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Posté : jeu. août 29, 2019 10:30 pm
par Vladimir Ivanov
27 décembre 2038
Estuary Times
[center]L'HOMME DE L’ANNÉE 2039
[img]https://i.imgur.com/Dixbxqi.jpg[/img]
Amiral Lúi Ó Móráin, président de la République Fédérale d'Ennis[/center]
4 juin : la date noire, charnière, de l'Histoire contemporaine de l'Ennis, où des terroristes communistes de l'Armée Gaélique Révolutionnaire ont décapité presque tout la classe dirigeante de l'île-nation, tuant du même coup aussi bien le président fédéral, Micheál Ó Nialláin que le chancelier Flannán Mac Síthig, et bien d'autres hauts-responsables fédéraux.
Temps exceptionnel, mesure exceptionnelle : l'armée intervient et impose au pays la loi martiale. Est alors institué un "Gouvernement militaire provisoire". A sa tête : le ministre de la défense, un certain Lúi Ó Móráin. Issu d'une famille de hauts gradés militaires, cet homme à l'impeccable parcours est choisi tant pour ses origines que pour ses compétences, à commencer par sa franchise, son énergie et son méthodisme. Ainsi s'ouvre une ère nouvelle pour le pays : stabilisant la situation intérieure grâce à une politique de répression anti-terroriste efficace, le retour à l'ordre, gage de paix et de prospérité, est grandement apprécié par la population. Celle-ci approuve la nouvelle constitution avec une large majorité, avant de l'élire président.
A la tête de la deuxième puissance économique mondiale (l'Ennis s'apprête tout juste à dépasser le Commonwealth), il règne (en binôme avec la Valdaquie) sur la gigantesque CND, quasiment représentative de l'ensemble du continent dytolien. Avec le récent déclin caskar, et s'il on tient compte des supplétifs esturans, l'Ennis détient également la plus puissante force de frappe aéronavale du Monde.
Sa désignation comme "homme de l'année" fait d'ailleurs [url=https://simpolitique.net/viewtopic.php?p=355949#p355949]écho à la publication récente de nos collègues gandhariens du journal libéral "Svantatra"[/url].
Mais ces formalités sont insuffisantes pour expliquer une telle renommée : sa personne fait désormais l'objet d'une vénération politique des plus spontanées (à distinguer d'un culte de la personnalité, foncièrement étatique, péjoratif et propre aux dictatures), manifestation de soutien donnant lieu à une véritable doctrine : le móráinisme, ou "Unionisme Républicain". Prenant racine dans la culture républicaine gaélique du début du XXème siècle, elle se fonde sur la nécessité d'une défense musclée de la démocratie et des acquis en terme de liberté individuelle, au moyen d'une unité sacrée de tous les courants politiques favorables à la démocratie contre le communisme, union menée par les plus réalistes et compétents d'entre-eux, à savoir les conservateurs, à la tête d'un pouvoir exécutif fort, garant de la paix et de la prospérité du peuple.
Surnommé le "gardien du monde libre", l'amiral est très vraisemblablement l'un des hommes qui marquera l'Histoire politique du Monde.
Posté : mer. oct. 30, 2019 6:24 am
par Vladimir Ivanov
28 juin 2040
Estuary Times
[center][img]https://i.imgur.com/l9wm5lI.png[/img]
La "Grande Sauveuse" des mondes orientaux. En désamorçant le risque d'une guerre LIM-OCC, la despote karmale aspire-t-elle avant-tout à redorer l'image de son pays ? à accaparer de la gloire personnelle ? ou bien à éviter une catastrophe dont pourrait tirer profit -selon elle- le Lébira ? Peut-être tout cela à la fois. En revanche, là n'était pas l'objectif principal...
Le double-jeu de Mamta Shakhan[/center]
A "notre" "reine"... accordons lui d'abord un point de mérite : le risque d'un conflit entre le Kars et le Kaiyuan, et par extension entre la LIM et l'OCC était bien réel. Cette idée folle consistant à faire passer en force des tankers à travers le blocus militaire de l'OCC contre le Gandhari a poussé le Kaiyuan à réagir en endommageant un navire karsais. Suscitant la colère de Mahra et la mobilisation immédiate de sa flotte de guerre... qui faisait route vers la formation de l'OCC.
Face à cette escalade des tensions, Mamta Shakhan semble s'être démenée corps-et-âme pour désamorcer la surenchère militaire. Et avec succès, reconnaissons-le.
Sa stratégie ? Une négociation secrète parallèle et indépendante de la conférence de Karagol, consistant à faire appliquer immédiatement le retrait total des troupes gandhariennes du Raja-Tika, cela en échange de la fin du blocus de l'OCC.
Ce fut chose faite quelques heures après : retrait effectif des Gandhariens, tandis que l'OCC mettait fin au blocus et réparait les dégâts causés contre les navires karsais. Une victoire diplomatique incontestable.
Un glorieux succès pour "notre" "reine", qui se présente en "habile médiatrice"... sans doute très fière d'avoir su désamorcer un processus pouvant dégénérer en guerre régionale majeure.
Mais il nous suffit de procéder à analyse plus large de la situation pour comprendre la supercherie. Parce qu'effectivement, malgré quelques authenticités (risque de guerre réel), il est bien question sur nombre d'aspects, d'une vulgaire mise en scène... dont l'objectif consiste à défendre des intérêts géopolitiques précisément définis et au bout du compte, malveillants.
Rappelons quelques faits.
D'abord, ce blocus était légitime : les Gandhariens venaient de semer la mort et la destruction chez leur voisin. Il fallait les en empêcher. Autre chose d'ailleurs, qu'on pourrait -théoriquement, superficiellement- mettre au crédit de Mamta, que d'avoir défendu cette thèse, du moins au début.
Ensuite, transporter du pétrole pour approvisionner un agresseur était en soi un acte hostile, le Kars cherchant au bout du compte à donner les moyens au Gandhari de prolonger sa guerre d'agression. En conséquence, l'OCC ne pouvait réagir autrement : là aussi, il en allait de son plein droit.
Pour dire les choses clairement, c'est le Kars, notre "allié", qui a faillit précipiter la région dans la guerre, l'OCC n'a fait que défendre ses initiatives consistant à paralyser un agresseur sanguinaire.
Mais pour bien cerner et démasquer le double-jeu de Mamta, il faut mettre ses efforts de "paix" en corrélation avec la place du Raja-Tika dans ce rapport de force diplomatique.
Mamta Shakhan, en négociant directement avec l'OCC et le Gandhari, a court-circuité la conférence de Karagol, sans tenir compte de la position du Raja-Tika, ici incontestablement méprisée.
En somme, en trahissant l'esprit de la conférence de paix, c'est le Raja-Tika qu'elle a court-circuité. En réalité, Mamta ne considère pas ce pays comme un interlocuteur crédible. Tandis qu'en renonçant à son blocus contre le Gandhari, l'OCC a cédé aux charmes d'une despote qui cherchait avant-tout à défendre les intérêts du Gandhari. Ce dernier qui est désormais libre d'être ravitaillé à nouveau en pétrole et matériel de guerre, lui accordant plus qu'un sursis pour continuer de semer le trouble et la guerre de la Janubie à la Vasconie en passant par le Caskar...
Cette "paix factuelle séparée" que Mamta a régit entre l'OCC, le Gandhari et la LIM, révèle une forme abjecte de clientélisme au détriment de la victime. Le Raja-Tika, plus que jamais dindon de la farce...
Mamta Shakhan est la grande gagnante d'un jeu géopolitique malsain : se présentant en médiatrice habile, en pourvoyeuse de paix, en sauveuse de la Janubie... là où il n'est question que d'intérêts nationaux et égocentriques. Faire passer le Karmalistan pour un bienfaiteur là où il n'est qu'une bombe à retardement, accaparer du prestige personnel pour dissimuler la tyrannie qu'elle exerce contre notre pays [Dahar], gêner les intérêts du Lébira (du moins ce qu'elle considère comme étant ses intérêts : en réalité il est peu probable que Cartagina ait vraiment l'intention de provoquer une gigantesque guerre qui nuirait inévitablement à son commerce), et enfin, protéger son "ami" belliqueux gandharien, pays aussi rouge qu'elle idéologiquement, observateur à la LIM et allié au pays voyou saogien.
Mamta Shakhan n'est pas la personne qu'elle prétend être ou ce dont elle s'efforce à ressembler. Il s'agit d'une comédienne, assoiffée de pouvoir comme n'importe quel autre despote.
Posté : jeu. nov. 07, 2019 6:29 pm
par Vladimir Ivanov
21 juillet 2040
Estuary Times
[center][img]https://i.imgur.com/8dNrq9I.png[/img]
Raffinerie géante de Bhuj
Inauguration d'une immense raffinerie de pétrole à Daharpur[/center]
La cité de Daharpur, l'un des principaux ports en tonnage de trafic maritime et première voie d'accès commerciale vers le Karmalistan, vient d'accueillir sa première grande raffinerie de pétrole. D'une capacité théorique totale de 680 000 barils par jour, elle comptera parmi les plus grandes au Monde.
Inaugurée ce 20 juillet en présence du Raj lui-même, Sarkar Shivaji, elle est la propriété du groupe de raffinage Jamnag Industries une société privée daharane qui possède déjà la raffinerie de Mirpur, l'ancienne (et désormais deuxième) plus importante du pays. Elle jouxte le principal complexe pétrochimique du Rajanagar, dont l'équivalent nordiste se situe à Khorramshahr.
Cette nécessité de raffinage s'explique notamment par le lieu. Daharpur est située sur le passage stratégique qui sépare le plus grand exportateur mondial (Kars) des respectivement deuxième et troisième plus gros importateurs mondiaux (Kaiyuan et Karmalistan).
[quote]Principaux pays importateurs de pétrole (estimation du nombre de barils pour l'année 2039) :
1_ Lébira (~600 millions)
2_ Kaiyuan (401 millions)
3_ Karmalistan (212 millions)
4_ Caeturia (~200 millions)
5_ Jernland (~170 millions)
6_ Valdaquie (~160 millions)
7_ Eashatri (~150 millions)
8_ Westrait (~150 millions)
(HRP : si possibles erreurs, me contacter sur discord)[/quote]
L'ensemble du site de raffinage comprend une manufacture industrielle pour la fabrication de pièces de rechange, des voix d'accès de transport (routes, voies ferrées et même un petit aérodrome), divers installations connexes et même une petite ville nouvelle pouvant loger 2 000 employés.
Si tous les tuyaux étaient arrachés à la raffinerie et mis bout à bout, ils relieraient le Kars au Sengaï.
Posté : sam. nov. 09, 2019 8:07 pm
par Vladimir Ivanov
27 juillet 2040
Estuary Times
[center][img]https://i.imgur.com/nOCe6Nh.jpg[/img]
Jasbir Kejar, le fondateur du régime des "conseils" au Gandhari, et nouvelle figure de proue du communisme mondial
La paix en Janubie : un énième sursis pour la menace communiste[/center]
On aurait pu s'en réjouir : la paix signée en Janubie, c'est la fin de l'agression militaire gandharienne contre son voisin rajati, et la dissipation de tout risque de guerre régionale OCC-LIM.
Mais c'est également l'octroie d'un sursis, un sursis de trop, à la dictature communiste gandharienne. Celle-ci n'existe que depuis quelques mois (automne 2039), et déjà elle fait parler d'elle presque quotidiennement dans de nombreux pays.
A son compteur : deux tentatives d'invasions successives, celle de la Vasconie puis celle du Raja-Tika, qui se sont soldées par des échecs cuisants, et une tentative d'incursion subversive au Caskar, peu glorieuse elle-aussi, puisque débouchant sur la mort d'Asha Lota, la "Mamta Shakhan version communiste", tout aussi ambitieuse mais nettement plus extrémiste.
Ces échecs en série, sont concrètement restés impunis. Le blocus de l'OCC a été levé au moment même où il commençait à exercer son effet sur l'économie gandharienne. Quant aux réparations de paix ç supporter pour le Gandhari, elles s'étalent sur 30 ans ! Autant dire quelques miettes chaque année, excepté peut-être l'unique milliard de la première année, pour faire bonne figure.
Autrement dit, sans réel retour de bâton, les Gandhariens n'arrêteront probablement pas leur série d'audacieuses et infatigables projections militaro-idéologiques, agressions ouvertes (Vasconie, Raja-Tika) ou par procuration (Plébéiens au Caskar). L'impétuosité du Gandhari ne sera salutaire à son entourage qu'à partir du moment où tombera son régime de "conseils".
Mais cela est peu vraisemblable. La réalité est qu'il tire son énergie du soutien qu'il reçoit de nombreux pays étrangers. Le Bykova d'abord, qui est le grand maître de l'Internationale communiste, véritable armée multinationale chargée de répandre l'idéologie partout dans le Monde. Ensuite le Westrait, gardien de la sainte doctrine et principal influenceur, celui qui détermine la ligne à suivre. L'Ölan enfin, qui vient tout juste de rejoindre le club à l'issue de sa longue guerre civile : quand une dictature ethnique est remplacée par une dictature idéocratique, où 9 partis sur 10 sont marxistes-léninistes.
Autant de régimes qui se revendiquent "démocratiques", avec leurs élections verrouillées tant par les institutions elles-mêmes que par un climat délétère de pensée unique.
Sans même faire appel aux partisans de la droite au Rajangar, nous laisserons les mots de la fin à l'extrême-gauche rajan, à travers la voix du président du syndicat étudiant Democrats Studients Union (DSU, Union des étudiants démocrates), Dev Masood, 29 ans, également membre de la Ligue Internationale, organisation d'extrême gauche marxiste rajan :
[img]https://i.imgur.com/YomOOAG.png[/img]
[quote]Beaucoup à droite, y compris à la rédaction d'Estuary Times, veulent nous assimiler avec ces dictatures soi-disant socialistes. Mais Marx lui-même aurait été le premier à les renier !
Les deux organisations au sein desquelles je milite depuis maintenant cinq ans, la DSU et la Ligue Internationale, n'aspirent qu'à une nouvelle forme de démocratie, une démocratie sociale, authentiquement marxiste, qui donnerait à la jeunesse, première victime de la précarité, les instruments nécessaires à son auto-émancipation. Une auto-émancipation des ouvriers, des femmes, des réfugiés, des gays et des lesbiennes, et à toutes les minorités sociales, ethniques ou sexuelles persécutées par les religions, le patronat et le patriarcat.
Certes, on entend les mêmes paroles au Westrait et au Gandhari... mais en actes, c'est le niveau zéro.
Je rappelle qu'au Westrait, où règne une [url=https://www.simpolitique.net/viewtopic.php?p=358472#p358472]propagande[/url] qui rappelle les heures les plus sombres (son uniformité trahit sa prétendue spontanéité), le régime chante sans cesse les louanges du défunt pseudo-communiste massacreur sectaire Khalq Ata, et ne cesse de se compromettre avec le régime réactionnaire de Bykova, à la [url=https://www.simpolitique.net/viewtopic.php?p=296170#p296170]législation des plus rétrogrades[/url], armé d'une police politique qui réprime sa population, et impose le service militaire à sa jeunesse qui pourtant ne demande qu'à s'auto-émanciper !
Au Gandhari, le régime très mal nommé des "conseils" de l'apprenti-dictateur Jasbir Kejar, dont le social-impérialisme n'est plus à démontrer, s'est livré à des actes antisémites [url=https://www.simpolitique.net/viewtopic.php?p=358402#p358402]en fermant sa principale place boursière de la pire des manières[/url]. En soit, une fois encore, les parts égales redistribuées, la fin de la spéculation... tout ceci est bien beau, mais en réalité ce n'est qu'un mirage, faisant oublier au reste du monde le développement insidieux de sa dictature personnelle et de formes pré-totalitaires de gouvernement, que le peuple gandharien et en particulier sa jeunesse vont devoir endurer plus durement qu'ils n'ont déjà souffert du capitalisme.
Quant à l'Ölan... la révolution a été trahi : nous avons soutenu jusqu'au bout la lutte des Kurdes contre leurs oppresseurs turcs... mais cette relation soudaine avec le Westrait et l'uniformisation totale de la vie politique sont de très mauvais présage : à vrai dire, le capitalisme d’État l'a déjà emporté.
Avec mes camarades de la Ligue Internationale et du syndicat étudiant, nous sommes unanimes et inflexibles sur la question : ce que cette guérilla plébéienne, pilotée par les bureaucrates "rouges" de l'I"C", essaie de répandre au Caskar, n'est pas du communisme, mais plutôt une forme hybride de fascisme-rouge orientalisant et hellénophobe !
Ce qu'on retrouve précisément au Karmalistan d'ailleurs... avec cette alliance populiste et ultra-nationaliste entre le Syirkhanat, le [url=https://www.simpolitique.net/viewtopic.php?f=998&t=13945]PRDK-ML[/url] et la [url=https://www.simpolitique.net/viewtopic.php?f=998&t=14798]Confrérie du Nod[/url], qui surfent sur une oppression imaginaire du Sud envers le Nord, pour y promouvoir subrepticement la féodalité, les religions et la structure de commandement pyramidal. Cela avec la complicité du gouvernement ultra-réactionnaire de Karagol... A terme, ces trois factions, dont deux osent se réclamer du "communisme", cherchent moins à libérer la classe ouvrière qu'à lui imposer une dictature sanguinaire, dont le pilier serait une police politique dont le rôle aurait pour modèle... [url=https://www.simpolitique.net/viewtopic.php?p=348476#p348476]la Terreur taragaïde[/url].
Le Nod a même une succursale à Daharpur, l' "[url=https://www.simpolitique.net/viewtopic.php?p=352955#p352955]ORDI[/url]", qui profite de la misère ambiante pour répandre son poison niveleur-religieux et totalitaire parmi les plus démunis des bidonvilles. Ces derniers ne comprennent rien : l'inculture fait des ravages, et nous, étudiants marxistes, travaillons sans relâche pour tenter de les immuniser contre cette peste rouge-[url=https://www.simpolitique.net/viewtopic.php?p=349192#p349192]bleue[/url].
Pour conclure à partir de l'exemple caskar, ce n'est pas à cette Internationale prétendument "Communiste" qu'on adressera notre soutien critique, mais plutôt à ses ennemis. Le Caeturia, le Lébira, les néo-unionistes et les fondamentalistes sont certes tous, capitalistes, et devront être combattus par les gréves en temps voulu, mais ils n'en demeurent pas moins les seuls à se préoccuper du peuple caskar et à chercher à mettre un terme au génocide en cours. Les Plébeiens massacrent leur propre peuple : la jeunesse marxiste du Rajanagar se tiendra solidaire avec tous ceux qui les en empêcheront. Y compris les fondamentalistes caskars, dont nous ne partageons pas les idées, mais qui représentent une voie clairement préférable au totalitarisme militaro-féodal de ces pseudo-rouges.
Entre se rallier -temporairement- à la bourgeoisie pour sauver la démocratie et l'Humanité, ou rejoindre sous prétexte de "solidarité communiste", des misanthropes qui considèrent que l'égalité c'est de tuer tout le monde, nous avons fait notre choix.
A bas l'IC et l'hégémonisme bykovien !
A bas le Nod et toutes ses organisations satellites ! A bas la complaisance du régime karmal !
Vive la démocratie ouvrière et l'auto-émancipation de la jeunesse !
Vive l'auto-émancipation des travailleurs d'où qu'ils viennent ![/quote]
Dev Masood, militant à la Ligue Internationale et à l'Union des Étudiants Démocrates (extrême gauche marxiste)
Posté : ven. nov. 15, 2019 3:06 pm
par Vladimir Ivanov
13 août 2040
Estuary Times
[center][img]https://i.imgur.com/8Nnuj9l.png[/img]
Manifestations contre la politique socialiste de Karagol[/center]
Alors que les élections pour le renouvèlement de la députation du Raj Council approchent, la nationalisation du cuivre, deux ans après celle du fer et de l'acier, achève de socialiser le Karmalistan continental, autant qu'il lui aliène définitivement l'opinion publique au Dahar. Le Dahar qui a su préserver sa liberté sur les grandes lignes, en garantissant à sa population le droit de manifester sa colère. Une colère qui s'est traduite par la mobilisation de centaines de milliers d'indépendantistes daharans dénonçant la politique de la reine, entre-autres à Daharpur, Sujawal, Hyperabad et Alipur.
Mais le mécontentement touche d'abord et avant-tout les Karmali eux-même, en toute légitimité, qui se sont mobilisés par centaines de milliers contre cette politique à Khorramshahr, Karagol, Tchardjou et Tarobaïn. Les slogans scandés sont révélateurs des aspirations des nordistes : la démocratie et la liberté figurent au premier rang devant des prétendues "acquis sociaux" ou "conquêtes sociales", violant les traditions ancestrales de l'islam autant qu'il entrave la libre initiative économique.
Malheureusement, la répression policière, accompagnée d'une contre-manifestation montée de toute pièce par le pouvoir avec l'intervention de partisans ou "volontaires" - certainement payés par le KhAD, ont pour l'heure étouffé ce mouvement. Ces évènements n'en demeurent pas moins porteurs d'espoir à long terme.
Le gouvernement daharan a tenu à apporter officiellement son soutien au peuple karmali en révolte et a riposté à la nationalisation en autorisant sur son territoire, le parti Paix & Justice, interdit jusqu'alors par Karagol, et désormais sur la liste électorale.
Posté : ven. nov. 15, 2019 6:17 pm
par Vladimir Ivanov
15 août 2040
Estuary Times
[center][img]https://i.imgur.com/8NoVChl.png[/img]
Socialisme islamique : l'antichambre du touranisme[/center]
Nous sommes devant un fait accompli au Nord : la montée de ce qu'ils appellent le "socialisme islamique".
Cette philosophie, ou plutôt idéologie, d'après sa théorisation successivement par Arif Klevleev, Sultan-Galiev et Ali Shariati, se revendique fondamentalement de l'anti-impérialisme. Une notion vague, en trompe l’œil, qui n'est autre en réalité, nous le verrons, qu'une forme dissimulée d'ultra-nationalisme "nordiste", davantage offensif que défensif.
Mêlant islam et marxisme, le socialisme-islamique se prétend ouvert à tous les musulmans, et donc hostile à toute ethnicisation idéologique. Universaliste, internationaliste, soucieux de justice et d'égalité (égale soumission devant Dieu ou le Peuple pour l'un ou l'autre), les convergences entre cette religion et cette idéologie sont objectivement, nombreux. Leur opposition commune à l'Occident et au capitalisme, se traduisant par l'usage du mot magique "anti-impérialisme".
Mais cet anti-impérialisme n'est rien d'autre qu'un pan-nationalisme qui ne dit pas son nom, dans sa réaction défensive (puis... inévitablement, offensive) contre un autre nationalisme. Ici en l’occurrence, l'Orient contre l'Occident.
Le fait est que les tenants de cette philosophie, surtout au Karmalistan, ont cette fâcheuse tendance à séparer l'Humanité en "mondes", ou "civilisations" : l'occidental, l'oriental (ventélien), l'arabo-berbère, le noir, le turc-osmanli, l'indo-iranien, et... le touranien. Ce dernier recevant ses insidieuses faveurs.
A leur tour rassemblés en "super-monde", trois, parmi eux, sont particulièrement honnis par les Touraniens :
_ l'indo-européen (mondes occidentaux, dytolien et conquêtes en Olgarie, céruléen, mais aussi iranien et janubien),
_ le chamito-sémite (mondes arabe, berbère, juif - hors khazars - et nord-algarbien)
_ l'est-asiatique (mondes ventéliens et néchinésiens)
A ceux-ci s'ajoutent bien-sûr les "faux turcs", les osmanli anatoliens, considérés par les touraniens du Karmalistan comme des turcs à la fois arabisés et occidentalisés, "pervertis par le céruléisme".
La composante « ethniciste » de cette idéologie se manifeste dans leur conception d'une Humanité séparée voilà 10 000 ans, en mondes nomade et sédentaire. Le nomade serait le syir et le turcique oriental (le turc anatolien / osmanli « métissé » avec les helleno-céruléens, est considéré comme un traître). Une vision racialiste ou culturaliste du monde fondamentalement basée sur la dichotomie nomade - sédentaire. Certains mondes, seraient impurs, en raison de leur mode de vie débauché et égoïste dans l'opulente vénalité urbaine ou les propriétés foncières agricoles en zone rurale "enclosée" (clôturée), d'autres seraient purs, altruistes et égalitaires, dans l'ascétisme pastoral où la terre appartient à tous.
Se réclamant islamique il flirte avec l'athéisme marxiste. Se réclamant musulman il rejette tous ceux qui ne sont pas Turciques (Arabes, Perses...). Se réclamant universaliste, il cultive le nationalisme touranien. Ces contradictions ne révèlent donc pas une incohérence absurde, mais bien au contraire un message caché, un dessein inavoué : ni vraiment musulman, ni vraiment marxiste, ni-même vraiment touranien, peut-être un peu des trois mais surtout néo-nomadisant, barbare, terroriste et misanthrope.
Pas cette misanthropie propre à certains écologistes ou animalistes, mais une haine de la vie elle-même et une fascination pour la mort.
Mais là n'est pas le pire des paradoxes : que faut-il penser de cette complicité de la reine Mamta Shakhan, indo-iranienne hindoue, envers une idéologie turco-islamique qui déteste tout ce qu'elle représente ? Une situation inique que certains croient guidés par sa soif de pouvoir ou sa haine jalouse du modèle politico-économique daharan. Probablement.
Mais il est une certitude : les socialistes-musulmans aspirent avec les touraniens au pillage du Dahar, avec les marxistes à la destruction du capitalisme, et avec les islamistes à la guerre contre l'Occident. Mamta Shakhan aurait ainsi conclu un marché avec Nazar-Babur, celui qui l'a sauvé et porté au pouvoir au moment de la chute de l'émir Barakzaï en octobre 2035 : le trône, en échange d'une non-interférence aux sombres projets des Touraniens.
Au Majlis, le parlement de Karagol, leurs intérêts sont effectivement représentés par le Xalqar qui se revendique explicitement de cette idéologie, et indirectement par le PRIK, les fidèles de la reine. A eux deux, ils occupent la majorité des sièges : ne leur restant plus pour exercer leur diktat qu'à amadouer ou corrompre certains islamo-conservateurs du JISh, la principale opposition.
Le Rajanagar, et son entité politique, le Raj Dahar, représente le premier rempart contre cette idéologie mortifère. Et en raison de son importance stratégique cruciale sur le passage maritime le plus emprunté du Monde, au carrefour des mondes les plus peuplés (Ventélie, Janubie et Marquézie-Cérulée), ce rempart est un domino : sa chute pourrait bien précipiter la perte de tous les autres bastions de la civilisation.
Posté : sam. nov. 23, 2019 5:04 am
par Vladimir Ivanov
7 septembre 2040
Estuary Times
[center]Élections législatives : c'est demain ![/center]
Le Raj Dahar est une démocratie parlementaire. L'élection législative déterminera toute l'orientation générale formelle de sa politique nationale. Elle élira 200 nazims chargés de voter les lois et de nommer les 20 nawab, représentants du pouvoir executif.
Le total des inscrits est de 11 millions 791 mille.
Les évènements qui ont marqué l'opinion publique :
_ la crue du Tushtuk-daria après la Mousson, et les inondations catastrophiques dans le district de Mirpur, région frontalière avec l'Ashurdabad eashe
_ la politique de nationalisations de la reine Mamta Shakhan (TemurStal, ShirkatSafar : minerais et industrie du minerais...)
_ l'essor du communisme dans le Monde (Bykova, Westrait, Gandhari, Ölan... influences en Azouglie, au Txile, au Karmalistan, au Makengo...)
_ la remise en cause des investissements caskars en raison de la guerre civile, qui succède à l'abandon du métritis de Vysankia
_ l'incidence environnementale de l'industrie pétrochimique
[...]
Rappel de la liste des partis autorisés, avec mise à jour :
[img]https://i.imgur.com/ll0QKVo.png[/img]
Posté : dim. nov. 24, 2019 6:07 pm
par Vladimir Ivanov
9 septembre 2040
Estuary Times
[center]Élections législatives 2040 : à droite toute ![/center]
[img]https://i.imgur.com/f9LnzHc.png[/img]
[img]https://i.imgur.com/HRsMqJ8.png[/img]
D'abord, premier constat : la faiblesse de l'abstention, inférieure à 20% du total des inscrits ! Un signe encourageant qui révèle la conscience citoyenne du peuple rajan.
Si les deux grands partis historiques et favoris arrivent en tête, la victoire revient à nouveau, incontestablement, à la droite libérale-conservatrice du PLDR, seul représenté parmi les partis daharans, au Majlis du Karmalistan. Statut privilégié qu'il préservera confortablement. Détenteur de la majorité relative, il fera probablement alliance avec les nombreux autres partis libéraux. Reste à savoir lequel des deux recevra ses faveurs pour obtenir la majorité absolue, entre les islamistes-modérés de la Démocratie Islamique ou les nationalistes rajans de la Ligue Nationale Démocrate Rajan. Peut-être les deux à en croire son leader Pandu Jayavant, qui a appelé à une « alliance sacrée entre croyants, patriotes et libéraux » contre Karagol ».
Le deuxième parti, le PSDR et sa scission de gauche le Parti de la Démocratie Sociale, vont certainement trouver un terrain d'entente malgré leurs mésententes idéologiques. Le premier, plus modéré, s'oppose mollement au « diktat islamique de Karagol », mais garde une bonne opinion de Mamta Shakhan. Le second est littéralement affublé du qualificatif de « mamtaïste » par ses adversaires à droite comme à gauche, non sans raison. Ses partisans ne cachent pas leur admiration pour la reine karmale, bien qu'ils accusent les socialistes-islamiques de la « manipuler », Nazar-Babur, le conseiller de l'ombre, est particulièrement visé. Malheureusement pour eux, la défaite est cuisante pour l'ensemble de la gauche, tous partis confondus. Un désastre électoral tel que même le parti d'extrême droite, la LNDR, talonne en nombre de voix le puissant PSDR. Pire encore, la Ligue Internationale, d'obédience trotskiste, rejetée il y a quelques jours par l'organisation « Internationale Communiste », semble se retourner contre ses potentiels alliés, confirmant son virage à droite. Son porte-parole et représentant, Dev Masood, s'est d'ailleurs exprimé sur le sujet, en affichant haut et fort qu'il n'écartait pas l'hypothèse d'une alliance de circonstance avec la « droite modérée antifasciste ».
Enfin, après la droite libérale-conservatrice et l'extrême droite rajan, le vote musulman a lourdement pesé : troisième parti avec le même nombre de sièges (à 1 près) que le PSDR, auquel s'ajoute celui de Paix & Justice, le parti wahhabite, d'abord interdit par Karagol puis autorisé par Hyperabad, qui dispose de 5 sièges, faisant passer le camp islamiste au troisième rang des grandes formations après les gauches et droites traditionnelles, soit près de 14% du Raj Council.
Néanmoins la coalition la plus probable, rassemblera sans doute la droite dans sa totalité, des islamo-conservateurs aux nationalistes rajans, en faveur d'un front commun contre la politique étatiste et belliqueuse de Karagol. Bien qu'il reste peu probable à court terme, le séparatisme n'a jamais autant perdu son sens péjoratif d'origine.
Posté : ven. déc. 13, 2019 6:52 pm
par Vladimir Ivanov
9 novembre 2040
Estuary Times
[center][img]https://i.imgur.com/DCCDSRJ.jpg[/img]
Exercice militaire (ici un barrage d'artillerie) dans la région sur-militarisée d'Artuxgar à la pointe orientale du Karmalistan.
A la suite des pertes caeturianes au Caskar (non-comptées au dernier classement), "notre" pays est repassé premier dans le classement mondial des forces armées. On considérera de manière plus juste et réaliste, un triumvirat égalitaire au sommet : Caeturia-Karmalistan-Valdaquie.
Le danger de la psychose obsidionale au Karmalistan
Selon un [url=https://www.simpolitique.net/viewtopic.php?p=359687#p359687]sondage[/url], plus des deux tiers des Karmalis considèrent que leur pays n'est pas assez militarisé[/center]
La source est fiable. Il s'agit d'un sondage organisé au Karmalistan par des ONG locales indépendantes mais commandée par Voïdex, entreprise privée santognaise spécialisée dans la construction de bunkers souterrains pour particuliers. D'après leur enquête, près de 70% des sondés considéreraient que leur pays "ne s'est pas militarisé au-delà de ce qui est nécessaire".
Résultats du sondage pour chaque réponse :
[quote]Considérez-vous que votre pays se militarise au-delà de ce qui est nécessaire ?
Réponses :
- 6% Oui, tout à fait
- 25% Oui, assez
- 39% Non, pas vraiment.
- 30% Non, pas du tout[/quote]
En vertu du contraste statistique flagrant entre les plus catégoriques de part et d'autre, les "pas du tout" comptant pour près du tiers tandis que les "oui tout à fait" (lesquels souscrivent à l'idée que l'armée karmale est suffisamment grande), ne sont que 6% (!), on ne peut qu'en conclure une forme de radicalité. La radicalité de ceux qui, au Karmalistan, revendiquent une militarisation à outrance.
Pourquoi à outrance ?
On rappellera qu'en terme de puissance militaire calculée selon les principales variables et indicateurs quantitatifs et qualitatifs, selon les études du très sérieux journal Seh-rang Beyragh, le Karmalistan fait partie du trio de tête, à égalité avec la Valdaquie et le Caeturia, mais très loin devant tous les autres pays du Monde.
Et malgré cela, les Karmalis en redemandent. Pire, les Turco-iraniens ne sont pas les seuls concernés : les Rajans partagent eux aussi cette soif d'armement ! Pour en comprendre l'origine, il faut bien-sûr remonter à la Guerre de 2036, quand une coalition de trois - voire six - pays (entités luciférienne, hachémite et amarantine ainsi que, probablement, Sengaï, Lébira et Lianwa), était alors en guerre contre notre pays, alors (relativement) isolé et victime d'une attaque préalable directe (quoique stupide tant tactiquement que diplomatiquement) de la flotte hachémite, tuant 800 civils daharans ; et renforçant à la fois l'unité du Shakhanat et sa détermination à résister.
Un contexte qui, il est vrai, apporte à une certaine légitimité à cette militarisation et ses partisans. Oui, le Dahar a clairement besoin de protection après l'ignominieuse agression d'il y a cinq ans à peine.
Mais toute proportion gardée, elle révèle un danger sur moyen ou long terme.
Remarquons d'abord que ce sondage fut réalisé dans plusieurs autres pays.
La Santogne est plus partagée sur la question : les réponses qui relativisent sont équitablement partagées, tandis que les avis tranchés sont plus faibles. Cela toutefois avec une tendance nette en direction d'un sentiment de paix, celui d'une armée suffisamment importante (56%). Au Caeturia, les deux tiers des sondés (65%) voient d'un mauvais œil la poursuite de la militarisation de leur pays : après tout, ce géant militaire mène la plupart de ses opérations militaires à plusieurs milliers de kilomètres au-delà des Océans : la nation est loin d'être menacée. C'est rigoureusement l'inverse au Gandhari avec 65% favorable à la hausse du budget militaire. Cela s'explique bien-sûr par le contexte d'un pays en guerre avec son voisin il y a quelques mois à peine, projetant une intervention armée en Anantram, et récemment assiégé par l'OCC. Par comparaison, le Karmalistan lui, pourtant "faiseur de paix" (conférence de Karagol), dévoile un taux favorable à la militarisation (69%) supérieur à celui du Gandhari ! Il n'est surpassé que par le Lébira (fameux "nain militaire" et solitaire), le Kaiyuan moins puissant, récemment en froid avec le Kars et en guerre contre ses communistes, et le Txile, victime d'une agression aéronavale massive en 2034 et toujours aussi obsédé par son développement militaire.
Une obsession que partage assurément le Karmalistan. Ce pays pourrait être même victime, ne serait-ce que dans son subconscient national, de la sensation de l'assiégé, prélude à un véritable complexe obsidional, favorable à son tour non-seulement à une militarisation excessive et une possible agressivité extérieure, mais aussi et surtout au développement d'une véritable psychose, propice au développement de la tentation totalitaire par le retour à l'autarcie.
Une menace révélée par les libéraux du Dahar qui voient dans cette escalade de la militarisation cultivée par les socialistes-islamiques, une survivance du touranisme.
Le pays est déjà sur-armé, et sa population en réclame davantage. La menace, bien que réelle (on l'a vu en 2036), est toutefois clairement sur-estimée, surtout depuis l'apaisement des tensions internationales après la chute de nos ennemis et la paix signée avec le Lébira. Celle-ci pourrait bien être créée de toute pièce, cela pour des raisons de politique intérieure autant que pour justifier cette course à la puissance militaire sur des prétextes défensifs. Une défense sincère dans sa démarche, mais poussée tellement loin qu'elle pourrait bien altérer la perception du pays, et accroître, tel un cercle vicieux, le sentiment d'être menacé, et donc la nécessité de se replier dans l'autarcie et l'étatisme autoritaire. La psychose obsidionale est l'un des vecteurs principaux du totalitarisme, autant qu'elle est son principal instrument de survie.
Posté : jeu. déc. 19, 2019 4:49 pm
par Vladimir Ivanov
1er décembre 2040
Estuary Times
[center]L' « HOMME » DE L’ANNÉE 2040
[img]https://i.imgur.com/1RF7EFC.jpg[/img]
Mamta Ismaïla Shakhan, reine du Karmalistan[/center]
Cette année, l'Homme de l'année est une femme. Malgré l'obscurité derrière son double-jeu, il faut bien reconnaître ses talents de prestidigitatrice
Souveraine du troisième plus grand pays du Monde par la population (le nombre de ses sujets s'élèvent à 112 millions !), elle a fait passer le Karmalistan en quatre ans à peine, d'un pays isolé sous-développé (16e PIB en 2037) à une véritable puissance industrielle et diplomatique, désormais 5e PIB mondial avoisinant celui de la Santogne et de l'Ennis. Elle commande la plus puissante armée du Monde* et pourtant, c'est une faiseuse de paix : hôte médiatrice pour la conférence de Karagol qui met fin à la guerre en Janubie, sa diplomatie permet d'éviter de justesse une guerre entre l'OCC et la LIM. A la tête d'un pays situé au carrefour des civilisations (islamique, ventélienne, janubienne et touranienne), contrôlant l'axe stratégique majeur reliant l'Orient et l'Occident (passage du Dar, avec les plus effacés Doshali et Eashatri), « Mamta Ière du Karmalistan » a su habilement exploiter la diversité ethno-culturelle de son pays pour exercer une diplomatie tous-azimut et miser sur tous les tableaux géopolitiques.
* depuis les pertes caeturianes de la guerre du Caskar et sans compter la dernière campagne de recrutement karmale, bientôt achevée.
Son rival à l'élection comme homme de l'année était Vittorio Azevedo, leader du Conglomérat du Caeturia, d'une puissance militaire comparable et troisième PIB mondial, l'un des acteurs majeurs du conflit caskar, mais trop isolé face à la CND et à l'influence géopolitique encore limitée. Notons que des trois géants militaires, le Karmalistan fait figure de sommet du triangle, face à la Valdaquie et au Caeturia, deux mutuels farouches adversaires.
Hindoue de sang rajane, elle a fait passer le Karmalistan entier pour une puissance janubienne (relations fraternelles avec le prestigieux voisin qu'est l'Eashatri, sécuritaires et économiques avec le Doshali, et alliance stratégique avec le Gandhari), jusqu'à désamorcer (ou contenir) l'indépendantisme daharan, via sa politique janubianophile, se dotant d'une incomparable popularité (vraisemblablement de court terme) favorisée par une forte hausse générale du niveau de vie.
A la tête du plus grand pays musulman du Monde (82 millions de croyants), entourée de conseillers théologiens (sorte de "conservateurs de gauche" ou progressistes religieux) et toujours "respectueuse" des institutions islamiques de son pays, elle a su conserver le rang du Karmalistan au sein de la LIM, véritable "chef de file" de l'alliance conjointement avec le Kars.
Flirtant avec le touranisme, elle a su mettre en œuvre la doctrine géostratégique des socialistes-musulmans en renforçant la nature tellurocratique du Karmalistan, sa "continentalité", et par-là même, son autonomie commerciale via les Nouvelles Routes de la Soie de l'Entente Trans-Touranienne.
Social-progressiste, si ce n'est socialiste pure et dure, elle s'est "mise dans la poche" les Qarlouks à l'intérieur, et les pays communistes à l'extérieur (à moins que ce ne soit l'inverse à plus long terme...) en faisant profiter aux régions reculées, les soutiens techniques bykoviens et westréens, tout en nouant une alliance stratégique majeure avec le Gandhari, grand pays marxiste janubien.
Machiavélienne usant de pragmatisme et realpolitik, elle exploite le Dahar en tant que "zone économique spéciale" pour profiter des fruits du capitalisme alors même qu'elle impose le socialisme au Nord. Leader mondial de la production d'acier et de cuivre, le Nord permet au Sud de nourrir sa formidable machine financière (Daharpur est aussi le plus grand port de marchandises au Monde). La diplomatie daharane n'est pas en reste puisqu'elle permet au Karmalistan de profiter de l'UPO (le Commonwealth demeure le 2ème géant économique, doté de l'un des plus hauts niveaux de vie du Monde), et du groupe Manticore (avec entre-autres le redoutable Caeturia).
Dans le sillage de son formidable essor économique, elle a fait du Karmalistan, dont la conférence de Karagol fut le zénith, une passerelle diplomatique entre la LIM et l'OCC, grâce aux excellents rapports bilatéraux qu'elle entretient avec le Kaiyuan, tandis qu'elle fait de même (cette fois-ci derrière le Kars) avec la CND, via le Jernland (entente nucléaire) et la Valdaquie (ETT), deux autres partenaires spéciaux majeurs de Karagol.
Hôte de la Coupe du monde 2039 de football, et du Mondiovision de cette année, le Karmalistan ne fut certes jamais le "centre du monde" à un instant "t" contrairement au Kars organisateur des Jeux olympiques, mais celui-ci a connu un essor plus tardif, tandis qu'il s'est révélé en perte de vitesse cette année en matière diplomatique (crise majeure avec le Kaiyuan) et économique. Enfin, le Karmalistan concentre la seconde plus grosse capacité militaro-industrielle, et par ailleurs l'un des plus grands afflux touristiques et surtout intellectuels (n°1 en terme d'attraction des cerveaux selon l'OIMD).
Un palmarès impressionnant, mais qui oublie de rappeler que son pays (au Nord) accuse un niveau de vie général parmi les plus déplorables du Monde. Un paradoxe qui n'en est plus un lorsqu'on révèle l'origine véritable de ce succès, dont Mamta s'approprie seule les fruits : le dynamisme daharan, sans lequel rien de tout cela n'aurait été possible. Une dépendance à notre région qui, tant qu'elle restera supérieure à cette dette contractée auprès des communistes ou fanatiques touraniens, permettra au Karmalistan de rester à flot. Une fois cet équilibre rompu, la force des choses précipitera le pays dans l'abîme. Une inévitable catastrophe que sa reine est incapable d'anticiper.