
[img]https://i.imgur.com/ivjbslS.png[/img]
Le Premier ministre refuse de se joindre au blâme international concernant la Ligue de Lébira.

Morgan choisit la prudence
17 août 2039[/center]

[justify]Les condamnations et les blâmes volent dans toutes les directions entre la Ligue de Lébira et ses détracteurs qu’ils soient, ou non, d’anciens partenaires parfois proches. Entre la République d’Ennis, toujours pilotée par l’Amiral tout-puissant du gouvernement provisoire, et la Ligue qui rend coup pour coup la moindre attaque, ne serait-ce que celles émanant d’organes de presses indépendants des pouvoirs politiques, rien ne va plus. « Etat-voyou » et « Nation-clown » d’un côté, « pute ennissoise », « petite frappe d'amiral », « l'œdipienne île de frustrés mégalomanes » de l’autre. Les voies de presses et, parfois, officielles, semblent bien décidées à ne pas laisser le dernier mot à l’autre. Les deux pays ont d’ailleurs annoncé la rupture bilatérale de leurs relations commerciales, elles qui étaient liées par le libre échange il y a plusieurs années. Le Kars, quant à lui, a été sommé de s’expliquer sur ses déclarations en se faisant rappeler son ambassadeur par Cartagina. Ainsi, le ton monte inexorablement entre la Ligue et l’Orient, bien plus qu’avec la Dytolie où certains pays préfèrent adopter une position plus prudente comme c’est le cas du Jernland qui s’impose comme un médiateur de la crise. Notre voisin a ainsi placé sous sa protection le territoire thorvalois et mène actuellement des pourparlers avec les autorités lébiriennes, refusant de se mêler au bruit diplomatique du moment.

Une position dont se sent proche notre Premier ministre qui, jusqu’à preuve du contraire, n’a pas encore réagi par voie officielle aux événements de la semaine dernière. Selon ses proches collaborateurs, il ne le fera tout simplement pas, sauf évolution de la situation. Resté très discret sur la crise, Ulysses Morgan n’a, semble-t-il, pas voulu impliquer directement les Îles Lorthon qui n’ont, en réalité, pas de raison de faire de la Ligue de Lébira leur ennemi. Malgré les déboires de l’Union Douanière Occidentale, survenus durant l’interrègne Ceallach-Morgan, le gouvernement espère toujours voir dans la Ligue un partenaire potentiel, ne serait-ce que sur le plan économique. Secrètement, Morgan se placerait même en faveur d’un rapprochement, désireux sans doute de reconduire le juteux accord commercial avec l’économie de la Ligue aux besoins énergétiques gargantuesques. Prudent donc, le Premier ministre choisit de rester en retrait et a déclaré « regretter » l’escalade entre Ennis et la Ligue, ciblant tout particulièrement, dans un communiqué sur ses réseaux sociaux, l’Amiral Lúi Ó Móráin dont le ton peu diplomatique envers la Ligue, agace, semble-t-il, le Premier ministre. Une position qui semble confirmer les paroles qu’avait tenues le Premier ministre quelques jours après la prise de pouvoir du gouvernement provisoire « les militaires n’ont pas vocation à gouverner ». Pour Ulysses Morgan, grand attaché à l’étiquette et à la vieille politique traditionnelle, la crise actuelle ressemble à s’y méprendre à un bruit inaudible et un débat sur qui à la plus grosse.

Posté : dim. juil. 28, 2019 1:37 pm
par William Hamleigh
[center][img]https://i.imgur.com/eDLIYrh.png[/img]
[img]https://i.imgur.com/cK5YqCJ.png[/img]
Alan Orkney propose l'union de la gauche contre la coalition d'Ulysses Morgan.[/center]
[center]Left Unity, la fin du parti travailliste ?
23 septembre 2039[/center]

[justify]« Les nouvelles réalités de notre paysage politique national et les événements internationaux imposent à tous les citoyens la responsabilité d’insuffler à la gauche lorthonienne un nouvel élan qui lui permettra d’afficher clairement ses revendications et à parvenir au pouvoir. Pour ce faire, il nous faut tracer notre propre voie, dépasser le carcan travailliste et écrire un nouveau chapitre des luttes sociales dans notre pays » Ces mots sont ceux d’Alan Orkney, ancien membre du parti travailliste, évincé comme plus de cinquante autres membres actifs, par [url=https://simpolitique.net/viewtopic.php?p=352833#p352833]les mesures d’Ulysses Morgan et de ses alliés[/url] pour nettoyer les rangs travaillistes après les attentats de Dunmore en Ennis. Comme ses compagnons de malheur, Orkney est « trop à gauche » pour le Premier ministre et présente donc un obstacle au maintien de la majorité formée avec les frontistes au pouvoir. Comme beaucoup des membres et militants appartenant à l’aile gauche du parti, dont de nombreux revendiquant leur obédience marxiste, Alan Orkney pense à dépasser le cadre du parti travailliste : « Le parti travailliste est comme son président, un héritage du passé poussiéreux. Il nous faut le dépasser » Pour le dépasser, Orkney et plusieurs de ses collaborateurs ont développé la structure d’une nouvelle formation politique sensée rassembler les déçus du parti travailliste et les partisans de la gauche dite radicale qui n’a pas réellement voix au chapitre dans le système politique lorthonien actuel.

Le contexte politique mêlant crise alimentaire, succès électoraux pour les marxistes et délitement des forces traditionnelles lorthoniennes est favorable à l’émergence d’une contestation radicale qui ne semble pas réellement compatible avec un groupe comme le parti travailliste qui est, depuis plusieurs décennies, un parti de de gouvernement qui appartient au très sélect establishment. Left Unity souhaite s’inscrire à contre-courant et proposer une réelle plateforme d’action de débat pour changer la politique lorthonienne. Ses principaux soutiens sont, tout d’abord, à chercher du côté des déçus et exclus du parti travailliste, du côté des groupes marxistes, absents pour la plupart des bancs du parlement, mais aussi chez les étudiants que le discours dirigiste et paternaliste de la majorité peine à rallier. Les lignes directrices de Left Unity séduisent par leur simplicité : Plus de démocratie, notamment par l’instauration de référendums citoyens et de la proportionnelle intégrale comme méthode de scrutin, la promotion des services publics, continuer la transition de l’économie vers des énergies propres amorcée par Daniel Ceallach et mise en suspens par Ulysses Morgan ainsi que garantir une juste redistribution des revenus ce à quoi la majorité semble avoir renoncé. Enfin, revenir sur les politiques anti-avortement et légaliser le mariage homosexuel. Des positions simples mais qui ont l’avantage de brasser large et d’être plus accessibles que les mesures plus techniques des partis traditionnels.

Pour la majorité gouvernementale, même si elle refuse de l'avouer, la formation de Left Unity est une sérieuse menace. De nombreux députés ont exprimé leur soutien en faveur de ce nouveau groupe et sont susceptibles de faire exploser le parti en plein vol laissant le Premier ministre ne difficulté face à un front gaélique toujours plus en forme. En réaction, principaux intéressés ont réagi sur leurs réseaux sociaux, s’accordant à tourner en ridicule les frondeurs de Left Unity comme l’a fait Ulysses Morgan en déclarant : « le parti travailliste n’est pas un parti de punks à teintures capillaires fluorescentes, c’est un parti sérieux dont les membres devraient s’attacher à diriger plutôt qu’à comploter » La suite des événements reste toutefois difficile à prévoir avec certitude, l’avenir dépendant surtout de l’importance du soutien que récoltera Left Unity au sein du parlement et dans les rangs travaillistes. Dès lors, si ceux-ci décidaient de se liguer en masse contre leur président, le Premier ministre n’aurait alors pas d’autre choix que de remettre sa démission et de demander au roi de convoquer des élections anticipées.

Posté : lun. juil. 29, 2019 10:51 pm
par William Hamleigh
[center][img]https://i.imgur.com/7ww0Woc.png[/img]
[img]https://i.imgur.com/D0qQFKg.png[/img]
Morgan et Móráin, hommes providentiels ou monstre à deux têtes ?

« À domicile comme à l'extérieur, les vieux cons ont la cote »
27 septembre 2039[/center]

[justify]Les Ennissois se sont rendus aux urnes pour élire le premier président de la République de ce qui s’annonce déjà comme l’ère post-attentats. La bataille a été âpre entre le social-démocrate Máedoc Ó Ciaragáin et l’Amiral Lúi Ó Móráin qui préside le Gouvernement Militaire Provisoire de la République depuis les tragiques attaques qui ont fauché une bonne partie de l’Ennis politique. Il s’en est fallu de peu pour que l’histoire en reste là, mais le peuple de l’île d’émeraude s’est finalement prononcé en faveur de son « homme fort » avec une marge toutefois très fine, sans doute uniquement due aux événements immédiats qui ont ravivé la hargne anti-communiste. C’est donc la conception Móráiniste de l’État qui influencera les sept prochaines années de la vie politique ennissoise désormais encadrée par une nouvelle constitution ancrant l’île gaélique dans un virage centraliste presque paternaliste sinon autoritaire. Une ascension fulgurante pour un homme que rien sinon un alignement des planètes inespéré n’aurait pu laisser présager et qui n'est pas sans rappeler les nombreux amiraux que compte actuellement la Chambre des Communes.

Aux Îles Lorthon, la campagne a été ardemment suivie, comme à l'habitude, offrant un schéma nouveau et dépaysant du climat morose et opportuniste de la perpétuelle crise politique lorthonienne. Au sein de la classe politique, de nombreuses personnalités ont exprimé leurs positions et fait connaitre à qui allait leur soutien. Pour les travaillistes, l’habituel clivage, qui se réduit sensiblement au profit de Left Unity, a enfanté d’une nouvelle discorde quant aux candidats ennissois. Les proches du Premier ministre ayant décidé de soutenir l’Amiral là où l’aile gauche était divisée entre son adversaire ou l’abstention, voie qu’a choisi de soutenir la direction du nouveau parti, Left Unity.

Mais c’est sans aucun doute les sociaux-démocrates de Sim Camran dont le parti est issu de la première scission travailliste qui ont le plus marqué le coup en annonçant leur position sur le vote. « Force est de constater qu’à domicile comme à l’extérieur, les vieux cons avides de pouvoir ont la cote » a déclaré le président de parti en faisant implicitement référence à la proximité qui existe sur le papier entre Ulysses Morgan et Lúi Ó Móráin. Tous deux d’un certain âge et catholiques pratiquant, on comprendra donc qu’ils se trouvent dans le collimateur de Camran, activiste-gay revendiqué, les deux hommes sont les symptômes vivants du glissement vers la droite qui s’observe dans les pays du Nord dytolien. Les deux hommes représentent l’ancien-monde de la politique par ses vieilles coutumes et son fonctionnement réglé comme du papier à musique, assez proche, en somme, du climat militaire dont est issu le Président-élu. Mais ce à quoi fait sans doute également référence la déclaration grossière de Sim Camran, ce sont les circonstances inhabituelles dans lesquelles les deux hommes sont parvenus à se hisser à la tête de l’État, après avoir fureté pendant des dizaines d’années dans les rangs du Parlement ou de la troupe, au choix. Des alligators qui attendent une éternité la gueule ouverte dans l’espoir que le pouvoir tombe dans leur bouche et qui, une fois maîtres, luttent pour se maintenir en maître de la rivière. Du moins ce n'est pas vrai pour le nouveau président ennissois qui, lui, n’a pas à vivre sous la menace la terrible motion de censure dont l’ombre avait poussé le samouraï Ceallach au Seppuku.

Morgan n’a pas attendu pour féliciter l’Amiral de sa victoire. Il y a quelques semaines pourtant, lors de l’affaire du sel thorvalois où Ó Móráin, alors Chef du Gouvernement Provisoire, avait tenu des déclarations fortes, le Premier ministre s’était exprimé en soulignant l’illégitimité de l’Amiral pour participer aux crises politiques assurément néfastes pour la bonne santé politique et économique de la région. Un retournement de veste ? Il s’agirait plutôt d’une formalité pour Tom Grant, politologue à l’Université de Fort William. « Questionner la légitimité de l’Amiral, c’est, d’une certaine manière, s’en faire un bouclier contre ceux qui, au sein du parti, accusent dejà Morgan de ce même manque de légitimité. Parvenu à la présidence en poignardant Richard Riggs dans le dos, le Premier ministre ne pouvait, dès lors, qu’être prudent dans ses déclarations à l’égard de leaders non-élus. Un commentaire moralisateur auquel ne correspond d’ordinaire pas la ligne de la chancellerie lorthonienne mais qui, dans le cas ennissois, est tout à fait compréhensible ». Quoi qu’il en soit le climat international semble opportun à l’émergence de ce genre de personnage ainsi qu’à leur maintien. Reste seulement à voir si les prochaines échéances électorales possiblement anticipées, à domicile, ou non, à l’instar du prochain scrutin santognais, viendront repeindre les schémas parlementaires dytoliens.

Posté : mer. juil. 31, 2019 10:20 am
par William Hamleigh
[center][img]https://i.imgur.com/mA8Cdgd.png[/img]
30 septembre 2039[/center]

Question posée: Si les élections générales avaient lieu demain, pour qui voteriez-vous ?

Résultats :
  • Front gaélique : 29%
  • Parti libéral-réformateur : 21%
  • Parti travailliste (Liste du Premier ministre) : 22%
  • Parti social-démocrate : 9%
  • Green isles : 4%
  • Left Unity : 15%

Posté : jeu. août 01, 2019 9:18 am
par William Hamleigh
[center][img]https://i.imgur.com/eDLIYrh.png[/img]
[img]https://i.imgur.com/gdaZGH7.png[/img]
Ces jeunes trentenaires diplômés qui fuient la société de consommation.[/center]
[center]Nomadisme, minimalisme et dérivés prospèrent
2 octobre 2039[/center]

[justify]Vivre au milieu des Highlands lorthoniennes avec pour seuls voisins les montagnes et les cours d’eau, n’est-ce pas là une magnifique idée de vacances pour décompresser de son année de travail ? Certains ont choisi d’en faire leur cadre de vie perpétuel dans une quête personnelle de reconnexion à la nature et avec pour projet de réduire les dépendances du monde consommateur. Ils sont de plus en plus nombreux à quitter l’emploi temps-plein dans les bouillonnants centres urbains pour changer de vie et partir en quête d’une expérience alternative. Problème de riches citadins ? peut-être, mais surtout problème de salariés auxquels la vie active à grand coup de factures, de lettres de motivation et de redevances télé ne convient plus et ne semble, final, pas être la voie du bonheur véritable sinon celui du bonheur matériel d’accumulation de biens à outrance. « C’est trop pour moi, déclare un jeune trentenaire parti avec son camper-van sillonner les étendues, je ne me retrouve pas dans le projet de vie qu’on essaye de vendre. Ce n’est pas ça la vie que je veux mener ». Qu’ils soient dans un van, à vélo ou à pieds, ces nouveaux nomades du XXIe siècle ont fait le choix de se détacher de la confortable vie sédentaire souvent associée à une certaine forme de dépendance vis-à-vis du monde de la consommation.

D’autres ont opté pour un retour à la terre, désirant approcher l’inatteignable autosuffisance. C’est à ces marginaux que l’ont doit la sortie de terre de nombreuses petites habitations, bâties selon des moyens traditionnels en usant de ressources exclusivement trouvables à l’état naturel. « La tourbe sur le toit et sur les murs n’est pas très sexy, c’est vrai, mais c’est équivalent voire supérieur en termes d’isolation aux matériaux qu’on utilise dans le bâtiment, et surtout il n’y a qu’à se baisser pour la récolter ». À plusieurs, ces passionnés d’habitats et de modes de vie passifs ont parfois opté pour la création de petites communautés agraires sans pour autant couper le lien avec le reste du monde. « On n’est pas des ermites ou des rebus du monde moderne, on continue de faire nos courses, de faire tourner nos véhicules au fuel, c’est impossible de s’en passer. Nous essayons seulement de le faire raisonnablement, encourager les gens à se tourner vers les producteurs locaux, à réduire leur gaspillage énergétique. Nous, Lorthoniens, jouissons d’un patrimoine naturel extraordinaire que nous impactons directement par notre mode de consommation ». Ces quelques exemples ne sont qu’une infime part du spectre de toutes ces personnes en quête d’une autre expérience de vie et leur nombre ne fait que croître. À en croire qu’il ne s’agit pas d’une coïncidence si ces infidélités au monde consommateur surviennent en masse dans notre pays occupant le haut des classement de richesse des populations. Bel et bien un caprice de riche donc ? Il y a sans doute un peu de cela mais aussi sûrement du recul de pris par rapport au rêve matérialiste vendu maintenant depuis une cinquantaine d’années qui, finalement, ne satisfait personne.