Page 2 sur 2
Posté : mar. août 28, 2018 12:52 pm
par Otto
Les jeunes, la vie, le monde
Un soir d'été, deux jeunes gens de treize ans sont sur une colline face à la côte
Jezekel
Une bouteille de whisky à la main
Dis Lom', tu crois qu'c'est vrai c'qu'raconte l'vieux Kellian ?
Lomel
Couché, se relevant pour se coucher sur le coude
De quoi ? Qu'un jour un kraken a englouti le bateau de son frère alors qu'il revenait d'une saison de pêche loin d'ici ?
Jezekel
Après une gorgée de whisky
Bé non, pourquoi il mentirait là-dessus ?! Il va pas nous inventer une histoire pour justifier la mort de son frère !
Lomel
Tendant la main pour demander à son ami la bouteille de whisky
Ben de quoi qu'tu parles alors... A part l'histoire de son frère, il est pas hyper causant le vieux.
Jezekel
Passant la bouteille à son ami
Bé t'étais pas là tout à l'heure, quand il parlait d'un drôle d'objet qu'il a vu une fois dans un aut'port ? Pour faire simple, y é entré dans une brocantrie ou un truc du genre et y a vu une carte toute ronde !
Lomel
S'asseyant et buvant
Mé enfin, à quoi ça servirait ? C'est plus simple d'avoir une carte en papier, comme tout les bons marins.
Jezekel
Ben l'intérêt j'en sais rien. Mais y a aut'chose que j'comprend pas. Pourquoi avoir mis la Terre sur un globe ? L'vieux Kellian dit qu'elle est ronde en fait.
Lomel
Bwarf. J'sais pas. Tout ce que je vois ici, c'est de l'eau, de l'eau partout autour de Saint-Brendan. Puis si tu veux mon avis, l'vieux Kellian il a surtout des hallucinations... Ça a dus l'rendre fou de voir son frangin s'faire prendre par un kraken.
Jezekel
Oué. P't'être. Mais t'imagines un peu si la Terre est ronde ! Ce srait incroyable !
Lomel
Mouais. Enfin bon. Moi, j'suis même pas sûr qu'y a quelque chose en dehors d'chez nous. T'as déjà vu un autre port ? Une autre île habitée ? Allez, arrête tes conneries et reprend ta bouteille. Moi, j'dois me coucher. Demain, avec le paternel, on doit partir à Saint-Pétroc pour refaire un mur.
Posté : dim. déc. 30, 2018 2:38 am
par Otto
Départ missionnaire d'un moine
28 décembre 2037 - Abbaye Saint Finian
Le Père-Abbé de Saint Finian, le Révérend Père Kaelig, avait fait convoqué devant lui un jeune moine récemment ordonné prêtre, le Révérend Père Mark. Ce prêtre, originaire du continent, avait tout quitté pour suivre le Seigneur, jusqu'à son propre nom. Sa convocation l'avait surpris, lui qui n'était qu'un moine parmi tant d'autres dans l'une des plus grandes abbayes de l'île. Mais qu'importe, il était venue dans le petit parloir où l'attendait le Père Abbé. « Cher fils, j'ai une mission à vous confié » avait commencé le Père Abbé, assit sur une petite chaise en bois. « Quelle est-elle Père ? » demanda simplement le prêtre, prêt à traverser le monde pour obéir à son père. « Vous fûtes travailleur à l'international ce me semble, et vous avez une grande maîtrise des langues étrangères ce me semble. Une qualité malheureusement bien rare dans nos murs.
- Mais vous savez bien, Père, que j'ai quitté tout cela en entrant dans notre saint cloître.
- Tout comme chacun d'entre nous quitte tout pour se mettre exclusivement au service du Seigneur. J'ai un projet nouveau d'apostolat pour notre abbaye. Vous n'êtes pas sans savoir que nous accueillions occasionnellement des retraitants souhaitant se mettre, pour une durée déterminée à l'écart du monde pour contempler Notre-Seigneur. Je vous demande de partir pour le Nouvel-Eden, cet état néo-gnostique, pour y prêcher une retraite. Un petit hôtel d'une trentaine de chambre vous a été entièrement réservé à vous et au père Bri'ach, de l'abbaye de Saint Claran. Nous prierons pour votre mission depuis notre abbaye. Souvenez-vous toujours, une fois là-bas, que votre mission n'est guère de faire de la politique, mais d'éclairer les âmes sur ce que le Seigneur veut pour elles. »
Posté : lun. févr. 18, 2019 3:08 pm
par Otto
Vie d'un moine au Prieuré Saint Pétroc
Un jour quelconque - Prieuré Saint Pétroc
Trois coups résonnèrent très violemment contre la porte de la cellule du frère, rapidement suivi par l'injonction "Benedicamus Domino" (bénissons le Seigneur). Le frère, ainsi réveillé, répondit "Deo gratias" (grâce à Dieu) depuis son lit. Il se leva alors et, de ses pieds nus, toucha le vieux plancher de boi de sa chambre. Il se dirigea machinalement vers la chaise en paille de sa chambre. Il prit son cilice, sorte de chemise en crin, qu'il embrassa avant de l'enfiler. En passant sa tête dans le col, il pensa au Pape, maître de cette grande nef qu'est l'Eglise. Le Prieur de Saint Pétroc lui avait confié cette tâche de prier pour le Saint Père, et c'est pour lui que chaque jour de cette sainte année, il souffrait le cilice. Après avoir enfilé ce premier vêtement, il se ceignit les reins d'une chaîne de fer en récitant sa traditionnelle consécration à la Vierge Marie, Domine, servo tibi semper sum (Ô Seigneur, je suis votre serviteur pour toujours). Par cette courte consécration, le frère veut bien se rappeler qu'il ne s'appartient pas lui-même, mais qu'il est tout entier à Dieu. Par-dessus ces vêtements viennent, enfin, l'habit monastique proprement dit. Il enfile donc sa longue robe de bure, entièrement noire, suivie par le scapulaire, signe de dévotion mariale. Une fois vu ainsi, le frère quitte sa pauvre cellule et se dirige dans le Grand Couloir, celui qui donne accès à la chapelle. La marche est silencieuse, propice à élever l'âme. Les seuls bruits que le frère pouvait entendre étaient les bruits de pas des autres frères allant dans la même direction que lui. Ces pas étaient accompagnés du léger frottement dans l'air des robes de bure, mais rien de suffissament bruyant pour distraire les frères.
Le frère arriva alors à l'issue du Grand Couloir. il y avait de chaque côté des portes-manteaux et s'approcha du sien. Là, il prit sa coule, grande robe blanche qu'il enfila, récitant encore une fois une prière. Une fois vêtu ainsi, il se mit en place parmi ses frères et attendit. Onze figures toutes de blancs vêtus étaient là, debout, à attendre silencieusement à l'entrée de la chapelle. Pas un bruit, pas un murmure. Soudain, la cloche sonna. Les onze frères se mirent alors en marche vers la chapelle, deux par deux. Arrivant dans la chapelle, le premier acte de chacun était de saluer Notre-Seigneur présent dans le Saint Sacrement de l'Autel. Ils se mettaient à genoux devant le maître-autel avant de rejoindre leur place respective. Le frère fit comme à son habitude, et après avoir salué son Maître et Créateur, il vint à sa stalle, entouré de deux autres frères. Le Prieur entra en dernier et, une fois à sa place, il lanca la prière journalière: "Domine, labia mea aperies" (Seigneur, ouvrez mes lèvres), et tout les frères répondirent d'une seule voix "et os meum anuntiabit laudem tuam" (et ma bouche annoncera vos louanges). Les frères entonnèrent alors la psalmodie des offices nocturnes. Les moines chantaient les psaumes par coeur, conformément à l'habitude sur l'île. De toute façon, il n'était pas envisageable de lire son bréviaire à cette heure-ci : le soleil n'était guère levé et les seules lumières de la chapelle consistaient dans les cierges allumés sur l'autel et au pupitre du lecteur. L'ensemble de l'office passa alors, les lectures de passages bibliques ou patristiques séparant deux psaumes. Finalement, après un office d'une heure, le Prieur bénit ses moines, et l'office fut conclu. Quelques frères partirent vers le réfectoire où un frère avait disposé sur une table le pain rassi de la veille et une cruche d'eau. Les frères qui en avaient besoin prendraient ce petit-déjeuner debout, en silence, avant de retourner dans la chapelle où, dans une heure, sera chanté les laudes et les primes.
C'était une journée comme les autres qui s'ouvrait pour le frère, et celui-ci avait décidé de l'offrir entièrement au Seigneur, restant à genoux dans la chapelle, et priant silencieusement.
Posté : lun. août 12, 2019 1:05 pm
par Otto
L'union gaélique sera le genre humain
06 novembre 2039, dans la taverne de Kiaslàn
A l'extérieur de la taverne, la pluie et l'orage agitaient le petit bourg de l'intérieur des terres. Ici, tout le monde ou presque était éleveur de mouton. C'était comme ça depuis des siècles. Depuis que les Nordiques étaient arrivés sur l'île. Les populations celtes s'étaient réfugiées à l'intérieur des terres pour vivre en paix. Ca avait marché quelques temps, les razzis nordiques n'allant pas très profond dans les terres. Quand les barbares vinrent s'installer sur l'île, la situation fut même assez paisible : les Celtes et les Nordiques commercèrent un peu et apprirent à vivre ensemble à l'ombre des monastères. C'est cette paix qui permit l'évangélisation des nouveaux arrivant et la constitution de la République Monastique.
Cathal était un des rares habitants du bourg à être pêcheur, car fils de pêcheur. L'océan n'est à guère plus de deux kilomètres du village, et il faut bien que quelqu'un aille en mer pour récupérer le poisson nécessaire aux repas des nombreux jours de jeûnes que l'on respecte assez scrupuleusement ici, plus par habitude que par réelle piété. Il revenait tard de sa pêche, et, comme tout les soirs, il se précipita à la taverne retrouver ses amis.
Cathal
Entrant dans le bouge tout trempé par la pluie extérieure
Hé les gars, je reviens du port, vous ne devinerez jamais ce que j'y ai entendu !
Fionàn
Une chope de bière sombre et épaisse en main, et trois chopes vides posées devant lui
Bé si on devinera jamais accouche, bougre, on est pas là pour déblatérer des conneries...
Une telle réponse n'a au fond rien d'inhabituelle. Les Sanctobrendanois, celtes comme nordiques, sont des hommes au contact de la nature, du réel, pas des intellectuels ou des grands parleurs. Un proverbe celte assez répandu dit même en substance que soit l'on parle pour dire quelque chose d'utile, soit on se tait.
Cathal
S'asseyant et prenant à son tour une chope
En revenant de la pêche, j'suis passé par Sainte-Darcera (abbaye colombanienne féminine) et je...
Séamus
Et t'es allé reluqué la sœur Imelda ?
Cathal
Tais-toi vieux pervers et laisse moi finir... J'suis passé à l'abbaye, et j'y ai eu croisé la sœur Trionioda, vous savez, la vieille qu'parle bizarre. Elle était en pleur dans les bras de sœur Piaras qu'essayait d'la calmer. Alors j'y allé les voir, comme de tout façon fallait que j'aille déposer ma dîme d'ce mois-ci chez les sœurs... Et là, qu'est-ce qu'elle m'a pas dit ! Elle pleurait parce qu'elle venait d'apprendre que son pays n'existait plus ! La vieille Trionioda, elle vient d'Arctique, vous saviez-ça ? Elle m'a expliquée que des mecs qui portaient un nom bizarre qu'j'ai pas compris (des uns de quelque chose) ont pris le pouvoir sur les seigneurs. Y sont libérés des Nordiques !
Fionàn
Regardant le fond de sa quatrième chope, vide, et faisant signe au tenancier de le reservir
Et tu nous a coupé pour nous raconter ça. Allé, viens avec nous et bois un coup, ça va te désaltérer....
Posté : mar. août 20, 2019 3:02 pm
par Otto
Départ d'incendie
30 novembre 2039, dans le hameau de Sigurburg
Les vents de plus en plus violents empêchent les pécheurs de sortir en mer, comme chaque fin d'automne. Les travaux des champs avec l'hiver ne requièrent que peu de bras et les éleveurs ont déjà parqués leurs bêtes dans les abris. Que faire de la journée alors ? Les hommes de Sigurburg décident de se retrouver devant la chapelle.
Magnus
Hé les gars, j'ai entendu un truc à l'abbaye ce matin en apportant aidant les frères à refaire le mur-ouest de leur clôture. Ca barde en Arctique, paraît que les Celtes ont prit le pouvoir. On vit dans un monde de brute...
Henrik
Mon fils, qu'est frère à Saint-Olaf, m'a dit pareil la dernière que j'ai pus le voir. Faudrait pas qu'ils nous fassent ça ici aussi !
Magnus
Paraît qu'ils voudraient bien y arriver... Le seul moyen d'être sûr qu'ils nous fassent pas le coup, c'est de se préparer au pire. On a qu'à écrire à tout les villages alentours, on dit aux gars de se tenir prêt, et si les Celtes tentent quoi que ce soit, on les balance à la mer !
Posté : sam. août 24, 2019 9:51 am
par Otto
Coups de tocsin
11 décembre 2039
La nuit tombe doucement sur l'île. Soudain, à Sigburg, grand hameau d'une cinquantaine d'âmes, tous des Nordiques, le tocsin sonna. Comme à chaque fois que les cloches sonnaient ce signal, les hommes savaient ce qu'ils avaient à faire. Tous se précipitèrent vers leurs fusils de chasses, leurs fourches ou n'importe quel autre arme qu'ils avaient à leur disposition puis partirent vers le clocher de la chapelle du village. Au-loin, ils entendaient les autres clochers sonner le même signal.
A Kiaslàn, le tocsin avait surpris les habitants au milieu de leur nuit : pourquoi pouvait-il bien sonner ? Cela fait bien des siècles que l'on a pas eu d'invasion sur l'île. Qu'importe, la demi-douzaine que compte le village s'est réuni sur la place centrale du hameau, avec ses trois fusils et ses fourches. Ils attendent d'avoir des informations. Peut-être qu'un groupe de pillard a débarqué sur une plage proche...
A Sigburg, les hommes se mettent en marche. Ils savent très bien ce qu'il se passe et ce qu'ils ont à faire. Ils vont retrouver d'autres milices paroissiales nordiques. Leur objectif, faire un coup de force : réunir l'antique conseil des chefs de clans. Chaque milice partant d'un village nordique part vers un grand sycomore au centre de l'île.
Vers minuit, ne voyant aucuns messagers venir jusqu'à eux mais des torches se diriger vers l'intérieur des terres, les Celtes commencèrent à s'inquiéter. Dans certains villages, on se redirigea vers ses lits. Dans d'autres, comme à Kiaslàn, on comprit qu'il se passait quelque chose. Les miliciens suivirent les torches jusqu'au grand sycomore. Ils retrouvèrent sur la route d'autres miliciens celtes intégrés. Arrivés au lieu de rassemblement, ils découvrirent cent ou deux cents miliciens nordiques armés acclamant Olaf Thomasson, un pécheur de Fràboy, comme capitaine de la Grande Milice. Les miliciens celtes repartirent alors, sans trop comprendre à quoi ils venaient d'assister. Les Nordiques partirent quelques heures après, pour préparer la suite des événements.
Posté : mer. août 28, 2019 1:38 pm
par Otto
Derrière la brume, le vent
23 décembre 2039, Abbaye Saint-Brendan, capitale de la République Monastique, à 7h08
Dans les couloirs froids de l'abbaye Saint-Brendan, les moines sortent des primes et de la longue lecture du martyrologe du jour, texte latin résumant en quelques phrases la vie de chacun des saints célébrés par la Sainte Eglise ce jour. Entre la lecture, l'heure assez matinale, le fait que le soleil ne soit pas encore levé et le froid, les moines étaient tous bien peu réveillés. Le Père-Abbé, du haut de ses soixante-douze ans, marchait en direction du scriptorium pour continuer, comme chaque jour, son étude approfondie des Saintes-Ecritures. Depuis son ordination sacerdotale, il y a quarante et un an, il se consacrait quotidiennement à cet exercice. Mais ce matin-là, un moinillion lui prit le bras et l'arrêta.
Un frère
Mon Père, je dois vous parler, urgentissime.
Père Ruadhan
Hé bien je vous écoute mon frère, mais soyez bref, le Seigneur m'attend.
Un frère
Je vous assure que c'est urgent. Hier soir, comme vous le Père-Prieur me l'avait demandé je me suis rendu au bourg avec Frère Kilean pour récupérer des chandelles. Une grave rumeur court sur l'île depuis le début de l'Avent. Le tocsin a sonné il y a dix jours et depuis, des bandes armées traversent l'île. Il se passe quelque chose de grave.
Père Ruadhan
Comment ça mon frère ?
Un frère
Quoi ? Des bandes armées traversent le pays, je vois pas ce que vous ne comprenez pas Père.
Père Ruadhan
Ces bandes, qui sont elles ? Des pirates ont débarquées ? Les milices paroissiales n'arrivent pas à s'en libérer ?
Un frère
Non Père, ces bandes sont les milices paroissiales. Les paroisses seraient prêtes à se battre entre elles !
Père Ruadhan
Mais... pourquoi ?
Un frère
Je l'ignore mon Père...
Posté : ven. sept. 06, 2019 7:36 am
par Otto
Une situation... compliquée
18 janvier 2040, abbaye Saint-Brendan
Depuis le début de l'Avent, les tensions sur l'île allait en grandissant. Les levées des milices paroissiales, unique force armée de l'île, sans aucune raison apparente inquiétaient les moines. Cela était d'autant plus inquiétant que les milices se regroupaient par ethnies, les Norrois d'un côté et les Celtes de l'autre. Les choses étaient allés de mal en pis. Ici, on disait que des Norrois avaient tués un pécheur qui n'était pas revenu de la pêche, là on accusait les Celtes d'affamer les Norrois. Les moines, et plus particulièrement le Père-Abbé Ruadhan, étaient complètement déboussolés. Eux qui n'avaient dus jusque là gérer que quelques affaires politiques se retrouvent à devoir désamorcer une possible guerre civile.
La surprise des moines ne s'était pas arrêté là. Un beau matin, après l'office de Prime, un militaire lorthonien avait débarqué à l'abbaye Saint-Brendan, expliquant au Père-Abbé le débarquement de 400 soldats pour pacifier l'île. Le Père Ruadhan, avec ses soixante-douze ans, étaient définitivement perdu. Les troubles paroissiaux, l'arrivée d'une armée étrangère, à quoi tout cela pouvait-il rimer ? L'île sacrée était-elle tombée sous les griffes du Malin ? L'antique paix entre Norrois et Celtes était brisée après plus d'un millénaire de calme ?
Le calme semblait pourtant retrouvé. Avec l'arrivée des militaires, les milices paroissiales des deux camps avaient été désarmés pacifiquement. On avait prouvé aux deux camps que les craintes qu'ils nourrissaient les uns contre les autres n'étaient pas fondés. Le pécheur disparu était probablement mort en mer, et la disette n'était pas le fruit d'un complot particulier.
Mais au-delà de tout ces troubles, un questionnement plus profond habitait les moines. Ils avaient été incapables d'anticiper cette situation, et ils n'avaient guère sus comment la gérer eux-mêmes. Les choses temporelles ne sont pas leur fort : ils sont devenus moines pour prier pour le salut du monde, pas pour le gouverner.