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Posté : dim. févr. 24, 2019 9:23 am
par Sébaldie
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11 juin 2038
Refusant l’installation d’une compagnie de mercenaires sur son fief, le comte
de Zogrerekas devra se plier à un duel[/center]
La rente pétrolière, nettement moins lucrative depuis la chute du cours, a incité nombreux nobles et notables à chercher des solutions alternatives. Cousin du Baron Séryios de Koryvos, le riche industriel Agathángelos Eliadès en a esquissé une, celle de monter une compagnie de mercenaires au service des Etats ou des causes qui le demandent. Cette activité très lucrative pour la baronnie de Koryvos, et donc pour le seigneur lige le Comte Ignátios de Zogrerekas, a toutefois reçu un net refus de la part de ce dernier, qui craint l’organisation d’une armée parallèle en capacité de le rivaliser, voire même de le destituer. L’opération, toutefois, est totalement légale : n’importe qui aux Ménechmes peut monter une organisation paramilitaire, y compris pour revendiquer par la force un titre foncier. Le Comte a des raisons de s’inquiéter : une société militaire privée peut décrocher un contrat de plus de 100 millions $ en une année, de quoi largement financer une armée à part entière. Devant ce refus, le Baron Séryios de Koryvos, qui a pris fait et cause pour son cousin au nom du prestige de la Maison Eliadès, en a appelé à la médiation du Roi comme le prévoit les usages.
Après plusieurs jours de réflexion, le Roi Timotheos III s’est dit ouvert à l’idée de l’installation d’une compagnie de mercenaires, sans prendre pleinement parti pour la Maison Eliadès, avec laquelle pourtant il est proche. Pour régler le litige, à moins que le Comte de Zogrerekas ne fasse des concessions, le roi a appelé à un [url=https://simpolitique.net/viewtopic.php?p=341673#p341673]duel[/url] entre le Comte et Agathángelos Eliadès dans les trente prochains jours. Faute de quoi, le Roi en personne pourrait officialiser son soutien à la Maison Eliadès, voire à entreprendre une destitution contre le Comte de Zogrerekas. Les futurs duellistes, qui campent chacun sur leur position, ont accepté la proposition royale et le duel devrait être organisé d’ici la fin du mois de juin. Il est toutefois très peu probable qu’ils combattent eux-mêmes. Le Comte devrait ainsi faire appel à son maître d’armes, tandis que Agathángelos Eliadès reste mutique sur l’identité du combattant. En cas de victoire du Comte, Agathángelos serait non seulement débouté de sa requête mais pourrait être banni du fief. Une victoire de l’homme d’affaires, en revanche, affaiblirait considérablement le Comte, qui reste pour l’heure l’un des plus puissants seigneurs des Ménechmes. Le duel devrait être filmé et retransmis en direct sur Internet, constituant une source de revenus supplémentaire pour le Royaume.
[right]Michalis Vidales[/right][/justify]
Posté : dim. mai 05, 2019 7:38 pm
par Sébaldie
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15 janvier 2039
L’installation d’une base militaire ennissoise aux Ménechmes irrite
tout le monde sauf Sa Majesté
[img]https://i.imgur.com/4icm7XB.png[/img]
La base aéronavale d’Ennis en baronnie de Perarekas est au cœur de la contestation[/center]
Coup de tonnerre au Conseil Royal, cette institution dont on oublie régulièrement l’utilité en dehors du fait qu’il est le seul moyen pour les roturiers de s’exprimer (à moitié) : celui-ci a voté une résolution directement hostile à Sa Majesté et plus précisément, à l’accord qu’il a passé avec la République fédérale d’Ennis pour l’installation d’une énième base militaire, dont on oublie également l’utilité. Quadrillant le monde de ces dispendieuses bases, l’Ennis avait fait du pied à Sa Majesté Timotheos III avec succès. Le tenant du trône, qui commence à être inquiet par l’affront de son cousin qui monte sa propre armée, a accepté l’offre de l’Ennis venue du ciel, en échange semble-t-il d’un accord de défense si jamais les titres du Roi était contestés. Pour autant, nul monarque suffisamment respecté et suffisamment légitime n’a besoin de vendre quelques hectares de son fief à une puissance étrangère pour le protéger. Seul suffit son prestige et même si Sa Majesté a posé son veto (ce qui est déjà en soi une marque de faiblesse), le texte directement hostile à ses intérêts a été largement voté par une alliance de circonstance entre nobles et roturiers représentés par le Parti réformiste.
Mais n’imaginons pas que cette alliance perdura, nobles et roturiers gardent des intérêts diamétralement opposés et l’hostilité au Roi n’est pas une motivation suffisamment fédératrice pour espérer annoncer un soupçon de changement dans les institutions féodales poussiéreuses des Ménechmes. Tout dépendra de la République de Santogne, qui voit d’un mauvais œil l’arrivée de son pourtant allié ennissois sur son protectorat à des fins militaires. Les liens entre la métropole santognaise et l’archipel ménechméen sont bien plus ténus que par le passé, faisant craindre à la Santogne que les Ménechmes tombent dans l’escarcelle d’un Ennis insatiable de pouvoir et d’influence. Ce ne serait pas la première fois que Sa Majesté vend son royaume à des intérêts étrangers, les puits offshores de pétrole faisant déjà l’objet de concessions étrangères, avec le soutien de l’Eglise. Mais que Sa Majesté se rassure, elle ne perdra son titre de sitôt mais elle perdra en tout cas sa place parmi les illustres qui l'ont précédé sur le trône.
[right]Venédiktos Scafidis[/right][/justify]
Posté : lun. mai 13, 2019 6:42 am
par Sébaldie
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8 février 2039
Le Royaume est entré en récession en 2038
[img]https://i.imgur.com/ywzRr2g.png[/img]
Illustration : Boutiques fermées dans le centre du Royaume[/center]
L’intendance du Royaume a publié, avec du retard, les chiffres de l’économie ménechméenne. Avec un PIB en 2038 de 12.48 milliards $, l’archipel subit une baisse non négligeable de 3.28 % par rapport à l’année précédente. Principalement en cause, la chute du cours du pétrole – dont la rente constitue de très loin la principale source de revenus pour les Ménechmes – aggravée par l’adhésion de la Santogne, son principal client, au Forum de Coopération Economique qui taxe le pétrole brut comme raffiné en provenance d’Etats tiers à hauteur de 50 %. La désaffection de la Santogne a aussi une autre conséquence, en cela qu’elle rend la place financière des Ménechmes nettement moins attractive, ne pouvant plus profiter du réseau diplomatique et commercial de Forcastel. Les prévisions pour les prochaines futures sont particulièrement pessimistes : en effet d’une part le cours du pétrole ne devrait augmenter, voire même continuer sa chute. Malgré la hausse globale de la demande, les progrès technologiques réalisés par les grandes puissances pétrolières comme le Kars, et le ralentissement de l’industrie militaire – très consommatrice – à l’aune d’un climat mondial plutôt paisible devraient largement contenir des hausses éventuelles. D’autre part, le Royaume des Ménechmes ne pourront profiter des retombées des nouvelles Routes de la Soie, qui lieront la Ventélie orientale aux portes de la Dytolie. Les investisseurs délaissent ainsi les Ménechmes au profit de la République de Cybistrie, étape de cette future route, comme en témoignent les [url=https://simpolitique.net/viewtopic.php?p=351193#p351193]projets autoroutiers[/url] du gouvernement du Premier ministre Anestis Plastiras. La Cybistrie, qui est déjà la première destination de la diaspora ménechméenne, devrait conforter cette position, faisant craindre une aggravation de la fuite des cerveaux aux Ménechmes.
Les recettes fiscales du royaume ont donc été particulièrement impactées. Pour y faire face, Sa Majesté Timotheos III devrait ainsi revoir à la hausse l’impôt sur le revenu dans le domaine royal, les taux de l’impôt sur les sociétés ne devraient pas être modifiés pour éviter d’étouffer l’économie et faire perdre aux Ménechmes son attrait pour les investisseurs. Par ailleurs, Sa Majesté devrait également négocier à la hausse l’impôt féodal, la contribution obligatoire des vassaux à leur seigneur lige. Les négociations seront toutefois difficiles, dans un contexte tendu où Sa Majesté a rejeté une [url=https://simpolitique.net/viewtopic.php?p=350835#p350835]résolution du Conseil royal[/url] hostile à l’installation d’une base militaire ennissoise dans la baronnie de Perarekas, que détient sa fille, Son Altesse la Princesse Dáfni des Ménechmes. Cette décision n’en finit par d’empoisonner la vie politique ménechméenne, l’opposition étant de plus en plus palpable. Pourtant, selon Sa Majesté, l’installation de la base s’insère dans une reconversion de l’économie royale. Pour faire face à une rente pétrolière de moins en moins rentable, l’idée de transformer les Ménechmes en foyer de sociétés militaires privées (« mercenaires ») prend de plus en plus forme. Le but tant, à terme, de convaincre certains Etats qui ont une armée faible voire inexistante, comme le Teikoku, de lui privilégier des recours plus ou moins réguliers à ces sociétés, mais toujours moins onéreux que le maintien d’une armée régulière. Grandes entreprises de secteurs sensibles et riches personnalités composeraient le reste des clients. Mais pour l’heure, ce projet de long terme se heurte aux impératifs de court terme, la base militaire ennissoise permettant d’assurer la stabilité du pouvoir et du maintien de Sa Majesté sur le trône.
[right]Alexandros Kanelos[/right][/justify]
Posté : sam. mai 25, 2019 6:34 pm
par Sébaldie
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15 mars 2039
Le métropolite des Spamos soutient la Cybistrie contre « l’islamisation du pétrole »
[img]https://i.imgur.com/zAxGVvV.png[/img]
Son Excellence Spyridon de Spamos, Baron-Métropolite de Spamos[/center]
Depuis plusieurs semaines, la République de Cybistrie est sous le feu des critiques de la part du monde musulman, et par voie de conséquence aux futurs acteurs des Nouvelles Routes de la Soie. En cause, les propos tenus fin janvier par la ministre de l’Intérieur, Ioanna Kone, qui déclarait que le pays avait fait une erreur en concédant l’extraction de ses puits de pétrole à un pays musulman, en l’occurrence le Royaume de Kars par l’intermédiaire de Karsoil. Aux Ménechmes, le principal puits de pétrole exploité l’est sous l’administration de la baronnie des Îles Spamos, le moins peuplé des fiefs mais assurément le plus riche. Elle a également la particularité d’être le seul fief non héréditaire, puisqu’il dépend de l’Eglise orthodoxe des Ménechmes et son actuel titulaire est Son Excellence le métropolite Spyridion. Ce dernier a apporté son soutien à l’administration cybistrienne et l’a appelé à résister aux pressions exercées par le Kars et ses alliés, se désolidarisant de la Valdaquie qui compte pourtant l’une des plus importantes communautés orthodoxes au monde. Homme de foi et par la force des choses, commentateur politique en raison de ses obligations vis-à-vis de sa baronnie, le métropolite prévient : « La Ligue Islamique Mondiale a déjà réussi à faire tomber le gouvernement en Cybistrie, son pouvoir de nuisance est proportionnelle aux enjeux de ces Routes de la Soie et il est inconcevable de lui faciliter la tâche en lui préparant des contrats à plusieurs milliards. ».
Assurant son homologue d’un soutien moral, le métropolite se dit en outre prêt à nouer des relations durables avec la République de Cybistrie, même si la baronnie des Spamos resterait un partenaire pour la république, avec ses seuls 20 000 âmes et son économie tournée autour du pétrole et de l’élevage extensif. Son Excellence Spyridion ajoute : « L’islam a toujours été, historiquement, une menace pour l’Eglise et la Chrétienté toute entière et elle se renforcera si on le finance. Oui, l’argent collecté par Karsoil financera le djihadisme et les conversions forcées comme il en existe déjà en Hachémanie. Preuve en est : la question des concessions n’est pas uniquement économique, elle est également politico-religieuse. C’est [url=https://simpolitique.net/viewtopic.php?p=351885#p351885]au sein de la LIM[/url] que le Kars s’est engagé à discuter de ce sujet… pourtant, qu’a été le crime commis de la Cybistrie ? Privilégier d’autres partenaires non-musulmans, comme l’auraient fait les pays de la LIM à l’encontre des « infidèles » ! ». Serrant fermement son chapelet, le métropolite assure que l’orthodoxie est en péril : le monde hellène, qui en est le berceau, est pour lui aujourd’hui tiraillé entre les païens caskars et les pédérastes amarantins, tandis que l’Estolie et la Valdaquie « [sacrifieraient] leurs racines pour avoir un kiosque une route commerciale dont on ne connaît même pas la viabilité à long terme et qui sera dans les faits surtout contrôlée par des musulmans ». Définitivement, pour l’ecclésiastique, la Cybistrie est le dernier rempart contre « l’islamisation du pétrole », les Ménechmes ne pesant pas suffisamment pour influencer la carte de la Marquésie.
[right]Alexandros Kanelos[/right][/justify]
Posté : sam. août 10, 2019 7:21 pm
par Sébaldie
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31 octobre 2039
Le traître à quatre feuilles
[img]https://i.imgur.com/p0IEGTu.png[/img]
Illustration : Le couple royal accompagné de leur fille, marchant ensemble vers le néant[/center]
Les prévisions économiques sont unanimes : le Royaume des Ménechmes devraient à nouveau connaître la récession cette année, une situation qui ne semble pas inquiéter le Roi outre-mesure, qui continue de vendre des terres – arables et à haut potentiel économique – à la base aéronavale ennissoise Edubard A Briuis, qui y jouit du principe d’extraterritorialité. Pour garantir le secret des opérations, le Roi a procédé à l’expropriation de toutes les familles qui résidaient aux alentours, mais également des commerçants, artisans et petites industries, moyennant une indemnisation. À la tête d’une petite société de transport, Iordanis Nicolakos est l’une des victimes : « Ils m’ont indemnisé ? La bonne affaire ! J’ai mis vingt ans à me construire une place et une clientèle ici, et voilà que Sa Majesté finie à la pisse décide en un claquement de doigts que cette zone appartient désormais à l’Ennis. » enrage-t-il, au mépris d’une législation condamnant sévèrement l’outrage au Roi. À l’aune de ces expropriations, on comprend mieux pourquoi le pays entre en récession, c’est-à-dire dans un recul de sa production.
De moins en moins soutenu par ses vassaux, le Roi pense trouver dans l’autoritaire président ennissois un allié de poids pour se maintenir au trône. Il ne devrait en revanche pas trouver de soutien auprès de la nouvelle Première ministre santognaise Inès Teysseire, pas plus qu’il ne pouvait compter d’ailleurs sur Roseline Delpuech, qui l’a précédée à ce poste. Le trèfle à quatre feuilles ennissois lui portera-t-il seulement chance ? Rien n’est moins sûr. L’Amiral Morain a en ce moment mieux à faire que sauver les fesses du Roi des Ménechmes. Au cœur d’un [url=https://simpolitique.net/viewtopic.php?p=354997#p354997]scandale[/url] l’accusant d’avoir orchestré le triple attentat « communiste » de Dunmore, le nouvel homme fort de la république gaélique est en mauvaise posture. Les trois mille soldats ennissois, en plus de ne contribuer en rien à l’économie ménechméenne, reflètent une réalité de plus en plus manifeste, celle d’un pays sous une mainmise étrangère.
[right]Michalis Vidales[/right][/justify]
Posté : ven. déc. 06, 2019 1:46 pm
par Sébaldie
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17 octobre 2040
À Chioniki, les croupiers du nouveau casino valdaque sont des robots
[img]https://i.imgur.com/JWtAvRX.png[/img][/center]
L’inauguration du Casino du Vermillon s’est faite hier en grandes pompes dans la baronnie de Chioniki. Ici, pour se différencier des grandes institutions clinquantes des jeux d’argent de la capitale Korolos, on a misé sur l’innovation et sur de larges créneaux horaires, et l’on cible un public plus large, moins mondain, plus populaire. Ouvert au petit matin ou à midi, les petites gens peuvent espérer la bonne fortune à toutes heures et le week-end, l’établissement est même ouvert 24 heures sur 24. Un positionnement clairement assumé par les propriétaires du casino, une famille valdaque pauvre de la banlieue de Cernavoda, situé sur le littoral, pour qui la richesse s’est consolidée à force d’ingéniosité et d’opportunités saisies à temps. Pour tenir son engagement, le Casino du Vermillon s’est doté d’une flotte de croupiers robots qui seront bientôt dotés d’une forme humanoïde pour les rendre moins austères. Si dans tous les casinos, les machines à sous sont accessibles en journée, les tables de black-jack, de roulette anglaise, de baccarat et de poker le sont quant à elles uniquement en soirée, périodes d’affluence des clients et des croupies. Au Casino du Vermillon, les robots la plupart du temps les remplaceront, avec à la clé de substantielles économies réalisées en termes de main-d’œuvre. Grigoris Mastrolis, gérant de l’établissement, l’affirme : « Pour certaines tâches, le robot est plus efficace que le croupier humain, pour qui il est exigé une solide capacité de calcul mental, notamment des tables de 5, 8, 11, 17 ou 35, ce qui n’est pas à la portée de tous. Un robot réalise ces calculs en microsecondes et peut ainsi payer plus rapidement les joueurs. ». La sécurité, cependant, reste omniprésente et bien humaine pour encadrer les jeux.
Le gérant est lui-même un roturier valdaque d’origine ménechméenne, bookmaker reconverti aux métiers du casino, un vieil ami de la famille. Il se défend toutefois d’être un « casino prolétaire » et dit être en capacité d’organiser de grandes soirées mondaines, notamment en compagnie de Son Excellence Elpída de Tyrnanikon, 32 ans, fille non héritière du Très Honorable Níkandros de Tyrnanikon, Baron de Tyrnanikon et par conséquent nièce de la Sa Majesté Rozalía d'Iérakléos, Reine Consort d'Iérakléos et Baronne de Chioniki. Le Casino contribue par ailleurs à la modernisation du royaume, tant est si bien qu’un atelier de réparation des robots croupiers devrait voir le jour dans la baronnie voisine de Tyrnanikon. Pour autant, l’archipel est confronté à une fuite des cerveaux et manque actuellement de main-d’œuvre qualifiée dans le domaine.
[right]Jacinta Theodorou[/right][/justify]
Posté : sam. déc. 07, 2019 10:33 am
par Sébaldie
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20 octobre 2040
Les Ménechmes prêts à vendre leurs vestiges hiéroglyphiques au plus offrant
[img]https://i.imgur.com/MlXSLTe.png[/img]
Sceau en jade retrouvé sur l’île de Torregos, datant de l’an 1600 avant Jésus-Christ[/center]
Au XIXe siècle, les nobles ménechméens se trouvent une passion pour l’archéologie et entreprennent de larges fouilles dans leurs baronnies respectivement, souvent d’ailleurs au détriment des habitants qui sont expropriés manu militari. Le Comte Vassilis IV de Torrepolis retrouve ainsi en 1884 dans une oliveraie de la baronnie du même nom de précieux vestiges hiéroglyphiques que des expertises futures dateront de l’an 1600 avant Jésus-Christ, le plus souvent du matériel de scellement que l’on pourrait attribuer à l’Empire de Babel qui couvrait déjà une large partie de cette région de Marquésie. Le Comte Vassilis les range dans son cabinet de curiosités aux côtés de quelques chauve-souris empaillées et de têtes réduites en provenance d’Algarbe. Loin d’être un fin historien, le Comte Vassilis entreprend une collection de ces objets dans un désordre à provoquer un malaise cardiaque à un conservateur de musée d’histoire naturelle ou de n’importe quel archéologue. La babiole sans valeur côtoie dès lors des vestiges d’une écriture hiéroglyphique céruléenne, voire même spécifique aux Ménechmes, qui reste aujourd’hui encore indéchiffrée. Sa dynastie gardera jalousement cette collection, jusqu’à la vendre dans les années 1960 au Roi pour rembourser des dettes contractées au casino par le Comte Gerasimos, ascendant direct des deux actuelles comtesses Konstandía de Nearini et Philippa de Torrepolis.
Dans le système féodal ménechméen, le « bien public » n’existe pas. Toute chose est forcément la propriété d’un noble ou d’un roturier, qui en dispose comme bon lui semble. Aussi, les sceaux hiéroglyphiques ne peuvent jouir d’une protection au titre de patrimoine national de l’Etat comme cela existe dans d’autres pays. En conséquence, les recherches de ces vestiges ont avancé au gré de la passion du noble propriétaire, avec des moyens qui peuvent varier du tout au double d’une génération à l’autre ou bien même être anéantis. Si des archéologues ont effectivement pu rémunérés exclusivement à cette tâche par des rois mécènes, ce n’est pas le cas du détenteur actuel du trône, Sa dite Majesté Timotheos III, qui n’en a cure de ces morceaux de jade. Les « finances publiques » et celles des nobles étant étroitement liées, le roi des Ménechmes a ainsi fait part de son intention de vendre du patrimoine national au plus offrant, pour redresser la situation économique du royaume et donc, par voie de conséquence, la sienne. La communauté muséographique et universitaire de Cybistrie, qui a déjà étudié [url=https://simpolitique.net/viewtopic.php?p=357545#p357545]la période[/url], pourrait être logiquement intéressée mais la logique universitaire se confronte à l’impératif de rentabilité du Roi, qui souhaite des enchères ouvertes à tous et sans condition.
[right]Adrianos Hondrilis[/right][/justify]
Posté : dim. déc. 08, 2019 10:41 pm
par Sébaldie
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24 octobre 2040
Relier les deux îles par la route (et le monorail), un vieux rêve
[img]https://i.imgur.com/UXs91i7.png[/img]
Vue d’artiste d’un monorail sur un pont routier[/center]
Sa Majesté Timotheos III assure avoir pris conscience de l’ampleur de la crise qui touche son royaume et a énuméré quelques idées pour moderniser l’archipel. Parmi elles, l’idée de relier les deux îles par la route, distantes de 45 kilomètres, entre Torrepolis et Ampelopolis. L’idée ne date pas d’hier mais des années 1960, avec la passion nouvelle pour la voiture individuelle qui arrive sur le royaume simultanément avec le boom du trafic maritime. Les distances se réduisent alors considérablement mais entre l’île de Torrergos au nord et de Stamas au sud, la Cérulée reste évidemment infranchissable autrement qu’en ferry. Encore aujourd’hui, plus que jamais interconnectées les deux îles du royaume restent pourtant isolées l’une de l’autre par les soixante minutes de trajet qui les sépare. Un temps de trajet divisé par deux à la faveur d’un nouveau pont géant. Jusqu’ici, il s’agissait d’une chimère qui se confrontait à la dure réalité financière. Mais les coûts de construction routière ayant chuté depuis les années 1960, l’idée pourrait prendre forme, si tant est qu’on relève quelques défis techniques. La Cérulée est une mer plutôt calme - en termes météorologiques du moins – si l’on fait exception du raz-de-marée qui s’est abattu sur le Caskar l’année dernière. Pour autant, l’infrastructure devra résister à la houle et aux intempéries car comme toute mer, la Cérulée reste imprévisible.
L’union entre Torrepolis et Ampelopolis revêtirait par ailleurs un caractère très symbolique puisque ces deux baronnies sont également liées par le lien du mariage, entre d’une part Sa Seigneurie Philippa de Torrepolis, Comtesse du fief du même nom et d’autre part le Très Honorable Pétros d’Ampelopolis, qui détient la baronnie. Si devant l’ampleur des travaux, le Royaume des Ménechmes devrait être le maître d’ouvrage, une partie des rentrées fiscales devrait revenir aux baronnies concernées, d’autant plus que pour amortir les coûts, la nouvelle route devrait être payante. Mais Sa Majesté n’omet pas de penser aux non-détenteurs de voiture individuelle, nombreux sur l’archipel puisque au centre de la route, une voie serait réservée à un monorail reliant les deux baronnies, de quoi dégorger le trafic de ferrys, qui peine à assurer la desserte entre 300 000 habitants au nord et 800 000 au sud. Des pourparlers sont déjà engagés avec les maîtres d’ouvrage de Valdaquie et de Gänsernberg, qui détiennent tous deux une solide expérience dans le domaine. Ce colossal projet pourrait par ailleurs être financé par l’émission d’actions destinés aux particuliers, sur le principe du crowdfunding. De quoi, selon Sa Majesté, affecté par l’image dépeinte de lui d’un roi éloigné du peuple, réconcilier les Ménechméens et faire de ce nouveau pont l’affaire de tous les sujets.
[right]Alexandros Kanelos[/right][/justify]
Posté : sam. janv. 11, 2020 2:03 pm
par Sébaldie
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2 février 2041
L’Ennis agrandit sa base militaire, de nouvelles expropriations à prévoir
[img]https://i.imgur.com/qA2j2CI.png[/img]
« Nous sommes encore vivants » rappelle la banderole lors d’une manifestation « tolérée »[/center]
Les Ménechmes seront-ils le tremplin nécessaire au Président ennissois Lúi Ó Móráin dans sa croisade anti-communiste contre le voisin ölanais ? Craignant « l’éveil diplomatique » de la République populaire, la République fédérale d’Ennis a triplé les effectifs sur la base aéronavale Edubard A Briuis située dans le domaine royal, au sud de la capitale Korolos. L’établissement de la base s’était à l’époque déjà réalisé non sans conséquences collatérales sur les familles installées à proximité. La définition d’une zone tampon, censée protéger la base, avait occasionné l’expropriation d’une vingtaine de ménages et ce nombre pourrait tripler en raison des ambitions de la présidence ennissoise. En cause, le projet de renforcement de ladite base. Sept mille soldats de la nation gaélique s’ajouteront au contingent, auxquels il faut ajouter une flotte renforcée de dix avions, deux croiseurs et six frégates. Un projet qui nécessitera un agrandissement de la base. Si elle n’est pas encore officielle, l’expropriation des familles logeant dans la nouvelle zone tampon ne fait aucun doute et c’est pour les soutenir qu’une centaine de Ménechméens a bravé les contrôles policiers pour manifester au cœur de la ville, sur une place très quadrillée. Une manifestation tolérée, où les participants ont été triés sur le volet, et qui aurait dû rassembler quinze à vingt fois plus de monde. Rappelons d’ailleurs que [url=https://simpolitique.net/viewtopic.php?p=360930#p360930]64 % des Ménechméens sont opposés à cette base[/url] contre à peine 18 % qui continuent à le soutenir déraisonnablement.
Le Roi a déjà donné son accord pour un tel agrandissement, là encore contre l’avis d’une majorité de ses vassaux. À l’exception de quelques-uns comme le Comte Ignátios de Zogrerekas qui continuent à manger dans sa main, ils étaient peu nombreux à soutenir l’emprise croissante de l’Ennis sur les Ménechmes. C’est que le Roi est esseulé et on peut sans nul doute dire que le Président Lúi est son dernier allié de poids, celui qui permet de le maintenir au pouvoir. La diplomatie santognaise préférerait voir une autre personnalité sur le trône des Ménechmes, sans pour autant engager les forces armées pour le destituer. Si d’aventure le Roi venait à vaciller, et le scénario est chaque jour plus plausible, seuls les 10 500 hommes pourront le sauver de l’inévitable. Pour autant, le tribut à payer sera lourd. Les Ménechmes ne jouissent plus que deux avantages : la stabilité régionale qui la préserve des effusions de sang et sa météo clémente. Demain, il ne pourrait rester que les plages ensoleilées. Les Ménechmes se retrouvent malgré elles, en raison de sa situation géographique, au cœur d’un conflit en gestation avec l’Ölan. Car ce sont bien aux Ménechmes et pas en Ennis que l’Ölan pourrait riposter si ce scénario se confirmait. Le Roi, comme à son habitude, n’en a cure. Lui qui craint d’être renversé par ses vassaux pourrait bien être déposé par l’Union des Républiques Populaires d'Ölan elle-même. L’autre avantage, c’est que ça débarrasserait les Ménechmes de son régime féodal.
[right]Michalis Vidales[/right][/justify]
Posté : dim. janv. 19, 2020 5:54 pm
par Sébaldie
- [justify][center][img]http://nsa39.casimages.com/img/2018/01/13/180113111756810123.png[/img]
27 février 2041
Derrière le vernis de l’anticolonialisme, le salafisme en Dranavie
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Le prédicateur musulman Hamza Sabri, ici aux Ménechmes, se réjouit de cet élan nouveau pour le JTA[/center]
Le 18 février dernier, la ville de [url=https://simpolitique.net/viewtopic.php?p=361334#p361334]Rajgród[/url] est annoncée comme encerclée par les milices du Jabhat Tahrir Almuslimin (JTA), principale opposante au gouvernement fantoche de Aleksander Kolek, fortement sous l'influence des institutions catholiques slézanes. Une ville en ruines, qui subit depuis vingt-cinq ans une guerre civile dans ce pays multiethnique qui a fait l’objet de croisades dès le XIIIe siècle, aujourd’hui réactualisée sous l’initiative de la Slézanie. Les musulmans sunnites restent pourtant majoritairement dans cet Etat étouffé par l’Ölan et le Kars, avec une petite bouche donnant sur la mer lui permettant encore de respirer et s’ouvrir au reste du monde. La christianisation, elle, s’est faite dans la douleur et sans remplir parfaitement son rôle puisque 35 % de la population dranavienne se réclament aujourd’hui de confession catholique, surtout des Dytoliens. Les Arabes évangélisés ne sont qu’une minorité d’une minorité. C’est dans ce contexte qu’a vu le jour le Front de libération musulmane ou Jabhat Tahrir Almuslimin (JTA), qui s’est militarisé et institutionnalisé. La prise de Rajgród, une des deux villes portuaires du pays, serait une étape importante pour les arabo-musulmans, qui entendent ainsi s’emparer d’un territoire stratégique. La situation là-bas est à la défaveur du gouvernement Kolek qui malgré sa détermination concède l’avantage au JTA.
Tâve sore, le journal d’obédience communiste et de langue kurde en Ölan, n’a pas mâché ses mots pour se [url=https://simpolitique.net/viewtopic.php?p=361569#p361569]féliciter[/url] de l’avance du JTA, au nom de la lutte contre l’impérialisme de l’homme blanc dytolien chrétien. Il n’est pas le seul. Les mouvances salafistes, qui alimentent les contingents de soldats du JTA, et qui réclament l’éveil de la foi islamique, sont du même avis. Le prédicateur Hamza Sabri, qui a par le passé annoncé que les musulmans devaient reprendre la force la [url=https://simpolitique.net/viewtopic.php?p=351080#p351080]mosquée d’Ampelopolis[/url] devenue attraction touristique, est très actif aux Ménechmes et dans le reste de la région pour soutenir le combat du JTA. Pour autant, l’homme défend un islam rigoriste, hostile à la condition féminine, et donc finalement contraire aux valeurs portées par les communistes kurdes ölanais. La Dranavie a évidemment une part de responsabilité dans la radicalisation de ces mouvances salafistes, mais les communistes ölanais contribuent à légitimer leur combat. L’islam s’est imposé en Dranavie, comme le catholicisme à son tour, et aucune religion existante ne peut se prévaloir de l’antériorité pour légitimer son action ou non à gouverner le pays.
Si la parole de ce journal n’engage pas celle des autorités ölanaises, elle n’est pas de bon augure pour ceux qui espéraient trouver des amis dans les ennemis du Roi des Ménechmes. Pire, sous la menace d’une emprise salafiste en Dranavie, la population ménechméenne pourrait se rattacher à la figure du Roi et à le soutenir pour éviter que les Ménechmes ne tombent dans le chaos dranavien et qu’une horde de salafistes emmenés par Hamza Sabri s’emparent d’Ampelopolis comme la JTA tente de s’emparer de Rajgród. L’hypothèse d’une intervention des pays musulmans en Dranavie pourrait enfin être une excellente nouvelle pour l’amiral ennissois Lúi Ó Móráin, qui pourrait légitimer l’installation d’une base militaire et jouer sur les peurs des Ménechméens pour tuer l’opposition. Autant dire que sous couvert de lutte contre l’impérialisme – si tant est qu’on considère les musulmans comme des victimes et non impérialistes historiques et médiévaux de Dranavie – les conséquences pourraient être lourdes pour toute la région.
[right]Venédiktos Scafidis[/right][/justify]