Posté : mer. janv. 30, 2019 10:45 pm
[center]Partie III : De la chute de la République à la Grande Famine
(1698 - 1841)[/center]
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Drapeau de la République d'Ennis (1698 - 1716)[/center]
[justify]La période républicaine (1698 - 1716)
Ayant désormais mis hors d'état de nuire leurs opposants, les républicains s'attelèrent à bâtir le régime qu'ils désiraient tant. Une assemblée constituante composée de nobles et clercs de l'ensemble du pays fut créée et rédigea la première constitution du pays, connue sous le nom de 'Cairt na Poblachta' (trad: "Charte de la République"). Cette première constitution était cependant fort différente de l'actuelle constitution ennissoise. En effet, la Charte ne consacrait aucune liberté ou droit mais se contentait uniquement d'expliquer et détailler le fonctionnement du nouvel État.
Dans la République, le chef de l'État était le Coimeádaí Mór (trad:"Grand Gardien"). Il était élu, à vie, par la Tionól Mór (trad: "Grande Assemblée") qui était un parlement composé de l'ensemble des chefs des maisons nobles du pays. Le Coimeádaí Mór disposait de pouvoirs semblable à ceux d'un monarque absolu mais ses décisions pouvaient se voir annulées par le parlement nobiliaire, moyennant un vote. En somme, la Première République d'Ennis n'était pas une république comme nous l'entendons actuellement. Il serait plus juste de la considérer comme une monarchie élective où une assemblée nobiliaire disposait d'un droit de veto sur les décisions du chef de l'État.
Les premières années de la jeune République se déroulèrent paisiblement. Le Premier Coimeádaí Mór, Flann Sinna, régnait sur le pays avec force tout en étant juste. Étant l'architecte de l'État qu'il dirigeait, il faisait tout son possible pour que son régime fonctionne et traverse les âges. Cependant, après 2 ans - en 1700, le parlement commença à faire montre de son désir de disposer de plus de pouvoirs. Parallèlement à cela, Flann Sinna se rendit compte que le parlement noble était grandement influencé par les rapports de vassalité entre ses membres. Autrement dit, un comte suivait aveuglément la position de son suzerain, sans tenir compte de ses propres intérêts ou du Bien de la Nation, ce qui était pourtant le but de ce régime pour Flann Sinna. Le Coimeádaí Mór entreprit donc de casser ces liens mais il savait pertinemment que cela ne pourrait se faire que progressivement. C'est ainsi qu'il instaura une série de mesures entre 1700 et 1710 destinées à centraliser l'État. Parmi ces mesures, on peut citer l'instauration d'un impôt direct prélevé par la République (La Capitation - 1701) ou encore, l'obligation des membres de la Tionól Mór de vivre principalement au sein de la capitale, Glascarry (1708). Si ces mesures suscitèrent - à chaque fois - une farouche opposition de la part de la majorité des nobles, le charisme de Flann Sinna et sa rhétorique lui permirent d'éviter - à chaque fois - un veto de la part du parlement.
En 1708, conscient que Flann Sinna risquait de parvenir à ses fins, le Duc de Dunmore, Páid Mac Piarais, parvint à rassembler plusieurs opposants à la centralisation entreprise par le Coimeádaí Mór en une faction au sein du parlement: les Iarthairs (provient de 'Iarthair' qui signifie 'Ouest' - ce nom a été choisi car la majorité des opposants étaient des nobles de l'Ouest de l'île.) Les Iarthairs virent leur nombre croître jusqu'à être majoritaire au sein de l'assemblée en 1710. Cette majorité leur permirent de mettre un frein radical aux ambitions de Flann Sinna. Cependant, cela n'était pas suffisant pour la faction qui désirait défaire ce qui a été fait. Il fallait donc faire tomber Flann Sinna.
La Charte ne permettait pas à la Tionól Mór de destituer le Coimeádaí Mór. Par conséquent, les meneurs de la faction Iarthairs planifièrent son assassinat. Il suffirait ensuite d'élire un nouveau Coimeádaí Mór qui ferait marche arrière. Durant la nuit du 12 au 13 novembre 1711, Flann Sinna décéda mais non pas à cause d'un assassinat. Il mourut simplement de causes naturelles, rendant le projet d'assassinat inutile. Néanmoins, le très pieux Marquis de Derraig, membre des Iarthairs et cousin de Flann Sinna, fut pris de remords à l'annonce de la mort du Coimeádaí Mór et, pensant que ce décès était dû au complot dont il avait participé, il se dénonça et dénonça ses complices devant le parlement. L'ensemble des meneurs des Iarthairs furent enfermés dont le Marquis et l'ensemble des membres de la faction fut rejetée du parlement.
Les membres restant élurent un nouveau Coimeádaí Mór en la personne du Duc de Glascarry, Páid Ó Maoilíosa, leur meneur. Les Iarthairs étaient cependant furieux de s'être fait exclure de la Tionól Mór et se rebellèrent contre le pouvoir républicain. Cette guerre civile, connue sous le nom de "Guerre des Páids" (étant donné que les deux meneurs de chaque camp se prénommaient Páid), dura jusqu'en 1716, année durant laquelle le jeune fils du précédent Roi d'Ennis, Máel II, parvint à prendre le pouvoir grâce aux anciens soutiens de son père ainsi qu'à celui des nobles désirant la fin de cette guerre civile qui ruinait le pays tout entier. Âgé de 18 ans à la fin de la guerre civile, il rétablit la monarchie mais conserva les mesures de centralisation mises en place par Flann Sinna. Il abolit également la Tionól Mór et mit à mort les deux ducs à la tête des deux camps tout en leur prenant leurs terres afin de les intégrer aux possessions royales.[/justify]
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Le Roi Máel II "le Grand" (1698 - 1767)[/center]
[justify]La Restauration (1712 - 1836)
Durant l'intégralité de son règne, Máel II entreprit de poursuivre la centralisation de son pouvoir. Disposant de la majorité des territoires de l'île et d'une image particulièrement favorable, il parvint à terminer la transformation de son pays en 1738, devenant ainsi le premier monarque absolu d'Ennis. Symboliquement, son titre changea et passa de "Roi d'Ennis" à "Roi Souverain d'Ennis, par la Grâce de Dieu". Malgré le fait que la centralisation était terminée, l'opposition à celle-ci, si elle avait été muselée pendant près de 28 ans, se trouva un champion en la personne de Lugh Mac Cába, Duc de Tyrolane. Ce duc qui venait de prendre la place de son père, comptait pertinemment mettre fin à cet absolutisme royal tant qu'il le pouvait. Après avoir rassemblé l'ensemble des nobles opposés à la monarchie absolue, il débuta une correspondance avec le Roi de Britonnie. Après plusieurs mois de lettres échangées, il fit un marché avec ce dernier: Si la Britonnie l'aidait à rétablir la féodalité en Ennis et à le faire devenir Roi de l'île, il s'engageait à devenir le vassal de la couronne britonne. Une telle proposition ne pouvant se refuser, la Britonnie déclara la guerre au Royaume d'Ennis en avril 1742. Deux mois plus tard, en juin, le Duc de Tyrolane et ses aliés hissèrent la bannière de la révolte.
En juillet 1742, la Britonnie qui organisait un blocus de l'île depuis le mois de mai, débarqua ses troupes sur l'île par les côtes du duché de Tyrolane. Le Duché et ses alliés avaient des difficultés à tenir le front face aux troupes royales et l'arrivée de l'armée britonne leur permirent de ne pas trop reculer. Elles leur permirent même d'avancer et de faire des percées dans les lignes royales en 1743. En 1744, les britons parviennent à débarquer au nord de Dunmore et enfoncent des troupes royales mal en point. Dunmore est prise en octobre de la même année. La flotte ennissoise qui était restée passive et discrète depuis le début du conflit, sauva le Royaume. En effet, sur ordre du Roi Máel II, l'intégralité de la flotte ennissoise affronta l'imposante flotte britonne située autour de l'île. Ce fut une victoire écrasante, les britons ne s'attendant pas à se faire attaquer sur les mers. La défaite navale ne manqua pas de décourager les armées britonnes et tyrolanes. En effet, en plus de briser le blocus, cette victoire de la marine royale avait également eu pour effet de grandement ralentir l'arrivée de renforts venus de la Britonnie. Ainsi, à partir de 1745, les troupes royales - motivées et déterminées - parvinrent à reprendre l'avantage. En septembre 1747, le Duché de Tyrolane et ses soutiens capitulèrent. 4 mois plus tard, la Britonnie signe une nouvelle paix blanche avec le Royaume d'Ennis, ne disposant désormais plus d'alliés sur le sol de l'île et ne désirant pas vivre le même scénario que celui qu'elle a connu lors de la guerre précédente.[/justify]
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Carte de l'évolution du conflit (1742 - 1748)[/center]
[justify]Sortant de cette guerre avec un prestige encore plus grand et de nouvelles terres intégrées au domaine royal (celles des rebelles ayant été confisquées), Máel II - désormais surnommé "le Grand" - entreprit une intense politique de soutien à la culture. Ce soutien aux arts, couplé à un enrichissement de l'ensemble du Royaume (notamment grâce aux colonies), permit au pays de connaître son deuxième âge d'or. A sa mort, en octobre 1767, le Roi pouvait se vanter d'avoir fait de son Royaume, un haut-lieu de la culture occidentale rassemblant philosophes, artistes, écrivains, sculpteurs,... de renommée internationale.
Le fils de Máel II étant mort quelques années avant le décès de son père, ce fut le petit-fils du précédent monarque qui monta sur le trône. Siomón Ier fut ainsi couronné Roi et poursuivit la politique de mécénat entreprise par son grand-père. Cherchant à faire d'Ennis, une puissance mondiale, il entreprit des projets coloniaux à destination de la Janubie (de 1774 à 1782), de la Néchinésie (de 1780 à 1792) et à destination d'Algarbe (1792 à sa mort, en 1827). Il tissa également des liens commerciaux étroits avec des nations ventéliennes. Sur le plan militaire, il ne mèna directement aucun conflit mais [url=https://simpolitique.net/viewtopic.php?p=344515#p344515]il soutint le Royaume des Îles Lorthon pendant la Guerre Blanche (1784 - 1788)[/url] en envoyant du matériel, des ressources et des troupes au Lorthon (tout en restant officiellement neutre).
Fervent catholique, il prononça néanmoins des décrets protégeant les protestants, ce qui contrastait radicalement avec l'intolérance prônée par ses prédécesseurs. Son "Décret de Mai" (1794) garantissait même la liberté de culte pour les protestants, en plus de financer la construction de lieux de cultes pour ces derniers. Menant un règne globalement prospère, Siomón Ier, surnommé "le Magnifique" à la fin de sa vie, permit la prolongation de l'âge d'or initiée par son grand-père en plus de hisser Ennis sur le podium des grandes puissances de ce monde.
A sa mort, en 1827, c'est son fils, Siomón II qui monta sur le trône. S'il disposait d'un Royaume au sommet de sa forme et de sa gloire, le nouveau Roi était loin d'avoir l'ambition et le charisme de son père. Cependant, son bref règne (1827 - 1830) se déroula sans encombre. On peut néanmoins constater que c'est durant son règne que le deuxième âge d'or ennissois arrivait lentement mais sûrement sur sa fin. Le règne suivant, celui du jeune Máel III, fut beaucoup plus troublé. Couronné en 1830, le jeune Roi tente - sans succès - de relancer l'âge d'or en multipliant les politiques de mécénat mais, rapidement, il doit renoncer à son projet à cause d'une déclaration de guerre (1831) provenant du désormais traditionnel adversaire du Royaume: la Britonnie.
Ayant appris l'arrivée d'un Roi jeune et inexpérimenté sur le trône d'Ennis, la Britonnie désira prendre sa revanche sur les deux guerres passées où elle avait du se satisfaire à chaque fois d'une situation ante bellum humiliante pour le prestige de l'empire briton. De plus, cela faisait depuis plusieurs dizaines d'années que les deux Royaumes se faisaient directement concurrence sur les routes commerciales maritimes. Il s'agissait donc de l'occasion rêvée pour la Britonnie de faire d'une pierre, deux coups: asseoir sa domination sur les voies commerciales où Ennis lui faisait de l'ombre et humilier un Royaume qui avait eu le culot de repousser la Britonnie à deux reprises.
La troisième guerre opposant la Britonnie et Ennis se déroula essentiellement sur les mers. Il n'y eut que quatre débarquements durant l'entièreté de la guerre et toutes furent des tentatives britonnes qui échouèrent. Si les deux premières années du conflit se déroulaient particulièrement bien pour le Royaume d'Ennis qui profitait de la qualité et de l'importance de sa flotte, l'usure de la guerre et les attaques incessantes de la Britonnie qui disposait d'une force navale bien plus importante, affaiblirent la marine ennissoise qui perdait de sa superbe au fur et à mesure des combats. L'année 1834 fut particulièrement sombre pour Ennis qui ne connut aucune victoire navale majeure durant cette année. Les mois passant, les chances d'une victoire britonne grandissaient si bien que le Roi Máel III songea même à demander la paix. Cependant, craignant de voir son royaume cousin défait et soucieux de remercier l'aide apportée durant la Guerre Blanche, le Roi James IV des Îles Lorthon s'allia au Royaume d'Ennis. Disposant d'une flotte en bon état et non-négligeable et jouissant d'une position géographique favorable dans le cadre d'une guerre contre la Britonnie, le Lorthon permit de grandement soulager Ennis qui commençait à céder face à l'armada navale britonne. Surpris par l'entrée en guerre des lorthoniens, la Britonnie adapta sa stratégie et mit l'accent sur la défense de sa métropole, exposée suite à l'intervention du Lorthon. Désormais moins protégée, les routes commerciales britonnes furent la cible d'attaques conjointes de la part de la flotte ennissoise et lorthonienne, ce qui affaiblissait progressivement la Britonnie. Craignant de voir le rapport de force s'inverser définitivement et ouvrir la porte à un débarquement lorthono-ennissois, la Britonnie proposa une paix blanche, en 1836, aux deux royaumes gaéliques qui acceptèrent. Il est intéressant de noter que c'est depuis ce conflit qu'existe une sympathie commune entre les Îles Lorthon et Ennis, une sympathie encore vivace de nos jours.[/justify]
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Le Roi Siomón Ier "le Magnifique" (1749 - 1827)[/center]
[justify]La Grande Famine (1836 - 1841)
Bien que relativement courte et essentiellement navale, la guerre contre la Britonnie avait définitivement conclu l'âge d'or. Pire, les derniers mois de la guerre avait sévèrement nuit à la bonne santé économique du pays. Cela obligea le pouvoir royal a augmenter les impôts afin de lui permettre de s'acquitter de ses dettes, de relancer l'économie du pays et de s'atteler à la reconstruction de la flotte, sévèrement endommagée par ces 5 années de guerre. Cette augmentation des impôts encouragea une dynamique qui avait commencée au début de la guerre. Celle-ci consistait en une culture et une consommation de plus en plus importante de la pomme de terre par les classes populaires. Le tubercule étant nourrissant et n'ayant besoin que de peu d'espace pour pousser, il devint rapidement très populaire, se hissant - en 1835 - comme le principal aliment de la majorité de la population.
Venu de Dytolie continentale, le mildiou - un parasite - s'installa en Ennis et se répand dans toute l'île, détruisant la grande majorité des cultures de pommes de terre du pays. Craignant que le parasite ne se propage aux colonies ennissoise, le Roi Máel III ferme les ports de la métropole en juin 1836. Il tenta ensuite diverses méthodes pour stopper ce carnage mais ses tentatives furent toutes des échecs. Petit à petit, par manque de nourriture et à cause de la fermeture des ports, une famine s'installa. En 1838, fatigués des échecs royaux, le peuple se révolte et demande la réouverture des ports pour bénéficier des produits des colonies. Máel III cède mais met en place des mesures très strictes qui provoquent une hausse du prix de la nourriture provenant des différentes colonies ennissoises, ce qui ne permet pas de mettre fin à la famine, le peuple ne pouvant que rarement s'offrir ces denrées, particulièrement onéreuses. Si elle n'avait pas permis de stopper la famine, la réouverture des ports a néanmoins permis à de nombreux ennissois de fuir la faim en partant majoritairement vers le Nouveau Monde, événement à l'origine de la présence de communautés ennissoises dans de nombreux pays olgariens comme le Westrait.
La famine perdura jusqu'en 1841 mais elle eut des répercussions pendant bien plus longtemps, notamment sur la démographie du pays. Causant environ 1 000 000 de morts et le départ de près de 2 millions de personnes, An Gorta Mór (le surnom donné à cet épisode de famine en Ennis) avait énormément réduit la population de l'île, la faisant passer de 9 millions (en 1835 - un niveau qu'Ennis n'atteindra plus jamais, sa population actuelle tournant autour de 7,5 millions d'habitants) à 6 millions (en 1841). Sur le plan culturel, la famine sema les germes d'une certaine britophilie chez certains ennissois, la Britonnie ne subissant pas pareille catastrophe malgré le fait qu'elle avait participé à la même guerre, guerre considérée comme à l'origine de la famine. Sur le plan politique, la famine nuisit grandement au Roi Máel III, particulièrement critiqué pour sa gestion de cette catastrophe et se sentant coupable de ce désastre. Il se suicida en 1843, concluant ainsi un règne de 13 années, particulièrement difficile et éprouvant.[/justify]
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Dessin représentant la Grande Famine, ou An Gorta Mór, en gaélique ennissois[/center]
(1698 - 1841)[/center]
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Drapeau de la République d'Ennis (1698 - 1716)[/center]
[justify]La période républicaine (1698 - 1716)
Ayant désormais mis hors d'état de nuire leurs opposants, les républicains s'attelèrent à bâtir le régime qu'ils désiraient tant. Une assemblée constituante composée de nobles et clercs de l'ensemble du pays fut créée et rédigea la première constitution du pays, connue sous le nom de 'Cairt na Poblachta' (trad: "Charte de la République"). Cette première constitution était cependant fort différente de l'actuelle constitution ennissoise. En effet, la Charte ne consacrait aucune liberté ou droit mais se contentait uniquement d'expliquer et détailler le fonctionnement du nouvel État.
Dans la République, le chef de l'État était le Coimeádaí Mór (trad:"Grand Gardien"). Il était élu, à vie, par la Tionól Mór (trad: "Grande Assemblée") qui était un parlement composé de l'ensemble des chefs des maisons nobles du pays. Le Coimeádaí Mór disposait de pouvoirs semblable à ceux d'un monarque absolu mais ses décisions pouvaient se voir annulées par le parlement nobiliaire, moyennant un vote. En somme, la Première République d'Ennis n'était pas une république comme nous l'entendons actuellement. Il serait plus juste de la considérer comme une monarchie élective où une assemblée nobiliaire disposait d'un droit de veto sur les décisions du chef de l'État.
Les premières années de la jeune République se déroulèrent paisiblement. Le Premier Coimeádaí Mór, Flann Sinna, régnait sur le pays avec force tout en étant juste. Étant l'architecte de l'État qu'il dirigeait, il faisait tout son possible pour que son régime fonctionne et traverse les âges. Cependant, après 2 ans - en 1700, le parlement commença à faire montre de son désir de disposer de plus de pouvoirs. Parallèlement à cela, Flann Sinna se rendit compte que le parlement noble était grandement influencé par les rapports de vassalité entre ses membres. Autrement dit, un comte suivait aveuglément la position de son suzerain, sans tenir compte de ses propres intérêts ou du Bien de la Nation, ce qui était pourtant le but de ce régime pour Flann Sinna. Le Coimeádaí Mór entreprit donc de casser ces liens mais il savait pertinemment que cela ne pourrait se faire que progressivement. C'est ainsi qu'il instaura une série de mesures entre 1700 et 1710 destinées à centraliser l'État. Parmi ces mesures, on peut citer l'instauration d'un impôt direct prélevé par la République (La Capitation - 1701) ou encore, l'obligation des membres de la Tionól Mór de vivre principalement au sein de la capitale, Glascarry (1708). Si ces mesures suscitèrent - à chaque fois - une farouche opposition de la part de la majorité des nobles, le charisme de Flann Sinna et sa rhétorique lui permirent d'éviter - à chaque fois - un veto de la part du parlement.
En 1708, conscient que Flann Sinna risquait de parvenir à ses fins, le Duc de Dunmore, Páid Mac Piarais, parvint à rassembler plusieurs opposants à la centralisation entreprise par le Coimeádaí Mór en une faction au sein du parlement: les Iarthairs (provient de 'Iarthair' qui signifie 'Ouest' - ce nom a été choisi car la majorité des opposants étaient des nobles de l'Ouest de l'île.) Les Iarthairs virent leur nombre croître jusqu'à être majoritaire au sein de l'assemblée en 1710. Cette majorité leur permirent de mettre un frein radical aux ambitions de Flann Sinna. Cependant, cela n'était pas suffisant pour la faction qui désirait défaire ce qui a été fait. Il fallait donc faire tomber Flann Sinna.
La Charte ne permettait pas à la Tionól Mór de destituer le Coimeádaí Mór. Par conséquent, les meneurs de la faction Iarthairs planifièrent son assassinat. Il suffirait ensuite d'élire un nouveau Coimeádaí Mór qui ferait marche arrière. Durant la nuit du 12 au 13 novembre 1711, Flann Sinna décéda mais non pas à cause d'un assassinat. Il mourut simplement de causes naturelles, rendant le projet d'assassinat inutile. Néanmoins, le très pieux Marquis de Derraig, membre des Iarthairs et cousin de Flann Sinna, fut pris de remords à l'annonce de la mort du Coimeádaí Mór et, pensant que ce décès était dû au complot dont il avait participé, il se dénonça et dénonça ses complices devant le parlement. L'ensemble des meneurs des Iarthairs furent enfermés dont le Marquis et l'ensemble des membres de la faction fut rejetée du parlement.
Les membres restant élurent un nouveau Coimeádaí Mór en la personne du Duc de Glascarry, Páid Ó Maoilíosa, leur meneur. Les Iarthairs étaient cependant furieux de s'être fait exclure de la Tionól Mór et se rebellèrent contre le pouvoir républicain. Cette guerre civile, connue sous le nom de "Guerre des Páids" (étant donné que les deux meneurs de chaque camp se prénommaient Páid), dura jusqu'en 1716, année durant laquelle le jeune fils du précédent Roi d'Ennis, Máel II, parvint à prendre le pouvoir grâce aux anciens soutiens de son père ainsi qu'à celui des nobles désirant la fin de cette guerre civile qui ruinait le pays tout entier. Âgé de 18 ans à la fin de la guerre civile, il rétablit la monarchie mais conserva les mesures de centralisation mises en place par Flann Sinna. Il abolit également la Tionól Mór et mit à mort les deux ducs à la tête des deux camps tout en leur prenant leurs terres afin de les intégrer aux possessions royales.[/justify]
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Le Roi Máel II "le Grand" (1698 - 1767)[/center]
[justify]La Restauration (1712 - 1836)
Durant l'intégralité de son règne, Máel II entreprit de poursuivre la centralisation de son pouvoir. Disposant de la majorité des territoires de l'île et d'une image particulièrement favorable, il parvint à terminer la transformation de son pays en 1738, devenant ainsi le premier monarque absolu d'Ennis. Symboliquement, son titre changea et passa de "Roi d'Ennis" à "Roi Souverain d'Ennis, par la Grâce de Dieu". Malgré le fait que la centralisation était terminée, l'opposition à celle-ci, si elle avait été muselée pendant près de 28 ans, se trouva un champion en la personne de Lugh Mac Cába, Duc de Tyrolane. Ce duc qui venait de prendre la place de son père, comptait pertinemment mettre fin à cet absolutisme royal tant qu'il le pouvait. Après avoir rassemblé l'ensemble des nobles opposés à la monarchie absolue, il débuta une correspondance avec le Roi de Britonnie. Après plusieurs mois de lettres échangées, il fit un marché avec ce dernier: Si la Britonnie l'aidait à rétablir la féodalité en Ennis et à le faire devenir Roi de l'île, il s'engageait à devenir le vassal de la couronne britonne. Une telle proposition ne pouvant se refuser, la Britonnie déclara la guerre au Royaume d'Ennis en avril 1742. Deux mois plus tard, en juin, le Duc de Tyrolane et ses aliés hissèrent la bannière de la révolte.
En juillet 1742, la Britonnie qui organisait un blocus de l'île depuis le mois de mai, débarqua ses troupes sur l'île par les côtes du duché de Tyrolane. Le Duché et ses alliés avaient des difficultés à tenir le front face aux troupes royales et l'arrivée de l'armée britonne leur permirent de ne pas trop reculer. Elles leur permirent même d'avancer et de faire des percées dans les lignes royales en 1743. En 1744, les britons parviennent à débarquer au nord de Dunmore et enfoncent des troupes royales mal en point. Dunmore est prise en octobre de la même année. La flotte ennissoise qui était restée passive et discrète depuis le début du conflit, sauva le Royaume. En effet, sur ordre du Roi Máel II, l'intégralité de la flotte ennissoise affronta l'imposante flotte britonne située autour de l'île. Ce fut une victoire écrasante, les britons ne s'attendant pas à se faire attaquer sur les mers. La défaite navale ne manqua pas de décourager les armées britonnes et tyrolanes. En effet, en plus de briser le blocus, cette victoire de la marine royale avait également eu pour effet de grandement ralentir l'arrivée de renforts venus de la Britonnie. Ainsi, à partir de 1745, les troupes royales - motivées et déterminées - parvinrent à reprendre l'avantage. En septembre 1747, le Duché de Tyrolane et ses soutiens capitulèrent. 4 mois plus tard, la Britonnie signe une nouvelle paix blanche avec le Royaume d'Ennis, ne disposant désormais plus d'alliés sur le sol de l'île et ne désirant pas vivre le même scénario que celui qu'elle a connu lors de la guerre précédente.[/justify]
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Carte de l'évolution du conflit (1742 - 1748)[/center]
[justify]Sortant de cette guerre avec un prestige encore plus grand et de nouvelles terres intégrées au domaine royal (celles des rebelles ayant été confisquées), Máel II - désormais surnommé "le Grand" - entreprit une intense politique de soutien à la culture. Ce soutien aux arts, couplé à un enrichissement de l'ensemble du Royaume (notamment grâce aux colonies), permit au pays de connaître son deuxième âge d'or. A sa mort, en octobre 1767, le Roi pouvait se vanter d'avoir fait de son Royaume, un haut-lieu de la culture occidentale rassemblant philosophes, artistes, écrivains, sculpteurs,... de renommée internationale.
Le fils de Máel II étant mort quelques années avant le décès de son père, ce fut le petit-fils du précédent monarque qui monta sur le trône. Siomón Ier fut ainsi couronné Roi et poursuivit la politique de mécénat entreprise par son grand-père. Cherchant à faire d'Ennis, une puissance mondiale, il entreprit des projets coloniaux à destination de la Janubie (de 1774 à 1782), de la Néchinésie (de 1780 à 1792) et à destination d'Algarbe (1792 à sa mort, en 1827). Il tissa également des liens commerciaux étroits avec des nations ventéliennes. Sur le plan militaire, il ne mèna directement aucun conflit mais [url=https://simpolitique.net/viewtopic.php?p=344515#p344515]il soutint le Royaume des Îles Lorthon pendant la Guerre Blanche (1784 - 1788)[/url] en envoyant du matériel, des ressources et des troupes au Lorthon (tout en restant officiellement neutre).
Fervent catholique, il prononça néanmoins des décrets protégeant les protestants, ce qui contrastait radicalement avec l'intolérance prônée par ses prédécesseurs. Son "Décret de Mai" (1794) garantissait même la liberté de culte pour les protestants, en plus de financer la construction de lieux de cultes pour ces derniers. Menant un règne globalement prospère, Siomón Ier, surnommé "le Magnifique" à la fin de sa vie, permit la prolongation de l'âge d'or initiée par son grand-père en plus de hisser Ennis sur le podium des grandes puissances de ce monde.
A sa mort, en 1827, c'est son fils, Siomón II qui monta sur le trône. S'il disposait d'un Royaume au sommet de sa forme et de sa gloire, le nouveau Roi était loin d'avoir l'ambition et le charisme de son père. Cependant, son bref règne (1827 - 1830) se déroula sans encombre. On peut néanmoins constater que c'est durant son règne que le deuxième âge d'or ennissois arrivait lentement mais sûrement sur sa fin. Le règne suivant, celui du jeune Máel III, fut beaucoup plus troublé. Couronné en 1830, le jeune Roi tente - sans succès - de relancer l'âge d'or en multipliant les politiques de mécénat mais, rapidement, il doit renoncer à son projet à cause d'une déclaration de guerre (1831) provenant du désormais traditionnel adversaire du Royaume: la Britonnie.
Ayant appris l'arrivée d'un Roi jeune et inexpérimenté sur le trône d'Ennis, la Britonnie désira prendre sa revanche sur les deux guerres passées où elle avait du se satisfaire à chaque fois d'une situation ante bellum humiliante pour le prestige de l'empire briton. De plus, cela faisait depuis plusieurs dizaines d'années que les deux Royaumes se faisaient directement concurrence sur les routes commerciales maritimes. Il s'agissait donc de l'occasion rêvée pour la Britonnie de faire d'une pierre, deux coups: asseoir sa domination sur les voies commerciales où Ennis lui faisait de l'ombre et humilier un Royaume qui avait eu le culot de repousser la Britonnie à deux reprises.
La troisième guerre opposant la Britonnie et Ennis se déroula essentiellement sur les mers. Il n'y eut que quatre débarquements durant l'entièreté de la guerre et toutes furent des tentatives britonnes qui échouèrent. Si les deux premières années du conflit se déroulaient particulièrement bien pour le Royaume d'Ennis qui profitait de la qualité et de l'importance de sa flotte, l'usure de la guerre et les attaques incessantes de la Britonnie qui disposait d'une force navale bien plus importante, affaiblirent la marine ennissoise qui perdait de sa superbe au fur et à mesure des combats. L'année 1834 fut particulièrement sombre pour Ennis qui ne connut aucune victoire navale majeure durant cette année. Les mois passant, les chances d'une victoire britonne grandissaient si bien que le Roi Máel III songea même à demander la paix. Cependant, craignant de voir son royaume cousin défait et soucieux de remercier l'aide apportée durant la Guerre Blanche, le Roi James IV des Îles Lorthon s'allia au Royaume d'Ennis. Disposant d'une flotte en bon état et non-négligeable et jouissant d'une position géographique favorable dans le cadre d'une guerre contre la Britonnie, le Lorthon permit de grandement soulager Ennis qui commençait à céder face à l'armada navale britonne. Surpris par l'entrée en guerre des lorthoniens, la Britonnie adapta sa stratégie et mit l'accent sur la défense de sa métropole, exposée suite à l'intervention du Lorthon. Désormais moins protégée, les routes commerciales britonnes furent la cible d'attaques conjointes de la part de la flotte ennissoise et lorthonienne, ce qui affaiblissait progressivement la Britonnie. Craignant de voir le rapport de force s'inverser définitivement et ouvrir la porte à un débarquement lorthono-ennissois, la Britonnie proposa une paix blanche, en 1836, aux deux royaumes gaéliques qui acceptèrent. Il est intéressant de noter que c'est depuis ce conflit qu'existe une sympathie commune entre les Îles Lorthon et Ennis, une sympathie encore vivace de nos jours.[/justify]
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Le Roi Siomón Ier "le Magnifique" (1749 - 1827)[/center]
[justify]La Grande Famine (1836 - 1841)
Bien que relativement courte et essentiellement navale, la guerre contre la Britonnie avait définitivement conclu l'âge d'or. Pire, les derniers mois de la guerre avait sévèrement nuit à la bonne santé économique du pays. Cela obligea le pouvoir royal a augmenter les impôts afin de lui permettre de s'acquitter de ses dettes, de relancer l'économie du pays et de s'atteler à la reconstruction de la flotte, sévèrement endommagée par ces 5 années de guerre. Cette augmentation des impôts encouragea une dynamique qui avait commencée au début de la guerre. Celle-ci consistait en une culture et une consommation de plus en plus importante de la pomme de terre par les classes populaires. Le tubercule étant nourrissant et n'ayant besoin que de peu d'espace pour pousser, il devint rapidement très populaire, se hissant - en 1835 - comme le principal aliment de la majorité de la population.
Venu de Dytolie continentale, le mildiou - un parasite - s'installa en Ennis et se répand dans toute l'île, détruisant la grande majorité des cultures de pommes de terre du pays. Craignant que le parasite ne se propage aux colonies ennissoise, le Roi Máel III ferme les ports de la métropole en juin 1836. Il tenta ensuite diverses méthodes pour stopper ce carnage mais ses tentatives furent toutes des échecs. Petit à petit, par manque de nourriture et à cause de la fermeture des ports, une famine s'installa. En 1838, fatigués des échecs royaux, le peuple se révolte et demande la réouverture des ports pour bénéficier des produits des colonies. Máel III cède mais met en place des mesures très strictes qui provoquent une hausse du prix de la nourriture provenant des différentes colonies ennissoises, ce qui ne permet pas de mettre fin à la famine, le peuple ne pouvant que rarement s'offrir ces denrées, particulièrement onéreuses. Si elle n'avait pas permis de stopper la famine, la réouverture des ports a néanmoins permis à de nombreux ennissois de fuir la faim en partant majoritairement vers le Nouveau Monde, événement à l'origine de la présence de communautés ennissoises dans de nombreux pays olgariens comme le Westrait.
La famine perdura jusqu'en 1841 mais elle eut des répercussions pendant bien plus longtemps, notamment sur la démographie du pays. Causant environ 1 000 000 de morts et le départ de près de 2 millions de personnes, An Gorta Mór (le surnom donné à cet épisode de famine en Ennis) avait énormément réduit la population de l'île, la faisant passer de 9 millions (en 1835 - un niveau qu'Ennis n'atteindra plus jamais, sa population actuelle tournant autour de 7,5 millions d'habitants) à 6 millions (en 1841). Sur le plan culturel, la famine sema les germes d'une certaine britophilie chez certains ennissois, la Britonnie ne subissant pas pareille catastrophe malgré le fait qu'elle avait participé à la même guerre, guerre considérée comme à l'origine de la famine. Sur le plan politique, la famine nuisit grandement au Roi Máel III, particulièrement critiqué pour sa gestion de cette catastrophe et se sentant coupable de ce désastre. Il se suicida en 1843, concluant ainsi un règne de 13 années, particulièrement difficile et éprouvant.[/justify]
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Dessin représentant la Grande Famine, ou An Gorta Mór, en gaélique ennissois[/center]