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Posté : mer. mars 27, 2019 4:55 pm
par Sébaldie
- [justify][center]21 septembre 2038[/center]
[img]https://i.imgur.com/n8aj5XI.png[/img] | Une centrale à géothermie pour sceller la paix entre la Lorthon et l’Amarantie… et pour vendre des bananes
[justify]La société Lorthon Energy a été [url=https://simpolitique.net/viewtopic.php?f=960&t=17512]sélectionnée[/url] pour installer une centrale géothermique à Agrimis, en Principauté de Movopolis. Jusqu’à présent inexploité, le potentiel géothermique des côtes de la principauté devrait l’être pour permettre à l’entité de devenir [url=https://simpolitique.net/viewtopic.php?p=348386#p348386]premier producteur de bananes sous serres[/url] de Dytolie. Un vaste programme, qui plus est chargé de symbole puisque c’est la première fois depuis la guerre de 2034 que le Lorthon mobilise des capitaux en Amarantie. Les pays n’ont que récemment restauré un dialogue, et ce à plus forte raison qu’au plus fort de la guerre, les Îles Lorthon avaient prévu une invasion de l’Alilée. Pour le Prince de Movopolis, qui a toujours eu un certain désintérêt pour les affaires diplomatiques et qui a dû les contrecoups d’une guerre avant tout souhaitée par « l’autre rive » (l’Amarantine continentale, aujourd’hui disparue, ndlr), l’arrivée de Lorthon Energy n’est vue que sous le prisme économique. Le chantier devrait débuter très bientôt, pour une mise en service prévue à la fin de l’année 2039. Mais d’ores et déjà, les Dytoliens curieux peuvent goûter aux premières bananes « farita en Amaranto » (« made in Amarantie »), qui poussent en quantités limitées grâce à l’énergie solaire.[/justify]
[img]https://i.imgur.com/oBJqm4V.png[/img] | Pêche lébirienne : l’Amarantie malgré elle conciliatrice ?
[justify]Revenir sur la scène internationale, une idée qui n’enchante guère les foules dans une Amarantie, qui entend se reconstruire par elle-même. Mais la Fédération pourrait devenir malgré elle la conciliatrice entre le Lébira et le reste de la Dytolie, au sujet de l’épineuse question des navires-usines lébiriens qui exercent en mer au mépris des zones économiques exclusives. Sous l’égide du Prince de Movopolis, un traité serait en préparation pour redéfinir la souveraineté des Etats sur les eaux céruléennes et l’établissement d’une unité anti-piraterie, dont l’Amarantie serait la garante. Pour l’efficacité du traité, reste à l’Amarantie à convaincre les autres Etats dytoliens, auprès desquels elle n’est pas forcément en odeur de sainteté. Suffisamment proche du Lébira par une histoire et une frontière commune ; mais suffisamment éloignée par les nombreux litiges qui ont émaillé les relations bilatérales, l’Amarantie pourrait ainsi revenir dans le jeu de la scène internationale ou tout du moins régionale.[/justify]
Posté : sam. mars 30, 2019 8:39 pm
par Sébaldie
- [justify][center][img]https://i.imgur.com/QoCsaww.png[/img]
29 septembre 2038
Un film santognais s’intéresse à la prostitution enfantine en Amarantie[/center]
À l’occasion du [url=https://simpolitique.net/viewtopic.php?f=922&t=17554&p=348968#p348968]Festival International des Arts[/url], la Santogne a mis à l’honneur pour son « septième art » une fiction inspirée de faits réels amarantins, autour de la question de la prostitution enfantine, qui est couramment pratiquée dans le pays et à plus forte raison depuis la chute de la Ligue. Le film, qui devait également sortir sur la plupart des complexes cinématographiques amarantins, ne sera finalement programmé que dans quelques cinémas indépendants. La question fâche dès lors que l’on sait que l’Amarantie est le seul pays au monde à légaliser les relations sexuelles consenties entre les adultes et les enfants, tant est si bien que des établissements se sont spécialisés dans cette prestation, notamment à la frontière avec le Lébira. Ailleurs, tabac et essence non taxés font la joie des commerçants frontaliers ; en Amarantie, la marchandise est de toute autre nature. Bien entendu, l’Amarantie n’est pas le seul pays où de telles exactions sont commises, mais c’est le seul à pouvoir en parler directement. Dans le film de Valentin Vigouroux, c’est un journaliste sous couverture qui entre dans l’un de ces établissements et la réalité n’est pas très différente. Elle est même mieux assumée. Pour Einosukeo Felikejo, militant des droits de l’homme en Amarantie, « on a jeté l’opprobre contre l’Amarantie pour sa politique esclavagiste et misogyne… mais quid des réactions internationales sur son trafic d’enfants ? Elles ont été rares. La politique d’affranchissement du Lébira a été peu loquace sur ce sujet, ne serait-ce parce que de hauts dignitaires ont leurs habitudes dans ces bordels ».
Un de ces établissements, situé dans la province d’Andarine (Royaume de Forluno), a souhaité répondre à nos questions, notamment pour réhabiliter son « activité traditionnelle ». Son gérant, Faŭsto, prétend d’ailleurs avoir été lui-même, enfant, prestataire de services avant de tenir son propre établissement, à l’âge de 48 ans. « Les hommes que je rencontrais, enfant, n’étaient pas des pervers. Mais ça, je l’ai compris en grandissant. Surtout les clients étrangers, j’ai compris qu’ils étaient juste passionnés, à la recherche d’un modèle d’innocence qui n’existe plus dans leur pays. Dans le leur, les enfants sont capricieux, gâtés, intouchables, ingrats. Le démon – ou appelez-le comme vous le voulez – a fini par habiter leur corps. Ils sont envieux, colériques, égoïstes. L’Amarantie a globalement su se préserver de ces fléaux... ». Faŭsto nous présente à l’appui, des photos comparant enfants amarantins et étrangers. Le visage de l’enfant amarantin, plus grave, semble émouvoir le gérant. « En fait, je ne vois pas où est ce que vous appelez la pédophilie ici. Mes garçons peuvent être considérés comme des adultes, ils ont acquis, par leur expérience de vie courte mais intense, une maturité de véritables petits hommes, tout en gardant cette bonté innée, qu’ils perdent au fil de l’âge, pervertis par le système » renchérit Faŭsto. Ce que ne dit pas le maquereau, c’est que de nombreux enfants amarantins sont maintenus volontairement dans la misère, qu’il rebaptise « expérience de vie », pour les rendre plus malléables et effectivement moins « capricieux ». Quant aux clients, ils éprouvent de l’excitation à jouer les papas gâteaux, à offrir des cadeaux aux enfants qu’ils louent pour plusieurs heures ou plusieurs jours. Ces présents sont toutefois rationnés par l’établissement, pour éviter de les « gâter » et leur faire perdre ce que Faŭsto ce « charme enivrant de l'innocence, la véritable innocence ».
[right]Grizelda Ĥagiodo[/right][/justify]
Posté : mar. mai 14, 2019 9:26 pm
par Sébaldie
- [justify][center][img]https://i.imgur.com/Joxklx9.png[/img]
12 février 2039
Pour accélérer ses procédures judiciaires, l’Amarantie veut chiffrer la valeur d’une vie humaine
[img]https://i.imgur.com/BD3oGp9.png[/img]
Illustration : Un des tribunaux militaires chargés de juger les mutins de Céjanosie[/center]
Quatre ans après la chute de la Ligue, l’Amarantie continue de juger ceux qui y ont contribué. La lourdeur des procédures, le nombre d’individus concernés, la difficulté pour les jurés de faire la distinction entre la trahison contre son pays ou le simple embrigadement, la jeunesse du système fédéral qui permet l’application d’une juridiction de dernière instance uniforme sur tout le territoire sont autant de critères qui ralentissent l’exécution de la justice, tant est si bien que les condamnations à mort prononcées pour certains hauts responsables n’ont toujours pas été appliquées, à force de recours. Si la justice se montre prudente, c’est pour éviter l’anarchie des années 2035 et 2036, qui ont conduit à des exécutions sommaires, des simulacres de procès de la part d’Amarantins revanchards qui ont tenu les sécessionnistes céjanosiens comme responsables de la chute de leur pays et donc, en conséquence, de la leur. Les autorités, ou ce qu’il en restait, ont laissé faire, non sans être complices. L’Etat de droit n’a été restauré en Amarantie qu’au rythme de profondes réformes. Mais l’Etat de droit institue également la possibilité pour n’importe quel accusé, de faire recours, pouvant retarder la condamnation de plusieurs années. Le haut conseil de la justice – équivalent du ministère de la Justice au niveau fédéral – a ainsi émis la possibilité de soumettre aux voix des délégués fédéraux l’établissement d’un barème objectif convertissant la vie d’un individu en lires. Par exemple, en considérant qu’une vie humaine coûte 1 million de lires, si un lieutenant céjanosien – par son action – a occasionné la mort de plus de 3 000 personnes, alors il écopera d’une dette vis-à-vis de la société amarantine de 3 milliards de lires. Une somme théorique, impossible à atteindre pour le commun des mortels, qui servirait uniquement à savoir si elle est suffisamment ou insuffisamment importante pour justifier – par exemple – la peine capitale, qui pourrait être fixée à 1 milliard symbolique.
Mais ce faisant, le haut conseil de la justice qui espère gagner du temps, risque d’en perdre énormément, à fixer un barème aussi tordu, impliquant des notions philosophiques qui sont loin d’être rationnelles. Comment déterminer le prix d’une vie ? Plusieurs écoles s’affrontent, la première consistant à estimer la perte subie par la société à cause du décès d’un individu. Un individu mort ne crée plus de richesses et ce sont ces richesses « gâchées » qui déterminent le prix de sa vie. Cette conception déterminerait ainsi le prix d’un individu selon sa seule capacité à produire de la richesse et à consommer, elle est particulièrement plébiscitée par les milieux libéraux qui la trouve « méritocratique », mais défavorisant largement les victimes modestes. L’autre école, tenante des nostalgiques de la Ligue, souhaite simplement revenir à la distinction hiérarchique qui préexistait, entre l’Amarantin citoyen libre, la femme amarantine qui l’est nettement moins et « l’aliéné ». Mais d’aucuns estiment qu’on ne rebâtira pas l’Amarantie en reprenant ses codes d’autrefois. Pourtant, c’est plus ou moins la voie qui a été choisie dans l’[url=https://simpolitique.net/viewtopic.php?p=346685#p346685]ouverture du suffrage aux femmes[/url]. On a alors considéré que la voix d’une femme compte 10 fois moins que celle d’un homme… peut-on dès lors conclure que la vie d’une femme amarantine, elle aussi, compte 10 fois moins que celle d’un homme ? Dans les deux cas, la proposition suscite l’indignation parmi les progressistes, qui refusent « l’arithmétisation » de la justice. Les procès prendront le temps qu’il faudra, mais rien ne pourra remplacer le jugement humain sur des actes humains. Le débat reste ouvert mais il n’est pas inédit : en [url=https://simpolitique.net/viewtopic.php?p=349331#p349331]Santogne[/url], on s’inquiète déjà d’une « robotisation » de la justice, déterminant sur la base d’antécédents et des conditions économico-sociales d’un prévenu les suites à donner à sa condamnation.
[right]Ĵafaro Hekton[/right][/justify]
Posté : mar. juin 04, 2019 9:56 am
par Sébaldie
- [justify][center][img]https://i.imgur.com/FfkVo1x.png[/img]
11 avril 2039
La Santogne multiplie ses investissements dans la fédération
[img]https://i.imgur.com/sa5yxGi.png[/img]
CulturesO promet de régler le conflit de l’eau entre les différentes entités par son système de micro-irrigation
Illustration : Vignoble dans la province de Kamamis (République de Stamatie)[/center]
L’Alilée amarantine a historiquement toujours eu des relations complexes avec l’eau. Île marécageuse, l’eau l’a rendue hostile. Alors que l’Amarantie a installé ses premières colonies de peuplement sur les côtes aliléennes dès l’Antiquité, il a fallu attendre le XIXe siècle pour que l’intérieur des terres connaisse le même phénomène. En cause, les nombreux marécages infestés de moustiques et autres nuisibles qui ont rendu une bonne partie de l’île impropre à la construction et à l’habitation. L’eau rappelle également de mauvais souvenirs aux anciens Spongoriens, aujourd’hui partagés entre deux entités, qui ont été victime d’inondations provoquées par l’attaque du Lébira contre un ouvrage hydraulique spongorien dans la guerre qui a opposé la Ligue à la Céjanosie. Vecteur de maladies et d’inondations, l’eau est aussi sous sa forme potable une denrée rare et une pomme de discorde entre les différentes entités. Le dernier « conflit » de ce type [url=https://simpolitique.net/viewtopic.php?p=317594#p317594]remonte à l’année 2033[/url], où l’impossible entente de ces régions aux intérêts divergents a conduit plusieurs provinces à manquer d’eau, menant à la ruine de nombreux agriculteurs. Principal mis en cause, le Royaume de Forluno avec sa forte population et son industrie très consommatrice en eau, a aujourd’hui perdu de sa superbe. Mais les conflits restent présents et malgré la nouvelle structure fédérale de l’Amarantie, aucune entité n’a fait le premier pas vers un partage équitable de l’eau potable. La solution pourrait (partiellement) venir de l’extérieur, de Santogne précisément. Déjà présente au Makengo pour répondre aux défis de développement de ce pays d’Algarbe, la société [url=https://simpolitique.net/viewtopic.php?p=351441#p351441]CulturesO[/url] propose ainsi l’installation de systèmes d’irrigation goutte-à-goutte qui permettent de rationner et d’optimiser l’eau, en irrigant les cultures en fonction de leurs besoins réels et pas davantage. Les systèmes d’irrigation classique, en effet, gâchent une majorité de l’eau pulvérisée, puisqu’elle ne parvient pas jusqu’aux racines. La société a déjà investi dans plusieurs vergers et vignobles de l’île, notamment en République de Stamatie qui lui a déroulé le tapis rouge.
Ce ne devrait pas être le seul investissement d’une entreprise santognaise dans la Fédération. Victime de son succès et incapable de répondre à la demande, le fabricant de satellites [url=https://simpolitique.net/viewtopic.php?p=347915#p347915]Orbis Communications[/url], leader sur le marché mondial, déploie peu à peu ses antennes en Alilée amarantine, par l’installation d’une unité de production à Nov-Gemoj pour jouir des conditions sociales et fiscales avantageuses de l’entité mais aussi de la présence de hauts diplômés. Mais la main-d’œuvre devrait rester essentiellement santognaise. Si les immigrés en provenance de ce pays montagneux de la Dytolie de l’Ouest restent encore marginaux, on assiste toutefois à une forte augmentation de leur nombre depuis deux ans. La récente Communauté des Nations Dytoliennes est en effet un débouché important pour l’Amarantie, privée de routes commerciales dignes de ce nom, et restant dépendante de son voisin lébirien, y compris pour sa monnaie. D’ailleurs, symboliquement, l’usine de Nov-Gemoj devait inaugurer sa production par la construction d’un des satellites commandés par le Lébira à Orbis ; une manière de réconcilier les deux pays. Mais des militants de Grande-Basilogne et des proches de victimes des inondations spongoriennes ont opposé une très forte résistance, promettant d’assiéger l’usine si l’information était confirmée. Les satellites lébiriens seront donc exclusivement fabriqués dans les usines de Santogne, au détriment de la force du symbole. Ces investissements massifs, s’ils permettent de donner à l’Alilée une bouffée d’air frais, ne sont pas susciter des hostilités de la part d’Amarantins puristes qui craignent de voir en la Santogne un cheval de Troie de la CND mais aussi de la Papauté, qui pourrait mettre à mal les institutions culturelles et religieuses de l’Amarantie.
[right]Polikarpo Malgrandulo[/right][/justify]
Posté : ven. juin 14, 2019 8:33 pm
par Sébaldie
- [justify][center][img]https://i.imgur.com/QoCsaww.png[/img]
12 mai 2039
Kestdomo apporte-t-il la solution ou se nourrit-il des problèmes ?
[img]https://i.imgur.com/SnssBjw.png[/img]
Un immeuble-conteneur dans le Royaume de Forluno[/center]
C’est l’histoire d’une start-up en passe de devenir un empire commercial. La société coopérative [url=https://simpolitique.net/viewtopic.php?f=1010&t=14846]Kestdomo[/url] construit depuis les années 2020 des logements-conteneurs. À destination initiale des étudiants confrontés aux difficultés de se loger dans certaines villes universitaires, le constructeur s’est si développé qu’en 2033, ses réalisations ont représenté 1 % du parc immobilier amarantin. Six ans plus et une Ligue mise à feu et sang plus tard, Kestdomo représente aujourd’hui 10 % du parc immobilier de la nouvelle Fédération d’Alilée amarantine. Un monde de bric et de broc fait de métal vient ici remplacer des villes dévastées par les balles de fusils et d’inondations. À l’instar de la crise du logement étudiant, c’est pour faire face à une crise migratoire d’aliénés affranchis que le Lébira a lui-même inauguré ses « cités Kestdomo », des bidonvilles à l’esthétique peu raffinée qui accueille également des réfugiés aminiens. Les faubourgs de Corfovoni en sont un triste exemple. Du côté des pouvoirs publics qui ont fait sortir ces mastodontes d’acier de terre, la même réponse est sur le bout des lèvres : « il fallait répondre à une crise urgemment, Kestdomo était la solution ». Les conditions, pourtant, sont loin d’être idéales dans ces conteneurs réaménagés puisqu’en fonction des clients, l’acier est plus ou moins imperméable. S’il ne s’agissait que d’esthétique et de vétusté, les habitats Kestdomo ne sont pas pires que les logements sociaux que l’on connaît déjà. Or, Kestdomo est la société la plus profitable depuis trois ans, avec un taux de croissance de son chiffre d’affaires supérieur à deux… voire trois chiffres ! Symbole de cette expansion, ses investissements dans des [url=https://simpolitique.net/viewtopic.php?p=352560#p352560]serres-conteneurs pour y faire pousser des fraises[/url].
Devenu un géant dans et grâce à une Alilée amarantine en ruines, Kestdomo a aujourd’hui l’oreille attentive des dirigeants alors que jusqu’elle ne suscitait jusqu’à présent qu’indifférences voire franches railleries. Aussi, l’Assemblée des Délégués fédéraux – la nouvelle instance législative – a-t-elle failli adopter un revenu universel pour sortir 8 millions d’Amarantins de la misère… avant de recevoir un appel du siège social de Kestdomo. Pourquoi dépenser de l’argent public à améliorer la condition des Amarantins si une société privée, qui plus éco-responsable, se propose de réduire leur poste de dépenses ménagères en matière de logement ? L’argument est imparable : les délégués fédéraux jettent aux oubliettes l’idée d’un revenu universel et signent dans la foulée des dérogations au cadastre pour que Kestdomo installe des conteneurs partout sur le territoire amarantin. L’affaire est concluante, la solidarité nationale devient l’affaire d’acteurs privés. Concrètement, cela signifie que Kestdomo peut théoriquement installer des villages-conteneurs au cœur de la [url=https://simpolitique.net/viewtopic.php?p=310704#p310704]Stepo de Ŝtonoj[/url] de Frenegona, pourtant classé comme milieu protégé. Les constructions « écologiques » de Kestdomo y auraient une dérogation, qu’importe si ça dénature totalement le lieu. Non mécontente d’avoir mis son grappin sur l’Amarantie, la Santogne, le Lébira, la société lorgne maintenant sur le Makengo pour assurer des logements décents à tout un chacun dans ce pays d’Algarbe noir.
[right]Virga Naŭsilo[/right][/justify]
Posté : jeu. juin 20, 2019 1:02 pm
par Sébaldie
- [justify][center][img]https://i.imgur.com/Joxklx9.png[/img]
30 mai 2039
« Si le Karmalistan veut venir casser du pédé, nous l’attendons »[/center]
Le porte-parole de l’exécutif fédéral s’est dit « étonné » de la [url=https://simpolitique.net/viewtopic.php?p=352686#p352686]décision[/url] du Shakhanat du Karmalistan de mettre un terme définitif à ses relations diplomatiques et économiques avec l’Amarantie qui selon lui « tombe comme un cheveu dans la soupe ». Les critiques énoncées sont bien connues : le peuple amarantin serait arrogant et décadent, de quoi justifier un conflit civilisationnel pour le mettre à genoux. D’aucuns diront, avec cette annonce, que le Karmalistan s’engage dans une croisade « homophobe », lui qui s’était ému de critiques lébiriennes sur l’eschatologie musulmane, jugées « islamophobes ». La sempiternelle logique victimaire du Shakhanat met à mal le mythe de la virilité de ces fumeurs de haschich, purs et farouches. Mais c’est sans doute cette « pure et froide raison » qui a conduit le Shakhanat à réagir avec trois ans de retard à l’alliance entre l’Amarantie et la Hachémanie. En « off », débarrassé des exigences diplomatiques, un proche de l’exécutif amarantin commente la situation : « Soyons honnête : le Karmalistan est jaloux de la civilisation amarantine et de son historicité. Le prophète Mahomet était encore dans les couilles de son père que la civilisation amarantine, de tradition dodécathéiste, était, elle, déjà millénaire. Les Amarantins n’ont pas la stupidité de croire que la vérité vient d’un autoproclamé prophète petit-bourgeois, qui n’aurait jamais pu rien entreprendre sans une vieille veuve qui a eu pitié de lui ».
Le gouvernement se montre serein vis-à-vis de la décision du Karmalistan, en arguant que l’embargo – même étendu au reste de la Ligue Islamique – n’aurait aucun impact sur l’économie amarantine. Le Karmalistan est surtout un commentateur qu’un pays qui agit et la seule grande guerre qu’il ait menée, c’est contre lui-même, qui a besoin pour sa mythologie nationale de s’octroyer une victoire contre l’Empire Luciférien et la Hachémanie. « Nous avons l’intelligence de nous attribuer la chute, pourtant bien réelle, du Mahajanubia. » a rétorqué le porte-parole qui a lancé un défi au Karmalistan : « Si le Karmalistan veut – veuillez m’excuser pour l’expression – « casser du pédé » - nous l’attendons de pied ferme. Notre capacité militaire est nettement inférieure à ce qu’elle était sous l’Alilée amarantine, nous anéantir ne devrait donc pas poser de problème au Shakhanat mais nous avons plutôt des raisons de penser que le Karmalistan préférera nous combattre avec sa langue de vipère de vieille femme médisante dans des discussions de couloirs avec d’autres Etats pour les enjoindre à adopter eux aussi des sanctions économiques et diplomatiques. Nous le mettons juste au défi de trouver autant de pays prêts à appliquer ces sanctions qu’il y en a eu contre les belligérants de la Guerre des Containers. Quelle que soit la solution choisie, l’Amarantie ne se défilera pas et rebondira comme elle l’a toujours fait dans son histoire. »
[right]Ĵafaro Hekton[/right][/justify]
Posté : ven. juil. 05, 2019 8:44 pm
par Sébaldie
- [justify][center][img]https://i.imgur.com/QoCsaww.png[/img]
15 juillet 2039
L’Alilée amarantine, pays de tôle et de serres, veut
répondre à la crise climatique et agricole
[img]https://i.imgur.com/7H4ywiR.png[/img]
Des serres à perte de vue dans le Royaume de Forluno[/center]
« L’Amarantie devient vraiment laide. », tel aurait pu être le titre de cet article tant se multiplient les projets d’artificialisation des terres. Si le parc résidentiel national est maintenant [url=https://simpolitique.net/viewtopic.php?p=352573#p352573]fait de tôles[/url] comme nous l’avions écrit en mai dernier, la situation est sans doute pire pour l’agriculture. Malgré les péripéties de l’histoire, le Royaume de Forluno et par là toute l’Alilée amarantine continuent et aggravent son système économique reposant sur une agriculture très intensive, tant par les produits utilisés que par les cadences de cultures et de travail. Il est toujours possible, à toutes périodes de l’année, de trouver une serre pleine de tomates bien rouges dans l’arrière-pays forlunien. Le but étant d’assurer à la fois la sécurité alimentaire du pays – mise à mal par les guerres – mais aussi fournir le marché mondial, en profitant de la faible valeur de la lire amarantine. L’avantage de l’Alilée amarantine réside dans son relief parfaitement plat – de nombreuses terres immergées ont été asséchées par le passée – et adapté à ces hectares de surfaces vitrées. Le pays jouit également en plus d’un bon taux d’ensoleillement d’une source géothermique dans la Principauté de Movopolis, si bien que celle-ci veut être la première [url=https://simpolitique.net/viewtopic.php?p=348386#p348386]productrice de bananes en Dytolie[/url]. De grands groupes agro-alimentaires, parmi lesquels le Santognais Contravier, ont ainsi profité du désespoir de propriétaires agricoles qui ont tout perdu avec les inondations provoquées par le Lébira voisin pour racheter à bas prix leurs terrains et y installer des serres géantes, avec l’assurance qu’elles, au moins, ne subiraient pas les contrecoups climatiques.
Dans un contexte de [url=https://simpolitique.net/viewtopic.php?p=353239#p353239]sécheresse céruléenne[/url], l’Alilée amarantine vante son modèle, assurant être parée pour les épisodes caniculaires. Les employés, qui doivent travailler parfois sous des températures supérieures à 40°C, ne peuvent que prendre leur mal en patience, et deviennent malgré eux les nouveaux aliénés de l’Amarantie. Outre le coût social, ce modèle a évidemment un coût environnemental terrible : déforestation, artificialisation des sols, nappes phréatiques sur-sollicitées… Les restrictions d’eau pour les particuliers sont drastiques et pour les faire respecter, les forces de l’ordre sont mobilisées (et zélées). Localement, s’observent des phénomènes de désertification, pourtant rares sous ces latitudes, et ils pourraient se propager au Lébira. Près de ces champs de serres, des villes nouvelles conçues par Kestdomo, le fabricant de logements-conteneurs, poussent comme des champignons, parfois même après démolition d’ouvrages plus anciens ne répondant plus aux besoins et usages d’aujourd’hui. « Oubliez le Jernland et son architecture froide. Le pays le plus froid du monde est un pays où il fait chaud : l’Amarantie. » a commenté un délégué fédéral de la Ligue d’Hestine, qui tente d’allier architectures, pratiques traditionnelles à l’agriculture biologique sur sol. Pour les partisans du système économique, l’Amarantie tirera bientôt son épingle du jeu et retrouvera sa grandeur d’antan : « Au feu les conservateurs et tous ceux qui pleurent pour de la vieille pierre ! L’Amarantie est une nation avant-gardiste éminemment respectée. Seul le Karmalistan, jaloux de notre civilisation, a appliqué des sanctions contre notre pays : nous avons tout le reste du monde à convaincre de notre savoir-faire. » s’enthousiasme un proche du gouvernement.
[right]Klanja Moseon[/right][/justify]
Posté : ven. sept. 27, 2019 7:07 pm
par Sébaldie
- [justify][center][img]https://i.imgur.com/Joxklx9.png[/img]
21 mars 2040
Sécurité renforcée aux abords des lupanars amarantins
[img]https://i.imgur.com/i1OLoma.png[/img]
Les lupanars amarantins sont aujourd’hui filtrés par des gardes armés[/center]
Samedi 17 mars dernier, alors qu’il rentrait chez lui, un client d’un lupanar situé à la frontière aliléenne se fait passer à tabac par un groupe de cinq manifestants. L’homme, entre la vie et la mort, est toujours dans le coma. « Inacceptable » pour le porte-parolat de la Fédération, qui a jugé l’affaire suffisamment grave pour réagir à ce qui relèverait normalement que d’un simple fait divers. C’est que depuis la [url=https://simpolitique.net/viewtopic.php?p=353299#p353299]vidéo choc[/url] montrant le leader nationaliste de la province lébirienne d’Alilée, Stefano Iannacacchi, attablé avec d’autres hommes aux « Dents de lait », haut-lieu de la vie nocturne. Depuis les faits qui remontent à l’été dernier, les manifestations sont régulières devant la quinzaine d’établissements situés à la frontière. « J’ai perdu 35 % de clientèle depuis ce scandale, ils n’osent plus venir… » se désole ainsi le gérant du Hochet Club (« Kratalo Klubo ») à la frontière avec Menavi. Faute de réservations suffisantes, l’homme dit avoir dû décommander un numéro de chippendales. Scandant « Ĉesu Pedofilia ! » (« Stop Pédophilie ! »), les manifestants se relaient pour entrapercevoir des clients à la sortie de ces clubs. Leur cible ? Les étrangers qui viennent en Amarantie jouir de plaisirs interdits dans leur pays d’origine. « Les clients de nationalité amarantine ne se cachent même pas de toute façon… » commente Diego, qui fait partie d’un collectif de lutte contre la prostitution infantile.
De son côté, l’Amarantie se défend et affirme que « toutes les dispositions seront prises pour garantir une sécurité à tous les touristes », évoquant du bout des lèvres une possible intervention de forces militaires si la situation venait à dégénérer. Ces lupanars, qui jouissent d’une existence légale en Amarantie qui n’existe nulle part ailleurs, sont partie intégrante du tourisme amarantin et par là de l’économie de toute la Fédération. La chute de la Ligue en a même multiplié le nombre, le pays ayant perdu toute sa puissance industrielle. Pour l’heure, des forces de l’ordre viendront appuyer la sécurité privée des établissements, débordée par la multiplication des manifestants. Le souvenir douloureux de la révolte servile il y a plusieurs années joue en faveur d’un consensus national pour préserver l’identité amarantine coûte que coûte.
[right]Ĵafaro Hekton[/right][/justify]
Posté : ven. janv. 03, 2020 9:58 am
par Sébaldie
- [justify][center][img]https://i.imgur.com/Joxklx9.png[/img]
8 janvier 2041
Le nouvel héritier du Royaume de Forluno meurt à son tour
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Le Prince Paĉjo, 36 ans et 132 enfants, était pressenti pour succéder à son père[/center]
Il venait d’être choisi par Scipiono Ier comme Prince héritier lors de la cérémonie du mois dernier. Le Prince Paĉjo a été retrouvé inanimé dans sa voiture de luxe. Confiné dans un garage, avec le moteur en marche, le bolide a asphyxié le principe par les gaz d’échappement. Si la thèse du suicide semble évidente, elle l’est moins pour son père, Sa Majesté Scipiono Ier, qui assure que toute la lumière sera faite et que les coupables seront décapités à la hache par lui-même, comme le veut la tradition forlunienne pour le meurtre d’un membre de la famille royale. Sachant que près de 25 % de la population du Royaume a du sang royal reconnu, autant dire qu’il n’est pas rare que le Roi enfile la tenue de bourreau. Ironie de l’histoire, le décès du Prince Paĉjo survient neuf presque jour pour jour après celui du [url=https://simpolitique.net/viewtopic.php?p=300591#p300591]Prince Homero[/url] dans la suite d’un hôtel de Patrosio en 2032. Comme lui, le Prince Paĉjo aimait le faste et le rap. Jouissant de la fortune royale, il s’autoproduisait et ses clips sont parmi les vidéos les plus vues sur InVido. En 2036, il avait créé la polémique après la diffusion d’une vidéo où on le voyait tirer à blanc, depuis un hélicoptère, sur des habitants d’un quartier pauvre de la capitale pour s’amuser et perfectionner sa technique. Aucune charge n’a été retenue contre lui. Il était également le père de 132 enfants reconnus, un score qu’il doit en partie aux techniques d’insémination artificielle dont le royaume est coutumier.
Officiellement, le Roi de Forluno est l’homme - ou la femme précise-t-on – qui a engendré le plus d’enfants forluniens, qu’importe la dynastie. À ce jour toutefois, aucune femme n’a réussi à donner naissance à plus de cent enfants. Officieusement, c’est le Roi qui choisit son héritier préféré et lui donne en conséquence les moyens techniques et financiers du Royaume pour obtenir la condition officielle. Les prétendants au trône sont nombreux mais au final, le Roi dispose d’un droit de veto sur la reconnaissance de filiation de tel ou tel nouveau-né, de quoi tuer dans l’œuf la concurrence. Le temps presse pour Scipiono Ier, qui en est déjà à son dixième Prince héritier. Aujourd’hui âgé de 62 ans, celui qui est également à la tête de l’exécutif de la Fédération devra assez rapidement nommer un successeur au Prince Paĉjo. Les enfants du Roi se comptant par milliers, un Registre officiel est tenu. L’administration forlunienne dispose d’un fichier centralisé où sont collectées toutes les statistiques de ces enfants : leur genre, leur âge, leur profession, leur santé… Un premier écrémage devrait se faire dans les prochaines semaines. Si le Roi ne trouve pas de lui-même un héritier parmi les enfants qu’il connaît, il devra organiser lui-même des entretiens avec les heureux sélectionnés et juger de leur aptitude à régner. Mais les candidats vont-ils se bousculer au portillon ? À l’aune de ces décès soudains et étranges, le rôle de Prince de Forluno est aujourd’hui considéré comme maudit.
[right]Vaclavo Minea[/right][/justify]
Posté : ven. janv. 03, 2020 11:36 pm
par Sébaldie
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10 janvier 2041
Arrogante voire suprématiste, la nouvelle élite noire d’Amarantie
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Mutungamiri Shamuyarira a placé ses billes dans l’agriculture et le secteur industriel[/center]
L’Amarantie est un pays de faible immigration pour les raisons que l’on connaît, c’est davantage un pays que l’on quitte qu’un pays dans lequel on pose ses bagages. La présence étrangère se limite bien souvent à des transactions financières sans visage. Alors, lorsque des étrangers font ce choix, ils ne passent pas inaperçus, d’autant plus s’ils sont grimés de noir. Originaires du Golfe d’Ebène, en Algarbe centrale, ils ne sont pas pour autant makengais, bien qu’ils usent aussi de la langue gallique pour commercer. Ils viennent du pays voisin de Lunyangwe, bâti en opposition du Makengo, auquel il était rattaché jusqu’aux années 1960. Parmi les 10 000 Lunyangwéens venus tenter leur chance dans l’empire homosexualiste, Mutungamiri Shamuyarira est celui qui a soufflé dans l’oreille du Prince de Movopolis pour y produire des [url=https://simpolitique.net/viewtopic.php?p=348386#p348386]bananes sous serre[/url] dès 2038. Ce n’est pas seulement une opportunité économique pour l’homme d’affaires algarbien, c’est une occasion de faire de la politique et d’exporter la culture de son pays d’origine, qui carbure depuis son indépendance au suprématisme noir, au rejet du christianisme et de l’islam comme croyances non indigènes et au doux rêve d’un empire colonial, à l’image de ceux qu’ont bâti les blancs.
Plaçant ses billes dans l’agriculture, Mutungamiri Shamuyarira entend aussi profiter de la [url=https://simpolitique.net/viewtopic.php?f=960&t=18376]cession des gisements de phosphates du Vryheid[/url] pour contrôler la chaine de production d’amont en aval. Pour autant, pas plus que ne le sont les Makengais, les Vryes ne sont pas les frères des Luyangwéens. Ce sont comme les Makengais des oisifs victimaires qui se sont fait dominer par des puissances dytoliennes, qu’elles soient santognaise et du Commonwealth. Le Lunyangwe a refusé de se bâtir en opposition aux Blancs, en opposition au colonialisme, mais en bâtissant leur propre projet colonial. Ils ont trouvé une terre d’accueil en Amarantie. Déjà, du temps de la Ligue, à l’époque moderne, des émissaires de l’empereur Motiba de Makengo, qui régna jusqu’en 1523, avaient réussi à obtenir des comptoirs commerciaux sur les rives de la Dentegorie et de l’Alilée, faisant par conséquent de ces territoires une partie de ce qui pourrait s’apparenter au premier (seul ?) empire colonial noir de l’Histoire. Elevés dans cet idéal du colonialisme inversé, les Lunyangwéens ont su profiter de la récession inexorable de l’Amarantie pour imposer leur présence et leurs mentalités. À cette crise économique s’ajoute aussi une crise de foi et d’identité, qui facilite leur intégration. L’Amarantie n’est pas bâtie sur un projet ethnico-culturel, et aucune entité actuelle ou passée n’a jamais sacralisé l’homme blanc dodécathéiste. Les Amarantins ont de fait réservé un bon accueil à leurs immigrés lunyangwéens, ne serait-ce pour avoir la chance de vérifier le postulat de la vigueur sexuelle qu’on attribue aux hommes ébènes. Arrogants et d’une violence caricaturale, les Lunyangwéens ne pouvaient ont donc trouver dans les Amarantins leurs semblables.
[right]Klanja Moseon[/right][/justify]