[justify]L'OUSTRIE AU JOUR LE JOUR (5)
[center][img]http://image.noelshack.com/fichiers/2016/18/1462307629-coop.png[/img]
Vue sur un champ coopératif de la Fédération[/center]
Il est encore très tôt en cette froide matinée et pourtant Radko est déjà réveillé, assis sur le rebord de son lit entrain de mettre ses bottes. Par la fenêtre, il fait encore nuit mais d'ici une bonne heure ou deux, il fera jour. Après avoir enfilé ses bottes, il se lève délicatement pour faire le moins de bruit possible et ne pas réveiller sa compagne qui dort encore à côté de lui. Il fait le tour de la pièce et sort de la chambre, avant de filer directement jusqu'à la cuisine pour aller manger un morceau. Ce matin ce sera un bol de café, du pain, du beurre et du fromage. Il trempe machinalement sa tartine en pensant au travail qui l'attendait aujourd'hui et à tout ce qu'il aurait à faire une fois que ce dernier sera terminé. Avec des dizaines et dizaines de milliers comme lui, Radko formait la grande masse des paysans de la Fédération. Ils représentaient le cœur de la Fédération, ils représentaient ces travailleurs et travailleuses de la terre qui s'échinaient pour nourrir la population, mais également pour vivre dignement. L'histoire de la paysannerie en Oustrie pourrait se résumer à une lutte ancestrale entre grands propriétaires terriens, gouverneurs en tout genre, maître de la terre opposé à une masse informelle de petits paysans, petits producteurs, de journaliers, métayers qui ne possédaient que leurs forces de travail. Vivant souvent dans la précarité ou alors à un niveau de vie tout juste suffisant, ils s'étaient révoltés un grand nombre de fois à travers l'Histoire, à travers les époques. L'un des leaders paysans les plus connus était Stoyan Valwyno, leader paysan et révolutionnaire du XVème Siècle, qui avait mené une révolte de grande ampleur contre les impôts de guerre qui pesaient sur la population. Jusque très récemment, les conditions de vie générale des paysans en Oustrie n'avaient pas particulièrement changé. Même durant la très courte période républicaine qu'avait connu le pays, les projets de partage des terres n'étaient resté que lettre morte à cause de la pression des propriétaires terriens et d'une grande partie de la classe dirigeante qui se refusait à voir son monopole sur la terre être réduit à néant. Sous la période monarchiste puis fasciste, les paysans Oustriens ont connu des hauts et des bas : Tadov VI Troubiich (Dernier souverain du pays) est un personnage controversé pour sa nonchalance politique vis à vis des fascistes, mais il est reconnu comme celui qui a maintenu et étendu les droits ancestraux -communaux- des paysans, notamment en ce qui concerne les récoltes, abattage du bois, etc etc. Les fascistes auront finalement un programme démagogue au niveau agraire, édictant des réformes qui devaient mener à plus de corporatisme mais qui ont surtout dépossédé de leurs droits une grande partie des petits paysans et des journaliers, allant jusqu'à l'interdiction de se coaliser hors des corporations et leur retirant le droit de grève. En comprenant cela, il n'est guère étonnant que la paysannerie Oustrienne s'est montrée assez enthousiaste durant la Guerre de Libération.
Radko était un homme d'un age déjà avancé. Cette année, il allait fêter ses 66 ans. Pourtant, il gardait une force de caractère et une vigueur qui lui permettait de pouvoir continuer à faire ce qu'il a toujours fait : Vivre et travailler comme un paysan. Comme la grande masses des paysans pauvres ou journaliers, la Révolution Communale a été plus qu'une bénédiction pour eux. Dans le programme politique des révolutionnaires socialistes, il y avait la nationalisation de toutes les terres Oustrienne, ainsi que le partage des terres de façon équitable. La Fédération avait promis que la terre appartiendrait à ceux qui la travaille... Et elle a tenue promesse. La formation des coopératives dans toute l'Oustrie a démontré toute les volontés affichés par la paysannerie de s'en sortir, de vivre mieux et dignement. La mise en commun de nombreux terres, d'outils, de connaissances/savoirs ne venait pas d'une décision centrale, d'une quelconque "autorité supérieure". Depuis des générations, il existait une organisation paysanne qui se basait sur des règles collectives, sur des règles et des droits collectifs. En quelque sorte, la Révolution n'a fait que donner un caractère socialiste réelle, tout un ensemble de règles qui existaient déjà mais qui n'étaient pas ou plus reconnus de manière constitutionnelle. Cela avait un sens profond pour Radko, lui qui avait vu son père travaillé toute sa vie sur les terres d'un grand propriétaire terrain pendant une trentaine d'années de bon et loyaux service, et alors que ce dernier voulait se débarrasser de lui sans lui débourser un seul centime... Il a vu son père se planter nez à nez avec le propriétaire terrien et lui dire qu'il ne partirait pas avant d'avoir été payé pour ces trente années à avoir travailler pour lui. La seule réponse qu'il a eu, ont été des coups de fusils qui ont bien faillit le tuer lui et toute sa famille. Ce genre de procédés étaient monnaies courantes dans le pays et ce n'était pas la démagogie des fascistes/monarchistes qui allaient y changer quoi que ce soit. Ce n'est pas la "subversion communiste" qui a retourné la tête des paysans, mais le traitement injuste dont ils étaient victimes qui les a massivement fait rejoindre les révolutionnaires socialistes. Le partage des terres des grands domaines a été une véritable bénédiction pour de nombreuses familles paysannes, qui pouvaient enfin avoir un lot de terre qui allait leur appartenir et leur permettre de pouvoir vivre de leur travail et ne plus devoir se vendre littéralement pour des miettes. Voilà pourquoi il est impossible à une quelconque forme de contre-révolution de pouvoir à nouveau espérer avoir un terreau favorable en Oustrie, car la paysannerie est largement satisfaite de son nouveau statut et de la généralisation des coopératives dans le pays. Radko, faisait partie de cette masse paysanne qui savait qu'elle ne travaillerait plus pour un quelconque exploiteur, mais qu'elle travaillerait enfin pour le bien commun, pour l'intérêt de tous et toutes.
Les droits au sein des coopératives sont multiples et garantissent des droits fondamentaux et inaliénables. Par exemple, chaque paysan à un pouvoir de décision et de regard vis à vis de la vie interne de la coopérative. Toutes les grandes décisions sont prises collectivement et les directeurs des coopératives sont élu parmi les paysans et sont très rarement nommés par la Fédération, sauf en cas de force majeure. Les coopératives permettent de faire fonctionner collectivement les efforts des paysans, d'unir leurs efforts et de pouvoir compter sur l'expérience et le savoir-faire de tout à chacun. Alors qu'il n'y avait aucune décision à prendre durant la période des grands propriétaires fonciers, maintenant chacun et chacune peut s'exprimer sans crainte. Alors qu'il y avait un morcellement dangereux de la terre et que les efforts n'étaient pas fourni collectivement, il a fallut beaucoup de persuasion pour en venir à la nécessité de la mise en commun sous contrôle de l'ensemble des coopérateurs et coopératrices. Rakdo par exemple, s'était montré assez réticent à faire venir d'autres personnes travailler sur ses terres, considérant qu'il était le seul à la connaître et qu'il avait un droit de regard dessus, d'en user et d'en abuser comme le droit bourgeois aime bien à le faire entendre. Comment lui en vouloir ? Lui-même sait parfaitement qu'il n'était pas à blâmé, car il était tout simplement sous l'influence de la pensée dominante, la pensée somme toute capitaliste. Vladimir Kirov a eu raison de noter que la paysannerie revêt un double caractère de classe et de nature : D'un côté, elle se sent proche des idées socialistes et de la classe ouvrière, sans sa lutte contre les grands propriétaires terriens, les usuriers et autres exploiteurs. D'un autre côté, elle a aussi largement une mentalité capitaliste dans sa défense de sa petite propriété, de son petit lopin de terre. C'est pourquoi toute la politique qui est mise en œuvre en Oustrie, vise à ne pas utiliser la contrainte mais à utiliser la persuasion, la transformation et l'expérimentation pour démontrer que la propriété collective est et restera une forme supérieure à la propriété capitaliste, qu'elle soit parcellaire ou sur tout un domaine. Les coopératives ont également permises d'augmenter drastiquement les conditions de vies des paysans à travers la Fédération, avec l'accès à des soins, à une couverture médicale complète, à la possibilité de pouvoir avoir accès à une éducation qui leur était interdire, ou du moins qui leur était difficile d'accéder. Les coopératives sont un chemin d'avenir et de progrès, mais ne représentent qu'une étape dans la transformation de l'agriculture en Oustrie. Mais avant d'aller plus en avant, il faut que la mentalité paysanne soit radicalement transformée par les coopératives et qu'elle puisse fournir la base d'avancées sociales, politiques et économiques futures. Il existe encore malheureusement de grandes disparités dans les campagnes Oustriennes et la Fédération fait tout pour essayer de combler ses retards.
Radko ne prétend pas tout savoir. Radko aime à dire qu'il ne se considère pas lui-même comme un "socialiste". Non pas parce qu'il veut montrer une différenciation, mais parce que pour lui l'essentiel est de faire son travail et de le faire consciencieusement sans qu'une idéologie ne prenne le pas dessus. Radko ne comprend pas forcément tout les conflits qu'il y a à travers le monde, ni même pourquoi ils ont lieu. Ce qu'il sait cependant, c'est que dans le conflit qui oppose la Schenkennie à la Varlovie et sans connaître ses deux pays... Il sait que de nombreux pays peu fiables soutiennent la Varlovie et que cela lui permet de dire qu'il sait qu'il il doit soutenir et de quoi il doit se méfier. Certains pourraient s'insurger et trouver que cela flaire bon le populisme. Mais Radko n'en a que faire. Au cours de la journée qui s'annonce, il s'occupera des bêtes, s'occupera des vaches, poules, cochons et autres lapins. Après, il s'en ira pour voir ce qu'il aura à ramener comme légumes pour ce soir, histoire que la soupe soit un vrai régal. A un moment dans la journée, il se réunira avec tout les autres paysans coopérateurs et pourra discuter librement de ce qu'il souhaite, de ce qu'il faudrait améliorer. Comme à son habitude, il se taira et écoutera attentivement, sa casquette vissé sur sa tête et une cigarette au bout des lèvres. Il votera à main levé les propositions faîtes et il donnera peut-être son avis sur l'un ou l'autre des sujets énoncés. Il se moquera à coup sûr du directeur de la coopérative qu'il n'aime pas trop, sans doute parce qu'il est proche du Bloc Populaire & Paysan et que pour Radko, cela représente le scandale de Ozokanine et de sa femme. Mais il restera poli et n'ira pas trop loin dans la moquerie. Puis, sans doute que son petit-fils viendra le voir à la fin de la journée, il pourra le prendre dans ses bras et lui raconter des histoires, le faire monter dans son tracteur et voir ses yeux brillé. Puis, son petit-fils lui parlera de ce qu'il a fait à l'école, de ce que la maîtresse lui a dit, ce qu'il a appris et pourquoi est-ce que plus tard il veut être comme son grand-père ! Alors, Radko rira. Mais il rira un court instant après que son petit-fils lui est demandé ce qu'est la "Révolution". Là, il redeviendra sérieux et sans dire un mot, il prendra son petit-fils par la main pour le conduire dehors juste à l'entrée de sa petite maison. A ce moment là, il prendra un petit morceau de bois et... tout en tremblant, il écrira quelque chose maladroitement sur le sol, ses yeux se brouillant de plus en plus sous les larmes. En cyrillique, il écrira son prénom. Voilà ce qu'est pour lui, la "Révolution". Avoir appris à lire, compter et écrire son propre prénom, à un âge très avancé. C'est alors qu'il repensera avec mépris à ceux qui l'ont insultés il y a peu, [url=http://www.simpolitique.com/campagne-varlovie-t12780-45.html#p283061]insultant[/url] ceux et celles qui ont réellement été égorgés durant la Guerre de Libération mené contre les fascistes, adeptes de sévices en tout genre. Mais à la vue de son petit-fils, il cessera de pleurer et d'avoir de la rancœur contre quiconque. Il le prendra sur ses épaules et rentrera chez lui d'un pas calme et serein en ne se souciant déjà plus du lendemain. Radko doit beaucoup à la Fédération, mais c'est avant tout la Fédération qui lui doit énormément, à lui et des dizaines de milliers d'autres comme lui.
[center][img]http://image.noelshack.com/fichiers/2016/18/1462313461-affuche.png[/img]
Affiche de la Fédération : Bâtir le socialisme bien, vite et mieux ! [/center][/justify]
Tintin au pays de la Fédération
-
Viktor Troska
[justify]L'OUSTRIE AU JOUR LE JOUR (6)
[center][img]http://image.noelshack.com/fichiers/2016/31/1470342018-jlj.png[/img]
Art graphique dans les rues de la Fédération : Au premier plan, une jeune garde socialiste reconnaissable à son foulard rouge[/center]
La nuit est entrain de tomber lentement sur la ville de Rabov et sur l'ensemble de la Fédération. Rabov est désormais tout un symbole pour l'ensemble de la Fédération, c'est ouvertement la 'Commune Rebelle', celle par qui tout a été possible et tout est encore possible. Sa nouvelle administration communale travaille avec intelligence et en lien avec la Jeune Garde Socialiste, tandis que les premières expérimentations sociales nouvelles voient le jour, notamment dans la gestion quotidienne de la ville. Rabov est la Commune pilote, elle est aimée comme détestée par ceux et celles qui y voient un défi vis à vis de la Fédération et de son gouvernement. Il suffit de parler du sujet de Rabov, pour qu'un gentil petit dîner anodin ne monte subitement d'un cran dans les aiguës. Mais ce qui est le plus important, c'est avant tout ce qui se produit à Rabov comme partout à travers la Fédération. A la fin de leurs journées de travail ou d'études, l'ensemble de la population va s'acquitter de ses derniers devoirs citoyens avant de vaquer à ses occupations. Les villes de la Fédération restent animés jusque très tard dans la nuit et l'on peut voir énormément de personnes défilé jusqu'à l'aurore et rentrer pour essayer d'aller dormir. Comparé à d'autres villes et pays socialistes, il y a un fossé assez énorme et cela s'explique avant tout par le désir collectif de la population Oustrienne d'enterrer une bonne fois pour toute, la période de terreur fasciste qui frappait aveuglément et causait un taux de suicide immense à travers le pays. Système carcéral à ciel ouvert, l'accès à la liberté et au socialisme a été une grande bouffée d'air frais pour l'ensemble de la population, qu'importe l'âge et les générations. Le système communal est libre, ouvert, participatif et respectueux des volontés exprimés par chacun. A l'opposé de l'entièreté d'un système froid et aveugle, brutal et sauvage qui a été vaincu lors de la Guerre de Libération. L'on pourra sans doute retirer beaucoup de choses aux Oustriens et Oustriennes, mais clairement pas leur vie nouvelle.
Nia, Teodora et Sonya sont entrain de ses préparer pour leurs sorties de ce soir. Ces trois étudiantes partagent une des nombreuses chambres des multiples petites cités universitaires à travers le pays. A Rabov, les cités universitaires ont toujours été un haut lieu de contestation social et politique. Depuis la Guerre de Libération, c'est plus de cinquante pourcent des fils et filles des classes travailleuses de la Fédération qui peuvent faire des études supérieures. Cela est encore trop peu pour les autorités mais marque un profond changement par rapport à l'ancien système inégalitaire et excluant pour une grande partie de la population. Ce soir, il y a un concert organisé par la Jeune Garde Socialiste dans les vieux entrepôts de la ville et depuis longtemps abandonnés, mais reconverti dans d'autres usages. L'on murmure qu'il y aurait peut-être un concert surprise de Revolution Has Come, mais cela n'est pas officiellement au programme des festivités. Quoi qu'il en soit, l'excitation est à son comble. Dans leurs chambres, les trois étudiantes sont entrain de se préparer et essayer de ne pas arriver en retard. Nia et Sonya sont étudiantes en architecture, tandis que Teodora est étudiante en sociologie. Elles se connaissent depuis plusieurs années et c'est naturellement qu'elles partagent le même espace de vie en commun. Cependant, le règlement intérieur est assez strict vis à vis du sexe opposé : Interdiction d'avoir des rapports en dehors des heures de cours et de pauses et punitions sévères pour tout manquement à cet règle. Nul n'empêche les étudiants et les étudiantes de pouvoir se retrouver au-delà des murs de l'Université, pour n'importe quel raison. Très dur de ce point de vue au niveau des mœurs, le reste est entièrement libre et l'administration n'est que peu regardante sur ce qui se passe réellement sur le campus. Une sorte de compromis et de pacte de non-agression qui semble convenir à tout le monde. Les trois étudiantes se poussent l'une et l'autre pour se regarder dans le grand miroir de leur salon. Il s'y essaye différents vêtements, différents maquillages, différentes tenus. On se bouscule, on essaye d'emmerder l'autre. Rien de plus naturel en somme...
Une fois fin prête, les trois étudiantes iront rejoindre plusieurs amies à elles, qui les attendent en voiture pour les emmener sur le lieu du concert. Le style change complètement et l'on peut sentir l'appartenance à la Jeune Garde Socialiste : Coupe au carré, jean délavés, blouson en cuir noir, foulard rouge autour du cou... L'on maintient quoi qu'il en soit, un certain code vestimentaire suivant l'organisation à laquelle on appartient. La Jeune Garde Socialiste voue une haine à l'Avant-Garde Socialiste et cela est réciproque. Pour tenter de contre-carrer la montée en puissance de la Jeune Garde Socialiste, le Parti Socialiste Oustrien s'est doté également d'une forte représentation dans la jeunesse, qui talonne et se bat politiquement, idéologiquement et parfois physiquement avec leurs homologues Jeunes Gardes. Pour ces derniers, l'AGS est rien d'autre qu'un repère de corrompu et de futurs bureaucrates du Parti Socialiste Oustrien. Pour l'AGS, les Jeunes Gardes ne sont que des futurs kirovistes-gakistes en puissances qui mettent en danger la stabilité de la Fédération. Génération directement issue de la Guerre de Libération, elle s'exprime sous divers aspects pour tenter de se trouver une identité propre. Beaucoup de jeunes Oustriens et Oustriennes n'arrivent pas à pardonner à leurs aînés de s'être tout simplement tût lors de la récente période fasciste. Ce qui explique aussi les nombreuses altercations entre cette jeunesse et la myriade de petits groupuscules monarchistes qui tentent de se faire une place dans cet univers en tentant de remettre au goût du jour l'idée du retour de la famille royale au pouvoir. L'explication de fond se tient là dedans, pourtant ce soir il n'y aura pas d'affrontement stériles et il n'y aura qu'un moment convivial à partager le plus largement possible. Comme les jeunes du monde entier, la jeunesse Oustrienne ne veut pas uniquement vivre à travers des mythes libérateurs mais tout simplement profiter de la vie qui leur est offerte. Leur socialisme est à géométrie variable, surtout suivant la période de la journée et de qui est entrain de les regarder faire. Car il existe un fossé générationnel assez flagrant quoi qu'on en dise : Les plus anciens n'aiment pas cette 'mode' qu'ils comparent à de la décadence petite-bourgeoise, tandis que les plus jeunes se refusent à essentialiser leurs actions à travers leurs âges. Ce débat n'en finira certainement jamais.
Quand les voitures se garent, l'on peut déjà entendre au loin les premières notes de musiques qui commencent à raisonner à travers les entrepôts. Chacun et chacune se précipite pour arriver le plus vite possible, pouvoir assister au début de cette grande fête qui s'offre à eux. Comparé à ces voisins, l'Oustrie n'a pas misé sur un puritanisme froid, vengeur et policier. Cela n'est de toute façon pas concevable dans cette société, qui corrige les défauts hérités de l'ancienne société en évitant de la transformer en prison moralisante. Ils pourront se battre encore longtemps, mais jamais les Oustriens ne pourront comprendre les Rostoviens et les Kirépiens et inversement. Comme dans toutes ces grandes liesses et ces fêtes massives, il y a toujours des membres de la Jeune Garde Socialiste pour veiller au grain et assurer la sécurité de tout à chacun. Surtout, il y a une règle simple : Pas de drogues, jamais. L'alcool n'est pas un problème, comme le tabac. Cependant, il y a une vigilance extrême au niveau de la drogue et de tout ce qu'elle peut produire comme néfaste. Il y a une véritable guerre sociale qui est faîte vis à vis de la drogue et il n'est pas anodin d'entendre des armes aboyés et de voir un dealer s'en aller la queue entre les jambes : C'est qu'il a tout simplement montrer sa gueule alors qu'il n'aurait jamais du se montrer avec sa merde. Nia, Teodora et Sonya s'en fichent pas mal, elles ne consomment pas l'alcool et ne fument quasiment pas... Sur la scène, plusieurs groupes vont se succéder tout au long de la soirée et de la nuit. Ici, tout les styles musicales sont passées et ne sont pas interdit ni de production, ni de commercialisation. La Fédération laisse une grande liberté de création se faire et n'intervient que très rarement dans le domaine de la culture bien qu'il soit malgré tout surveillé -pays socialiste oblige-. Plusieurs fois au courant de la nuit, des Gardes Nationaux viendront s'arranger que tout se passe pour le mieux, viendront fumer une ou deux cigarettes et boire une ou deux bières avant de repartir. Il ne s'agit pas de fermer les yeux sur quoi que ce soit, mais avant tout d'un 'grignotage' de la Garde Nationale par des membres de la Jeune Garde Socialiste, au plus grand dam de l'opposition qui y voit une tentative de semi Coup d'État dans une des institutions garantes de l'ordre public de la Fédération. Jusqu'au petit matin, des décibels vont être crachés et tout le monde va danser. Qui sait ce qui va se produire, quels rencontres vont être faîtes, le nombres exact de relations qui vont se nouer... Qu'importe après tout ! Le 'mal' sera sans doute déjà fait.
Quand elles rentreront, Nia, Teodora et Sonya parcourront plusieurs kilomètres pour rentrer jusqu'à leur cité universitaire. Elles marcheront en titubant, parfois en tombant et en éclatant de rire. Comme elles, une multitude de leurs compatriotes regagneront leurs cités universitaires, leurs appartements ou encore leurs familles. Sous le regard amusé de plusieurs agents du Comité de Sureté Général, ils prendront les nombreux bus qui commenceront à rouler pour leur faciliter le trajet retour. Alors, viendra la fatigue, les anecdotes de la soirée, les dernières crises de fou rires, peut-être les engueulades et tout ce qui va avec. Mais cela n'est rien comparé au soleil qui est entrain de se lever et qui commence à illuminer le ciel de la Fédération. Quand les trois étudiantes s'étaleront sur leurs lits, il sera déjà avancée dans la matinée. Cela n'aura que peu d'impact sur le reste de leur journée car le dimanche est de toute façon chômée et libre. Sur les pages des journaux d'informations, l'on connaîtra le nombre exacts de participants, quel groupe était là, lesquels seront là pour les prochaines fois, etc etc. Les parents et les proches n'auront pas de questions à se poser et sauront très bien ce qui s'est passée la veille. Ils pourront sans doute pester contre leur fils ou fille, mais ils savent dors et déjà qu'ils brassent de l'air pour rien, ou pas grand chose. Ils ne pourront pas ôter ce bien précieux qu'est la vie nouvelle, avec toutes les tares que l'on peut lui attribuer. Malgré tout cela, malgré tout les excès il restera quelque chose d'indéfectible : Le fait que l'ensemble de la jeunesse Oustrienne porte dans son cœur un monde nouveau, qu'elle se dit prête à bâtir à chaque instant et à chaque moment. Le socialisme Oustrien ne se veut pas différent et ne travaille pas 'exprès' ses différences avec ses voisins socialistes, il ne fait que démontrer qu'il est possible de laisser s'épanouir le socialisme, sans reprendre les tares réactionnaires du Vieux Monde. Le socialisme est à ce prix et pas n'importe quel prix car il est celui du sang, celui des larmes... mais aussi celui de la joie, de la liberté enfin retrouvée. Une anarchiste rostove du nom de Emma Goldman disait que si elle ne pouvait pas danser, cela ne pouvait pas être sa révolution. Les Oustriens et les Oustriennes dansent et peuvent se vanter d'avoir leur révolution et d'en être maître du début à la fin.[/justify]
[center][img]http://image.noelshack.com/fichiers/2016/31/1470342018-jlj.png[/img]
Art graphique dans les rues de la Fédération : Au premier plan, une jeune garde socialiste reconnaissable à son foulard rouge[/center]
La nuit est entrain de tomber lentement sur la ville de Rabov et sur l'ensemble de la Fédération. Rabov est désormais tout un symbole pour l'ensemble de la Fédération, c'est ouvertement la 'Commune Rebelle', celle par qui tout a été possible et tout est encore possible. Sa nouvelle administration communale travaille avec intelligence et en lien avec la Jeune Garde Socialiste, tandis que les premières expérimentations sociales nouvelles voient le jour, notamment dans la gestion quotidienne de la ville. Rabov est la Commune pilote, elle est aimée comme détestée par ceux et celles qui y voient un défi vis à vis de la Fédération et de son gouvernement. Il suffit de parler du sujet de Rabov, pour qu'un gentil petit dîner anodin ne monte subitement d'un cran dans les aiguës. Mais ce qui est le plus important, c'est avant tout ce qui se produit à Rabov comme partout à travers la Fédération. A la fin de leurs journées de travail ou d'études, l'ensemble de la population va s'acquitter de ses derniers devoirs citoyens avant de vaquer à ses occupations. Les villes de la Fédération restent animés jusque très tard dans la nuit et l'on peut voir énormément de personnes défilé jusqu'à l'aurore et rentrer pour essayer d'aller dormir. Comparé à d'autres villes et pays socialistes, il y a un fossé assez énorme et cela s'explique avant tout par le désir collectif de la population Oustrienne d'enterrer une bonne fois pour toute, la période de terreur fasciste qui frappait aveuglément et causait un taux de suicide immense à travers le pays. Système carcéral à ciel ouvert, l'accès à la liberté et au socialisme a été une grande bouffée d'air frais pour l'ensemble de la population, qu'importe l'âge et les générations. Le système communal est libre, ouvert, participatif et respectueux des volontés exprimés par chacun. A l'opposé de l'entièreté d'un système froid et aveugle, brutal et sauvage qui a été vaincu lors de la Guerre de Libération. L'on pourra sans doute retirer beaucoup de choses aux Oustriens et Oustriennes, mais clairement pas leur vie nouvelle.
Nia, Teodora et Sonya sont entrain de ses préparer pour leurs sorties de ce soir. Ces trois étudiantes partagent une des nombreuses chambres des multiples petites cités universitaires à travers le pays. A Rabov, les cités universitaires ont toujours été un haut lieu de contestation social et politique. Depuis la Guerre de Libération, c'est plus de cinquante pourcent des fils et filles des classes travailleuses de la Fédération qui peuvent faire des études supérieures. Cela est encore trop peu pour les autorités mais marque un profond changement par rapport à l'ancien système inégalitaire et excluant pour une grande partie de la population. Ce soir, il y a un concert organisé par la Jeune Garde Socialiste dans les vieux entrepôts de la ville et depuis longtemps abandonnés, mais reconverti dans d'autres usages. L'on murmure qu'il y aurait peut-être un concert surprise de Revolution Has Come, mais cela n'est pas officiellement au programme des festivités. Quoi qu'il en soit, l'excitation est à son comble. Dans leurs chambres, les trois étudiantes sont entrain de se préparer et essayer de ne pas arriver en retard. Nia et Sonya sont étudiantes en architecture, tandis que Teodora est étudiante en sociologie. Elles se connaissent depuis plusieurs années et c'est naturellement qu'elles partagent le même espace de vie en commun. Cependant, le règlement intérieur est assez strict vis à vis du sexe opposé : Interdiction d'avoir des rapports en dehors des heures de cours et de pauses et punitions sévères pour tout manquement à cet règle. Nul n'empêche les étudiants et les étudiantes de pouvoir se retrouver au-delà des murs de l'Université, pour n'importe quel raison. Très dur de ce point de vue au niveau des mœurs, le reste est entièrement libre et l'administration n'est que peu regardante sur ce qui se passe réellement sur le campus. Une sorte de compromis et de pacte de non-agression qui semble convenir à tout le monde. Les trois étudiantes se poussent l'une et l'autre pour se regarder dans le grand miroir de leur salon. Il s'y essaye différents vêtements, différents maquillages, différentes tenus. On se bouscule, on essaye d'emmerder l'autre. Rien de plus naturel en somme...
Une fois fin prête, les trois étudiantes iront rejoindre plusieurs amies à elles, qui les attendent en voiture pour les emmener sur le lieu du concert. Le style change complètement et l'on peut sentir l'appartenance à la Jeune Garde Socialiste : Coupe au carré, jean délavés, blouson en cuir noir, foulard rouge autour du cou... L'on maintient quoi qu'il en soit, un certain code vestimentaire suivant l'organisation à laquelle on appartient. La Jeune Garde Socialiste voue une haine à l'Avant-Garde Socialiste et cela est réciproque. Pour tenter de contre-carrer la montée en puissance de la Jeune Garde Socialiste, le Parti Socialiste Oustrien s'est doté également d'une forte représentation dans la jeunesse, qui talonne et se bat politiquement, idéologiquement et parfois physiquement avec leurs homologues Jeunes Gardes. Pour ces derniers, l'AGS est rien d'autre qu'un repère de corrompu et de futurs bureaucrates du Parti Socialiste Oustrien. Pour l'AGS, les Jeunes Gardes ne sont que des futurs kirovistes-gakistes en puissances qui mettent en danger la stabilité de la Fédération. Génération directement issue de la Guerre de Libération, elle s'exprime sous divers aspects pour tenter de se trouver une identité propre. Beaucoup de jeunes Oustriens et Oustriennes n'arrivent pas à pardonner à leurs aînés de s'être tout simplement tût lors de la récente période fasciste. Ce qui explique aussi les nombreuses altercations entre cette jeunesse et la myriade de petits groupuscules monarchistes qui tentent de se faire une place dans cet univers en tentant de remettre au goût du jour l'idée du retour de la famille royale au pouvoir. L'explication de fond se tient là dedans, pourtant ce soir il n'y aura pas d'affrontement stériles et il n'y aura qu'un moment convivial à partager le plus largement possible. Comme les jeunes du monde entier, la jeunesse Oustrienne ne veut pas uniquement vivre à travers des mythes libérateurs mais tout simplement profiter de la vie qui leur est offerte. Leur socialisme est à géométrie variable, surtout suivant la période de la journée et de qui est entrain de les regarder faire. Car il existe un fossé générationnel assez flagrant quoi qu'on en dise : Les plus anciens n'aiment pas cette 'mode' qu'ils comparent à de la décadence petite-bourgeoise, tandis que les plus jeunes se refusent à essentialiser leurs actions à travers leurs âges. Ce débat n'en finira certainement jamais.
Quand les voitures se garent, l'on peut déjà entendre au loin les premières notes de musiques qui commencent à raisonner à travers les entrepôts. Chacun et chacune se précipite pour arriver le plus vite possible, pouvoir assister au début de cette grande fête qui s'offre à eux. Comparé à ces voisins, l'Oustrie n'a pas misé sur un puritanisme froid, vengeur et policier. Cela n'est de toute façon pas concevable dans cette société, qui corrige les défauts hérités de l'ancienne société en évitant de la transformer en prison moralisante. Ils pourront se battre encore longtemps, mais jamais les Oustriens ne pourront comprendre les Rostoviens et les Kirépiens et inversement. Comme dans toutes ces grandes liesses et ces fêtes massives, il y a toujours des membres de la Jeune Garde Socialiste pour veiller au grain et assurer la sécurité de tout à chacun. Surtout, il y a une règle simple : Pas de drogues, jamais. L'alcool n'est pas un problème, comme le tabac. Cependant, il y a une vigilance extrême au niveau de la drogue et de tout ce qu'elle peut produire comme néfaste. Il y a une véritable guerre sociale qui est faîte vis à vis de la drogue et il n'est pas anodin d'entendre des armes aboyés et de voir un dealer s'en aller la queue entre les jambes : C'est qu'il a tout simplement montrer sa gueule alors qu'il n'aurait jamais du se montrer avec sa merde. Nia, Teodora et Sonya s'en fichent pas mal, elles ne consomment pas l'alcool et ne fument quasiment pas... Sur la scène, plusieurs groupes vont se succéder tout au long de la soirée et de la nuit. Ici, tout les styles musicales sont passées et ne sont pas interdit ni de production, ni de commercialisation. La Fédération laisse une grande liberté de création se faire et n'intervient que très rarement dans le domaine de la culture bien qu'il soit malgré tout surveillé -pays socialiste oblige-. Plusieurs fois au courant de la nuit, des Gardes Nationaux viendront s'arranger que tout se passe pour le mieux, viendront fumer une ou deux cigarettes et boire une ou deux bières avant de repartir. Il ne s'agit pas de fermer les yeux sur quoi que ce soit, mais avant tout d'un 'grignotage' de la Garde Nationale par des membres de la Jeune Garde Socialiste, au plus grand dam de l'opposition qui y voit une tentative de semi Coup d'État dans une des institutions garantes de l'ordre public de la Fédération. Jusqu'au petit matin, des décibels vont être crachés et tout le monde va danser. Qui sait ce qui va se produire, quels rencontres vont être faîtes, le nombres exact de relations qui vont se nouer... Qu'importe après tout ! Le 'mal' sera sans doute déjà fait.
Quand elles rentreront, Nia, Teodora et Sonya parcourront plusieurs kilomètres pour rentrer jusqu'à leur cité universitaire. Elles marcheront en titubant, parfois en tombant et en éclatant de rire. Comme elles, une multitude de leurs compatriotes regagneront leurs cités universitaires, leurs appartements ou encore leurs familles. Sous le regard amusé de plusieurs agents du Comité de Sureté Général, ils prendront les nombreux bus qui commenceront à rouler pour leur faciliter le trajet retour. Alors, viendra la fatigue, les anecdotes de la soirée, les dernières crises de fou rires, peut-être les engueulades et tout ce qui va avec. Mais cela n'est rien comparé au soleil qui est entrain de se lever et qui commence à illuminer le ciel de la Fédération. Quand les trois étudiantes s'étaleront sur leurs lits, il sera déjà avancée dans la matinée. Cela n'aura que peu d'impact sur le reste de leur journée car le dimanche est de toute façon chômée et libre. Sur les pages des journaux d'informations, l'on connaîtra le nombre exacts de participants, quel groupe était là, lesquels seront là pour les prochaines fois, etc etc. Les parents et les proches n'auront pas de questions à se poser et sauront très bien ce qui s'est passée la veille. Ils pourront sans doute pester contre leur fils ou fille, mais ils savent dors et déjà qu'ils brassent de l'air pour rien, ou pas grand chose. Ils ne pourront pas ôter ce bien précieux qu'est la vie nouvelle, avec toutes les tares que l'on peut lui attribuer. Malgré tout cela, malgré tout les excès il restera quelque chose d'indéfectible : Le fait que l'ensemble de la jeunesse Oustrienne porte dans son cœur un monde nouveau, qu'elle se dit prête à bâtir à chaque instant et à chaque moment. Le socialisme Oustrien ne se veut pas différent et ne travaille pas 'exprès' ses différences avec ses voisins socialistes, il ne fait que démontrer qu'il est possible de laisser s'épanouir le socialisme, sans reprendre les tares réactionnaires du Vieux Monde. Le socialisme est à ce prix et pas n'importe quel prix car il est celui du sang, celui des larmes... mais aussi celui de la joie, de la liberté enfin retrouvée. Une anarchiste rostove du nom de Emma Goldman disait que si elle ne pouvait pas danser, cela ne pouvait pas être sa révolution. Les Oustriens et les Oustriennes dansent et peuvent se vanter d'avoir leur révolution et d'en être maître du début à la fin.[/justify]