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Posté : jeu. févr. 09, 2017 12:41 pm
par Otto
Intrigue de palais 2.
27 avril 2032 - Hôtel de Montaud, Sanct-Ectève

L'Hôtel de Montaud était la résidence traditionnelle des Vidames de Montaud à Sanct-Ectève, dans le Montbason. Les Montaud se partagent de façon héréditaire l'office de Vidame, c'est-à-dire de chef des armées de la Principauté-Episcopale du Montbason, et obtiennent régulièrement la fonction de Connétable d'Empire grâce au soutien de leur seigneur et suzerain le prince-archevêque. Depuis le sacre de Raymond III les ultramontains étaient au pouvoir à Aix-en-Foulcahier. Un Montbasonnais dirigeait le Conseil, Son Excellence Révérendissime Evrard Jorez d'Orental, archichancelier. Bien que ce dernier ne soit pas Grand'Maître, c'est-à-dire premier parmi les ministres, tout le monde savait que la réalité du pouvoir était entre ses mains.

Mais depuis quelques temps, le vieux connétable de Montaud, âgé de soixante-cinq ans, se méfiait d'Orental. Il lui reprochait notamment de ne pas assez agir contre la menace britonne. De même, selon lui l'Archichancelier était trop passif pour réellement permettre le retour du Pape dans ses Etats. Il était temps d'agir. Un [url=http://www.simpolitique.com/post303083.html#p303083]article publié dans l'Etendard[/url] en mars lui donna une idée...


Gédéon Eclou
Domestique des Montaud

Monsieur Henry-Marie Boissy de Saint-Léger.

Sire Guy de Montaud
Vidame de Montaud, Connétable d'Empire

assis dans un fauteuil en grand uniforme de connétable d'Empire Ah vous voici enfin Monsieur. Prenez place. Vous prendrez bien un verre de gentiane ?

Monsieur Henry-Marie Boissy de Saint Léger
Doctrinaire

Merci de me recevoir Sire. Oui s'il vous plaît. Que me vaut l'honneur d'une telle réception ?

Sire Guy de Montaud
Vidame de Montaud, Connétable d'Empire

Gédéon, allez chercher une bouteille puis laissez-nous.

Saint Léger, je ne vais pas y aller par quatre chemins. Nous sommes tout deux de la même génération, comme moi vous avez connu les malheurs de la guerre. Vous avez connu nos défaites lors des guerres d'indépendances des provinces impériales ultramarine. Vous savez que notre armée n'est plus capable d'assurer les missions de l'Empire.

Monsieur Henry-Marie Boissy de Saint Léger
Doctrinaire

J'agrée en effet à votre propos. Vous connaissez mes positions là-dessus. Tout l'Empire les connaît. Il est urgent que nous nous réarmions pour chasser les révolutionnaires d'Urba et l'Usurpateur de Lanfair. Mais vous savez comme moi que la guerre n'est pas envisageable dans l'état actuel de l'Arsois.

Sire Guy de Montaud
Vidame de Montaud, Connétable d'Empire

Comme vous le dite, la guerre n'est pas envisageable... dans le contexte actuel.

Mais imaginez un peu, Sa Majesté Apostolique vous laisse le pouvoir et toute l'amplitude pour mettre en pied vos réformes.

Monsieur Henry-Marie Boissy de Saint Léger
Doctrinaire

J'en serai ravis, mais le Conseil ne m'est pas accessible pour l'instant.

Sire Guy de Montaud
Vidame de Montaud, Connétable d'Empire

Pour l'instant. Attendez quelques jours et je puis vous assurer que vous serez nommé à la Surintendance. Orental et moi-même prévoyons des changements dans le gouvernement pour permettre à l'Empire de devenir ce qu'il doit être...

Maintenant trinquons : à la santé de l'Empereur...

Monsieur Henry-Marie Boissy de Saint Léger
Doctrinaire

... et merde au Roi de Britonnie !

Posté : lun. févr. 13, 2017 12:03 pm
par Otto
Orezan : un village à l'ombre des clochers

Le petit village d'Orezan est un bourg fortifié des Marquises, région montagnarde du Comté et Électorat du Foulcahier. Comme le veux le système féodal arsonnais, ce village est dirigé par un seigneur. Ou plutôt par des seigneurs. En effet, le village est sous la coseigneurie de trois entités.

La première est celle de l'Abbaye Saint-Joseph d'Orezan, relevant de la Congrégation des Bénédictins de la Stricte Observance (congrégation religieuse présente en Arsois et en Osthurie). Cette abbaye accueille une cinquantaine de bénédictins qui élisent à leur tête un abbé, actuellement le Très Révérend Père Antoine-Marie, âgé de 86 ans. L'abbaye est la plus importante des trois coseigneuries. En effet, ces territoires sont immenses : outre l'abbaye elle-même, qui est un grand bâtiment composé de trois cloîtres autour desquels s'articulent une hôtellerie pour les pélerins, une école pour les enfants du village, les quartiers des moines et une église, les bénédictins possèdent un bois de 14 hectares au nord du village et des champs où les moines partent travailler la journée afin de fournir l'abbaye en nourriture. De plus, le Très Révérend Père abbé possède la haute-justice sur le village et les hameaux alentours, c’est-à-dire qu'il est le plus haut juge local et qu'il est le seul habilité à juger les affaires relevant des crimes de sang (meurtre, viol).

Mais l'Abbaye de Saint-Joseph doit partager la seigneurie avec un autre établissement ecclésiastique : le Séminaire Saint Marcellin. Ce Séminaire, fondé au XVIIIème par l'archevêque d'Aix-en-Foulcahier pour former des prêtres dans un milieu rural afin qu'ils soient plus capables ensuite de prendre la tête de paroisse d'un même milieu. Lors de sa fondation en 1829, l'archevêque céda au Séminaire d'importante terre au sud du village ainsi des droits sur des hameaux afin que le Séminaire puisse subvenir à ses besoins. Ainsi, trois petits hameaux du sud du village sont sous la justice du Séminaire et ne peuvent faire appel au Père-Abbé que pour quelques questions de droit relevant de la haute-justice.

Enfin, une dernière seigneurie existe. Celle-là est la plus ancienne du village, mais est également la moins puissante : il s'agit de la paroisse. Le curé d'Orezan est également seigneur du village mais ne possède que quelques droits réduits par l'influence de l'Abbaye et du Séminaire. Au XXIème siècle, les pouvoirs du curé se limitent à juger quelques affaires relevant des mœurs et les affaires de cadastre. Il reste cependant le seigneur le plus riche étant donné qu'il a sous sa juridiction l'ensemble du village, excepté l'Abbaye et le Séminaire, ainsi que de nombreux hameaux qui lui rapportent un revenu substantiel. Mais à côté de cela, c'est à lui que revient les tâches les plus onéreuses comme l'entretient de la muraille du village ou celle des routes.