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Posté : dim. mai 04, 2014 2:27 pm
par Liethuviska
<center>[img]http://graphics8.nytimes.com/images/2008/07/11/technology/bnl.531.jpg[/img]
Siège de la BNL-Pesak, à son apogée</center>
Si certains soldats kirepiens étaient sympathiques avec quelques femmes bien faites, les hommes ne pouvaient avoir ce privilège. Et spécialement s'ils étaient liethuviskiens.
Tomas Vandenynas est le responsable de la filiale BNL-Pesak. Il est arrivé en 2021, lors de l'indépendance des Etats-Unis du Pesak, et des accords de rapprochement passés avec le Royaume Fédéral du Liethuviska. Le régime royaliste plus tard a laissé les entreprises étrangères sur son sol.
Il s'est fait à la vie Pesakienne, principalement car ces derniers cultivaient un esprit et des valeurs proches des siennes. Lors de la dernière Révolution du Kirep, Tomas Vandenynas et les autres liethuviskiens se doutaient de la manière dont allaient tourner les évènements.
Il avait reçu personnellement un appel du Premier Ministre du Royaume Fédéral du Liethuviska. "Le Liethuviska répondra à l'appel du Pesak" lui avait-assuré ce dernier. Il faut croire qu'ils y ont cru, comme de nombreux autres. Personne ne semblait prévoir que le combat tournerait de sitôt. Certes, les vies avaient étés épargnés, mais l'espoir et la conviction des pesakiens étaient perdues.
Cela fait deux semaines que plus personne ne vient dans les locaux du siège de la BNL-Pesak. Certains communistes fiers prennent le bâtiment pour cible, et jettent des cocktails molotov à travers les vitres.
Tomas Vandenynas ne peut partir, le blocus kirépien est encore dans toutes les têtes, et les allers-simples pour Salaspils n'étaient pas vraiment d'actualité. Le voulait-il seulement, abandonner un pays dans lequel il a prit plaisir à vivre pendant ces trois années ?
Il continue ainsi discrètement et tous les jours à venir par la porte arrière du Siège-Social de la BNL. Il a déjà détruit des documents qui pouvaient être compromettants, mais ils n'étaient pas nombreux. Tomas Vandenynas repense sans cesse à la phrase tombé à l'eau, la phrase prononcée par Sven Jürgenson.
Ce dernier l'a recontacté, promettant d'envoyé des agents des services-secrets "non contrôlés par le Seimas". Il lui a demandé de diriger la résistance au sein de la capitale du Pesak. Tomas en est-il capable ? Il a lancé une dizaine de succursale dans le pays, il sait diriger des hommes, partir de zéro pour atteindre ses objectifs. Mais ce n'est pas la banqueroute qui l'attend désormais, mais la mort.
Ce matin, le gouvernement - illégitime - du Pesak a annoncé la nationalisation des entreprises étrangères. Il s'agit peut-être là d'une porte de sortie. "Que ferait une nation communiste d'une banque privée ?" se demande Tomas. Là n'est la question. Il affiche sur quelques bâtiments publics ce message.
[quote]<center>Aux nouvelles autorités du Pesak.
Nous avons appris la nationalisation des entreprises étrangères et nous nous y opposerons pas.
Nous souhaitons simplement que les employés étrangers puissent rentrer chez eux sains et saufs.</center>[/quote]
Tomas Vandenynas voulait-il rentrer chez lui ? C'était le cas de la plupart de ses anciens collaborateurs, banquiers, comptables, qui vivent dans la peur, vivent cachés pour ne pas être pris pour cible par des communistes.
Posté : mer. mai 07, 2014 4:47 pm
par Alexei
Histoires pésakiennes...
19 janvier 2024
<center>[img]http://img15.hostingpics.net/pics/731103affiche.png[/img]</center>
[url=https://www.youtube.com/watch?v=cKvi6we7Tdg]Jugoslavenka[/url] se mit à résonner dans le Drugovi.
Sara épongea la table 21 lorsque le son familier parvint à ses oreilles. Pour cause, c'était le dernier "tube" (comme disent les Occidentaux) de la chanteuse kirépienne -de Novigrad plus précisément- Lepa Brena, qui bénéficiait d'une énorme renommée tant au Kirep qu'en Alméra-orientale et à Pesak bien entendu. Cette musique aux consonances à la fois slave et barebjalienne plaisait assurément et le titre fort patriotique ("Jugoslavenka" signifie "yougoslave" au féminin), mais généralisant plaisait même aux représentants de l'AFPJ. Sortie il y a à peine une semaine, elle passait déjà sans discontinuer dans tous les bars et cafés du Kirep mais aussi de Pesak, parfois avec des sentiments mitigés de la part des "stari" (les vieux du Pesak) qui voyaient d'un mauvais oeil la chanson, qui était toutefois fort appréciée par les jeunes de l'archipel. Sara aimait d'habitude l'entendre, mais dans ces conditions, elle ne profitait ni des paroles ni de la mélodie. Le Drugovi (le "camarades") était un bar-brasserie de Makarska relativement connu. Son nom, sans équivoque, attirait tout de même pour l'ambiance et ce qu'on y servait, il était très coté chez les Kirépiens. L'établissement était tenu par Milivoj, un ancien de l'Armée Populaire du Kirep qui en gardait la démarche, la coupe de cheveux et parfois les vêtements -en revêtant un pantalon de treillis occasionnellement-. Il avait embauché Sara au début de l'année, lorsqu'elle avait commencé ses études de droit. Très vite, ils s'étaient liés d'une amitié, et l'autorité martiale de Milivoj comme sa sympathie le faisait passer pour un père aux yeux de Sara. Bien que venant d'Oslonica, Sara habitait dans Makarska et revenait dans son village natal le week-end. Cette-dernière avait commencé à travailler depuis quatre heures. Comme serveuse au début, pendant le coup de feu, puis comme femme de ménage ensuite. Son travail la fatiguait, mais elle en avait besoin pour ses études.
Milivoj : Bon, je t'autorise à prendre ta pause, t'as bien travaillé.
Soulagée, Sara reposa le chiffon sur le comptoir et vint s'installer à une table au centre garnie, inhabituellement, d'une multitude de plats dont des Ćevapčići, des rouleaux de viande servis dans du "somun", une sorte de pain rond. C'était un plat typiquement pésakien dont Sara raffolait. Autour de la table, tous les employés de la brasserie qui affichaient leur plus beau sourire à la jeune femme qui ne comprenait pas ce qui se passait. Elle comprit vite cinq secondes plus tard quand ils sortirent à l'unisson "Bon anniversaire !". Sara fut d'abord confuse avant de se souvenir de cet événement.
Milivoj : Elle travaille tellement qu'elle en oublie même la date de son anniversaire.
Sara ria nerveusement et remercia chacun des quatre autres employés du bar par une accolade amicale et sincère. Elle fit de même à Milivoj avant de revenir s'installer d'un pas machinal.
Sara : J'avais complètement oublié, merci beaucoup à vous...
Josip : On a vu oui. Je t'ai préparé spécialement le repas, et encore, t'as pas vu le dessert. J'ai dû économisé deux jours de nourriture pour ça, j'espère que ça te plaira.
Josip sourit. C'était le cuisinier de la brasserie qui regardait plus souvent l'intéressée que raison, au point que la blague se répandit bien vite au sein des employés de l'établissement. Surtout chez Milivoj qui se servait de sa force pléthorique pour le menacer avec humour. Sara était touchée, mais un autre homme hantait déjà ses pensées...
Milivoj : Bon, qu'est-ce qu'on attend pour attaquer ? Je meurs de faim.
Sara : Oui oui, allons-y.
Sara se mit à goûter chacun des plats : goulash, pasulj, sarma, svadbarski kupus, tous ces plats étaient accompagnés de pommes de terre ou de choux, leur consistance était parfaite pour revigorer quiconque. Une heure plus tard, tout le monde semblait repu. La cuisine était vraiment excellente. Milivoj se laissa tomber contre le dossier de sa chaise dans un geste lourd.
Milivoj : M'ah, c'était excellent, Josip. Finalement, je vais annuler ton remplacement.
Josip blêmit avant de comprendre la boutade du patron qui riait déjà de manière sonore, suivi des autres employés. Sara avait fait honneur à autant de plats que possible, mais n'avait pas très faim. Suite à un gâteau décoré de bougie, elle vint à la porte, ornée d'une fenêtre, de l'établissement et observa l'extérieur. Elle recevrait probablement un appel de sa mère et de quelques amies à elle, mais elle attendait celui d'une personne toute particulière...
Alors qu'elle s'apprêtait à détourner le regard du paysage urbain nuageux, froid et quasiment désert de Makarska, un éclair vert foncé apparut à l'orée de son champ de vision : une patrouille de l'Armée Populaire du Kirep, qui tournait dans une ruelle, comme celle où elle avait rencontré Toma. Avec un espoir vif, elle ouvrit la porte et sortit, vêtue de sa jupe arrivant aux genoux et d'un simple chemisier.
Milivoj : Hé, où vas-tu ?
Sara : Je... je reviens, j'ai oublié quelque chose.
Dans la froide rue, Sara marcha d'un pas rapide, presque en courant, elle sentait ses cheveux bruns danser sur ses épaules, espérant le voir : lui, ici, à Makarska. Une fois qu'elle s'engagea dans la petite ruelle où ils avaient tourné, son espoir s'effondra. Ils avaient disparu. Subitement déprimée, elle tourna les talons vers le "Camarades".
Posté : dim. mai 18, 2014 3:58 pm
par Alexei
Histoires pésakiennes...
23 février 2024
<center>[img]http://www.comingsoon.it/imgdb/PrimoPiano/impaginate/michael_nyqvist_Mission_Impossible.jpg[/img]</center>
Andrej Lazić : J'ai le regret de vous annoncer votre démission, camarade-gouverneur.
Le gouverneur de l'île de Valjevo leva des yeux étonnés vers son interlocuteur. Celui-ci était entré il y a à peine quelques secondes et se réclamait comme venant d'Ophrone, qu'il souhaitait le voir dans les plus brefs délais. Lorsqu'il fut dans le bureau, le gouverneur Šrol ne l'avait à peine regardé, croyant aux formalités administratives habituelles. Désormais, il jetait un regard noir à l'homme élégant et à la mine impassible lui faisant face. Ce-dernier était vêtu d'un costume à cravate beige qui affirmait un peu plus sa haute stature. Il ne semblait pas armé, du moins en apparence. Mais ce n'était pas son regard bleu et froid ainsi que son visage déterminé qui allait l'intimider.
Šrol : Est-ce une plaisanterie ?
Andrej Lazić, qui avait croisé les jambes sur son siège, échappa un rire léger. Faisant preuve d'un calme olympien, il plongea la main sous sa veste, ce qui mit directement le gouverneur en alerte. Néanmoins, quelques secondes plus tard, il sortit un papier et une sorte de plaque qu'il mit clairement en évidence face à son hôte vieillissant.
Andrej Lazić : Oh non, je ne pense pas. Je suis le colonel Andrej Lazić de la Surigimi et, comme vous pouvez sûrement le voir, je suis mandaté par le camarade Franjo Tadac pour vous faire arrêter dans la plus grande discrétion. Bien entendu, c'est Enver Shexha qui nous a mis sur votre piste. N'est-ce pas vous qui a organisé le massacre des communistes de Pesak ?
Vlade Šrol avait en effet joué un rôle important dans l'indépendance pésakienne et avait soutenu l'idée d'un gouvernement fort dans l'optique de mieux résister jusqu'au bout au Kirep. D'abord prêt à partir suite au rattachement des deux nations, Vlade Šrol était finalement resté : personne ne le laisserait s'enfuir comme cela et il était écrit noir sur blanc qu'il avait gardé sa neutralité. Il était donc coincé et avait vécu dans un stress constant jusqu'à cet instant. Un stress qui l'accompagnait lors du dîner en famille, de la douche et même pendant son sommeil, craignant à chaque instant qu'un agent tel que Lazić vienne l'interpeller, chez lui ou sur son lieu de travail. Il comprenait que son sursis s'arrêtait là, mais il n'était pas question d'avouer, et puis il n'avait vraiment rien à voir dans le massacre des communistes, mais constituait, malheureusement pour lui, le bouc émissaire idéal pour Ophrone.
Vlade Šrol : Je ne vois vraiment pas du tout... de quoi vous parler. J'ai accompli ma tâche, sans jamais donner de tels ordres.
Andrej Lazić : Vous relatez là l'histoire officielle. Dans l'histoire officieuse, vos mains sont pleines de sang, j'en ai peur. Il est inutile de nier, la police est déjà en route et... -il est coupé par le bruit de quelqu'un toquant à la porte-. Tiens, ils ont été plus rapides que prévu. Entrez !
La porte s'ouvrit devant quatre policiers pésakiens qui firent irruption aussitôt dans la pièce. Vlade Šrol se trémoussa sur son siège et ne résista que quelques secondes lorsque le métal froid des "bracelets" vint lui ceinturer les deux mains. On l'aida à se lever tandis que le colonel de la Surigimi l'observait d'un regard toujours aussi impassible. Vlade Šrol cracha un juron, ce qui provoqua un léger rire chez le kirépien visé. D'un signe, il ordonna aux fonctionnaires de police d'emmener le dorénavant ex-gouverneur de Valjevo, la principale île pésakienne. L'arrestation de Vlade Šrol avait tardé et pour cause, cela serait mal passé. Maintenant que les habitants de l'archipel étaient occupés ailleurs, cette arrestation, marquant le début d'une longue vague, passerait totalement inaperçue. Tout comme la nomination expresse du froid Andrej Lazić comme gouverneur de l'île de Valjevo. Il se leva et s'installa derrière le bureau de son prédécesseur, se saisissant du téléphone fixe trônant sur celui-ci. Il composa un numéro qu'il avait appris par coeur qui répondit dès la première sonnerie.
Andrej Lazić : C'est fait.
??? : Excellent. Vous endossez désormais le nom d'Ivan Kablar, nouveau gouverneur de l'île de Valjevo. Vous êtes né à Jelino il y a quarante-huit ans et vous êtes Pésakien pure souche. Terminé.
L'agent de la Surigimi raccrocha le combiné et commença à fouiller son nouveau bureau. Un calibre 9 mm dans le premier tiroir, puis de la paperasse et encore de la paperasse. Il songea qu'il faisait désormais parti de ces Kirépiens infiltrés dans l'administration pésakienne. Sur Metenica, Devetak et Surdup, le même rituel avait lieu. Ainsi, le commandant Nicolae Petrescu devenait Shefqet Jeromec, gouverneur de Metenica. Ou encore le capitaine Ratimir Ivanković dont le nom originel était éclipsé pour Zeljan Kurst sur Devetak et Surdup. La tentaculaire Surigimi aux ordres du Maître du Palais de la Révolution était définitivement partout.
Posté : mer. mai 28, 2014 9:30 pm
par Alexei
Histoires pésakiennes...
23 mars 2024
<center>[img]http://www1.pictures.zimbio.com/fp/Michael+Nyqvist+Michael+Nyqvist+Set+Mission+ROwCtdom_BKl.jpg[/img]</center>
Andrej Lazić -plus connu sous le nom d'Ivan Kablar- pénétra dans la petite pièce, ressemblant terriblement à une geôle, des sous-sols de l'ex-Opéra Kostrevica. Comme d'habitude, sa tenue était impeccable, la teinture brune qui lui avait été appliquée, pour maintenir la confusion, semblait lui aller à ravir et lui donnait un peu plus un air de gangster italo-pélabssien... ses pratiques ne divergeaient d'ailleurs pas de cette apparence qui lui collait à la peau et l'homme qui se trouvait en face de lui allait pouvoir en témoigner : Marinko Salkanović était dans un piteux état. Un bandeau ensanglanté, pouvant faire penser à une énucléation, recouvrait ses yeux. Son visage était constellé de contusions et blessures en tout genre, son nez paraissait cassé et le sang recouvrant le mince bandeau, masquant sa vue, provenait en fait de ses deux arcades sourcilières qui avaient saigné. Menotté sur une vieille chaise, simplement habillé vêtu d'un caleçon et de sa chemise -sa cravate était dans sa bouche...-, on aurait pu penser que l'ex-chef du gouvernement kirépien s'était livré à des petites cachotteries si trois agents de la Surigimi ne l'avaient pas passé à tabac. Ces-derniers avaient vraisemblablement quitté la pièce, entièrement nue, qui baignait dans une obscurité quasi-totale sans la petite ampoule sale pendant au plafond. Néanmoins, Ivan Kablar sur se trouver une chaise pour s'installer confortablement face à l'otage dont il extirpa la cravate de sa bouche.
Ivan Kablar : Ils n'y sont pas allés de main morte... comment allez-vous, camarade Salkanović ?
Marinko Salkanović : Qui... qui.. qui êtes-vous ?
Ivan Kablar : Oh, pardonnez-moi, où ai-je mis mes bonnes manières ? Je suis Ivan Kablar, gouverneur de l'île de Valjevo, enchanté.
Dans une cruelle ironie, le colonel, déguisé, de la Surigimi voulut tendre la main droite pour tenter de serrer celle de son interlocuteur, mais il se ravisa finalement.
Marinko Salkanović : Vous... vous ven..ez me.. libérer ?
Ivan Kablar : Hmm.. malheureusement je ne crois pas -esquissant un sourire-, je viens plutôt vous proposer un marché.
Le prisonnier releva la tête et tenta de positionner cette-dernière face à l'"examinateur", malgré qu'il ne vît rien. Il garda néanmoins le silence, incapable de parler.
Ivan Kablar : Bien. J'ai appris ce que ces gens vous ont fait et j'en suis sincèrement désolé, néanmoins, vous devez savoir que la Surigimi a toujours ce qu'elle veut, que ce soit par la force ou par les mots : vous venez d'avoir un avant-goût, plutôt désagréable, de la première option et j'ai bien peur que cela ne s'arrête pas. En temps normal, ils seraient déjà en train de vous arracher les ongles un à un et en préparant la scie-à-métaux, toutefois, vous êtes ce qu'on appelle un "VIP" et la deuxième option s'impose parfois. Bref. Vous savez quelque chose... que nous voulons savoir, et tout de suite. Si vous refusez de nous le dire, alors je ne pourrais rien faire pour empêcher mes collègues de vous faire connaître les pires souffrances. Mais si vous coopérez, alors tout cela ne sera qu'un mauvais souvenir et vous pourrez vivre bien tranquillement avec vos filles : Lena et Fahreta, je me demande comment elles vont, d'ailleurs...
Marinko Salkanović : Ne... ne les touchez.. pas !
La voix rauque de l'homme politique et sa situation pathétique déclencha un léger ricanement chez le gouverneur qui croisa les jambes et reprit :
Ivan Kablar : Alors dites-moi où est Bogoljub Milanović ! C'est aussi simple que cela ! m'hahaha.
L'ancien président du Conseil National Kirépien fut secoué de spasmes, pendant un instant Ivan Kablar crut à une crise cardiaque : ce serait fâcheux. Toutefois, ces spasmes se révélèrent être des sanglots étouffés par le ruban, le colonel posa sa main droite sur son épaule d'une manière faussement amicale.
Ivan Kablar : Allez, allez. Il ne sert à rien de se mettre dans des états pareils : dites-moi où est Bogoljub II et je vous promets que ni vous, ni vos filles ne seront victimes de sévices supplémentaires, vous pourrez vivre à la campagne, comme avant. Pour cela, il vous suffit tout simplement de me dire une adresse ! Si elle est réelle, alors vous serez relâchés et coulerez une existence paisible, vous n'entendrez plus jamais parlé de nous.
Marinko Salkanović : Vous... vous mentez...
Ivan Kablar : Je ne mens jamais, camarade. Je vous ai donné ma parole. Vous renoncerez juste à toute forme de vie publique, votre nom sera oublié, mais c'est le prix à payer pour protéger vous, et votre famille. Vous n'allez tout de même pas faire passer un sens de l'honneur -que même votre "souverain" a foulé au pied en fuyant- devant la vie de vos filles ?
Marinko Salkanović réfléchit. Peut-être qu'il avait raison, il ne plaisantait pas en tout cas, c'était certain. Le kirépien ne pouvait supporter l'idée que sa fille finisse dans le même état que lui et, résigné, il se redressa et se ressaisissant, il déclara :
Marinko Salkanović : Très bien... je vais.. vous le dire...
Posté : ven. mai 30, 2014 8:52 pm
par Alexei
Histoires pésakiennes...
29 mars 2024
<center>[img]http://www.wikinoticia.com/images2//s3.extracine.com/files/2012/01/Michael-Nyqvist-800x454.jpg[/img]</center>
Ivan Kablar : Comment ?! Ce vieillard s'est échappé ?
Avec rage, le gouverneur de Valjevo envoya son point sur le bureau massif trônant face à lui, ce-même bureau où se tenait un malheureux caporal de la Surigimi, habillé du classique uniforme vert à casquette bleue, probablement tiré au sort par ses camarades pour annoncer la mauvaise nouvelle. Il n'avait jamais vu son "patron", dans un tel état. Ce-dernier s'était lancé dans un discours punitif agrémenté de coups faisant tremblé le bureau. Le caporal Šimić se contentait de baisser les yeux et de penser à quelque chose de plus agréable...
Ivan Kablar : [...] Est-ce que vous savez que la brigade antiterroriste envoyée était la meilleure du pays ? Des soldats d'élite incapables de coffrer un vieux croulant de plus de 90 ans ! C'est inadmissible. Si ça ne tenait qu'à moi, je vous ferais tous fusiller !
Ivan Kablar se passa une main sur son front moite. Il avait fini. Il se laissa lourdement basculer dans son fauteuil. Reprenant son souffle et posant les mains devant ses yeux, il se calma peu-à-peu. Dehors, un beau soleil éclairait la belle Kalup, les voitures roulaient dans les rues, strictement organisées et protégées par des policiers pésakiens vêtus de noir. Noir... comme la teinte des treillis des forces spéciales qui avaient échoué à arrêter un vieux, un nonagénaire de surcroît !
Ivan Kablar : Bon... comment s'est-il enfuit ?
Caporal Šimić : Il a pris une vedette, camarade-colonel. Les garde-côtes ont, bien entendu, été avertis, mais les sonars n'ont pu la retrouver du fait de sa taille et de sa vitesse et...
Ivan Kablar : D'accord, n'en dites pas plus. Disposez.
Le caporal se tut. Ivan Kablar s'était levé et faisait le tour de son bureau. Il ne le montrait pas, mais était anxieux : c'était la mission que Franjo Tadac lui avait confié, et il avait échoué. Il ne s'attendait pas à une promotion, bien au contraire. Au moment où l'officier subalterne allait quitter la pièce, il fut rappeler par le colonel.
Ivan Kablar : Encore une chose. Selon vous, et strictement vous, où est-il allez ?
L'agent fut quelque peu surpris qu'on lui demande ainsi son avis.
Caporal Šimić : Personnellement, camarade-colonel, je n'en ai pas la moindre idée. Peut-être le Thorval ou le Liethuviska, je ne saurais vous le dire.
Ivan Kablar : Très bien, je vous remercie.
Le caporal quitta le bureau tout en remettant son képi sur la tête tandis qu'Ivan Kablar saisissait le téléphone de son bureau puis composa le numéro spécial du Palais de la Révolution, redoutant le moment où ce serait "le patron" qui décrocherait. Toutefois, ce fut une voix de femme mécanique qui lui parla.
Opératrice : Bonjour, vous êtes sur la ligne sécurisée n°0001, de lien direct avec le camarade secrétaire du Peuple. Identifiez-vous.
Ivan Kablar : Colonel Andrej Lazić, au sein du "Haut-Commissariat Pesak" de la Surigimi. Matricule : LVA3HCP83113, j'aimerais paré au camarade-leader, c'est très urgent.
À force de l'étaler partout, le gouverneur connaissait par coeur son long matricule, comprenant son nom, son affectation ainsi que son grade au sein de cette dernière ainsi que sa date e naissance dans un ordre particulier. Il savait que, pendant sa récitation, qu'une équipe composée ses propres collègues de la Surigimi au fin fond du Palais de la Révolution vérifiaient les données, traçaient l'appel et menait une reconnaissance vocale. Un déclic marqua que tout était en règle. La standardiste lâcha un léger "patientez" avant que retentissent deux sonneries, au bout de la troisième, Ivan Kablar reconnut la voix, presque amicale, mais d'où transparaissait une légère froideur, de son patron.
Franjo Tadac : Camarade Kablar, comment allez-vous ?
Ivan Kablar : Mal, je dois l'avouer... nous avons eu de légers problèmes vis-à-vis de l'arrestation de Bogoljub II.
Franjo Tadac :...je vous écoute ?
Ivan Kablar : Eh bien, il a réussi à s'enfuir au nez et à la barbe des forces spéciales, c'est inacceptable de ma part, je le sais, et je tiens à dire que j'assume pleinement ma rétrogradation, je suis même prêt à poser ma démission.
S'attendant au pire, la réponse du Maître du Palais de la Révolution semblait se faire attendre et accentuait l'angoisse de cette scène pénible pour le colonel de la Surigimi.
Franjo Tadac : Voyons, qui vous a parlé de rétrogradation ou de démission ? Vous avez fait tout votre possible pour l'avoir et vous n'avez pas réussi, je comprends. Bogoljub II est réputé pour être une anguille, il l'a déjà fait il y a une cinquantaine d'années, puis à Ophrone lors de la Révolution, il n'est pas étonnant qu'il soit spécialisé dans le domaine. Vous ne paierez pas pour sa lâcheté, camarade Andrej Lazić, vous avez fait du très bon travail -il fait une pause, semblant écrire quelqe chose-... laissez faire la nature, c'est un homme âgé, une traque ne servirait à rien.
Soulagé, Ivan Kablar reprit haleine et se résolut à répondre.
Ivan Kablar : Je vous remercie, camarade-leader. Pardonnez-moi de vous avoir dérangé.
Franjo Tadac : Ce n'est pas grave, la chance vous sourira une prochaine fois, il le vaudrait mieux pour vous, camarade, au revoir.
Il l'avait échappé belle. Bien que Franjo Tadac s'eût montrer cordial et compréhensif, sa dernière phrase le troublait. "Il le vaudrait mieux pour vous, camarade". Il savait désormais qu'il n'avait plus droit à l'erreur.
Posté : sam. mai 31, 2014 9:54 pm
par Alexei
Histoires pésakiennes...
01 avril 2024
<center>[img]http://www.tarantinofiction.com/tarantino/_media/:tarantino_touch:ib_film_photos_3.jpg[/img]</center>
À Pesak, la Surigimi, les services secrets kirépiens, avaient envoyé trois colonels, camouflés en gouverneurs, se partageant trois secteurs : le secteur de Valjevo, tenu par Andrej Lazić -plus connu sous le pseudonyme d'Ivan Kablar-, le secteur de Metenica, géré par Nicolae Petrescu -dont le nom avait sauté pour Shefqet Jeromec, et le secteur de Surdup-Devetak. Ce secteur, le plus vaste, était tenu par un homme singulier, se démarquant profondément des agents de la Surigimi "lambda". Il parlait d'une voix douce et raffinée, son intelligence et sa culture dépassait de loin celles de ses homologues, il avait aussi une certaine oreille musicale... Ratimir Ivanković, ou Zeljan Kurst, s'était rapidement fait une réputation dans son métier pour ses scènes d'interrogatoires dans les loges de l'Opéra de Makarska, alors même qu'une représentation avait lieu quelques mètres plus loin. Outre le fait de maîtriser quatre langues (le serbo-croate, l'albanais, l'anglais et le mandarin), Zeljan Kurst était un expert en torture. Il savait pertinemment que le sommeil était capital, alors, il utilisait la fameuse méthode dite de la "fourche de l'hérétique" -consistant à accrocher à la victime un collier où deux fourches étaient dirigés vers la tête et vers le thorax, de manière à empêcher tout endormissement-, par exemple. Il avait énormément de cordes à son arc, mais elles avaient toutes un seul et unique but : la vis, l'arracheur de langue ou la cisaille du crocodile. Mais Zeljan Kurst était bien plus qu'un petit tortionnaire de bas étage. C'était en réalité un ancien inspecteur de la police de Devetak, s'étant illustré à maintes reprises comme "le plus grand détective du Kirep" et même du monde. Il possédait un formidable esprit d'analyse, chaque détail, les cheveux, l'accent ou même un pli sur la vêtement d'une personne, lui suffisait pour établir le profil de la personne, son origine ou même ses goûts. Il était, sans le moindre doute, l'un des meilleurs éléments des services secrets kirépiens qui s'étaient empressés de le recruter. Son rôle en tant que colonel était ultra-secret : il devait traquer et éliminer les principaux nationalistes et indépendantistes pésakiens anti-Kirep, dont les noms figuraient, avec un amateurisme révulsant, dans les dossiers de l'ancien gouverneur de l'archipel, n'ayant pas jugé utile de les broyer. Beaucoup parlait avec ironie de la "liste de Kurst". Cette liste, très prise au sérieux par le principal intéressé, comptait une centaine de noms : tous d'anciens personnages importants de l'indépendance et du nationalisme pésakien, la plupart exilés hors du territoire ou se cachant dans la campagne...
...et c'était dans cette même campagne que Karel vit une voiture noire, escortée par quatre motos rouler sur le chemin menant à sa ferme, une exploitation laitière. Karel était un paysan ayant la trentaine, il était brun aux yeux bleus, sa barbe, plutôt épaisse, se confondait presque avec ses cheveux. Il était grand et robuste et vivait avec sa famille dans une petite bâtisse, loin de tout. Même si cela ne lui était jamais arrivé, le fait de voir ce convoi, vraisemblablement officiel, lui donna un mauvais pressentiment. Ordonnant à sa famille de rentrer dans le minuscule domicile familial, il épousseta légèrement sa chemise sale, se tenant dans une posture lasse mais un minimum droite. Lorsque le groupe arriva face à sa petite exploitation, Karl put voir le chauffeur descendre directement et ouvrir la porte arrière du véhicule d'où sortit un homme en uniforme vert, revêtant une veste longue grise. Il était de petite taille, marchait avec assurance de ses bottes impeccables vers le petit propriétaire terrien, tandis que les hommes l'escortant, des soldats armés, au nombre de cinq, tenant des armes qui ressemblaient à des Gigakov se déployèrent dans tout le secteur, prêts à défendre leur supérieur en cas de problème.
Zeljan Kurst : Monsieur Karel Brigan ? C'est un véritable plaisir de vous rencontrer. Permettez-moi de m'excuser de vous déranger, mais je suis dans l'obligation de vous poser quelques questions.
Le colonel, affichant un sourire fort amical, tendit sa main droite vers le paysan qui la regarda mais ne la serra pas. Le visiteur renonça, par dépit. Le fermier répondit d'un ton plus ou moins neutre.
Karel Brigan : Qu'est-ce que vous voulez ?
Zeljan Kurst esquissa un léger sourire avant d'entraîner tranquillement son interlocuteur par le bras vers la masure.
Zeljan Kurst : Voyons, détendez-vous, je ne vais pas vous dévorer -ricannement-. Où sont mes bonnes manières, d'ailleurs ? Je suis Colonel Zeljan Kurst, le gouverneur de cette île. Pouvons-nous parler à l'intérieur ? Il me tarde de voir à quoi ressemble votre intérieur.
Quelques minutes plus tard, les deux hommes étaient assis à la table de la cuisine. Le colonel de la Surigimi fumait une cigarette tandis que son hôte avait allumé une vieille pipe en bois. Inutile de dire que Zeljan Kurst avait, d'un coup d'oeil, analyser les moindres recoins de la bâtisse, découvrant quelques cafards arpentant les comptoirs carrelés de l'antique cuisine, des interstices dans le plancher du plafond laissant filtrer un rayon de lumière venu de l'étage (qui était un grenier).
Zeljan Kurst : Je vous remercie de votre hospitalité, monsieur Brigan, c'est vraiment aimable à vous. Maintenant, si vous le permettez, je désirerais avoir votre opinion sur les indépendantistes pésakiens ainsi que sur ceux les cachant. -sourire-
Le fermier tressaillit légèrement, ce que remarqua inévitablement le colonel. Néanmoins, il ne bougea pas, se contentant d'observer son interlocuteur de son regard bleu plus qu'averti.
Karel Brigan : Eh bien... j'n'ai pas vraiment d'opinion sur ce sujet, je n'suis qu'un paysan qui laboure sa terre et qui trait. J'reste en dehors de la politique.
Zeljan Kurst : -secouant légèrement la tête tout en tirant sur sa cigarette- Bien, et si une famille croyant l'indépendance de l'archipel se présentait chez vous, en demandant de l'aide, que feriez-vous ?
Karel Brigan : Je... je pense que j'offrirais aux enfants à boire et à manger. Mais je ne les abriterai pas.
Zeljan Kurst : Humm... je vois. Arrêtez-moi si je me trompe, vous connaissez probablement la famille Doljevski, qui a habité non loin de là jusqu'à abandonner sa maison il y a quelques semaines. Beaucoup affirment que cette famille était proche des milieux indépendantistes. Savez-vous où elle a pu aller ?
Karel Brigan fit semblant de réfléchir. Il cherchait plutôt la force de continuer à faire comme si de rien était. Il était loin de se douter que Zeljan Kurst avait déjà presque fini de le tester et qu'il s'apprêtait mentalement à le cerner.
Karel Brigan : Je n'en sais pas grand chose... des rumeurs disent qu'ils auraient fui pour la Kletssie ou ailleurs. Cela ne m'étonnerait pas.
Zeljan Kurst hocha la tête. Dans un miroir à quelques mètres de lui, il pouvait apercevoir les interstices entre les planches du parquet du grenier et la lumière qui s'en dégageait n'arrêtait pas de se voiler et de se dévoiler à intervalle irrégulier. Se frottant l'index et le pouce ensemble, il réfléchit pendant quelques secondes avant de poser un regard glacial sur son interlocuteur qui, vraisemblablement apeuré, faisait de son mieux pour l'éviter. Tel un juge, Zeljan Kurst s'apprêtait à prononcer sa sentence, du moins c'est ce que pensait l'agriculteur qui sentait la pression monter à chaque instant.
Zeljan Kurst : Je vous remercie de votre témoignage, monsieur Brigan. -sourire- Je ne vais pas vous importuner plus...
L'officier fut couper dans son élan par de la poussière dégringolant du plafond sur sa casquette. Il jeta un regard assassin à son hôte qui, honteux, savait qu'il était découvert. Il sentit les larmes lui monter aux yeux tandis que le colonel reprit, parlant plus fort.
Zeljan Kurst : Je vais donc rentrer à Makarska tout de suite... -il se déplaça jusqu'à la porte puis l'ouvrit, appelant d'un signe de main les cinq soldats composant son escorte. Ces-derniers rappliquèrent rapidement, marchant silencieusement selon les ordres du colonel qui leur indiqua de se positionner sous le plancher d'où la poussière était tombée.-
Dans sa cachette surplombant la scène, la famille Doljevski ne pouvait se douter que cinq fusils d'assaut la braquaient. La mère Doljevski avait ses deux mains sur la bouche de ses enfants, le visage déformé par la peur. Karel Brigan fondit silencieusement en larmes sur la table.
Zeljan Kurst : Ce fut un plaisir de voir votre très belle maison, sur ce je vous dis : Adieu !
Instantanément, les cinq soldats de l'escorte déchaînèrent un feu d'enfer vers le plafond qui se para rapidement d'une multitude de trous causés par le calibre 7,62 mm des Nadzava. Malgré la surprise, la mère Doljevski et ses enfants n'eurent pas même le temps de pousser un cri qu'ils étaient fauchés par les balles. Après avoir vidé leur chargeur, les soldats arrêtèrent de tirer, déformant le plafond d'impacts. de légères traînées de sang coula par quelques-uns d'entre eux telle une pluie continue. C'était fini. Karel Brigan sanglotait sur la table tandis que Zeljan Kurst, tirant une dernière révérence en souriant à son hôte, tournait les talons.
Posté : lun. sept. 08, 2014 4:28 pm
par Alexei
Pesakska Kultura - "Panjske končnice"
[img]http://www.routard.com/images_contenu/communaute/Photos/publi/069/pt68512.jpg[/img]
Autrefois, quand les gens ne connaissaient pas encore le sucre, presque chaque ferme de Pesak possédait, à part ses animaux domestiques, aussi des abeilles. Le miel était le seul édulcorant et la cire était la seule matière première indispensable pour la fabrication de bougies. On élevait les abeilles dans des ruches basses en bois, mises ensemble pour former des caisses, placées les unes a côté des autres, en plusieurs rangées. On nomme ces ruches les "ruches carnioliennes". On a construit pour ces ruches, dans les vergers fruitiers, une maisonnette en bois, ou pendant l’hiver toutes les familles d’abeilles, étant sous un même toit, étaient protégées contre la neige et le froid, et pendant l’été contre la chaleur du soleil.
Grâce aux efforts de Kalup, de telles ruches sont très populaires partout à Pesak, encore de nos jours, et elles anoblissent l’image culturelle du paysage pésakien. Elles sont devenues une marque distinctive de cette terre, de même façon que les églises sur les collines et les hangars autour de ses villages.
Au milieu du XVIIIème siecle, l’art populaire, unique, de peindre les frontons de ruche, est apparue premièrement sur l'île de Surdup, qui faisait partie a l’époque, comme la quasi-totalité de l'archipel, du Tsarat de Kirep-Tcherkessie. À cette époque, là aussi, la peinture de meubles paysans était très populaire, et de nombreuses peintures sur verre ont été créées. Les planches lisses en bois, posées sur le devant des ruches incitèrent les artistes populaires d’autrefois, et ainsi, des images ont été créées peu a peu, qu’on peut admirer encore aujourd’hui, au Musée apicole de Podradovljica, également situé sur Surdup.
Les ruches simples se sont développées en véritables galeries d’art en pleine nature. Les jeunes gens, ou les plus âgés, se rencontrent encore autour de celles-ci et admirent les images pittoresques représentant des événements de l’histoire ; des contes bibliques et des événements de la vie quotidienne des paysans. Les peintures sur les ruches permettaient aux abeilles de mieux s’orienter et aidaient l’apiculteur a mieux discerner les ruches et a mieux retenir quelles ruches avaient déjà essaimé et lesquelles pas encore.
Aujourd'hui, de plus en plus d'apiculteurs se remettent à orner leurs ruches de divers motifs. Ils n’épargnent ni leur argent ni leur temps, puisque l’amour pour les abeilles et l’engagement a la tradition de leurs ancêtres les guident en travaillant.
Les copies d’anciens frontons de ruche représentent aujourd’hui un souvenir touristique tres intéressant.
Posté : mar. déc. 23, 2014 7:49 am
par Alexei
Dans les rues des villes pésakiennes et kirépiennes...
[img]http://img4.hostingpics.net/pics/392843propagande.png[/img]
"La liberté à la raksasanne !"
De haut en bas et de la gauche vers la droite nous pouvons voir : "liberté d'expression", "liberté d'opinion" (il est écrit "condamnation du socialisme" sur le papier), "liberté de réunion", "liberté de manifester".
Sur le gratte-ciel en arrière-plan est inscrit "Bourse de Jiyuan".
Posté : mer. janv. 14, 2015 1:58 pm
par Alexei
Dans les rues des villes pésakiennes...
[img]http://thumbs1.ebaystatic.com/d/l225/m/mW3pS-vVNyT2ysRMKdZ-DLA.jpg[/img]
"L'avenir de la glorieuse nation yougoslave est entre tes mains !"
Affiche de propagande (en alphabet latin pour toucher un maximum de personne) pour promouvoir la démocratie populaire au sein de l'archipel de Pesak dans le cadre des futures élections législatives dans tout le grand-Kirep. Il est à noter que le mot "grand-Kirep" disparaît pour laisser place à "la nation yougoslave", plus généraliste et jugée moins discriminatoire envers les Pésakiens.
"Camarade ouvrier, paysan, soldat, l'avenir de la glorieuse union des peuples yougoslaves ne peut se bâtir sans toi !"
Posté : lun. mai 11, 2015 2:26 pm
par Alexei
Vuk Bijela
[url=https://www.youtube.com/watch?v=kU959L4fLO0]Fond musical pour l'éclate...[/url]
[img]http://www.google.fr/url?source=imglanding&ct=img&q=http://d.ibtimes.co.uk/en/full/1354697/walter-white.jpg&sa=X&ei=szBPVYSXB6TY7Ab924Fo&ved=0CAkQ8wc4cQ&usg=AFQjCNFuTgkV8to9Wo-AMD25H4taEQPTxw[/img]
[url=http://www.simpolitique.com/post257762.html?sid=072b29f1e3e1f7628e6129bff9706867#p257762]L'idée m'est venue d'ici, je l'admets...[/url]
Un rayon de soleil pointant à travers les barreaux, un crissement métallique, des voix étouffées, des pas s'approchant.
Il n'en fallut pas plus pour que Vuk Bijela ouvrît les yeux, en alerte, alongé sur sa paillasse de bois dur qui lui mettait le dos en compote depuis maintenant deux ans. Deux ans qu'il croupissait dans ce pénitencier de Surdup, à ne rien faire d'autre qu'attendre et de ressasser son passé. Ce passé, il aurait pu finir au glavkava (perelag kirépien) ou mort par sa faute, et il s'estimait tout de même heureux d'avoir atterri ici.
Seulement, Vuk Bijela ne pensait pas qu'il sortirait de sitôt, ni que son passé allait finalement le rattraper.
Colonel Zeljan Kurst ([url=http://www.simpolitique.com/post234831.html?sid=7c003a3154ee32af7965e6415feff3f7#p234831]Souvenirs, souvenirs ![/url]) -tapotant les barreaux- : Bien le bonjour, camarade Bijela. Je sais que vous êtes réveillé, vous êtes bien trop intelligent et malin pour ne pas m'avoir entendu venir. J'ai une offre à vous faire, et votre réponse m'importe beaucoup... -silence total- À moins que le professeur de physique et trafiquant de drogue que vous êtes se soit ramolli... dans ce cas là, je ne pourrai rien faire pour vous, encore plus si vous me boudez...
Vuk Bijela se redressa sur sa couchette d'un mouvement bref, cherchant ses lunettes avant de les enfiler et de se tourner pour mieux observer son interlocuteur. Celui-ci était de taille standard, arborant l'uniforme gris de la Surigimi avec des pattes de colonel. Sous la casquette, des yeux bleus froids et calculateurs, des traits fins et une voix mélodieuse s'exprimant avec finesse et douceur. Le prisonnier se leva, pour se pointer face au gradé, la tête haute et la voix grave.
Vuk Bijela : Qui êtes-vous ? Que me voulez-vous ?
Colonel Zeljan Kurst : Oh oui, où avais-je la tête... je suis le colonel Zeljan Kurst, chef de la Surigimi pour Surdup. Comme je l'ai dit, je tiens juste à vous proposer un "marché", pour vous racheter et vous faire sortir de ce trou-à-rat où j'imagine que votre cancer est très mal soigné... je pense que vous approuvez ce point. -sourire-
Le colonel savait donc tout. Vuk plaça une main sur ses poumons à l'évocation de ce point douloureux. Son geôlier n'avait pourtant pas tort ; si la prison ne l'emportait pas, ce serait le cancer. L'homme réfléchit quelques instants.
Vuk Bijela -soupirant- : Que voulez-vous que je fasse ?
Colonel Zeljan Kurst : Je sais tout de vous, camarade. Et en particulier votre passé... tumultueux. Un professeur de physique au lycée de Makarska fabriquant et revendant du LSD afin de soigner son cancer du poumon, tout ça au sein de la feu Pesak capitaliste, c'est peu commun, vous en conviendrez... -marque une pause pour s'allumer une Duvanske-. Vous en voulez une ? Ah oui, c'est vrai, votre cancer... -ricanant et aspirant quelques bouffées de fumée, avant de reprendre son sérieux-. Mais venons en au but. Je vous propose, ni plus ni moins, camarade Bijela, de reprendre du service.
Vuk Bijela : Je ne suis pas sûr de vous suivre, camarade colonel... pourquoi le "grand-Kirep socialiste" demanderait à un trafiquant de drogue, au placard depuis trois ans, de se remettre à produire du LSD ? À moins que vous seul vouliez vous lancer dans le trafic pour arrondir vos fins de mois ?
Colonel Zeljan Kurst -riant- : Non, non, absolument pas, haha... j'ai un minimum de principes malgré tout, je tiens la drogue en horreur, personnellement, et puis... l'argent m'importe peu... non. L'ordre vient d'en haut : nous avons de nombreux ennemis, le meilleur trafiquant de Pesak, et d'importants moyens pour lutter contre les premiers, mais d'une manière inédite et géniale... inutile de dire que vous seriez gracié, et que vous deviendriez même un héros national.
Vuk Bijela : Je pense ne pas avoir le choix.
Colonel Zeljan Kurst : Vous pensez bien... je vous laisse préparer vos affaires et profiter de cette dernière journée derrière les barreaux. Je viendrai vous chercher ce soir, camarade Bijela -sourire-.