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Posté : mar. mars 20, 2018 7:53 pm
par Johel3007
Recherche & development
31/08/2035

Charges au phosgene

Le SRBM-001 "Antiqam" est destiné à de grandes choses. Pionnier sur la voie d'une nouvelle forme de domination du champ de bataille, ceci à une échelle continentale puis planétaire, il est actuellement capable de transporter une charge utile de 700 kilogrammes.

Relativement imprécis, il était envisagé comme une arme de terreur mais les esprits fertiles du Mahajanubia voyaient des centaines d'avenue pour rependre l'effroi dans le cœur de leurs ennemis. Et dans ces plans, un missile ballistique n'était guère qu'une méthode d'allonger la porté de leurs inventions. L'une d'entre elles, encore à l'essai, était le système de dispersion de mines "Gharial", baptisé en l'honneur d'un des prédateurs aquatiques de Janubie.

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Il s'agit de l'une des configurations envisagées par l'état-major pour les ogives du SRBM-001 : une bombe de 450 kilogrammes, contenant un total de 72 mines anti-chars (désignation LM-AT-005), 22 mines anti-personnel (désignation LM-AP-003) et une charge explosive de faible puissance destinée à assurer une dispersion aérienne des mines sur un vaste rayon autour du point d'explosion. L'altimètre permettra, une fois la conception achevée, de sélectionner ce point entre 900 et 90 mètres du sol, selon la densité voulue pour le champ de mines.

Avec une batterie disposant d'une durée de vie de 40 jours, les mines seront également dotées de senseurs de proximité, afin de réagir à une mouvement d'un volume prédéfini dans leur proximité immédiate. Deux types de mines pour deux types d'effet :

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La LM-AT-005 est une mine anti-char lourde de 2 kilogrammes et contenant une charge explosive totale de 600 grammes.
Elle est dotée d'un senseur magnétique afin de détecter l'approche de véhicules. Lorsque le senseur estime la signature magnétique suffisamment visible, il amorce la mise à feu de la mine. Un autre système d'amorce est le déplacement physique de la mine après son déploiement ou la fin de vie de la batterie. Deux charges distinctes entrent alors en action :
Une première charge, en surface de la mine, qui "nettoie" la zone pour enlever tout débris ou obstacle susceptible de gèner la pénétration de la cible par la mine en elle-même.
Une seconde charge, plus massive, explose quelques 30 millisecondes plus tard, à l'intérieur de la mine, déformant et projetant le haut de celle-ci en un cône de métal, réduisant le point d'impact à une faible surface et assurant ainsi la pénétration de jusqu'à 70 mm de blindage (hrp : voir l'effet Misznay-Schardin pour ceux qui veulent) .

La LM-AP-003 est une mine anti-personnelle d'un poids de 1,6 kilogrammes et contenant une charge explosive totale de 400 grammes.
Elle est dotée de huit câbles qui, peu après l'impact de la mine au sol, sont déployés autour de la mine, formant une nappe similaire à une toile d'araignée. Lestés en leurs extrémités, ces câbles sont ainsi positionnés sur le sol, formant une zone d'interdiction d'un rayon d'environ 1 mètre autour de la mine.
Toute action sur l'un des câbles qui serait de nature à déplacer le leste entraîne la mise à feu de la mine. Le même système de détection de pression est présent sur la mine en elle-même pour éviter sa manipulation après qu'elle soit déployée.
Si déclenchée, la mine explose en deux phases :
La première charge, disposée sur le fond de la mine, projette verticalement un cylindre dans lequel se trouve la seconde charge.
La seconde charge explose lorsque le cylindre atteint une hauteur approximative de 300 cm du sol, fragmentant ce dernier et projetant horizontalement des centaines de petits débris métalliques dans une zone d'environ 20 mètres.

Une configuration additionnelle est prévue : la LM-AP-004
Celle-ci remplacerait la seconde charge d'explosif par du phosgène sous pression.
La première charge d'explosif serait accrue, à la fois pour fragiliser d'avantage le cylindre et pour garantir la dispersion du phosgène à une altitude légèrement plus élevée. Une combinaison de LM-AP-003, LM-AP-004 et LM-AT-005 permettrait de créer les conditions parfaites d'un piège où les forces ennemies ne pourraient survivre qu'en disposant de véhicules lourdement blindés, de protections personnelles anti-ballistiques quasi-totale et de protection NBC, le tout effectivement utilisé au moment de l'entrée dans le champ de mines, lequel sera souvent loin des zones de combat. La combinaison d'armes à fragmentation pouvant potentiellement endommager les tenues NBC et d'armes chimiques gazeuses s'infiltrant par la moindre faille est jugée efficace.
En l'absence de protection NBC étanche, les troupes se trouveront affectées par le phosgène et incapacités dans un délai de 24 heures, nécessitant des soins médicaux et une évacuation propre à freiner l'avance d'une force d'invasion ou à rendre intenable dans la durée une position défensive.

À titre d'arme de terreur, une variant LM-AP-004b est envisagée avec une batterie d'une durée de vie plus courte.
Ici, les mines anti-personnelles seraient utilisées pour forcer l'évacuation de villes ou villages en faisant fonction de "bombes à retardement" qui déploieraient automatiquement des nappes de phosgène après quelques jours. L'utilisation d'une telle arme "à titre d'exemple" en début du conflit motiverait les civils à fuir les zones urbaines sitôt celles-ci bombardées.

Toujours dans l'optique de terreur mais aussi de faire peser un poids logistique sur l'ennemi, des versions "leurres" de ces mines pourront être déployées à un prix relativement bas : Six système de dispersion de mines "Gharial" pourront à priori couvrir une zone de 40.000 m². Une ville de 1 million d'habitants atteignant facilement les 100 km² , il faudrait quelques 2500 de ces systèmes pour effectivement rendre la ville inhabitable pendant des jours ou même pendant un mois entier. Toutefois, la faible différence de prix entre une mine active et un leurre, couplée au coût important du déploiement aérien en lui-même, fera que les leurres seront sans doute abandonnées en faveur de véritables mines dans toute situation.

Le déploiement optimal prévu pour ces systèmes serait par avion de transport : le Gharial en lui-même ne fait que 450 kilogrammes et un seul avion pourrait en transporter une septantaine sans mal. Mais des déploiements par avion de combat sont possibles en cas d'urgence. Et en cas de nécessiter de déploiement dans une zone à forte concentration de DCA, le SRBM-001 "Antiqam" pourrait être une option pour le déploiement d'un unique système.

Posté : mar. mars 20, 2018 8:13 pm
par Johel3007
Recherche & development
31/08/2035

Réacteur d'avions

Note du Professeur Noor Ayan :
La rédaction et implémentation de procédures de sécurité liées aux tests d'allumage du réacteur semble indispensable.
Nettoyer la chambre de test du R14 est pénible après la combustion d'un technicien.
Si la conception intégrale d'une version indigène du Moghol demeure un rêve lointain et en dépit de plusieurs tragiques accidents, nous sommes en mesure de fournir les premières pièces détachées à Kormal-Kurol en vue de hâter sa propre production.


[center][img]https://s9.postimg.org/ylzgduyyn/maxresdefault.jpg[/img][/center]

Posté : mar. mars 20, 2018 8:24 pm
par Johel3007
Ingénierie sociale
31/08/2035

Campagne d'extermination canine

[url=https://simpolitique.net/viewtopic.php?p=318718#p318718]Lancé voici déjà deux ans[/url], le programme de contrôle des populations canines a porté ses fruits à plus d'un niveau. Avec quelques 800.000 chiens errants exterminés, il est estimé que le risque sanitaire que ceux-ci représentaient dans les grandes villes est revenu à un niveau acceptable. Le maintient de campagnes ponctuelles d'empoisonnement a été accepté par les 26 municipalités à l'origine du projet pilote, auxquelles se sont jointes pas moins de 200 autres conseils municipaux.
Les primes pour cadavres de chiens adultes sont suspendues actuellement, ceci afin d'éviter d'encourager l'élevage de chiens dans un but de pure "extermination commerciale" aux frais de la collectivité. Cette mesure s'avère toutefois efficace pour motiver les castes les moins favorisées à se tourner vers la chasse aux chiens comme source exceptionnelle de revenu.

Une commission permanente a été mise en place en vue de mesurer l'évolution des populations canines dans les principautés côtières.


[center][img]https://s9.postimg.org/wjyyzk3jj/image.jpg[/img][/center]

Posté : sam. mars 24, 2018 1:55 pm
par Johel3007
Ingénierie sociale
11/09/2035

Promotion de l'apiculture

Vendue comme la voie vers la prospérité pour nombre de communautés rurales, l'apiculture n'est pas pour autant la panacée aux nombreux problèmes socioéconomiques de Janubie. Si une cuillère de miel pouvait résoudre tous les soucis, l'Humanité aurait cessé sa marche vers le progrès technologique vers le deuxième millénaire avant l'ère chrétienne. Les besoins de notre espèce sont complexes, tout comme le sont les périls qui la menacent.
Il en est de même pour les abeilles : outre les aléas du climat, les prédateurs et la compétition entre ruches pour le précieux nectar, les maladies et parasites font des ravages dans la nature. Des populations entières disparaissent en quelques saisons, victimes du simple jeu d'une sélection naturelle où un hasard cruel éliminent parfois les plus forts avec autant de certitude que les plus faibles car certaines menaces sont juste trop massives, rapides et brutales que pour permettre une réelle distinction entre individus ou pour donner le temps à une communauté de s'adapter. Ces désastres font simplement le ménage par le vide.

C'est d'ailleurs une bonne chose que la nature abhorre le vide et fasse la promotion d'une croissance explosive, sans quoi il est à craindre que la vie eut déjà cessé sur cette planète. Au lieu de cela, les lieux jadis cimetières d'anciennes civilisations sont colonisés rapidement par de nouveaux arrivants, lesquels choisissent pour foyers ces anciens charniers pour la même raison que leurs précédents occupants : en dépit d'une ou deux tragédies ponctuelles, l'endroit est malgré tout propice à fonder une lignée prospère.
C'est donc sans surprise qu'une colonie paysanne ravagée par la peste laissera derrière elle des champs en jachère pendant quelques années avant que ces mêmes champs ne soient remis en valeur par de nouveaux occupants. Ou qu'un même vieil arbre au tronc robuste verra s'installer une colonie d'abeilles à peine une saison après l'agonie tragique de la ruche précédente.

Une agonie qui peut être due à de nombreux facteurs mais l'un d'entre eux plus que tout autre est prévalent à travers le monde :


[center][img]https://s33.postimg.cc/3lfk8fctr/1521483208783.jpg[/img][/center]

Varroa destructor est un acarien qui parasite les abeilles, dévorant lentement leur réserve de graisse et les affaiblissant ainsi considérablement.

Dans sa région d'origine, quelque part entre l'Est de la Janubie et le Wenlei, il est un facteur de sélection naturel relativement bénin et positif, infectant des ruches et entraînant la décimation des individus les plus faibles, s'assurant ainsi que la colonie ne doive pas investir trop de ressources à nourrir des larves ou ouvrières déficientes. Dans les cas les plus extrêmes, il parasite les reines elles-mêmes et entraîne leur mort, entraînant un changement de régime et, par là même, une potentielle solution génétique si la nouvelle souveraine et mère des futurs générations porte en elle une source de résistance à ces mites.
Les espèces d'abeilles locales, comme l'apis cerana janubica, préférée pour l'apiculture domestique, sont relativement résistantes à ce fléau, au point d'être un réservoir naturel pour ce parasite.

En Dytolie (et en fait maintenant partout dans le monde), Varroa destructor est une plaie qui décime aisément des colonies entières de manière régulière, au point que la survie même de Apis mellifera, l'espèce la plus utilisée pour l'apiculture commerciale, est remise en question sans intervention humaine pour la cajoler à coup d'antibiotique, fumigène, acides et autres méthodes pour permettre à une ruche infectée d'endurer et guérir.

Si ce parasite n'est pas une menace critique pour le programme national de promotion de l'apiculture du Mahajanubia, il demeure un facteur tendant à faire baisser les rendements et donc représente un obstacle que le PLS aimerait surmonter. Voici pourquoi Panchaayat Epikalchar Inishietiv a récemment ouvert un laboratoire d'étude des parasites affectant l'abeille mais aussi les principales espèces de fleurs du Mahajanubia.
L'objectif est de comprendre de manière pratique où, quand et comment les populations actuelles de Varroa destructor prolifèrent au Mahajanubia. Des méthodes seront également développées afin de limiter le risque d'infection initial d'une ruche, de réduire l'ampleur d'une infection déjà en cours, d'isoler et de traiter l'infection puis, à terme peut-être, d'envisager la possibilité de campagnes d'éradication du parasite à l'échelle nationale, continentale puis mondiale.

Cette dernière étape a autant de partisans que de détracteurs, ces derniers argumentant que le parasite, s'il est une gène pour l'apiculture, demeure un facteur important pour la préservation de l'hygiène génétique de apis cerana janubica. De la même manière que l'absence de sélection naturelle sur des critères physiques ou médicaux a contribué à un affaiblissement de la viabilité moyenne des spécimens humains dans plusieurs nations développées, la disparition totale du parasite pourrait entraîner une dégénérescence des abeilles, avec notamment une lente domination par Apis mellifera sur les autres espèces d'abeilles. Docile et productive, elle est naturellement préférée des apiculteurs. Mais, beaucoup plus fragile que nombre de ses cousines, sa prévalence pourrait exposer tout le secteur apicole à une catastrophe si un nouveau parasite ou une nouvelle maladie émergeait.
Selon les détracteurs de l'extermination, la diversité est une nécessité à la survie de l'écosystème.

Posté : sam. avr. 28, 2018 9:51 am
par Johel3007
Ingénierie sociale
23/12/2035

Réforme fiscale en faveur des petits propriétaires

Voici déjà maintenant une année que les dynasties se sont accordées sur l'octroi d'une exonération fiscale des 50 premiers mètres carrés détenus par une personne. L'effet ne s'est pas fait attendre en ville notamment, où des promoteurs immobiliers opportunistes ont vu le potentiel pour leurs revenus locatifs : il s'agit en effet bel et bien des 50 premiers mètres carrés au sol. Vendre à quelques familles le terrain sur lequel est situé leur immeuble peut sembler risquer pour les promoteurs immobiliers... mais lorsque la vente en question est faite à un prix si ridiculement élevé que les familles ne peuvent se le permettre, "prêter" l'argent à ces familles assure leur docilité... simplement car elles ne pourront jamais rembourser une telle dette et qu'en appeler à la justice pour faire reconnaître le défaut de paiement signifierait la mise en servitude des chefs de famille... et la confiscation de leur bien, à savoir le terrain.

Le gain pour les familles en question ? Un revenu confortable via les loyers, lesquels sont exonérés d'impôts car la surface au sol qu'une seule famille détient est inférieure à 50 mètres carrés. Des loyers payés par les promoteurs immobiliers... et récupérer immédiatement en partie pour "payer la dette". Mais ce qui demeure est suffisant pour assurer aux familles un train de vie supérieur à la moyenne. Les promoteurs, pour leur part, offrent à des entreprises de service des locaux certes très chers... mais néanmoins incroyablement intéressants pour ces entreprises car, ayant désormais leur siège social au Mahajanubia, elles ne paient pas d'impôts sur leurs bénéfices.

Le montage va plus loin toutefois, en grande partie pour éviter les mesures de répression fiscale. Les entreprises étrangères ne délocalisent ainsi souvent que leurs activités administratives et là encore, souvent uniquement sur papier : il faut juste assez de raisons concrètes [url=https://simpolitique.net/viewtopic.php?p=333489#p333489]pour justifier la facture de la filiale Mahajanubienne pour "services administratifs mensuels"[/url] qui couvre en fait presque la totalité du résultat de la maison-mère. Une charge pour la maison-mère dont le bénéfice taxable diminue. La maison-mère paie son impôt dans son pays d'origine : au [url=https://simpolitique.net/viewtopic.php?p=336257#p336257]Morino, par exemple, cela atteint 15%[/url].
Un produit pour la filiale dont le bénéfice taxable augmente et qui paie son impôt au Mahajanubia : 0%...

Et pour la rapatriement des fonds économisés vers les actionnaires ? Ceux-ci deviennent simplement actionnaires de la nouvelle entreprise : pour chaque action qu'ils possédaient dans la maison-mère, une action de la filiale janubienne leur est donnée. Cela ne les empêche pas de payer eux-mêmes des impôts en tant qu'individus... mais cela reste bien plus léger. Mais pour les plus pingres (ou simplement les plus fortunés), des solutions se mettent aussi en place au Mahajanubia :

Plusieurs dynasties ont ainsi annoncé qu'elles accepteraient comme nouveaux sujets quiconque le désirerait, avec comme principal bénéfice de recevoir automatiquement la nationalité mahajanubienne. Les seuls demandes ?
Un serment d'allégeance, qui consiste à reconnaître la légitimité du règne de la dynastie sur son territoire actuel et sur les populations qui y vivent.
Un tribut d’hommage, qui consiste en un lingot d'or spécialement fondu pour l'occasion, acheté par le nouveau sujet et offert à son seigneur.
Un domicile fixe connu sur le territoire de la dynastie.

Ce troisième point s'avère créatif sur plusieurs aspects : la majorité des "nouveaux sujets" venus du Wenlei et de Dytolie ne deviennent réellement propriétaires que de 50 mètres carrés au sol, où se construit souvent guère plus qu'une maison pour les domestiques, lesquels sont la clé du système : ce sont eux qui possèdent, famille après famille, le terrain sur lequel leur maître et employeur fait construire sa demeure. Ils réclament un loyer, bien entendu... mais reste faible comparé aux impôts éludés par leur maître. Et trop faible que espérer rembourser les sommes vertigineuses qui leur furent brièvement prêtées afin qu'ils achètent les terrains en question.
Même principe qu'avec les locations de bureaux pour les entreprises par des promoteurs louant eux-mêmes le terrain à des familles pauvres qui se sont endettées auprès des promoteurs pour pouvoir acheter leur terrain : au moindre soucis avec un domestique, le Maître peut faire valoir le non-paiement de la dette dans les délais prévus et obtenir la saisie des biens par le panchayat... qui revendra ensuite le terrain au plus offrant. Que le Maître soit lui-même le plus offrant est une coïncidence heureuse. Et comme l'offre ne suffira pas à combler la dette du domestique, celui-ci ira en servitude pour dette. Un sort peu enviable et que tous cherchent ainsi à éviter.

Le Maître et sa famille, en dépit de leur peau blanche ou de leurs yeux bridés, sont désormais des Janubiens. Ils paient leurs impôts à la dynastie sous la protection de laquelle ils résident. Un impôt proche de zéro car, sur papier, ces riches familles d'étrangers ne possèdent pas assez de terres que pour être imposés. Elles possèdent des parts dans des entreprises dispersées à travers le monde qui elle-mêmes paient des "services administratifs" à des entreprises au Mahajanubia qui elles-mêmes ne paient pas un seul denier d'impôt et uniquement un "maigre" loyer, avant de distribuer leurs bénéfices en dividendes à leurs actionnaires... qui sont les mêmes familles étrangères.

Qu'y gagnent le Mahajanubia en tant que peuple ? Pas grand chose :
La consommation luxueuse locale de ces familles qui génère quelques emplois, principalement dans le secteur des services mais cela aussi est un critère attractif pour les nantis du monde : avec une main d'oeuvre servile et bon marché sans la moindre protection sociale, le Mahajanubia démultiplie en fait le pouvoir d'achat de ses nouvelles élites.
Quelques loyers qui sont juste une commission d'intermédiaires pour ce montage fiscal. S'y rajoutent des emplois administratifs nécessaires à l’existence d'une réalité observable justifiant la sous-traitance des maisons-mères en Janubie. De quoi subvenir aux besoins de quelques milliers de familles.
Des emplois variés dans l'industrie ou l'agriculture justement pour pouvoir soutenir la consommation des nouveaux venus et des nouvelles "classes moyennes" qui émergent dans leur orbite immédiate. Mais aussi afin de répondre à l'implantation d'entreprises pas uniquement intéressées par les avantages fiscaux mais aussi par cette même main d'oeuvre corvéable à merci.
Oui, les Mahajanubiens, malgré ce que les observateurs éduqués pourraient croire, sortent mieux lotis de la situation qu'ils n'auraient été sans ces riches parasites. Mais cette amélioration de leur quotidien se fait au prix d'une érosion de leur liberté : de plus en plus d'entre eux ont au-dessus de leur tête l'épée de damocles de la servitude pour dette, ayant acheter leur nouveau statut en s'endettant plus qu'ils ne peuvent espérer rembourser en six générations.

Qu'y gagne les dynasties ? Énormément :
Une nouvelle élite internationale à la loyauté certes à la fois capricieuse et intéressée mais aux poches profondes et contacts étendus. Elle forme un contre-pouvoir dirigé à la mouvance progressiste en cours de gestation dans le pays.
Des capitaux frais en vue de pouvoir développer leurs terres et à terme accroitre leurs richesses et donc leurs moyens d'action pour résister aux menaces étrangères et à la contestation intérieure.
La paix sociale car, paradoxalement, en dépit de niveaux d'endettement records de la population, celle-ci vit mieux car elle profite indirectement du flux de richesses produites à l'étranger par des étrangers pour des étrangers... qui sont désormais des Janubiens. Loin des banquiers du Lianwa qui profitent de l'économie mondiale par l'usurie et les intérêts composés, les Janubiens profitent de l'économie mondiale en se rendant utile à celle-ci, fournissant une soupape de sécurité aux nantis dans leur rivalité cordiale permanente avec les léviathans étatiques.

Le Mahajanubia est un paradis fiscal.
Le paradoxe est peut-être qu'il l'est devenu encore d'avantage grâce à une mesure qui se voulait au départ en faveur d'une plus grande justice sociale : l'exonération fiscale des petits propriétaires.

Posté : dim. avr. 29, 2018 7:19 am
par Johel3007
Ingénierie sociale
26/12/2035

Mesures en faveur de l'éducation nationale

Fondée en 2034 lors de la Guerre des Conteneurs afin d’apaiser les mouvements de contestation pacifistes qui reprochaient aux dynasties d'aller guerroyer outremer alors que nombre d'enfants de Janubie demeuraient illettrés, la Commission pour l'Éducation Supérieure a accueilli ses 10.000 premiers candidats cette année. Issus de familles pauvres n'ayant pas les moyens de payer les coûteux droits d'inscription demandés par les écoles supérieures et universités, les candidats étaient initialement plus de 300.000 à s'inscrire pour la participation au test national. Seul les meilleurs ont pu par la suite obtenir une bourse de 24.000 $, laquelle sera payée progressivement à leurs familles afin de les soutenir dans leurs frais scolaires tout au long de leur cursus.

Le test en lui-même vise à respecter les standards établis par le Diplôme Commun de Janubie, lequel est élaboré en collaboration avec d'autres pays de Janubie à l'initiative de l'Eashatri. Largement un "projet en cours" à l'heure actuelle, il n'en demeure pas moins que les connaissances essentielles (mathématique et sciences dures) forment un socle commun objectif important.

Pour répondre à la hausse de la demande, les établissements scolaires ont fait de leur mieux. L'afflux d'argent a permis de trouver de nombreux professeurs mais plusieurs domaines comme l'ingénierie manquent encore de candidats, en grande partie car les salaires d'entreprise privée s'avèrent bien plus attractifs. Pour remédier à cette situation, des discussions se tiennent entre le PLS, l'AHR, l'HIAAI et plusieurs princes. Une solution potentielle serait le mécénat des dynasties, combinés avec des subsides venant des trois grandes formations politiques. La crainte de telles mesures est toutefois qu'en développant plusieurs systèmes de financement parallèle, l'ensemble s'avère finalement peu efficace. Le débat est donc vif.
D'une part au sein même des formations politiques, où les partisans d'un effort séparé mettent en avant que celui-ci bénéficiera bien plus à l'influence de leur organisation que ne le pourrait un effort conjoint avec des organisations rivales. Face à eux, les partisans d'un front commun pour le progrès, qui vantent l'idée d'un seul programme national qui, s'il forcerait à des compromis sur la composition des programmes scolaires et des priorités de financement, permettrait de sérieuses économies d'échelle pour la nation.
D'autre part entre les organisations elles-mêmes : chacun a sa vision des priorités nationales.
L'AHR désire un effort continental mené par l'Eashatri ainsi qu'un quota favorisant les étudiants hindus, dont les familles sont proportionnellement les plus touchées par la pauvreté et issues majoritairement des zones rurales.
L'HIAAI demande pour sa part exactement l'inverse : aucun quota... car les musulmans sont de toute façon selon elle naturellement plus susceptibles de réussir le concours. Elle réclame aussi un aménagement des horaires pour y accomoder des cours de culture et religion.
Le PLS, s'il n'est pas opposé aux revendications de ses deux rivaux, a pour priorité absolue une certaine égalité sociale méritocratique nationale, chose que des quotas saboteraient en divisant sur des bases socioculturelles, que des cours de religion mineraient en renforçant la même division tout en amputant le temps disponible pour les sciences. Mais surtout, si la collaboration avec l'Eashatri est envisageable, elle n'est pas favorable à l'idéal d'indépendance nationale pour le Grand Horbarash.

Comme pour beaucoup de projets, le principal frein n'est donc ici pas tant financier que politique. Surtout quand en plus des oppositions entre organisations citoyennes, il faut rajouté les intérêts des différentes dynasties princières, dont le soutien est indispensable au succès des différentes universités.

Posté : mer. mai 02, 2018 12:24 pm
par Johel3007
Recherche & development
05/01/2036

MMT-006 "Ahmad Ski"

La Guerre des Conteneurs a mis en évidence l’incroyable puissance de destruction des missiles de croisière. Avec une portée en centaines voir en milliers de kilomètres, une précision sans rival et une simplicité logistique rafraichissante, le missile de croisière fut l’arme de choix de l’Union Pan-Océanique, lui permettant de sortir vainqueur de chaque engagement naval, infligeant à l’adversaire des pertes deux fois supérieures à ce que la Royal Navy et ses alliés eurent à endurer en retour.
Les pertes de la Royal Navy elle-même furent pour une bonne partie due aux missiles de croisière adverse, une situation que les programmes de recherche Britonniques tendront à résoudre dans le futur. La recherche Britonnique a déjà fait ses preuves sur d’autres aspects liés au missile de croisière, rendant notamment sa logistique encore moins complexe et transformant l’infrastructure nécessaire à son lancement en une plateforme modulaire très souple : le conteneur lance-missile et sa cargaison, le Klub-Skorpio.
Le missile de croisière a tout le potentielle d’être l’arme qui définira les conflits du 21ème siècle… s’il n’était pas industriellement aussi lourd et complexe à produire. Son prix, jugé par certains comme prohibitif, reste parfaitement raisonnable au vu des possibilités tactiques et opérationnelles qu’il offre. Mais il demeure incroyablement et arbitrairement difficile de produire ces missiles en quantité adéquate aux besoins des flottes existantes.

Voici pourquoi l’État-Major du Mahajanubia envisage sans cesse des alternatives aux différents besoins opérationnels de la Confédération. Cela a par exemple permis de réaliser que, dans les conflits modernes, les avions de combat multirôle AF-004 "Roaring Thunder" étaient moins utiles comme plateforme de frappe aérienne que comme plateforme pour observation radar, dépassant en cela les limites des radars basés au sol ou en mer, dont la portée est limitée par la courbure de l’horizon et l’altitude de leurs cibles.
Lorsqu’il s’agit de remplacer le missile de croisière mer-mer par quelque chose de plus facile à produire en grande quantité, l’État-Major du Mahajanubia, en collaboration avec plusieurs autres pays comme l’UPO et de la LIM, envisage de s’éloigner de la notion actuelle de bataille navale directe.
Le déploiement par avion de transport, par hélicoptère, par frégate, par sous-marin ou par navire civil de champs de mine fut l’une des avenues envisagées par le Vryheid jadis. L’inconvénient des mines classiques est toutefois leur relative absence de sophistication, faible rayon d’action et facilité de contre-mesure. Telle qu’elle est, la mine marine est donc d’avantage un outil d’interdiction grossier qu’un réel atout stratégique : avec détermination et prudence, n’importe quelle flotte peut traverser un champ de mine, que ce soit en prenant le temps de nettoyer un chemin ou en chargeant à travers en comptant sur une trop faible densité du champ.
Le Mahajanubia désire adresser ces limites en dotant la « mine » d’une capacité de mouvement rapide ainsi que d’une capacité sonar passive et active. Une description qui correspond assez bien à ce qu’est une torpille : une charge explosive sous-marine capable de détecter une cible puis de s’avancer vers elle sur une large distance.

S’inspirant du porte-conteneur lance-missile, le Mahajanubia prévoit le déploiement sur les fonds marin de torpilles autonomes, protégées dans un caisson doté d’une station d’écoute sonar passive.
Ayant tiré les leçons de la Guerre des Conteneurs, notamment via les patrouilles aériennes menées en haute mer dans la traque de navires civils ennemis, un déploiement aérien via hélicoptère est vu comme optimum.
L’objectif serait d’utiliser des frégates comme plateforme de décollage pour les hélicoptères, qui pourraient ainsi utiliser leur vitesse et importante capacité d’emport pour placer les mines directement dans la trajectoire des flottes ennemies quelques heures avant leur passage, permettant à la frégate de quitter la zone bien avant d’être elle-même à portée d’un missile de croisière mer-mer ennemi.
Le caisson resterait en écoute passive, détectant éventuellement ne serait-ce que le bruit des hélices du navire ennemi et, via des algorithmes de calcul, estimerait la distance du navire ennemi. En cas d’usage de sonar par l’ennemi, la position précise pourra être estimée facilement par le caisson… qui tirera sa torpille sitôt l’ennemi à une portée confortable. La torpille activera alors son sonar actif et engagera la signature métallique la plus importante via le chemin le plus direct… ce qui sous-entendra plus que probablement un angle oblique.
Une attaque à la torpille selon un angle oblique sous la coque est une chose relativement rare : la majorité des sous-marins ne font pas feu à ce genre d’angle car cela suppose d’être très proche de la cible. Les navires de surface opérant rarement seul, révéler sa position lors de la mise à feu d’une torpille au beau milieu d’une escadre ennemie est du suicide. Mais ici, la torpille elle-même étant autonome et à usage unique, la question de la survie de la plateforme n’est pas un souci. De même, frapper selon un angle quasi-vertical aurait l’avantage de limiter drastiquement les possibilités d’évasion, d’interception ou de contre-mesures venant de la cible.

Le prototype actuel prévoit l’utilisation d’une torpille MMT-005 "Sting Ray", déjà en dotation au sein des escadrilles aériennes du Mahajanubia et, de par son faible poids et ses dimensions modestes, est parfaitement adaptée à un déploiement aérien. Avec une vitesse de 80 km/h et une portée estimée de 10 km, il est supposé que le caisson devrait opéré sur une base de distance de 5 km avec la cible, réduisant le temps entre mise à feu et impact à un peu moins de 4 minutes dans le pire des cas, ceci en laissant encore une marge de manœuvre importante à la torpille pour réagir aux changements de cap de la cible.
Le déploiement du caisson sera toutefois limité à des profondeurs de 750 mètres. Le caisson en lui-même pourra sans mal être renforcé en vue de résister à des pressions importantes propres au plancher océanique (3600 mètres en moyenne, avec pression de 348 atmosphères). La torpille MMT-005, en revanche, n’est prévue dans sa version actuelle que pour une profondeur maximum de 800 mètres (ce qui ici aussi explique la rareté des tirs selon angle quasi-vertical). Le problème vient moins de la pression en elle-même que du changement rapide de pression : même un sous-marin ne peut atteindre des profondeurs importantes que progressivement. Hors la torpille remontera à 80km/h.

En vue d’accroitre les possibilités de déploiement opérationnel du caisson, des systèmes de ballastes ou bouées sont envisagés pour laisser celui-ci flotter à une certaine profondeur, contournant ainsi le problème de la pression pour la torpille. L’inconvénient des ballastes serait que le caisson serait à la merci des courants marins et pourrait dériver dans une zone où l’État-Major ne voudrait pas voir de mines autonomes pour des raisons tant opérationnelles que diplomatiques.

Une autre solution serait l’usage de torpilles à plus grand rayon d’action : la torpille lourde MMT-004 "Spearfish", avec son rayon d’action de 50 km et sa vitesse de plus de 100km/h, pourrait être déployée en caisson sur des zones dont la profondeur est inférieure à 750 mètres mais malgré tout disposer d’un rayon d’action suffisant pour avoir un impact dans les zones de haute mer. Combiné la MMT-004 avec des ballastes pourrait en faire une arme à grand rayon d’action mais avec l’inconvénient d’un déploiement aérien difficile en raison du poids. Si les avions de transport pourraient s’en charger via un largage avec parachute, seuls les plus massifs hélicoptères pourraient accomplir cette mission. Autre soucis serait le coût d’une telle torpille : à plus de 3 millions $ par unité, cela reviendrait à payer le prix d’un char pour chaque mine. Peu onéreux si elle venait à détruire à coup sûr un navire ennemi, cela devient prohibitif lorsqu’on considère le nombre de mines qui seront perdues ou simplement abandonnées sans jamais trouver de cible.

Le projet demeure viable si utiliser de manière proactive, ce qui est en soit son objectif : le remplacement partiel des missiles de croisière mer-mer par des champs de mines bon marché et déployables de manière dynamique car représentant un faible volume logistique. Il sous-entend toutefois une domination aéronavale locale totale ou au moins une faible présence aéronavale ennemie.
Les possibles difficultées industrielles liées au déploiement à grande échelle de cette arme doivent aussi être considérées.

Posté : mer. mai 23, 2018 10:11 am
par Johel3007
Ingénierie sociale
08/03/2036

Taxation et rationnement

S’il est une chose que la Grande Hégémonie a jadis appris au reste de l’Humanité, c’est bien que le marché libre est incroyablement efficace lorsqu’il s’agit de générer innovation et prospérité pour les masses. En temps de paix, la somme des intérêts égoïstes forcés de coexister s’organise pour former un tout certes chaotique au premier regard et sur une courte durée mais qui, sur une durée plus longue, prend l’aspect de la tranquille harmonie d’un flux et reflux de marée.
Par la force du marché, la Grande Hégémonie parvint autrefois à mettre à terre les petites tyrannies populistes dont le protectionnisme nationaliste ne généra rien sinon inefficacité économique et éventuellement misère. Lorsque sa puissance industrielle à elle seule suffit à éclipser toute notion de compétition entre nation, ces dernières cessèrent même de chercher à rivaliser. Avec un monde en paix, la Grande Hégémonie porta l’Humanité vers des hauteurs jamais encore atteinte, construisant des merveilles techniques, composant des œuvres musicales élevant l’âme, développant les modes de pensée et explorant les mystères de l’Univers avec une soif de connaissances n’ayant d’égal que l’avidité pour le confort matériel.
Son effondrement, à l’image du déclin des Empires Britonnique et Posnan, ne vint que lorsque les inégalités du partage de toutes ces splendeurs encouragèrent l’abandon des politiques libérales au profit d’un localisme économiquement inefficace mais néanmoins jugé suffisant pour les populations cherchant à s’émanciper des élites financières transnationales de l’Hégémonie.

Aujourd’hui, une sorte de nouvelle Hégémonie se lève. Elle n’est qu’un reflet perverti de celle qui l’a précédée. La Coalition n’a que faire des nobles idéaux d’une méritocratie humaniste libre triomphant de la compétition par l’exemple, ralliant les populations à sa cause en mettant en avant des avantages. La Coalition préfère le cynisme machiavélien d’une oligarchie esclavagiste qui détruit ses rivaux potentiels à coup de canon.

Les dynasties du Mahajanubia ne sont guère plus vertueuses, étant elles-mêmes de petites tyrannies maintenant leur domination par un mélange de violence tout en divisant leurs sujets en tellement de groupes qu’ils ne peuvent efficacement s’unir pour défier le pouvoir en place.
Mais elles voient bien que, si la Coalition l’emporte, il n’y aura pas de place pour elles dans le nouvel ordre qui s’imposera lentement au monde.

Les organisations citoyennes comme le PLS, l’AHR, l’HIAAI et bien d’autres ont une opinion similaire mais encore plus tranchée : elles voient la menace de la Coalition, avec ses ingérences répétées malgré la volonté populaire de neutralité, comme une menace sur leur souveraineté future. Les images de l’esclavagisme en Algarbe et en Amarantie font peur aux mères de famille, qui craignent de voir leurs enfants grandir en simple tête de bétail, sans même l’espoir d’un avenir. Les massacres de dizaines de milliers d’Aminaviens sont aussi dans les esprits, bien que plus distants que les vidéos des hôpitaux du Mahajanubia submergés par les victimes de frappes missiles sans raison. Chez certains, elles inspirent de la crainte. Chez d’autres, de la colère. Ceux ayant déjà d’autres griefs de nature ethnique, politique, économique ou religieuse transforment ces sentiments en haine qu’ils cherchent à communiquer à tous.

Dans ce climat, la nécessité de se désolidariser du sacro-saint marché libre apparait de plus en plus comme une nécessité, ceci avec d’autant plus d’urgence que le marché libre ne peut pas fonctionner efficacement avec un blocus et des bombardements pour l’entraver.
La concertation nationale est de mise.

Le Bureau des Approvisionnements Stratégique de la Confédération prend une part grandissante dans l’économie nationale. Il est parvenu à convaincre les principales raffineries, manufactures, entreprises de transport, grands fermiers, industries agro-alimentaires et fournisseurs d’électricité de la nécessité d’affecter la demande pour certains biens en faisant artificiellement grimper les prix en aval de la chaine de distribution. L’opération est en fait la mise en place d’un véritable cartel à l’échelle national sur virtuellement toutes les marchandises importées.

L’approvisionnement local doit être favorisé afin de limiter la consommation d’hydrocarbure ou d’électricité ainsi que de réduire le besoin en transport de masse, libérant les routes pour les transports de biens stratégiques. À cet effet, chaque principauté mettra en place des barrages routiers prélevant une taxe sur les volumes transportés, selon les types de véhicules, depuis le camion jusqu’à la bicyclette. Que les gens paient la taxe ou qu’ils soudoient les douaniers est sans importance : le prix final des denrées d’origine lointaine en sera affecté indirectement.
La demande en denrées fraiches doit diminuer afin de limiter les risques de pourrissement des cargaisons dans un contexte où les infrastructures sont engorgées. On préférera les conserves et autres denrées non-périssables. Ainsi, les importations agricoles seront taxées dans les ports, les gares et les barrages routiers, ceci par unité de volume.
Les hydrocarbures seront taxés au litre directement auprès des raffineries. Celles-ci répercuteront la taxe sur le prix de vente. Et là aussi, des taxes additionnelles seront posées dans les ports, gares et barrages routiers, réduisant les volumes commercés de par le fait que peu de gens seront capables de maintenir leur niveau de consommation au-delà d’un certain prix. Afin d’impacter encore d’avantage les prix, le BASC achètera automatiquement 25% de la production des raffineries à un prix forfaitaire en vue de réaliser des stocks stratégiques de kérosène, d’essence, de diesel et de fuel lourd. La disparition soudaine d’un quart de l’offre poussera chaque client à surenchérir pour obtenir la priorité sur les autres, faisant ainsi grimper les prix. Le BASC pourra ensuite distribuer ce carburant selon les priorités stratégiques décidées par le Conseil de la Confédération.
Le charbon et les minerais industriels, aisément stockables dans la durée, se verront appliqué le même traitement par le BASC : rachat automatique de 25% de tout stock importé au Mahajanubia, ceci à un prix forfaitaire, et accumulation de celui-ci dans divers entrepôts à travers le pays. La redistribution se fera via le BASC, selon les priorités stratégiques.

Bien entendu, un marché noir se développera, avec tout ce que la contrebande et la corruption qui l’entoure sous-entendent de peu savoureux. Mais il est estimé que l’ampleur de celle-ci demeurera limitée, tout simplement car les volumes effectivement commerçables seront physiquement limités : après tout, si toutes les routes sont déjà bloquées par des kilomètres de bouchon, que tous les ports du pays sont bloqués par une flotte ennemie, que toutes les gares en sont à gérer des files d’attente entre trains et que les aéroports ne sont pas sûr en raison du risque d’attaques aérienne, les quelques volumes transportés à dos de chèvres à travers les collines ne changeront pas grand-chose… mais on compte même dessus :
La hausse des prix rendra en effet rentables certains modes de transport jusqu’ici délaissés car non-compétitifs. La créativité des fraudeurs, si elle ne bénéficiera pas à la trésorerie du gouvernement, bénéficiera malgré tout à la nation. Plus qu’une économie efficiente, c’est une économie performante qui est demandée aujourd’hui : produire, produire, produire… peu importe le coût : la Britonnie et le Vryheid pourront toujours renflouer les caisses après la guerre via l’argent du gaz et du pétrole.

Posté : jeu. mai 24, 2018 2:51 pm
par Johel3007
Construction d'infrastructures
12/03/2036

Bataillons Patriotiques : transport de carburant

[img]https://s7.postimg.cc/s4xk2a6kr/CIMC_tank_container_T11.jpg[/img]

Nom : Bataillons de transport motorisé d'hydrocarbure
Nombre : 80 bataillons de 600 hommes, soit 48.000 hommes


Le Mahajanubia a un PIB de 72 milliards (à peine 2% de l'économie mondiale). Son industrie lourde est relativement modeste (environ 3% de la capacité mondiale). Sa population est certes nombreuse (4% de la population mondiale) mais elle est largement démunie, avec plus de la moitié vivant dans des conditions quasi-moyenâgeuse. En conséquence, ses besoins énergétiques sont modérés : un peu plus de 250 ml de pétrole par habitant par jour.
Début 2035, le Bureau des Approvisionnements Stratégique de la Confédération (BASC) estimait la consommation moyenne durant l'année 2034 à environ 86.700 barils par jour. Depuis, il a révisé cette estimation à 95.000 barils par jour, considérant toutefois ce chiffre comme prudent, avec une sérieuse marge d'erreur.

Avec le début du blocus par les adorateurs de Lucifer venu du Posnan, d'Amarantie et d'Hachémanie, le pays a dû rapidement estimé les nécessités stratégiques pour garantir cet approvisionnement. 95.000 barils de pétrole sont attendus quotidiennement dans les différentes raffineries du pays, soit un peu moins de 15.000.000 litres de pétrole et donc de quoi remplir à raz bord 600 citernes sur armature de conteneurs standardisés de 20 pieds. Par sécurité, le BASC préfère tabler sur 1200 citernes partiellement remplies, sachant qu'entre cette capacité inutilisée et les différents arrondis à la hausse, le BASC se réserve ainsi la possibilité d'une sérieuse marge d'erreur, laquelle se traduirait en plusieurs jours de réserves additionnelles si besoin.

Pour un mois entier de réserves en pétrole, le BASC estime donc qu'il faudra au Mahajanubia pas moins de 36.000 citernes modulaires et au minimum 2.400 camions pour assurer un circuit en rotation permanente. S'y ajoutent des aires de repos, des centres de stockage temporaires, des réservoirs souterrains camouflés, des ateliers mécaniques bien équipés en pièces détachés, un réseau routier robuste et bien entretenu ainsi que le personnel pour faire tourner l'ensemble.

Au total, ce sont ainsi quelques 48.000 personnes, soit 80 bataillons patriotiques, qui sont mobilisés pour les différentes opérations :
  • Aller en Horbarash avec un camion et une citerne vide, remplir la citerne de pétrole brut, amener la citerne jusqu'à la raffinerie, vider la citerne dans le réservoir de pétrole brut de la raffinerie, passer par l'atelier mécanique pour réviser le camion, retourner en Horbarash avec la citerne vide.
  • Aller à la raffinerie au Mahajanubia avec un camion et une citerne vide, passer par l'atelier mécanique pour réviser le camion, remplir la citerne d'essence ou autre fuel, amener la citerne jusqu'à un centre de stockage temporaire, décharger la citerne pleine, charger une citerne vide, retourner vers la raffinerie avec une citerne vide.
  • Aller au centre de stockage temporaire avec une citerne vide, passer par l'atelier mécanique pour réviser le camion, décharger la citerne vide, charger une citerne pleine de fuel, recevoir du BASC les coordonnées pour la livraison prioritaire de fuel, partir vers les coordonnées, vider la citerne dans un réservoir, repartir vers le centre de stockage temporaire avec la citerne vide.
  • Contrôler les camions qui se présentent à l'atelier mécanique, changer les pièces défectueuses, commander de nouvelles pièces pour le stock, commander de nouveaux camions au BASC si ceux-ci sont réellement hors service.
  • Recevoir les demandes des différents industriels et distributeurs locaux, les trier par ordre de priorité stratégique, donner les coordonnées aux chauffeurs, superviser le chargement et déchargement du fuel
  • Entretenir les routes
  • Entretenir les bâtiments
  • ...


La complexité du réseau de distribution irait croissante mais, avec à peine 80 bataillons de civils bien encadrés et bien formés, la Confédération pourrait sans mal survivre sans même avoir à construire un pipe-line.
Bien entendu, si celui-ci était construit, il aurait un avantage : réduire considérablement le trafic routier sur une large portion du territoire, libérant ainsi les routes pour accommoder la croissance de ce même trafic en parallèle à la croissance économique et démographique.

Posté : sam. juin 16, 2018 8:40 am
par Johel3007
Recherche & development
17/05/2036

Bombe A

Le Mahajanubia a un total de cinq réacteurs nucléaires civils, construits entre 2006 et 2030, dotant le pays d'une capacité électrique de plus de 1 GW.
Il est à même de produire ses propres combustibles nucléaires MOX et URU, aussi bien à base de minerai d'oxyde d'uranium importé que de ses propres déchets nucléaires recyclés.
Plus récemment, il a fait l'achat d'un sous-marin nucléaire Briton, lequel reste actuellement caché quelque part dans l'immensité des océans, s'offrant ainsi un autre exemple de technologie nucléaire issue de la Grande Hégémonie.

L'objectif du Mahajanubia, par son programme nucléaire, était de devenir un géant électrique, capable de fournir de l'énergie aux masses du continent pour une fraction de la logistique et de la pollution associée aux combustibles fossiles. Il n'a jamais été dans son intention d'être une puissance militaire nucléarisée... jusqu'à maintenant.
Voyant la Britonnie attaquée de toute part année après année, le Mahajanubia sait qu'il est vu par beaucoup de pays comme une vulgaire colonie de Lanfair et donc comme une simple cible à conquérir ou à faire se révolter contre "l'impérialisme" Briton.
Selon le Mahajanubia, l'origine des persécutions contre la Britonnie ne vient pas tant de l'impérialisme actuel des Britons... mais bien de son absence d'impérialisme : la petite île paisible souhaite uniquement assurer la gestion de ses domaines et étendre pacifiquement la sphère culturelle britophile, ceci en négligeant que, pendant presque trois cents ans, son peuple inspira la terreur à travers le globe, alliant avantage quantitatif et qualitatif sur les mers tout en faisant preuve d'une redoutable compétence en matière militaire, industrielle, financière, technologique... bref, la Britonnie était l'apogée de ce que peut rêver d'être une civilisation, capable d'accomplir tout ce qu'elle entreprenait tout en ne souffrant aucun défi à sa supériorité de la part de tiers, écrasant avec une précision quasi-mécanique tout adversaire potentiel. Une réussite qui fait naitre du respect chez les sages ou au moins de la peur chez les idiots... mais qui attirent aussi la jalousie et la haine des peuples moins capables.

Et aujourd'hui... aujourd'hui, la Britonnie veut la paix et avec l'arrivée de ces bons sentiments, la peur qu'elle inspirait a disparu, alors même qu'elle est une composante essentielle du respect : sans la peur pour ce que pourrait potentiellement vous infliger une personne dont vous admirez les capacités, comment pourriez-vous respecter cette personne ? Un être admirable mais inoffensif n'est au mieux qu'un outil et au pire une victime d'autant plus tentante qu'elle a quelque chose à offrir en échange de la paix.
Ne reste donc d'une part que l'admiration pour ce que la Britonnie est... et d'autre part surtout la jalousie et la haine pour ce qu'elle fut. Ces deux derniers sentiments dominent chez beaucoup de sous-peuples : amarantins à la virilité incertaine, montalvéens aux ambitions thalassocratiques mal assumées, lorthons embarrassés de n'être que "les autres britons", vonalyans à l'orgueil chatouilleux... mais aussi pratiquement tous les peuples qui furent écrasés militairement par la Britonnie ou qui furent simplement humiliés par leur incapacité, dans leur quête de grandeur, à émuler ce que Lanfair eut accompli sans même essayer.
Face aux réalisations tonitruantes des Britons et aux marques visibles qu'elles ont laissé sur l'Histoire moderne, le reste du monde se sent inadéquat, tel des enfants ambitieux mais égoïstes, vaniteux et maladroits face à un vénérable vieil homme ayant une vie entière de succès comme preuve de sa valeur.

Même au Mahajanubia, on ne pouvait réprimer une pointe de jalousie pour la glorieuse Lanfair, où les statues et monuments à la gloire de l'Ère des Grandes Découvertes puis de la Grande Hégémonie opposaient à toute aventure le regard plein de jugement du passé, faisant raisonner dans l'esprit cette petite phrase simple :

[center]Britonnia did it first[/center]

Mais au Mahajanubia, l'admiration pour la Britonnie demeure plus forte que la jalousie et certainement plus forte que la haine : après tout, sous la guidance de Lanfair, leur pays n'était-il pas aujourd'hui l'un des plus prospères et stables du continent ?
Il ne fallait pas voir dans l'histoire de la Britonnie un affront mais bien une série de leçons. Et l'une d'entre elles était :

[center]Speak softly... but carry a big stick[/center]

En terme de gros bâton, une bombe atomique montée sur un satellite était sans doute proche du sommet de ce qui était possible à l'heure actuelle. La Britonnie a les satellites et la mémoire. Le Mahajanubia a la technologie nucléaire et la volonté. Et si ravager une ville avec le feu nucléaire était nécessaire à gagner une décennie supplémentaire de paix, ainsi soit-il.

[center][img]https://s22.postimg.cc/p05j6rsup/fatman.jpg[/img][/center]

Certains pourraient critiquer le caractère obsolète d'une bombe à fission : coûteuse, inefficace, polluante,...
Mais ceux-là étaient les mêmes petits esprits fermés et paranoïaques qui choisissaient de haïr leurs voisins pour des menaces imaginaires ou qui choisissaient de jalouser les réussites de leur voisins pour compenser leurs propres échecs existentiels. Hors, l'esprit des citoyens du Mahajanubia était vaste, frénétiquement actif.
Avec une bombe atomique de faible puissance, disons à peine 15 kilotonnes de puissance, tel la "Queen Mother", première bombe A testée par la Britonnie jadis, un niveau de destruction équivalent à 30.000 missiles de croisières pourra être déchainé.
Même avec des bombes moins puissantes mais plus compactes, un millier de possibilités s'ouvraient pour la défense des Nations-Soeurs. Il était espéré que cette bombe se révèle même à terme moins lourde à produire sur le plan industriel que les 30.000 missiles en question. Si c'était le cas, alors le Mahajanubia disposerait d'un levier diplomatique immense pour se garantir la paix.