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Posté : mar. avr. 09, 2019 6:53 pm
par Sébaldie
    • [justify][center][img]https://i.imgur.com/oYuVMvi.png[/img]
      27 octobre 2038

      Un collectif rachète 70 millions ₱ de dettes privées pour un peu moins de 3 millions ₱

      [img]https://i.imgur.com/LeRJkdU.png[/img][/center]

      Né au sortir de la crise des années 2020, le collectif altermondialiste « Déter contre la dette » a annoncé qu’il a annulé purement et simplement pour 70 millions de pistoles de dettes privées contractées par des ménages, en toute légalité et selon les règles du jeu capitaliste. Ces prêts, devenus toxiques par des taux d’intérêts abusifs, qui ont explosé face à la dévaluation de la monnaie, et qui ont empiré par la décision du gouvernement conservateur d’augmenter le taux directeur de la banque centrale, concernent pour l’essentiel des prêts immobiliers, étudiants ou des dettes médicales que leurs débiteurs ne parvenaient plus à honorer. « Ont été exclues de notre opération les dettes contractées par des crédits à la consommation qui ne sont pas des dépenses contraintes au contraire du fait de se loger, d’étudier ou, pire, de se soigner. » précise le collectif. Concrètement, au préalable, les militants ont organisé une grande campagne de crowdfunding pour rassembler la somme de 3 millions de pistoles. Sans en préciser le mode opératoire, le collectif promettait, avec cet argent, « d’envoyer un signal fort contre le secteur bancaire », de quoi susciter un engouement financer auprès de tous les pays du monde, avec des dons individuels allant de 1 $ à 10 000 $. « La somme a été réunie en 5 mois ! » se félicite le collectif.

      Concrètement, comment ont-ils procédé ? Lorsque le créancier fait face à l’impossibilité de ses débiteurs d’honorer leur dette, il émet sur le marché secondaire (le « marché de l’occasion ») un titre boursier sur cette dernière qu’il revend à des agences de recouvrement, qui s’occupent d’appeler et de harceler les mauvais payeurs jusqu’au règlement. Ces agences rachètent les créances 20 à 50 fois moins cher que leur montant réel. Un prêt étudiant de 4 000 ₱ non remboursé vaut ainsi sur ce marché au maximum 200 ₱, l’agence de recouvrement se faisant une marge de 3 800 ₱. Un commerce fleurissant, qui doit d’autant plus son succès que les particuliers n’ont pas accès à ce marché secondaire, réservé aux établissements financiers. Grâce à l’expertise de juristes et de petites banques coopératives sensibles à la démarche et hostiles à la spéculation, ce sont 70 millions $ de dettes qui ont pu être rachetées et remboursées grâce à la somme collectée par la levée de fonds.

      Une initiative forcément saluée par les heureux bénéficiaires et par le milieu alternatif, mais qui ne pourra être extrapolée. « C’est une goutte d’eau prélevé de l’océan de dettes. Quand bien même, notre but n’est pas de racheter la dette, mais bel et bien de l’annuler. Nous souhaitons surtout faire changer les mentalités et montrer que la dette est la plupart illégitime, qu’elle n’est pas le simple fait d’un arrangement entre une personne et son créancier, que des intermédiaires nuisibles à l’économie entrent en jeu et, par conséquent, que la rembourser n’est pas un impératif moral. » développe le porte-parole du collectif. Est-ce à dire que la dette de l’Etat santognais, qui s’élève à quelques 60 milliards $, pourrait être rachetée pour seulement 1 à 2 milliards ? Bien évidemment que non, toutes les créances ne passent par ce « marché de l’occasion ». De plus, si des actions comme celle de « Déter la dette » se reproduisent, cela fera monter les prix des titres sur ces dettes, puisqu’elles gagnant en valeur. Sans parler du fait que l’Etat est soumis au diktat d’agences de notation, qui déterminent en grande partie son attractivité pour les investissements. Il est peu probable que la République de Santogne court le risque de s’adonner à de telles pratiques militantes et bien au contraire, la force des lobbies bancaires pourrait la persuader de les sanctionner par la loi, en réclamant par exemple une taxe aux ménages qui auraient vu leur dette « annulée » (en réalité payée par d’autres).


      [right]Tibotz Casaban[/right][/justify]

Posté : mer. avr. 10, 2019 7:52 pm
par Sébaldie
    • [justify][center][img]https://i.imgur.com/QqBwGBR.png[/img]
      31 octobre 2038

      Culture du cannabis : après un an d’expérimentation, quel bilan ?

      [img]https://i.imgur.com/EUivtOF.png[/img]
      La société « Chanvrogne » exerce un quasi-monopole sur la culture de cannabis dans le pays.[/center]

      C’est une bien étrange scène à laquelle ont assisté les journalistes présents à la dernière conférence de presse du gouvernement : invitée à présenter son bilan provisoire de l’année 2038, la ministre de l’Economie Inès Teyssère est partie prématurément de la présentation, laissant le soin à sa secrétaire d’Etat de faire elle-même le bilan de l’[url=https://simpolitique.net/viewtopic.php?p=344825#p344825]expérimentation de culture du cannabis[/url]. Une manière pour la populaire ministre de marquer son profond désaccord avec cette décision du Parlement actée l’année dernière. L’objectif de cette expérimentation était de savoir si le cannabis pouvait devenir une industrie viable pour l’économie santognaise, en quête de devises étrangères. À cet effet, l’Etat a accordé sur la base d’un cahier des charges très strict des licences à quelques sociétés. Les conditions d’attribution étaient à ce point sévères, notamment en termes financiers, qu’au final seules trois sociétés ont été retenues : « Tournefeuille », « Noces de Canna » et « Chanvrogne ». Toutes sont des investissements plus ou moins directs de plus grandes entreprises santognaises souhaitant s’élargir, mais seule la dernière a réellement tiré son épingle du jeu. Grâce à leur licence, elles pouvaient exploiter des terrains agricoles pour une culture en extérieur. Toutefois, la consommation reste limitée en Santogne à de seuls usages thérapeutiques, même si les sociétés ont le loisir d’exporter aux pays qui ont légalisé le cannabis récréatif.

      C’est à Sagne-Croix, à l’est de Rodessac, que Chanvrogne exploite sa plus grande chanvrière, profitant de conditions météorologiques et topographiques exceptionnelles. Contrairement à des cultures sous serre qui limitent la pousse du chanvre, les champs de Sagne-Croix ont été cultivés de mai à septembre, avec des plants pouvant mesurer jusqu’à trois mètres, profitant en outre du sol argileux nécessaire à leur bonne pousse, suffisamment caillouteux pour être aéré, et drainé en permanence par la rivière locale. Cette région du sud de la Santogne est également la plus ensoleillée. L’arrivée de cette nouvelle plante fait ainsi les beaux jours du petit village, qui a perdu la moitié de ses habitants en un siècle. Par ailleurs, la population double le temps de quelques jours d’automne, au moment de la récolte. Fragile, la plante doit en effet être récoltée en ce laps de temps réduit, d’où un très important besoin de main-d’œuvre qui attire particulièrement les étudiants. Seules les fleurs sont intéressantes pour la consommation. Les tiges et les plantes moins productives sont quant à elles utilisées à des fins industrielles, notamment dans le secteur du BTP où le chanvre peut remplacer le béton traditionnel. Chanvrogne, qui vend sa culture à des apothicaires santognais et à l’étranger, est déjà une entreprise très florissante, et a su s’imposer sur ses deux concurrents. La ministre Inès Teyssère cache de moins en moins sa désapprobation vis-à-vis d’une telle politique. « Je l’avais dit : cette expérimentation va servir un monopole dont, j’en suis convaincue, les ficelles sont tirées par la mafia. On voudrait que le Mitan prospère qu’on ne s’y prendrait pas autrement ! » aurait-elle affirmé en privé, selon un proche conseiller. En tout cas, le Parlement ne l’entend pas de cette oreille et applaudit les futures rentrées économiques pour le pays. D’ici 2039, le gouvernement devrait ainsi entériner la fin de l’expérimentation et légaliser la culture partout sur le territoire, et sa consommation à des fins médicales.


      [right]Etienne Bossuet[/right][/justify]

Posté : sam. avr. 13, 2019 8:38 pm
par Sébaldie
    • [justify][center][img]https://i.imgur.com/rVlXSZ1.png[/img]
      9 novembre 2038

      Les salariés santognais de Despine ont les yeux rivés sur le Lorthon

      [img]https://i.imgur.com/gNDi281.png[/img]
      Conçue dans les années 1950, la « Romarine » a lancé la célèbre marque automobile Despine
      Illustration : Prototype exposé sur les hauteurs de Fos-sur-Méguès, repeint par l’artiste contemporain Hippolyte Marchal[/center]

      Depuis le mois dernier, un important [url=https://simpolitique.net/viewtopic.php?p=350027#p350027]mouvement de grève[/url] ébranle au Lorthon l’usine d’assemblage de la marque automobile Despine, menacée d’une délocalisation vers la Valdaquie. Cette usine, spécialisée dans la production d’automobiles d’entrée de gamme, entend ainsi profiter de conditions salariales, fiscales et environnementales plus avantageuses. Les ouvriers, dont l’emploi est compromis, accusent la concurrence déloyale créée par les conditions du Forum pour la Coopération Economique, abolissant droits de douane et facilitant les investissements entre Etats membres. En effet, le PIB par habitant valdaque est dix fois moins important que celui du Lorthon, qui détient le record mondial. L’usine de Wellesley, située à Wellesley, entre Fort William et Hoxa au cœur de la « Belt » qui réunit un Lorthonien sur trois, fabriquait depuis plusieurs années les citadines pour petits budgets, à destination du marché national et ennissois ; des produits sur lesquels l’élasticité-prix est très forte. Aussi, le groupe motive-t-il sa décision de délocaliser le site en Valdaquie pour réduire au maximum les coûts de production pour maintenir sa capacité à toucher la clientèle modeste. En Santogne, où est née Despine, les ouvriers des différents sites de production se disent à leur tour inquiets par cette décision et craignent d’être les suivants sur la liste. « Aucun emploi n’est menacé en Santogne. » martèle toutefois le groupe.

      À vrai dire, Despine est une véritable institution dans le pays, tant est si bien que le groupe automobile a exercé un monopole de fait jusque dans les années 1960, symbolisée par la « Romarine », qui était à l’époque une prouesse technologique. Encore aujourd’hui, une voiture sur quatre immatriculée en Santogne est ornée du logo de phénix caractéristique de la marque. L’actuel président du groupe, descendant du fondateur, Joan-Audoïn de Lespine, est d’ailleurs la personnalité la plus riche de Santogne, avec une fortune estimée à 7.4 milliards $. En outre, plusieurs villes ont fait de la conception de certaines pièces leur spécialisation économique : le siège du groupe est basé à Forcastel, où sont également dessinés les prototypes tandis que Varaunes conçoit châssis et carrosserie et Oradour les petites pièces électroniques. Le tout est assemblé dans la ville portuaire de Fos-sur-Méguès. Le groupe possède d’ailleurs ses propres docks pour assurer lui-même la livraison par navire cargo au reste du continent et du monde. La machine bien huilée pourrait cependant se gripper sous la pression fiscale de la Santogne. Le pays n’en est pas encore à cette éventualité : la dynastie de Lespine continue d’avoir une influence certaine sur la politique, avec plusieurs membres de la famille élus députés lors de différentes législatures. Elle est ici, et non au Lorthon ou en Valdaquie, en terrain familier.


      [right]Lucian Chabrol[/right][/justify]

Posté : ven. avr. 19, 2019 5:11 pm
par Sébaldie
    • [justify][center][img]https://i.imgur.com/oYuVMvi.png[/img]
      27 novembre 2038

      Comment les humanités disparaissent des collèges et lycées du Petit-Farot

      [img]https://i.imgur.com/dYCJuk0.png[/img][/center]

      La province du Petit-Farot est un triste exemple de la libéralisation du système scolaire. Si la Santogne est un Etat plutôt centralisé, certaines compétences sont dévolues aux provinces parmi lesquelles l’enseignement secondaire (collège et lycée), dont elles doivent assurer le financement. Dans la province du Petit-Farot, principal vivier libéral du pays, le Rassemblement pour la Liberté a obtenu en 2033 la majorité absolue des sièges, lui donnant toute latitude pour mener son programme à l’échelle des 200 000 habitants qui la peuplent. Vieille rengaine de la doxa libérale, le chèque éducation est devenue la clé de voûte de l’enseignement secondaire local : en clair, plutôt que financer directement les collèges et lycées, la province redistribue le budget éducation sous forme de chèque à destination de tous les parents, qui peuvent le dépenser dans n’importe quel établissement de la province. Une revendication soutenue par les partisans de l’école privée, qui s’agaçait de devoir « payer deux fois », c’est-à-dire à la fois l’inscription de leur progéniture en privé et le financement par l’impôt de l’école publique. Dans cette province plutôt huppée mais tout de même sujette aux inégalités, l’idée a fait florès. Le chèque éducation a ainsi annoncé la mort de l’école publique aux programmes harmonisés sur tout le pays au profit d’établissements dépendant de l’enseignement confessionnel, d’entreprises et autres promoteurs de « nouvelles pédagogies ». « Curés et patrons ont fini par remplacer les professeurs au Petit-Farot… » se désolent les opposants. Censée provoquer une « émulation » - terme plus convenu pour qualifier la concurrence – entre écoles, cette mesure avait été présentée comme le tremplin des classes populaires vers les établissements d’excellence, loin de la « médiocrité » fantasmée de l’école publique. On en est loin car le chèque éducation, même s’il est majoré pour les familles modestes, ne couvre souvent pas la totalité des frais d’inscription dans certaines écoles.

      Cinq ans après, de nombreuses écoles publiques ont ainsi fermé ou fusionné, faute de moyens, surtout dans les villes et quartiers les plus populaires. Ils n’ont pas reçu assez de chèques. Un déclin qui profite inévitablement à des écoles privées financées par des entreprises en recherche de future main-d’œuvre. À Garignan, le groupe Laubier, le géant santognais de la fabrication et distribution d’articles en bois, a ainsi ouvert une école qui prépare ses futurs ouvriers qualifiés et autres employés. La scolarité est pour ainsi gratuite : les parents les plus modestes sont exonérés de frais grâce au versement du chèque mais en échange, l’inscription est assortie d’une clause de « dédit-formation ». En clair, les élèves s’engagent à travailler au moins pour quatre ans pour l’entreprise au sortir de l’école, faute de quoi ils devront rembourser totalement ou partiellement les frais de scolarité. Une prise en otage qui ne semble pas freiner les parents, qui voient surtout la possibilité pour leurs enfants d’échapper au chômage, d’autant plus que la mesure a été adoptée en pleine crise.

      S’il ne s’agit pas de dévaloriser les savoirs professionnels, qui sont tout autant précieux que la culture savante, cet établissement comme d’autres similaires ont une vision entièrement utilitariste de l’école, qui ne participe nullement à la formation citoyenne des élèves. L’école Laubier a ainsi totalement rayé du programme les humanités : littérature, histoire, philosophie, langues anciennes ont totalement disparu. Les promoteurs de l’école assument ce choix, pour des raisons financières, mais aussi selon eux pour changer de paradigme. « Nous sommes une école démocratique. Sans la dénigrer, nous estimons que la culture dite savante ne doit pas avoir le monopole, d’autant plus qu’elle reste très élitiste. Nos élèves apprennent tout autant sinon plus par l’expérience, par leur implication, plutôt que par un apprentissage passif. » explique le directeur de l’établissement. Reste que l’école Laubier ne se contente pas de délivrer des savoirs professionnels, elle enseigne avant tout la méthodologie de travail du groupe Laubier et des normes qui ne sont pas transposables à une autre entreprise. Autrement dit, il n’est pas certain que les élèves qui sortent de l’établissement puissent valoriser leurs compétences auprès d’un autre groupe… ils risquent d’être prisonniers de Laubier, avec tout ce que cela implique en termes de pressions managériales. Surtout, les humanités participent à développer un esprit critique, sensible aux valeurs morales, qui pourrait interférer avec la stratégie des ressources humaines du groupe. Dit autrement, il s’agit de remplir les ventres et vider les têtes afin d’avoir des sujets serviles, qui n’auront pas les moyens de réfléchir à leur condition, ni même aux sujets de société de manière générale. Ils ne seront pas citoyens, mais de simples consommateurs, ce qui n’est pas sans rappeler la crise des idéologies actuelle en Santogne. Gageons que les enfants de riches, eux, pourront jouir de tous ces « savoirs inutiles » et acquérir l'esprit critique nécessaire pour faire partie de l'élite dirigeante.


      [right]Justin Cazal[/right][/justify]

Posté : jeu. avr. 25, 2019 7:09 pm
par Sébaldie
    • [justify][center][img]https://i.imgur.com/QqBwGBR.png[/img]
      15 décembre 2038

      Un entrepreneur santognais dépose dans plusieurs pays du monde
      un brevet sur la culture de pastèques cubiques


      [img]https://i.imgur.com/Dst0qm8.png[/img][/center]

      Non loin d’Aubinergues, Vivian Poudevigne traverse sa très petite exploitation maraîchère, qui ne ressemble à aucune autre. À première vue, il s’agit d’une simple culture de pastèques comme il en existe des dizaines dans cette région. Mais en y regardant de plus, les pastèques sont cubiques. Enfermées dans des contenants en plastique, le fruit adopte naturellement leur forme. La pratique n’est pas nouvelle et assez simple d’exécution en soi, tant est si bien que Vivian Poudevigne aime à rappeler qu’il n’a « aucune formation en agronomie ». Cet homme d’affaires d’une trentaine d’années, qui s’est consolidé un petit pécule grâce à des investissements dans le financement participatif, a eu l’idée de retour d’un voyage en Ventélie, où ces pastèques cubiques ne sont pas rares, notamment au Teikoku et au Kaiyuan. Dix plus chères que leurs cousines rondes, elles ont surtout un intérêt ornemental. Nécessairement cultivées avant leur maturité pour qu’elles puissent garder leur forme cubique, ces pastèques ne brillent en effet pas par leurs qualités gustatives, qui s’approchent davantage par leur goût à des concombres qu’aux saveurs sucrées qu’on lui connaît habituellement. Il n’empêche qu’elles ont leur clientèle de garantie : des touristes plutôt riches, artistes en quête de kitsch voire même studios de cinéma sont ainsi prêts à payer cher pour avoir leur « fruit-phénomène ».

      Mais même vendues dix fois plus chères, les pastèques cubiques du petit lopin de terre de Vivian Poudevigne ne sont qu’un prétexte pour l’investisseur, qui entend surtout les rentabiliser d’un point de vue juridique. C’est ainsi que le Santognais a déposé un brevet dans de nombreux pays du monde sur la culture de pastèques cubiques. Aux pays qui lui opposeraient la non-brevetabilité du vivant, il rétorque qu’il ne veut pas déposer un brevet pour le fruit, mais pour le procédé consistant à le faire pousser dans un cube en plastique. « Il y a un minimum de savoir-faire, et c’est ce savoir-faire que je veux protéger. » s’explique-t-il. Malgré tout, le procédé est rudimentaire et nécessite davantage de temps et d’espace que de savoir-faire réel. Lorsqu’on lui répond qu’il n’a fait que voler l’idée d’autres agriculteurs, il rétorque : « Je suis quelqu’un de légaliste. Le droit et rien que le droit. Or, en matière de propriété intellectuelle, c’est « premier arrivé, premier servi ». Par mon dépôt de brevet, je rends hommage à ce savoir-faire. C’est ma manière d’apporter de la valeur ajoutée. ». Pour l’heure, aucune autorité nationale n’a donné son verdict mais Vivian Poudevigne est confiant et est prêt à attaquer les Etats pour entorse à la liberté économique si jamais ils n’accèdent pas à sa requête. L’opération peut se montrer en tout cas très lucrative pour le Santognais, qui entend en premier lieu avoir la mainmise sur le marché commun de la CND, qui à travers le [url=https://simpolitique.net/viewtopic.php?f=1345&t=17503]traité du FCE[/url], consacre la valeur d’un brevet déposé dans un Etat membre auprès de tous les autres.


      [right]Etienne Bossuet[/right][/justify]

Posté : sam. avr. 27, 2019 9:27 pm
par Sébaldie
    • [justify][center][img]https://i.imgur.com/rVlXSZ1.png[/img]
      9 décembre 2038

      La Santogne proposera une « e-citoyenneté » aux volontaires étrangers

      [img]https://i.imgur.com/y1w0H1Q.png[/img]
      Assortie d’une clé USB, cette citoyenneté permettra de faciliter les échanges avec l’administration
      santognaise, de jouir de certaines protections diplomatiques… et même de voter pour des parlementaires.[/center]

      Devenir Santognais en quelques clics ? C’est ce que proposera bientôt l’administration sur un site Internet qui sera ouvert dès 2039. Ce dispositif, avant tout à destination des étrangers qui ont des liens professionnels et/ou familiaux réguliers avec la Santogne, est aussi et surtout une manière d’inciter les investisseurs, développeurs informatiques et travailleurs indépendants qui veulent vendre leurs services au public santognais et plus largement au marché commun de la CND sans avoir à subir les barrières douanières et sans être assujetti à une quelconque taxe foncière. L’idée séduit également des geeks romantiques, des étudiants de passage pour un semestre et des touristes réguliers, qui peuvent garder une domiciliation bancaire dans le pays. Le sésame, qui coûte 200 ₱ SAN, offre également la possibilité – et non des moindres – de voter aux élections parlementaires santognaises, pour leurs propres députés qui seront dissociés des 200 autres du parlement de Forcastel. Leur nombre n’est pas encore fixé, il dépendra du succès ou non du dispositif. S’ils restent assujettis à l’impôt sur le revenu, ces e-citoyens pourront néanmoins bénéficier de conditions fiscales pour leurs entreprises numériques : un entrepreneur étranger commerçant régulièrement avec la Santogne peut être pénalisé dans son activité par les frais que lui prélèvent sa banque pour chaque transaction réalisée avec la Santogne. Avec le statut d’e-citoyen, il peut donc en être exonéré.

      Bémol : cette e-citoyenneté n’est pas un titre de séjour et n’octroie pas le droit d’aller et de résider dans le pays même si elle peut faciliter les démarches en ce sens. Elle nécessite par ailleurs de se déplacer au moins une fois physiquement en Santogne pour recevoir le sésame… et à l’instar de tout citoyen, voir ses empreintes digitales prélevées. Le projet porté par la ministre d’Inès Teysseire a toutefois fait l’objet de nombreuses indignations des rangs des députés nationalistes qui soutiennent la coalition gouvernementale, qui estiment que cette e-citoyenneté est une insulte à la nationalité santognaise, d’autant plus qu’elle donne le droit d’avoir des représentants au Parlement. En fait, le projet vise plutôt à contenir l’immigration : sans avoir à les laisser s’installer sur le territoire national, il s’agit d’accueillir investisseurs et cerveaux qui, par ailleurs, seront incités à déposer leurs brevets en Santogne car reconnus par les autres membres du FCE. Pas sûr pour autant que les députés de la Ligue du Renouveau qui se sont abstenus au vote soient plus convaincus mais toujours est-il qu’à dix mois des élections générales, le gouvernement opère un tournant assurément pro-business.


      [right]Léon Beaugendre[/right][/justify]

Posté : lun. avr. 29, 2019 2:21 pm
par Sébaldie
    • [justify][center][img]https://i.imgur.com/QqBwGBR.png[/img]
      15 décembre 2038

      Black Lotus ouvre son capital : loin d’être une bonne affaire pour les investisseurs

      [img]https://i.imgur.com/9k22z7u.png[/img]
      Illustration : le Valor 3X et le BlackPhone, les meilleures ventes en Santogne mais
      en recul en raison des barrières tarifaires du FCE.
      [/center]

      Black Lotus, le géant kaiyuanais de la téléphonie mobile, a annoncé [url=https://simpolitique.net/viewtopic.php?f=960&t=17696]l’ouverture de son capital[/url], pour près de 20 millions de titres. Une opération qui s’inscrit dans une stratégie de levée de fonds plus important puisque la firme issue de la Grande Hégémonie des années 1980, a également annoncé un financement de près de 8 milliards $. Une opération de très grande envergure qui annonce une opération tout aussi importante dans un contexte de déclin du Lianwa. Outre son secteur bancaire, ce micro-Etat insulaire, allié au mastodonte ventélien, est connu pour ses performances dans le secteur de l’informatique, via sa célèbre firme Liangxiang. Jusqu’à présent, les deux sociétés se complétaient, un accord implicite avait été trouvé entre les deux Etats pour que l’un garde la mainmise sur la téléphonie mobile et l’autre sur les ordinateurs. Une séparation qui avait du sens au début du XXe siècle, mais qui est de moins en moins cohérente avec les avancées technologiques et la miniaturisation, qui font des téléphones d’aujourd’hui des ordinateurs de poche. Un constat partagé par la direction de Black Lotus qui cherche à « diversifier ses activités », et qui pourrait se concrétiser par le rachat du Liangxiang.

      Pour autant, l’investissement serait peu rentable. Black Lotus se montre moins attractif qu’auparavant pour les apporteurs de capitaux, qui assistent à de régulières levées de fonds, comme en [url=https://simpolitique.net/viewtopic.php?p=345940#p345940]décembre 2037[/url], au point de se demander s’il ne s’agit pas de nourrir un ogre insatiable. Par ailleurs, l’action est chère – plus de 330 $ - de quoi rebuter les petits investisseurs. Cette vente de titres s’adresse donc aux plus gros mais là encore, l’investissement se montre finalement peu intéressant : à peine 20 millions de titres sont émis, soit environ 6.6 milliards $ alors que la société est capitalisée à plus de 33 milliards $. Les futurs acquéreurs seront donc des actionnaires très minoritaires dans le conseil d’administration, qui ne pourront pas s’octroyer un véritable contrôle sur l’entreprise. Celle-ci reste aux mains de [url=https://simpolitique.net/viewtopic.php?p=333766#p333766]Lu Heng[/url], première fortune du Kaiyuan et héritier de la firme, qui en détient le tiers et qui peut à lui seul garder une minorité de blocage. La majorité du capital est elle-même détenue par des actifs kaiyuanais, ce qui augure donc des marges de manœuvre réduites.

      Sur le marché santognais, les produits Black Lotus ont connu une année 2038 assez noire. Ces sombres résultats sont en effet à imputer à la décision du Forum pour la Coopération Economique de la CND, de [url=https://simpolitique.net/viewtopic.php?p=348284#p348284]taxer l’électronique kaiyuanais[/url] à hauteur de 30 %, notamment après un intense lobbying de la part de l’Ennis. Se répercutant inévitablement sur le prix de vente, les aficionados du lotus noir, qui restent nombreux en Santogne comme ailleurs en Dytolie, ont exprimé leur vif mécontentement, avec pour conséquence une explosion de ventes clandestines. Le regard du gouvernement santognais se tourne plutôt du côté du Jernland. Le conflit en Hohengraf (Valaryan) met à mal le projet Zollverein, d’union douanière germanique à laquelle le Jernland envisageait d’adhérer. La situation réjouit cependant la CND, qui espère convaincre Røros (capitale du Jernland, ndlr) de lui préférer le FCE. En effet, la montée en puissance d’[url=https://simpolitique.net/viewtopic.php?f=1018&t=17636]Altek[/url], qui exerce une considérable influence sur la politique du pays, lui esquisse une prétention de concurrencer Black Lotus sur le marché de la téléphonie mobile… comme de l’informatique. L’avantage comparatif d’Altek est tout trouvé, elle est l’entreprise la mieux dotée technologiquement dans ce domaine dans le monde. L’entreprise, déjà connue pour équiper les [url=https://simpolitique.net/viewtopic.php?f=1013&t=17465]satelittes d’Orbis Communications[/url], a ainsi la préférence du gouvernement santognais sur son concurrent kaiyuanais… et même sur l’entreprise santognaise [url=https://simpolitique.net/viewtopic.php?p=348133#p348133]Filgram[/url]. L'idée est en d'en faire un champion dytolien. Un choix qui n’est pas totalement sans risque puisque Altek reste, encore plus que Black Lotus, dépendante du pouvoir jernlander…


      [right]Christine Ménétries[/right][/justify]

Posté : mer. mai 01, 2019 4:38 pm
par Sébaldie
    • [justify][center][img]https://i.imgur.com/QqBwGBR.png[/img]
      1er janvier 2039

      2039, année électorale décisive pour le gouvernement Delpuech

      [img]https://i.imgur.com/qt6EOVY.png[/img]
      Illustration : La Première ministre Roseline Delpuech juste avant la vacance parlementaire de Noël[/center]

      C’est tout sourire que la Première ministre Roseline Delpuech a présenté devant les deux cents députés le bilan de l’année 2038, un exercice d’autocongratulation de près de deux heures qui n’a pas été avare de superlatifs : « En quatre ans, nous avons redressé la situation que nos prédécesseurs ont pourrie pendant vingt ans. C’est inédit dans l’histoire de la Santogne ! » a-t-elle annoncé de manière très flegmatique. Une provocation qu’ont guère goûté les conservateurs du Parti populaire, qui l’ont copieusement sifflé, nécessitant une intervention du président du Parlement pour un retour au calme. S’il est vrai que la Santogne peut se targuer d’une excellente croissance au titre de l’année 2038, c’est qu’elle revenait de loin, de très loin. Si la cheffe de gouvernement s’active autant pour vanter le mérite de sa politique, c’est que l’année 2039 se révélera cruciale : premier test électoral en février avec les provinciales. Très peu fédératrices, ces élections dessineront surtout les rapports de force pour le véritable test d’octobre. À cette occasion, les Santognais reconduiront ou non la coalition pour un second mandat. La partie est loin d’être gagnée : selon [url=https://simpolitique.net/viewtopic.php?p=350603#p350603]les sondages[/url], elle perdrait sa majorité étriquée. Mais à son profit, aucune autre majorité ne se dessinerait, sauf si la ministre de l’Economie, Inès Teysseire, décide de constituer sa propre liste, qui anéantirait celle du Parti Populaire. Un scénario de plus en plus envisagé mais aucune candidature officielle n’a été déclarée. Pour l’heure, les deux composantes de la coalition sont accusées d’avoir trahi leurs idéaux : les électeurs de la Ligue du Renouveau lui reprochent ses mesures trop timides sur l’immigration et d’avoir signé la perte de la souveraineté nationale avec la CND. Des reproches également adressés par ceux de l’Alliance du pouvoir populaire, pour qui cependant le divorce est bien plus profond : le mouvement populiste de gauche est accusé d’avoir cédé au libre-échange et aux lobbies les plus dévastateurs pour l’environnement, à l’instar de la raffinerie mourbienne de Lorthon Energy.

      Au niveau diplomatique, la Communauté des Nations Dytoliennes jouit d’un satisfecit de la part du gouvernement mais des voix internes s’élèvent contre les distorsions de concurrence qui s’opèrent. La [url=https://simpolitique.net/viewtopic.php?p=350135#p350135]délocalisation d’une usine Despine[/url] du Lorthon vers la Valdaquie, puis [url=https://simpolitique.net/viewtopic.php?p=350566#p350566]l’installation du jernlander Altek dans ce même pays[/url], a mis en exergue le pouvoir d’attraction d’Albarea. De l’avis de frondeurs internes, comme de [url=https://simpolitique.net/viewtopic.php?f=1328&p=350395#p350395]la presse du Raj Dahar[/url], la CND a été bâtie sur mesure pour la Valdaquie, qui en devient le premier bénéficiaire, d’autant plus qu’elle est intégrée à la Route de la Soie. La Santogne lui servirait de faire-valoir, une situation qui agace dans les partis de coalition, qui enjoignent le gouvernement Delpuech à contacter son homologue valdaque pour « harmoniser » les règles sociales, notamment pour éviter un phénomène dumping généralisé, qui irait contre l’idée d’unité et de coopération de la Communauté. Autre ombre au tableau, la [url=https://simpolitique.net/viewtopic.php?p=344580#p344580]convention fiscale[/url] qui devait guider la diplomatie santognaise au risque de sanctions économiques, n’a pas trouvé suffisamment de signataires pour mettre lesdites menaces à exécutions. En cause, le refus de partenaires économiques importants, comme le Caeturia, qui a amené le gouvernement à tempérer sa position, au risque de perdre en crédibilité. De la capacité à répondre à ses défis dépendra la survie du cabinet Delpuech en octobre.


      [right]Roger de Féret[/right][/justify]

Posté : mer. mai 01, 2019 8:32 pm
par Sébaldie
    • [justify][center][img]https://i.imgur.com/oYuVMvi.png[/img]
      3 janvier 2039

      « Si nous entrons au Parlement, c’est pour y mettre le feu ! »
      prévient le chef de file des « Dégagistes »


      [img]https://i.imgur.com/xsjRG9J.png[/img]
      Illustration : Adam Moysset, chef de file des Dégagistes, durant un meeting de décembre 2038.[/center]

      Il était l’histoire d’une blague qui ne devait pas durer plus d’un mois : vidéaste d’[url=https://simpolitique.net/viewtopic.php?f=1257&t=16316]InVido[/url] de première heure qui a fini par investir les plateaux télé, Adam Moysset avait parié en juin dernier que s’il réussissait à battre au bras de fer le champion de Forcastel, il se présentait à la chancellerie. L’histoire retiendra qu’il a gagné le duel, même si l’on peut raisonnablement soupçonner que son adversaire, qui est un grand admirateur de cet InVider qui donne des conseils pour les « mâles alpha », l’a laissé gagner pour espérer le voir s’investir en politique. La blague s’est concrétisée et six mois après, [url=https://simpolitique.net/viewtopic.php?p=350603#p350603]les sondages lui accordent 5 %[/url], soit le seuil électoral à franchir pour entrer au Parlement. Le nom de son mouvement, construit en quelques clics, est sans équivoque, « Les Dégagistes ». Un « nom temporaire » nous dit-on, non pas parce qu’il ne serait pas orthodoxe, mais parce que le mouvement a bon espoir de conquérir le pays et que l’opération « dégagisme » soit bouclée d’ici les élections d’octobre. On n’en est pas encore là mais pour l’heure, le mouvement surfe sur le déclin progressif de l’Alliance du pouvoir populaire, son équivalent de gauche qu’il a ringardisée. Voulant dépasser les clivages habituels, Adam Moysset veut réunir les Santognais autour d’un projet : « les dégager ». Dégager le gouvernement populiste, qui lui-même voulait déjà dégager les vieux partis bien établis. Au fur et à mesure qu’avance le temps, ce thème reste très porteur mais le programme est de plus en plus flou : Adam Moysset botte en touche dès qu’on lui demande quelles seraient ses mesures concrètes. « Tout sera décidé par une Constituante et par démocratie directe ». Car c’est la différence par au gouvernement actuel : il promet non seulement de « dégager » des gens, mais également des institutions.

      Le thème plait aux jeunes et aux primo-votants, qui pourraient constituer une base électorale solide pour le mouvement. La rhétorique est violente : sur l’écran de la salle louée du Palais des Congrès d’Oradour-sur-Méguès, chaque personnalité politique de premier rang fait l’objet d’un dessin esquissé en temps réel par le caricaturiste du parti. Allier des thèmes fondateurs comme la « démocratie » et la « liberté » à l’humour apparaît comme une solution gagnante, une « autre manière de faire de la politique » nous dit-on. De la même manière que l’actualité a cédé sa place à l’infodivertissement, la politique se veut elle aussi divertissante. Chez les Dégagistes, au nom de la liberté, la pudeur et la bienséance tombent aux oubliettes : invitées à venir sur scène, de jolies spectatrices reçoivent sans leur consentement une étreinte du jeune quadra barbu, qui aime rappeler qu’il fréquente la salle de musculation tous les jours. À la fin d’un discours assez court, Adam Moysset assène sa principale promesse à son audience : « Si nous entrons au Parlement, c’est pour y mettre le feu ! ». Revigorés et hilares, les participants se sentent pousser des ailes : cinq personnes ont ainsi été placées en garde à vue après avoir cassé « pour s’amuser » des rétroviseurs de voitures stationnées à Oradour. Les menaces du dirigeant dégagiste sont prises au sérieux dans le reste du paysage politique, qui s’inquiète de la montée de ce mouvement « idiot, violent, sans fondement ». Un responsable social-démocrate ne mâche pas ses mots :

        • « Mais c’est désespérant de savoir que 5 % d’abrutis vont donner une tribune au Parlement à ce mouvement sorti de nulle part ! D’ailleurs, qui le finance ? Vous pouvez me dire comment il a réussi à se payer le Palais des Congrès d’Ouradour, hein ? Cinq ans de Delpuech et de Vallotton pour en arriver là ! On bat le terrain avec le MSD depuis des années et eux n'ont qu'à griller des saucisses sur la place publique et attendre les électeurs. Si ces Dégagistes font plus de 10 %, je quitte la vie politique santognaise et je m’exile en Eashatri, il y en a marre de ces conneries ! »
          [right]- Clément Reverdin
          Député du Mouvement social-démocrate[/right]

      En réponse, sur PiouPiou, Adam Moysset précise sa promesse : « Si nous entrons au Parlement, c’est pour y mettre le feu mais avant, on sangle monsieur Reverdin à son siège de député auquel il tient tant. Ça vous va, les gars ? ». Du côté de la coalition gouvernementale, on regarde la scène avec prudence mais aussi avec un certain intérêt, puisque la présence de cette liste est de nature à faire de la Ligue du Renouveau et de l’Alliance pour le pouvoir populaire des formations politiques finalement modérées. La campagne s’annonce musclée.


      [right]Frédéric Gleyzes[/right][/justify]

Posté : jeu. mai 02, 2019 9:17 pm
par Sébaldie
    • [justify][center][img]https://i.imgur.com/rVlXSZ1.png[/img]
      6 janvier 2039

      Hohengraf, le conflit nébuleux qui redessine la Dytolie centrale

      [img]https://i.imgur.com/V7ZrHmt.png[/img]
      Les soldats gänsernbergiens contrôlent maintenant tout le Hohengraf (ici à Schistein)[/center]

      La Confédération craignait les communistes mais ce sont finalement ses propres soldats qui ont eu raison de la fragile unité du Valaryan. Avec un budget militaire asphyxiant tout le pays, le Valaryan est peu à peu devenu de facto une junte et c’est par l’initiative du Général Franz von Seeliger que la Deuxième République hohengrafienne avait été proclame [url=https://simpolitique.net/viewtopic.php?p=347428#p347428]le 8 avril dernier[/url]. La passivité du pouvoir confédéral à répondre de la menace communiste a finalement eu raison de la patience du militaire chevronné et rodé à une rhétorique agressive, promettant l’enfer aux gauchistes et aux juifs. À l’image de [url=https://simpolitique.net/viewtopic.php?p=344399#p344399]l’affaire des évadés fiscaux en 2037[/url] à laquelle Wälsenburg est restée indifférente, le Valaryan continue, quant à lui, à rétorquer du même flegme töttern contrastant avec l’agitation du Général, en prenant simplement acte de la rupture unilatérale des traits liant l’Etat à la Confédération. En dehors de la propagande anti-bolchévique, peu d’informations valaryanes circulent en dehors des frontières confédérales, qui n’est donc pas sans rappeler le verrou fiscal qui faisait la notoriété du pays. Plusieurs mois durant, dans une indifférence quasi-totale et dans un Valaryan encore imprégné par le paganisme norrois, le gouvernement militaire s’est adonné à des pogroms contre les populations chrétiennes et juives, un cauchemar auquel a mis fin le voisin gänsernbergien, qui a déroulé ses chars sur toute la région, en essuyant tout de même la perte de 750 hommes.

      Au-delà du vernis humaniste et humanitaire, les motivations du Gänsernberg restent nébuleuses, ce qui rend le conflit d’autant plus difficile à jauger pour le gouvernement santognais, qui discute avec la Communauté des Nations Dytoliennes pour convenir d’une position commune. En effet, de l’avis de plusieurs experts du ministère santognais de la diplomatie, « le Gänsernberg n’a pas risqué la vie de 750 soldats pour simplement libérer les chrétiens de leur bourreau ». Les discussions vont de bon train à Hoxa, siège lorthonien de la CND, où l’on pèse le pour et le contre, entre les partisans d’une sacralisation de la souveraineté des Etats sur leur territoire – en l’occurrence, celle du Valaryan sur l’Hohengraf - et ceux de l’auto-détermination des peuples, pour permettre aux Hohengrafiens de s’extraire de la tutelle valaryane, comme du Gänsernberg d’ailleurs. La CND pourrait donc accoucher d’une position bâtarde, qui témoigne de la difficulté à apprécier le conflit hohengrafien. Déjà connue pour sa passivité, la Confédération du Valaryan apportera-t-elle les gages nécessaires pour que sa souveraineté sur l’Hohengraf soit pleinement reconnue ? Le Gänsernberg, au prix de la guerre qu’il mène actuellement, sera-t-il prêt à se contenter d’une paix dont elle ne tirerait aucun avantage proportionnel à son engagement ? Pour l’heure, la majorité des pays se sont contentés d’une neutralité sur le conflit et des habituelles amabilités humanitaires. Seule la Ligue de Lébira s’est clairement positionnée en faveur du Gänsernberg, en pensant miser sur le gagnant. L’Hohengraf, dont l’économie repose en partie sur le tourisme, risque d’être affecté très longtemps par cet événement, et plus que sur une éventuelle indépendance, il lui faudra compter sur des partenaires commerciaux pour panser ses plaies.


      [right]Cassian Larrieu[/right][/justify]