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Posté : mar. mars 26, 2019 1:37 pm
par Vladimir Ivanov
[center]DES PHILOSOPHIES ORIENTALES (3)[/center]

Le Légisme

Le taoïsme est un idéalisme absurde car volontairement irrationnel ; il est un hyper-idéalisme (c'est-à-dire à l'excès) qui refuse la réalité et finit comme on l'a vu précédemment, par se retourner contre lui-même (d'où le fatalisme tao). Aussi, pourrait-on qualifier la pensée Tao de transidéalisme.
Le confucianisme de Mencius (ou "néo-confucianisme" -dont nous nous inspirons-) est un "idéalisme réaliste" ou idéalisme semi-rationnel, sage paradoxe plutôt qu'oxymore de fou, puisqu'il ose croire à la perfectibilité de tous les hommes lorsque les conditions extérieures lui sont favorables (notamment économiques). Ainsi fait-il du réel l'habile serviteur de l'idéal pour sa réalisation concrète durable. Malheureusement, ce réel est encore trop faible en raison de la confiance aveugle donnée par Mencius aux bienfaits de la nature (ce qui le rapproche du taoïsme).
Le confucianisme de Xunzi est un "réalisme idéaliste", là encore un paradoxe qui cherche à montrer cette idée sur-réaliste (réalisme irrationnel) que l'homme ne peut être éduqué que par le bâton dans une conception "responsabiliste" -et finalement individualiste- de la société, d'où l'usage abusif de la punition individuelle. Toutefois, cette primauté donnée à l'éducation (laquelle doit arracher la mauvaise nature de l'homme en lui substituant une culture juste : "ce qui est bon est toujours fabriqué", jamais naturel !), rationalise la pensée xunziste et en constitue l'élément réaliste que nous reprenons en toute complémentarité avec la philosophie encore trop idéaliste de Mencius.
Le légisme lui, est un hyper-réalisme. L'idéal n'est rien de plus qu'un instrument parmi d'autres au service du réel.

Bien que le légisme ne sera conceptualisé que trois siècles plus tard, sa philosophie rôdait de facto au sein de la faction royaliste anti-féodale de la Ventélie entre le IVe et le IIIe siècle avant notre ère. Ces principaux penseurs sont Shang Yang (390-338 av.JC), Han Fei Zi (280-233 av.JC) et Li Si (280-208 av.J-C). Tous sont contemporains de la période des Royaumes combattants (-480 à -222), près de trois siècles d'anarchie qui séparent la période mythique (-3 000 à -481) de celle du premier empire fondé par le fameux Qin Shi Huangdi en -221. Malgré son inexistence formelle, le courant légiste est une philosophie de combat structurée et bien réelle : hostile à l'anarchie féodale elle cherche à réunifier et pacifier la Ventélie sous une seule Couronne, contre les puissances feudataires qui s'étripent les unes contre les autres au prix de nombreux carnages, entre massacres et famines. Contre cette opulente féodalité, dominatrice, hautaine et cruelle, les légistes optent pour l'absolutisme royal. Et pour ce faire, ils doivent méthodiquement et consciencieusement adapter leur stratégie pour permettre à l’État royal, garant du bien commun, d'écraser et vaincre définitivement tous les seigneurs et autres vassaux indisciplinés de l'Empire. Des roitelets égoïstes qui oppriment la population asservit de LEURS terres pour mener LEURS petites guerres privées au nom de LEURS seuls intérêts personnels.
Ce ton possessif est le propre de la "droite" en générale, qu'elle soit traditionaliste et féodale ou moderne et capitaliste : les forts ou chanceux possèdent, s'approprient, exploitent, jouissent du malheur d'autrui. Les légistes pourtant, n'y voient pas là un jugement de valeur mais plutôt un constat de puissance pure : la féodalité, immorale ou pas, favorise le démembrement de l'Empire du Milieu. Il mène à l'anarchie, au chaos, et donc à la division... autrement dit, à la faiblesse.
Les légistes sont des adeptes de la puissance (qu'elle soit brute ou pure). Et cette puissance ne s'accomplira que par la centralisation du pouvoir et son renforcement.
Les partisans de la puissance brute défendront un autoritarisme plus ou moins exacerbé (légisme primitif).
Les partisans de la puissance pure défendront un véritable totalitarisme (légisme approfondi mais paroxysmique).
En effet, selon cette dernière branche, l'autoritarisme borné et répressif doit être dépassé, transcendé par une centralité totalitaire où la loi imprégnerait chaque individu, une auto-gouvernance généralisée et interconnectée qui dispenserait le souverain lui-même de gouverner, lequel se retrouverait pratiquement en situation de "non-agir" ! C'est en cela qu'il rejoindrait alors le taoïsme, du moins sur ce point. Un "laisser-faire" paradoxal qui n'est pas sans rappeler le "totalitarisme volontaire" promut par le Nod. Il faut aller jusqu'à adopter le principe de la "responsabilité collective" : la masse du peuple étant plus puissante que l'individu, lui-même insignifiant, c'est donc à elle seule que l'on doit s'adresser ou rendre des comptes. Toujours selon ces légistes "purs et durs", la priorité initiale de toute réforme politique est de faire table rase du passé. Cependant, il ne faut pas oublier que la pensée légiste part de l'homme et de la société comme ils sont, et non comme ils devraient être. C'est ce qui rend les légistes si malins et efficaces : ils prennent en compte le réel tel qu'il est, et s'adaptent en conséquence sans pour autant s'y soumettre, bien au contraire puisqu'il s'agit tout bonnement de détruire, ou "révolutionner" l'ancien état politique (historiquement, le monde féodal).
Les légistes de la branche "épurée" adeptes d'une vision totalitaire de la politique sont finalement très proches de la branche ultra de notre philosophie nodienne, notamment cette hérésie terroriste, le "[url=https://simpolitique.net/viewtopic.php?p=338233#p338233]Rovostran[/url]" (qui fera à son tour l'objet d'une étude à part entière), lequel recherche la puissance à l'état pur, au-delà des intérêts privés, de l'égoïsme ou autres désirs passionnels : le rationnel "totalitarisme volontaire" doit se substituer au passionnel "autoritarisme envieux". L'objectif consistant ni-plus ni-moins qu'à "créer Dieu", qui n'est pas derrière mais devant nous, d'un point de vue temporel.

Shang Yang était un "premier ministre" ventélien [kaiyuanais ?] du IVe siècle avant J-C. En renforçant le clan du souverain "légitime", par ses réformes habiles, il jeta les bases de la réunification de son pays. Toutefois, il sera initialement confronté aux nobles, qui profiteront de leurs privilèges pour violer les lois qu'il promulguait... ce qui eu pour conséquence un mécontentement populaire en réaction à ces injustices persistantes. D'une main de fer, il force donc les nobles à s'y plier et cette dureté politique permettra finalement le succès de la réforme, la soumission des nobles et le soutien du peuple.
Curieuse anecdote : un sujet vînt lui adresser en personne ses compliments à Shang. Celui-ci, méprisant les beaux parleurs, le déportera. Ceci témoigne de la dureté, mais également du désintérêt sincère des légistes face aux multiples et vicieuses tentations égoïstes.
Ses réformes cherchent avant-tout à rationaliser et centraliser l’administration (nouveaux districts avec hauts-fonctionnaires de l’État pour briser les fiefs et leurs seigneurs), stimuler le progrès technique, mener à bien de nombreux travaux publics (canaux, système d'irrigation et de digues contre les inondations...). Mais il est surtout connu pour avoir été jusqu'à imposer sur le plan judiciaire, le système de la responsabilité collective (à l'échelle clanique). Si une faute était commise, tous les chefs de famille du clan sont sanctionnés. On favorise également la délation pour une Justice "populaire" souple et directe.
S'étant fait de nombreux ennemis (surtout chez les nobles, naturellement), il finit par tomber politiquement à la suite du décès du souverain (son protecteur), avant de fuir. C'est durant sa clandestinité (au cours de laquelle il tentera de lever une armée contre le pouvoir) qu'il sera victime d'une loi qu'il avait lui-même promulgué : le conduisant quelques jours plus tard à la mort sur le champ de bataille, lors d'un affrontement perdu d'avance.

Han Fei Zi est contemporain de l'achèvement de la période chaotique des Royaume combattants. Aristocrate moyen victime de bégaiement, ce n'est pas un homme d'action mais de réflexion. Jeune, son maître n'était autre que le célèbre confucéen Xun Zi.
Alors qu'il méditait sur les meilleures façons de gouverner, il était extrêmement critique contre le pouvoir, la famille royale et l'aristocratie en général, méprisant l'oisiveté, la débauche et condamnant l'hypocrisie ambiante par les usages et la flagornerie. Influent, le roi Qin lui-même fut séduit par sa philosophie et son extraordinaire talent d'écrivain.
Ultérieurement considéré comme un légiste pur et dur, Han Fei reprend la pensée de son maître Xun Zi : l'homme est naturellement mauvais. Cependant, il corrige à l'extrême cette théorie en rajoutant que l'individu ne peut pas s'améliorer : sa nature est irrémédiablement mauvaise puisque fondamentalement égoïste. Il faut donc le dresser par la carotte et le bâton, la récompense et la punition, ce qu'il nomme "les deux Manipules". Pour Han Fei, la loi des hommes doit être aussi sévère, inflexible et inaliénable que la loi naturelle, à un point tel que l'individu n'aura pas d'autre choix physique comme psychologique, de suivre la volonté du Fils du Ciel. Comme dit précédemment, cette idée rejoint le taoïsme politique dans le sens où l'aboutissement de cette logique sera la disparition des châtiments, l'abolition de la violence et le "non-agir" du gouvernant lui-même, transformé en "grand-sage", en "gardien de la loi" passif, ou "grand législateur". Plutôt que d'inciter le sujet à l’obéissance par la peur de la sanction ou à l'avidité des récompenses, il modèlera son comportement jusqu'aux tréfonds de son être, jusqu'à en altérer sa volonté propre.
Spiritualisant son réalisme, la Loi est élevée par Han Fei au rang de pilier de l'ordre de l'univers, comme un des rouages majeurs de l'harmonie céleste.
Il sera tué par son grand rival et condisciple, Li Si, qui le déconsidérera auprès de l'empereur avant de le jeter en prison. Alors que ce dernier changera d'avis à la dernière minute, il sera trop tard... Li Si suicidera Han Fei en prison. Mais sa postérité fut glorieuse, et c'est bien lui qui constituait l'inspiration fondamentale de toute la politique de l'empereur Qin Shi Huangdi. Han Fei est encore aujourd'hui considéré comme un des plus grands philosophes de Ventélie.

Li Si est le condisciple et rival de Han Fei Zi : ils ont en effet eu tous deux pour maître commun le grand Xun Zi. D'origine relativement modeste, ce lettré devînt l'architecte de la nation ventélienne du [Kaiyuan ?]. Fin tacticien politique, il a passé sa vie à combattre la féodalité au service de l’État en tant que ministre sous le règne du grand Empereur et unificateur Qin Shi Huangdi. C'est Li Si qui mit un terme au chaos des royaumes combattants au grand dam de la féodalité. Il est le grand gestionnaire et planificateur de la politique centralisatrice de Qin, de la rationalisation administrative aux conquêtes militaires, en passant par la simplification de la calligraphie et la standardisation des mesures.
Il gravit rapidement les échelons en séduisant l'empereur par son intelligence et son don oratoire. Mais il sera rattrapé par un rival encore meilleur que lui, Han Fei Zi, ce qui le poussera à convaincre le Fils du Ciel de l'emprisonner dans le contexte d'une guerre entre "royaumes", avant qu'il ne lui propose du poison pour une "mort honorable" (suicide) en prison. Si le défunt Han Fei était un homme de réflexion, Li Si lui était un homme d'action.
Ardent défenseur du progrès technique (même au sacrifice des anciennes traditions), il était toutefois partisan de la censure et de la lutte acharnée contre les opposants notamment intellectuels : exécutions publiques, déportations...
Li Si resta le protégé de l'empereur jusqu'à sa mort. Li Si parvînt même à organiser sa succession en plaçant l'un de ses fils sur le trône (le cadet au détriment de l'aîné qui fut "suicidé" à son tour) : il détenait alors les pouvoirs réels de l'Empire aux côtés de Zhao Gao, grand intendant de la maison impériale, l'éminence grise de l’État (celui-là qui fut à l'origine de l'expression orientale célèbre "de la nature d’un daim comme étant celle d’un cheval" : pour jauger la loyauté des hauts-fonctionnaires du Palais, il présenta un daim et le qualifia -sciemment- de "cheval"... les fonctionnaires qui le suivirent et confirmèrent son appellation furent épargnés... tous les autres -ceux qui osèrent dire la vérité en le contredisant- furent éliminés les uns après les autres).
A son tour, Li Si fut victime des intrigues du pouvoir impérial, et le nouveau souverain fut persuadé par Zhao Gao d'abattre Li Si dans le cadre de la désagrégation du pouvoir Qin. Tout comme le légiste Shang Yang un siècle plus tôt, c'est sa propre législation qui le conduira directement à sa perte... toute sa famille fut emprisonnée pour "haute trahison", et Li Si lui-même subit une exécution publique particulièrement cruelle. Pour accroître sa peine, son deuxième fils reçut le même châtiment.

____________

A titre de conclusion, le légisme met en valeur trois concepts : la Loi (Fa) qui se justifie d'elle-même comme expression d'un "Tao culturel" (la Loi comme divinité légiste directement inspirée du Tao), la position de force qui -contrairement aux principes- détermine la réalité du pouvoir (c'est l'amoralisme politique du légisme : la valeur personnelle du souverain n'a aucune importance, ce qui importe c'est l'efficacité des lois promulguées et des institutions chargées de les faire respecter), et les techniques de contrôle (centralisme déconcentré par un fonctionnariat chargé de surveiller et de contrôler la population, principe de responsabilité collective, délations...) pour altérer la mentalité humaine et par-là même son comportement en vue de la suprématie totale de la Loi, unique garante du Bien Commun.

En somme, le légisme est une sorte de rovostranisme modéré, qui ne va assurément pas aussi loin que ladite hérésie (qui, pourtant à partir des mêmes conclusions, va jusqu'à rejeter l'humain dans sa globalité) mais y emprunte le chemin de sorte que l'homme ne soit pas renié pour autant. Il se rapproche en cela du Nod par nombre d'aspects pratiques, ou politiques formels, mais le point essentiel qui malgré tout tranche entre Nod et Rovostran, sur le plan philosophique et donc fondamental, c'est (même si le terme impropre) "l'amoralisme" exacerbé des légistes, poussé jusqu'à son paroxysme, qui les rapproche indubitablement du second. Leur recherche effrénée de la puissance, même (et justement !) désintéressée, en font en quelque sorte, des disciples primitifs de cette hérésie terroriste.

[quote]Les institutions étatiques sont chargées de faire en sorte que la loi soit intériorisée par les individus à un point tel que le châtiment lui-même deviendrait inutile tant la terreur qu'elle inspire serait grande.[/quote]

Ces théories très poussées sur le pouvoir politique, qui, pour les légistes "épurés" dépassent la punition elle-même (bassement responsabiliste) afin d'éduquer par le laisser-faire dans le cadre d'un environnement sain et l'automatisme souple d'un "totalitarisme volontaire" (responsabilité collective favorisant la solidarité), permettront paradoxalement de donner au peuple les moyens de sa propre émancipation. Aussi, sur ce point uniquement, le légisme peut être considéré comme une forme primitive et machiavélisée (donc hérétique) de notre philosophie.

Contrairement au taoïste qui fuit la question en s’abritant derrière son idéalisation de la Nature, le légiste répond frontalement au paradoxe de l’œuf et de la poule (est-ce l'individu qui modèle son environnement social par l'exemple qu'il donne... ou l'inverse ?). Tous les légistes s'accorderont sur une chose : c'est bien l'environnement (et en l'occurrence -plus directement- la situation sociale, elle-même modelée par la Loi, érigée en architecte suprême), qui détermine la mentalité et le comportement humain. En cela, nous rejoignons la philosophie légiste et reconnaissons sa valeur pratique et sa cohérence.

Cependant et pour finir, pour nous, communistes du Nod, le légisme est à condamner résolument en raison son machiavélisme : le pouvoir pour le pouvoir, la persistance (voire l'accroissement) des injustices, les punitions absurdes et contreproductives. Toutefois, au même titre que le taoïsme et le confucianisme, il développe des idées à la fois originales et rationnelles car scientifiquement prouvées puisqu'il répond avec brio à la question sur le rapport de force entre individu et société (malgré l'incohérence de ce constat avec leurs conclusions sur la manière d'exercer le pouvoir). Nous reprendrons donc du légisme sa théorie du pouvoir, par le constat réaliste, méthodique et consciencieux de la situation présente -realpolitik-, par la guerre contre la féodalité et les bienfaits -contextualisés- de la centralité (que nous mesurerons toutefois largement, en fonction des circonstances), par la nécessité de reconnaître l'égoïsme naturel inné de tous qui peut et doit être éradiqué par une éducation civique, et surtout par l'intériorisation de l'auto-discipline individuelle avec cela dit, non-pas l'autorité punitive d'un État, mais le soutien absolu de la solidarité populaire.

[quote]LEGISME :
===> tout est Loi

_ la loi est au dessus de tout
_ réalisme politique
_ autoritarisme (légisme brut/primitif) ou totalitarisme (légisme pur/approfondi)
_ substituer à la nature égoïste innée de l'homme l'acquis culturel d'une éducation inflexible
_ "amoralisme" paroxysmique (machiavélisme) et utilitarisme
_ châtiments extrêmes pour montrer l'exemple avec climat de Terreur
_ responsabilité collective
_ les familles, clans et seigneurs au service du prince/souverain, représentant de l'autorité publique
_ centralisme administratif
_ rationalisme (unifications scripturale, linguistique, des poids et mesures...)[/quote]

[img]https://i.imgur.com/xaCtvIb.jpg[/img] - [img]https://i.imgur.com/wt2kOG0.png[/img] - [img]https://i.imgur.com/DehNHg4.png[/img]
Shang Yang - Han Fei Zi - Li Si : les trois grands penseurs hyper-réalistes, fondateurs du Légisme.

Posté : mer. mars 27, 2019 5:08 pm
par Vladimir Ivanov
[center]LES PHILOSOPHIES ORIENTALES (4)[/center]

LE BOUDDHISME
(essai / incomplet)

Le Bouddhisme est plus qu'une philosophie, c'est une religion. Elle viendrait de Siddhartha Gautama, son chef spirituel et fondateur qui a vécu au Ve ou VIe siècle avant J-C.
Comme chaque religion, elle fut maintes fois interprétée, parfois jusqu'à la vie politique, et il convient donc d'y trier les mauvais et les bons fruits d'une vision du monde qui, rappelons tout de même, se réclame à la fois philosophie et religion.
Nous distinguerons d'avance le bouddhisme ventélien originel, du bouddhisme "vulgairement pacifiste" fantasmé dans les milieux du show-biz ou libertaires camusiens des pays riches, qui salissent avec leur argent, leur gloriole superficielle, leur sexualité débridée, et leur conception sisyphique du monde, la beauté de cette croyance.

Le premier constat qui vient à l'esprit lorsque l'on étudie cette religion, extérieurement, c'est que par bien des aspects, le bouddhisme ressemble au christianisme.
D'abord par le rigorisme et la beauté de la pratique, et donc des actions concrètes qu'il demande. La générosité, qui va jusqu'à se défaire de ce que l'on a pour le donner à ceux qui en ont plus besoin, est ainsi un acte de vertu bouddhiste. A l'instar du christianisme (charité chrétienne) et de l'islam (aumône).
Le bouddhisme défend ensuite 5 grands préceptes dans le comportement humain de la vie quotidienne : ne pas tuer, ne pas voler, ne pas mentir, ne pas se droguer -alcool et tabac y compris !- et bien-sûr, la fidélité et l'honnêteté en amour. Si les circonstances nous poussent souvent à y contrevenir (psychologies fragiles dues aux difficultés d'une vie injuste), autant de justificatifs parfois tout à fait crédibles voir sains, l'axiome de base est approuvé totalement par notre Confrérie autant que par le christianisme. Par exemple, pour un misérable, voler une personne qui accumule les richesses en surplus pour son égo et ses caprices, n'est pas seulement une "petite faute", c'est aussi un droit, et même un devoir si la cause de ces actes est purement politique. Fumer du tabac ou boire de l'alcool ne sont pas mauvaises choses s'ils sont consommés avec modération et si le contexte y pousse. Même si tous ces comportements, placés hors de leur contexte, sont néfastes.
Autre point commun entre christianisme et bouddhisme : la méditation. La prière chrétienne se distingue toutefois comme étant une relation particulière et personnelle avec Dieu. Absolument gratuite, parfois collective, mais jamais seule : Dieu est présent. Là où le bouddhisme le fait parfois dériver vers une autosatisfaction égocentrique qui plait tant aux milieux du show-biz et au système économique capitaliste en général, qui récupère à son compte cet élément commun du bouddhisme et du taoïsme, à savoir le yoga (payant et commercialisé...), pour compléter la dureté sociale de ses travailleurs en quête de décompression (en plus de la prostitution, des casinos, des drogues...).
Heureusement, le bouddhisme authentique, l'initial, le ventélien, se fonde avant-tout sur une méditation fondée sur l'humilité personnelle, et souvent même la communion collective dans les monastères. De même qu'à son tour, le christianisme se perverti bien souvent dans son rôle de "soulageur de conscience" ou bien encore de "culpabilisateur", toujours au profit des oppresseurs.
Le bouddhisme authentique, à distinguer, nous nous permettons d'insister, des interprétations occidentales capitalistes pour célébrités ou télévisions divertissantes de grands-mères, condamne avec force les excès du ritualisme : elle se veut une pratique concrète, réelle, en acte utile. Le culte de la chance et ses superstitions, les porte-bonheurs et gri-gris doivent être bannis. Inutiles et même néfastes à l'esprit, ce genre de pratiques n'a finalement rien à voir avec le bouddhisme contrairement à ce que certains pensent souvent. Le christianisme, malgré sa liturgie parfois poussée, condamne également les superstitions.

Il y a trois "riens" essentiels dans le Boudhisme : le temps (impermanence : tout s'achève inévitablement), la perfection (insatisfaction : rien est jamais parfait) et l'unicité (rien n'existe par lui-même : tout n'est qu'assemblage).

Mais par-dessus tout, le fondement du bouddhisme, c'est le dhamma. Le dhamma n'est rien d'autre que l'essence même de tout l'enseignement de Bouddha, qui consiste à comprendre la réalité avec raison et sagesse, faire la part des choses, trier l'utile de l'inutile, le mauvais du bon, se critiquer soi-même, se purger même, afin de nous libérer. Nous libérer de la souffrance, très exactement.
Cette souffrance provenant de notre attachement aux choses, des choses que l'on perd inévitablement, des choses que l'on risque de perdre même bien avant la mort, alors le bouddhisme nous dit : "ne nous y attachons pas". "Libérons-nous en".

[HRP : curieusement sur la V3, et sans émettre la moindre critique, c'est ce que Terienkov tentait d'accomplir en URKR et dans les pays contrôlés par la Main Noire : [url=http://www.simpolitique.com/post219977.html#p219977]libérer totalement l'homme de ses attachements matériels, sentimentaux et égoïstes (à soi-même), de la souffrance... comme des plaisirs.[/url] Mais bien-sûr, cela fut appliqué d'une manière telle, et dans un objectif si particulier, qu'il n'avait strictement rien à voir avec une quelconque forme de bouddhisme.]

Cependant, nous pensons que cette aspiration bouddhiste au détachement des choses n'est pas exactement la même que celle prônée par le christianisme ou le communisme. Les chrétiens prônent l'abandon de soi-même à Dieu et l'amour par tous et pour tous. Le communisme prône l'abandon de soi-même à la collectivité (laquelle rétrocède ensuite à chacun le fruit sublimé de ce sacrifice initial, rendu meilleur par une Justice réelle). Mais tout cela n'empêche pas de s'attacher à ses proches, à la Vertu et à l'Humanité. Cela malgré finalement cette "souffrance saine" qui leur rappelle leur Humanité et l'amour qu'ils se doivent entre chacun. Le bouddhisme lui, semble prôner l'abandon de toute forme d'attachement, et donc de l'amour lui-même.

[img]https://i.imgur.com/Bh2Kbx5.png[/img]

[quote]RÉSUMÉ DE LA RELIGION BOUDDHISTE
===> tout est dans la compréhension du détachement

_ comprendre la réalité pour se libérer de toutes souffrances, comprendre le bien, observer et s'entrainer (bonnes habitudes)
_ détachement (car attachement = souffrance)
Il y a trois façons de pratiquer le bouddhisme :
_ générosité (aider les autres, se défaire de ce qu'on a pour le donner à ceux qui en ont plus besoin)
_ vertu (bon comportement, respect, 5 préceptes : ne pas tuer, ne pas voler, fidélité et honnêteté en amour, ne pas mentir, ne pas se droguer -alcool, tabac...-)
_ méditation (développer la concentration et l'attention, être conscient de ce que l'on fait dans la vie quotidienne, partout et toujours)
_ contre les excès du ritualisme (il est inutile de prier les esprits, vouer un culte à la chance, être superstitieux ===> il faut au contraire une pratique concrète)
_ dhamma : l'enseignement de Bouddha, qui consiste à comprendre la réalité pour se libérer de nos attachements (et donc de nos souffrances)
_ impermanence (tout a un début et une fin), insatisfaction (rien est jamais parfait), rien n'existe par lui-même (tout n'est qu'assemblage)
_ pour être heureux, il faut se contenter du minimum[/quote]

Posté : jeu. mars 28, 2019 1:02 pm
par Vladimir Ivanov
[center]LES PHILOSOPHIES ORIENTALES (5)[/center]

[img]https://i.imgur.com/E4fAOex.jpg[/img]
L'Amour universel : une relation sociale à la fois égalitaire, sainement naïve et pacifiste. Selon ses détracteurs capitalistes, le TAB (Tchingis Ardyn Baïguullaga, organisation parente du Nod) chercherait à "infantiliser" le monde. Selon ses détracteurs confucéens, il chercherait à le "féminiser".
C'est ainsi que l'image la plus courante délivrée, à la fois véridique et symbolique, est celle donnée par toutes ces jeunes filles militarisées : joyeuses et naïves dans l'espoir d'un monde radieux, mais travaillant ensemble, laborieusement, à la concrétisation de ce rêve et prêtes à se défendre contre les ennemis potentiels, très nombreux en ce monde...


Le Moisme : la voie orientale choisie par le Nod

On le surnommait le "Jésus de Ventélie". Il est le sage oublié, le philosophe de "l'amour universel", le pacifiste de la ligne "la paix par la force" sacrifiant toute son énergie contre la féodalité pour faire don de son cœur à l'Humanité, un penseur qui a cherché à faire une contre-synthèse du confucianisme et du taoïsme, un homme assoiffé de justice, et un des premiers grands théoriciens communistes de l'Histoire.
Sa pensée est aussi paradoxale que la question de l’œuf et de la poule : c'est-à-dire, comme il l'a prouvé lui-même, d'une évidence scientifique, d'une cohérence rationnelle à mettre dans l'embarras ses contradicteurs : là où la poule procède de l’œuf, l'individu procède du collectif.
Derrière les figures rassurantes de Confucius et de Laozi, seules quelques personnalités cultivées se souvenaient encore, au début de ce dernier millénaire, du troisième grand philosophe ventélien, qui vécut juste à la suite desdites figures, de 479 à 392 avant Jésus-Christ... : Mo Di, plus connu sous le nom de Mozi (prononcez "Mö-tseu").

Dans le contexte anarchique et féodal des "Royaumes combattants", Mozi, homme du peuple, probablement fils d'artisan, survie et se cultive tant bien que mal par-delà les souffrances et la mort. Ce combat, celui de sa vie entière, est mené dans un but précis : apporter sa contribution au changement de l'ordre établi, poser sa pierre dans la fondation d'une société nouvelle.

Lorsqu'il naît, s'éteint le plus influent de tous les philosophes du Monde en son temps : Confucius. Contemporain de ce dernier, une seconde figure l'affronte : Laozi. Le premier, Confucius, défend le strict respect d'un ordre culturel hiérarchique autoritaire au moyen d'une multitude de rites et de coutumes qui doivent rendre l'individu meilleur et par lui ensuite, le reste de la société dans les limites d'une inévitable et rigoureuse sélection compétitive. Le second défend la soumission fataliste de chacun à une entité naturelle omnipotente et immuable, selon un mode de vie égocentrique et libertaire.

Face à ses deux prédécesseurs, Mozi va d'abord suivre la logique coutumière du premier avant d'y faire un grand tri et s'y opposer radicalement : sa pensée contredit à la fois le confucianisme et la taoïsme, tout en reprenant certains éléments de ces deux philosophies, épurés toutefois de leurs raisons d'être initiales.

Concrètement dans sa vie, Mozi fut surtout préoccupé par la guerre et l'oppression, omniprésentes autour de lui. Les seigneurs de guerre assoiffés de pouvoir, les conquérants militaires en quête de gloire et de prestige, les roitelets présomptueux et leurs feudataires, tous mirent la Ventélie à feu et à sang selon leurs propres principes, lesquels oscillaient généralement entre l'Ego et le Tribalisme.
Face à un tel contexte, Mozi ne pouvait observer et souffrir que tragédies, pour y opposer... son courage, ou plutôt son audace : celui d'y proposer une vision alternative radicale du monde, hostile à toute forme de fatalisme, défaitisme, pessimisme, capitulationisme. Contrairement à ce qu'on a parfois raconté à son sujet, Mozi n'avait rien à voir ni aux légistes primitifs, ni à la pensée de Xiunzi : il avait confiance en l'Homme. C'est ce qui le poussa justement à proposer l'édification d'un monde meilleur.
Ce monde est celui du règne de l'Amour Universel dans l'égalité complète. Un monde non-pas seulement pacifique mais pacifiste, où les hommes n'apprennent à se battre que pour imposer la paix, et par la force si nécessaire. Mais attention ici : il faut entendre "paix" au sens fort du terme, une paix réelle, sociale, concrète, totale, une paix de Justice et donc égalitaire.
Par exemple, l'envoi de troupes répressives par une élite d'oppresseurs soi-disant "représentatives du peuple tout entier", pour "pacifier verticalement" une résistance populaire intérieure, est par définition un acte belliqueux. A l'inverse, l'envoi d'une troupe d'interposition pour "pacifier horizontalement" un conflit dans lequel les différentes parties sont également oppressives -ou au contraire également innocentes- est un acte pacifiste.

Violemment hostile à la féodalité en raison des désastres moraux et sociaux qu'elle entraine inévitablement, Mozi est un centralisateur pur et dur, qui a bien conscience qu'une puissance coordonnée, uniforme et centralisée est la seule façon d'instaurer la HePing, la Paix, celle que l'on distingue toujours de "l'ordre", pour lequel peut subsister des conflits d'intérêt du moment que ceux-ci ne remettent pas en cause la domination des strates supérieures de la hiérarchie sociale. Une distinction qui rejoint d'ailleurs le concept de totalité. La multitude, ou plus précisément la "diversité bourgeoise" des mentalités et habitudes au sein du peuple, n'est pas un problème pour les classes supérieures et les accapareurs : un conflit opposant les prolétaires et les opprimés entre-eux ne peut leur être que profitable. A l'inverse, la totalité, à savoir l'unité idéologique et l’uniformité des logiques comportementales, en deux mots, la convergence des luttes, les mettrait en danger et remettrait sérieusement en cause l'ordre institué. Paradoxalement, c'est la diversité qui favorise l'ordre (celui des profiteurs), et la totalité qui favorise le désordre révolutionnaire, signe de la colère d'un peuple uni.

Pour Mozi, l'égoïsme, à savoir la primauté de l'amour-propre (qui s'assimile d'une façon ou d'une autre à l'orgueil, malgré la nuance de surface), est le vice suprême. Il est le père de tous les maux. La haine elle-même provient de l'amour-propre. Tandis que la préférence des siens, ou "préférence nationale", en distillant la haine de l'étranger, est logiquement une forme d'égoïsme. Tout ce qui hiérarchise fondamentalement les dignités humaines, que ce soit en les individualisant ou en les catégorisant, est une forme d'égoïsme.

Pour comprendre, le mieux est de donner la parole à Mozi lui-même :

« À présent, les seigneurs féodaux ont appris à n'aimer que leur propre État et non ceux des autres. C'est pourquoi ils n'ont aucun scrupule à attaquer l'État des autres. Les chefs de maison n'ont appris à n'aimer que leur propre maison et non celle des autres. C'est pourquoi ils n'ont aucun scrupule à usurper d'autres maisons. Et les individus n'ont appris qu'à aimer eux-mêmes et non autrui. C'est pourquoi ils n'ont aucun scrupule à faire du tort à autrui »
« Il faut donc considérer l'état des autres comme le sien, la maison des autres comme la sienne, la personne d'autrui comme soi-même. Quand les seigneurs féodaux s'aiment les uns les autres, il n'y a plus de guerres ; quand les chefs de maison s'aiment les uns les autres, il n'y a plus d'usurpations réciproques, quand les individus s'aiment les uns les autres, il n'y a plus de torts réciproques. [...] Quand tous les hommes de par le monde s'aiment les uns les autres, le fort n'abuse pas du faible, le grand nombre n'opprime pas le petit nombre, le riche ne se moque pas du pauvre, le grand ne méprise pas l'humble et le rusé ne trompe pas l'ingénu. »

C'est ainsi qu'on en revient encore au concept de totalité : tous aiment tout le monde, tout appartient à tout le monde. Tous suivent la voie de la Vertu, à savoir cette Vertu là.
Comme l'expliquera bien plus tard le dytolien Proudhon, le Bien Commun est fondamentalement supérieur à la somme des intérêts individuels puisqu'il transcende et dépasse leur simple addition. En effet, c'est parce qu'ils travaillent collectivement que les ouvriers produisent plus que s'ils travaillaient chacun individuellement (simple addition).
[quote]Un individu ne peut faire en dix heures le même travail que dix individus en une heure. La force collective dans le travail social produit bien plus que la force individuelle. Cent hommes peuvent déplacer une pierre de plusieurs tonnes que jamais un individu seul ne pourra faire bouger même en cent fois plus de temps. Pourtant le capitaliste rétribue chacun de ses ouvriers individuellement et donc « vole » ce surplus de valeur produit collectivement. La propriété privée est l'appropriation par un individu de ce travail collectif et est donc un vol.[/quote]
Ainsi Proudhon prouve-t-il magistralement la cohérence de la pensée de Mozi.

Chez Confucius, l'individu est laissé à son libre-arbitre et à son aptitude à la perfectibilité : on dit qu'il est alors "subjectivé".
Au contraire, Mozi ne fait pas confiance en la nature individuelle. Non-pas qu'il soit misanthrope, ou qu'il ne fasse pas confiance en l'Homme en tant qu'Humanité, mais il dénonce le culte de l'auto-réalisation, un mensonge fait à soi-même et aux autres, et qui plus est profondément malsain puisqu'il corrompt l'esprit humain par une exacerbation de l'égoïsme, ce qu'on appelle communément l'orgueil.

C'est pourquoi Mozi empruntera au légisme (bien qu'il lui soit formellement postérieur, le légisme n'a jamais existé en tant que tel comme école de pensée, par conséquent il existait déjà implicitement avant lui) cette idée de sanction nécessaire dans le cadre d'une hiérarchie strictement politique (mais certainement pas sociale). Gages mécanicistes de la paix, du moins à ses débuts, la peur de la sanction selon les principes utilitaristes de Mozi doit permettre aux opportunistes de se soumettre au nouvel ordre "mondial" révolutionnaire. Ils apprendront ainsi l'humilité que doit tout individu, non-pas à une dynastie royale, non-pas à une noblesse, mais à la collectivité.

Enfin, viscéralement hostile au culte de la gloire pour la gloire, Mozi va jusqu'au bout de sa logique :
« Le plus glorieux des conquérants responsable de quantité de morts, n'est qu'un meurtrier incomparablement plus criminel que l'assassin d'un seul homme. »
La puissance augmente considérablement -voire outrageusement- la susceptibilité chez un individu d'être coupable d'un crime. Il faut donc retirer tout excès de puissance chez les individus.
Comme le dit le proverbe kaiyuanais : le clou qui dépasse appelle le coup de marteau.

Bien-sûr, la pensée de Mozi comporte aussi des zones d'ombre, comme ses excès dans l'utilitarisme, le poussant à renier jusqu'à la musique parce que jugée "inutile". Ces extrêmes, eux-même à remettre dans leur contexte de sa vie difficile d'homme modeste en temps de chaos, partent néanmoins d'un bon sentiment : à l'hédonisme exclusif des riches, issu de l'exploitation des malheureux, doit se substituer l'ascétisme égalitaire de tous.

Contre la pleutrerie du pacifique, Mozi oppose l'audace du pacifiste.
Contre la vilenie de l'arbitrage, Mozi oppose la justesse de l'interposition.
Contre la vengeance du pathos, Mozi oppose le pardon du logos.
Contre le fastidieux marasme des superstitions coutumières au service d'un héritage, Mozi oppose le progrès d'un utilitarisme propter bonum publicum (utilité au service du bien commun).
Contre les passions éphémères de l'amour émotif, Mozi oppose la raison immuable d'un amour conatif.
Contre la fierté d'un égo satisfait, Mozi oppose la dignité de l'abnégation.
Contre l'amour des siens, Mozi oppose l'amour de tous.
Contre la primauté de l'amour-propre, Mozi oppose l'égal amour de soi et d'autrui.
Contre la subjectivité du Juste, Mozi oppose le déterminisme objectif des Justes.
Contre l'orgueilleuse verticalité du moraliste, Mozi oppose la solidarité horizontale des vertueux.
Contre la fatalité de la Nature, Mozi oppose dès ici-bas, l'espérance Céleste.


[quote]MOISME (résumé de la pensée de Mozi) :
===> tout est amour universel

_ pacifisme, antimilitarisme (époque de guerre civile, et du règne tyrannique des seigneurs de guerre, "Royaumes combattants" de -450 à -221)
_ enseignement des arts martiaux (pour l'interposition pacifiste dans les conflits horizontaux)
_ utilitarisme (contre les traditions néfastes pour l'économie ou la santé : dénonciation des plaisirs à l'excès ou trop raffinés, rituels absurdes...)
_ anti-hédonisme (inutile, contreproductif, il faut agir dans un but déterminé)
_ souci du Bien Commun, de la justice sociale (dénonce les conditions de vie du peuple par rapport à ceux de la noblesse ventélienne)
_ Amour universel (contre l'amour sentimental et émotionnel confucéen, on prône un amour rationnel conatif, d'équité)
_ propose une sorte de socialisme discipliné dans lequel le Fils du Ciel (l'empereur) doit effectuer une redistribution rigoureusement égalitaire de toutes les richesses[/quote]

Posté : dim. avr. 28, 2019 3:09 am
par Vladimir Ivanov
[center]L'AMOUR UNIVERSEL : LA PREMIÈRE DES VERTUS[/center]
Issu d'un ancien texte de la V3, revu, réadapté et actualisé ; avec rajouts.
[url=https://www.youtube.com/watch?v=NOL7yqZJPZs&feature=youtu.be&fbclid=IwAR0_HuRRvvyL3-e1pvb0w4dKOWPlRSvvILw8WYwtGoKoqWbZfm1PR-1fp10]ambiance musicale[/url]

[img]https://i.imgur.com/TblqlNF.png[/img]
L'amour conatif, authentique, désintéressé, et à visée universelle : à l'image d'une dévotion religieuse.

[quote]« Laissez-moi vous dire, au risque de paraître ridicule, que le véritable révolutionnaire est guidé par de grands sentiments d'amour. Un authentique révolutionnaire est inconcevable sans cette qualité. »
Ernesto Guevara[/quote]

Avant d'aborder ce sujet complexe, il est nécessaire de rappeler l'axiome fondamental du Nod.
La première de toutes les vérités, la seule certitude indémontrable -du moins en apparence-, l'essence suprême, l'unique base fondamentalement irrationnelle de l'idéal communiste prôné par notre philosophie et organisation, est cette simple idée qu'il est absolument indispensable pour l'Humanité de donner à chacun de ses membres, sans aucune exception, une vie digne et vertueuse dans la joie partagée de tous et pour tous.
Cette idée est désignée comme étant l'Amour Universel. Un Amour non-pas dénaturé ou adapté, mais conforme et sanctifié par la visée communiste : propter bonum publicum.

Contrairement à ce que l'on pourrait imaginer, ou plutôt spéculer, l'Amour Universel au sens entendu par notre confrérie, n'est pas un concept abstrait qui permettrait alors de donner une légitimité superficielle à toute sorte de violence, de rage et de haine prétendument anticapitaliste.
Théorisé pour la première fois par le grand sage et philosophe ventélien Mozi (prononcez Mo-tseu), le concept d'Amour Universel désigne une pensée, une mentalité, qui consiste à placer l'aspect conatif du sentiment amoureux dans une dimension universelle.
On partira en effet de l'hypothèse qu'il existe deux types d'amour :
_ l'amour affectif (celui des sens et des sentiments, du chimisme du corps aux battements du cœur : admiration béate de l'autre, sensation de manque et de souffrance lors de l'absence de l'être aimé...)
_ l'amour conatif (souci du bien d'autrui, franche volonté de rendre l'autre durablement bon et heureux jusqu'au sacrifice de soi)

Le premier, l'amour affectif, lorsqu'il n'est pas accompagné du second et surtout lorsqu'il est séparé du Bien Commun, rend aveugle et représente par excellence le fruit trop mûr produit par le capitalisme, générateur d'Injustice en cultivant la compétition, l'orgueil, l'égoïsme et la jalousie. Sans conation, cet amour est purement instinctif, donc égocentrique, et par-là même, hypocrite. On n'aime l'autre que pour ce qu'il nous apporte. Dès lors que le cœur ne bat plus, ou plus assez, dès lors que la sérotonine commence à baisser, cet amour se dégrade avant de disparaître peu à peu. Si cet amour est important -essentiel même-, isolé, il devient non-seulement fragile, mais aussi futile, voire profondément nocif, puisqu'à la manière d'une substance psychotrope, il est responsable de grandes souffrances improductives, parfois autodestructrices car poussant au désespoir.
Le second, l'amour conatif, s'il est plus "élevé" que le premier moralement et humainement parlant, ne manque pas à son tour de fragilités : dénué d'affection, il peut rendre la vie difficilement supportable, voire sacrificielle. Pire, s'il n'y a pas de retour de la part de la personne aimée, ce sacrifice sera vain, du moins au premier abord. Bien souvent, les hommes n'ont pas les armes morales suffisantes pour faire face à un effondrement de l'amour affectif, et lorsque la conation s'isole, cet amour s’affaiblit jusqu'à l'abandon pur et simple. A la manière d'un amour brutal et colérique d'un père pour son fils, ou à l'image de cet adage : "qui aime bien châtie bien", l'amour conatif, sans affection et détaché des impératifs du sens commun, peut devenir une vulgaire impasse, de sa maladresse pseudo-éducatrice à sa sécheresse clanique, exclusive.

A partir de ces deux constats bien connus, les sociétés bourgeoises en ont déduis que la solution se trouvait justement dans une recette magique qui mixait ces deux ingrédients à quantité variable selon les catégories et factions internes de ces sociétés. En effet, consciemment ou non, tous les habitants d'une société bourgeoise, plus encore si elle est avancée, développée, industrialisée, sont exposés depuis leur naissance à une multitude de déterminations physiques et psychologiques, instinctives et morales. Comme le prouvent tout à la fois l'Histoire, les sciences biologiques, sociales et cognitives ainsi que le bon sens philosophique, l'infrastructure fondamentale qui détermine les consciences, les mentalités et les habitudes humaines, certes au cours d'un long cheminement spatio-temporel marqué par de nombreux filtres tous plus complexes les uns que les autres (les fameuses "superstructures"), n'est autre que le mode de production. C'est la raison pour laquelle, malgré la complexité du processus -génératrice de nuances-, les habitants de sociétés bourgeoises défendent un point de vue généralement consensuel en matière de mœurs, qu'ils soient de droite ou de « gauche ».
Ils seraient toutefois surpris de découvrir qu'une fois la société socialiste édifiée et la voie du communisme empruntée (avec la volonté, l'engouement et la détermination nécessaires) une nouvelle forme d'Amour est possible. La révolution politique amenant les révolutions sociales et économiques amènent inévitablement à des révolutions morales et comportementales... et parmi elles, l'Amour Universel en est le plus bel accomplissement.

Cet "amour complet" idéalisé, à la fois conatif et affectif, promu par les individus modelés par la philosophie bourgeoise, ne manque pourtant pas de défauts majeurs. Et en premier lieu, même si la conation existe en toute sincérité, même si l'affection vient solidifier cette relation, même si cet amour dure dans le temps... il existera une faille d'autant plus grave que sa dimension est moins quantitative que qualitative.
En raison de son caractère exclusif, en raison de sa manie de trier et de hiérarchiser, l'amour durable et solide, qu'il soit affectif, conatif, ou les deux à la fois, est souvent l'apanage des élus de la fortune (sens littéraire, "destinée", "hasard" ou "nature") : les riches, les beaux, les forts, les sophistes et les pharisiens. Pas de pitié pour les infortunés : victimes de pauvreté matérielle, victimes de handicaps physiques (malformations extérieures ou intérieures, dysfonctionnements psychiques...), victimes de faiblesses de toute sorte les privant de l'amour des autres, et par effet pervers à terme, de leur "amour de soi" (sens mélioratif à distinguer de "l'amour-propre", péjoratif), jusqu'à ce que les plus fragiles d'entre-eux ne finissent par devenir mauvais.
Cet amour soi-disant "authentique" est passionnel et irrationnel, il est exclusif (on aime spécialement une personne -couple amoureux- ou quelques personnes -familles, amis, communautés...-, toujours au détriment des autres). Parce que la nature nous l'impose, et par elle, notre instinct, on hiérarchise nos amours, du meilleur (l'amant) au pire (nos ennemis dans la vie privée). Cet amour exclusif est la pourriture qui déconstruit par étape les bienfaits pourtant naturels des relations humaines. Cet amour exclusif est la voie la plus sûre menant vers le communautarisme : préférer sa tribu, sa faction, sa famille... à toutes les autres. Cet amour exclusif ne distille pas seulement de la jalousie chez tous les envieux infortunés, il alimente l'Injustice en privatisant la notion même d'amour, le rendant alors vulnérable aux lois de l'offre et de la demande : et lorsque l'homme se mit à dire "ceci est à moi", il suscita chez les autres toutes sortes de pensées, gravitant alors autour d'une seule, la concurrence. Qui sera le meilleur ? Qui sera le vainqueur ? Et à force de surenchère compétitive, on en vînt à déclarer que celui qui profitera de sa terre ne sera pas celui qui la travaillera. Ainsi, dans l'Histoire, l'oppression de l'homme par l'homme commença dès lors que la propriété privée fut inventée, et la première d'entre-elle fut l'amour exclusif.
En société capitaliste, pratiquement tout le monde a adopté, consciemment ou pas, ce mécanisme de l'amour exclusif : aimer ceux qui nous font du bien et mépriser ou haïr ceux qui nous font du mal semble être d'une logique et d'une normalité... naturelles.
Et en effet, nos instincts respectifs forgés par une société injuste nous poussent à entretenir un amour relatif et à géométrie variable, pouvant aller jusqu'à haïr nos prochains non-pas seulement si ces derniers nous font du mal, mais parfois simplement parce qu'ils ne nous conviennent pas ! En société capitaliste, cette mentalité s'est généralisée à la quasi-intégralité de la population. Un peuple fragmenté, parcellisé, individualisé, et finalement "dé-populisé", bref, un peuple qui n'en est plus un, et pourtant... une population plus uniforme et plus consensuelle que jamais sur les habitudes de vie c'est-à-dire les comportements, sur les questions philosophiques les plus vitales, les plus essentielles, c'est-à-dire les mentalités. Impuissant et fragile, l'individu lambda n'est alors, dans sa multitude parcellisée, qu'un misérable rat de laboratoire. Des hommes victimes de l'Injustice et de la souffrance qui en découle, des hommes poussés naturellement vers le vice.
Aussi, va-t-il de soi que ces "citoyens-cobayes", producteurs-consommateurs, demeureront plus excusables que les plus vils et abjects des êtres, ceux qui profitent pleinement de leur fortune pour se tourner malgré tout vers la méchanceté. Parmi eux, la plupart des membres de l'aristocratie et de la haute bourgeoisie, si riches, si gâtés, si puissants, qu'ils vont jusqu'à pousser le vice à son paroxysme, en s'achetant deux "images" superficielles pour acquérir l'amour de l'opinion : le mérite individuel ("riche parce qu'il a bien travaillé") et la bonté intérieure ("riche, mais généreux ! il fait de l'humanitaire !"). Des possédants qui surfent sur la privatisation généralisée y compris des valeurs elles-mêmes, de la gloire et de l'amour, pour devenir actionnaires des compagnies "Glory Corp" et "Love Inc.".
L'authentique révolutionnaire sait que face à un tel degré d'abjection, l'Amour Universel implique nécessairement une saine colère, une rage sublimée à leur endroit ; la "Sainte Haine" (seule haine justifiable) ne devant être réservée qu'au système impersonnel qu'est le capitalisme, et non pas à des êtres humains. En raison de l'Injustice dont ces élites financières, économiques ou médiatiques sont responsables, nous n'avons pas le temps ni le luxe de les aimer eux en particulier : par amour pour le peuple dans son intégralité (eux compris !), le devoir révolutionnaire exige que nous nous tournions vers la seule forme de lutte qui soit à la fois juste et productive afin de libérer les opprimés de l'emprise de leurs oppresseurs, que cette persécution soit physique ou psychologique, directe ou indirecte, consciente ou inconsciente. Cette forme de lutte a un nom que peu osent invoquer : la Terreur.

La Terreur, au service de la Vertu, est une manifestation logique de l'Amour. Par amour pour tous les humains, on ne peut tolérer la persécution de l'Homme par l'Homme, et ce n'est pas par l'hypocrisie d'une aide dénuée de volonté politique qu'on arrangera la situation, aussi bien morale que matérielle d'une société injuste. Cette volonté de changer les choses concrètement, par tous les moyens, non-pas malgré la victime mais avec elle, est précisément ce qui explique et démontre l'honnêteté de cet amour pour les humains. Ces humains qui se libéreront eux-même en catalysant leur rage (c'est-à-dire l'accélérer pour la réorienter vers l'objectif souhaité), par ce processus révolutionnaire qu'est la sublimation de ce sentiment de colère. Plutôt que de haïr son prochain malgré ses défauts, victime lui aussi du capitalisme, nous devons haïr le système socio-économique qui les pousse à se désolidariser et à s'exploiter entre eux.

Le Nod estime que le vrai Amour, se situe en effet quelque part entre l'affectif et le conatif, de sorte qu'il puisse être les deux à la fois, pourvu que l'aspect conatif, bien-sûr dominant, soit toujours à visée universelle.
_ Il n'est qu'hypocrisie et lâcheté lorsqu'il se réduit à la bonne petite pitié d'un individu "charitable" qui joue le rôle d'un parent consolateur face à un prochain qui ne se libérera jamais de ses tourments en raison du caractère contingent de l'aide apportée, ne reposant alors que sur les circonstances hasardeuses de la rencontre, sans jamais remettre en cause les sources de la misère de toutes les autres victimes d'un même système social.
_ Il n'est que sécheresse et présomption lorsqu'il se réduit à la bonne petite colère primitive d'un individu "bienfaiteur" qui joue le rôle d'un parent éducateur face à un prochain qui pourrait mal interpréter cette colère, et accentuer sa détresse, surtout lorsque cette brutalité soi-disant "juste" cherche à responsabiliser la victime (pourtant faible par essence), ou encore à cibler comme ennemi responsable un bouc émissaire parmi les personnes vulnérables parce qu'instinctivement repoussantes (une religion, un groupe ethnique...).
_ A l'inverse, l'Amour est réel, courageux et honnête, lorsqu'il cherche le Juste Milieu rationnel entre ces deux extrêmes passionnels : courageux parce qu'il pousse au sacrifice de soi dans une lutte acharnée sans aucune promesse directe de récompense, réel parce cette lutte est engagée non-pas seulement contre la tentation (l'idéal de "l'abeille"... combat vain et égoïste parce que solitaire), mais contre sa source (la ruche de Mandeville !) ; non-pas seulement contre la misère, mais contre sa source (l'Injustice capitaliste) ; non-pas seulement contre l'acte mauvais, mais contre tout ce qui y pousse. Couplé à l'affection nécessaire et à la bonté du face-à-face quotidien, il devient doux, vivable, efficace, productif et mieux encore : altruiste. C'est là qu'on découvre l'honnêteté de cet Amour, son caractère authentiquement "conatif" : plutôt que d'infantiliser notre prochain par pitié pour soulager notre conscience, ou de l'infantiliser par la brutalité d'un moralisme superficiel, nous devrions prendre le risque de le mettre à nos côtés, ce "prochain", à égalité, pour lutter ensemble contre la source de cette Injustice, cette immondice qui a osé trier les "bons et les mauvais" selon les seules lois de la nature, allant du prétendu mérite personnel au Hasard.

Si l'horreur est l'émanation du Vice parce qu'elle entretient l'Injustice en faveur des oppresseurs, cela dans une perspective passionnelle, fataliste et individualiste, la Terreur est l'émanation de la Vertu parce qu'elle a le courage et l'intelligence de s'attaquer aux sources de l'Injustice, en faveur des opprimés, cela dans une perspective rationnelle, optimiste et collectiviste.

L'axiome de l'horreur c'est cette idée de la droite réactionnaire selon laquelle "c'est comme ça et on y peut rien", sous le prétexte facile, égoïste et lâche d'une "nature humaine" déifiée, pour finalement en déduire qu'"en attendant il faut faire le moins pire chacun de notre côté, tant pi pour ceux qui tombent".
L'axiome de la Terreur, c'est cette idée de la gauche révolutionnaire selon laquelle "ensemble, tout est encore possible", basée sur cette citation de Saint-Exupéry : "l'Amour ce n'est pas se regarder l'un l'autre... c'est regarder ensemble dans la même direction".
La Révolution, ce n'est pas un excès de colère ; c'est une rage sublimée et dépassée, une révolte contre l'Injustice qui devient un Amour Universel, non-pas seulement de la froide "masse" (chez certains marxistes dogmatiques), mais de CHACUN !

Concrètement, comment cet amour se manifeste dans la vie quotidienne ?

Plus important que l'infrastructure économique, plus important que l'idée, plus important que le Nod en tant que tel et la révolution elle-même, plus important que toute forme de politique... l'Amour au quotidien. Car tel est l'objectif suprême du Nod : que tous puissent s'aimer et s'aiment concrètement les uns les autres.
Cet Amour impliquant la Vertu, la Vertu impliquant la Justice, la Justice impliquant l’Égalité, l’Égalité - le Communisme, le Communisme - la collectivisation des moyens de production et d'échange, la collectivisation - la Terreur, la Terreur - la Révolution, la Révolution - la soif de Justice et cette dernière - l'Amour Universel.

Un communiste du Nod se doit d'aimer son prochain même si celui-ci le méprise, le déteste ou même le combat. Surtout s'il s'agit des aléas de la vie privée. Un candidat rival pour une compétition quelconque, un conjoint potentiel ou un poste de travail prestigieux, un collègue désagréable ou même un voleur ou un agresseur, tous doivent être l'objet de l'amour du nodien.
Et cet amour doit se manifester dans la vie de façon concrète sans tenir compte des remarques, des jugements ou des préjugés : du franc sourire chaleureux, aussi souvent que possible, à l'intérêt -même béat- pour les dires d'autrui, du respect profond de manière générale envers l'autre à la disponibilité en cas de besoin ou d'appel à l'aide de celui-ci, de la compassion sincère pour sa détresse au partage de sa joie : être compatissant lorsqu'il est triste, être joyeux lorsqu'il est heureux.
Bien-évidemment, cet Amour implique des choix, et ces choix, plutôt que de consister à faire des hiérarchies définitives et fondamentales, doivent se limiter à la réalité et au bon sens. En effet cet amour ne doit pas oublier nos limites individuelles. D'où l'existence de priorités en fonction des circonstances : manifester son amour en priorité pour la personne avec laquelle on discute, ou choisir la personne la plus vulnérable, ou la plus en danger, au détriment des plus forts, de ceux qui peuvent se débrouiller seul ou qui reçoivent déjà de l'aide de la part d'autres personnes. C'est donc l'impératif absolu d'égalité qui doit cadrer cet Amour pour le rendre plus fort, plus réel et plus beau. Cette égalité implique donc l'aide envers ceux qui en ont le plus besoin, et, par réalisme pratique, naturellement, à ceux qui sont à proximité.

« Le révolutionnaire élève celui qui s'abaisse et rabaisse celui qui s'élève »
citation de sans-culottes
Ceux qui, par humilité et gentillesse, s'abaissent voire s'humilient (même sans le vouloir, par étourderie par exemple), doivent impérativement être relevés, réconfortés et défendus par ceux-là même qui ont profité de cette manifestation d'abaissement. L'égalité est alors respectée : placé sur un piédestal, celui qui s'est abaissé est récompensé, tandis que ceux qui en ont profité ont fait l'effort de rendre la monnaie. Cela, de sorte que peu à peu, chacun finisse par se trouver à l'égal de l'autre dans une relation équitable d'entraide et de solidarité. On est plus heureux en donnant qu'en recevant !
A l'inverse, celui qui s'élèvera par son orgueil et sa vanité au détriment d'une autre personne plus fragile victime d'une injustice flagrante, celui-ci devra être rabaissé, la violence de ce rabaissement dépendra de son degré de présomption et du mal qu'il aura semé autour de lui.

Deux exemples très simples, qui peuvent paraître idiots, mais qui sont essentiels. Un soi-disant communiste qui refuserait la morale de ces deux petits scénarios devrait alors être considéré comme un ennemi à combattre (par amour conatif et rationnel pour sa personne). Au-delà de toute politique, au delà de toutes luttes rouges/blanches, communistes/capitalistes, factions contre factions... la Vertu révolutionnaire est quelque chose de CONCRET qui touche les gens dans chaque aspect de leur vie quotidienne.

Mettons par exemple, dans une petite pièce, un groupe de gens qui se connaissent discutent joyeusement ou calmement. Une personne isolée qui ne connaît personne se tient à l'écart et y reste de peur de gêner le groupe. Une tierce personne arrive : nous. Avec qui allons-nous discuter de préférence si nous sentons que la personne isolée a besoin de compagnie ? La personne seule ou le groupe ? Vous connaissez la réponse, et nous ne devrions même pas hésiter.
Mettons, second exemple, qu'en entrant pour la première fois dans une salle d'attente, une très jolie femme -parfaitement inconnue- se tienne là, seule et disponible... de l'autre côté de cette pièce, une autre femme, "moins jolie" d'après les conventions sociales patriarcales, mais gentille : nous la connaissons déjà ! Un égoïste qui n'obéirait qu'à son instinct choisirait sans aucun doute de bouder la seconde, en l'ignorant brutalement au profit de la première. Un disciple du Nod lui, choisira la seconde et elle en particulier. C'est alors que le sourire ému qu'esquissera cette femme (pourtant -soi-disant- "moins belle") en apprenant le choix du communiste illuminera la vie de ce dernier... et vaudra bien largement tous les orgasmes avec la première.

Malheureusement, il y a peu de choses dans la vie qui soit plus difficile à réaliser que ce genre de comportement. Les concurrences diverses, les rapports de force, les fragilités de nos psychologies, nos vulnérabilités quotidiennes, nos amours propres, nos instincts naturels...
Eh bien qu'importe : la vie est difficile, et le propre d'un révolutionnaire est justement de miser sur la solidarité populaire pour que chacun puisse réaliser cet effort nécessaire à l'élévation vertueuse.

Contrairement à ce que veulent insinuer les fatalistes et les pessimistes (pratiquement toujours à droite politiquement, ceux-là qui sur-estiment la force de la "nature humaine"), la solution miracle existe : elle semble se situer dans l'oubli parfait de soi-même.
Et c'est là toute la radicalité du communisme nodien : pour le Bien Commun (les chrétiens authentiques diront "pour Dieu"), il est nécessaire de s'oublier soi-même, de se sacrifier pour autrui. S'il y a réciprocité, alors la société idéale, véritablement communiste, deviendra progressivement réalité... du moins à cette modeste échelle. Un petit pas pour l'homme... un grand pas pour l'Humanité.
La douceur des relations inter-humaines, la joie naïve, l'intérêt pour autrui et les petites choses de la vie, l'humilité personnelle, la curiosité pour les choses saines, l'admiration devant les banalités de la nature... un bel arbre, un ciel étoilé, un paysage, de belles créations humaines, voilà les qualités indispensables d'un membre de la société que nous souhaitons bâtir. Dénué d'amour-propre au profit d'un amour de soi qui ne remettra jamais en cause l'amour que l'on doit porter pour autrui, le disciple du Nod aimera son prochain comme lui-même. Il aimera son ennemi dans la vie apolitique (le considérant alors comme une victime), refusera la vengeance (mieux vaut tendre l'autre joue), et il ne portera de haine qu'à destination du capitalisme, du fascisme, des idées réactionnaires et de l'Injustice qui en découle. Il acceptera la nécessaire priorité du réel et du bon sens dans les relations au bénéfice d'un amour concret cadré par l'égalité universelle, préférant par exemple dans les cas quotidiens d'urgence et apolitique, ses proches, ses connaissances, ses amis, ou alors les personnes seules, fragiles et/ou dans le besoin. Mais politiquement, à l'échelle conative, il comprendra le caractère indispensable de la lutte révolutionnaire dans une société marquée par l'Injustice, le capitalisme, le féodalisme ou l'esclavage... sans tenir compte des pertes humaines : Sainte Haine envers le système capitaliste et absence totale de pitié à l'égard de l'ennemi politique (un luxe qu'il ne peut pas se permettre d'acheter, par amour pour les opprimés).
S'il substituera à l'ignoble vengeance dans la vie privée, la légitime défense lorsqu'elle s'avérera nécessaire, il oubliera cette distinction dans le combat politique : n'éprouvant aucune pitié à l'égard des bourgeois et aristocrates qui profitent de la misère des gens pour jouir des plaisirs de la vie, il sera alors l'arme de l'Amour Universel contre ses ennemis, ses ennemis politiques. Mêmes victimes du système qu'ils défendent, ces ennemis doivent être méprisés, parce qu'ils incarnent la persécution et la souffrance des opprimés, et nous n'avons pas le temps d'éprouver de pitié lorsque des gens choisissent sciemment l'égoïsme, la violence gratuite, le luxe et la luxure.

Le communiste fait une nette distinction entre sa vie privée et sa vie publique.
Dans sa vie privée, celle du quotidien, il est petit, doux, naïf, sensible, admiratif, curieux, proche de la nature, amoureux de tous et de tout ce qu'il y a de sain dans son environnement, de la plus petite brise légère au vaste paysage de montagne, de son prochain à sa commune. En un mot, le disciple du Nod est un enfant au sens noble du terme : joyeux, curieux, humble... le respect, l'intelligence et la conscience du combat politique en plus.
Dans sa vie publique, celle du combat politique, il est fort, malin, travailleur, à condition qu'il s'oublie soi-même dans la lutte pour la Révolution. Il est insensible et méprisant contre ses ennemis, favorable à une maîtrise de la nature par un humanisme intransigeant (progrès technique pour le bien de l'Humanité), méfiant des traîtres potentiels, discipliné au sein de son organisation pour la Cause, et haineux contre le capitalisme, l'Injustice et le Mal.
Dans les deux cas cependant, on retrouve une constance : ascète, travailleur, honnête, humble, désintéressé, et TOUJOURS respectueux face à ses amis, frères et camarades.

Bien-sûr, lorsqu'un camarade se trompe, il se doit de le lui faire remarquer, parfois durement, mais sans jamais lui manquer de respect. L'Amour, honnête et concret, doit être à la fois universel et perpétuel. Si les impératifs de sa concrétisation imposent quelques tris, ceux-ci ne doivent pas remettre en cause la lutte politique, au service de l'Humanité toute entière, de son Bien universel et perpétuel.

Mais il ne doit jamais oublier que la plus grande de toutes les qualités, est l'Amour concrétisé au quotidien pour autrui, parce qu'il est la manifestation suprême de son objectif politique.

[quote]L'amour universel implique la construction d'un amour total, à la fois conatif dans la visée, et cognitif au quotidien. Son caractère révolutionnaire implique le sacrifice de soi pour le bien d'autrui, et donc à dessein de sa libération réelle.

Et celle-ci exige, pour s'accomplir, l'instauration de la Terreur.


C'est ainsi par amour que nous lutterons.
C'est ainsi par amour du prochain, que nous lui sacrifierons nos vies.
C'est ainsi par amour froid et rationnel pour tous les humains, que nous abolirons le capitalisme, émanciperons les masses et massacrerons sans pitié leurs oppresseurs.

Une vision, un objectif.[/quote]

[img]https://i.imgur.com/yAoTpAs.jpg[/img]

Posté : lun. mai 27, 2019 7:53 pm
par Vladimir Ivanov
[center][img]https://i.imgur.com/0fwDg6S.png[/img]
Le drapeau du PRDK-ML, guérilla alliée de la Confrérie avec laquelle la secte partage de très nombreux aspects de sa philosophie et de ses aspirations fondamentales.[/center]

DU MATÉRIALISME DIALECTIQUE : LA VERTU PAR LA JUSTICE (1)

Si le communisme, au sens où l'entend la Confrérie, est un mouvement avant d'être une idée, il est aussi une idée réaliste, celle-là même qui justement prend conscience de la réalité de ce mouvement. Cette idée est en effet construite sur la base d'une connaissance des lois fondamentales de la nature, d'un constat rationnel opéré par l'Homme sur les choses et les évènements spatio-temporels qui l'environnent (temps donc histoire, espace donc géographie). A partir de cette réalité qu'il perçoit (représentation par les sens), qu'il découvre (par les recherches scientifiques) et qu'il déduit (par le raisonnement logique), l'Homme se dote d'un axiome fondamental : par ma volonté rationnelle d'être assoiffé d'amour, et en conformité avec le sens logique et mécanique de l'Histoire, je reconnais que l'Humanité a le droit et le devoir de poursuivre librement et dignement sa quête de Justice égalitaire et d'Amour véritable de tous et pour tous. Conformément à ce premier postulat, l'Homme s'efforce donc d'accélérer le sens de l'Histoire pour bâtir une société nouvelle fondée sur ces deux vertus suprêmes.
Néanmoins, puisque la réalité environnementale s'impose à l'homme (inné biogénétique et acquis empirique) et puisque le collectif domine (directement ou indirectement, mais systématiquement) l'individu, le facteur déterminant par lequel l'Homme peut exercer son pouvoir (pour ensuite construire en société une amorce de cercles vicieux ou vertueux) ne peut être que l'infrastructure socio-économique, à savoir le mode de production.
Ce "mode de production" est lui-même issu d'un long processus de facteurs déterminants, antérieurs à l'homme : la mort des étoiles créent les planètes et leur géologie (structure atomique et moléculaire, énergie...), la géologie terrestre au sens large détermine la géographie (ou plutôt les natures élémentaires, organique et minérale), géographie physique qui à son tour détermine les forces productives (moyens naturels utilisés par l'homme pour vivre ou survivre, dont lui-même).
Ce processus fondamental (qui anime l’Évolution) est le résultat de forces contradictoires, lesquelles sont dépassées ensuite par d'autres forces qui naissent de ces rapports de forces et les abolissent. Une fois produites par les contradictions entre l'homo sapiens et son environnement naturel, les forces productives (donc les outils au sens large) entrent alors en contradiction avec les rapports de production (organisation sociale, relations interhumaines pour leur survie par l'usage des outils) ce qui a pour conséquence la transformation, ou plutôt l'évolution du mode de production, à savoir l'agencement lui-même entre le type d'économie et sa structure sociale (forces productives + rapports de production).

Pour sa survie d'abord, mais ensuite pour sa vie elle-même, l'homme vivra dans et pour ce modèle économique. C'est ainsi qu'au bout du compte, telles les racines donnent l'arbre, telle la tige donne la fleur, c'est le mode de production qui détermine les croyances, elles-mêmes issues de l'expérience de la vie en société modelée par son infrastructure économique. Et qu'enfin, ces croyances déterminent... le comportement humain.
Les contradictions qui animeront le mode de production, pousseront les hommes à évoluer, phénomène progressif ou brutal, pacifique ou violent, qui a transformé la société antique (esclavage) en société féodale (servage ou vassalité -corporatisme-), puis la société féodale en société capitaliste (salariat-prolétariat), et, inévitablement, la société capitaliste en société communiste (société sans classe, égalité universelle).
Pour mener à bien cette évolution, il convient de l'accélérer. Aussi déterminé soit-il, l'homme est doté d'une liberté profonde, mystérieuse et impossible à mesurer, produit d'une série de facteurs d'une complexité telle que cette liberté en est justement le fruit altérable ! C'est tout le paradoxe entre déterminisme total et liberté personnelle : les deux existent et s'imbriquent, les deux se déterminent. Une relation qui bien-sûr dans ses caractéristiques élémentaires, dépasse l'entendement humain.

Le réel (concret) détermine l'irréel (abstrait). Le matériel détermine l'immatériel. L'économie détermine la société. La société détermine l'homme. Voilà le seul raisonnement qui soit scientifiquement valide et qui se prouve tous les jours, sous nos yeux, dans notre vie quotidienne : pas de Justice sans égalité, pas de paix sans conditions de paix, pas d'amour sans preuve d'amour.

En définitive, pour en revenir aux deux objectifs suprêmes : c'est bien la Justice sociale qui précède l'Amour véritable, lequel n'est qu'hypocrisie sans la première, puisque déconnectée du réel (qu'est l'injustice ambiante), la souffrance des uns pour satisfaire les besoins de jouissance des autres dénatureront tous les bons sentiments, puisque basées sur une présomption instinctive, sur une malhonnêteté égocentrique.

Posté : sam. juin 29, 2019 3:48 pm
par Vladimir Ivanov
[HRP : mes excuses à Arios pour les bouts de verre]

[center][img]https://i.imgur.com/FgdWBj2.png[/img][/center]

Message confidentiel adressé aux [url=https://simpolitique.net/viewtopic.php?p=352262#p352262]Fils de Caïn[/url], organisation sœur des Oshiwax du Westrait.

[quote]La Confrérie confirme son soutien total au phénomène révolutionnaire en cours au Westrait.

Le pouvoir capitaliste d'orientation social-démocrate est en train d'être balayé par cette rage légitime du peuple des opprimés. Cette sainte rage, imperceptible sera toujours, malgré les apparences, guidée par la Raison. Cela puisqu'elle-même procède d'une mécanique sociale logique et cohérente de progrès, de dépassement d'un état de fait, d'une situation initiale pétrie de contradictions et d'injustices. Une rage qui dépasse les motivations de chacun de ses acteurs, qu'ils soient petits ou grands, dans l'erreur ou dans le vrai, qu'ils soient prétendument "purs" ou impurs ; une rage populaire logique, organisée, coordonnée, que nous espérons voir se répandre au reste du Monde avant la fin de ce siècle.

Mais pour l'heure, tous nos yeux sont tournés vers ce pays industrialisé d'Olgarie, qui, déjà en ébullition sociale depuis près d'une décennie, semble accélérer le processus.
Souvenons-nous : le Communisme n'est pas une porte, ce n'est pas un lieu fini. Il est une route semée d'embuches - surtout à ses débuts -, un chemin ascendant qui demande des efforts considérables, mais il est le sentier lumineux que doit emprunter sans exception tout être humain sur Terre. Et personne n'y échappera.
Par conséquent, tout n'est pas encore joué dans ce pays.

Avec la participation active de ses autochtones, le Westrait doit être et sera le premier État véritablement socialiste et anti-impérialiste de l'Histoire. Et la Confrérie soutiendra toutes les mesures nécessaires à son édification. Cela avant que l'évangile révolutionnaire ne se diffuse progressivement aux autres peuples.

Enfants du Nod, réjouissez-vous : nous assisterons bientôt à la danse de l'ours et du scorpion.[/quote]

[img]https://i.imgur.com/XRd43gm.png[/img]

Posté : lun. nov. 04, 2019 3:59 pm
par Vladimir Ivanov
[center][img]https://i.imgur.com/e2OUe6M.png[/img]

ERREMENTS DE L'ISLAM ET RELIGIONS DE LA LOI, PUISSANCE DU CHRISTIANISME AUTHENTIQUE[/center]

[quote]« Expliquez-nous quelle sorte d'homme fut Mahomet ? demandèrent les chrétiens.
Mohammed était le dernier des prophètes, la tête des apôtres, l'envoyé du Seigneur du monde, répondirent les musulmans.
Un prophète est un homme qui mène une vie purement spirituelle, qui n'éprouve pas de passion pour les femmes. Tel fut Jésus. Mais Mahomet avait neuf femmes et de nombreux enfants. Comment peux-tu expliquer cela ?
Le prophète David avait quatre-vingt-dix-neuf femmes, Salomon trois cent soixante femmes et mille concubines.
Ils n'étaient pas prophètes, ils n'étaient que des rois.
 »
[/quote]
Confrontation religieuse entre des chrétiens nestoriens et l'émir khwarezmien Nur al-Din Khwarezmi, organisé par le Khan des Syirs, deuxième moitié du XIIIe siècle.

Beaucoup d'anti-musulmans dénoncent les campagnes militaires de Mohammed, ou encore la relation qu'il aurait entretenu avec une mineure, malgré les coutumes propres de l'époque, et la polémique sur son âge, qui aurait été selon les données les plus plausibles quant aux dernières recherches biographiques, nettement plus élevé qu'on ne le prétend. Quant aux guerres, elles furent animées par une attitude générale défensive, avant de devenir libératrice : libératrice pour les esclaves et pour les femmes (la "misogynie de l'islam" n'est rien comparée à celle des polythéistes qui les avaient précédé en terres arabes). Le problème n'est donc pas là.
Le prophète de l'islam, aussi grand fût-il en matière d'enseignements, s'est livré aux passions de la chair, à l'impureté ; jusqu’à cumuler plusieurs femmes, suscitant alors une injustice envers celles-ci.*
*L'inverse n'étant pas concevable, la femme est une fois de plus en situation d'infériorité par rapport à l'homme, sans parler du fait que beaucoup trop d'hommes seraient alors mathématiquement dépourvus de vie de couple. Une critique à relativiser dans la mesure où la polygamie pouvait être considérée comme un « sale recours » en des temps de guerre où l'équilibre démographique des genres était rompu en faveur des femmes, celles-ci n'étant pas encore en « capacité » (politiquement et socialement parlant), dans une société toujours profondément misogyne, de mener une vie « indépendante » des hommes.

Quoiqu'il en soit, objectivement, Mohammed ressentait le besoin de satisfaire des pulsions impures, et s'y est livré. Une attitude qui le « rabaisse » au commun des mortels. Ce « rabaissement » n'enlève rien à sa dignité, puisque tout est dans ce commun : comme l'admet l'islam lui-même, certes prophète à leurs yeux, il n'en demeure pas moins un homme, et incontestablement parmi les plus grands dispensateurs à la fois d'enseignement et de lutte, contre le polythéisme, la cupidité, l'égoïsme, l'injustice, contre les oppressions de son temps.

Mais la grandeur de Mohammed ne saurait égaler celle de Jésus, le prophète et messie du christianisme.

A l'instar du judaïsme, l'islam est une religion vétérotestamentaire. Le protestantisme, à son tour, né d'un catholicisme décadent, ne s'est pas contenté de renier (à juste titre) le pape, il s'est écarté de l'essence même du Nouveau Testament. Toutefois, le point commun fondamental de ces trois religions ou groupes d'églises, est l'attachement irrationnel au Livre et la sacralisation outrancière dont-il fait l'objet. Ce sont des religions littérales, respectant scrupuleusement les écrits des Hommes (et non de Dieu) à la lettre, pourtant vieux de plusieurs siècles ou millénaires et adaptés à leur contexte social d'alors. Un contexte qui a profondément changé. Et si Dieu eût réellement une quelconque incidence dans la création de ces ouvrages, il n'en serait rien changé : les incohérences propres au langage et à la lecture des hommes, exigent de toute manière une « dose » d'interprétations, une exigence qui n'a cessé de grandir au fil de l'évolution des sociétés.

En cela, une tendance, très majoritaire (bien que non-consensuelle), chez les disciples de ces croyances ou églises, est de concevoir Dieu comme une entité figée du passé, qui enferme les humains dans une liste de formalités, d'exigeances coutumières, d'obligations soi-disant « morales », qui pouvaient avoir un sens où une utilité particulière il y a plusieurs siècles, mais devenues absurdes voire néfastes aujourd'hui.
Les interdits alimentaires par exemple, se justifiaient par des explications rationnelles (le porc était vecteur de nombreux agents pathogènes, souvent létaux). Aujourd'hui, les progrès de la médecine, du traitement et la conservation agroalimentaire, ont drastiquement diminué les risques, autorisant pleinement la consommation. Mais ces interdits ont été sacralisé, attribués à un ordre divin qui ne demande pas à être compris (« les voix du Seigneur sont impénétrables »).
D'autres habitudes obligatoires, particulièrement absurdes (ex : circoncison) ou injustes (ex : excision), frappent leurs disciples, jusqu'à l'inutile mise en danger de leur vie, comme le refus de soins en certaines circonstances.
La vie du fœtus, considéré comme un être humain dès la conception, est particulièrement chérie par les chrétiens. Mais sa sacralisation excessive, propre à leur vision étriquée et bornée de leur religion, entraine à son tour des effets pervers : le meurtre étant pire que le viol « sur papier », une mère violée sera promise à la damnation en cas d'IVG, tandis que le violeur lui, qui n'a même pas à se soucier des conséquences de son viol, s'en sortira certainement avec un « péché véniel ». Pardonner l'oppresseur et damner l'opprimée : non-seulement ils contredisent la philosophie fondamentale de leur propre religion, mais ils blasphèment en prenant la place qui doit revenir à Dieu seul (sauver ou damner). En réalité, les tenants de cette ligne ne se préoccupent nullement de la vie du fœtus : celui-ci n'est qu'un prétexte. Ils agissent par mimétisme, respectant de vieilles coutumes jusqu'à l'absurde, se bornent à rester dans un cadre qu'ils chérissent par souci de sécurité, mais sans aucune prise de recul, sans aucune adaptation aux contextes du réel, au « bon sens ».

Autant de stupidités, vecteurs d'injustices, qui sont ensuite récupérées au service d'un groupe d'oppresseurs. De phénomène radicalement révolutionnaire, toutes les religions ont été rapidement neutralisé ou récupéré comme outil au service d'une classe dominante (élites socio-économiques et patriarcat). Et l'une des brêches majeures conduisant à cette perversion, provenait justement de ces lois iniques, plus précisément de leur immuabilité, cette conception réduisant la religion à un ensemble de règles et de coutumes inchangeables et abrutissantes au point d'en effacer Dieu Lui-même aux yeux des Hommes.

Et c'est là que nous en venons à Jésus.
Jésus est le premier de tous les authentiques prophètes, à prêcher l'émancipation des humains par rapport aux lois.

Beaucoup connaissent, même si autant l'oublient, ce moment célèbre de la vie de Jésus, lorsqu'il assiste à la lapidation de la femme adultère.
La Loi prescrite « par Dieu », l'exigeait : toute femme qui commet un adultère doit être punie par jets de pierres jusqu'à ce que mort s'en suive. La Torah et donc l'Ancien Testament, le Talmud qui confirme la peine, ainsi que la jurisprudence islamique (fiqh), interprétation temporelle des règles de la Charia fondées sur les hadîths, tous s'accordent à ce sujet.

Les pharisiens, gardiens scrupuleux de la Loi, amènent devant la foule une femme accusée d'adultère. Ils ramassent une pierre chacun, avant d'interpeller Jésus.
« Cette femme a été surprise en flagrant délit d'adultère. Moïse, dans la Loi, nous a ordonné de lapider de telles femmes. Et toi, que dis-tu ? »
Jésus s'approche immédiatement de la malheureuse femme déjà couverte de petites blessures, et s'abaisse pour écrire sur le sable.
Alors que personne ne comprend son geste, les pharisiens l'apostrophent de nouveau. Jésus se rélève, et leur répond :
« Que celui d'entre vous qui n'a jamais péché, lui jette la première pierre. »
Après un silence de quelques secondes, alors que Jésus s'abaisse de nouveau pour écrire sur le sol auprès de la jeune femme, les pharisiens, accusés par leur conscience, renoncent à « respecter la loi » et abandonnent leurs pierres les uns après les autres, avant de partir.
Désormais seul avec la femme, accroupie auprès d'elle, Jésus l'aide à se relever avec lui.
« Femme, où sont ceux qui t'accusaient ? Personne ne t'a donc condamnée ? »
« Personne, seigneur. »
« Moi non plus, je ne te condamne pas ; va et ne pêche plus. »

Ce passage de la Bible, du Nouveau Testament, est l'un des plus puissants messages chrétiens, autant qu'il est admirable pour sa beauté.
Jésus a d'abord déjoué le piège tendu par ses adversaires pharisiens, en les renvoyant face à leurs contradictions. La Loi n'est pas indépendante du contexte réel, elle ne s'impose pas aux circonstances sociales et matérielles. Et encore moins à Dieu. Jésus vient rappeler ici la supériorité du réel (les accusateurs, l'accusée, les pierres, la souffrance, et même le sable...) sur les « lois » orales ou écrites, rigides et insuffisantes à elles seules, pour assainir le comportement humain.
Mieux : sans en conclure ce qui vient d'être dit, tout porte à croire que Jésus, lui qui n'a jamais péché, aurait du lui jeter la pierre. Or, il n'en est rien. Il s'abaisse au niveau de l'accusée, lui pardonne sans même que celle-ci ait besoin de le supplier, puis la relève, et seulement après, l'invite à ne plus pécher de nouveau.
Il s'agit ici de grâce, de la grâce pure. Le pardon de Dieu est inconditionnel.
Rien à voir pour autant avec de la permissivité : l'accusation dont-elle fait l'objet n'est pas remise en cause. La femme est potentiellement coupable et Jésus l'enjoint à ne plus recommencer. Mais son péché est sans commune mesure avec ceux des pharisiens qui, pécheurs eux aussi, cherchent à la punir d'une mort atroce, cela pour un méfait dont les circonstances et les causes leur échappent.
Mais le plus beau reste à venir !
Plutôt que de lui jeter la pierre (alors qu'il le devrait, d'autant qu'il n'a pas péché lui-même), Jésus refuse de respecter la loi.
Plutôt que d'attendre ses regrets, Jésus lui pardonne sans aucune condition.
Enfin, et là est peut-être le message le plus fort qu'il adresse à l'Humanité : plutôt que de la regarder de haut, par charité condescendante, s'adressant à cette femme impure, en puissant et lointain sauveur, il s'abaisse à son niveau, par deux fois, et la relève à ses côtés, l'accompagnant dans son effort.

Quant aux mots qu'il a bien pu écrire sur le sable, le mystère demeure. Mais la symbolique est puissante : il s'agit très probablement d'une référence à la Loi immuable, que le Dieu vétérotestamentaire avait gravé dans la roche, au Mont Sinaï. Ici Jésus la dessine dans le sable... une loi nouvelle, aux exigences « formelles » souples et passagères, une loi qui s'adapte au contexte, qui pardonne et relève l'être humain, plutôt qu'une loi qui interdit, sanctionne et culpabilise.
Jésus fait ici représenter la nature changeante de cette loi, il rappelle le mouvement qui anime toute chose et tout phénomène. Il révèle que Dieu n'est pas que Passé (Loi, interdits...), Il est aussi et surtout Présent (pardon) et Futur (relèvement, épuration de la personne).

à suivre...

Posté : lun. déc. 02, 2019 8:49 am
par Vladimir Ivanov
Vieilles archives de Turgaï...
Brouillon synthétique des quatre grandes familles idéologiques

[img]https://i.imgur.com/GIAYgDJ.png[/img]

Remarque : Les images/drapeaux ne sont que purement symboliques. Certains critères sont généraux (majoritaires / tendance), et loin d'être systématiques.

Posté : ven. déc. 13, 2019 12:30 pm
par Vladimir Ivanov
[center][img]https://i.imgur.com/FgdWBj2.png[/img][/center]

07/11/2040
Annonce de la Confrérie de Nod

[quote]La Confrérie, conjointement avec le Syirkhanat et les khalqataistes (PRDK-ML), réaffirme son soutien unanime, total et inconditionnel aux Brigades du Peuple du Parti Communiste Kaiyuanais. L'audace de l'opération d'évasion du commandant Asao, la durée et l'ampleur de la répression intérieure exercée par l'empire semi-féodal kaiyuanais témoignent de la survivance réelle du communisme dans ce pays, le ralliement persistant d'une partie non-négligeable de la population à l'idéal révolutionnaire malgré l'issue tragique de la dernière guerre civile.

Le prétendue achèvement de celle-ci par la victoire de la réaction, a laissé placé à une "terreur" blanche qui s'est abattue des décennies durant sur toutes les provinces de l'empire. Au cortège de massacres de la guerre a succédé une répression verticale d’État plus cruelle encore. Au repli communiste dans les périphéries rurales, le gouvernement a répondu par la contre-insurrection au phosphore blanc ou au napalm, au harcèlement continuel tant par le bombardement aérien aveugle qu'au ratissage terrestre et autres rafles y compris d'enfants et vieillards, tant par les opérations militaires que policières, tant par la mort que la torture et les humiliations au quotidien. Les défaites et les cadavres se sont multipliés dans les rangs communistes... à tel point qu'elle doit survivre dans l'errance. Et pourtant, elle tient bon, cette résistance, qui s'adapte et persévère. Mieux encore : elle a conservé son esprit -et retrouvé- sa capacité d'initiative en libérant son illustre commandant. Cela malgré le prix à payer, humain et moral.
Mais les sacrifices consentis tant par la guérilla que par le peuple, n'incombent pas qu'au seul processus révolutionnaire : ces sinistres phénomènes sont avant-tout la conséquence irrémédiable d'actes commis en amont de leur manifestation, en particulier par des acteurs de puissance et responsabilité nettement supérieure (l’État).

Un ennemi acculé est un ennemi dangereux : quels que soient les principes et les faux-semblants moralisateurs, un groupe humain assailli par l'horreur et l'injustice, ne peut être amené qu'à radicaliser ses moyens d'action. Aussi le caractère impitoyable d'une résistance populaire n'est-il que le corollaire mécanique, indépendant de la volonté des hommes et de leurs idéologies, des vices et des crimes perpétrés par les classes dirigeantes et possédantes.
Le gaz sarin, au-delà des apparences, n'est pas ici le produit d'une stratégie née ex-nihilo : il est le phénomène indépendant, terrible, impartial, produit par la contradiction tenace que représente la lutte sans merci entre la soif de justice du peuple conscient de son état d'une part, et d'autre part, l'élite qui instrumentalise une population aliénée pour défendre ses privilèges.

Par amour en faveur du peuple, soyons terribles.

Vive le KCP,
Vive les Brigades du Peuple,

Commandant Asao, présent.[/quote]

Posté : mar. déc. 17, 2019 9:11 pm
par Vladimir Ivanov
[url=https://www.youtube.com/watch?v=UauukzbPejE]Ambiance musicale[/url]
[center]LE PREMIER DES ABRAHAMISMES
« DE MOISE A MAO »


[img]https://i.imgur.com/87BrUJM.png[/img]
Propagande antisémite du [url=https://www.simpolitique.net/viewtopic.php?p=358964#p358964]NPR[/url], organisation ultra-nationaliste hinoue rajan[/center]
[texte inspiré entre autres de la conférence de José Costa, « Monothéisme, messianisme, communisme : Judaïsme et/ou révolution »]

[quote]« Le Juif est l’ennemi du genre humain. Il faut renvoyer cette race en Orient ou l’exterminer… Par le fer, par le feu ou par l’expulsion il faut que le Juif disparaisse. »

Pierre-Joseph Proudhon, l'un des pères de l'anarchisme.[/quote]

__________________________

Nod signifie « errer » en vieil hébraïque.
Le Nod est la « religion » des déshérités, des damnés, des peuples errants, prisonniers de la nécessité, de la survie, du mouvement perpétuel par le travail et la résistance, d'un long et laborieux progrès. Il est la religion de Caïn bannit à l'Est d'Eden, sur les terres stériles de Nod. Celle des muhâjirun, les exilés de La Mecque, fuyant la ville de ses bourreaux polythéistes, vers Yathrib. Mais également celle du peuple hébreu se libérant du joug illythien après leur mise en esclavage, en direction du Sinaï, désert où ils erreront plus de 40 ans, puis celle de son long exil après la chute du royaume d'Israël en 720 avant-JC, jusqu'aux diasporas juives disséminées dans le Monde, et encore de nos jours.

[quote]« Tu te souviendras que tu as été esclave au pays d'Égypte, et que le Seigneur ton Dieu t'en a fait sortir à main forte et à bras étendu. C'est pourquoi le Seigneur ton Dieu t'a ordonné de célébrer le jour du sabbat. »

Deutéronome 5:15[/quote]

Il convient d'abord d'admettre que le judaïsme, en tant que première religion révélée, a joué un rôle éminemment révolutionnaire en ouvrant la voie au monothéisme. Le monothéisme qui à son tour, ouvrait la voie à l'ultime quête de l'Homme : la découverte de la Science, la recherche de la Vérité.

Une recherche reléguée au second plan, voire absente avant lui, entravée par un polythéisme qui éparpillait la vérité partout et nulle part.
Le polythéisme exerce sur l'Humanité son influence pernicieuse en lui présentant des « dieux » égoïstes, méprisants, jaloux, stupides et débauchés. Le temps est enfermé dans une fastidieuse saisonnalité, celle d'un cyclisme fermé ne permettant aucune forme de libération ou d'amélioration. La nature, immuable, est sacralisée et donc inaccessible à la compréhension humaine : une conception qui incite au désespoir et donc à une certaine forme de paresse, ou d'aveuglement. Enfin le polythéisme impose une fragmentation de l'Humanité en groupes hiérarchisés par essence, au nom de la biologie ou du destin : le citoyen et le barbare, l'homme et la femme, le citoyen libre et l'esclave.

Une conception du monde paradoxalement récupérée par les religions monothéistes, malgré leur philosophie authentique.
Authenticité qu'on découvrira et déterminera par le rôle que l'Abrahamisme a joué dans les sociétés humaines, tant par le développement initial qu'avec le recul des phénomènes à travers les siècles.

Remarquons d'abord une spécificité dans le judaisme : il s'agit d'abord, du moins littéralement, d'une religion restreinte, limitée, puisque qu'identitaire, réservée à un seul peuple, le peuple juif. Une faiblesse à la fois « morale » et scientifique majeure révélée par un littéralisme... pourtant remis en cause de lui-même, de par ses propres contradictions dont la Bible hébraïque est foisonnée. Les commentaires de la Torah recueillis dans le Taldmud en témoignent, les rabbins interrogeant Dieu sur « l'absurdité » de sa justice pour mieux la comprendre en confrontant les différentes interprétations. Aussi la plupart de leurs disciples, précision rappelée par le célèbre rabbin Adin Steinsatz, considèrent en réalité que la célèbre théorie du « peuple élu », n'est pas celle d'un peuple ontologiquement « supérieur », à qui seul est réservé l'accès au paradis : mais bien plutôt celle d'un peuple « pris en exemple » par Dieu, à l'égal de tous les autres, mais convaincu avant eux d'avoir une mission particulière à accomplir pour l'Humanité. Celle de la sauver de l'injustice. Tel est l'authentique messianisme juif. Sans être directement et explicitement universaliste, son potentiel y amène inévitablement.

A partir de ces premiers constats, nous pouvons établir avec une quasi-certitude cette conclusion : le monothéisme abrahamique a précipité l'avènement de trois révolutions dans l'Histoire des idées.

[quote]Définition très succincte d'une révolution :
1- remettre en cause l'ordre établi, une situation existante
2- transformer de manière significative un ensemble de choses ou de phénomènes
3- faire émerger une société égalitaire, sans domination ni servitude[/quote]

Avant toute naïveté et panégyrique, il convient d'admettre que le monothéisme a d'abord révolutionné la violence elle-même.
Les polythéistes, de part leur relativisme structurel, ne pouvaient qu'entretenir une forme de tolérance, non sans mépris ou sous couvert d'hypocrisie, mais du moins, une forme de laissez-faire. La violence exercée se caractérisait par deux critères substantiels :
_ elle ne visait pas les idées mais les personnes, leurs origines biologiques ou sociales (femmes, esclaves, métèques)
_ son rôle, foncièrement coutumier, était de perpétuer un ordre établi prétendument immuable, sensé resté tel quel au fil du temps (changements uniquement saisonniers)

La violence monothéiste s'émancipe de ce cadre et de ces préjugés :
_ elle vise les idées, non-pas les personnes en tant que tels mais leur comportement, à commencer par l’idolâtrie
_ son objectif est de substituer à l'ordre relativiste et ses vieilles répétitions, une inlassable quête de vérité et donc de perfectionnement, de progrès.

Cette violence est plus terrible (par son intolérance : il n'y a qu'un seul Dieu à adorer), mais aussi plus universelle, égalitaire (elle peut s'attaquer à n'importe qui, quelle que soit l'origine sociale, ethnique, sexuelle) et n'est pas une fin en soi : son objectif est de perfectionner l'Homme, et sa connaissance tant de Dieu que de la nature et de leurs lois.

C'est là, de ce rapport entre Dieu et la Nature, qu'on en vient au deuxième grand apport révolutionnaire fondamental du monothéisme, analysé notamment par Lévinas : le monothéisme juif distingue radicalement les deux concepts.
La Nature est créée par Dieu : elle n'en est aucunement « divine » en elle-même, elle n'est que le fruit d'un travail divin.
Là où les philosophes antiques (tels les stoiciens) divinisaient la Nature, les Juifs la séparent de Dieu et la désacralisent.

Cette désacralisation de la Nature permet à l'Homme de la détacher de sa prétendue « immuabilité » et « intouchabilité » : elle est un ensemble de choses physiques et de phénomènes en mouvement perpétuel, qui peut être étudié, compris, travaillé, transformé.

C'est Hermann Cohen, l'un des grands philosophes juifs – quoique néokantiens – du XIXe siècle, qui mit en relief dans l'Histoire des idées, ce radicalisme de la rationalité juive. C'est ainsi que la désacralisation de la nature opérée par le monothéisme prépare la démarche scientifique.

Le troisième apport touche à ce qu'on a appelé la « révolution rabbinique ». Phénomène né après la seconde destruction du temple en 70 après JC, véritable révolution religieuse à l'intérieur du judaisme, une mutation, déterminant une manière nouvelle d'entrer en relation avec Dieu.

Un commandement émerge alors au cœur de la piété juive, consécutivement à la désacralisation de la nature : l'étude. L'étude de la Torah (Talmud), mais étendu à l'étude en général, la recherche philosophique et scientifique.
La question étant à la proue de la pensée, les juifs se mettent en quête de vérité, ils étudient sous forme de questions posées à eux même et entre-eux, via la confrontation des hypothèses. Le mouvement de la pensée est valorisé, plus encore que son résultat proprement dit, qui n'est jamais vraiment définitif puisque appelant à son tour de nouvelles questions pour se perfectionner.
Cette confrontation des points de vue, exploitant les contradictions internes aux idées, dans le but de les dépasser, pour atteindre une phase nouvelle de la pensée, plus approfondie, plus complexe, mais présentant à son tour de nouvelles contradictions à confronter puis dépasser (1 se divise en 2), est un procédé dont le nom est bien connu à l'extrême gauche : la dialectique.

Ce rapport intime entre judaïsme et marxisme n'a donc rien d'un fantasme inventé de toute pièce par une extrême droite paranoïaque. Ces deux philosophies sont effectivement liées, elles partagent ce « goût », ou plutôt cette nécessité, cet impératif de recherche du vrai et du juste, voie unique pour transformer le monde, améliorer la condition humaine et la compréhension de son environnement : le vrai contre le faux, le juste contre l'injuste.

Historiquement, la persécution des Juifs de la diaspora, des bannissements jusqu'aux pogroms, notamment en Dytolie, en ont fait des opprimés, des « errants » à l'image des disciples de Caïn sur les terres hostiles de Nod.
Cette oppression exercée par des monothéismes qui ont depuis longtemps renoué avec les mœurs et habitudes polythéistes (c'est tout le paradoxe : mais une idée n'est rien sans son infrastructure adéquat), les a logiquement amené dans les bras de l'idéal révolutionnaire, celui des communistes marxistes en particulier.
L'extrême droite anti-moderne, anti-libérale, anti-marxiste, anti-humaniste, ne voit qu'eux dans la décrépitude de leur ordre naturel sacré : et elle a bien raison.

A en croire les Romains, les Juifs (avec une majuscule, en tant que peuple) sont les premiers à avoir développer une idéologie de la libération politique. Flavius Josèphe notait que les sicaires, les zélotes, sont prêts à mourir pour la liberté. Là où les Grecs entretenaient une passion pour la liberté (contre les Perses), les Juifs défendaient celle de la libération (contre leurs innombrables oppresseurs).
Les zélotes qui furent victime de leur propre combat en succombant à une forme de radicalité ultra-nationaliste, ethniciste contre tous les étrangers. Mais une radicalité qui n'a de responsable que l'oppression impériale romaine qu'il était nécessaire de combattre par tous les moyens, et par lequel elle a germé.

Cette tradition de résistance à l'oppression, continuelle du fait de son éparpillement et isolement, le judaïsme l'a cultivé par delà les siècles. Même si elle a, à l'instar de l'islam et du christianisme, été largement recyclé par les classes dominantes pour en faire à son tour un instrument d'oppression, cette religion, comme ses deux prestigieux successeurs, a conservé cette tendance, cet esprit de résistance en rapport avec sa philosophie d'origine. Ce fut le cas en particulier pour les communautés juives opprimées de Dytolie, jusqu'à en faire un véritable « peuple-classe », « peuple-prolétaire ».

Son expression révolutionnaire la plus admirable s'est manifestée au Yiddishtaat, pays juif ashkénaze de langue yiddish. Héritier par certains aspects des khazars nomades judéisés de l'Orient, le Yiddishtaat, du [url=https://www.simpolitique.net/viewtopic.php?p=352627#p352627]shtetl[/url] bas-médiéval (semblable à l'obschina du mir slave) au [url=https://www.simpolitique.net/viewtopic.php?p=356440#p356440]kibboutz[/url] contemporain (semblable à certains aspects au kholkhoz slave), a su défendre un modèle social éminemment singulier et révolutionnaire au cœur du continent dytolien, où l'idéal de justice que Dieu impose à l'Humanité, était scrupuleusement respecté, certes avec plus ou moins de réussite, mais non-sans une réelle détermination, cela face aux invasions, persécutions, ostracisations, déportations et pogroms.

En cela, le système social promu dans le sillage du Bund, par le Yiddishtaat, est l’œuvre, à titre symbolique, d'un peuple sans terre, qui cherche une voie de renaissance, de lutte pour sa survie, un peuple errant, la voie du « juif errant », celui-là même qui est tant diabolisé par la réaction dytolienne, le considérant comme un « nomade » déraciné, apatride, comme ses ancêtres khazars. Le yiddish du Bund va de l'avant par l'innovation sociale, en opposition avec l'hébreu sioniste et à sa logique conservatrice et « impérialiste par sous-traitance » sous prétexte de « retour au foyer d'origine » pour fonder un État capitaliste oppresseur parmi tant d'autres.
D'où les accusations de trahison : oui, le juif "trahit". Il trahit l'ordre naturel imposé par les catégories sociales privilégiées au nom d'un christianisme perverti par une vision néo-classique de la philosophie dont les racines mêmes puisent dans les polythéismes.
Un juif diabolisé, qu'on retrouve pêle-mêle dans l'égalitarisme communiste et dans le capitalisme financier ou spéculateur libre-échangiste mondialiste néo-nomadisant, par opposition au capitalisme agro-industriel "sain", sédentaire, patriote et protectionniste incarné par l'entrepreneur schumpeterien "chrétien" élevé au rang de modèle pour un pseudo-christianisme recyclé... qui n'est pourtant que l'antichambre de l'inévitable capitalisme financier qu'il conspue avec hypocrisie en l'associant avec son antithèse absolue qu'est le communisme.

Pourtant, le communisme des intellectuels juifs, n'est pas le capitalisme financier des spéculateurs juifs. Il en est sa négation, sa conséquence irrémédiable chargée de détruire son "géniteur", comme celui-ci avait précédemment germé des contradictions de la féodalité "chrétienne" avant de la détruire. On peut donc éventuellement considérer, au prisme réactionnaire, que le judéo-communisme est "pire" encore que le capitalisme financier tant honni par les nationalistes pseudo-"chrétiens". Il est la phase suivante de la "dégénérescence" suprême, la phase terminale de l'anéantissement de la civilisation et de ses fondations qu'est la propriété privée.

La Confrérie du Nod en est une fidèle disciple. Elle est l'organisation de l'errance (« Nod » en hébreu), celle de l'ostracisé sans terre, "enlaidi" mais renforcé par les tourments qu'il subit, celle du juif errant, réincarnation diabolisée du khazar nomade, ce juif ouvertement hostile à la prétendue "loi naturelle" (hiérarchies essentialistes), et à "civilisation" (la propriété privée), elle est l'incarnation franche et assumée du "comploteur" judéo-bolchévique.
Et la mission du « peuple élu » (en réalité, celui de tous les opprimés), suprême exigence divine, n'est autre que d'instaurer la justice parmi les Hommes, accueillir la venue du prochain messie avant la fondation de la Cité de Dieu sur Terre.

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Autre propagande ultra-nationaliste associant judéo-christianisme et communisme[/center]

[HRP : possibles éditions futures pour correction et amélioration]