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Posté : jeu. juin 20, 2019 11:29 am
par Galaad
[justify] Operasjon Beskyttende (suite)
29 mai 2039
[center][img]https://zupimages.net/up/19/25/lf55.jpg[/img]
Chars du 25ème bataillon de chars déployés à la frontière du Gänsernberg[/center]
Suite à l'[url=https://www.simpolitique.net/viewtopic.php?f=1214&t=13165&p=352700#p352700]opération aéroportée[/url] dont les premières agences de presse internationales commencent à parler, le General Magnuss Løvenskiold, président du Statsråd, et commandant en chef des forces armées du Jernland a ordonné la mise en alerte de l'ensemble des forces de la 1ère armée. Alors que la 2ème armée assurait depuis le 25 décembre 2038 une surveillance accrue des frontières avec le Gänsernberg, il a été décidé d'accroître les moyens mobilisés pour assurer la défense des intérêts du pays, au sein de ses frontières et en Dytolie. Au total, avec la 1ère armée seulement, ce sont plus de 100 000 hommes dont les permissions ont été révoquées et qui sont dorénavant cantonnés dans les casernes et qui se préparent à lancer une opération de grande envergure si l'ordre en est donné. A la frontière avec le Gänsernberg spécifiquement, les 3ème et 5ème corps d'armée sont passés au niveau 4, le dernier niveau avant l'état de guerre. Il prévoit notamment une mobilisation de l'armée de l'air qui a autorisation - sauf contre-ordre - de décoller et d'engager toute cible aérienne qui pénétrerait dans l'espace aérien national sans s'identifier et disposer des autorisations de survol, tandis qu'au sol l'accroissement de la préparation des forces est ordonnée permettant un déploiement ou un engagement en moins de six heures.
A la frontière avec le Hohengraff, les 8ème et 11ème corps d'armée ont reçu pour consigne de se tenir prêt à passer la frontière en moins de six heures également. Les officiers généraux commandant les corps d'armée ainsi que le général commandant la 1ère armée sont convoqués pour une conférence en visioconférence avec l'état-major des armées et le chef de l'Etat. Dans les casernes et les campements frontaliers, la tension est palpable, tandis que du simple soldats à l'officier on s'attend à recevoir d'une heure à l'autre une consigne ordonnant le déferlement sur les territoires frontaliers.
Dans l'esprit de Marius, soldat dans le 25ème régiment d'infanterie blindée stationné dans le sud du Jernland, le Gänsernberg était une terre bien inconnue. Il n'en savait guère plus sur ce pays que ce qui lui était donné de connaître au travers des numéros de la gazette de l'armée de terre et qui le décrivait comme un royaume expansionniste, animé de vieux relans impérialistes. Pour le jeune sous-officier d'à peine 23 ans, l'ambition du Gänsernberg était de reconstituer le vieil empire töttern. Depuis son enfance, il n'avait pourtant cessé d'entendre qu'il s'agissait sans doute de la plus grande menace pour le Jernland que de voir se reformer cet ensemble disparate d'Etats. Alors faire la guerre pour l'éviter ne lui semblait pas incongru. D'ailleurs, sans doute dans quelques heures, ou quelques jours tout au plus, il aurait l'occasion de prouver sa vaillance en allant porter chez les barbares germaniques la colère norroise. Au fond de lui, Marius se voyait déjà faisant la fierté de sa famille, de son père, lui aussi militaire auparavant, et son grand-père qui avait activement participé à la révolution qui avait mis un terme à la monarchie. Et s'il tombait au champ d'honneur, Marius savait qu'il serait accueilli avec les braves au Walhalla, dans la demeure du puissant Odin.
En attendant, il passait ses journées entre les entraînements, les réunions avec ses officiers de tutelle à préparer l'offensive à venir et à superviser lui-même les quelques soldats du rang dont il assumait le commandement. En tant que chef de char il aurait la mission de conduire son équipage à travers les lignes ennemies. Il savait qu'il serait aux premières loges pour affronter les blindés adverses. Mais il était confiant. Sa formation était solide et le moral de son équipe au beau fixe. Et puis, de toute façon, c'est bien ce que répétaient ses chefs : le Jernland ne conduira pas de guerre d'annexion ou de conquête, mais seulement de défense, pour protéger les enfants et les femmes du pays exposés à l'appétit grandissant d'un voisin en quête d'élargissement de ses frontières. A plusieurs dizaine de kilomètres de là, toujours dans la province du Heldmark, en contrebas du point le moins culminant des Thorkjeder, le 25ème bataillon de chars était à la manoeuvre, tandis que dans le ciel, survolant les dizaines de blindés se positionnant, les appareils de la brigade de l'aviation légère de la Hæren, équipés de tout leur armement, perçaient les cieux, dans un entrainement d'offensive combinée entre les forces terrestres et aériennes. Le pilote de l'un des hélicoptères de combat scrutait attentivement l'horizon. Entre lui et l'ennemi, presque à portée de ses missiles, ne se trouvait que les quelques mètres de la montagne. A dire vrai, pas grand chose.
L'ambiance générale était à l'attente, et pourtant, les soldats, nombreux, entonnaient des chants populaires de l'armée, se disant qu'il était peut-être mieux d'en découdre le plus tôt possible, afin d'être à l'initiative. Dans les états-majors c'était d'ailleurs également l'état d'esprit. Le haut commandement était bien conscient que pour l'emporter rapidement, il faudrait être celui qui attaque plutôt que le défenseur.
Posté : lun. juil. 15, 2019 3:19 pm
par Galaad
[justify] Dans la jungle, terrible jungle...
1er août 2039
[center][img]https://zupimages.net/up/19/29/rtft.png[/img]
Quelque part au Makengo dans la forêt équatoriale d'Entabeni, à l'ouest de Tsawo[/center]
[url=https://fr.cdn.v5.futura-sciences.com/buildsv6/images/mediumoriginal/b/9/8/b985abf607_50077773_611140464-9006ccceb2-o.jpg]L'avion[/url] avait finalement décollé le 31 juillet depuis l'aéroport militaire de Røros avec à son bord une petite équipe essentiellement composée de plusieurs zoologistes, botanistes et autres scientifiques, mais également une petite escouade de huit hommes d'arme recrutés parmi une agence de sécurité bien connue pour son professionnalisme. Après plusieurs semaines d'échanges intenses avec les autorités du Makengo, le laboratoire spécialisé en matière de pathologies et virologie du sykdomskontrollsenter (ndlr. Centre de contrôle des maladies) avait enfin reçu toutes les autorisations nécessaires pour cette [url=https://www.simpolitique.net/viewtopic.php?p=352471#p352471]exploration scientifique dans la dense forêt équatoriale makengaise[/url]. Ainsi, la quinzaine de personnes qui composaient cette équipe emportait avec elle plusieurs équipements de protection, comme des combinaisons, des masques, gants et autres nécessaire médical. La consigne était de ne prendre aucun risque en s'exposant inutilement. De même, les zoologistes, qui seraient en charge de la traque et de la capture des spécimens avaient prévu également de quoi confiner les animaux dans des caisses ventilées et capables de ne laisser échapper aucune particule dans l'air ambiant.
Dehors, le moteur avait vrombi tout le long du voyage ; du décollage à l'atterrissage les hélices avaient accompagné le déplacement, rendant difficile tout endormissement au cours des premières minutes de vol. Finalement, l'horaire tardif du départ eut raison des résistances des paupières des plus courageux. Il avait également fallu lutter contre l'excitation et l'impatience de se retrouver enfin sur place et de débuter les travaux. Ce furent finalement les premiers rayons du soleil à l'horizon qui tirèrent l'équipage de son sommeil. La nuit fut plutôt courte et les conditions de voyage assez rudimentaires. Les quelques sièges en toile qui étaient déployés ne permettaient pas une nuit des plus reposante. Cependant, personne n'eut l'idée de se plaindre des conditions de transport. C'est finalement à l'aéroport de Luanda que se posa l'appareil, roulant ensuite jusqu'à une zone réservée de l'aérodrome. A travers les hublots, la petite équipe put voir plusieurs techniciens s'activer pour poser des cales aux trains d'atterrissage, avant que finalement le colonel qui avait piloté l'avion ne s'exprime dans son micro avec un message à destination des passagers.
Là où tout le monde pensait pouvoir rejoindre rapidement l'hôtel pour s'y laver, se rafraîchir et se changer avant de poursuivre sa route en direction des épaisses forêts équatoriales plus au nord, finalement, ce serait plus compliqué. De ce qu'avait compris l'officier jernlander, tous les documents de l'administration makengaise autorisant cette expédition n'étaient pas arrivés et il faudrait sûrement encore de longues minutes avant de pouvoir débloquer cette situation. Les autorités douanières au sol proposaient toutefois aux membres de l'équipage de pouvoir s'installer dans l'un des salons de l'aéroport en attendant que tout s'éclaircisse. Lorsque la porte latérale de l'avion s'ouvrit la chaleur étouffante frappa tout le monde. Bien sûr tous savait que le Makengo avait un climat bien différent de celui du nord dytolien. Mais personne n'avait encore eu le plaisir d'être confronté à la violence de cette différence thermique et d'humidité. L'air climatisé du salon de l'aéroport ne fit donc de mal à personne et aucun des membres de l'expédition n'eut l'idée de se plaindre de la fraîcheur de cette pièce située à l'écart des halls accueillant des passagers civils. Néanmoins, au bout de plus d'une heure et demi d'attente, tout le monde en eut presque oublié le chaud de l'extérieur et commençait à ressentir les effets de la climatisation. C'est ce moment que choisi un Makengais pour venir à la rencontre du groupe.
L'homme, plutôt trapu et de grande taille - dans l'imaginaire jernlander on imaginait les populations locales plus petites et moins imposantes - s'approcha du groupe et se présenta à celui qui des Jernlanders qui lui semblait être le chef du groupe. De ce qu'il lui indiqua, l'attente s'expliquait principalement aux lenteurs administratives locales propres aux pays en développement, mais également aux difficultés que rencontraient les administrations du Jernland et celles du Makengo à communiquer et à s'adresser aux bons services respectivement. Les autorisations, si elles étaient bien confirmées n'avaient pas été transmises aux autorités aéroportuaires, ce qui avait contraint d'appeler le ministère des affaires étrangères qui avait fait le lien avec son homologue du Jernland, avant de chercher à contacter le ministère makengais de l'intérieur qui s'était finalement tourné vers le palais présidentiel qui avait fini par confirmer la légalité de l'expédition. En entendant tout cela, l'officier jernlander se dit que l'opérateur de la tour de contrôle avait dû avoir une belle frayeur en entendant le pilote de l'avion s'identifier comme un appareil militaire devant se poser à Luanda... Pendant que les deux responsables s'expliquaient, dehors, plusieurs camions avaient déjà pris position près de l'avion et déchargeaient le matériel scientifique et le chargeaient à l'arrière, tandis qu'un minibus transporteraient tout le monde dans son hôtel.
Mais cette halte ne serait que de très courte durée ; pas plus d'une nuit, et demain, à l'aube, tout le monde prendrait le chemin de la forêt par les airs, embarqués dans trois hélicoptères - au frais du Jernland - bientôt rejoint par des garde-forêts locaux, plusieurs personnels de sécurité makengais et le guide qui les emmènerait à travers l'épaisse densité d'arbres. En attendant, tout le monde ne rêvait que d'une chose : aller se reposer dans un véritable lit. Et en cela, l'hôtel makengais offrait tout le confort nécessaire. Le ministère jernlander de l'instruction et de la recherche n'avait pas lésiné sur la dépense, s'assurant que la petite troupe serait bien installée avant de traverser la forêt dans des conditions surement moins confortable, à la recherche de roussettes, grands singes et petits primates pouvant intéresser la science médicale jernlander. C'est en tout cas ce que prévoyait l'accord entre le Makengo et le Jernland, à moins que de nouvelles complications administratives ne viennent compliquer la tâche des scientifiques et de l'escouade privée lui servant d'escorte.
Posté : jeu. juil. 18, 2019 3:13 pm
par Galaad
[justify] Dans la jungle, terrible jungle... (suite)
16 août 2039
[center][img]https://zupimages.net/up/19/29/obg4.jpg[/img]
Singe vert intriguée par l'arrivée de plusieurs êtres humains dans son espace naturel[/center]
Après avoir pu déposer leurs affaires dans leur chambre respective, [url=https://simpolitique.net/viewtopic.php?p=353713#p353713]l'ensemble de la petite troupe[/url] put prendre quelques heures pour se reposer. Il n'en faudrait d'ailleurs pas moins pour que toutes les formalités administratives puissent être remplies avant de continuer vers le nord et les forêts équatoriales couvrant un immense tiers du Makengo. A Luanda, dans la capitale de l'Etat d'Algarbe, la chaleur étouffante était presque devenue supportable pour ces scientifiques venus des espaces froids norrois. Néanmoins, personne ne se plaint de pouvoir prendre une douche fraîche et jouir de ces instants climatisés dans un établissement hôtelier au standing plus que suffisant. Pour cette expédition, le Statsråd n'avait pas fait les fines bouches et avait réservé parmi les meilleurs complexe de la ville. Le dîner qui fut servi aux scientifiques et à leur escorte jernlander et la nuit de sommeil furent accueilli avec soulagement. Bien qu'initialement il était prévu de repartir le même jour de Luanda en direction de la province d'Entabeni et plus précisément vers Tsawo, ville modeste perdue au milieu de la jungle, il avait été décidé par le chef d'expédition de modifier le planning en raison des tracasseries administratives et des retards importants qu'elles occasionnaient. Ainsi, depuis l'atterrissage, ce n'était pas moins de trois heures de décalage par rapport à l'horaire initial qui avaient été prises.
Alors qu'à l'aéroport le personnel d'aéroport et la sécurité makengaise ne paraissaient pas toujours bien au fait des arrangements entre les deux gouvernements, la suite n'en fut que plus "délicieuse". Après avoir installé tout le monde dans sa chambre, Alexander, le responsable de l'équipe, ancien officier des forces armées jernlander, à présent reconverti au sein du sikkerhetsjeneste et voyageant sous couverture diplomatique dut s'expliquer franchement par téléphone avec le fonctionnaire du ministère makengais en charge des affaires scientifique pour qu'il leur fasse bien parvenir toutes les autorisations. Ce n'est qu'un appel de l'ambassadeur jernlander au ministre directement qui finit par débloquer la situation et moins d'une demi-heure plus tard tous les documents parvenaient par mail et purent être imprimés.
Malheureusement, avec tous ces désagréments, Alexander n'eut d'autre choix que de reporter au lendemain le départ vers Tsawo, la nuit menaçant de tomber pendant le vol en hélicoptère et rendant ainsi plus difficile l'arrivée à bon port. Avertie, l'équipe makengaise composée de responsable de parc naturel, mais également de militaires qui assureraient la protection de l'équipe jernlander purent ainsi profiter d'une soirée libre dans l'attente de voir arriver leur "colis".
Au petit matin du 2 août, tout le groupe, après avoir profité d'une nuit réparatrice dans une literie confortable - ce serait vraisemblablement l'une des dernières fois avant de longs jours perdu au milieu de la jungle - s'embarqua dans un minibus en direction de l'aéroport à nouveau. Pourtant, cette fois, à la différence d'un appareil militaire, ce fut un avion plus modeste civil - le report de la veille avait compromis l'option des hélicoptères - qui les emmena sur leur lieu de destination avec tout leur matériel. A travers le hublot, Alexander put d'ailleurs voir comment les techniciens au sol chargeait l'appareil de caisses marquées d'[url=https://zupimages.net/up/19/23/3seb.png]un logo[/url] qui lui était connu de quelque part. Moins gros que lors du précédent vol, l'avion n'en fut que davantage soumis aux vents et aux conditions climatiques et atmosphériques ; rien cependant qui ne risquait de devoir encore retarder la mission et c'est sur une piste courte de l'aérodrome de Tsawo qu'il put se poser. Les scientifiques prirent alors rapidement le chemin de la jungle équatoriale et y retrouvèrent leur guide makengais et leur escorte. Alexander se renseigna sur les formalités - on put d'ailleurs le voir glisser une enveloppe à celui qui semblait commander les quelques hommes d'arme makengais puis revenir vers ses compatriotes. Enfin ce pour quoi tout le monde était venu pourrait débuter. A cet instant, alors qu'ils s'enfonçaient dans l'épaisse densité forestière, Alexander fut interpellé par Dagfinn, qui n'était autre que le responsable scientifique de l'opération.
Dagfinn | Tout est-il bien en ordre Alexander ?
Alexander | Ne vous inquiétez pas Dagfinn, je me suis occupé de tout et nous ne devrions pas rencontrer de difficultés au cours de notre périple dans la jungle.
Dagfinn | Je l'espère, vous savez à quel point le ministère compte sur cette mission pour voir la science progresser. J'imagine que vous avez déjà été briefé quant aux enjeux de cette expédition, dit-il non sans veiller à ce que des oreilles indiscrètes ne traînent pas autour d'eux
Alexander | Je suis tout à fait conscient des ambitions du ministère comme vous le dites si bien. C'est justement pour cette raison que j'ai pris les devants en m'assurant que les gorilles makengais qui nous accompagnent ne soient pas trop envahissants si je puis le formuler ainsi.
Au son de sa voix, on sentait bien qu'Alexander n'avait pas une sympathie particulière pour leur escorte. Si on s'en était tenu à son avis, il n'y aurait eu aucun Makengais avec eux pour ce voyage à travers les forêts d'Etabeni. Mais lorsqu'il avait cherché à dissuader le ministère de l'instruction et de la recherche d'accepter cette proposition, il lui avait été répondu que cela n'était pas négociable et que cela avait été vu « en haut lieu ». Néanmoins, l'ambassadeur du Jernland n'en avait pas pour autant oublié de tenter d'expliquer au gouvernement makengais l'inutilité de la présence de militaires locaux, mobilisés un peu pour rien. En vain. Quoi qu'en disait la hiérarchie du chef d'expédition, l'escorte était plus subie par les Jernlanders qu'elle n'était bienvenue.
Dagfinn | Vous savez Alexander, je ne suis peut-être pas aussi aguerri que vous dans les choses de l'armée, mais il y a bien un chose pour laquelle je pense être moins ignorant que vous.
Alexander | Ah bon ? Je suis très curieux que vous m'éclairiez de vos lumières professeur. A quoi faites-vous donc allusion ? répondit-il, faussement naïf.
Dagfinn | Voyez-vous, je ne pense pas un instant que ce groupe de soldats qui nous accompagnent soit le moins du monde intéressé par notre sécurité. Pour eux nous ne sommes qu'un petit groupe de blancs venus des confins de la Dytolie pour les besoin de la science. Ils se fichent éperdument que nous allions bien ou mal, que nous soyons en danger ou pas. En vérité, je les soupçonne bien davantage d'être là pour nous surveiller et s'assurer que nous ne dépasserons pas le cadre des autorisations que nous avons reçues de leur ministère.
Alexander | Détrompez-vous professeur, détrompez-vous. Et c'est justement parce que je suis convaincu qu'ils sont véritablement là pour notre sécurité que je leur ai donné un petit quelque chose pour arrondir la fin du mois. Ainsi, je suis sûr qu'ils seront plus scrupuleux dans leur travail de protection. Sachez que le gouvernement makengais se fiche bien que vous preniez une chauve-souris de plus ou de moins que ce qui est autorisé. D'autant plus que si c'était le cas, le temps que l'administration locale s'en aperçoive, nous serions déjà rentrés au pays depuis au moins deux ou trois mois. Non, ce qui les embêterait, c'est de se retrouver avec une dizaine de Jernlanders portés disparus dans la jungle. Imaginez les complications diplomatiques. Ce serait autre chose qu'une bestiole de trop dans notre soute.
Alexander était un ancien des services de renseignement du Jernland. Au cours de sa formation, puis de ses dix ans de service, il avait appris à mentir comme il respirait. Ce n'était donc pas difficile pour lui de convaincre le scientifique de son travestissement de la vérité. Effectivement, ce serait fâcheux pour le Makengo de perdre la trace de l'expédition d'un point de vue diplomatique, mais le gouvernement de Youssouf Botamba avait surtout tout intérêt à rester bien informé de ce que tramait le groupe de chercheurs.
Dagfinn | Si vous le dites Alexander, si vous le dites. mais je resterai sur mes gardes. Je n'ai pas grande confiance en eux de toute façon. Je continue de penser que deux ou trois garde-forêt auraient suffit. Et je pense que vous auriez tout à fait pu utiliser cette enveloppe pour vous assurer que nous serions tranquilles au moment de faire nos prélèvements sur la faunes et la flore locales.
Alexander | Vous vous inquiétez trop. Faites attention où vous mettez les pieds. Cette forêt regorge de surprises, conclut-il d'une voix qui n'invitait pas à poursuivre cette conversation.
Après tout, peut-être Alexander avait-il bien utilisé cette enveloppe au contenu mystérieux pour autre chose que pour s'assurer la protection des militaires qui les accompagnaient.
Posté : mar. juil. 23, 2019 1:25 pm
par Galaad
[justify] Dans la jungle, terrible jungle... (suite)
22 août 2039
[center][img]https://zupimages.net/up/19/30/drud.png[/img]
A la nuit tombée, il est plus fréquent que les animaux sortent de leur cachette[/center]
Voilà exactement une semaine que l'équipe de scientifiques du Jernland parcourait la forêt tropicale à travers le province makengaise d'Entabeni à la recherche de spécimens à capturer pour les rapporter au pays où ils pourraient être étudiés et potentiellement servir à améliorer les capacités nationales de réaction aux épidémies et aux maladies contagieuses. Largement financée par Den Nordisk Kjemisksfabrikk, le géant jernlander de la recherche et de la pharmaceutique, l'expédition se voulait avant tout à but purement scientifique. Néanmoins, au regard de la sensibilité de ces recherches, et de l'instabilité dans le nord du makengo, plusieurs militaires locaux et des gardes du parc naturel d'Entabeni accompagnait la petite dizaine de personnes qui composait la troupe. A sa tête, Alexander était un ancien du sikkerhetsjeneste - il s'agit des services de renseignement du Jernland - qui s'était reconverti dans la protection et la sécurité privée. Cependant, pour beaucoup au sein de l'armée du Jernland, on ne quittait jamais véritablement les services secrets, comme s'il s'agissait d'un lien à vie. Sa présence rassurait ses compatriotes tout autant qu'elle les mettait mal à l'aise. S'ils ignoraient totalement son passé - Alexander s'état contenté d'évoquer son passé militaire et sa reconversion - les autres chercheurs étaient parfois surpris de certaines de ses attitudes, notamment dans ses rapports avec leur escorte makengaise.
Cependant, après presque dix jours ensemble, dont la majorité dans une promiscuité importante, il leur avait bien fallu reconnaître que sa présence s'était révélée plus d'une fois bien utile. Ses compétences acquises dans les forces armées leur avaient ainsi permis de traverser une partie de la jungle sans trop d'encombre, malgré la moiteur et la chaleur environnantes. De même, Alexander avait réussi à facilement identifier un lieu adapté pour installer le campement de l'équipe. Ce dernier se heurtait toutefois aux réticences des scientifiques qui estimaient être trop éloignés de l'habitat naturel des animaux recherchés. En effet, pour pouvoir réaliser leurs prélèvements ainsi que leurs analyses préliminaires, les chercheurs avaient clairement expliqué avoir besoin d'un camp de base d'où pourraient s'organiser le reste des expéditions, notamment celles qui serviraient à capturer quelques singes et chauves-souris. Et pour cela, la nuit s'avérait être nettement plus propice que le jour. D'ailleurs, au cours des quatre jours précédents, les deux zoologistes et spécialistes du monde animal tropical avaient identifié un endroit idéal d'où observer puis capturer les bêtes. Après plusieurs longues minutes de tractations entre Alexander et Dagfinn ce fut finalement ce dernier qui eut gain de cause et obtint de pouvoir se rapprocher davantage, quitte à ce que le lieu du camp de base soit moins bien situé du point de vue d'Alexander.
Si le chef d'équipe avait reçu du Statsråd l'autorité pour conduire la mission, il savait bien qu'au final ce qui importerait ce serait si oui ou non ils étaient parvenus à rapporter des spécimens au pays pour qu'ils y soient étudiés.
A la nuit tombée, l'équipe se remit en activité et s'équipa de plusieurs fusils hypodermiques qui permettraient de tranquilliser les animaux sauvages puis de réaliser les prélèvements sanguins et si besoin de les ramener vers les laboratoires mobiles installés au camp. Dans le ciel, la lune éclairait la jungle, même si sa lumière ne traversait que partiellement l'épaisse forêt tropicale. Les étoiles quant à elles étaient beaucoup plus visibles que dans les grandes villes du pays et du Jernland. Au dessus de la tête des scientifiques un spectacle grandiose s'offrait à eux ; alors qu'au sol, les gardes makengais et Alexander en étaient réduits à des discussions beaucoup plus prosaïques. petit à petit, le ton montait et les esprits s'échauffaient entre les subalternes et le Jernlander. Finalement, lorsque leur chef arriva, Alexander lui rappela l'objectif de cette mission, qui impliquait que les scientifiques puissent justement capturer plusieurs animaux et les rapporter avec eux. Si jusqu'ici l'expédition s'était faite sans difficultés, à présent les locaux semblaient ne plus vouloir se montrer aussi coopératifs. Sans doute avaient ils vu dans l'éloignement et l'isolement au milieu de la forêt tropicale une opportunité d'arrondir leur fin de mois. Amédée, le chef des quelques militaires s'entretint un instant avec Alexander, dans un briton quelque peu approximatif.
Alexander | Dois-je vous rappeler notre accord ? Nous en avons déjà parlé avant de partir et vous m'aviez assuré qu'il n'y aurait pas de souci.
Amédée | Mes hommes veulent toucher leur part du gâteau aussi. vous aviez dit que vous paieriez. Il faut tenir parole présentement.
Alexander | Je vous ai déjà grassement payé Amédée. A vous à présent de remplir votre part du marché plutôt. Je m'en voudrai de devoir annoncer à mon gouvernement que nous n'avons pas pu réaliser la mission parce que quelques bidasses ont posé des problèmes. Un te incident risquerait de compromettre les relations entre nos deux pays dans les années à venir. Vous ne voudriez pas en être tenu pour responsable par votre président Amédée ?
Amédée | Vous n'êtes pas honnête Alexander. Cela pourrait vous conduire à vous perdre dans cette jungle. Et qui sait sur quel genre de braconniers vous risqueriez de tomber ?
Alexander | Une telle mésaventure vous serait encore plus dommageable que si nous rentrions bredouilles au Jernland. Imaginez la crise diplomatique. Je vous ai payé. Libre à vous de vouloir garder l'intégralité de l'enveloppe pour vous. Mais débrouillez-vous pour que vos soldats fassent leur travail et escortent nos scientifiques.
Pendant plus de cinq minutes les deux hommes échangèrent divers menaces voilées, avant que finalement le chef militaire makengais ordonne à ses hommes d'accompagner les chercheurs dans leur sortie nocturne. Celle-ci fut loin d'être aussi infructueuse qu'on ne pouvait initialement l'imaginer. Après plus de trois heures à travers les alentours, ils revinrent avec plusieurs singes verts, un grand primate et plusieurs chauves-souris. Si cela pouvait paraître beaucoup, après les premières prises de sang, il fallut presque tous les relâcher. A l'exception de deux ou trois dont les chercheurs estimèrent qu'ils correspondaient aux critères fixés. Ils furent dès lors isolés et placés dans des cages spécialement prévues à cet effet, après que des prélèvements sanguins complémentaires eurent été réalisés. Alexander en informa immédiatement sa hiérarchie ainsi que le centre opérationnel de Hammer qui suivait cette expédition au titre de ses recherches scientifiques. On lui annonça que trois hélicoptères seraient prochainement dépêchés à destination de Tsawo avant qu'ils ne rejoignent le point d'extraction convenu dans la mission. Deux d'entre eux permettraient de ramener l'équipe vers l'aérodrome local d'où un avion militaire les embarquerait vers le Jernland, tandis que le troisième hélicoptère embarquerait les militaires makengais vers une base convenue avec le gouvernement du président Botamba.
Posté : jeu. août 01, 2019 7:24 am
par Galaad
[justify] Dans la jungle, terrible jungle... (suite)
30 août 2039
[center][img]https://zupimages.net/up/19/31/ayqb.jpg[/img]
L'hôpital au Makengo était très loin d'être une priorité comme il pouvait l'être ailleurs[/center]
Après trois jours, Alexander eut enfin un retour de sa hiérarchie concernant leur exfiltration de la jungle makengaise. Cela faisait à présent presque deux semaines que la petite équipe de scientifiques jernlanders inspectait la forêt tropicale à la recherche de spécimens de singes et de chauve-souris à capturer pour les besoins de la science et des études du laboratoire Hammer et des autres principaux centres de travail sur les maladies infectieuses et tropicales. Si l'expédition avait débuté dans la province d'Entabeni, au pied du Massif du Tanaiko, à cette heure, toute la troupe s'était déplacée vers l'est et se trouvait dorénavant dans la province d'Ungwu, presque à équidistance entre Ike et Ofel, parmi les deux seules villes de cette région reculée de la République démocratique du Makengo. Grâce à ses instruments et ses appareils de géolocalisation satellitaires, le responsable de l'équipe avait pu se situer avec précision au milieu de nulle part. Dans l'ensemble toute l'opération était un succès. En effet, avec plusieurs singes capturés ainsi qu'une petite dizaine de chauve-souris, force était de reconnaître que le voyage était une réussite. Pourtant, après une quinzaine de jours dans la jungle algarbaise, Alexander commençait à se montrer inquiet. Si Amédée, le chef des soldats qui les accompagnaient pour assurer leur protection avait fini par cesser de l'importuner avec des sujets d'ordre organisationnel - il faut reconnaître que le plus souvent c'était là l'occasion pour lui de tenter de soutirer encore un peu plus d'argent et de backchich aux hommes blancs - à présent c'était plutôt l'état de santé de Mikkel qui le tracassait.
Mikkel était le plus âgé des hommes de l'expédition. Du haut de ses cinquante-cinq ans, il faisait figure de véritable ancien dans une équipe dont l'âge des autres membres ne dépassait pas les quarante ans. C'est un choix qui avait été fait par les organisateurs que de privilégier des individus dans leur jeune âge pour qu'ils soient moins éprouvés par la rudesse de l'environnement tropical, les chocs thermiques et les autres maladies qui pouvaient se transmettre par piqûre de moustique ou autre... Pourtant, dans le cas de Mikkel, il n'y avait pas eu d'autre choix que de le retenir lui pour cette aventure, compte-tenu de l'absence des autres principaux zoologistes de renom, essentiellement retenus sur d'autres missions. de plus, il comptait parmi les plus éminent spécialistes de son domaine de compétence au Jernland. Se priver de son expertise aurait été particulièrement dommageable à cette aventure. C'est d'ailleurs avec entrain qu'il avait accepté en mai de participer lorsqu'il avait été approché par le ministère de l'instruction et de la recherche pour faire partie de l'équipe.
Depuis la veille maintenant, Mikkel semblait cependant affligé et se plaignait de vertiges, raideurs et douleurs de la nuque, ainsi que de maux de tête. Et ses yeux commençaient également à être plus sensibles à la lumière parfois aveuglante du soleil de l'Algarbe. Soucieux de son état de santé, Alexander en avait immédiatement alerté le centre opérationnel de suivi de la mission au Jernland qui avait annoncé que cela bouleverserait l'ordre de mission transmis aux hélicoptères qui arriveraient en début d'après midi pour les évacuer comme prévu. Maintenant, un hélicoptère s'occuperait de transporter les militaires makengais comme convenu, un autre véhiculerait Mikkel et Alexander jusqu'à l'hôpital de Kabangu - la seule grande ville avec un système hospitalier ressemblant un minimum à cela - tandis que le dernier prendrait la direction de Luanda où ils attendraient à proximité de l'aéroport avant de rentrer à Røros.
Si des discussions étaient bien à l'oeuvre entre les autorités diplomatiques jernlanders et makengaises pour l'obtention de l'autorisation d'ouverture d'un hôpital jernlander au Makengo afin d'y offrir les soins aux diasporas étrangères installées sur place, Alexander fut frappé par la vétusté des installations médicales de Kabangu. Plusieurs dizaines de patients attendaient le passage des rares médecins travaillant dans l'hôpital dans une sorte de grand hall où s'alignaient les lits comme sorti d'une autre époque. Si le système de soins n'était pas optimal au pays malgré les importants investissements de modernisation, ici, il semblait complètement hors d'âge et totalement inadapté à une médecine du XXIème siècle. Les infirmières faisaient tant bien que mal leur travail et tentait d'alléger les souffrances des malades, mais dépassées par le nombre et sans véritables instruments et médicaments, leur rôle était le plus souvent réduit à apporter du réconfort et des linges propres aux patients pour leur éponger le front à cause de l'intense moiteur et chaleur. Hommes blancs au milieu des locaux, Alexander et Mikkel retenaient évidemment l'attention et nombreux étaient ceux à les dévisager. Petit à petit, l'ancien du Sikkerhetsjeneste commençait à se dire que finalement ils auraient peut-être du prendre l'avion et faire soigner Mikkel à Røros.
Après une vingtaine de minutes, un homme en blouse blanche, les cheveux déjà légèrement grisonnants - cela se démarquait davantage encore sur sa peau noire - passa devant les deux Jernlanders sans véritablement s'arrêter. Ne souhaitant pas s'attarder plus que nécessaire, Alexander le suivit et l'interpella, lui demandant d'examiner Mikkel pour leur permettre de repartir rapidement. Dans le brouhaha environnant, il eut du mal à se faire comprendre. Le médecin lui expliqua qu'il avait encore plusieurs dizaines d'autres patients à voir avant lui, et que peut-être il passerait demain, ou après-demain pour étudier le cas du Jernlander ; c'était évidemment totalement exclu de rester encore trois jours dans cet endroit, retardant d'autant le retour au pays. Les cinq minutes de négociation n'y changèrent rien, bien au contraire, le docteur commençait même à montrer des signes d'agacement et d'énervement. Alexander en profita alors pour faire ce qui semblait être un sport national au Makengo : sortir quelques billets et rappeler au médecin que s'il revoyait l'ordre d'examen des patients, les deux blancs sauraient se montrer reconnaissants.
Après dix minutes de discussion et d'examen, il conclut à une fièvre due à une piqûre d'insectes vraisemblablement. Ou une intoxication alimentaire. Bref, rien de bien précis. Cependant, le médecin, suspect, refusa tout contact physique avec les étrangers. Alexander et Mikkel purent toutefois quand même repartir avec quelques antidouleurs et rares médicaments, évidemment chèrement acquis. Pourtant, la santé de Mikkel ne semblait pas s'améliorer et l'infection ne marquait pas de reflux. Face à la dégradation de la situation, Alexander prit la décision de faire affréter un deuxième avion, d'une compagnie locale privée pour les ramener au Jernland, tandis que le reste de l'équipe serait rapatriée comme prévue par l'appareil de l'armée du Jernland qui stationnait à Luanda. le vol ne fut qu'une longue succession de vomissements, et complaintes douloureuses, avant que la somnolence ne fasse dormir le malade. Conscient du risque qui pesait dorénavant, Alexander prévint par la radio de l'avion sa hiérarchie, juste après avoir isolé Mikkel à l'arrière de l'appareil, interdisant aux pilotes et à l'hôtesse privés de quitter le cockpit.
A l'atterrissage, une équipe sanitaire en combinaison prit immédiatement en charge l'ensemble des occupants de l'avion, les plaçant en quarantaine et interdisant tout contact avec eux. Les membres d'équipage furent également pris en charge tandis que Alexander et Mikkel furent séparés et chacun placés dans une chambre isolée en attendant davantage d'information et les résultats sérologiques.
Posté : lun. sept. 02, 2019 2:56 pm
par Galaad
[justify] Au commencement de l'obscurité
05 janvier 2040
[url=https://simpolitique.net/viewtopic.php?p=353713#p353713]Prologue[/url] | [url=https://simpolitique.net/viewtopic.php?p=353889#p353889]Suite 1[/url] | [url=https://simpolitique.net/viewtopic.php?p=354083#p354083]Suite 2[/url] | [url=https://simpolitique.net/viewtopic.php?p=354601#p354601]Suite 3[/url]
[center][img]https://zupimages.net/up/19/36/9bwy.jpg[/img]
Quelque part à proximité d'une gare ferroviaire au Jernland[/center]
Voilà bientôt six mois que l'expédition de scientifiques et chercheurs, accompagné, ou plutôt escorté par Alexander, était revenue du Makengo, avec dans ses bagages plusieurs spécimens de singes verts, chauves souris et autres petits rongeurs prélevés dans la forêt primaire algarbienne. Voilà aussi bientôt six mois que Mikkel était mort des suites de sa fièvre infectieuse contractée pendant l'expédition. Après un délai raisonnable en quarantaine , l'ensemble des participants avaient finalement pu recouvrer leur liberté de mouvement et leur petite vie tranquille d'avant. A part Alexander cependant, aucun ne s'était véritablement remis de ses trop fortes émotions au cours du périples makengais. Ce dernier, passé par les services actions du Sikkerhetsjeneste avait pendant toute la durée de son service vu bien d'autres choses encore qui avaient fini par le rendre insensible à la mort et à la souffrance ou à la douleur d'autrui. Du haut de ses quarante ans, il était devenu une véritable machine, enfouissant au plus profond de lui-même tout sentiment ou toute émotion humaine. En réalité, c'est justement cette armure qui lui permettait de continuer à exécuter des ordres qui parfois lui paraissaient absurde, voire contraire au bon sens. Mais après tout, il n'était pas payé pour réfléchir et surement ceux qui lui donnaient ses instructions avaient-ils une vision plus globale - d'ensemble diraient certains, si tant est que la structure de commandement jernlander le permette en deçà des plus hautes instances hiérarchiques - de la situation.
A cette heure, Alexander devait être l'un des derniers à n'être pas encore endormi alors que la nuit était déjà tombée depuis plusieurs heures. Dans son automobile foncée, il attendait, tout feu éteint, au coin de la rue menant à un complexe gouvernemental, où seuls les militaires dans leur guérite contribuaient à l'animation, et de la rue conduisant à la gare ferroviaire. La lumière jaunâtre des réverbères luisait étrangement, tandis qu'un fin manteau brumeux s'abattait petit à petit sur la ville à mesure que le mercure continuait de chuter. Il affichait déjà des températures inférieures à -10 degrés. Ce froid commençait d'ailleurs à pénétrer la voiture, alors qu'Alexander attendait moteur également éteint, pour n'attirer l'attention de personne. Se frottant énergiquement les mains, il ne dut plus attendre fort longtemps avant que ce qu'il attendait ne survint. Ou plutôt que celui qu'il attendait n'apparaisse. Se garant derrière lui, un homme sortit de sa voiture, s'approcha d'un pas assuré du côté passager et monta. A peine le claquement de la portière avait-il retentit qu'Alexander le salua.
Alexander | Bonsoir Torger.
Torger | Bonsoir Alexander. J'espère que vous n'avez pas eu à attendre trop longtemps par ce froid. La nuit n'arrange guère les choses, et ce brouillard qui commence à tomber à présent. c'est à vous glacer le sang d'un homme en quelques heures à peine.
Alexander | Tout l'hiver sera froid si l'on en croit les prévisions. Excusez-moi d'avance pour l'air frigorifique de ma voiture mais j'ai préféré ne pas allumer le contact pour préserver la discrétion de notre rencontre. D'autant plus que nous aurions pu attirer les regards de nos camarades de la Militærpoliti qui garde le complexe militaire spécial de Fosnavågøy. En disant cela il fit un signe en direction de la guérite au bout de l'allée.
Torger | Vous avez bien fait Alexander. J'ai appris récemment que vous aviez perdu l'un des gars de l'expédition. Un certain Mikkel je crois.
Alexander | Tout à fait.
Torger | Le Sikkerhestjeneste est allé faire un tour chez lui après son décès. J'imagine que vous vous doutez ce qui l'a emporté. Je vous ai apporté une copie du rapport du médecin légiste de l'armée. Il tendit un pochette cartonnée à Alexander qui l'ouvrit, prit quelques instants pour feuilleter les lignes du compte-rendu et qui la referma ensuite.
Alexander | Une vraie saloperie ce truc là. Pas beau à voir - dit-il en référence aux photographies jointes au dossier - déjà qu'il avait une tête de déterré quand il était sain... Bien utilisé ces genre de souches peut avoir un effet dévastateur.
Torger | Vous ne pensez pas si bien dire. C'est d'ailleurs justement pour cela que le laboratoire à proximité a été construit. Il dispose de toutes les installations nécessaires pour travailler sur les souches en toute sécurité. Nos récents progrès en matière de séquençage ADN devraient d'ailleurs nettement aider à mieux comprendre le fonctionnement de ces virus pour éventuellement proposer des traitements et soins adaptés pour les populations civiles du Jernland. Les projets en matière de génie génétique ne feront pas de mal non plus. Par ailleurs, le Sikkerhetsjeneste craint en effet une recrudescence des risques d'attaques terroristes ou d'un Etat à l'aide d'armes biologiques.
Alors qu'il lui disait cela, il lui tendit une nouvelle pochette, fermée par un lacet et sur laquelle était écrit en lettres rouges capitales SECRET DEFENSE. Plusieurs feuillets étaient assemblés, des photos ainsi que des fiches sur différentes personnalités jernlanders et étrangères.
Torger | Prenez connaissance de tout cela et on en reparle dans quelques jours Alexander.
Alexander | Heureusement que j'ai quitté le Sikkerhestjeneste parce qu'on dirait à s'y méprendre que vous me refilez une mission officielle... Dit-il avec une pointe de sarcasme.
Torger | C'est justement parce que vous n'en êtes officiellement plus Alexander que le Sikkerhetsjeneste a pensé à vous. Et puis, vous savez ce qu'on dit à propos du seul moyen de quitter véritablement ses services.
Alexander | Les pieds devant... Oui j'ai entendu parler de cette théorie.
Posté : jeu. sept. 19, 2019 3:49 pm
par Galaad
[justify][center]ECONOMIE
Données budgétaires
[url=https://zupimages.net/up/19/38/s7hs.png][img]https://zupimages.net/up/19/38/sefi.png[/img][/url]
[url=https://zupimages.net/up/19/38/dboe.png][img]https://zupimages.net/up/19/38/hdh1.png[/img][/url][/center]
Le vote du budget en décembre 2039 a permis de renforcer considérablement les dépenses sociales (éducation, santé, couverture sociale, et retraites) en faisant reculer le poids en valeur de la défense dans le produit intérieur brut, avec à terme, l'objectif de réduire sa part dans le PIB à 5,5% d'ici 2044, soit une baisse d'un point tous les ans en moyenne.
Si le déficit dépasse les 1% pour porter la dette à plus de trente-six milliards de dalers, soit un total supérieur à vingt-quatre milliards de dolars, sa valeur relative en poids dans le produit intérieur brut décroit en passant de 33,95% en 2039 à 23,56% en 2040. L'effort de désendettement devrait reprendre dès 2041, avec un excédent budgétaire prévu, au regard de la trajectoire budgétaire actuelle. Si théoriquement les prévisions budgétaires prévoyaient des dépenses publiques représentant 53% du produit intérieur brut, elles atteignent en réalité davantage les 54%, en raison du déficit.
Posté : jeu. sept. 26, 2019 1:12 pm
par Galaad
[justify] Au commencement de l'obscurité
17 mars 2040
[center][img]https://zupimages.net/up/19/39/5zf6.jpg[/img][/center]
Alexander continuait de recevoir des instructions de la part de son référent du Sikkerhetsjeneste. Les deux hommes se connaissaient déjà du temps du service actif d'Alexander, mais s'étaient quelque peu perdu de vue suite à la réorientation professionnelle d'Alexander. Finalement, la mission qu'il conduisaient à présent ensemble leur permettait de retisser des liens d'amitié presque fraternelle. Il faut bien admettre qu'ils avaient traversé ensemble pas mal d'épreuves et notamment ils avaient été ensemble au devant du feu ennemi en conduisant des opérations parfois périlleuses pour assurer la sécurité du Jernland. A présent, il leur fallait anticiper une menace encore plus grande, alors que le pays renforçait chaque semaines davantage sa stature de puissance régionale. A terme, l'affirmation d'un Jernland très fort en Dytolie ne pourrait aller sans heurts et affrontements avec les Etats les plus réticents à l'idée de voir un contre-pouvoir à leur influence émerger.
Pour l'heure, c'est en interne que le Sikkerhetsjeneste s'activait pour éliminer les dernières velléités de résistance que pouvaient rencontrer les instigateurs et principaux acteurs du projet Apophis. Pour cela, les services de renseignement n'avaient d'ailleurs pas prévu de lésiner sur les méthodes et les moyens. Apophis représentait un important potentiel d'avenir aux yeux du sommet de l'Etat et il convenait de le conduire à son terme, coûte que coûte. Mais plus que maîtriser les souches de fièvres hémorragiques rapportées du Makengo, l'objectif prioritaire de la sécurité intérieure était surtout d'en proposer dans un premier temps des souches atténuées qui pourraient potentiellement servir de vaccins ou de traitements, et dans un second temps de les modifier grâce au génie génétique, spécialité en pleine expansion au Jernland, pour s'en servir éventuellement comme arme à terme. L'Institut Hammer s'impliquait particulièrement sur ces questions et avait accrédité une petite équipe de plusieurs scientifiques pour tenter de percer le mystère du génome qui rendrait peut-être un jour possible de le modifier pour immuniser certains individus face aux risques biologiques.
Et c'est justement parce que le Sikkerhetsjeneste suivait la piste de tous les scientifiques qui pourraient intervenir sur Apophis, mais également potentiellement éliminer ceux qui représenteraient une menace sur la confidentialité du projet ou par leur volonté de s'y opposer farouchement. Dans ce contexte, Alexander était installé dans la pénombre d'un salon, alors que seul la lumière du réverbère sur le trottoir illuminait un petit peu l'intérieur. Assis tranquillement, il semblait attendre que quelque chose dérange le silence et interrompe sa réflexion. Ce moment ne tarda d'ailleurs pas à arriver, puisque quelqu'un était en train d'ouvrir la porte d'entrée de l'appartement, tandis qu'Alexander se redressait dans le fauteuil quasiment aussitôt. Un homme d'une quarantaine d'année pénétra dans l'habitation, un bras encombré d'un sac de courses, l'autre refermant derrière lui la porte. Il alluma la lumière mais ne remarqua pas immédiatement que quelqu'un était installé dans ce qui semblait être son logement et alla déposer ses victuailles directement sur le bar de sa cuisine. Avec lui, le journal du soir sur lequel figurait une manchette relatant la mort d'un éminent biologiste des suites d'un grave accident de voiture. Kjell ne put s'empêcher de se dire que cet incident ne pouvait pas être anodin, seulement quelques mois après son retour de la forêt makengaise et le décès de Mikkel. C'était déjà le deuxième chercheurs ayant participé à l'expédition qui mourrait subitement. Ce n'est donc que quelques secondes après qu'il vit Alexander.
Kjell | Mais qu'est ce que vous foutez ici Alexander ? s'écria-t-il presque.
Alexander | Bonsoir professeur. Se contenta de répondre Alexander.
Kjell | Comment êtes-vous entré chez moi malgré l'alarme ? Je vous ai déjà dit que je ne souhaite plus être mêlé à vos histoires et vos manigances. J'ai rempli ma part du contrat alors fichez moi la paix à présent !
Kjell ne parvenait pas à masquer sa peur et décidé de se maintenir à bonne distance de son visiteur du soir.
Alexander | Vous savez que votre aide nous sera précieuse professeur. Le projet pourrait déboucher beaucoup plus rapidement grâce à votre contribution et des découvertes majeures en matière de modification génétique pourraient même améliorer grandement le sort de l'humanité.
Kjell | J'en ai déjà parlé avec vos chefs lors de notre retour du Makengo. Il en est hors de question Alexander. Nous ne sommes pas Dieu et il ne nous appartient pas de jouer aux apprentis sorciers. La situation pourrait nous échapper totalement et des gens moins bien intentionnés se servir de nos travaux pour des causes bien moins nobles que la médecine et la science.
Alexander | Vous invoquez Dieu, mais personne n'a parlé de le remplacer. De toute façon de moins en moins de Jernlanders partagent votre foi professeur, répondit-il avec son habituelle voix froide. N'y a-t-il aucun moyen pour moi de vous persuader de vous joindre à nous ?
Kjell | Je vous demande de quitter mon domicile à présent Alexander. Nous n'avons plus rien à nous dire. Vous pouvez transmettre cela à vos supérieurs.
Alexander | Je le regrette professeur ; je vous appréciais et vous estimais beaucoup, et tout en disant cela, il releva son bras et appuya sur la gâchette.
Le coup de feu partit presque aussitôt, ne laissant à Kjell pas même une seconde pour prendre conscience de la situation avant que la mort ne le frappe subitement, sous la forme d'une balle de 9mm brûlante qui vint lui heurter la tête. Le seul bruit qu'on entendit fut celui, lourd mais absorbé par la moquette, d'un corps sans vie s'effondrant instantanément sur le sol. Voilà que c'en était terminé du biologiste, qui rejoignait dans la mort ses deux compagnons d'expédition. Heureusement pour le projet, tous les scientifiques qui avaient participé au voyage au Makengo n'avaient pas refusé, et il ne faudrait pas tous les éliminer. Cela eut été fâcheux pour la poursuite des travaux que de devoir reconstituer une équipe dans son intégralité...
Alexander rangea son arme, sortit un téléphone et envoya un seul mot par texto, avant qu'au bas de l'immeuble, quatre hommes ne sortent d'une camionnette visiblement d'une entreprise de nettoyage. Ils engouffrèrent dans le hall et rejoignirent Alexander dans l'appartement, avant que ce dernier ne tarde pas à les quitter, les laissant à leur besogne.
Posté : mar. oct. 01, 2019 11:50 am
par Galaad
[justify] Périple nordique (suite)
02 avril 2038
[center][img]https://zupimages.net/up/19/40/bonu.jpg[/img][/center]
Le [url=https://www.simpolitique.net/viewtopic.php?p=356750#p356750]coup de filet de la Militærpoliti[/url] (ndlr. police militaire) avait été particulièrement utile. Alors que les travaux de l'Energikommisjonær (ndlr. Commissariat à l'énergie) autour du nucléaire civil et des énergies décarbonées font l'objet de renforcements toujours plus importants de la sécurité des sites et des personnels, deux arrestations, basées sur des échanges électroniques entre deux individus associés indirectement aux travaux sur les carburants pour centrale nucléaire, avaient permis de mettre à jour plusieurs informations majeures. Les deux scientifiques, guère habitués aux méthodes d'interrogatoire du Sikkerhetsjeneste, n'avaient d'ailleurs pas tardé à livrer l'ensemble de ce qu'il savaient et de leurs différents contacts. L'essentiel des destinataires et le contenu des travaux ne pouvaient d'ailleurs pas servir à grand chose dans le cadre de tentative d'identification d'un réseau plus vaste d'informateurs. En revanche, deux pistes retinrent fortement l'intérêt des hommes des services de renseignement qui y virent potentiellement une menace pour la sécurité nationale. Une fois que les éléments eurent été analysés, commentés et transmis à la hiérarchie, elles finirent par arriver sur le bureau du Generalløytnant Marius Lunde, le directeur du Sikkerhetsjeneste. Ce dernier, en fin renard de l'espionnage, et paranoïaque notoire ne laissant jamais rien au hasard, quitte à faire de l'excès de zèle, en avisa directement le chef de l'Etat. Le General Magnuss Løvenskiold, président du Rådet for statens sikkerhet (ndlr. conseil pour la sûreté de l'Etat), prit la décision d'exploiter cette opportunité à l'avantage du Jernland dans sa course vers le statut de puissance régionale.
Magnuss Løvenskiold | Est ce que vos informations sont fiables général ?
Marius Lunde | A ce niveau mon général, on ne peut plus parler seulement d'hypothèse, mais clairement de certitudes. Je garantis une fiabilité équivalente à 100%. Mes hommes ont fait le nécessaire pour s'assurer que l'individu est bien compromis. Nous avons mis à jour une partie de son manège.
Magnuss Løvenskiold | Alors vous avez mon accord pour tirer avantage de cette chance qui nous est offerte. S'il devait refuser de coopérer, faites le disparaître. Mais maintenez le vivant. Il pourra nous servir encore.
Quelques jours plus tard, alors que le soleil s'était déjà dissipé et que la nuit gagnaient les rues du Nordland, celui que le Sikkerhestejeneste désignait avec le qualificatif « Boka » - il s'agit de la traduction en jernmål de « Livre » - rentrait paisiblement d'une conférence qu'il venait de donner à la faculté de l'Université de Tønsberg, dans le comté d'Opplande. Tandis qu'il s'engouffrait dans la ruelle conduisant à l'appartement qu'il avait pris soin de louer directement auprès d'un particulier local, un monospace blanc s'approcha à son niveau et se gara de l'autre côté du trottoir. Deux hommes en descendirent et se dirigèrent vers le numéro 15 de la rue, avant d'arriver devant la porte d'entrée en même temps que « Boka » y parvienne lui-même.
Inconnu 1 | Je vous en prie Monsieur, après vous, le temps de terminer ma cigarette.
Boka | Je vous remercie, dit-il tout en ouvrant la porte de l'immeuble.
A peine avait il pénétré le hall d'entrée, que les deux inconnus s'engagèrent après lui et se ruèrent sur ce dernier, ne lui laissant que le temps de laisser échapper un son de sa bouche. Subitement il se retrouvait bâillonné, les mains entravées dans le dos et un sac noir opaque sur la tête qui l'empêchait de voir autour de lui. Les deux hommes se dépêchèrent de le relever pour le diriger vers le monoplace blanc aux vitres teintées. Sans même que personne n'ait rien pu voir de ce qui venait d'arriver, « Boka » avait été arrêté par le Sikkerhetsjeneste, tandis que d'autres agents en profitaient pour rapidement « nettoyer » sa vie et son quotidien, le faisant presque littéralement disparaître de la surface de la planète.
Posté : mar. oct. 01, 2019 4:02 pm
par Galaad
[justify][center]ECONOMIE
Catégories de revenus
[img]https://zupimages.net/up/19/40/qpc3.png[/img][/center]
Plusieurs éléments peuvent faire l'objet d'une explication ainsi que d'une analyse. Tout d'abord, le ratio entre le produit intérieur brut et la richesse nationale brute est équivalent à 1, dénotant une politique fiscale mesurée. Il ne traduit cependant pas la volonté politique annoncée par le gouvernement de réduire la fiscalité pesant sur les entreprises dans les années à venir. Il y a fort à parier qu'au cours des décennies à venir, ce dernier baisse légèrement, pour atteindre potentiellement à terme un ratio de 0,985, voire 0,99. En propos liminaire, il convient également de noter que par "population en âge de travailler", cette étude englobe l'ensemble des personnes ayant atteint l'âge adulte (ndlr. il n'existe en effet pas d'âge obligatoire de départ à la retraite et toute personne majeure est considérée comme potentiellement employable).
De plus, si le Statistisk sentralbyrå (ndlr. Bureau central des statistiques) réalise généralement des études sur trois catégories de la populations, à savoir les "catégories populaires, moyennes et aisées", depuis 2040, il a choisi d'affiner ses outils d'analyse pour mieux saisir les différences qui peuvent exister au sein même de ces grands ensemble. Ainsi, il apparaît qu'au sein même des classes moyennes, le revenu annuel varie assez conséquemment entre les "classes moyennes inférieures" et "supérieures", puisque les deuxièmes ont un revenu annuel supérieur de 5% à la moyenne annuelle nationale. Les "classes moyennes intermédiaires" se retrouvent ainsi avec un revenu annuel proche de la moyenne annuelle pour l'ensemble de la population, et supérieur à la moyenne de l'ensemble des "catégories moyennes". Les catégories aisées quant à elles bénéficient d'un niveau de vie particulièrement au dessus de la moyenne, puisque les 1% les plus aisés, c'est-à-dire les "classes très favorisées", dispose de 4,98% du revenu national brut, pour une moyenne annuelle de presque 23 000 dollars. Ces grands écarts de revenus s'expliquent avant tout par un système de sécurité sociale encore balbutiant, puisque ne datant que de 2039 et ne pouvant pas encore véritablement faire office de redistributeur de la richesse nationale. A ce stade, ce sont essentiellement les "classes défavorisées et populaires inférieures" qui profitent de la redistribution, avec une extension à l'ensemble de la catégorie et des "classes moyennes inférieures" à l'horizon 2042; Le ministère de la santé s'attend ainsi à ce que les années à venir soient l'occasion d'une meilleure répartition du revenu national brut, de sorte de réduire le ratio entre le premier et le dernier décile.
Enfin, avec des "classes moyenne intermédiaires et supérieures" représentant plus du tiers de la population (ndlr. sans les "classes moyennes inférieures" donc) de la population, le Jernland dispose d'un vivier de ménages moyens très important, qui pourront demain fortement stimuler la consommation intérieure, avec justement des revenus corrects au regard de la moyenne nationale. Pour doper leur pouvoir d'achat, le ministère de l'économie et des finances entend dans les prochaines années, voire l'ensemble de la décennie à venir, réduire la pression fiscale pesant sur eux, au travers de la TVA et de l'imposition sur les revenus du travail.