Research & Destruction
Programme "Total Security" (4)
Présence locale
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Il a précédemment été noté que des éléments isolés ou dispersés, s'ils ne disposent pas d'une position retranché et d'un soutien rapide, sont vulnérables.
On peut même parlé de vulnérabilité extrême, considérant que même avec des véhicules blindés, ils sont exposés à une embuscade correctement préparée.
Pour cette raison, le recours à une telle dispersion est peu enviable pour une stratégie à long terme.
En cherchant à défendre tout, on finit par ne rien défendre correctement.
Pourtant, il est nécessaire de maintenir une présence locale effective, capable de maintenir l'apparence de l'ordre et du contrôle.
Sans cela, la population perdra une des raisons pour apporter son soutien au gouvernement et pour ne PAS coopérer avec les insurgés :
La sécurité que lui promet le gouvernement.
La clé pour vaincre toute guérilla est de gagner et maintenir le soutien de la population.
Jusqu'à ce que l’insurrection soit saignée à blanc en terme de recrues et ressources, de sorte qu'elle ne sera guère différente d'une légère nuisance criminelle.
Dans ce contexte, il importe peu combien de minutes s'écoulent jusqu'au déploiement de renforts héliportés.
Ou à quel point le maillage des bases de feu est serré et leur réponse précise.
Le point-clé est que l’insurrection ne puisse pas trouver un refuge stable parmi une population civile.
Cela implique de gagner le respect de la population civile.
En lui inspirant admiration par des actions en accord avec ses valeurs.
Mais aussi en inspirant la peur de possibles représailles.
La Doctrine Tarkin, développée par l'OTH durant le conflit de Libertie, semble ici avoir fait ses preuves.
Elle s'appuie sur la combinaison d'une politique civile souple avec des démonstrations de force extrêmes mais brèves et contrôlées.
Les populations locales, après filtrage et relocalisation
(voir chapitre 7), doivent être laissé à la gestion de leurs propres affaires civiles.
Cela a un triple avantage :
Premièrement, cela permet l'instauration d'une mesure de confiance mutuelle entre le gouvernement central et ses administrés.
Un peuple autorisé à gérer lui-même ses affaires locales, selon ses propres coutumes et traditions, est toujours plus docile.
Il peut aspiré à d'avantage d'autonomie ou ses politiciens parleront d'indépendance future pour des raisons de populisme.
Mais il sera peu enclin à prendre les armes s'il a déjà une autonomie quasi-totale et si son territoire n'est qu'une province sur papier.
Une forme de "nationalisme par subordination" s'installera également, via un mélange de chauvinisme régional et de fierté d'appartenance à la nation.
Ce nationalisme aidera à la création d'un corps social sincèrement uni plutôt que simplement maintenu ensemble par les armes.
Ce corps social pourra, dans un futur éloigné, être une source de recrutement afin de combattre l’insurrection elle-même.
Le risque de divergence idéologique existe mais pourra être corrigé via l'éducation des générations futures sans mesure autoritaire.
Seule de la patience et de la constance dans la vigilance sont requises.
Deuxièmement, l'absence claire et déclarée d'obligation administrative par le gouvernement centrale allégera le poids de l'occupation.
On citera le besoin réduit en fonctionnaires "étrangers" de la province, lesquels seraient des cibles symboliques pour l’insurrection.
Une insurrection peut s'en sortir de manière relativement impunie aux yeux de la population si elle assassine un étranger, peu importe ses mérites.
Mais l'assassinat d'un membre de la communauté, au-delà de la peur, génère de la haine à l'égard des insurgés.
Il faut laissé l'administration locale se construire à partir de la base plutôt que d'importer une superstructure d'en haut.
Ainsi, les membres civils de l'administration seront soit des intouchables aux yeux des insurgés soit des martyrs aux yeux du peuple.
Puisque l'administration sera SON administration.
Troisièmement, la responsabilisation de la population locale, laquelle entre dans le cadre de la peur de possibles réprésailles.
La clé ici est que ce ne sont pas les représailles en elles-mêmes qui doivent inspirer la peur mais bien l'idée de représailles.
Il s'agit là d'une contribution nécessaire au principe d'économie de force.
Sans lequel la seule stratégie viable pour une conquête serait celle utilisée au Viek Kiong :
L'extermination et stérilisation d'une population entière.
Dans cette optique, les représailles doivent rester rares et être aussi ciblées que possibles.
Mais elles doivent résulter en un message clair pour la population civile :
Vous gérez votre province, votre département, votre village.
Selon vos traditions, votre culture, vos croyances, vos idées.
Vous êtes responsable de l'Ordre Public et de la Paix Civile.
Le gouvernement peut vous aider à vous protéger des criminels les plus dangereux.
Mais uniquement si vous coopérez en obéissant à ses directives.
Si vous n'obéissez pas à la loi, vous êtes un criminel ou complice d'un criminel.
Les criminels et leurs complices sont arrêtés si possible et jugés proportionnellement à leur crime.
Mais ils sont abattus si ils résistent.
Car le gouvernement ne tient pas à sacrifier la vie d'honnêtes soldats pour offrir une justice équitable à des gens ayant choisis d'être hors-la-lois.
Pour que le message soit effectif, la justice doit être objective afin que la population ait confiance dans cette justice.
Et que les citoyens n'aient donc pas peur de s'y soumettre s'ils n'ont rien à se reprocher.
Après jugement, l'instruction et le verdict doivent être public afin que tous soient au courant des circonstances.
Les erreurs judiciaires sont inévitables mais éviter les abus de pouvoir ou bavures évidentes ou "condamnations pour l'exemple" aideront.
Confiance mutuelle et fierté d'appartenance à la nation.
Économie de moyens civils et implication des civils face à l’insurrection.
Responsabilité locale et justice stricte mais objective.
Ces trois piliers sont la clé de voûte nécessaire à la formation progressive d'une nation cohésive.
Elles nécessitent une présence locale pour prendre forme.
Cette présence locale consiste en des patrouilles militaires régulières dans les campagnes et village, ainsi qu'une présence armée permanente dans les villes.
Le tout combiné avec un contact réel et communicatif avec la population locale pour y faciliter l'identification d'éléments étrangers.
(Voir chapitre 7 pour les détails techniques sur les mesures de soutien civiles à l'isolation sociale de l’insurrection)
On estime que, pendant les 5 à 10 premières années, une force armée équivalente à 1% de la population du territoire sera nécessaire.
Une force plus importante peut être nécessaire si le territoire a une faible densité de population.
Tandis que des forces moins massives sont possibles si la densité de population est particulièrement forte.
Cette force devra être issue de sources non-locales afin d'éviter l'infiltration par insurrection.
(voir chapitre 8 sur la Doctrine Fan et la réfutation du mythe de l'indigénisation d'une conflit civil)
Si les bases de feu
(voir chapitre 2) ont déjà été mises en place, les patrouilles disposeront déjà d'un réseau extensif d'avant-postes.
Leur présence au sol sera donc moins vulnérable dans la mesure où un soutien d'artillerie sera toujours présent.
Mais surtout dans la mesure où une position de replis sera souvent à moins d'une heure via véhicule motorisé.
Les patrouilles ont toutefois un triple rôle qui nécessite qu'elles soient dangereusement exposées.
Premièrement, évidemment, la sécurisation du terrain via l'inspection quotidienne ou hebdomadaire de la situation.
Ceci dans le but d’ôter toute possibilité de sanctuaires civilisés à l’insurrection et de couper ses lignes de ravitaillement domestique.
Elle devra donc se reposer exclusivement sur un ravitaillement extérieur, lequel peut être perturbé et limité via un contrôle des frontières.
(voir chapitre 5 pour les théories sur le contrôle frontalier externe)
Contribuant à la sécurisation, la démonstration de l'exposition des troupes rassurera la population quant à l'ampleur réelle du danger :
L'ennemi est présent mais pas au point de forcer le gouvernement à se terrer derrière des murs, entourés de canons, chars et avions.
Même pas au point d'empêcher de petites patrouilles de donner un coup de main à la police.
(Attention concernant la police : voir chapitre 8)
L'ennemi est en cavale, tel une bande de vulgaires bandits que seul la connaissance du terrain et l'aide de la population protègent de la justice.
Deuxièmement, la provocation de l’insurrection, en lui offrant des cibles faciles en apparence.
Cet aspect revient à délibérément exposer les troupes au danger et aura un impact négatif sur le moral des unités les plus longtemps exposées.
Il est donc conseillé de limiter la période et fréquence des patrouilles par une même unité, afin de limiter cette attrition psychologique.
À noter que les victoires ne contribuent en rien à améliorer le moral :
Les soldats auront toujours l'impression d'être sacrifiés sans réel victoire durable.
Mais c'est une procédure nécessaire afin d'identifier les zones de l’insurrection et saper leur crédit moral sur la population :
Quels genres de "résistants" refusent toujours le combat contre des cibles militaires faciles mais imposent la "taxe révolutionnaire" aux civils ?
Face à cette question, les insurgés auront le choix entre la violence contre les civils ou contre les militaires.
Dans le premier cas, elle sera l'indication de la présence de troupes ennemies.
Et, si les attaques sont stoppées durablement, la confiance de la population envers le gouvernement sera accrue.
Dans le second cas, elle donnera une opportunité de victoire pour impressionner la population locale.
Mais, victoire comme défaite, elle contribuera aussi à indiquer où les efforts doivent se porter.
Et, plus important, quelles zones doivent être verrouillées suivant l'engagement tactique afin d'être nettoyées.
(voir chapitre 6 pour l'utilité tactique des frontières internes)
Troisièmement, la moral des troupes et du "home front" en lui-même :
Le gouvernement envoie des troupes issues de populations étrangères au territoire occupé.
Ces populations attendent de voir à quoi leurs garçons sont utilisés, en quoi cela contribue au bien de la nation et quelle échéance pour la victoire.
Cela est également vrai pour les populations locales des zones déjà pacifiées, qui peuvent se mettre à douter d'une issue victorieuse.
Une force de garnison assise derrière de haut murs ne subira pas de défaites tactiques mais remportera peu de victoires.
Trop peu et trop mineures comparées à l'importance des forces déployées, même pour des statistiques travaillées.
Pour les troupes, restés immobiles, à traquer un ennemi jamais vu et dont l’existence n'est prouvée que par les tirs d'artillerie est démoralisant.
Tandis que les images d'un pays en ruines, aux campagnes et quartiers de banlieue pour ainsi dire hors-la-loi, ne sont pas encourageantes.
Celles de villages aux populations enthousiastes, patrouilles par des soldats légèrement équipés, avec des projets civils en cours, sont meilleures.
Si les troupes et leurs familles ont l'impression visible de faire la différence, elles seront motivées à endurer le coût humain et financier.
Dans cette optique, l'importance des patrouilles dépend largement du terrain, de la densité de population et de l'hostilité de la zone.
De manière générale, si le maillage des bases de feu est respecté et les frontières internes (voir chapitre 6) en place, des zones de 2.500km² existent déjà.
Une telle zone, si plate et rurale, peut être couverte par une seule patrouille motorisée de 6 à 12 hommes.
Ils pourront faire une vérification hebdomadaire du périmètre via des visites des différents villages et lieux "sensibles" pouvant abriter des insurgés.
Le tout en restant connecté par radio avec les bases de feu proche et donc, par relais radio ou satellite, avec le reste de l'état-major.
En cas de contact hostile, la règle des 5 minutes pour un soutien d'artillerie et des 30 minutes pour un renfort héliporté s'applique.
Leurs missions dans les villages seront de pratiquer des contrôles d'identité et de discuter avec les autorités civiles locales.
Cela permettra d'identifier des activités suspectes, voir une éventuelle présence réelle d'insurgés dans la zone.
De même, les plaintes, problèmes et désirs de la population doivent être consignés par écrit et rapporter à l'état-major.
Ceci afin de guider les actions au niveau stratégique, toujours dans l'optique de gagner le respect de la population.
La patrouille devra aussi visiter les différents points de contrôles internes et bases de feu, afin de s'assurer physiquement que la situation y est normale.
Les bases de feu leur serviront de garnisons temporaires pour les nuits.
Dans les villes, une présence fixe est nécessaire, sous la forme d'avant-postes regroupant une compagnie entière pour 50.000 civils.
Une telle force doit permettre de maintenir, à n'importe quel moment, 30 à 40 hommes dans les rues.
En acceptant une densité de population de 2.000 habitants par km², cela représente un périmètre de 25km² gardé par deux à trois patrouilles à pied et une à deux patrouilles motorisées.
Si les troupes disposent de radios individuelles, d'avantage de patrouilles plus petites peuvent être formées, tant qu'elles demeurent assez proches.
Cette tactique est toutefois découragées dans les zones jugées instables ou trop récemment pacifiées.
Dans le cas du Wapong, un tel plan demanderait beaucoup d'hommes.
155.625 km² représente quelques 63 zones rurales distinctes.
Soit presque autant que de Districts.
On estime qu'en raison du relief accidenté du Nord et de l'Est, le nombre sera plus élevés.
La présente analyse assume 100 zones rurales distinctes.
Soit 1.200 soldats pour les patrouilles.
Il faut ajouté à cela que 9 millions de personne vivent dans des villes et grandes agglomérations.
Soit un besoin de 22.000 hommes supplémentaires.
Ce second point est véritablement le coup de grâce pour un pays comme le Wapong dans sa forme actuelle.
Nos forces militaires professionnelles ne représentent même pas 0,1% de la population et seraient donc incapables de remplir un tel rôle.
Toutefois, le contrôle des villes devraient être facilité au Wapong justement par la tendance verticale actuellement encouragée.
Avec pour objectif de maximiser la densité de population dans les villes, ce qui autorise une économie d'infrastructure en temps de paix.
Mais pourrait aussi, en temps de conflit, permettre d'économiser sur le nombre de troupes nécessaires pour maintenir l'Ordre Public.
Chaque groupe de 12 soldats a besoin de 1 à 2 véhicules motorisés.
La présente analyse assume 2 véhicules mais ce chiffre peut être divisé par deux s'il est fait usage de camions plutôt que de hummers et assimilés.
Pour une force de 24.000 hommes, un parc de 4.000 véhicules est considéré.
Le coût d'un HMM-10 de chez Mayersfield (Pelabssa) est de 170 000 $USP par unité.
Soit 680.000.000 $USP, amortis ici sur 10 ans considérant l'usage plus fréquent que les canons et hélicoptères.
68.000.000 $USP par an.
Auquel on ajoute le coût d'entretient global de la force :
300.000.000 $USP par an.
Un coût annuel de 368 millions $USP
Pour contrôler une zone de 155.625 km²
Soit un coût de 2364 $USP par km²
Un coût qui pourrait être couvert par une taxe de 21,7 $USP par habitant.
Faible mais tout de même important au vu de la situation économique.[/quote]
En pratique :
Étape par étape :
- - Patrouilles motorisées de jour dans les campagnes, entre les différents villages, villes, postes de contrôle et bases de feu.
- Enquête, collecte d'information, contrôle d'identité, fouilles d'infrastructure, inspections de lieux jugés sensibles
- Campement de nuit dans les bases de feu, avec ravitaillement en essence, munition, nourriture, ect...
- Possible escorte de convoi si zone sensible
- Contact radio ponctuel avec l'état-major
- Si contact avec l'ennemi, voir Chapitre 2 et Chapitre 3
- Verrouillage de la zone au niveau des frontières internes
- Nettoyage de la zone par doublement des patrouilles
Comment détecter des insurgés ?
- - Patrouilles militaires au sol
- Appels des forces de police
- Appels des civils locaux
- Appels d'informateurs locaux
- Reconnaissance aérienne
- Reconnaissance satellite
- Communication radio des insurgés
Commentaires additionnels :
Le déploiement de troupes sera l'élément qui intéressera le plus la majorité de nos lecteurs (ceux-ci étant, après tout, des militaires).
Mais la clé de la réussite de ce plan est réellement la coopération des populations civiles, laquelle doit être gagnée par le respect.
Cela implique un comportement admirable de la part des troupes et une justice objective, impartiale et graduelle du gouvernement central.
Les punitions collectives ne sont pas efficaces à long terme et, si elles contribuent à installer la peur, elles plantent aussi les graines de la haine.
Lorsque la haine pour l'occupant dépasse la peur qu'il inspire, l’insurrection récupère la sympathie et donc le soutien des populations.
Deux instances où des civils peuvent être tués sans procès :
Dommages collatéraux lors d'un échange de feu avec des insurgés dans une zone habitée.
Refus direct d'obéissance à des instructions répétées par les militaires dans la langue locale.
Ces situations peuvent être rationalisées auprès des civils comme étant des drames inévitables.
Dans le premier cas, les habitants n'ayant pas eu le temps d'évacuer malgré les ordres, c'est malheureux.
Dans le second, les habitants ont refusé d'évacuer malgré les ordres et ils sont donc complices.
Les éventuels survivants du deuxième cas seront de toute façon jugés pour possible complicité, limitant la circulation de rumeurs génantes.[/quote]
HRP :
Désolé pour les multiples références aux chapitres à venir.
Mais on aborde des problématiques qui sont complexes, liées à la résolution d'autres problèmes et pas simplement militaires