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Posté : jeu. juin 09, 2016 12:01 am
par Zaldora
[justify]Le séjour en Rostovie se poursuivit au troisième jour. Cette fois, Iaroslavl était à l'honneur. Forte de ses sept cent mille âmes, elle représentait la plus grande cité de l'Anneau d'Or, ainsi que la plus industrialisée. Celle chez qui coulait le sang du roi saint Niels, d'ailleurs l'un des saints patrons du Thorval, se laissait transporter par la rare beauté des lieux et la prose historique très dense de son prestigieux guide. Elle se sentait privilégiée de s'introduire ainsi au sein de la Rostovie profonde, lui permettant de ressentir l'âme de ce pays mystérieux et d'en découvrir les innombrables trésors. La reine fut impressionnée par l'iconostase de l'Église du Prophète Élie qui lui rappelait plus ou moins les grandiloquents [url=http://image.noelshack.com/fichiers/2016/16/1461000929-saint-jean-luz-27264-w1000.jpg]retables Viertenstenois[/url]. De leurs cotés, les [url=http://image.noelshack.com/fichiers/2016/16/1461001431-3-maitre.jpg]retables de style thorvalois[/url] fascinaient de même, mais dans un registre néanmoins différent. Un autre détail architectural retint l'intention de Sa Majesté, situé au sommet des édifices, les clochers à bulbe, légions partout où elle se rendait jusqu'ici ! Rares au Thorval, ils étaient plus courants au Schlessien, bien que l'on n'en retrouvait pas de cette forme-ci, purement rostove. C'est au cours de l'après-midi que le convoi entra à Vladmirovo. Grand centre spirituel, fondé avant l'an Mil et... lieu de pouvoir relatif au maillage mirien. Ce fut bien davantage qu'une anecdote pour Annabelle car la monarque y voyait, en plus de la structure fédérale, une volonté claire de décentralisation. La racaille jacobine n'avait pas la main sur le pays et cela constituait une très bonne nouvelle car pour la reine, guère plus puissant facteur de divisions et de désunions que le centralisme politique, uniformisant et tyrannique par essence.
En fin d'après-midi, la souveraine et sa délégation furent conviés à une fête traditionnelle paysanne. Accroupis sur l'herbe enneigée, autour d'un feu réchauffant, à la lisière d'une forêt, le rassemblement comptait plus de cent personnes. Annabelle se sentit à son aise dans cette atmosphère rurale d'hiver, au milieu de gens humbles et authentiques. Soudain, un groupe de ruraux l'approcha, il souhaitait l'inviter à la danse paysanne. Touchée, elle accepta de bon cœur et se prêta avec joie au khorovod. D'abord honorée au centre du cercle, elle dansa à son tour avec les autres. Tous cela ressemblait dans l'esprit, la simplicité et la festivité, aux nombreuses fêtes villageoises qui parsemaient le Thorval. Annabelle était d'ailleurs assez régulièrement invitée aux fêtes des paroisses entourant son château et s'y rendait quand ses devoirs l'autorisaient. Elle aimait beaucoup l'amusement populaire, ses accordéons, ses flutes, ses vièles, ses danses, ses ambiances joyeuses, ses rires, sa camaraderie... A la fin, la reine s'approcha de Dzerine, inquiet du manque de protocole, pour lui dire que tout allait bien. Elle put ensuite s'entretenir quelques temps avec Arkharov, solitaire et réservé. Celui-ci partit toutefois dès le coucher du soleil et ne fit pas ripaille commun à l'intérieur du Mir. Les Thorvalois y goutèrent un délicieux potage froid traditionnel, gouteux et bon. Au Thorval, les plats les plus courants se trouvaient être les soupes et les ragoûts, et il paraissait en être de même en Rostovie. Tout en mangeant, les habitants du Mir posèrent énormément de questions à la souveraine qui s'empressa de répondre, affable, à l'aide de ses interprètes. L'épilogue, après le souper, donna lieu à un défilé original, où les femmes défilaient en tenues anciennes. A nouveau, la reine consentit à participer et troqua son élégante longue robe grise à motifs floraux, pour celle d'une grande dame boyard (tenue n°6) du XVIIe siècle. Elle apparut sous les clameurs de l'assemblée et cela continua ainsi avec le reste de la gente féminine jusqu'à assez tard. Le Grand Chambellan ne vit qu'assez vaguement le spectacle, à demi assoupis après avoir vidé tout un tonneau de bière pendant la soirée. On dormit au sein des chambres du Mir sur des lits assez durs. Néanmoins, comme l'affirmait avec justesse le dicton thorvalois : « Celui qui ignore que sa couche est dure, dort bien. »[/justify]
Posté : mar. juin 14, 2016 2:22 pm
par Vladimir Ivanov
[url=https://www.youtube.com/watch?v=KMG6XoFwAUU]korobushka, musique traditionnelle rostove[/url]
Le quatrième jour, la Reine pu visiter deux villes moyennes, membres de l'Anneau d'Or : Kostroma et Ivanovo.
La première, Kostroma, est une ville fondée au milieu du XIIe siècle qui s'est développée sur le commerce fluvial, puis a servit de forteresse militaire contre les incursions Sirs (bien qu'elle ait été rasée par ceux-ci au XIIIe siècle et à plusieurs reprises). Cette forteresse n'est autre que son noyau culturel et cultuel, à savoir le monastère Saint-Hypatius, ou "Ipatiev" en rostov, qui a été bâti par le prince Tchet, un Sir ex-musulman converti au christianisme. Il s'agit du Kremlin de la ville. Véritable université religieuse de la ville, le monastère Ipatiev abrite la sépulture du (prétendu) Boris Godounov, célèbre boyard et héros de l'Histoire rostove "sorti de nulle part", dont nous parlerons ultérieurement.
Alors qu'elle servait de forteresse protectrice pour Novgorod contre les Sirs jusqu'au XVIe siècle, elle devînt ensuite une ville de retraite pour les grands ducs lors des attaques étrangères venues de l'Ouest contre la capitale.
Au XVIe siècle, lors d'une incursion réussie d'envahisseurs occidentaux catholiques (du temps des luttes fratricides entre slaves orthodoxes et franco-germains catholiques) la ville fut assiégée. Le monastère fortifié Ipatiev tînt bon, et parvînt même à repousser les armées étrangères. En ruine, c'est le prince local, Boris Godounov, sauveur de la cité, qui le reconstruisit pierre par pierre telle qu'il était avant le siège (durant la décennie 1590). Après l'assassinat de Sergueï III par des conspirateurs boyards en 1598 (avec la complicité probable de son propre fils, Alexis II), c'est lui, Godounov, ce boyard de Kostroma aux origines obscures (peut-être à la fois sires et slaves...) qui fut désigné Tsar par un Zemskiï Sobor, le "Congrès de la Terre rostove", rassemblant la Douma des boyards, le haut-clergé orthodoxe et les bourgeois des villes. Un congrès formé en opposition directe aux boyards conspirateurs et au fils (pourtant légitime) du Tsar défunt, accusé d'avoir assassiné son père.
Aussi beaucoup de nobles (favorables à Alexis II) accuseront Boris Godounov d'être un usurpateur. "Rusé, peu enclin au luxe" (voire ascète), "modéré dans ses habitudes alimentaires", proche du petit peuple qui l'admirait, sauveur de Kostroma, il est considéré comme un grand Tsar malgré son absence de légitimité (origines inconnues...) et la crise qui secoua toute cette période. Après son étrange "disparition", il fut l'objet de nombreuses "tentatives de résurrections" de la part d'autres princes et paysans (!) prétendant être Boris Godounov en personne. Les plus fanatiques des kirovistes prétendent qu'il s'agissait de Kirov, lequel est sensé "vivre dans la mort" en immortel, et cela depuis... la naissance du troisième homme de l'Histoire. Une légende parmi d'autres.
===> [url=https://image.noelshack.com/fichiers/2018/09/1/1519662362-899433zemskysobor.jpg]Représentation d'un Zemskiï Sobor (peinture de Sergueï Vassilievitch Ivanov)[/url]
C'est ici, dans le monastère Ipatiev en 1633, que le plus important des Zemskiï Sobor de l'Histoire rostove se réunit pour désigner le nouveau Tsar de Rostovie qui mettra définitivement fin aux Temps des Troubles, une période de crise politique intense qui dura 35 ans (1598-1633) consécutive à l'assassinat de Sergueï III (1598), puis de la disparition de Boris Godounov (1605). Ce Tsar élu n'est autre que Boris III, petit-fils de Sergueï III, dernier Tsar légitime assassiné, et donc le fils du très médiocre tsar Alexis II au pouvoir durant l'effondrement politique (1605-1633) et destitué par ce même Zemskiï Sobor (prononcez "Sabor").
Doux et influençable, Boris III n'en demeurait pas moins sage et intelligent, régnant sur le pays entouré de très bons conseillers dont ceux du Zemskiï Sabor qu'il convoquera régulièrement.
Le Kremlin de Kostroma (et son monastère Ipatiev) :
[img]http://img15.hostingpics.net/pics/319720forteressemonastreIpatiev.jpg[/img]
[spoiler="Kostroma"][img]https://image.noelshack.com/fichiers/2018/09/1/1519662383-467490kostromamonastreipatiev.jpg[/img]
Le monastère Ipatiev
[img]https://image.noelshack.com/fichiers/2018/09/1/1519662389-514149kostromaipatjevskij.jpg[/img]
Le monastère Ipatiev et son église aux bulbes dorées : la cathédrale de la Trinité
[img]https://image.noelshack.com/fichiers/2018/09/1/1519662398-989889kostromaiconostaseplafondipatievsobor.jpg[/img]
L'iconostase et le plafond richement décoré de la cathédrale de la Trinité du monastère Ipatiev de Kostroma : les icônes ont été peintes entre 1654 et 1656.
[img]https://image.noelshack.com/fichiers/2018/09/1/1519663213-ipatiev-pope.jpg[/img]
Un religieux du monastère Ipatiev
[img]https://image.noelshack.com/fichiers/2018/09/1/1519663252-kostroma-eglise-de-la-resurrection.png[/img]
L'église de la Résurrection de Kostroma. Selon la légende, l'église fut construite à la suite d'un accident. Alors qu'un marchand rostov avait demandé dix tonneaux de teinture (importés de Brestange) il reçut à la place dix tonneaux d'or. Considérant cet or gagné accidentellement (sans effort) comme une tentation démoniaque, il décida de le consacrer à la construction d'une magnifique église, aussi somptueuse à l'intérieur qu'à l'extérieur.
[img]https://image.noelshack.com/fichiers/2018/09/1/1519663643-kostroma-statue-de-kirov.png[/img]
Une statue de Kirov comme il y en a tant en Rostovie. La Reine du Thorval peut constater de ses propres yeux l'étrangeté de ce pays, qui a le "culot" de concilier un communisme kirovien persistant, d'inspiration matérialiste athée, et un christianisme orthodoxe en pleine renaissance, à la fois sincère (la croyance en Dieu progresse en Rostovie depuis la fin de l'ère terienkoviste) et pratiqué dans la vie quotidienne des rostovs (fêtes, cérémonies).[/spoiler]
La seconde cité, Ivanovo. Autre centre de l'industrie légère, à l'instar de Iaroslavl, toute la ville tourne -encore aujourd'hui- autour de cette activité économique. Ainsi attirait-elle dès le XIXe siècle la main d’œuvre féminine de la région (doigts fins pour les filatures de coton), au point que le déséquilibre démographique entre femmes et hommes atteint des proportions étonnantes encore aujourd'hui (de l'ordre d'environ 60-40% en faveur des femmes).
Plus récent que les autres cités, le village originel d'Ivanovo fait tout de même partie de l'Anneau d'Or : il abrite le célèbre monastère Vviedienskiï, fondé au début du XVIe siècle.
Sans surprise, voici le blason de la ville :
[img]https://image.noelshack.com/fichiers/2018/09/1/1519662427-956789ivanovotextile2.png[/img]
[spoiler="Ivanovo"][img]https://image.noelshack.com/fichiers/2018/09/1/1519664036-ivanovo-monastere-vviedienskii.jpg[/img]
Ivanovo et sa cathédrale
[img]https://image.noelshack.com/fichiers/2018/09/1/1519664071-ivanovo-eglise-du-monastere-vviedienskii.jpg[/img]
Cathédrale d'Ivanovo du monastère Vviedienskiï
[img]https://image.noelshack.com/fichiers/2018/09/1/1519664098-ivanovo-iconostase-monastere-vviedienskiy.png[/img]
Iconostase de la cathédrale Vviedienskiï
[img]https://image.noelshack.com/fichiers/2018/09/1/1519664185-ivanovo-cviato-vviedienskii.jpg[/img]
Deux croyants rostovs lambdas devant le monastère[/spoiler]
Posté : sam. juin 18, 2016 9:43 pm
par Zaldora
[justify]La veillée au sein du Mir, parmi le peuple rostov réel, en dehors de tout concept, se révéla mémorable et laissera assurément un beau souvenir à Sa Majesté. Le quatrième jour, l'avant dernier en terme de visite, emmena les Thorvalois vers Kostroma et Ivanovo. La reine se plaisait à effectuer ces tours de découverte durant lesquels ses guides l’abreuvaient sans cesse de culture et d'histoire, la vraie, celle que l'on dévoile par l'étude objectif et sincère, ni intéressée, ni idéologisée, ni matérialiste. Déambulant à Kostroma, on parvint à l'église de la Résurrection ornée de splendides détails architecturaux. La légende qui entourait son élévation ne manqua non plus de susciter la curiosité chez la reine, friande autant de la Grande que de la Petite histoire. C'est alors qu'ensuite, elle tomba nez à nez devant un monument à la gloire de... qui est l'homme que représentait cette statue ? KIROV ! Cela fut comme un retour sur terre, un rappel sans frais que la philosophie matérialiste, conduisant au matérialisme conséquent, persistait et imprégnait toujours la Rostovie. L'athéisme marxiste était bien davantage qu'une simple négation de Dieu, il était une spiritualité où l'homme était sa propre cause et devait se "découvrir", où l'humain n'était que matière, où le ciel et la terre n'étaient que matière et où nul autre chose n'existait en dehors de la matière. Le rejet profond des Thorvalois vis-à-vis des différentes idéologies marxistes s'effectuait en pleine connaissance des réalités de ceux-ci et cela était objectivement se bercer d'illusions que d'espérer qu'un jour, le matérialisme y percerait et s'imposerait réellement. A titre personnel, Annabelle pensait que derrière leurs étrange philosophie, les marxistes étaient surement des gens tristes, souffrant de grands vides dans leurs vies, errant à quelque pas du désespoir. Ces pensées se bousculèrent dans son esprit tout au long du voyage jusqu'à Ivanovo. On y visita essentiellement des églises, des cathédrales et des monastères, mais aussi une filature de la cité, et Sa Majesté y reçu une large couverture en peau de loup de la part d'une ouvrière ![/justify]
Posté : dim. juin 26, 2016 8:34 pm
par Vladimir Ivanov
LES DEUX DERNIÈRES CITES DE L'ANNEAU D'OR
[url=https://www.youtube.com/watch?v=qblarnwqaeU]Ambiance musicale[/url]
Souzdal se trouve à 31 km au nord de Vladimir et à 191 km au nord-est de la ceinture extérieure de Novgorod. Fondée avant l'an Mil, elle fait partie des cités les plus anciennes de Rostovie, et les plus importantes historiquement parlant : connue dans tout le pays, on la considère même comme le troisième centre spirituel ou "cœur" de la Rostovie, avec Sergueï-Possad (capitale religieuse, ville du Saint-Patron Serge de Radonège) et Vladimirovo ("capitale" du MiR).
Pourtant elle est aujourd'hui toute petite : sa population n'excède pas 11 000 habitants, ce qui en fait plus un "grand village" qu'une ville ! La principale rivière qui passe tout près, la Kamenka, est rejoint par une multitude de petits affluents, des ruisseaux qui traversent la petite cité. Pittoresque, Souzdal abrite en son sein -même en plein "centre-ville"- des fermes et des animaux !
Dotée d'une proportion exceptionnelle d'églises pour sa population (une trentaine), elle est un lieu "intime", qui reflète l'âme rostove dans ce qu'elle a de rurale et d'historique. La plupart de ses églises et monuments datent d'il y a près d'un millénaire, tandis que la vie rurale ou monastique de ses habitants lui donne un charme particulier.
Historiquement, le lieu était d'abord un monastère fortifié. Après la construction de la Cathédrale de la Nativité à la toute-fin du Xe siècle (qui n'avait pas encore son apparence actuelle), cela juste à la suite de la conversion rostove officielle au christianisme (981), un kremlin fut érigé pour la protéger des raids de peuplades nomades venus du Sud ou de l'Est : elle devînt alors un monastère-forteresse, à partir duquel fut bâti une cité.
Ce n'est qu'au XVe siècle, après la libération du joug des Sirs, que de magnifiques bulbes bleues furent ajoutées à l'église rénovée.
[spoiler="Souzdal"][img]https://image.noelshack.com/fichiers/2018/09/1/1519664418-532575suzdalintrieurdukremlin2.png[/img]
A l'intérieur du Kremlin de Suzdal : cœur historique, c'est la partie la plus ancienne de la cité (datant probablement de la fin du Xe siècle)
[img]https://image.noelshack.com/fichiers/2018/09/1/1519664428-954161suzdalcathdraledelanativit.jpg[/img]
La cathédrale de la Nativité, principal lieu de culte de la cité et un des plus anciens monuments chrétiens de la Rostovie (fin du Xe siècle)
[img]https://image.noelshack.com/fichiers/2018/09/1/1519664435-475206suzdalt.jpg[/img]
Souzdal en été
[img]https://image.noelshack.com/fichiers/2018/09/1/1519664440-738489suzdalnordkremlindumonastresainteuthyme.jpg[/img]
Juste au nord de la petite cité, le Kremlin du monastère Saint-Euthyme (Spaso-Ievfimiïev)
[img]https://image.noelshack.com/fichiers/2018/09/1/1519664445-788441suzdalcathdraledelatransfigurationmonastresainteuthyme2.png[/img]
Cathédrale de la Transfiguration du monastère Saint-Euthyme
[img]https://image.noelshack.com/fichiers/2018/09/1/1519664451-441948suzdaltransfigurationcathedralpeinturemurale.jpg[/img]
Peintures murales de la Cathédrale de la Transfiguration
[img]https://image.noelshack.com/fichiers/2018/09/1/1519664771-543785suzdalpeinturemuralechurchofthetransfigurationspasoyevfimiyevmonastery.jpg[/img]
Peintures murales de la Cathédrale de la Transfiguration
[img]https://image.noelshack.com/fichiers/2018/09/1/1519664785-372292suzdalrivirekamenkaetcouventdelintercession.jpg[/img]
La rivière Kamenka et le Couvent de l'Intercession
[img]https://image.noelshack.com/fichiers/2018/09/1/1519664795-409810suzdalglisesaintsborisetgleb.jpg[/img]
Église Saints-Boris-et-Gleb, construite au XVIIe siècle sur la rive droite de la rivière Kamenka. Ici se trouvait également le monastère éponyme, mais il fut incendié par les armées "alméroccidentales" (ouest-alméranes) catholiques du temps des guerres de religion en Alméra orientale à l'orée du XVIIe siècle. Jamais reconstruit, il reste cependant l'église inscrite parmi les joyaux architecturaux de la Rostovie.
[img]https://image.noelshack.com/fichiers/2018/09/1/1519664804-336232souzdalhivercentre.jpg[/img]
Le centre du grand village de Souzdal et ses petits marchés eux-même reliés au système du MiR.[/spoiler]
Puis Annabelle visita Vladimir au cours de l'après-midi.
Située à 31 km au Sud de Souzdal, cette ville est beaucoup plus grande (350 000 habitants), et la capitale de son raïon. Fondée en 1108, elle devient rapidement la capitale de la Principauté de Vladimir-Souzdal, une des plus puissantes de la Grande-Principauté rostovienne. La cité atteint son âge d'or entre 1150 et 1250 (invasion siyre), en devenant un important centre du commerce de bois et de fourrures, une forteresse religieuse (kremlins-monastères) mais également le plus important centre politique de la Grande-Principauté Rostove, cela de 1150-1250.
Sa construction la plus monumentale, symbole de la puissance de la ville, est la Cathédrale de la Dormition (l'Assomption orthodoxe), bâtie de 1158 à 1160 sous la décision du prince André Ier Bogolioubski, puis agrandie de 1185 à 1189. Dès 1189, elle devînt le centre du nouveau Patriarcat orthodoxe de Rostovie, donc sa capitale religieuse officielle.
André Ier Bogolioubski, prince de la Vladimir-Souzdal (à partir de 1140) puis Grand-Prince de Rostovie de 1169 à 1171, fut le principal personnage de la ville. Sa grande piété et son sens de la charité (il donnait beaucoup aux pauvres) le rendit populaire dans tout le pays, surtout après sa mort. Ré-unificateur de la Grande-Principauté rostovienne lorsqu'elle subissait de nombreux troubles internes, il éleva sa ville (Vladimir) au rang de capitale politique rostove, mais il ne tînt le pays unifié que durant trois ans (il est assassiné par des conjurés boyards hostiles à la centralisation, en 1171). Après sa mort, la cité de Vladimir resta encore la principale cité politique du monde rostov, cela jusqu'aux invasions siyrs.
C'est lui qui fit venir dans la ville l'icône thaumaturge la plus célèbre de Rostovie qui porta ainsi le nom de la cité : [url=http://img11.hostingpics.net/pics/370926notredamedevladimir.jpg]Notre-Dame de Vladimir (ou Vladimirskaïa)[/url], faisant de Vladimir un centre spirituel orthodoxe mondial. Elle y est encore aujourd'hui, malgré quelques expositions temporaires à Novgorod.
[img]https://image.noelshack.com/fichiers/2018/09/1/1519664273-583771andrebogolioubski2.png[/img]
Le Prince Andreï Bogolioubskiï.
Après une crise de quelques mois, Vsevolod III Vladimirski devient Grand Prince de Rostovie durant seulement 5 semaines, en 1173. Mais il perdit sa fonction et se contenta finalement de "Prince de Vladimir-Souzdal" de 1176 à 1212, une des principautés les plus puissantes, qui, on l'a vu, atteignit son apogée sous son règne. Dur et sans pitié, il massacra les boyards responsables de la mort de son prédécesseur (Andreï), mais fut ensuite apaisé par son épouse très pieuse, Maria Chvarnovna, laquelle bâtie de nombreux couvents sur le territoire de la principauté.
[spoiler="Vladimir"][img]https://image.noelshack.com/fichiers/2018/09/1/1519664282-538369vladimir2.jpg[/img]
Vladimir en hiver, à l'aube : on note des bâtiments de l'ère moderne (XVIIIe siècle)
[img]https://image.noelshack.com/fichiers/2018/09/1/1519664290-730018vladimircentreville.jpg[/img]
Centre-ville de Vladimir [en RP, les voitures sont moins "modernes" et moins nombreuses que sur la photo IRL !]
[img]https://image.noelshack.com/fichiers/2018/09/1/1519664297-754222vladimirzolotyivorotaportedore.jpg[/img]
Zolotiïé Vorota, la "Porte Dorée", bâtie au milieu du XIIe siècle durant l'apogée de la principauté. Sa fonction était triple : à la fois défensive (tours de défense militaire), symbolique (arc de triomphe) et religieuse (une chapelle se trouve au-dessus de la puissante voûte demi-circulaire). C'est ici qu'entraient les visiteurs à l'époque pour rejoindre le très riche centre-ville. Lors de l'attaque de la ville par les Sirs en 1258, ceux-ci furent d'abord défaits grâce à cette porte, mais parvinrent à entrer lors du second assaut grâce à une brèche sur une autre partie du rempart de la cité.
[img]https://image.noelshack.com/fichiers/2018/09/1/1519664306-550914cathdraledevladimir.jpg[/img]
La Cathédrale de la cité : la Dormition de la Sainte-Vierge Mère de Dieu. Elle est le siège du Patriarcat orthodoxe de toutes les Rostovies de 1189 à 1380, avec l'indépendance et l'essor de Novgorod.
[img]https://image.noelshack.com/fichiers/2018/09/1/1519664318-244951vladimircathdraledeladormition3.jpg[/img]
Cathédrale de la Dormition, symbole de la puissance de Vladimir à la fin du XIIe et au début du XIIIe siècle.
[img]https://image.noelshack.com/fichiers/2018/09/1/1519664326-933910vladimircathdraledeladormitiondelasainteviergemrededieu2.png[/img]
Cathédrale de la Dormition, actuel siège de l'éparchie de Vladimir-Souzdal.
[img]https://image.noelshack.com/fichiers/2018/09/1/1519664332-912281vladimircathdraledeladormition2.jpg[/img]
Cathédrale de la Dormition, joyau de l'architecture de la Rostovie médiévale pré-Siyr.
[img]https://image.noelshack.com/fichiers/2018/09/1/1519664339-858273vladimircathdraledeladormition.jpg[/img]
Cathédrale de la Dormition
[img]https://image.noelshack.com/fichiers/2018/09/1/1519664347-999160vladimircathdraledeladormition3.jpg[/img]
Cathédrale de la Dormition
[img]https://image.noelshack.com/fichiers/2018/09/1/1519664354-533907vladimircathedralfresquesdandreroublev.jpg[/img]
Fresques d'Andreï Roublev (Saint André l'Iconographe, moine et peintre d'icônes du XVe siècle) à la Cathédrale de la Dormition : "le Jugement Dernier".
[img]https://image.noelshack.com/fichiers/2018/09/1/1519664360-980693vladimireglisecatholiquenotredamedurosaire2.png[/img]
Église catholique Notre-Dame du Rosaire : Vladimir abrite une importante communauté de catholiques vieille de près d'un millénaire !
[img]https://image.noelshack.com/fichiers/2018/09/1/1519664366-763917vladimirsaintdmitrycathedral.jpg[/img]
Cathédrale Saint-Dmitriï : construite sur quatre pilastres, à trois nefs dominées par une coupole, de superbes fresques en sculptures représentent six cents sujets différents (Saints, créatures, animaux, histoires, psaumes...). Il y est également écrit « tout ce qui vit est aimé par le Seigneur ».
Endommagée, usée par le temps, elle est transformée en musée (histoire architecturale et histoire de la Principauté) lors de la Révolution communiste en 1951, mais les kirovistes refusent néanmoins de la détruire : elle est même restaurée à l'identique dès les années 1950.
[img]https://image.noelshack.com/fichiers/2018/09/1/1519664377-542463vladimircouventkniaguininepourreligieuses.jpg[/img]
Couvent Kniaguinine (pour les religieuses), nommé en l'honneur de sa fondatrice, la princesse Maria Chvarnovna, épouse de Vsevolod III Vladimirski qui lui donna 14 enfants et connue également par sa grande piété.
[img]https://image.noelshack.com/fichiers/2018/09/1/1519664386-947508vladimirbogolioubovo2.png[/img]
Le village de Bogolioubovo (qui signifie "lieu aimé par Dieu") : il s'agissait du lieu de résidence du prince Andreï Ier Bogolioubovskiï, d'où il tire son nom.[/spoiler]
Posté : ven. juil. 01, 2016 2:06 pm
par Zaldora
[justify]Le tour de la lointaine banlieue de Novgorod touchait à son cinquième jour, avec Soudzal et Vladimir.
Soudzal ne renfermait que 11 000 habitants. Il parut intéressant à la reine de savoir qu'en Rostovie, on considérait ce genre de localité comme des gros villages alors que dans son royaume, un petit effort démographique supplémentaire et Soudzal serait perçue telle une ville moyenne, bien que pour juger de cela, on accordait davantage d'importance à l'image socio-professionnelle de la localité. L'architecture de la cité était pittoresque et à la surprise de Sa Majesté, renfermait fermes et bétails jusqu'au centre-ville. Elle ne s'attendait pas à rencontrer pareil phénomène ici en Rostovie. Au Thorval, la chose était monnaie courante au sein des villes de province, tandis que les grandes étaient rurales au moins sur les faubourgs, voir même certaines aussi sur les centres-villes. C'était la tendance de ces dernières années, où la nature reprenait ses droits, la campagne reprenait totalement vie et grignotait partout en zone urbaine, mais jamais le contraire, on luttait farouchement contre la rurbanisation. La ruralisation des villes avaient ses inconvénients, surtout en terme d'hygiène, mais les différents systèmes de propreté recrutait du personnel et maintenait la tendance à un niveau acceptable. Souzdal méritait donc son statut de de gros village. Les petits marchés plurent également à Annabelle. Les places de marché et les commerces de proximité étaient, pour elle et beaucoup d'autres, l'optimum en terme de commerce. Le franchir en adoptant les supermarchés, les grandes surfaces et les centres commerciaux ne menait vers jamais rien de bon. La reine plaça enfin grand intérêt pour les lieux de culte orthodoxes, chez lesquels se dégageaient une atmosphère sacrée, les magnifiques fresques aidant généreusement à cela. Enfin, que trente églises soient battit au sein de ce grand village était remarquable et témoignait si besoin de l'éminente incrustation de l'orthodoxie dans l'âme rostove, qu'aucune politique hostile ne put supprimer, quelque soit sa volonté et ses efforts.
On changea ensuite de dimension en mettant le pied à Vladimir, pour sa part une très grande ville. Couvertes d'églises et de cathédrales, dont une catholique dédiée à Notre Dame du Rosaire (!), Vladimir était d'après les dires de son guide intimement liée à l'histoire du prince Andreï Bogolioubskiï dit l'aimée de Dieu qui, dans un contexte difficile, parvint à porter haut le nom de sa ville, jusqu'à réussir la prouesse politique de réunifier la Grande Principauté, bien que pour seulement quelques années. Mais Andreï ne fut pas un machiavel pour autant et était en vérité animé d'une grande piété, proportionnelle à sa charité. La reine admirait le personnage. Andreï était la preuve, parmi d'autres témoignages historiques, que les saints pouvaient exister, même en politique. Hélas, des conjurés mirent fin à son pieux règne.. avant d'être à leur tour punit par le successeur Vsevolod III Vladimirski ! En connaisseuse de l'histoire de Thorval, intimement liée d'ailleurs à celle de sa famille, Annabelle fut marquée par le récit car il lui rappelait la mort de Jens II, assassiné par des comtes rebelles en 904 après JC. Succédant à son défunt père, Jens III jura de le venger et à la tête de ses hommes, détruisit impitoyablement, quelques mois plus tard, les osts seigneuriaux ennemis, faisant condamner à mort les seigneurs impliqués dans la mort de son père. Jens III restaura ainsi l'autorité publique et mit de l'ordre au sein du royaume, sans néanmoins rogner outre mesure sur les libertés locales. Selon les biographies, la pieuse reine consort Grete s'était elle aussi beaucoup employée auprès de son mari pour l'adoucir et raisonner sa grande ardeur, l'empêchant ainsi de commettre de nombreuses erreurs.
Place désormais au sérieux des discussions bilatérales. La reine y participera, mais ça sera essentiellement le Grand Chambellan Jens qui y prendra la parole.
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