Life in Westrait | La vie au Westrait
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Viktor Troska
[bod]AN OVERVIEW OF WESTRAIT ECONOMY (I)[/bod]
[center][img]https://i.imgur.com/aGcnIh4.png[/img][/center]
[justify][quote]Il y a maintenant trois ans, la loi sur l'organisation de la planification était votée et approuvée. Le Westrait décidait de manière unanime de rompre avec les vieilles logiques économiques héritées du monde capitaliste et de se lancer dans la construction du socialisme. Trois années plus tard, peu d'informations sont connues sur l'organisation réelle et effective de l'économie westraite. A vrai dire, à part quelques lignes dans divers journaux internationaux pour expliquer qu'il y avait là un danger à voir l'interventionnisme et la planification faire place au libre jeu du marché, rien de concret n'a été écrit là dessus. Même au Westrait, l'on a peu écrit durant ces trois années sur l'expérience économique qu'est entrain de mettre le pays. Cela peut sans doute s'expliquer assez facilement par le fait qu'il y a un complexe, qui fait que les westraits ne se veulent pas être un modèle politique à imiter, ou du moins qui devrait inspirer d'autres politiques similaires à travers le monde. Conscient de leurs faiblesses et du chantier qui repose sur leurs épaules, ils se veulent des praticiens plus que des théoriciens, espérant peut-être que quelqu'un un jour voudra bien systématiser et analyser ce qu'ils sont entrain de mettre en place. Cette frilosité peut également s'expliquer par le fait que le Westrait est l'un des rares pays développés d'un point de vue capitaliste, à tenter ouvertement un virage à cent-quatre-vingts degrés qui ferait passer son économie d'un système de marché, à une économie planifiée. Il n'existe que peu de matériaux sur lesquels s'appuyer pour étayer une telle voie, si ce n'est l'échec patenté de l'expérience socialiste en Estura. Il est donc compréhensible que les westraits, soient à la fois anxieux, frileux mais confiant dans cette vaste tâche qui leur incombe. (Ndl : J'en profite ici pour remercier Hobbes qui me permet d'avoir ma caution révisionniste afin de traiter plus en profondeur ce RP. Des gros bisous à lui!)
Pour les planificateurs, réuni au sein du Comité d’État pour la Planification et s'appuyant sur le Conseil Suprême Économique National, l'étude en profondeur de l'objet de l'économie politique est d'une importance vitale. Comprendre, analyser et connaître de façon objectives les lois économiques est nécessaire. Ces dernières ne peuvent pas être abolies ou détruites, elles cèdent la place à de nouvelles lois économiques qui surgissent sur les ruines des anciennes non pas sur la simple volonté humaine, mais sur la base des nouvelles conditions économiques. Il est donc faux de considérer que le socialisme peut abroger, détruire, remplacer ou créer des lois nouvelles économique. Ce qu'exige le socialisme, ce n'est donc pas l'abolition des lois économiques existantes, mais la pleine et entière connaissance de ses lois et de leur application. On retrouve ici l'idée marxiste par excellence, qui considère que cette connaissance permet de passer du règne de la nécessité, au règne de la liberté. Comme le notait Friedrich Engels dans l'Anti-Dühring :
« Le cercle des conditions de vie entourant l'homme, qui jusqu'ici dominait l'homme, passe maintenant sous la domination et le contrôle des hommes qui, pour la première fois, deviennent des maîtres réels et conscients de la nature, parce que et en tant que maîtres de leur propre vie en société. Les lois de leur propre pratique sociale qui, jusqu'ici, se dressaient devant eux comme des lois naturelles, étrangères et dominatrices, sont dès lors appliquées par les hommes en pleine connaissance de cause, et par là dominées. La vie en société propre aux hommes qui, jusqu'ici, se dressait devant eux comme octroyée par la nature et l'histoire, devient maintenant leur acte propre et libre. Les puissances étrangères, objectives qui, jusqu'ici, dominaient l'histoire, passent sous le contrôle des hommes eux-mêmes. Ce n'est qu'à partir de ce moment que les hommes feront eux-mêmes leur histoire en pleine conscience; ce n'est qu'à partir de ce moment que les causes sociales mises par eux en mouvement auront aussi d'une façon prépondérante, et dans une mesure toujours croissante, les effets voulus par eux. C'est le bond de l'humanité du règne de la nécessité dans le règne de la liberté. »
L'abolition du capitalisme et la socialisation des moyens de production permet donc graduellement une maîtrise de la production, de ses besoins et de leur satisfaction. En un mot, les hommes deviennent enfin les maîtres de leur vie sociale. On touche ici à l'opposition frontale entre le capitalisme et le socialisme, entre l'économie de marché et l'économie planifiée. L'économie capitaliste est caractérisée notamment par l'existence d'un marché du travail où les travailleurs sont séparés de leurs moyens de productions et doivent vendre leur force de travail au bénéfice d'une classe sociale parasitaire qui elle s'est accaparée les moyens de productions, c'est à dire les capitalistes. Quelle est la loi économique fondamentale du capitalisme ? Celle de la plus-value, mais comprise dans le cadre d'un capitalisme monopoliste et impérialiste, c'est à dire la recherche du profit maximum en pressurant les peuples, par l'asservissement ou le dépouillement d'autres et ultimement, en déclenchant des guerres en vue de ce profit maximum. L'économie socialiste est caractérisée par l'inexistence ni d'un marché du travail, ni d'un marché des capitaux et où les travailleurs sont propriétaires collectifs des moyens de production. Ce ne sont plus les mécanismes du marché qui font fonctionner et développent l'économie, mais la planification économique qui détermine les conditions de la reproduction socialiste. (Cela ne veut pas dire qu'il n'existe plus totalement de mécanisme de marché dans la période de transition, ni même des catégories marchandes comme la monnaie, mais c'est un autre sujet) Quelle est la loi économique fondamentale du socialisme ? Dans son ouvrage Les problèmes économiques du socialisme, Iossif Djugashvilli expliquait :
« Les traits essentiels et les dispositions de la loi économique fondamentale du socialisme pourraient être formulés à peu près ainsi : assurer au maximum la satisfaction des besoins matériels et culturels sans cesse accrus de toute la société, en augmentant et en perfectionnant toujours la production socialiste sur la base d’une technique supérieure. Par conséquent : au lieu que soit assuré le maximum de profits, c’est la satisfaction au maximum des besoins matériels et culturels de la société ; au lieu que la production se développe avec des temps d’arrêt − de l’essor à la crise, de la crise à l’essor, − c’est une croissance ininterrompue de la production ; au lieu de temps d’arrêt périodiques qui s’opèrent dans le progrès technique et s’accompagnent de la destruction des forces productives de la société, c’est un perfectionnement ininterrompu de la production sur la base d’une technique supérieure. »
Là où le capitalisme cherche le profit individuel, le socialisme cherche la satisfaction des besoins sociaux. Là où le capitalisme entretient un système de marché dans lequel tout à chacun est soumis aux lois de l'économie qui s'imposent à lui de l'extérieur, le socialisme admet qu'il y a la possibilité d'un contrôle conscient de l'économie par le biais de la planification. Cette compréhension des lois économiques fondamentales est indissociable d'une connaissance concrète des lois de la nature. C'est pour cela qu'outre des cours portant sur l'économie politique, les planificateurs suivent des cours de philosophie. L'erreur souvent faussement attribuée au communisme, serait d'être uniquement une théorie visant à une autre organisation de l'économie alors que sa philosophie générale - le matérialisme dialectique - considère au contraire que l'évolution de l'humanité n'est pas séparée du reste, c'est à dire du mouvement général de la matière. La compréhension dialectique du monde, de la matière et de l'univers repose finalement sur le monisme : Il n'existe pas de parties scindées, pas de partie du tout, il n'y a qu'un seul et unique processus formant l'univers lui-même. La matière est indissociable de l'esprit, il n'existe qu'une seule substance. Le matérialisme dialectique n'est donc pas uniquement une méthode mais bel et bien la science elle-même, analysant le marche de la matière vers le communisme. Dès lors, il est possible grâce à la juste compréhension de la réalité que la totalité de la vie économique peut-être planifiée. Certes la planification ne se fait jamais sur des bases arbitraires, car elle épouse les mouvements et les tendances historiques. Dès lors, il est facile d'admettre que ce n'est pas la concurrence qui décide de ce qui va être produit, mais le plan qui permet d'établir ce qu'il faut produire sur des périodes allant de trois à cinq années, avec des adaptations constantes mensuelles, trimestrielles et annuelles.
C'est cette philosophie générale bien comprise, qui est étudiée avec une grande insistance au Westrait. Car pour le moment, il n'existe pas encore de planification au niveau national, le Conseil Suprême Économique National servant tout au plus d'indicateur permettant de corriger ou rectifier certaines données ou certaines productions. Il n'existe pas encore de plans fixés sur le long terme, voir même de plans qui ne soient pas encore totalement sortie des logiques capitalistes (Car oui, l'économie capitaliste met aussi en place des plans mais sur d'autres modalités de fonctionnement et de buts). Cette situation devrait être corrigée prochainement, du moins espère t-on qu'un premier plan pourra être lancée pour la fin de l'année 2039 et le début de l'année 2040. En attendant, ce qui caractérise de manière fondamentale les dispositions économiques au Westrait, ce sont les mesures prises dans le cadre de la nationalisation socialiste. La nationalisation socialiste met un terme à la grande contradiction du capitalisme, celle qui le caractérise : Entre le caractère social de la production et la forme privée de l’appropriation capitaliste. Mais la nationalisation socialiste n'est pas une forme avancée de la socialisation intégrale, elle n'est qu'une forme juridique de prise de pouvoir dans les "hauteurs dominantes" de l'économie. C'est l'appropriation collective totale de ces "hauteurs dominantes" de l'économie qui marqueront définitivement le passage du socialisme au communisme. Pour le moment, les nationalisations qui sont effectuées sous la propriété d'État (Car au Westrait, la classe ouvrière dirige avec ses alliés l'appareil d'État) s'inscrivent encore dans ce que Marx appelait justement le "droit bourgeois", c'est à dire une partie des rapports sociaux capitalistes qui n'ont pas encore été éliminés et qui ne pourront disparaître qu'avec ces rapports eux-mêmes. Ce qu'il faut donc détruire, c'est le noyau capitaliste qu'est l'entreprise, où se perpétue encore les grandes divisions sociales et économiques, les principales étant celles entre le travail manuel et intellectuel et le travail de gestion et d'exécution d'autre part. Cela ne sera possible qu'à partir du moment où l'avancée constante vers le communisme sera appliquée par la mise en place de plans quinquennaux, transformant intégralement l'économie, détruisant les rapports marchands et les rapports de dominations hérités du capitalisme. Cela est très bien expliqué par Marx dans la Critique du Programme de Gotha, où il explique très justement que :
« Dans une phase supérieure de la société communiste, quand auront disparu l'asservissante subordination des individus à la division du travail et, avec elle, l'opposition entre le travail intellectuel et le travail manuel; quand le travail ne sera pas seulement un moyen de vivre, mais deviendra lui-même le premier besoin vital; quand, avec le développement multiple des individus, les forces productives se seront accrues elles aussi et que toutes les sources de la richesse collective jailliront avec abondance, alors seulement l'horizon borné du droit bourgeois pourra être définitivement dépassé et la société pourra écrire sur ses drapeaux "De chacun selon ses capacités, à chacun selon ses besoins !" »
Le chemin a traversé est encore long et seulement quelques pistes ont été jetés. La répartition selon le travail est la norme au Westrait, tandis qu'il n'y a aucun plan économique qui n'a encore vu le jour. D'un point de vue purement économique, le socialisme n'en est encore qu'à ses prémisses dans le pays, sa construction véritable n'ayant pour ainsi dire même pas réellement commencée. Les tâtonnements et les hésitations nombreuses ont freiné ce mouvement qui devrait aller de l'avant dans les années à venir. La nationalisation socialiste intégrale de la production dans le domaine industriel et le domaine agricole, où la mise en place des coopératives devraient atteindre les cent pour cent d'ici un ou deux ans, a commencé à montrer au prolétariat westraite comment il pouvait diriger "autrement" les legs de la marchandise et de la valeur d'échange, sans pour autant les détruire. Car la seule étatisation ou socialisation des forces productives n'est pas suffisante, elle ne remet pas en cause les catégories issues du capitalisme, elle ne les transforment juste dans un cadre nouveau, dirigé par l'État. Reste maintenant à détruire l'État, la marchandise, la valeur d'échange... Aux ironiques disant qu'il n'est pas possible de pouvoir planifier l'économie, le Westrait est en passe de démontrer le contraire avec assurance. D'autres problèmes surgiront alors, qu'il faudra régler en temps et en heure. Si le mouvement général de la matière va en direction du communisme, la lutte de classe elle n'est pas linéaire telle la perspective Nevski. Mais il s'agit là, de problèmes encore différents...[/quote][/justify]
[center][img]https://i.imgur.com/aGcnIh4.png[/img][/center]
[justify][quote]Il y a maintenant trois ans, la loi sur l'organisation de la planification était votée et approuvée. Le Westrait décidait de manière unanime de rompre avec les vieilles logiques économiques héritées du monde capitaliste et de se lancer dans la construction du socialisme. Trois années plus tard, peu d'informations sont connues sur l'organisation réelle et effective de l'économie westraite. A vrai dire, à part quelques lignes dans divers journaux internationaux pour expliquer qu'il y avait là un danger à voir l'interventionnisme et la planification faire place au libre jeu du marché, rien de concret n'a été écrit là dessus. Même au Westrait, l'on a peu écrit durant ces trois années sur l'expérience économique qu'est entrain de mettre le pays. Cela peut sans doute s'expliquer assez facilement par le fait qu'il y a un complexe, qui fait que les westraits ne se veulent pas être un modèle politique à imiter, ou du moins qui devrait inspirer d'autres politiques similaires à travers le monde. Conscient de leurs faiblesses et du chantier qui repose sur leurs épaules, ils se veulent des praticiens plus que des théoriciens, espérant peut-être que quelqu'un un jour voudra bien systématiser et analyser ce qu'ils sont entrain de mettre en place. Cette frilosité peut également s'expliquer par le fait que le Westrait est l'un des rares pays développés d'un point de vue capitaliste, à tenter ouvertement un virage à cent-quatre-vingts degrés qui ferait passer son économie d'un système de marché, à une économie planifiée. Il n'existe que peu de matériaux sur lesquels s'appuyer pour étayer une telle voie, si ce n'est l'échec patenté de l'expérience socialiste en Estura. Il est donc compréhensible que les westraits, soient à la fois anxieux, frileux mais confiant dans cette vaste tâche qui leur incombe. (Ndl : J'en profite ici pour remercier Hobbes qui me permet d'avoir ma caution révisionniste afin de traiter plus en profondeur ce RP. Des gros bisous à lui!)
Pour les planificateurs, réuni au sein du Comité d’État pour la Planification et s'appuyant sur le Conseil Suprême Économique National, l'étude en profondeur de l'objet de l'économie politique est d'une importance vitale. Comprendre, analyser et connaître de façon objectives les lois économiques est nécessaire. Ces dernières ne peuvent pas être abolies ou détruites, elles cèdent la place à de nouvelles lois économiques qui surgissent sur les ruines des anciennes non pas sur la simple volonté humaine, mais sur la base des nouvelles conditions économiques. Il est donc faux de considérer que le socialisme peut abroger, détruire, remplacer ou créer des lois nouvelles économique. Ce qu'exige le socialisme, ce n'est donc pas l'abolition des lois économiques existantes, mais la pleine et entière connaissance de ses lois et de leur application. On retrouve ici l'idée marxiste par excellence, qui considère que cette connaissance permet de passer du règne de la nécessité, au règne de la liberté. Comme le notait Friedrich Engels dans l'Anti-Dühring :
« Le cercle des conditions de vie entourant l'homme, qui jusqu'ici dominait l'homme, passe maintenant sous la domination et le contrôle des hommes qui, pour la première fois, deviennent des maîtres réels et conscients de la nature, parce que et en tant que maîtres de leur propre vie en société. Les lois de leur propre pratique sociale qui, jusqu'ici, se dressaient devant eux comme des lois naturelles, étrangères et dominatrices, sont dès lors appliquées par les hommes en pleine connaissance de cause, et par là dominées. La vie en société propre aux hommes qui, jusqu'ici, se dressait devant eux comme octroyée par la nature et l'histoire, devient maintenant leur acte propre et libre. Les puissances étrangères, objectives qui, jusqu'ici, dominaient l'histoire, passent sous le contrôle des hommes eux-mêmes. Ce n'est qu'à partir de ce moment que les hommes feront eux-mêmes leur histoire en pleine conscience; ce n'est qu'à partir de ce moment que les causes sociales mises par eux en mouvement auront aussi d'une façon prépondérante, et dans une mesure toujours croissante, les effets voulus par eux. C'est le bond de l'humanité du règne de la nécessité dans le règne de la liberté. »
L'abolition du capitalisme et la socialisation des moyens de production permet donc graduellement une maîtrise de la production, de ses besoins et de leur satisfaction. En un mot, les hommes deviennent enfin les maîtres de leur vie sociale. On touche ici à l'opposition frontale entre le capitalisme et le socialisme, entre l'économie de marché et l'économie planifiée. L'économie capitaliste est caractérisée notamment par l'existence d'un marché du travail où les travailleurs sont séparés de leurs moyens de productions et doivent vendre leur force de travail au bénéfice d'une classe sociale parasitaire qui elle s'est accaparée les moyens de productions, c'est à dire les capitalistes. Quelle est la loi économique fondamentale du capitalisme ? Celle de la plus-value, mais comprise dans le cadre d'un capitalisme monopoliste et impérialiste, c'est à dire la recherche du profit maximum en pressurant les peuples, par l'asservissement ou le dépouillement d'autres et ultimement, en déclenchant des guerres en vue de ce profit maximum. L'économie socialiste est caractérisée par l'inexistence ni d'un marché du travail, ni d'un marché des capitaux et où les travailleurs sont propriétaires collectifs des moyens de production. Ce ne sont plus les mécanismes du marché qui font fonctionner et développent l'économie, mais la planification économique qui détermine les conditions de la reproduction socialiste. (Cela ne veut pas dire qu'il n'existe plus totalement de mécanisme de marché dans la période de transition, ni même des catégories marchandes comme la monnaie, mais c'est un autre sujet) Quelle est la loi économique fondamentale du socialisme ? Dans son ouvrage Les problèmes économiques du socialisme, Iossif Djugashvilli expliquait :
« Les traits essentiels et les dispositions de la loi économique fondamentale du socialisme pourraient être formulés à peu près ainsi : assurer au maximum la satisfaction des besoins matériels et culturels sans cesse accrus de toute la société, en augmentant et en perfectionnant toujours la production socialiste sur la base d’une technique supérieure. Par conséquent : au lieu que soit assuré le maximum de profits, c’est la satisfaction au maximum des besoins matériels et culturels de la société ; au lieu que la production se développe avec des temps d’arrêt − de l’essor à la crise, de la crise à l’essor, − c’est une croissance ininterrompue de la production ; au lieu de temps d’arrêt périodiques qui s’opèrent dans le progrès technique et s’accompagnent de la destruction des forces productives de la société, c’est un perfectionnement ininterrompu de la production sur la base d’une technique supérieure. »
Là où le capitalisme cherche le profit individuel, le socialisme cherche la satisfaction des besoins sociaux. Là où le capitalisme entretient un système de marché dans lequel tout à chacun est soumis aux lois de l'économie qui s'imposent à lui de l'extérieur, le socialisme admet qu'il y a la possibilité d'un contrôle conscient de l'économie par le biais de la planification. Cette compréhension des lois économiques fondamentales est indissociable d'une connaissance concrète des lois de la nature. C'est pour cela qu'outre des cours portant sur l'économie politique, les planificateurs suivent des cours de philosophie. L'erreur souvent faussement attribuée au communisme, serait d'être uniquement une théorie visant à une autre organisation de l'économie alors que sa philosophie générale - le matérialisme dialectique - considère au contraire que l'évolution de l'humanité n'est pas séparée du reste, c'est à dire du mouvement général de la matière. La compréhension dialectique du monde, de la matière et de l'univers repose finalement sur le monisme : Il n'existe pas de parties scindées, pas de partie du tout, il n'y a qu'un seul et unique processus formant l'univers lui-même. La matière est indissociable de l'esprit, il n'existe qu'une seule substance. Le matérialisme dialectique n'est donc pas uniquement une méthode mais bel et bien la science elle-même, analysant le marche de la matière vers le communisme. Dès lors, il est possible grâce à la juste compréhension de la réalité que la totalité de la vie économique peut-être planifiée. Certes la planification ne se fait jamais sur des bases arbitraires, car elle épouse les mouvements et les tendances historiques. Dès lors, il est facile d'admettre que ce n'est pas la concurrence qui décide de ce qui va être produit, mais le plan qui permet d'établir ce qu'il faut produire sur des périodes allant de trois à cinq années, avec des adaptations constantes mensuelles, trimestrielles et annuelles.
C'est cette philosophie générale bien comprise, qui est étudiée avec une grande insistance au Westrait. Car pour le moment, il n'existe pas encore de planification au niveau national, le Conseil Suprême Économique National servant tout au plus d'indicateur permettant de corriger ou rectifier certaines données ou certaines productions. Il n'existe pas encore de plans fixés sur le long terme, voir même de plans qui ne soient pas encore totalement sortie des logiques capitalistes (Car oui, l'économie capitaliste met aussi en place des plans mais sur d'autres modalités de fonctionnement et de buts). Cette situation devrait être corrigée prochainement, du moins espère t-on qu'un premier plan pourra être lancée pour la fin de l'année 2039 et le début de l'année 2040. En attendant, ce qui caractérise de manière fondamentale les dispositions économiques au Westrait, ce sont les mesures prises dans le cadre de la nationalisation socialiste. La nationalisation socialiste met un terme à la grande contradiction du capitalisme, celle qui le caractérise : Entre le caractère social de la production et la forme privée de l’appropriation capitaliste. Mais la nationalisation socialiste n'est pas une forme avancée de la socialisation intégrale, elle n'est qu'une forme juridique de prise de pouvoir dans les "hauteurs dominantes" de l'économie. C'est l'appropriation collective totale de ces "hauteurs dominantes" de l'économie qui marqueront définitivement le passage du socialisme au communisme. Pour le moment, les nationalisations qui sont effectuées sous la propriété d'État (Car au Westrait, la classe ouvrière dirige avec ses alliés l'appareil d'État) s'inscrivent encore dans ce que Marx appelait justement le "droit bourgeois", c'est à dire une partie des rapports sociaux capitalistes qui n'ont pas encore été éliminés et qui ne pourront disparaître qu'avec ces rapports eux-mêmes. Ce qu'il faut donc détruire, c'est le noyau capitaliste qu'est l'entreprise, où se perpétue encore les grandes divisions sociales et économiques, les principales étant celles entre le travail manuel et intellectuel et le travail de gestion et d'exécution d'autre part. Cela ne sera possible qu'à partir du moment où l'avancée constante vers le communisme sera appliquée par la mise en place de plans quinquennaux, transformant intégralement l'économie, détruisant les rapports marchands et les rapports de dominations hérités du capitalisme. Cela est très bien expliqué par Marx dans la Critique du Programme de Gotha, où il explique très justement que :
« Dans une phase supérieure de la société communiste, quand auront disparu l'asservissante subordination des individus à la division du travail et, avec elle, l'opposition entre le travail intellectuel et le travail manuel; quand le travail ne sera pas seulement un moyen de vivre, mais deviendra lui-même le premier besoin vital; quand, avec le développement multiple des individus, les forces productives se seront accrues elles aussi et que toutes les sources de la richesse collective jailliront avec abondance, alors seulement l'horizon borné du droit bourgeois pourra être définitivement dépassé et la société pourra écrire sur ses drapeaux "De chacun selon ses capacités, à chacun selon ses besoins !" »
Le chemin a traversé est encore long et seulement quelques pistes ont été jetés. La répartition selon le travail est la norme au Westrait, tandis qu'il n'y a aucun plan économique qui n'a encore vu le jour. D'un point de vue purement économique, le socialisme n'en est encore qu'à ses prémisses dans le pays, sa construction véritable n'ayant pour ainsi dire même pas réellement commencée. Les tâtonnements et les hésitations nombreuses ont freiné ce mouvement qui devrait aller de l'avant dans les années à venir. La nationalisation socialiste intégrale de la production dans le domaine industriel et le domaine agricole, où la mise en place des coopératives devraient atteindre les cent pour cent d'ici un ou deux ans, a commencé à montrer au prolétariat westraite comment il pouvait diriger "autrement" les legs de la marchandise et de la valeur d'échange, sans pour autant les détruire. Car la seule étatisation ou socialisation des forces productives n'est pas suffisante, elle ne remet pas en cause les catégories issues du capitalisme, elle ne les transforment juste dans un cadre nouveau, dirigé par l'État. Reste maintenant à détruire l'État, la marchandise, la valeur d'échange... Aux ironiques disant qu'il n'est pas possible de pouvoir planifier l'économie, le Westrait est en passe de démontrer le contraire avec assurance. D'autres problèmes surgiront alors, qu'il faudra régler en temps et en heure. Si le mouvement général de la matière va en direction du communisme, la lutte de classe elle n'est pas linéaire telle la perspective Nevski. Mais il s'agit là, de problèmes encore différents...[/quote][/justify]
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Viktor Troska
[bod]CORRESPONDENCE (IV)[/bod]
[center][img]https://i.imgur.com/dJ0xZaD.png[/img][/center]
[justify][quote]Cher Roy,
Par cette lettre qui j'espère te parviendra, je viens m'enquérir de tes nouvelles. Cela fait déjà plusieurs semaines que tu as quitté le Westrait pour le Caskar et n'ayant aucune nouvelle, tu comprendras sans doute pourquoi est-ce que je t'écris cette lettre. Je ne sais pas comment tu te portes depuis cette sinistre histoire, mais ici l'air est délétère. Cette histoire qui est aujourd'hui par pas mal de monde, à cependant laissé des traces dans les plus hautes sphères de notre État. Il y a eu un avant et un après "Baxtergate", si je peux me permettre de m'exprimer ainsi. Comme tu le sais sans doute, je ne suis plus à la tête du Commissariat aux Affaires Étrangères. Douglas a totalement craqué, nous ne nous sommes plus adressé la parole depuis ton départ... J'ai décidé de me retirer un peu, histoire de voir les choses d'un peu plus loin et plus clairement. Je suis retourné travailler comme ébéniste, un métier qui m'a toujours tenu à cœur et qui me permet d'être à nouveau moi quelque part. C'est étrange ce sentiment d'avoir de hautes responsabilités, de représenter un pays entier face à d'autres diplomates, face à d'autres puissances. Je pense que rétrospectivement, l'on pourra dire que j'ai fais tout ce que j'ai pu pour permettre au Westrait d'être reconnu internationalement, même si évidemment j'aurai pu faire plus. Nous pouvons toujours faire plus, mais seulement quand nous nous rendons compte qu'il est trop tard. Je vais me consacrer à des problèmes plus spécifiques à notre organisation, me laissant le temps de contrer pied à pied les conceptions droitières développés par Sharp et toutes les vipères qu'il égrène autour de lui. Nous nous sommes battus pour la révolution, pas pour maintenir les choses comme elles le sont aujourd'hui. C'est ce que veulent les mandarins de notre organisation, ce n'est pas ce que réclame une grande partie des "jeunes" qui se sont pressés dans le DSP. Enfin, tu sais ce que c'est non... J'espère que tu te portes bien et que tu t'habitues à ce pays dont tu m'avais parlé à ton retour, qui semblait te fasciner même si tu n'arrivais pas bien à le cerner. Je suis désolé que les choses aient fini ainsi, mais on ne peut pas toujours choisir comment les choses se déroulent. J'espère qu'un jour, nous aurons l'occasion de pouvoir à nouveau nous voir. Peut-être que je ferai le déplacement au Caskar pour te voir, comme simple citoyen westrait voulant voir un vieil ami, un vieux camarade.
Quand cette lettre t'arrivera, j'espère que tu auras un peu de temps pour y répondre.
Nous nous reverrons, d'une manière ou d'une autre.
[right]Ton ami,
Roger Lester[/right][/quote][/justify]
[center][img]https://i.imgur.com/dJ0xZaD.png[/img][/center]
[justify][quote]Cher Roy,
Par cette lettre qui j'espère te parviendra, je viens m'enquérir de tes nouvelles. Cela fait déjà plusieurs semaines que tu as quitté le Westrait pour le Caskar et n'ayant aucune nouvelle, tu comprendras sans doute pourquoi est-ce que je t'écris cette lettre. Je ne sais pas comment tu te portes depuis cette sinistre histoire, mais ici l'air est délétère. Cette histoire qui est aujourd'hui par pas mal de monde, à cependant laissé des traces dans les plus hautes sphères de notre État. Il y a eu un avant et un après "Baxtergate", si je peux me permettre de m'exprimer ainsi. Comme tu le sais sans doute, je ne suis plus à la tête du Commissariat aux Affaires Étrangères. Douglas a totalement craqué, nous ne nous sommes plus adressé la parole depuis ton départ... J'ai décidé de me retirer un peu, histoire de voir les choses d'un peu plus loin et plus clairement. Je suis retourné travailler comme ébéniste, un métier qui m'a toujours tenu à cœur et qui me permet d'être à nouveau moi quelque part. C'est étrange ce sentiment d'avoir de hautes responsabilités, de représenter un pays entier face à d'autres diplomates, face à d'autres puissances. Je pense que rétrospectivement, l'on pourra dire que j'ai fais tout ce que j'ai pu pour permettre au Westrait d'être reconnu internationalement, même si évidemment j'aurai pu faire plus. Nous pouvons toujours faire plus, mais seulement quand nous nous rendons compte qu'il est trop tard. Je vais me consacrer à des problèmes plus spécifiques à notre organisation, me laissant le temps de contrer pied à pied les conceptions droitières développés par Sharp et toutes les vipères qu'il égrène autour de lui. Nous nous sommes battus pour la révolution, pas pour maintenir les choses comme elles le sont aujourd'hui. C'est ce que veulent les mandarins de notre organisation, ce n'est pas ce que réclame une grande partie des "jeunes" qui se sont pressés dans le DSP. Enfin, tu sais ce que c'est non... J'espère que tu te portes bien et que tu t'habitues à ce pays dont tu m'avais parlé à ton retour, qui semblait te fasciner même si tu n'arrivais pas bien à le cerner. Je suis désolé que les choses aient fini ainsi, mais on ne peut pas toujours choisir comment les choses se déroulent. J'espère qu'un jour, nous aurons l'occasion de pouvoir à nouveau nous voir. Peut-être que je ferai le déplacement au Caskar pour te voir, comme simple citoyen westrait voulant voir un vieil ami, un vieux camarade.
Quand cette lettre t'arrivera, j'espère que tu auras un peu de temps pour y répondre.
Nous nous reverrons, d'une manière ou d'une autre.
[right]Ton ami,
Roger Lester[/right][/quote][/justify]
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Viktor Troska
[bod]PUBLIC DÉCLARATION[/bod]
[center][img]https://nsa40.casimages.com/img/2019/03/27/190327020125923582.png[/img]
Arm Gaelach Réabhlóideach - Branche Olgarienne, baptisée "Unité Combattante Révolutionnaire Oscar Mac Ailin"[/center]
[justify][quote]Camarades !
Les rats ont quittés le navire. Il nous faut désormais tirer un trait définitif sur l'histoire de l'IRA et tourner la page. Nous avons eu la preuve formelle que les tièdes et les timorés qui osent se parer de l'idéal républicain, représentent les même déviations que les identitaires, idiots utiles du fascisme et de la réaction impérialiste. Les opportunistes peuvent s'approprier le nom de l'IRA, d'autres peuvent clamer sa dissolution, mais son esprit restera intact : Celui du combat pour l'auto-détermination de notre peuple et le droit de bâtir sur notre terre, une république des ouvriers et des paysans. Cela a toujours été le combat de l'IRA, même si les tièdes qui ont préféré liquidé veulent mettre de côté les grandes figures de notre combat, qui ont toujours clairement affirmé qu'il ne pourrait y avoir de libération nationale, si il n'y avait pas de révolution politique mené par les masses populaires. Voilà où nous en sommes donc rends aujourd'hui. L'IRA est morte, vive l'IRA ! Nous devons réaffirmer notre attachement à la lutte révolution et à la continuation de la lutte politique sous toute ses formes, afin de libérer notre peuple et permettre à la révolution sociale d'arriver. Ne soyez pas berner par les déclarations des identitaires, ces néo-païens obséquieux qui balafrent notre idéal afin de le rendre capitalistiquement compatible avec la bourgeoisie ennissoises. Car si l'IRA a implosé et si aujourd'hui les identitaires peuvent revendiquer être une sorte de "canal historique", c'est que le gouvernement en place en Ennis conduit nécessairement au pourrissement et à la radicalisation des idées réactionnaires et contre-révolutionnaire. Nous n'avons jamais été des alliés de la Léigiún na Saoirse et nous continuerons à mener le combat contre ceux qui osent défigurer notre idéal d'émancipation et de fraternité universelle entre les peuples. C'est pourquoi nous, la branche olgarienne de l'AGR, l'Unité Combattante Révolutionnaire Oscar Mac Ailin, lançons un appel à l'ensemble des sympathisants, membres ou hésitants qui souhaitent rejoindre nos rangs, ou du moins de ce qui s'appel encore aujourd'hui l'IRA. Frères et sœurs ! Notre combat a toujours été celui de l'émancipation des travailleurs dans une république socialiste, où la jouissance des possessions matérielles appartienne à tous et toutes. Après des siècles de luttes et de combats, nous ne pouvons nous permettre de cracher sur nos martyrs en enterrant les armes et en acceptant soi-disant de rentrer dans le jeu "démocratique". en faisant cela, les anciens officiels de l'IRA trahissent votre cause et méritent le seul châtiment qui leur revient : La mort. Nous ne devons pas laisser les ennemis de notre mouvement, de notre idéal républicain continuer de vivre et de trahir ce qu'ont été pour nous, les combats émancipateurs de l'IRA. Nous devons continuer à lutter et à frapper nos ennemis partout, à chaque instant. Nous devons établir des tranchées de combat partout où cela est possible et participer à la formation des conseils qui demain, formeront la base de notre république socialiste unifiée des conseils. Notre but a toujours et restera la révolution socialiste, la prise de pouvoir de la classe ouvrière pour en finir avec le capitalisme. Notre combat n'est pas terminé, il ne fait que commencer. Nous reprenons les mots de Oscar Mac Ailin - celui qui reste pour nous un père, un théoricien et un militant hors pair, assassiné brutalement par la Léigiún na Saoirse, bien que cette dernière est toujours refusé d'admettre son crime -, qui disait fièrement : "Je dois mon allégeance à la classe ouvrière !" Ce serment est également le nôtre et il faudra encore que nous le défendions, durant les prochaines douloureuses années que nous aurons à traverser. Notre combat est juste, notre victoire est certaine. Préparons nous à de nouvelles luttes et à voler de victoires en victoires. Nous ferons trembler nos ennemis et nous vengerons ceux et celles qui ont été piétés par les traîtres et les liquidateurs.
NOUS SOMMES LES CONTINUATEURS !
VIVE LA LUTTE ARMÉE DE TOUS LES OPPRIMÉS !
TIOCFAIDH ÁR LÁ !
BEIDH LÁ EILE AG AN BPAORACH ![/justify][/quote]
[center][img]https://nsa40.casimages.com/img/2019/03/27/190327020125923582.png[/img]
Arm Gaelach Réabhlóideach - Branche Olgarienne, baptisée "Unité Combattante Révolutionnaire Oscar Mac Ailin"[/center]
[justify][quote]Camarades !
Les rats ont quittés le navire. Il nous faut désormais tirer un trait définitif sur l'histoire de l'IRA et tourner la page. Nous avons eu la preuve formelle que les tièdes et les timorés qui osent se parer de l'idéal républicain, représentent les même déviations que les identitaires, idiots utiles du fascisme et de la réaction impérialiste. Les opportunistes peuvent s'approprier le nom de l'IRA, d'autres peuvent clamer sa dissolution, mais son esprit restera intact : Celui du combat pour l'auto-détermination de notre peuple et le droit de bâtir sur notre terre, une république des ouvriers et des paysans. Cela a toujours été le combat de l'IRA, même si les tièdes qui ont préféré liquidé veulent mettre de côté les grandes figures de notre combat, qui ont toujours clairement affirmé qu'il ne pourrait y avoir de libération nationale, si il n'y avait pas de révolution politique mené par les masses populaires. Voilà où nous en sommes donc rends aujourd'hui. L'IRA est morte, vive l'IRA ! Nous devons réaffirmer notre attachement à la lutte révolution et à la continuation de la lutte politique sous toute ses formes, afin de libérer notre peuple et permettre à la révolution sociale d'arriver. Ne soyez pas berner par les déclarations des identitaires, ces néo-païens obséquieux qui balafrent notre idéal afin de le rendre capitalistiquement compatible avec la bourgeoisie ennissoises. Car si l'IRA a implosé et si aujourd'hui les identitaires peuvent revendiquer être une sorte de "canal historique", c'est que le gouvernement en place en Ennis conduit nécessairement au pourrissement et à la radicalisation des idées réactionnaires et contre-révolutionnaire. Nous n'avons jamais été des alliés de la Léigiún na Saoirse et nous continuerons à mener le combat contre ceux qui osent défigurer notre idéal d'émancipation et de fraternité universelle entre les peuples. C'est pourquoi nous, la branche olgarienne de l'AGR, l'Unité Combattante Révolutionnaire Oscar Mac Ailin, lançons un appel à l'ensemble des sympathisants, membres ou hésitants qui souhaitent rejoindre nos rangs, ou du moins de ce qui s'appel encore aujourd'hui l'IRA. Frères et sœurs ! Notre combat a toujours été celui de l'émancipation des travailleurs dans une république socialiste, où la jouissance des possessions matérielles appartienne à tous et toutes. Après des siècles de luttes et de combats, nous ne pouvons nous permettre de cracher sur nos martyrs en enterrant les armes et en acceptant soi-disant de rentrer dans le jeu "démocratique". en faisant cela, les anciens officiels de l'IRA trahissent votre cause et méritent le seul châtiment qui leur revient : La mort. Nous ne devons pas laisser les ennemis de notre mouvement, de notre idéal républicain continuer de vivre et de trahir ce qu'ont été pour nous, les combats émancipateurs de l'IRA. Nous devons continuer à lutter et à frapper nos ennemis partout, à chaque instant. Nous devons établir des tranchées de combat partout où cela est possible et participer à la formation des conseils qui demain, formeront la base de notre république socialiste unifiée des conseils. Notre but a toujours et restera la révolution socialiste, la prise de pouvoir de la classe ouvrière pour en finir avec le capitalisme. Notre combat n'est pas terminé, il ne fait que commencer. Nous reprenons les mots de Oscar Mac Ailin - celui qui reste pour nous un père, un théoricien et un militant hors pair, assassiné brutalement par la Léigiún na Saoirse, bien que cette dernière est toujours refusé d'admettre son crime -, qui disait fièrement : "Je dois mon allégeance à la classe ouvrière !" Ce serment est également le nôtre et il faudra encore que nous le défendions, durant les prochaines douloureuses années que nous aurons à traverser. Notre combat est juste, notre victoire est certaine. Préparons nous à de nouvelles luttes et à voler de victoires en victoires. Nous ferons trembler nos ennemis et nous vengerons ceux et celles qui ont été piétés par les traîtres et les liquidateurs.
NOUS SOMMES LES CONTINUATEURS !
VIVE LA LUTTE ARMÉE DE TOUS LES OPPRIMÉS !
TIOCFAIDH ÁR LÁ !
BEIDH LÁ EILE AG AN BPAORACH ![/justify][/quote]
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Viktor Troska
[bod]SLICE OF LIFE (IV)[/bod]
[center][img]https://i.imgur.com/kNlDXDu.png[/img][/center]
[justify][quote]Paul n'est pas communiste. Paul n'aime pas la révolution. Paul n'aime pas le changement. Paul n'aime pas grand chose, si ce n'est son travail. Paul est quand des milliers de westréens, il essaye de trouver sa place dans cette société nouvelle. Paul n'est pas n'importe qui. Peut-être que vous ne connaissez même pas Paul. Paul n'a de toute manière pas envie de vous connaître. Pourtant, Paul est de ceux et celles qui font tourné la machine westréenne et permettent chaque jour à l'administration de la plus petite des communes jusqu'au sommet de l'État de pouvoir fonctionner. Paul n'est pas un révolutionnaire, pourtant Paul travaille pour la révolution. Paul est ce que l'on nomme un "special administrative worker", un travailleur administratif spécial. Au moment où il a fallut remettre en fonction la plupart des organes vitaux dans l'administration westréenne, Paul était de ceux et celles qui avaient les capacités de pouvoir remplir cette fonction. A la sortie de la guerre civile, des dizaines de milliers de personnes comme Paul se sont retrouvés à des postes administratifs pour permettre au Westrait de pouvoir continuer à vivre, lui permettre de se développer et de fournir ce qui est nécessaire pour que les engrenages continuent de tourner. Voilà ce qu'est Paul, il est un excellent administrateur. Assis dans son bureau, une note va lui parvenir par courrier ou par mail. Il n'aura qu'à la lire et la mettre en exécution. De temps à autre, quelqu'un viendra voir si Paul effectue correctement et consciencieusement son travail. Paul n'est pas un révolutionnaire, Paul n'aime pas la révolution. Alors, une autre personne veille malgré tout que ce qu'il fasse, soit dans l'intérêt du bien commun. Paul s'en fiche de ce que les autres peuvent penser, l'État s'en fiche de ce que Paul peut penser tant qu'il effectue les tâches qui lui sont confiés et qu'il les applique comme on les lui a demandé. Il existe des cas très nombreux de "special administrative worker" comme Paul. Comme le disait si bien Lénine, la confiance n'exclu pas le contrôle. Si les westréens et les westréennes aiment bien qu'on leur foute la paix dans leur vie de tous les jours, ils veulent un contrôle accru sur les administrateurs et sur ceux et celles qui se disent plus compétent qu'eux, afin qu'ils ne fassent pas n'importe quoi. Dans un autre pays, on crierait au totalitarisme. Pour Paul, c'est tout simplement sa vie. Paul n'aime pas la révolution, Paul n'est pas révolutionnaire, Paul n'est pas communiste, Paul n'aime pas la politique. Pourtant, il s'assurera que les dernières prises de décisions prises dans telle commune soit connu par l'ensemble des habitants et des habitantes. Pourtant, il veillera à ce que l'approvisionnement pour tel ou tel organisme gouvernemental arrive dans les temps. Pourtant, Paul fait tourner la machine. Paul ne sera jamais révolutionnaire, Paul ne sera jamais communiste. Tant mieux, ce n'est pas ce que l'on demande à Paul et ce n'est pas ce que Paul se demande. Il fait ce qu'il doit faire, il est un "special administrative worker". Paul ne dit ça à personne, car personne ne sait réellement qui est Paul. Paul est votre voisin que vous ne voyez quasi jamais, mais toujours poli avec vous. Paul est de votre famille, mais vous ne comprenez toujours pas son métier, car Paul n'a pas envie de vous en parler et de toute manière, Paul n'aime pas parler de son boulot. Paul est partout et nulle part à la fois. Paul est un engrenage minuscule, une petite fourmi disciplinée qui exécute consciencieusement les tâches qui lui incombent. D'autres peuvent penser politique à la place de Paul, car Paul n'aime pas la politique, Paul n'aime pas la révolution, Paul n'aime pas le socialisme, Paul n'est pas révolutionnaire, Paul n'est pas...
[/quote][/justify]
[center][img]https://i.imgur.com/kNlDXDu.png[/img][/center]
[justify][quote]Paul n'est pas communiste. Paul n'aime pas la révolution. Paul n'aime pas le changement. Paul n'aime pas grand chose, si ce n'est son travail. Paul est quand des milliers de westréens, il essaye de trouver sa place dans cette société nouvelle. Paul n'est pas n'importe qui. Peut-être que vous ne connaissez même pas Paul. Paul n'a de toute manière pas envie de vous connaître. Pourtant, Paul est de ceux et celles qui font tourné la machine westréenne et permettent chaque jour à l'administration de la plus petite des communes jusqu'au sommet de l'État de pouvoir fonctionner. Paul n'est pas un révolutionnaire, pourtant Paul travaille pour la révolution. Paul est ce que l'on nomme un "special administrative worker", un travailleur administratif spécial. Au moment où il a fallut remettre en fonction la plupart des organes vitaux dans l'administration westréenne, Paul était de ceux et celles qui avaient les capacités de pouvoir remplir cette fonction. A la sortie de la guerre civile, des dizaines de milliers de personnes comme Paul se sont retrouvés à des postes administratifs pour permettre au Westrait de pouvoir continuer à vivre, lui permettre de se développer et de fournir ce qui est nécessaire pour que les engrenages continuent de tourner. Voilà ce qu'est Paul, il est un excellent administrateur. Assis dans son bureau, une note va lui parvenir par courrier ou par mail. Il n'aura qu'à la lire et la mettre en exécution. De temps à autre, quelqu'un viendra voir si Paul effectue correctement et consciencieusement son travail. Paul n'est pas un révolutionnaire, Paul n'aime pas la révolution. Alors, une autre personne veille malgré tout que ce qu'il fasse, soit dans l'intérêt du bien commun. Paul s'en fiche de ce que les autres peuvent penser, l'État s'en fiche de ce que Paul peut penser tant qu'il effectue les tâches qui lui sont confiés et qu'il les applique comme on les lui a demandé. Il existe des cas très nombreux de "special administrative worker" comme Paul. Comme le disait si bien Lénine, la confiance n'exclu pas le contrôle. Si les westréens et les westréennes aiment bien qu'on leur foute la paix dans leur vie de tous les jours, ils veulent un contrôle accru sur les administrateurs et sur ceux et celles qui se disent plus compétent qu'eux, afin qu'ils ne fassent pas n'importe quoi. Dans un autre pays, on crierait au totalitarisme. Pour Paul, c'est tout simplement sa vie. Paul n'aime pas la révolution, Paul n'est pas révolutionnaire, Paul n'est pas communiste, Paul n'aime pas la politique. Pourtant, il s'assurera que les dernières prises de décisions prises dans telle commune soit connu par l'ensemble des habitants et des habitantes. Pourtant, il veillera à ce que l'approvisionnement pour tel ou tel organisme gouvernemental arrive dans les temps. Pourtant, Paul fait tourner la machine. Paul ne sera jamais révolutionnaire, Paul ne sera jamais communiste. Tant mieux, ce n'est pas ce que l'on demande à Paul et ce n'est pas ce que Paul se demande. Il fait ce qu'il doit faire, il est un "special administrative worker". Paul ne dit ça à personne, car personne ne sait réellement qui est Paul. Paul est votre voisin que vous ne voyez quasi jamais, mais toujours poli avec vous. Paul est de votre famille, mais vous ne comprenez toujours pas son métier, car Paul n'a pas envie de vous en parler et de toute manière, Paul n'aime pas parler de son boulot. Paul est partout et nulle part à la fois. Paul est un engrenage minuscule, une petite fourmi disciplinée qui exécute consciencieusement les tâches qui lui incombent. D'autres peuvent penser politique à la place de Paul, car Paul n'aime pas la politique, Paul n'aime pas la révolution, Paul n'aime pas le socialisme, Paul n'est pas révolutionnaire, Paul n'est pas...
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Viktor Troska
[bod]TURNING POINT[/bod]
[center][img]https://i.imgur.com/yBUwuDF.png[/img][/center]
[justify]Un téléphone sonne sur un bureau, rempli de papiers. Autour de ce bureau, des va et vient en continu, des portes qui claquent, des ordres qui sont donnés. Le téléphone continue pourtant de sonner, inlassablement. Au bout d'un moment, une jeune femme vient s'installer au bureau et décroche le téléphone d'un geste rapide, une pile de dossier sous le bras. Il s'agit de Audrey Grant, Secrétaire Générale du Westrait Communist Party. Ce bureau était le sien, ce téléphone également. Alors qu'elle cherchait à mettre de l'ordre sur son bureau, entassant des feuilles d'un côté, posant le combiné pour donner tel ou tel ordre, elle semblait pourtant calme et mesurait ses paroles vis à vis de la personne qui se trouvait au bout du fil. Âgée d'une trentaine d'années, la Secrétaire Générale du Westrait Communist Party s'était bâtie une réputation avant, pendant et après la guerre civile comme une dirigeante dure sur le fond, inflexible sur les principes et sur la bonne marche du communisme westréen. De l'autre côté du combiné, Douglas Reed, l'homme qui à la tête de son gouvernement venait d'interdire les formations d'auto-défense de l'organisation, ce à quoi les communistes westréens avaient répondu en quittant le gouvernement en en engageant un bras de fer. Reed jouait les apaiseurs, Grant jetait de l'huile sur le feu...
DOUGLAS REED | « Camarade Grant, je t'en conjure : Fait cesser cette vague de violence, ne m'oblige pas à devoir m'opposer à toi et à nos camarades communistes. »
AUDREY GRANT | « Tu t'opposes à nouveau depuis le début, Camarade Reed. A cause de toi, notre révolution est compromise. Tu as toujours été trop tendre pour faire de la politique, je te l'ai toujours dit. »
DOUGLAS REED | « Il n'y a jamais moyen de pouvoir discuter avec vous... »
AUDREY GRANT | « Va donc discuter avec ton nouvel ami Lúi Ó Móráin, celui qui te félicite de mettre un terme à la menace communiste dans ton pays. »
DOUGLAS REED | « Tu sais pertinemment que cela est fait pour nous diviser et que je n'ai aucun intérêt à soutenir ce qu'il peut raconter. Il est entrain de nous monter les uns contre les autres, alors que nous nous battons ensemble depuis la guerre civile. L'auriez-vous oublié ? L'oublierais-tu ? »
AUDREY GRANT | « Comme tu as oublié Roger. Comme tu as oublié Roger, Camarade Reed. »
DOUGLAS REED | « Cela n'a rien à voir. »
AUDREY GRANT | « Si, cela à tout à voir. »
Des bruits de tirs sporadiques s'entendaient et se répercutaient jusque dans le combiné, parasitant la conversation téléphonique.
AUDREY GRANT | « Tu entends ? Ce sont tes amis qui viennent régler leur compte aux sales rouges que nous sommes. Tu vas nous laisser nous faire massacrer, comme vous nous avez trahi en 1931 ? »
DOUGLAS REED | « ... »
AUDREY GRANT | « Nous avons été alliés par le passé Douglas. Mais avec le temps, tu t'es ramolli. Tu as pensé que l'on pouvait faire la révolution avec la bourgeoisie, les capitalistes et nos anciens exploiteurs. Tu as pensé et tu penses toujours que ce sont des gens raisonnables. Je ne suis pas d'accord. Nos martyrs de l'école Urdzhar ne sont pas d'accord avec cela. Camarade Reed, la question est simple : Es-tu avec nous, ou contre nous ? »
DOUGLAS REED | « Tu n'as pas le droit de me faire ce genre d'ultimatums ! Je suis le chef du gouvernement, je suis... »
AUDREY GRANT | « Assez ! J'en ai assez de t'entendre te cacher derrière ta légalité bourgeoise de façade repeinte en rouge. Tu n'es rien Reed, tu n'es qu'une petite punaise, un petit cafard qui nous sépare de notre libération. Si tu décides d'être contre nous, j'espère que tu en accepteras les conséquences. Dieu pardonne, pas nous, pas le prolétariat. »
Elle raccrocha brusquement le téléphone, légèrement tremblante. De la peur, ou bien de l'adrénaline ? Jamais elle n'avait osé parler comme ça à Douglas Reed, ni même à qui que ce soit d'autres vis à vis de personnes qu'elle considère comme des camarades. Il n'y avait pas le temps d'attendre. Un jeune communiste se présenta à son bureau, fusil en bandoulière avec un brassard rouge. Il présente une feuille à la Secrétaire Générale, qu'elle survola des yeux avant de signer. Le jeune homme disparu aussi vite qu'il était venu. De l'autre côté de la pièce, s'étalaient des cartes de Cewell, ainsi que d'autres villes. Depuis maintenant trois jours, un groupe d'hommes et de femmes siégeaient en permanence dans les locaux du Westrait Communist Party, protégé par les membres de leur milice, les groupes de combats de la classe ouvrière. Sur les cartes, des croix, des emplacements marqués au rouge, des indications diverses. Un air étrange emplissait la pièce, comparable à celui qui avait amorcé le début de la guerre civile, ou encore celui qui annonçait la victoire. Se levant de son bureau, la Secrétaire Générale s'avança jusqu'au bout de la pièce et se pencha sur une des cartes, commençant à discuter avec les personnes autour d'elles. Il y avait là des personnes de tous les horizons politiques, des militaires, des travailleurs, des intellectuels... On avait pompeusement baptisé ce curieux groupe le Military Revolutionary Committee, avec pour acronyme MilRevCom. Il devait être le centre et le cœur de la prochaine action révolutionnaire dans le pays : Balayé la réaction, balayé le gouvernement qui les avaient trahi, balayé les vestiges de l'ancien monde encore vivant. Dans cette ambiance stricte et lourde, la révolution de demain s'amorçait.[/justify]
[center][img]https://i.imgur.com/yBUwuDF.png[/img][/center]
[justify]Un téléphone sonne sur un bureau, rempli de papiers. Autour de ce bureau, des va et vient en continu, des portes qui claquent, des ordres qui sont donnés. Le téléphone continue pourtant de sonner, inlassablement. Au bout d'un moment, une jeune femme vient s'installer au bureau et décroche le téléphone d'un geste rapide, une pile de dossier sous le bras. Il s'agit de Audrey Grant, Secrétaire Générale du Westrait Communist Party. Ce bureau était le sien, ce téléphone également. Alors qu'elle cherchait à mettre de l'ordre sur son bureau, entassant des feuilles d'un côté, posant le combiné pour donner tel ou tel ordre, elle semblait pourtant calme et mesurait ses paroles vis à vis de la personne qui se trouvait au bout du fil. Âgée d'une trentaine d'années, la Secrétaire Générale du Westrait Communist Party s'était bâtie une réputation avant, pendant et après la guerre civile comme une dirigeante dure sur le fond, inflexible sur les principes et sur la bonne marche du communisme westréen. De l'autre côté du combiné, Douglas Reed, l'homme qui à la tête de son gouvernement venait d'interdire les formations d'auto-défense de l'organisation, ce à quoi les communistes westréens avaient répondu en quittant le gouvernement en en engageant un bras de fer. Reed jouait les apaiseurs, Grant jetait de l'huile sur le feu...
DOUGLAS REED | « Camarade Grant, je t'en conjure : Fait cesser cette vague de violence, ne m'oblige pas à devoir m'opposer à toi et à nos camarades communistes. »
AUDREY GRANT | « Tu t'opposes à nouveau depuis le début, Camarade Reed. A cause de toi, notre révolution est compromise. Tu as toujours été trop tendre pour faire de la politique, je te l'ai toujours dit. »
DOUGLAS REED | « Il n'y a jamais moyen de pouvoir discuter avec vous... »
AUDREY GRANT | « Va donc discuter avec ton nouvel ami Lúi Ó Móráin, celui qui te félicite de mettre un terme à la menace communiste dans ton pays. »
DOUGLAS REED | « Tu sais pertinemment que cela est fait pour nous diviser et que je n'ai aucun intérêt à soutenir ce qu'il peut raconter. Il est entrain de nous monter les uns contre les autres, alors que nous nous battons ensemble depuis la guerre civile. L'auriez-vous oublié ? L'oublierais-tu ? »
AUDREY GRANT | « Comme tu as oublié Roger. Comme tu as oublié Roger, Camarade Reed. »
DOUGLAS REED | « Cela n'a rien à voir. »
AUDREY GRANT | « Si, cela à tout à voir. »
Des bruits de tirs sporadiques s'entendaient et se répercutaient jusque dans le combiné, parasitant la conversation téléphonique.
AUDREY GRANT | « Tu entends ? Ce sont tes amis qui viennent régler leur compte aux sales rouges que nous sommes. Tu vas nous laisser nous faire massacrer, comme vous nous avez trahi en 1931 ? »
DOUGLAS REED | « ... »
AUDREY GRANT | « Nous avons été alliés par le passé Douglas. Mais avec le temps, tu t'es ramolli. Tu as pensé que l'on pouvait faire la révolution avec la bourgeoisie, les capitalistes et nos anciens exploiteurs. Tu as pensé et tu penses toujours que ce sont des gens raisonnables. Je ne suis pas d'accord. Nos martyrs de l'école Urdzhar ne sont pas d'accord avec cela. Camarade Reed, la question est simple : Es-tu avec nous, ou contre nous ? »
DOUGLAS REED | « Tu n'as pas le droit de me faire ce genre d'ultimatums ! Je suis le chef du gouvernement, je suis... »
AUDREY GRANT | « Assez ! J'en ai assez de t'entendre te cacher derrière ta légalité bourgeoise de façade repeinte en rouge. Tu n'es rien Reed, tu n'es qu'une petite punaise, un petit cafard qui nous sépare de notre libération. Si tu décides d'être contre nous, j'espère que tu en accepteras les conséquences. Dieu pardonne, pas nous, pas le prolétariat. »
Elle raccrocha brusquement le téléphone, légèrement tremblante. De la peur, ou bien de l'adrénaline ? Jamais elle n'avait osé parler comme ça à Douglas Reed, ni même à qui que ce soit d'autres vis à vis de personnes qu'elle considère comme des camarades. Il n'y avait pas le temps d'attendre. Un jeune communiste se présenta à son bureau, fusil en bandoulière avec un brassard rouge. Il présente une feuille à la Secrétaire Générale, qu'elle survola des yeux avant de signer. Le jeune homme disparu aussi vite qu'il était venu. De l'autre côté de la pièce, s'étalaient des cartes de Cewell, ainsi que d'autres villes. Depuis maintenant trois jours, un groupe d'hommes et de femmes siégeaient en permanence dans les locaux du Westrait Communist Party, protégé par les membres de leur milice, les groupes de combats de la classe ouvrière. Sur les cartes, des croix, des emplacements marqués au rouge, des indications diverses. Un air étrange emplissait la pièce, comparable à celui qui avait amorcé le début de la guerre civile, ou encore celui qui annonçait la victoire. Se levant de son bureau, la Secrétaire Générale s'avança jusqu'au bout de la pièce et se pencha sur une des cartes, commençant à discuter avec les personnes autour d'elles. Il y avait là des personnes de tous les horizons politiques, des militaires, des travailleurs, des intellectuels... On avait pompeusement baptisé ce curieux groupe le Military Revolutionary Committee, avec pour acronyme MilRevCom. Il devait être le centre et le cœur de la prochaine action révolutionnaire dans le pays : Balayé la réaction, balayé le gouvernement qui les avaient trahi, balayé les vestiges de l'ancien monde encore vivant. Dans cette ambiance stricte et lourde, la révolution de demain s'amorçait.[/justify]
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Viktor Troska
[bod]TURNING POINT (II)[/bod]
[center][img]https://i.imgur.com/kXgBZK1.png[/img][/center]
[quote]"Des armes, comme une esthétique de la solitude,
Des armes, comme une sinistre compo d'angliche,
WHAT DO YOU MEAN, GUN?
Je sens que nous arrivent,
Des trains pleins de brownings, de berretas et de fleurs noires,
Et des fleuristes préparant des bains de sang,
Pour actualités colortélé,
Le sang ça s'ampexe tout ce qui y'a de bien. [...]"
Léo Ferré, La violence et l'ennui[/quote]
[justify]La tension était à son paroxysme. Qui allait l'emporter ? Les communistes avec leurs alliés ? Ou bien allaient-ils se heurter à un sursaut qui allait les flanquer à la porte ? Tout le monde ne parlait plus que de ça. On s'opposait entre ceux qui craignaient le "coup de force" communiste et ceux qui l'attendaient, le souhaitaient même. Jusqu'au bout, la tension serait insoutenable. L'air était lourd, limite poisseux. On comptait déjà les victimes par centaines, avec deux voir trois fois plus de blessés. Si la révolution n'est pas un dîner de gala, elle n'en reste pas moins une mince affaire. A la fin de la guerre civile, les partisans avaient décidé d'enterrer leurs armes dans un coin, de les cacher "au cas où" on en aurait à nouveau besoin. Ce moment était venu et les combattants et combattantes de hier, se retrouvaient de nouveau sous les drapeaux, avec leurs armes et leurs déterminations. Il restait un seul rempart : L'État. Cet État ne leur était pas fondamentalement opposé, il était composé des centaines de milliers de conseils dans l'ensemble du pays. Il restait à cueillir son sommet, ce sommet qui commençait à craqueler. Reed avait été dégagé de la course, le gouvernement avec. Il reste le Président Pittman, un homme droit dans ses principes. La révolution l'avait clairement radicalisé sur ses positions politiques, lui un gentil réformiste du Democratic Socialist Party. Il comprenait que trop tard que de mauvaises choses avaient été faîtes, pas assez rapidement, pas assez fermement, pas assez... Aujourd'hui, il lui fallait discuter avec les communistes. Tout le monde ne parlait plus que d'eux. Une solution finirait peut-être pas être trouvé !
SAM PITTMAN | « Je suis étonné de voir que le Westrait Communist Party n'a pas dépêché pour ses discussions, sa Secrétaire Générale. Dois-je me sentir offenser ? »
CLYDE SELLERS | « Ni voyez aucun dédain Citoyen Pittman, la Camarade Grant comme la plus grande partie de notre organisation a décidé de passer à la clandestinité. Je reste son seul et dernier interlocuteur. Si notre révolution doit périr et bien je périrai le premier. »
Le fidèle second de Audrey Grant avait été dépêché dans ces discussions. Clyde Sellers faisait office de vieux dinosaure au sein du WCP, mais ses prises de positions étaient constamment écoutés et longuement débattus, avant d'être accepté. C'était lui la "matière grise" du Westrait Communiste Party.
SAM PITTMAN | « Ne soyez pas si alarmiste, par pitié. Nous avons des choses importantes à discuter. »
CLYDE SELLERS | « En effet, nous avons à discuter de la nomination du futur gouvernement d'où seront chassés et exclu les traîtres, les tièdes, les opportunistes et les timorés. »
SAM PITTMAN | « Cela fait du monde ! Suis-je sur cette liste ? »
CLYDE SELLERS | « Sauf votre respect Citoyen Pittman, il n'y a aucune raison pour que vous y figuriez si elle existait. Vous avez ouvert les yeux sur la nature de notre révolution, ainsi que sur ses limites actuelles. C'est pourquoi nous avons accepté de vous rencontrer et de discuter, alors que nous avons décidé de ne plus accorder d'importance aux laborites et à ses représentants. »
SAM PITTMAN | « Vous savez qu'ils restent majoritaires dans le pays, n'est-ce pas ? »
CLYDE SELLERS | « Reed et sa clique de renégat ne représentent certainement pas le prolétariat westréen. Même Ronald Dixon a été obligé de le désavoué pour ne pas perdre la face. Ces "marxistes puristes" n'ont cessé de clamer qu'ils feraient mieux que nous, que eux avaient compris les enseignements de Marx et pas nous, que nous avions "dégénéré" sur une ligne léniniste. Aujourd'hui, ils sont obligé d'admettre que leur rhétorique de gauchistes ne reposent sur rien. Nous sommes l'avant-garde, ils sont le passé. »
SAM PITTMAN | « Je dois vous avouer quelque chose Citoyen Sellers, j'admirerai toujours autant la fougue et la droiture dont vous communistes savez faire preuves. Nous vous devons beaucoup pour le succès de notre révolution et peut-être que nous n'avons pas su nous en montrer digne. »
CLYDE SELLERS | « Nous n'attendons rien en retour. Nous communistes, combattons pour la libération du prolétariat. Les petits calculs, les petites fantaisies de la bourgeoisie apeurée ne nous intéresse pas. Notre objectif est et restera la révolution. Vous le savez parfaitement, nous nous battons pour cela depuis de trop nombreuses années. J'ai besoin d'une réponse : Allez-vous oui ou non vous opposer à la création d'un gouvernement ouvrier rassemblant, partis, organisations et syndicats ? »
SAM PITTMAN | « Vous me mettez dans une position difficile. La disparition du gouvernement Reed est une chose, nommez un autre gouvernement en est une autre. Il y a une légalité dans ce pays, une loi fondamentale que vous avez co-écrit et que vous avez toujours défendu à la lettre. Aujourd'hui, vous voulez la déchirer et outrepasser vos droits ? Qu'est-ce que cela peut bien signifier. Vous vous targuez d'avoir des principes, alors appliquez les ! »
CLYDE SELLERS | « Il y a un temps pour le formalisme et un temps pour la révolution. Nous en avons fini avec le formalisme, nous avons été trop tendre avec nos adversaires pendant toutes ces années. Il n'y aura pas de retour en arrière maintenant. Ce gouvernement mettra un terme aux agitations contre-révolutionnaire, mettra un terme à l'hypocrisie des laborites, des centristes ainsi que des renégats dans votre propre Parti. Le Citoyen Lester nous soutient. Vous soutenez Lester. Alors, soutenez-nous. »
SAM PITTMAN | « Comme si cela était aussi simple ! »
CLYDE SELLERS | « Mais ça l'est Citoyen Pittman, ça l'est... »
SAM PITTMAN | « J'ai besoin d'y réfléchir, cette décision ne dépend pas que de moi. »
CLYDE SELLERS | « Cela fait trois jours que vos envoyés nous disent cela. Pendant de temps, nous sommes dans une impasse. Si nous n'avons pas de réponses d'ici 72 heures, nous prendrons les mesures adéquates. Nous savons que vous serez de notre côté et que vous continuerez à défendre la révolution socialiste. Citoyen Pittman, la révolution a besoin de vous ! »
L'entrevue se termina là. Sellers reparti quelques instants plus tard en saluant le Président Pittman, avant de prendre place dans une jeep qui s'enfonça rapidement dans la nuit. Sam Pittman restait seul et pensif. Le pays était mûr pour cette révolution de toute manière. Qui allait s'opposer aux communistes ? Le WNPP n'en avait pas la force. Les forces de sécurités ne lui obéissaient de toute manière plus. La Republican Liberation Army était prête à se joindre à la constitution de ce gouvernement ouvrier. Alors que faire ?[/justify]
[center][img]https://i.imgur.com/kXgBZK1.png[/img][/center]
[quote]"Des armes, comme une esthétique de la solitude,
Des armes, comme une sinistre compo d'angliche,
WHAT DO YOU MEAN, GUN?
Je sens que nous arrivent,
Des trains pleins de brownings, de berretas et de fleurs noires,
Et des fleuristes préparant des bains de sang,
Pour actualités colortélé,
Le sang ça s'ampexe tout ce qui y'a de bien. [...]"
Léo Ferré, La violence et l'ennui[/quote]
[justify]La tension était à son paroxysme. Qui allait l'emporter ? Les communistes avec leurs alliés ? Ou bien allaient-ils se heurter à un sursaut qui allait les flanquer à la porte ? Tout le monde ne parlait plus que de ça. On s'opposait entre ceux qui craignaient le "coup de force" communiste et ceux qui l'attendaient, le souhaitaient même. Jusqu'au bout, la tension serait insoutenable. L'air était lourd, limite poisseux. On comptait déjà les victimes par centaines, avec deux voir trois fois plus de blessés. Si la révolution n'est pas un dîner de gala, elle n'en reste pas moins une mince affaire. A la fin de la guerre civile, les partisans avaient décidé d'enterrer leurs armes dans un coin, de les cacher "au cas où" on en aurait à nouveau besoin. Ce moment était venu et les combattants et combattantes de hier, se retrouvaient de nouveau sous les drapeaux, avec leurs armes et leurs déterminations. Il restait un seul rempart : L'État. Cet État ne leur était pas fondamentalement opposé, il était composé des centaines de milliers de conseils dans l'ensemble du pays. Il restait à cueillir son sommet, ce sommet qui commençait à craqueler. Reed avait été dégagé de la course, le gouvernement avec. Il reste le Président Pittman, un homme droit dans ses principes. La révolution l'avait clairement radicalisé sur ses positions politiques, lui un gentil réformiste du Democratic Socialist Party. Il comprenait que trop tard que de mauvaises choses avaient été faîtes, pas assez rapidement, pas assez fermement, pas assez... Aujourd'hui, il lui fallait discuter avec les communistes. Tout le monde ne parlait plus que d'eux. Une solution finirait peut-être pas être trouvé !
SAM PITTMAN | « Je suis étonné de voir que le Westrait Communist Party n'a pas dépêché pour ses discussions, sa Secrétaire Générale. Dois-je me sentir offenser ? »
CLYDE SELLERS | « Ni voyez aucun dédain Citoyen Pittman, la Camarade Grant comme la plus grande partie de notre organisation a décidé de passer à la clandestinité. Je reste son seul et dernier interlocuteur. Si notre révolution doit périr et bien je périrai le premier. »
Le fidèle second de Audrey Grant avait été dépêché dans ces discussions. Clyde Sellers faisait office de vieux dinosaure au sein du WCP, mais ses prises de positions étaient constamment écoutés et longuement débattus, avant d'être accepté. C'était lui la "matière grise" du Westrait Communiste Party.
SAM PITTMAN | « Ne soyez pas si alarmiste, par pitié. Nous avons des choses importantes à discuter. »
CLYDE SELLERS | « En effet, nous avons à discuter de la nomination du futur gouvernement d'où seront chassés et exclu les traîtres, les tièdes, les opportunistes et les timorés. »
SAM PITTMAN | « Cela fait du monde ! Suis-je sur cette liste ? »
CLYDE SELLERS | « Sauf votre respect Citoyen Pittman, il n'y a aucune raison pour que vous y figuriez si elle existait. Vous avez ouvert les yeux sur la nature de notre révolution, ainsi que sur ses limites actuelles. C'est pourquoi nous avons accepté de vous rencontrer et de discuter, alors que nous avons décidé de ne plus accorder d'importance aux laborites et à ses représentants. »
SAM PITTMAN | « Vous savez qu'ils restent majoritaires dans le pays, n'est-ce pas ? »
CLYDE SELLERS | « Reed et sa clique de renégat ne représentent certainement pas le prolétariat westréen. Même Ronald Dixon a été obligé de le désavoué pour ne pas perdre la face. Ces "marxistes puristes" n'ont cessé de clamer qu'ils feraient mieux que nous, que eux avaient compris les enseignements de Marx et pas nous, que nous avions "dégénéré" sur une ligne léniniste. Aujourd'hui, ils sont obligé d'admettre que leur rhétorique de gauchistes ne reposent sur rien. Nous sommes l'avant-garde, ils sont le passé. »
SAM PITTMAN | « Je dois vous avouer quelque chose Citoyen Sellers, j'admirerai toujours autant la fougue et la droiture dont vous communistes savez faire preuves. Nous vous devons beaucoup pour le succès de notre révolution et peut-être que nous n'avons pas su nous en montrer digne. »
CLYDE SELLERS | « Nous n'attendons rien en retour. Nous communistes, combattons pour la libération du prolétariat. Les petits calculs, les petites fantaisies de la bourgeoisie apeurée ne nous intéresse pas. Notre objectif est et restera la révolution. Vous le savez parfaitement, nous nous battons pour cela depuis de trop nombreuses années. J'ai besoin d'une réponse : Allez-vous oui ou non vous opposer à la création d'un gouvernement ouvrier rassemblant, partis, organisations et syndicats ? »
SAM PITTMAN | « Vous me mettez dans une position difficile. La disparition du gouvernement Reed est une chose, nommez un autre gouvernement en est une autre. Il y a une légalité dans ce pays, une loi fondamentale que vous avez co-écrit et que vous avez toujours défendu à la lettre. Aujourd'hui, vous voulez la déchirer et outrepasser vos droits ? Qu'est-ce que cela peut bien signifier. Vous vous targuez d'avoir des principes, alors appliquez les ! »
CLYDE SELLERS | « Il y a un temps pour le formalisme et un temps pour la révolution. Nous en avons fini avec le formalisme, nous avons été trop tendre avec nos adversaires pendant toutes ces années. Il n'y aura pas de retour en arrière maintenant. Ce gouvernement mettra un terme aux agitations contre-révolutionnaire, mettra un terme à l'hypocrisie des laborites, des centristes ainsi que des renégats dans votre propre Parti. Le Citoyen Lester nous soutient. Vous soutenez Lester. Alors, soutenez-nous. »
SAM PITTMAN | « Comme si cela était aussi simple ! »
CLYDE SELLERS | « Mais ça l'est Citoyen Pittman, ça l'est... »
SAM PITTMAN | « J'ai besoin d'y réfléchir, cette décision ne dépend pas que de moi. »
CLYDE SELLERS | « Cela fait trois jours que vos envoyés nous disent cela. Pendant de temps, nous sommes dans une impasse. Si nous n'avons pas de réponses d'ici 72 heures, nous prendrons les mesures adéquates. Nous savons que vous serez de notre côté et que vous continuerez à défendre la révolution socialiste. Citoyen Pittman, la révolution a besoin de vous ! »
L'entrevue se termina là. Sellers reparti quelques instants plus tard en saluant le Président Pittman, avant de prendre place dans une jeep qui s'enfonça rapidement dans la nuit. Sam Pittman restait seul et pensif. Le pays était mûr pour cette révolution de toute manière. Qui allait s'opposer aux communistes ? Le WNPP n'en avait pas la force. Les forces de sécurités ne lui obéissaient de toute manière plus. La Republican Liberation Army était prête à se joindre à la constitution de ce gouvernement ouvrier. Alors que faire ?[/justify]
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Viktor Troska
[bod]TURNING POINT (III)[/bod]
[center][img]https://i.imgur.com/NPwCIxF.png[/img][/center]
[justify]La vie avait repris son cours, aussi étrange que cela pouvait paraître. Alors que les enfers semblaient s'abattre absolument partout, que l'on dépeignait le Westrait sous la domination des bottes communistes, le pays revenait progressivement à la situation qui était celle d'avant. Rien n'avait réellement changé, pourtant tout avait changé en l'espace de quelques jours. C'est une subite accélération de l'histoire, une accélération dans la trajectoire de la lutte des classes. Des classes gagnent, d'autres disparaissent, c'est une loi de l'histoire que rien ne peut remettre en question. Le "coup d'État communiste" au Westrait n'était en fait que la prorogation d'un mouvement de masse révolutionnaire qui germait depuis de nombreux mois et qui s'est subitement mis sur le devant de la scène, balayant tout ce qui se trouvait sur son chemin. La vie continuait, le Westrait changeait mais dans le fond, son âme révolutionnaire restait la même. Les communistes avait brisé momentanément la "légalité socialiste", reprenant le fameux slogan "Il est juste de se révolter !" pour ensuite faire en sorte que cette "légalité socialiste" puisse se reprendre le dessus. Le propre des bourgeois est de ne rien comprendre au monde qui les entourent, mélangeant de l'empirisme avec des positions idéalistes, ne voyant que ce qu'ils ne voulaient bien voir. Le "Victorieux mois de juin" comme on le nommait, marquait un saut qualitatif dans la révolution westréenne, jetant à terre les anciennes conceptions pour en faire surgir de nouvelles, révolutionnaires et plus adaptées à la situation. On attendait maintenant des changements qu'il fallait mettre en œuvre. C'est ainsi que le "Comité Militaire Révolutionnaire" qui avait cordonné l'insurrection au niveau national, se réunissait pour la dernière fois avant d'officialiser sa disparition définitive. Les conseils à travers le pays étaient les seuls organes capable de diriger la dictature du prolétariat. C'est cela, la "légalité socialiste" et rien d'autre.
AUDREY GRANT | « Je pense qu'il serait plus judicieux de ne pas répondre aux attaques de la part des autorités militaires Enissoises. Cela serait une perte de temps, en plus de nous engager dans une guerre de communication inutile. Comment Reed prend la nouvelle ? »
ROGER LESTER | « Avec beaucoup d'ironie. Lui, le pourfendeur de la propriété privée, le massacreur des honnêtes gens, le vil marxiste totalitaire, se retrouve subitement à être une icône de la liberté, la démocratie et la république. Si j'étais à sa place, je prendrai tout cela avec beaucoup moins de philosophie. »
CLYDE SELLERS | « Lénine disait à ce sujet quelque chose de très intéressant : Du temps de leur vivant, les classes possédantes crachent à la gueule des révolutionnaires, les dépeignant comme des monstres, des bêtes inhumaines qui méritent de crever. Puis une fois morte ou dans l'incapacité de pouvoir se défendre, on en fait des défenseurs des conceptions bourgeoises et l'on en fait des personnes sympathiques, qui finalement ont toujours été modéré. C'est exactement ce qui arrive avec le Camarade Reed. »
PATRICK CLAY | « Quelle est notre feuille de route pour les prochains mois, du moins jusqu'aux prochaines élections ? »
AUDREY GRANT | « J'attendais avec impatience votre rapport, Camarade Clay. »
PATRICK CLAY | « Je suis assez débordé en ce moment, il faut dire que les communistes ont subitement décidé de faire du Westrait un enfer communiste. Alors qu'avant c'était juste une démocratie sympathique, joyeuse et bon enfant. [Quelques rires se firent entendre] Nous avons procédés aux arrestations de différentes figures militaires, ainsi que dans une liste de suspects que nous n'avons pas fait condamné lors des derniers procès. Je pense que nous tenons réellement quelque chose. Nous avons également fait des arrestations du côté du WNPP, mais ce dernier est subitement devenu docile et se montre prêt à vouloir collaborer pour ne pas subir de répression. C'est presque trop facile... »
CLYDE SELLERS | « Un peu de retenu Camarade Clay. Votre position n'est pas celles de milliers de communistes, syndicalistes, socialistes et révolutionnaires à Ennis et à travers le monde. Restons un peu sérieux et regardons la réalité en face. Nous aurons le temps de fanfaronner et de faire des mauvaises blagues plus tard. »
KEITH PECK | « Revenons à nos moutons. J'aimerai entendre l'avis du Citoyen Edgar Ross au sujet de l'armée, en corrélation avec ce qui a été rapporté par le Camarade Clay. Je pense qu'il est le mieux placé pour s'exprimer là dessus. Alors ? »
EDGAR ROSS | « Ce que j'en pense ? Nous nous sommes fourvoyé en pensant que nous pourrions faire de la Republican Liberation Army un instrument efficace dans la construction du socialisme westréen. Nous avons sous-estimé le fait que de nombreux officiers, techniciens, cadres proviennent de l'ancienne armée. Il faut également noter que le rôle dévolu au département politique de l'armée ainsi que la formation idéologique laisse à désirer. Mon prédécesseur disait déjà la même chose, je le dis encore aujourd'hui : Il faut une refonte profonde de notre armée et ne pas lui coller des rustines comme nous le faisons depuis bien trop longtemps. »
AUDREY GRANT | « J'entends, mais que proposez-vous alors qui n'a pas déjà été fait ? »
EDGAR ROSS | « Reformer totalement notre armée. Je propose que la Republican Liberation Army devienne la Worker's and Farmer's Revolutionnary Army. Je propose que l'on abolisse les grades, que l'on restructure politiquement et idéologiquement les unités. Que l'on donne enfin aux commissaires politiques des pouvoirs étendus pour qu'ils fassent correctement leur travail. A côté de la WFRA, je propose également que l'on mette en place l'équivalent d'une Garde Nationale, que l'on pourrait nommer la Proletarian Red Guard. Enfin, nous avons à travers le pays des centaines de milliers d'unités armés qui ne sont pas reliés entre elles, qui sont uniquement rattaché à tel ou tel conseil. Nous avons besoin d'une plus grande centralisation et de créer un corps de milice qui soit rattaché à un État-Major distinct de celui de la WFRA, mais qui peut collaborer avec elle. Cela formera notre "mer armée des masses", une force d'appoint essentiel comme succès et garantie de la révolution. »
AUDREY GRANT | « Cela me semble être une bonne idée. Vous m'impressionnez de jour en jour, Camarade Ross ! »
ROGER LESTER | « Qui dirigera tout cela ? Je veux dire, nous avons sous les verrous des éléments très importants de notre armée. Si nous décidons de les liquider, qui pourra les remplacer ? »
EDGAR ROSS | « Nous avons des cadres qui n'attendent que de pouvoir prendre leur place, avec une foi sincère dans notre révolution et qui lui doive absolument tout. Nous souffrirons un peu, mais cela est nécessaire si nous voulons éviter d'autres soucis. »
CLYDE SELLERS | « Cela me semble être un bon point. Pouvez-vous mettre tout cela par écrit que nous puissions étudier tout cela ? »
EDGAR ROSS | « Déjà fait ! J'ai pris mes responsabilités. Tout se trouve ici, vous n'avez qu'à amender ce que vous souhaitez et d'ici un mois, nous pourrons être opérationnel. »
KEITH PECK | « Merveilleux ! Je vous embrasserai presque ! »
EDGAR ROSS | « Allons, allons ! »
AUDREY GRANT | « Camarades, il s'agit ici d'une excellente nouvelle. J'aimerai également signaler qu'il y a un mouvement de fond qui est entrain de se produire dans énormément de régions du pays. Spontanément, de nouvelles élections ont lieu et mettent en place de nouvelles administrations dans des villes, villages ou les communes. Je pense que nous ne devons pas nous opposer à cela. »
ROGER LESTER | « Parce que ce mouvement vous avantage ? »
AUDREY GRANT | « Restons poli, Camarade Lester. Rien ne vous empêche de quitter le Democratic Socialist Party et de nous rejoindre, ou de créer votre propre organisation. Ensemble, nous sommes entrain de nous assurer une majorité assez solide contre les centristes et l'opposition. Notre gouvernement ouvrier reposera sur l'alliance de nos organisations politiques et syndicales, reposant sur le pouvoir des conseils. N'est-ce pas ce que nous voulons depuis le début ? »
ROGER LESTER | « Je m'excuse, ma remarque était déplacée. »
KEITH PECK | « Que faire vis à vis des différents mouvements qui apparaissent dans le pays régulièrement, disparaissent et apparaissent sous un autre nom avec de transformer notre vision politique, culturelle et idéologique ? Nous avons besoin d'un mouvement national, un mouvement qui malheureusement n'existe pas. »
AUDREY GRANT | « Il va falloir le créer. »
KEITH PECK | « Certes, mais comment ? »
CLYDE SELLERS | « Nous devons faire nôtre l'idée de Joseph Oliver, dans son ouvrage Toward Councils Westrait. Il y a tout un chapitre qui est consacré à ce qu'il nomme la "Révolution Culturelle", c'est à dire une lutte idéologique au niveau de la conception du monde qui doit se transformer. Sous la dictature du prolétariat, le prolétariat imposera sa vision du monde, dans les arts, dans le cinéma, dans le journalisme, dans les usines, dans les relations entre les genres, entre les hommes et les femmes, etc. Peut-être devrions nous mettre en place un groupe qui sera chargé de cette commission et définir les tenants et les aboutissants de la dite "Révolution Culturelle" ? »
PATRICK CLAY | « Il faut être sûr que les membres nommés soient capable de mener à bien leurs tâches, nous ne pouvons pas nommer n'importe qui. Je propose qu'une fois qu'il aura rédigé une autocritique sincère, le Camarade Reed en fasse partie. »
AUDREY GRANT | « C'est une idée... »
CLYDE SELLERS | « C'est une blague ? »
KEITH PECK | « J'approuve et je propose même qu'il soit à la tête de ce groupe chargé de cette commission. Nous verrons bien si il a fait une autocritique sincère, ou non. C'est par la pratique que les gens changent, pas parce qu'ils écrivent simplement des lignes sur un morceau de papier. »
PATRICK CLAY | « En effet, nous pouvons couper des têtes mais les têtes ne repoussent pas comme un pommier. Reed fera l'affaire. »
AUDREY GRANT | « Je propose d'entériner cette décision tout de suite. »
CLYDE SELLERS | « Je m'y oppose personnellement. »
AUDREY GRANT | « A part le Camarade Sellers qui cherche à faire l'original, quelqu'un s'oppose à cette décision ? Non ? Parfait alors. Point suivant. »
KEITH PECK | « Nous devons statuer sur l'organisation générale des conseils ainsi que leurs prérogatives. Nous avons noté sur une tendance assez lourde suite aux rapport du Camarade Clay et du Commissariat du Peuple à la Sécurité Publique, que de plus en plus de citoyens et de citoyennes délaissent les activités politiques et de présence dans les conseils, car ils n'ont pas le temps pour cela, ou alors sont réellement trop exténués pour en avoir l'envie. C'est un problème important que nous devons résoudre. »
ROGER LESTER | « Il n'y a pas énormément de choix. Baisser le temps de travail et laisser plus de temps pour l'administration des choses. »
CLYDE SELLERS | « Le Camarade Lester parle comme un communiste ! Attention, tu vas finir avec des plaques commémoratives à ton nom et ton portrait en grand, sur des urinoirs publique à Ennis parce que tu représentais la démocratie avant de te faire laver le cerveau par le marxisme. Attention, tu files un mauvais coton... [Rires] »
KEITH PECK | « Baisser le temps de travail est une excellente chose, mais nous ne pouvons pas décréter cela n'importe comment non plus. Dans la plupart des secteurs de notre économie, nous sommes à huit voir dix heures de travail. L'idéal serait de passer à six heures. Cela permettrait d'avoir six heures de travail, quatre heures pour l'administration des choses et douze heures de loisirs et de repos. Cela me semble faisable, mais va nécessiter un mouvement de rectification sur l'ensemble du territoire. »
AUDREY GRANT | « C'est aux conseils de faire cela. Le contrôle ouvrier doit permettre de recenser, de contrôler et d'orienter idéologiquement les travailleurs au sein de leur unité de production. Ils doivent également contrôler que leurs représentants, leurs cadres et leurs administrateurs soient réellement proche des masses et non pas dans un bureau et loin de la réalité quotidienne. Nous avons besoin de sentinelles de la révolution pour ce travail. Est-ce que le CPSP peut nous aider ? »
PATRICK CLAY | « Mais très certainement et avec grand plaisir ! »
ROGER LESTER | « Cela conclu donc notre meeting ? »
AUDREY GRANT | « Absolument. A moins que vous ne vouliez parler d'un autre sujet en particulier qui nécessite que nous prenions des dispositions d'urgences ? Non ? Très bien. Vous pouvez noter qu'aujourd'hui 30 Juin 2039 à 5 h 42, le Comité Militaire Révolutionnaire acte officiellement sa disparition puisqu'il a accomplit les devoirs révolutionnaires qui étaient les siens. Il laisse désormais le soin au gouvernement ouvrier dirigé par le Camarade Peck, de mener à bien les transformations discutées après consultation, débat, critique et unité sur de nouvelles bases au sein des masses. Camarades, la séance est levée. »[/justify]
[center][img]https://i.imgur.com/NPwCIxF.png[/img][/center]
[justify]La vie avait repris son cours, aussi étrange que cela pouvait paraître. Alors que les enfers semblaient s'abattre absolument partout, que l'on dépeignait le Westrait sous la domination des bottes communistes, le pays revenait progressivement à la situation qui était celle d'avant. Rien n'avait réellement changé, pourtant tout avait changé en l'espace de quelques jours. C'est une subite accélération de l'histoire, une accélération dans la trajectoire de la lutte des classes. Des classes gagnent, d'autres disparaissent, c'est une loi de l'histoire que rien ne peut remettre en question. Le "coup d'État communiste" au Westrait n'était en fait que la prorogation d'un mouvement de masse révolutionnaire qui germait depuis de nombreux mois et qui s'est subitement mis sur le devant de la scène, balayant tout ce qui se trouvait sur son chemin. La vie continuait, le Westrait changeait mais dans le fond, son âme révolutionnaire restait la même. Les communistes avait brisé momentanément la "légalité socialiste", reprenant le fameux slogan "Il est juste de se révolter !" pour ensuite faire en sorte que cette "légalité socialiste" puisse se reprendre le dessus. Le propre des bourgeois est de ne rien comprendre au monde qui les entourent, mélangeant de l'empirisme avec des positions idéalistes, ne voyant que ce qu'ils ne voulaient bien voir. Le "Victorieux mois de juin" comme on le nommait, marquait un saut qualitatif dans la révolution westréenne, jetant à terre les anciennes conceptions pour en faire surgir de nouvelles, révolutionnaires et plus adaptées à la situation. On attendait maintenant des changements qu'il fallait mettre en œuvre. C'est ainsi que le "Comité Militaire Révolutionnaire" qui avait cordonné l'insurrection au niveau national, se réunissait pour la dernière fois avant d'officialiser sa disparition définitive. Les conseils à travers le pays étaient les seuls organes capable de diriger la dictature du prolétariat. C'est cela, la "légalité socialiste" et rien d'autre.
AUDREY GRANT | « Je pense qu'il serait plus judicieux de ne pas répondre aux attaques de la part des autorités militaires Enissoises. Cela serait une perte de temps, en plus de nous engager dans une guerre de communication inutile. Comment Reed prend la nouvelle ? »
ROGER LESTER | « Avec beaucoup d'ironie. Lui, le pourfendeur de la propriété privée, le massacreur des honnêtes gens, le vil marxiste totalitaire, se retrouve subitement à être une icône de la liberté, la démocratie et la république. Si j'étais à sa place, je prendrai tout cela avec beaucoup moins de philosophie. »
CLYDE SELLERS | « Lénine disait à ce sujet quelque chose de très intéressant : Du temps de leur vivant, les classes possédantes crachent à la gueule des révolutionnaires, les dépeignant comme des monstres, des bêtes inhumaines qui méritent de crever. Puis une fois morte ou dans l'incapacité de pouvoir se défendre, on en fait des défenseurs des conceptions bourgeoises et l'on en fait des personnes sympathiques, qui finalement ont toujours été modéré. C'est exactement ce qui arrive avec le Camarade Reed. »
PATRICK CLAY | « Quelle est notre feuille de route pour les prochains mois, du moins jusqu'aux prochaines élections ? »
AUDREY GRANT | « J'attendais avec impatience votre rapport, Camarade Clay. »
PATRICK CLAY | « Je suis assez débordé en ce moment, il faut dire que les communistes ont subitement décidé de faire du Westrait un enfer communiste. Alors qu'avant c'était juste une démocratie sympathique, joyeuse et bon enfant. [Quelques rires se firent entendre] Nous avons procédés aux arrestations de différentes figures militaires, ainsi que dans une liste de suspects que nous n'avons pas fait condamné lors des derniers procès. Je pense que nous tenons réellement quelque chose. Nous avons également fait des arrestations du côté du WNPP, mais ce dernier est subitement devenu docile et se montre prêt à vouloir collaborer pour ne pas subir de répression. C'est presque trop facile... »
CLYDE SELLERS | « Un peu de retenu Camarade Clay. Votre position n'est pas celles de milliers de communistes, syndicalistes, socialistes et révolutionnaires à Ennis et à travers le monde. Restons un peu sérieux et regardons la réalité en face. Nous aurons le temps de fanfaronner et de faire des mauvaises blagues plus tard. »
KEITH PECK | « Revenons à nos moutons. J'aimerai entendre l'avis du Citoyen Edgar Ross au sujet de l'armée, en corrélation avec ce qui a été rapporté par le Camarade Clay. Je pense qu'il est le mieux placé pour s'exprimer là dessus. Alors ? »
EDGAR ROSS | « Ce que j'en pense ? Nous nous sommes fourvoyé en pensant que nous pourrions faire de la Republican Liberation Army un instrument efficace dans la construction du socialisme westréen. Nous avons sous-estimé le fait que de nombreux officiers, techniciens, cadres proviennent de l'ancienne armée. Il faut également noter que le rôle dévolu au département politique de l'armée ainsi que la formation idéologique laisse à désirer. Mon prédécesseur disait déjà la même chose, je le dis encore aujourd'hui : Il faut une refonte profonde de notre armée et ne pas lui coller des rustines comme nous le faisons depuis bien trop longtemps. »
AUDREY GRANT | « J'entends, mais que proposez-vous alors qui n'a pas déjà été fait ? »
EDGAR ROSS | « Reformer totalement notre armée. Je propose que la Republican Liberation Army devienne la Worker's and Farmer's Revolutionnary Army. Je propose que l'on abolisse les grades, que l'on restructure politiquement et idéologiquement les unités. Que l'on donne enfin aux commissaires politiques des pouvoirs étendus pour qu'ils fassent correctement leur travail. A côté de la WFRA, je propose également que l'on mette en place l'équivalent d'une Garde Nationale, que l'on pourrait nommer la Proletarian Red Guard. Enfin, nous avons à travers le pays des centaines de milliers d'unités armés qui ne sont pas reliés entre elles, qui sont uniquement rattaché à tel ou tel conseil. Nous avons besoin d'une plus grande centralisation et de créer un corps de milice qui soit rattaché à un État-Major distinct de celui de la WFRA, mais qui peut collaborer avec elle. Cela formera notre "mer armée des masses", une force d'appoint essentiel comme succès et garantie de la révolution. »
AUDREY GRANT | « Cela me semble être une bonne idée. Vous m'impressionnez de jour en jour, Camarade Ross ! »
ROGER LESTER | « Qui dirigera tout cela ? Je veux dire, nous avons sous les verrous des éléments très importants de notre armée. Si nous décidons de les liquider, qui pourra les remplacer ? »
EDGAR ROSS | « Nous avons des cadres qui n'attendent que de pouvoir prendre leur place, avec une foi sincère dans notre révolution et qui lui doive absolument tout. Nous souffrirons un peu, mais cela est nécessaire si nous voulons éviter d'autres soucis. »
CLYDE SELLERS | « Cela me semble être un bon point. Pouvez-vous mettre tout cela par écrit que nous puissions étudier tout cela ? »
EDGAR ROSS | « Déjà fait ! J'ai pris mes responsabilités. Tout se trouve ici, vous n'avez qu'à amender ce que vous souhaitez et d'ici un mois, nous pourrons être opérationnel. »
KEITH PECK | « Merveilleux ! Je vous embrasserai presque ! »
EDGAR ROSS | « Allons, allons ! »
AUDREY GRANT | « Camarades, il s'agit ici d'une excellente nouvelle. J'aimerai également signaler qu'il y a un mouvement de fond qui est entrain de se produire dans énormément de régions du pays. Spontanément, de nouvelles élections ont lieu et mettent en place de nouvelles administrations dans des villes, villages ou les communes. Je pense que nous ne devons pas nous opposer à cela. »
ROGER LESTER | « Parce que ce mouvement vous avantage ? »
AUDREY GRANT | « Restons poli, Camarade Lester. Rien ne vous empêche de quitter le Democratic Socialist Party et de nous rejoindre, ou de créer votre propre organisation. Ensemble, nous sommes entrain de nous assurer une majorité assez solide contre les centristes et l'opposition. Notre gouvernement ouvrier reposera sur l'alliance de nos organisations politiques et syndicales, reposant sur le pouvoir des conseils. N'est-ce pas ce que nous voulons depuis le début ? »
ROGER LESTER | « Je m'excuse, ma remarque était déplacée. »
KEITH PECK | « Que faire vis à vis des différents mouvements qui apparaissent dans le pays régulièrement, disparaissent et apparaissent sous un autre nom avec de transformer notre vision politique, culturelle et idéologique ? Nous avons besoin d'un mouvement national, un mouvement qui malheureusement n'existe pas. »
AUDREY GRANT | « Il va falloir le créer. »
KEITH PECK | « Certes, mais comment ? »
CLYDE SELLERS | « Nous devons faire nôtre l'idée de Joseph Oliver, dans son ouvrage Toward Councils Westrait. Il y a tout un chapitre qui est consacré à ce qu'il nomme la "Révolution Culturelle", c'est à dire une lutte idéologique au niveau de la conception du monde qui doit se transformer. Sous la dictature du prolétariat, le prolétariat imposera sa vision du monde, dans les arts, dans le cinéma, dans le journalisme, dans les usines, dans les relations entre les genres, entre les hommes et les femmes, etc. Peut-être devrions nous mettre en place un groupe qui sera chargé de cette commission et définir les tenants et les aboutissants de la dite "Révolution Culturelle" ? »
PATRICK CLAY | « Il faut être sûr que les membres nommés soient capable de mener à bien leurs tâches, nous ne pouvons pas nommer n'importe qui. Je propose qu'une fois qu'il aura rédigé une autocritique sincère, le Camarade Reed en fasse partie. »
AUDREY GRANT | « C'est une idée... »
CLYDE SELLERS | « C'est une blague ? »
KEITH PECK | « J'approuve et je propose même qu'il soit à la tête de ce groupe chargé de cette commission. Nous verrons bien si il a fait une autocritique sincère, ou non. C'est par la pratique que les gens changent, pas parce qu'ils écrivent simplement des lignes sur un morceau de papier. »
PATRICK CLAY | « En effet, nous pouvons couper des têtes mais les têtes ne repoussent pas comme un pommier. Reed fera l'affaire. »
AUDREY GRANT | « Je propose d'entériner cette décision tout de suite. »
CLYDE SELLERS | « Je m'y oppose personnellement. »
AUDREY GRANT | « A part le Camarade Sellers qui cherche à faire l'original, quelqu'un s'oppose à cette décision ? Non ? Parfait alors. Point suivant. »
KEITH PECK | « Nous devons statuer sur l'organisation générale des conseils ainsi que leurs prérogatives. Nous avons noté sur une tendance assez lourde suite aux rapport du Camarade Clay et du Commissariat du Peuple à la Sécurité Publique, que de plus en plus de citoyens et de citoyennes délaissent les activités politiques et de présence dans les conseils, car ils n'ont pas le temps pour cela, ou alors sont réellement trop exténués pour en avoir l'envie. C'est un problème important que nous devons résoudre. »
ROGER LESTER | « Il n'y a pas énormément de choix. Baisser le temps de travail et laisser plus de temps pour l'administration des choses. »
CLYDE SELLERS | « Le Camarade Lester parle comme un communiste ! Attention, tu vas finir avec des plaques commémoratives à ton nom et ton portrait en grand, sur des urinoirs publique à Ennis parce que tu représentais la démocratie avant de te faire laver le cerveau par le marxisme. Attention, tu files un mauvais coton... [Rires] »
KEITH PECK | « Baisser le temps de travail est une excellente chose, mais nous ne pouvons pas décréter cela n'importe comment non plus. Dans la plupart des secteurs de notre économie, nous sommes à huit voir dix heures de travail. L'idéal serait de passer à six heures. Cela permettrait d'avoir six heures de travail, quatre heures pour l'administration des choses et douze heures de loisirs et de repos. Cela me semble faisable, mais va nécessiter un mouvement de rectification sur l'ensemble du territoire. »
AUDREY GRANT | « C'est aux conseils de faire cela. Le contrôle ouvrier doit permettre de recenser, de contrôler et d'orienter idéologiquement les travailleurs au sein de leur unité de production. Ils doivent également contrôler que leurs représentants, leurs cadres et leurs administrateurs soient réellement proche des masses et non pas dans un bureau et loin de la réalité quotidienne. Nous avons besoin de sentinelles de la révolution pour ce travail. Est-ce que le CPSP peut nous aider ? »
PATRICK CLAY | « Mais très certainement et avec grand plaisir ! »
ROGER LESTER | « Cela conclu donc notre meeting ? »
AUDREY GRANT | « Absolument. A moins que vous ne vouliez parler d'un autre sujet en particulier qui nécessite que nous prenions des dispositions d'urgences ? Non ? Très bien. Vous pouvez noter qu'aujourd'hui 30 Juin 2039 à 5 h 42, le Comité Militaire Révolutionnaire acte officiellement sa disparition puisqu'il a accomplit les devoirs révolutionnaires qui étaient les siens. Il laisse désormais le soin au gouvernement ouvrier dirigé par le Camarade Peck, de mener à bien les transformations discutées après consultation, débat, critique et unité sur de nouvelles bases au sein des masses. Camarades, la séance est levée. »[/justify]
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Viktor Troska
[bod]NEED A RIDE CITIZEN ?[/bod]
[center][img]https://i.imgur.com/O1bzJLy.png[/img][/center]
[justify]Fearghus était perdu quelque part sur les longues autoroutes westréennes. Ce natif d'Ennis avait passé ces dernières semaines dans le pays à voir une partie de sa famille qui s'est installé il y a plusieurs générations ici, comme d'autres Enissois et Enissoises avant eux. Fearghus, né dans une bonne famille catholique et commençant bientôt son futur métier d'avocat, n'avait que haine et mépris pour ce pays qui bafouait les règles élémentaires de la décence libérale ouvertement. Il avait été surpris de voir que la branche olgarienne de sa famille s'était aussi bien acclimaté au Westrait, acceptant son régime politique, économique et ses valeurs. Fearghus manqua de s'étrangler quand son oncle lui expliqua calmement qu'il n'était pas possible qu'il puisse toucher un salaire aussi indécent ici, ces derniers étant limité pour éviter des écarts de richesses trop important. Pouaaaaah, les pauvres obligent les autres à se rabaisser à leur niveau ! Ignoble totalitarisme insensé. Il ne manqua pas de contre-attaquer en montrant la différence fondamentale entre Ennis avec une économie libérale, riche et prospère sur une petite île et un pays de taille moyenne comme le Westrait, qui sur le plan économique faisait figure de pays extrêmement pauvre. Une fois de plus, son oncle lui rappela très calmement qu'une guerre civile de cinq ans avait laissé le pays sur les genoux et surtout, que la reprise économique actuelle étaient dû aux mesures socialistes en matière économique. Fearghus ne comprenait pas sa famille ici et bien qu'il accepta poliment de rester quelques jours de plus que prévu, il ne se sentait réellement pas à l'aise ici. Même dans quartiers de la côte où vivent majoritairement des immigrés Enissois, très peu semblent d'accord avec lui politiquement et très peu acceptent les critiques sur le Westrait. Un océan séparait désormais les Enissois à Ennis et ceux d'outre-mer. Repartant de son long périple westréen, Fearghus devait aller prendre un bateau à Houstempton mais manque de bol pour lui, il n'avait pas réussi à trouver de quoi pouvoir l'y conduire. Sa méchanceté naturelle vis à vis du régime lui fit penser que rien ne pouvait fonctionner dans ce pays, même pas un train ou un taxi ! Il lui restait alors le stop. Le pauvre bonhomme commençait à désespérer : Rien ne passe donc sur ces route, mais personne ? Alors quand un camion fonça le long de la route en faisant vrombir son moteur, Fearghus leva le pouce instinctivement en espérant qu'on le prenne au passage. Mais le camion ne s'arrêta pas. Il grommela quelques insultes en gaélique avant de reprendre sa marche. Mais soudain, le camion qui traçait à toute allure s'arrêta et après une manœuvre, vient se mettre au bord de la route du côté de Fearghus. Content que la chance tourne enfin, Fearghus fit quelques pas pour s'adresser au conducteur. Il se décomposa presque quand il vit qu'il ne s'agissait pas d'un conducteur, mais d'une conductrice. En voilà encore une drôle d'excentricité...
MARIE CARSON | « Besoin d'un chauffeur, Citoyen ? »
Quelque peu décontenancé, l'Enissois fit un signe positif de la tête.
FEARGHUS O GILLAIN | « Oui ! Je dois aller à Houstempton. »
La conductrice lui fit signe de monter avec sa main et quelques instants plus tard, les voilà sur la route.
MARIE CARSON | « Je passe aussi par Houstempton, on peut dire que tu as de la chance. »
Fearghus ne répondit rien. Il se contente rapidement d'examiner la cabine de son chauffeur, qui devait ressembler il le pense à n'importe quel cabine de transporteur à travers le monde peut-être avec moins de calendrier avec des femmes nués. Il jetait des coups d'œil furtif à la conductrice qui ne semblait pas perturbé par la présence de son passager d'infortune. Cheveux noirs, une coupe au carré, avec une casquette rouge sur la tête vêtu avec un jean et un débardeur blanc. Un vieil autoradio crachait une musique au [url=https://www.youtube.com/watch?v=T5wq4A0zMVU]son bien hard rock[/url] en fond, tandis que des babioles ainsi que des packs de bières éventrés trônaient ici et là dans un empilement constant mais néanmoins méticuleux. De longues minutes passèrent sans que rien ne fut dit.
MARIE CARSON | « Tu n'es pas d'ici, je me trompe ? Je veux dire, tes fringues avec ton accent, ça ne se loupe pas. Tu t'es perdu ? »
FEARGHUS O GILLAIN | « Je suis venu voir de la famille installée ici depuis plusieurs générations. Mon accent est si reconnaissable que ça ? »
MARIE CARSON | « De toi à moi, oui quand même il ne faut pas se le cacher. Mais tu ne m'as pas répondu, tu t'es perdu ? »
FEARGHUS O GILLAIN | « Non, j'ai eu des problèmes avec les transports... »
MARIE CARSON | « Ah ! Hahaha ! Il y a un dicton ici qui dit "Vaut mieux un train, un bus ou un taxi socialiste en retard mais qui fonctionne, plutôt qu'un train, un bus ou un taxi capitaliste hors de prix et en parfait état. C'est une philosophie de vie, on fini par s'y habituer. »
Fearghus préféra ne rien dire encore une fois. Belle logique de dégénérés et de fainéants ça, de quoi le renforcer dans sa conception des choses : On ne pourra jamais rien tirer de ces gens là avec leur mentalité retardataire. Une fois de plus, c'est Marie qui brisa le silence qui s'était à nouveau installé.
MARIE CARSON | « Donc toi, t'es Enissois c'est ça ? »
FEARGHUS O GILLAIN | « Et vous une communiste ? »
Marie éclata de rire suite à cette réponse qu'il venait de lui sortir du tac au tac.
MARIE CARSON | « D'accord, d'accord. Réponds à ma question et ensuite je répondrai à la tienne. Okay ? »
FEARGHUS O GILLAIN | « Faisons comme ça madame la communiste. En effet, je suis Enissois. Alors ? »
MARIE CARSON | « Une réponse claire et limpide ! Pour te répondre, je ne suis pas communiste. »
FEARGHUS O GILLAIN | « Amen ! C'est la meilleure nouvelle de cette foutue journée ! [Dit-il en levant les mains au ciel] »
MARIE CARSON | « Laisse moi finir mon petit bonhomme. Si par "communiste" tu entends "membre du Parti", alors non je ne suis pas communiste dans ce sens là. Je suis avant tout une syndicaliste révolutionnaire. »
FEARGHUS O GILLAIN | « J'ai exulté trop vite. Il n'y a donc aucun honnête gens dans votre pays ? »
MARIE CARSON | « J'ai l'air de ne pas être honnête ? [Lui lança t-elle avec un large sourire] Il n'y a plus d'honnêtes gens au Westrait depuis plusieurs années maintenant, ils n'ont pas acceptés que les moins que rien s'emparent de ce qu'ils pensaient leur appartenir légitimement. »
FEARGHUS O GILLAIN | « Là d'où je viens on appel ça du vol, mais on ne doit pas être sur la même planète de toute façon. »
MARIE CARSON | « Tu es toujours autant dédaigneux avec les autres, ou c'est juste avec toi ? »
FEARGHUS O GILLAIN | « Je n'aime pas les criminels et les terroristes. Quoi de plus normal ? »
MARIE CARSON | « Tu t'engages sur un terrain dangereux si tu veux mon avis, mon bonhomme... »
FEARGHUS O GILLAIN | « C'est la meilleure, maintenant c'est une goudou qui va m'apprendre la vie alors qu'elle conduit un camion comme une trimarde dans un pays qui ressemble au Makengo ! Vraiment, c'est agaçant votre manie à vous autres communiste de toujours vouloir rabaisser les autres à votre vision pathétique du monde. Nous ne sommes pas camarades, "camarade". [Dit-il en ponctuant sa phrase avec deux guillemets fait avec ses doigts] »
Marie ne put s'empêcher d'éclater de rire une nouvelle fois, un fou rire qui dura pendant quelques instants. Elle n'avait pas autant rigolé depuis très longtemps, cela lui faisait du bien. Pour cette femme célibataire d'une trentaine d'années, se retrouver avec un jeune bourgeois qui voulait lui "apprendre la vie" pour reprendre son expression, avait don de la faire rire. Cette animosité naturelle était presque stimulante.
MARIE CARSON | « Désolé, je ne me moque pas hein. C'est juste que je pense qu'il faut sincèrement que tu arrêtes de lire ce que la presse de ton pays raconte et d'aller parler avec les gens ici. Tu verrais que la réalité est totalement différente de ce que tu racontes. Encore faut-il que tu le veuilles réellement. »
FEARGHUS O GILLAIN | « Je n'ai aucune envie d'écouter parler des gens dont le cerveau est broyé par de la propagande continuellement et qui sont incapable de comprendre leur monde hors de leur prisme marxiste. »
MARIE CARSON | « Ah oui, nous sommes des idéologues et vous des réalistes. Le voyage va encore être long, si tu continues comme ça tu vas épuiser ta réserve de sophisme anticommuniste avant le prochain quart d'heure. Avoues ne rien savoir du Westrait. Moi, j'avoue ne rien savoir d'Ennis. Et quand on ne sait pas quelque chose, on va étudier avant de l'ouvrir. C'est ce que ma mère m'a enseigné du moins. Soyons deux adultes responsables et cessons de parler de ce que nous ne connaissons pas pour nous donner un genre. Tiens, sais-tu ce qu'est un ou une teamster ? »
FEARGHUS O GILLAIN | « Non, jamais entendu parler. Encore un néologisme foireux de communiste inventé de toute pièce ? »
MARIE CARSON | « Calmes toi bonhomme, calmes toi. Laisse moi donc te raconter un peu ce que je fais. Un ou une teamster sont des conducteurs de camions comme celui dans lequel tu as ton cul de bourgeois gentiment assis, dans ma cabine à devoir écouter tes conneries. Nous avons le plus puissant syndicat de l'ensemble du pays... »
FEARGHUS O GILLAIN | « Oh pitié, ça recommence... »
MARIE CARSON | « ... Car nous avons toujours été un syndicat extrêmement combattif. Si il faut bloquer le pays, il suffit juste d'appeler tout le monde et en moins de 24 heures il n'y a plus rien qui circule et les flux sont stoppés. Comment est-ce que vous croyez que la guerre civile à commencer à se répandre ? Parce que nous les teamsters, avons été avec les mineurs en première ligne. »
FEARGHUS O GILLAIN | « C'était comment, cette guerre civile "révolutionnaire" dont vous parler tout le temps ? »
MARIE CARSON | « Quelque chose d'horrible que je ne souhaite ni à toi, ni à personne. Des centaines de milliers de personnes déplacés, exécutés, des horreurs les unes après les autres pendant cinq longues années de conflits. J'ai participé à tout ça, j'en suis ressorti totalement changé. Tuer un homme, ça vous change c'est sûr... »
Fearghus semblait pétrifié sur le coup.
FEARGHUS O GILLAIN | « Tuer un homme ? Vraiment ? »
MARIE CARSON | « Tu crois que l'arme que j'ai à côté de moi est une carabine à air comprimé ? Il a fallut apprendre à se défendre et à se battre. Ils ont essayé de me violer, mes sœurs et moi. Dans ce genre de situations, on ne réfléchi pas trop à ce qui se passe. On attrape ce que l'on peut, on se défend et quand on peut, on tire sur quelqu'un. Quand tu tues quelqu'un, cela te change pour toute ta vie. Ne crois pas que j'aime personnellement ça. J'espère qu'un jour, nous pourrons abolir le fusil. »
FEARGHUS O GILLAIN | « Va dire ça à tes copains de l'AGR... »
MARIE CARSON | « Va dire ça à tes copains de la LoD... »
FEARGHUS O GILLAIN | « Rien à voir, tu détournes la conversion en bonne communiste. »
MARIE CARSON | « Je t'ai emmené sur un terrain glissant et tu n'acceptes pas la contradiction. Je ne soutiens pas les actions de l'AGR, ni même le terrorisme comme moyen de lutte révolutionnaire. La classe ouvrière s'est toujours détourné des actions individuelles et de la propagande par le fait, car cela était négatif pour le mouvement dans son ensemble, pour son image ainsi que dans ses objectifs à courts, moyens et longs terme. Je disais donc qu'un jour, nous pourrons abolir le fusil. Mais cela ne sera pas possible avant que nous ayons pris une dernière fois nos fusils. C'est une triste réalité. Même toi aussi borné que tu es, tu peux parfaitement le comprendre. »
FEARGHUS O GILLAIN | « Mouais, tuer des innocents c'est facile. »
Marie donna subitement un violent coup de volant sur la droite, puis sur la gauche, faisant perdre son équilibre à Fearghus.
MARIE CARSON | « Jusque là j'ai été très gentil avec toi la petite merde bourgeoise. Si t'as envie d'arriver entier à Houstempton, tu vas commencer par le parler poliment. J'suis pas ta sœur, j'suis pas de ta famille mais je t'ai laissé venir dans mon camion. Alors tu vas redescendre et commencer par te détendre. Tes petites attaques minables n'ont aucune utilité ici. J'ai horreur que l'on me prenne pour une enfant de cinq ans. Tu parles de tuer des innocents ? Combien d'Ennissois et d'Ennissoises tué lors de l'attaque par l'AGR, hum ? Combien de westréens et de westréennes tué lors de la guerre civile par tes amis les gentils démocrates, hum ? Ne parlons même pas des attentats récents ou d'il y a un an. Je te l'ai dis, tu parles sans savoir et j'ai horreur que l'on parle sans savoir. Tu n'es pas chez toi ici, personne ne viendra te protéger parce qu'une membre des teamsters t'aura planté ses rangers dans le cul pour t'apprendre la politesse. Est-ce qu'on s'est compris ? »
Fearghus comme depuis le début, fuyait la confrontation directe et ne dit rien, se contentant de bouder dans son coin. Il avait horreur des communistes et encore plus des femmes aussi vulgaire que Marie. Mais là, une femme vulgaire et en plus communiste, c'était réellement trop pour lui il ne pouvait le supporter. Le reste du voyage se fit donc dans un silence relatif, entrecoupé par les différentes musiques que le vieil autoradio de la conductrice passait en boucle. Une fois arrivé à destination, Fearghus s'empara de ses affaires et d'un geste amical, tendit sa main vers Marie.
FEARGHUS O GILLAIN | « Merci de m'avoir déposer. »
MARIE CARSON | « [Regardant la main qui lui était tendu] Tu ne crois quand même pas que je vais te serrer la main après tout ce que tu as raconté ? Tu ne manques pas de toupet, jeune bourgeois. »
FEARGHUS O GILLAIN | « J'aime ton style Marie. Nous ne sommes pas de la même classe sociale, peut-être suis-je même un ennemi de classe pour toi. Pourtant pas une seule fois tu n'as daigné répondre à mes attaques, ni même les esquiver. Il faut reconnaître à ses adversaires politiques leurs mérites quand ils en ont. Alors ? »
MARIE CARSON | « Tu parles bien mon gars, t'ira loin dans le monde. Nous ne nous comprendrons sans doute jamais toi et moi et cela est irrémédiable. Mais j'accepte malgré tout tes excuses, pour ne pas terminer sur une mauvaise note. Mais n'oublie pas : Un jour ou l'autre, ton gouvernement nous forcera à nous faire la guerre et tu marcheras avec les autres pour venir nous tuer. Alors, je serai obligé de devoir me défendre et de défendre notre révolution. Si ce jour viendra, je n'hésiterai pas. [Elle lui serra la main et lui fit signe de descendre] Garde ça bien en mémoire mon gars. Tu marcheras comme les autres... »
C'était la fin du voyage et Fearghus ne sut quoi répondre à ce que Marie venait de lui dire. Pour la première fois, il n'avait pas su quoi lui répondre, même pas trouver de quoi la provoquer. Car au fond, il savait que ce qu'elle disait était vrai : Tôt ou tard, les deux pays finiraient par s'affronter. Cette pensée qui ne l'avait jamais réellement percuté, le travaillera jusqu'à ce qu'il soit de retour chez lui. Marie quand à elle, n'y pensait déjà plus. Si un Enissois ne pouvait pas la comprendre, alors son gouvernement et le reste du monde...[/justify]
[center][img]https://i.imgur.com/O1bzJLy.png[/img][/center]
[justify]Fearghus était perdu quelque part sur les longues autoroutes westréennes. Ce natif d'Ennis avait passé ces dernières semaines dans le pays à voir une partie de sa famille qui s'est installé il y a plusieurs générations ici, comme d'autres Enissois et Enissoises avant eux. Fearghus, né dans une bonne famille catholique et commençant bientôt son futur métier d'avocat, n'avait que haine et mépris pour ce pays qui bafouait les règles élémentaires de la décence libérale ouvertement. Il avait été surpris de voir que la branche olgarienne de sa famille s'était aussi bien acclimaté au Westrait, acceptant son régime politique, économique et ses valeurs. Fearghus manqua de s'étrangler quand son oncle lui expliqua calmement qu'il n'était pas possible qu'il puisse toucher un salaire aussi indécent ici, ces derniers étant limité pour éviter des écarts de richesses trop important. Pouaaaaah, les pauvres obligent les autres à se rabaisser à leur niveau ! Ignoble totalitarisme insensé. Il ne manqua pas de contre-attaquer en montrant la différence fondamentale entre Ennis avec une économie libérale, riche et prospère sur une petite île et un pays de taille moyenne comme le Westrait, qui sur le plan économique faisait figure de pays extrêmement pauvre. Une fois de plus, son oncle lui rappela très calmement qu'une guerre civile de cinq ans avait laissé le pays sur les genoux et surtout, que la reprise économique actuelle étaient dû aux mesures socialistes en matière économique. Fearghus ne comprenait pas sa famille ici et bien qu'il accepta poliment de rester quelques jours de plus que prévu, il ne se sentait réellement pas à l'aise ici. Même dans quartiers de la côte où vivent majoritairement des immigrés Enissois, très peu semblent d'accord avec lui politiquement et très peu acceptent les critiques sur le Westrait. Un océan séparait désormais les Enissois à Ennis et ceux d'outre-mer. Repartant de son long périple westréen, Fearghus devait aller prendre un bateau à Houstempton mais manque de bol pour lui, il n'avait pas réussi à trouver de quoi pouvoir l'y conduire. Sa méchanceté naturelle vis à vis du régime lui fit penser que rien ne pouvait fonctionner dans ce pays, même pas un train ou un taxi ! Il lui restait alors le stop. Le pauvre bonhomme commençait à désespérer : Rien ne passe donc sur ces route, mais personne ? Alors quand un camion fonça le long de la route en faisant vrombir son moteur, Fearghus leva le pouce instinctivement en espérant qu'on le prenne au passage. Mais le camion ne s'arrêta pas. Il grommela quelques insultes en gaélique avant de reprendre sa marche. Mais soudain, le camion qui traçait à toute allure s'arrêta et après une manœuvre, vient se mettre au bord de la route du côté de Fearghus. Content que la chance tourne enfin, Fearghus fit quelques pas pour s'adresser au conducteur. Il se décomposa presque quand il vit qu'il ne s'agissait pas d'un conducteur, mais d'une conductrice. En voilà encore une drôle d'excentricité...
MARIE CARSON | « Besoin d'un chauffeur, Citoyen ? »
Quelque peu décontenancé, l'Enissois fit un signe positif de la tête.
FEARGHUS O GILLAIN | « Oui ! Je dois aller à Houstempton. »
La conductrice lui fit signe de monter avec sa main et quelques instants plus tard, les voilà sur la route.
MARIE CARSON | « Je passe aussi par Houstempton, on peut dire que tu as de la chance. »
Fearghus ne répondit rien. Il se contente rapidement d'examiner la cabine de son chauffeur, qui devait ressembler il le pense à n'importe quel cabine de transporteur à travers le monde peut-être avec moins de calendrier avec des femmes nués. Il jetait des coups d'œil furtif à la conductrice qui ne semblait pas perturbé par la présence de son passager d'infortune. Cheveux noirs, une coupe au carré, avec une casquette rouge sur la tête vêtu avec un jean et un débardeur blanc. Un vieil autoradio crachait une musique au [url=https://www.youtube.com/watch?v=T5wq4A0zMVU]son bien hard rock[/url] en fond, tandis que des babioles ainsi que des packs de bières éventrés trônaient ici et là dans un empilement constant mais néanmoins méticuleux. De longues minutes passèrent sans que rien ne fut dit.
MARIE CARSON | « Tu n'es pas d'ici, je me trompe ? Je veux dire, tes fringues avec ton accent, ça ne se loupe pas. Tu t'es perdu ? »
FEARGHUS O GILLAIN | « Je suis venu voir de la famille installée ici depuis plusieurs générations. Mon accent est si reconnaissable que ça ? »
MARIE CARSON | « De toi à moi, oui quand même il ne faut pas se le cacher. Mais tu ne m'as pas répondu, tu t'es perdu ? »
FEARGHUS O GILLAIN | « Non, j'ai eu des problèmes avec les transports... »
MARIE CARSON | « Ah ! Hahaha ! Il y a un dicton ici qui dit "Vaut mieux un train, un bus ou un taxi socialiste en retard mais qui fonctionne, plutôt qu'un train, un bus ou un taxi capitaliste hors de prix et en parfait état. C'est une philosophie de vie, on fini par s'y habituer. »
Fearghus préféra ne rien dire encore une fois. Belle logique de dégénérés et de fainéants ça, de quoi le renforcer dans sa conception des choses : On ne pourra jamais rien tirer de ces gens là avec leur mentalité retardataire. Une fois de plus, c'est Marie qui brisa le silence qui s'était à nouveau installé.
MARIE CARSON | « Donc toi, t'es Enissois c'est ça ? »
FEARGHUS O GILLAIN | « Et vous une communiste ? »
Marie éclata de rire suite à cette réponse qu'il venait de lui sortir du tac au tac.
MARIE CARSON | « D'accord, d'accord. Réponds à ma question et ensuite je répondrai à la tienne. Okay ? »
FEARGHUS O GILLAIN | « Faisons comme ça madame la communiste. En effet, je suis Enissois. Alors ? »
MARIE CARSON | « Une réponse claire et limpide ! Pour te répondre, je ne suis pas communiste. »
FEARGHUS O GILLAIN | « Amen ! C'est la meilleure nouvelle de cette foutue journée ! [Dit-il en levant les mains au ciel] »
MARIE CARSON | « Laisse moi finir mon petit bonhomme. Si par "communiste" tu entends "membre du Parti", alors non je ne suis pas communiste dans ce sens là. Je suis avant tout une syndicaliste révolutionnaire. »
FEARGHUS O GILLAIN | « J'ai exulté trop vite. Il n'y a donc aucun honnête gens dans votre pays ? »
MARIE CARSON | « J'ai l'air de ne pas être honnête ? [Lui lança t-elle avec un large sourire] Il n'y a plus d'honnêtes gens au Westrait depuis plusieurs années maintenant, ils n'ont pas acceptés que les moins que rien s'emparent de ce qu'ils pensaient leur appartenir légitimement. »
FEARGHUS O GILLAIN | « Là d'où je viens on appel ça du vol, mais on ne doit pas être sur la même planète de toute façon. »
MARIE CARSON | « Tu es toujours autant dédaigneux avec les autres, ou c'est juste avec toi ? »
FEARGHUS O GILLAIN | « Je n'aime pas les criminels et les terroristes. Quoi de plus normal ? »
MARIE CARSON | « Tu t'engages sur un terrain dangereux si tu veux mon avis, mon bonhomme... »
FEARGHUS O GILLAIN | « C'est la meilleure, maintenant c'est une goudou qui va m'apprendre la vie alors qu'elle conduit un camion comme une trimarde dans un pays qui ressemble au Makengo ! Vraiment, c'est agaçant votre manie à vous autres communiste de toujours vouloir rabaisser les autres à votre vision pathétique du monde. Nous ne sommes pas camarades, "camarade". [Dit-il en ponctuant sa phrase avec deux guillemets fait avec ses doigts] »
Marie ne put s'empêcher d'éclater de rire une nouvelle fois, un fou rire qui dura pendant quelques instants. Elle n'avait pas autant rigolé depuis très longtemps, cela lui faisait du bien. Pour cette femme célibataire d'une trentaine d'années, se retrouver avec un jeune bourgeois qui voulait lui "apprendre la vie" pour reprendre son expression, avait don de la faire rire. Cette animosité naturelle était presque stimulante.
MARIE CARSON | « Désolé, je ne me moque pas hein. C'est juste que je pense qu'il faut sincèrement que tu arrêtes de lire ce que la presse de ton pays raconte et d'aller parler avec les gens ici. Tu verrais que la réalité est totalement différente de ce que tu racontes. Encore faut-il que tu le veuilles réellement. »
FEARGHUS O GILLAIN | « Je n'ai aucune envie d'écouter parler des gens dont le cerveau est broyé par de la propagande continuellement et qui sont incapable de comprendre leur monde hors de leur prisme marxiste. »
MARIE CARSON | « Ah oui, nous sommes des idéologues et vous des réalistes. Le voyage va encore être long, si tu continues comme ça tu vas épuiser ta réserve de sophisme anticommuniste avant le prochain quart d'heure. Avoues ne rien savoir du Westrait. Moi, j'avoue ne rien savoir d'Ennis. Et quand on ne sait pas quelque chose, on va étudier avant de l'ouvrir. C'est ce que ma mère m'a enseigné du moins. Soyons deux adultes responsables et cessons de parler de ce que nous ne connaissons pas pour nous donner un genre. Tiens, sais-tu ce qu'est un ou une teamster ? »
FEARGHUS O GILLAIN | « Non, jamais entendu parler. Encore un néologisme foireux de communiste inventé de toute pièce ? »
MARIE CARSON | « Calmes toi bonhomme, calmes toi. Laisse moi donc te raconter un peu ce que je fais. Un ou une teamster sont des conducteurs de camions comme celui dans lequel tu as ton cul de bourgeois gentiment assis, dans ma cabine à devoir écouter tes conneries. Nous avons le plus puissant syndicat de l'ensemble du pays... »
FEARGHUS O GILLAIN | « Oh pitié, ça recommence... »
MARIE CARSON | « ... Car nous avons toujours été un syndicat extrêmement combattif. Si il faut bloquer le pays, il suffit juste d'appeler tout le monde et en moins de 24 heures il n'y a plus rien qui circule et les flux sont stoppés. Comment est-ce que vous croyez que la guerre civile à commencer à se répandre ? Parce que nous les teamsters, avons été avec les mineurs en première ligne. »
FEARGHUS O GILLAIN | « C'était comment, cette guerre civile "révolutionnaire" dont vous parler tout le temps ? »
MARIE CARSON | « Quelque chose d'horrible que je ne souhaite ni à toi, ni à personne. Des centaines de milliers de personnes déplacés, exécutés, des horreurs les unes après les autres pendant cinq longues années de conflits. J'ai participé à tout ça, j'en suis ressorti totalement changé. Tuer un homme, ça vous change c'est sûr... »
Fearghus semblait pétrifié sur le coup.
FEARGHUS O GILLAIN | « Tuer un homme ? Vraiment ? »
MARIE CARSON | « Tu crois que l'arme que j'ai à côté de moi est une carabine à air comprimé ? Il a fallut apprendre à se défendre et à se battre. Ils ont essayé de me violer, mes sœurs et moi. Dans ce genre de situations, on ne réfléchi pas trop à ce qui se passe. On attrape ce que l'on peut, on se défend et quand on peut, on tire sur quelqu'un. Quand tu tues quelqu'un, cela te change pour toute ta vie. Ne crois pas que j'aime personnellement ça. J'espère qu'un jour, nous pourrons abolir le fusil. »
FEARGHUS O GILLAIN | « Va dire ça à tes copains de l'AGR... »
MARIE CARSON | « Va dire ça à tes copains de la LoD... »
FEARGHUS O GILLAIN | « Rien à voir, tu détournes la conversion en bonne communiste. »
MARIE CARSON | « Je t'ai emmené sur un terrain glissant et tu n'acceptes pas la contradiction. Je ne soutiens pas les actions de l'AGR, ni même le terrorisme comme moyen de lutte révolutionnaire. La classe ouvrière s'est toujours détourné des actions individuelles et de la propagande par le fait, car cela était négatif pour le mouvement dans son ensemble, pour son image ainsi que dans ses objectifs à courts, moyens et longs terme. Je disais donc qu'un jour, nous pourrons abolir le fusil. Mais cela ne sera pas possible avant que nous ayons pris une dernière fois nos fusils. C'est une triste réalité. Même toi aussi borné que tu es, tu peux parfaitement le comprendre. »
FEARGHUS O GILLAIN | « Mouais, tuer des innocents c'est facile. »
Marie donna subitement un violent coup de volant sur la droite, puis sur la gauche, faisant perdre son équilibre à Fearghus.
MARIE CARSON | « Jusque là j'ai été très gentil avec toi la petite merde bourgeoise. Si t'as envie d'arriver entier à Houstempton, tu vas commencer par le parler poliment. J'suis pas ta sœur, j'suis pas de ta famille mais je t'ai laissé venir dans mon camion. Alors tu vas redescendre et commencer par te détendre. Tes petites attaques minables n'ont aucune utilité ici. J'ai horreur que l'on me prenne pour une enfant de cinq ans. Tu parles de tuer des innocents ? Combien d'Ennissois et d'Ennissoises tué lors de l'attaque par l'AGR, hum ? Combien de westréens et de westréennes tué lors de la guerre civile par tes amis les gentils démocrates, hum ? Ne parlons même pas des attentats récents ou d'il y a un an. Je te l'ai dis, tu parles sans savoir et j'ai horreur que l'on parle sans savoir. Tu n'es pas chez toi ici, personne ne viendra te protéger parce qu'une membre des teamsters t'aura planté ses rangers dans le cul pour t'apprendre la politesse. Est-ce qu'on s'est compris ? »
Fearghus comme depuis le début, fuyait la confrontation directe et ne dit rien, se contentant de bouder dans son coin. Il avait horreur des communistes et encore plus des femmes aussi vulgaire que Marie. Mais là, une femme vulgaire et en plus communiste, c'était réellement trop pour lui il ne pouvait le supporter. Le reste du voyage se fit donc dans un silence relatif, entrecoupé par les différentes musiques que le vieil autoradio de la conductrice passait en boucle. Une fois arrivé à destination, Fearghus s'empara de ses affaires et d'un geste amical, tendit sa main vers Marie.
FEARGHUS O GILLAIN | « Merci de m'avoir déposer. »
MARIE CARSON | « [Regardant la main qui lui était tendu] Tu ne crois quand même pas que je vais te serrer la main après tout ce que tu as raconté ? Tu ne manques pas de toupet, jeune bourgeois. »
FEARGHUS O GILLAIN | « J'aime ton style Marie. Nous ne sommes pas de la même classe sociale, peut-être suis-je même un ennemi de classe pour toi. Pourtant pas une seule fois tu n'as daigné répondre à mes attaques, ni même les esquiver. Il faut reconnaître à ses adversaires politiques leurs mérites quand ils en ont. Alors ? »
MARIE CARSON | « Tu parles bien mon gars, t'ira loin dans le monde. Nous ne nous comprendrons sans doute jamais toi et moi et cela est irrémédiable. Mais j'accepte malgré tout tes excuses, pour ne pas terminer sur une mauvaise note. Mais n'oublie pas : Un jour ou l'autre, ton gouvernement nous forcera à nous faire la guerre et tu marcheras avec les autres pour venir nous tuer. Alors, je serai obligé de devoir me défendre et de défendre notre révolution. Si ce jour viendra, je n'hésiterai pas. [Elle lui serra la main et lui fit signe de descendre] Garde ça bien en mémoire mon gars. Tu marcheras comme les autres... »
C'était la fin du voyage et Fearghus ne sut quoi répondre à ce que Marie venait de lui dire. Pour la première fois, il n'avait pas su quoi lui répondre, même pas trouver de quoi la provoquer. Car au fond, il savait que ce qu'elle disait était vrai : Tôt ou tard, les deux pays finiraient par s'affronter. Cette pensée qui ne l'avait jamais réellement percuté, le travaillera jusqu'à ce qu'il soit de retour chez lui. Marie quand à elle, n'y pensait déjà plus. Si un Enissois ne pouvait pas la comprendre, alors son gouvernement et le reste du monde...[/justify]
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Viktor Troska
[bod]THE STORY BEHIND THE IRON GIRLS BRIGADES[/bod]
[center][img]https://i.imgur.com/Eg5WoB9.jpg[/img]
Une "Iron Girl" prenant la pose pour la postérité[/center]
[justify][quote]L'un des problème majeur qui s'est posé pour le camp révolutionnaire durant la guerre civile révolutionnaire a été celle de la main d'œuvre et tout simplement de l'utilisation de cette dernière dans l'administration, dans les usines mais également sur le front. Si naturellement les hommes se portaient volontaire et étaient l'épine dorsale de l'ensemble de toute organisation sérieuse du travail, de la politique ainsi que de la gestion économique et administrative, le besoin de plus en plus croissant de maintenir à flot les unités combattantes ont poussés les hommes hors des usines, hors de l'administration pour les envoyer sur le front. Nécessairement à leur place un autre type de main d'œuvre est venu peupler les usines, l'administration et finalement des unités militaires : C'est ainsi que sont nées les premières "Iron Girls", tête de pont d'un vaste mouvement cherchant à insérer la femme westréenne des classes populaires au sein du nouveau pouvoir entrain de se créer. Dans des branches de métiers qui étaient alors vu comme exclusivement masculin, des milliers et des milliers de femmes ont commencé à occuper des postes sur des gros chantiers, sur des travaux physiques et manuels d'une rare intensité et qui n'ont jamais été perçu comme "féminin". Les premières "Iron Girls" sont nées à travers l'affrontement militaire de la guerre civile et cette empreinte reste à ce jour visible dans l'organisation qui est adopté dans leur lieux de travail, en formant des brigades qui s'apparentent à celles qui étaient et sont d'ailleurs toujours la règle dans la Republican Liberation Army. Quand la guerre civile s'est terminée et qu'il a fallut penser à nouveau l'organisation du travail et ses conséquences, la présence des "Iron Girls" à des postes avancées dans l'industrie a permis leur généralisation dans l'ensemble de l'économie, l'administration et l'armée westréenne. Qu'est-ce qui caractérise une "Iron Girl" ? Il s'agit d'une femme entre 18 et 35 ans et qui occupe un poste de travail jugé difficile et très physique. L'on peut apercevoir des "Iron Girls" dans des mines, réalisant des travaux de terrassements, s'occupant à reconstruire ou réparer des infrastructures diverses et variées. (Comme des routes, des ponts, les lignes à haute tension, etc) Pour les gauches, elles représentent le renouveau du Westrait dans sa quête d'égalité entre les genres et d'insertion plus importante des femmes dans la force de travail, où les salaires entre les hommes et les femmes finiront bel et bien par être égaux pour une même tâche effectuée. Pour la droite, elles représentent tout au plus des hommes manquées, des lesbiennes hystériques, qui ne sont pas assez féminines et qui de toute façon, ne seront jamais bonnes à marier...
Si il existe un nombre restreints "d'Iron Girls Brigade" pour le moment, cela tient du fait que le pur volontarisme politique ne suffit pas à changer la vision des choses ou même tout simplement à bousculer un ordre sociétal de plusieurs siècles. Après tout, qu'est-ce qu'une femme aurait à gagner à travailler autant, dans des métiers aussi difficiles si ce n'est pour atteindre une égalité illusoire qui n'existe pas tandis qu'elles oublient leurs "rôles" de femmes ? Contre cette tendance qui se dessine assez fortement, les "Iron Girls" ont tout simplement décidé d'appeler de plus en plus de femmes à venir les rejoindre pour démontrer que les basses attaques dont elles sont victimes ne les atteignent pas et n'empièteront en rien sur leur volonté. Elles représentent, par leur dévouement tant sur le plan physique qu'au plus idéologico-politique, les prémisses d'une autre organisation sociale du travail, qui tente de faire exploser les vieux rapports sociaux de productions hérités du capitalisme et de la division du travail qui continue de s'effectuer au sein du monde du travail. Cette expérience pionnière, qui marche à la tête de millions de femmes pour affirmer une égalité nouvelle dans une société nouvelle, a encore énormément de choses à démontrer et à prouver. Si les attaques de la droite sont fortes et soutenues, la défense des gauches est pour le moment assez faible - si l'on laisse volontairement de côté le soutien indéfectible des communistes qui sont à la tête de ce mouvement - et les éloges restent assez dithyrambiques et le plus souvent assez peu appuyés. Les femmes westréennes qui actuellement forment les "Iron Girls Brigades" savent qu'elles accomplissent quelque chose de plus grand qu'elle et qui doit montrer la voie pour d'autres femmes et tout simplement pour les hommes, leur rappelant qu'aucune révolution aussi profonde qu'elle se veuille ne peut s'accomplir sans la participation active des femmes prolétaires, qu'elles soient à des postes de cadres ou à des postes d'exécutions. Comme dans toute révolution, une minorité éclaire la voie pour l'immense majorité. C'est en ce sens que les "Iron Girls" agissent et préparent la société de demain, la future société socialiste développée.[/quote][/justify]
[center][img]https://i.imgur.com/Eg5WoB9.jpg[/img]
Une "Iron Girl" prenant la pose pour la postérité[/center]
[justify][quote]L'un des problème majeur qui s'est posé pour le camp révolutionnaire durant la guerre civile révolutionnaire a été celle de la main d'œuvre et tout simplement de l'utilisation de cette dernière dans l'administration, dans les usines mais également sur le front. Si naturellement les hommes se portaient volontaire et étaient l'épine dorsale de l'ensemble de toute organisation sérieuse du travail, de la politique ainsi que de la gestion économique et administrative, le besoin de plus en plus croissant de maintenir à flot les unités combattantes ont poussés les hommes hors des usines, hors de l'administration pour les envoyer sur le front. Nécessairement à leur place un autre type de main d'œuvre est venu peupler les usines, l'administration et finalement des unités militaires : C'est ainsi que sont nées les premières "Iron Girls", tête de pont d'un vaste mouvement cherchant à insérer la femme westréenne des classes populaires au sein du nouveau pouvoir entrain de se créer. Dans des branches de métiers qui étaient alors vu comme exclusivement masculin, des milliers et des milliers de femmes ont commencé à occuper des postes sur des gros chantiers, sur des travaux physiques et manuels d'une rare intensité et qui n'ont jamais été perçu comme "féminin". Les premières "Iron Girls" sont nées à travers l'affrontement militaire de la guerre civile et cette empreinte reste à ce jour visible dans l'organisation qui est adopté dans leur lieux de travail, en formant des brigades qui s'apparentent à celles qui étaient et sont d'ailleurs toujours la règle dans la Republican Liberation Army. Quand la guerre civile s'est terminée et qu'il a fallut penser à nouveau l'organisation du travail et ses conséquences, la présence des "Iron Girls" à des postes avancées dans l'industrie a permis leur généralisation dans l'ensemble de l'économie, l'administration et l'armée westréenne. Qu'est-ce qui caractérise une "Iron Girl" ? Il s'agit d'une femme entre 18 et 35 ans et qui occupe un poste de travail jugé difficile et très physique. L'on peut apercevoir des "Iron Girls" dans des mines, réalisant des travaux de terrassements, s'occupant à reconstruire ou réparer des infrastructures diverses et variées. (Comme des routes, des ponts, les lignes à haute tension, etc) Pour les gauches, elles représentent le renouveau du Westrait dans sa quête d'égalité entre les genres et d'insertion plus importante des femmes dans la force de travail, où les salaires entre les hommes et les femmes finiront bel et bien par être égaux pour une même tâche effectuée. Pour la droite, elles représentent tout au plus des hommes manquées, des lesbiennes hystériques, qui ne sont pas assez féminines et qui de toute façon, ne seront jamais bonnes à marier...
Si il existe un nombre restreints "d'Iron Girls Brigade" pour le moment, cela tient du fait que le pur volontarisme politique ne suffit pas à changer la vision des choses ou même tout simplement à bousculer un ordre sociétal de plusieurs siècles. Après tout, qu'est-ce qu'une femme aurait à gagner à travailler autant, dans des métiers aussi difficiles si ce n'est pour atteindre une égalité illusoire qui n'existe pas tandis qu'elles oublient leurs "rôles" de femmes ? Contre cette tendance qui se dessine assez fortement, les "Iron Girls" ont tout simplement décidé d'appeler de plus en plus de femmes à venir les rejoindre pour démontrer que les basses attaques dont elles sont victimes ne les atteignent pas et n'empièteront en rien sur leur volonté. Elles représentent, par leur dévouement tant sur le plan physique qu'au plus idéologico-politique, les prémisses d'une autre organisation sociale du travail, qui tente de faire exploser les vieux rapports sociaux de productions hérités du capitalisme et de la division du travail qui continue de s'effectuer au sein du monde du travail. Cette expérience pionnière, qui marche à la tête de millions de femmes pour affirmer une égalité nouvelle dans une société nouvelle, a encore énormément de choses à démontrer et à prouver. Si les attaques de la droite sont fortes et soutenues, la défense des gauches est pour le moment assez faible - si l'on laisse volontairement de côté le soutien indéfectible des communistes qui sont à la tête de ce mouvement - et les éloges restent assez dithyrambiques et le plus souvent assez peu appuyés. Les femmes westréennes qui actuellement forment les "Iron Girls Brigades" savent qu'elles accomplissent quelque chose de plus grand qu'elle et qui doit montrer la voie pour d'autres femmes et tout simplement pour les hommes, leur rappelant qu'aucune révolution aussi profonde qu'elle se veuille ne peut s'accomplir sans la participation active des femmes prolétaires, qu'elles soient à des postes de cadres ou à des postes d'exécutions. Comme dans toute révolution, une minorité éclaire la voie pour l'immense majorité. C'est en ce sens que les "Iron Girls" agissent et préparent la société de demain, la future société socialiste développée.[/quote][/justify]
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Viktor Troska
[bod]STRUGGLE SESSION[/bod]
[center][img]https://i.imgur.com/JEE85VY.png[/img][/center]
[justify]La déchéance de Douglas Reed à la tête du pouvoir au Westrait a été très mal analysé au niveau international, malgré les diverses explications qui sont apparues pour expliquer comment tout cela avait pu se produire. L'on avait parlé tour à tour de "Coup d'Etat", de "Coup de force des communistes", d'anarchie dans les rues où des gangs feraient ce qu'ils voudraient, l'incantation magique des millions de morts à venir à cause de la dictature du prolétariat qui ne serait qu'une lubie de quelques idéologues, etc. Reed se retrouvait au milieu de tout ça, dans cette gigantesque tempête qui venait à terme à faire confondre sa propre personne avec la révolution westréenne. Cette collusion rendait dès lors la grille de lecture incompréhensible de l'extérieur du pays : Il s'agissait d'un système entièrement basé sur Reed, qui s'écroulait au moment où ce dernier était poussé à la porte. Si il tombait, cela voulait dire que la "démocratie westréenne" tombait aussi. La lecture des événements et des secousses politiques, idéologiques et sociales vu à travers le prisme des "grands hommes" ne permettait pas de comprendre la réalité des choses, ni même tout simplement la vérité. Mais après tout, qui voulait connaître réellement la réalité de ce qui se passait ici ? Il était plus commode d'expliquer que le bon Douglas Reed, sorte de figure modéré qui avait réussi à chasser ses fantômes marxistes avait été renversé par les méchants communistes qui ne l'aimaient pas et voulaient subitement tuer tout le monde, faire le commerce du viol de leurs sœurs et mères et autres absurdités écrites après que trois journalistes ennissois se soient ankylosé le nez avec de la cocaïne bon marché. La réalité ainsi que la vérité était tout autre. Au fond de lui, Reed était devenu un homme insatisfait. Le révolutionnaire infatigable s'était peu à peu mué en homme d'Etat, en quelqu'un qui devait gérer de grandes responsabilités et qui représentait le Westrait au-delà de ses frontières.
Il voyait que quelque chose n'allait plus, qu'il avait perdu une vigueur qui il y a quelques années encore l'animait. Il était reconnu et considéré, mais à quoi cela sert à un révolutionnaire d'être reconnu et considéré parce qu'il serait "démocrate" ou encore "modéré" ? Car à la surprise générale, quand Douglas Reed s'est retrouvé assigné à résidence et qu'il a manqué de se faire supprimer, il a accepté son sort comme les premiers chrétiens acceptaient leurs martyrs en se faisant dévorer par des lions. L'on a beaucoup écrit à l'étranger sur tout cela, l'on a d'ailleurs expliqué que Reed avait été torturé et que son cerveau avait été lavé par la propagande communiste qui lui faisait maintenir faire tout contre son gré. Il est difficile pour une personne qui n'est pas communiste et/ou révolutionnaire, de comprendre qu'une personne peut parfaitement faire son autocritique et comprendre ses erreurs, ses fautes et ses manquements en faisant en sorte de réussir à les dépasser et les corriger. C'est ce qu'a réalisé Douglas Reed, le temps où il était en résidence surveillée avec sa famille, où il a pu rencontrer des proches, discuter avec eux, faire un bilan sur ses quelques années au pouvoir et essayer d'en tirer une autocritique solide qui lui permettrait d'avancer et de ne pas reproduire les même erreurs. Si cette autocritique est aujourd'hui faîtes, de nombreuses personnalités politiques ont montré leur opposition à une possible réintégration de Douglas Reed dans des fonctions gouvernementales, prétextant qu'une simple autocritique ne serait pas suffisante et qu'il en faudrait d'autre. Les tenants de la "réhabilitation" de Reed de leur côté pense que sa première autocritique est largement suffisante et que l'accès à un nouveau poste gouvernemental avec de grandes responsabilités vont lui permettre de perfectionner son autocritique en mettant en lien la théorie ainsi que la pratique. C'est ainsi donc que Douglas Reed accomplira définitivement son autocritique et qu'il pourra de nouveau jouir intégralement de la confiance de ses proches compagnons de combat. Mais ça, c'est une autre histoire...
[Mise en contexte : Ce qui va suivre se déroule quelques semaines avant la nomination de Douglas Reed à la tête du Commissariat du Peuple à la Culture et que son autocritique ait été complète.Il faut garder à l'esprit que Douglas Reed est encore en résidence surveillée.]
DOUGLAS REED | « Dis moi ce que tu en penses s'il te plait, Eleanore. J'ai énormément de mal à mettre tout cela bout à bout, j'ai l'impression de m'embrouiller depuis deux heures. »
ELEANORE REED | « Tu passes des heures à écrire des pages et des pages. Papa, il faut que tu te reposes un peu. Ne peuvent-ils pas attendre ? »
DOUGLAS REED | « Tu sais très bien qu'il ne s'agit pas de ça Eleanore ! Je fais ça pour moi, pas pour eux. S'il te plait... »
Eleanore Reed pris les papiers qui jonchaient le bureau de son père et disparu rapidement dans la pièce d'à côté.
SUSAN REED | « Elle s'inquiète pour toi Douglas. Tu es dur avec elle, tu ne crois pas ? »
DOUGLAS REED | « Susan, pas toi ! Tu ne vas quand même pas t'y mettre aussi, non ? »
SUSAN REED | « Ce que j'essaye de te dire c'est que tu pourrais être moins sec avec notre fille. Elle t'as sauvée la vie quand même, ce n'est pas rien ! »
DOUGLAS REED | « C'est vrai, tu as raison. [Il soupire] Je ferai bien d'aller lui parler. »
Reed enlaça sa femme d'une étreinte rapide avant de se diriger vers la pièce où se trouvait sa fille. Cette dernière était assise sur un canapé, les jambes repliées et lisait attentivement les notes de son père.
DOUGLAS REED | « Alors, tu t'en sors ? »
ELEANORE REED | « Tu as une écriture de cochon, il y a des moments où je n'arrive pas à te relire et je n'arrive pas à comprendre le sens de tes phrases. Papa dis moi, est-ce que tu es obligé de faire tout ça ? »
DOUGLAS REED | « D'après toi ? »
ELEANORE REED | « Je pense que tu n'as rien fait de mal... »
Reed se mit légèrement à sourire, avant de s'installer à côté de sa fille et de la prendre dans ses bras.
DOUGLAS REED | « Eleanore, il ne s'agit pas de bien ou de mal ici. Il ne s'agit pas de savoir si j'ai agit bien ou mal, mais de savoir si j'ai agit dans le sens de notre révolution ou contre cette dernière. Le reste n'est que de la moraline sans importance. Je ne me confesse pas à l'Eglise pour absoudre des pêchés à ce que je sache ! »
ELEANORE REED | « Pour moi en tout cas, ça y ressemble pas mal. »
DOUGLAS REED | « Tu es têtue toi ! »
ELEANORE REED | « Je te laisse deviner d'où cela vient, je n'ai pas besoin de te donner la réponse je crois... »
Ils rirent ensemble, avant que Reed ne se penche pour prendre un papier qu'il avait rempli de son écriture.
DOUGLAS REED | « J'ai besoin de faire ça Eleanora, car je pense avoir agit avec précipitation par moment et dans d'autres cas, de ne pas avoir suffisamment maintenu une ligne correcte dans mon approche et mon style de travail. Par exemple, ce que j'ai fais à Roger me révulse aujourd'hui. Tout cet engrenage fatal à commencé à ce moment là. J'aurai pu l'arrêter, mais je n'en ai pas eu la force. J'étais rongé malgré moi par une force routinière et dangereuse, qui me faisait perdre de vue l'essentiel de notre lutte et de notre combat. Je m'en veux beaucoup maintenant. Peut-être que dans d'autres circonstances... »
ELEANORE REED | « Est-ce que tu penses qu'ils vont lire ton autocritique et qu'ils vont l'accepter ? Où alors ils vont l'ignorer et vont vouloir t'humilier encore davantage ? »
DOUGLAS REED | « Tu es dure Eleanore, tu es dure dans son jugement. Il ne s'agit pas de me punir ou de m'humilier, personne n'en a l'intérêt. Tu as bien vu quand Audrey est venue dernièrement, nous avons longuement discuté ensemble. Est-ce que tu trouves qu'elle voulait me punir ou m'humilier ? »
ELEANORE REED | « Non, tu as raison. Mais tu prends le cas de Audrey pour ne pas parler des autres. »
DOUGLAS REED | « Je ne suis pas d'accord. Audrey et moi avons été en désaccord sur énormément de points, nous en sommes presque venu à devoir nous affronter physiquement au moment du Victorieux Mois de Juin. Pourtant aujourd'hui malgré l'animosité qui continue d'exister, nous arrivons à discuter de manière constructive. Elle a d'ailleurs été la première à venir faire son autocritique par rapport à son comportement vis à vis de moi, des propos qu'elle a pu tenir. D'autres sont également dans son cas, crois moi. Et puis de toute façon, je fais ça pour moi comme je te l'ai dit tout à l'heure et pas pour eux ! »
ELEANORE REED | « Tu penses en avoir encore pour longtemps avec tout ça ? Je veux dire, quand est-ce que tout va revenir à la normale ? J'ai l'impression que rien ne sera plus jamais comme avant après tout ce que nous avons traversés ensemble. Puis, tu as le soutien d'une grande partie de l'opinion publique, qui t'aime et t'apprécie. C'est quelque chose aussi, non ? »
DOUGLAS REED | « Tant qu'ils ne mettent pas mon nom sur une plaque au-dessus d'un urinoir, je pense que tout devrait bien pouvoir se passer. »
Ils rirent de nouveau, puis Reed se leva et pris sous son bras les papiers qui traînait sur la petite table basse.
DOUGLAS REED | « Qu'est-ce que tu as prévu ce soir ? »
ELEANORE REED | « Je vais sortir avec Judith et Daisy voir un film au cinéma. »
DOUGLAS REED | « Amusez-vous bien dans ce cas là ! Dis leur que je leur passe le bonjour par la même occasion. »
ELEANORE REED | « Je n'y manquerai pas, papa. »
Reed se redirigea vers la pièce d'a côté et son bureau de fortune. A ce moment là, sa femme vint lui apporter un café.
SUSAN REED | « Alors ? Cette discussion entre un père et sa fille a été fructueuse ? »
DOUGLAS REED | « Notre fille est forte et mature Susan. Elle n'a pas besoin que je lui explique les choses pendant des heures. Elle tient sans doute ça de sa mère je pense. »
SUSAN REED | « Flatteur ! »
DOUGLAS REED | « Non, si je voulais te flatter je dirai "Oh Madame Reed, que vous êtes bien habillée aujourd'hui !" ou encore "Oh Madame Reed, que cette coiffure vous va à la perfection ! »
SUSAN REED | « Vous savez parler aux dames Monsieur Reed. Est-ce votre expérience lors de vos voyages diplomatiques qui vous ont donc appris les bonnes manières ? »
DOUGLAS REED | « Moi ? Mais non, je ne suis qu'un "modéré" qui a été renversé alors qu'il "protégeait la démocratie". Des bonnes manières moi ? Foutaises ! »
SUSAN REED | « Monsieur le modéré aura t-il l'amabilité de bien vouloir partager la même tablée pour le repas de ce soir avec son humble épouse ? »
DOUGLAS REED | « Je finis ce que j'ai à faire ici et le grand ami de la démocratie que je suis serai ravi de partager un dîner en tête à tête avec toi. »
Susan Reed s’éclipsa avec un léger sourire au coin des lèvres suite à la réponse de son mari. Ce dernier se replongea ensuite quasi instantanément dans ses notes, pour y mettre de l'ordre et faire en sorte que tout ce qu'il était entrain d'écrire puisse avoir un sens. Il s'agissait bien plus que d'une autocritique pour Reed, il s'agissait d'un exutoire où il pouvait confier sans gêne tout ce qu'il avait au fond de son âme. On ne lui en demandait pourtant pas tant...[/justify]
[center][img]https://i.imgur.com/JEE85VY.png[/img][/center]
[justify]La déchéance de Douglas Reed à la tête du pouvoir au Westrait a été très mal analysé au niveau international, malgré les diverses explications qui sont apparues pour expliquer comment tout cela avait pu se produire. L'on avait parlé tour à tour de "Coup d'Etat", de "Coup de force des communistes", d'anarchie dans les rues où des gangs feraient ce qu'ils voudraient, l'incantation magique des millions de morts à venir à cause de la dictature du prolétariat qui ne serait qu'une lubie de quelques idéologues, etc. Reed se retrouvait au milieu de tout ça, dans cette gigantesque tempête qui venait à terme à faire confondre sa propre personne avec la révolution westréenne. Cette collusion rendait dès lors la grille de lecture incompréhensible de l'extérieur du pays : Il s'agissait d'un système entièrement basé sur Reed, qui s'écroulait au moment où ce dernier était poussé à la porte. Si il tombait, cela voulait dire que la "démocratie westréenne" tombait aussi. La lecture des événements et des secousses politiques, idéologiques et sociales vu à travers le prisme des "grands hommes" ne permettait pas de comprendre la réalité des choses, ni même tout simplement la vérité. Mais après tout, qui voulait connaître réellement la réalité de ce qui se passait ici ? Il était plus commode d'expliquer que le bon Douglas Reed, sorte de figure modéré qui avait réussi à chasser ses fantômes marxistes avait été renversé par les méchants communistes qui ne l'aimaient pas et voulaient subitement tuer tout le monde, faire le commerce du viol de leurs sœurs et mères et autres absurdités écrites après que trois journalistes ennissois se soient ankylosé le nez avec de la cocaïne bon marché. La réalité ainsi que la vérité était tout autre. Au fond de lui, Reed était devenu un homme insatisfait. Le révolutionnaire infatigable s'était peu à peu mué en homme d'Etat, en quelqu'un qui devait gérer de grandes responsabilités et qui représentait le Westrait au-delà de ses frontières.
Il voyait que quelque chose n'allait plus, qu'il avait perdu une vigueur qui il y a quelques années encore l'animait. Il était reconnu et considéré, mais à quoi cela sert à un révolutionnaire d'être reconnu et considéré parce qu'il serait "démocrate" ou encore "modéré" ? Car à la surprise générale, quand Douglas Reed s'est retrouvé assigné à résidence et qu'il a manqué de se faire supprimer, il a accepté son sort comme les premiers chrétiens acceptaient leurs martyrs en se faisant dévorer par des lions. L'on a beaucoup écrit à l'étranger sur tout cela, l'on a d'ailleurs expliqué que Reed avait été torturé et que son cerveau avait été lavé par la propagande communiste qui lui faisait maintenir faire tout contre son gré. Il est difficile pour une personne qui n'est pas communiste et/ou révolutionnaire, de comprendre qu'une personne peut parfaitement faire son autocritique et comprendre ses erreurs, ses fautes et ses manquements en faisant en sorte de réussir à les dépasser et les corriger. C'est ce qu'a réalisé Douglas Reed, le temps où il était en résidence surveillée avec sa famille, où il a pu rencontrer des proches, discuter avec eux, faire un bilan sur ses quelques années au pouvoir et essayer d'en tirer une autocritique solide qui lui permettrait d'avancer et de ne pas reproduire les même erreurs. Si cette autocritique est aujourd'hui faîtes, de nombreuses personnalités politiques ont montré leur opposition à une possible réintégration de Douglas Reed dans des fonctions gouvernementales, prétextant qu'une simple autocritique ne serait pas suffisante et qu'il en faudrait d'autre. Les tenants de la "réhabilitation" de Reed de leur côté pense que sa première autocritique est largement suffisante et que l'accès à un nouveau poste gouvernemental avec de grandes responsabilités vont lui permettre de perfectionner son autocritique en mettant en lien la théorie ainsi que la pratique. C'est ainsi donc que Douglas Reed accomplira définitivement son autocritique et qu'il pourra de nouveau jouir intégralement de la confiance de ses proches compagnons de combat. Mais ça, c'est une autre histoire...
[Mise en contexte : Ce qui va suivre se déroule quelques semaines avant la nomination de Douglas Reed à la tête du Commissariat du Peuple à la Culture et que son autocritique ait été complète.Il faut garder à l'esprit que Douglas Reed est encore en résidence surveillée.]
DOUGLAS REED | « Dis moi ce que tu en penses s'il te plait, Eleanore. J'ai énormément de mal à mettre tout cela bout à bout, j'ai l'impression de m'embrouiller depuis deux heures. »
ELEANORE REED | « Tu passes des heures à écrire des pages et des pages. Papa, il faut que tu te reposes un peu. Ne peuvent-ils pas attendre ? »
DOUGLAS REED | « Tu sais très bien qu'il ne s'agit pas de ça Eleanore ! Je fais ça pour moi, pas pour eux. S'il te plait... »
Eleanore Reed pris les papiers qui jonchaient le bureau de son père et disparu rapidement dans la pièce d'à côté.
SUSAN REED | « Elle s'inquiète pour toi Douglas. Tu es dur avec elle, tu ne crois pas ? »
DOUGLAS REED | « Susan, pas toi ! Tu ne vas quand même pas t'y mettre aussi, non ? »
SUSAN REED | « Ce que j'essaye de te dire c'est que tu pourrais être moins sec avec notre fille. Elle t'as sauvée la vie quand même, ce n'est pas rien ! »
DOUGLAS REED | « C'est vrai, tu as raison. [Il soupire] Je ferai bien d'aller lui parler. »
Reed enlaça sa femme d'une étreinte rapide avant de se diriger vers la pièce où se trouvait sa fille. Cette dernière était assise sur un canapé, les jambes repliées et lisait attentivement les notes de son père.
DOUGLAS REED | « Alors, tu t'en sors ? »
ELEANORE REED | « Tu as une écriture de cochon, il y a des moments où je n'arrive pas à te relire et je n'arrive pas à comprendre le sens de tes phrases. Papa dis moi, est-ce que tu es obligé de faire tout ça ? »
DOUGLAS REED | « D'après toi ? »
ELEANORE REED | « Je pense que tu n'as rien fait de mal... »
Reed se mit légèrement à sourire, avant de s'installer à côté de sa fille et de la prendre dans ses bras.
DOUGLAS REED | « Eleanore, il ne s'agit pas de bien ou de mal ici. Il ne s'agit pas de savoir si j'ai agit bien ou mal, mais de savoir si j'ai agit dans le sens de notre révolution ou contre cette dernière. Le reste n'est que de la moraline sans importance. Je ne me confesse pas à l'Eglise pour absoudre des pêchés à ce que je sache ! »
ELEANORE REED | « Pour moi en tout cas, ça y ressemble pas mal. »
DOUGLAS REED | « Tu es têtue toi ! »
ELEANORE REED | « Je te laisse deviner d'où cela vient, je n'ai pas besoin de te donner la réponse je crois... »
Ils rirent ensemble, avant que Reed ne se penche pour prendre un papier qu'il avait rempli de son écriture.
DOUGLAS REED | « J'ai besoin de faire ça Eleanora, car je pense avoir agit avec précipitation par moment et dans d'autres cas, de ne pas avoir suffisamment maintenu une ligne correcte dans mon approche et mon style de travail. Par exemple, ce que j'ai fais à Roger me révulse aujourd'hui. Tout cet engrenage fatal à commencé à ce moment là. J'aurai pu l'arrêter, mais je n'en ai pas eu la force. J'étais rongé malgré moi par une force routinière et dangereuse, qui me faisait perdre de vue l'essentiel de notre lutte et de notre combat. Je m'en veux beaucoup maintenant. Peut-être que dans d'autres circonstances... »
ELEANORE REED | « Est-ce que tu penses qu'ils vont lire ton autocritique et qu'ils vont l'accepter ? Où alors ils vont l'ignorer et vont vouloir t'humilier encore davantage ? »
DOUGLAS REED | « Tu es dure Eleanore, tu es dure dans son jugement. Il ne s'agit pas de me punir ou de m'humilier, personne n'en a l'intérêt. Tu as bien vu quand Audrey est venue dernièrement, nous avons longuement discuté ensemble. Est-ce que tu trouves qu'elle voulait me punir ou m'humilier ? »
ELEANORE REED | « Non, tu as raison. Mais tu prends le cas de Audrey pour ne pas parler des autres. »
DOUGLAS REED | « Je ne suis pas d'accord. Audrey et moi avons été en désaccord sur énormément de points, nous en sommes presque venu à devoir nous affronter physiquement au moment du Victorieux Mois de Juin. Pourtant aujourd'hui malgré l'animosité qui continue d'exister, nous arrivons à discuter de manière constructive. Elle a d'ailleurs été la première à venir faire son autocritique par rapport à son comportement vis à vis de moi, des propos qu'elle a pu tenir. D'autres sont également dans son cas, crois moi. Et puis de toute façon, je fais ça pour moi comme je te l'ai dit tout à l'heure et pas pour eux ! »
ELEANORE REED | « Tu penses en avoir encore pour longtemps avec tout ça ? Je veux dire, quand est-ce que tout va revenir à la normale ? J'ai l'impression que rien ne sera plus jamais comme avant après tout ce que nous avons traversés ensemble. Puis, tu as le soutien d'une grande partie de l'opinion publique, qui t'aime et t'apprécie. C'est quelque chose aussi, non ? »
DOUGLAS REED | « Tant qu'ils ne mettent pas mon nom sur une plaque au-dessus d'un urinoir, je pense que tout devrait bien pouvoir se passer. »
Ils rirent de nouveau, puis Reed se leva et pris sous son bras les papiers qui traînait sur la petite table basse.
DOUGLAS REED | « Qu'est-ce que tu as prévu ce soir ? »
ELEANORE REED | « Je vais sortir avec Judith et Daisy voir un film au cinéma. »
DOUGLAS REED | « Amusez-vous bien dans ce cas là ! Dis leur que je leur passe le bonjour par la même occasion. »
ELEANORE REED | « Je n'y manquerai pas, papa. »
Reed se redirigea vers la pièce d'a côté et son bureau de fortune. A ce moment là, sa femme vint lui apporter un café.
SUSAN REED | « Alors ? Cette discussion entre un père et sa fille a été fructueuse ? »
DOUGLAS REED | « Notre fille est forte et mature Susan. Elle n'a pas besoin que je lui explique les choses pendant des heures. Elle tient sans doute ça de sa mère je pense. »
SUSAN REED | « Flatteur ! »
DOUGLAS REED | « Non, si je voulais te flatter je dirai "Oh Madame Reed, que vous êtes bien habillée aujourd'hui !" ou encore "Oh Madame Reed, que cette coiffure vous va à la perfection ! »
SUSAN REED | « Vous savez parler aux dames Monsieur Reed. Est-ce votre expérience lors de vos voyages diplomatiques qui vous ont donc appris les bonnes manières ? »
DOUGLAS REED | « Moi ? Mais non, je ne suis qu'un "modéré" qui a été renversé alors qu'il "protégeait la démocratie". Des bonnes manières moi ? Foutaises ! »
SUSAN REED | « Monsieur le modéré aura t-il l'amabilité de bien vouloir partager la même tablée pour le repas de ce soir avec son humble épouse ? »
DOUGLAS REED | « Je finis ce que j'ai à faire ici et le grand ami de la démocratie que je suis serai ravi de partager un dîner en tête à tête avec toi. »
Susan Reed s’éclipsa avec un léger sourire au coin des lèvres suite à la réponse de son mari. Ce dernier se replongea ensuite quasi instantanément dans ses notes, pour y mettre de l'ordre et faire en sorte que tout ce qu'il était entrain d'écrire puisse avoir un sens. Il s'agissait bien plus que d'une autocritique pour Reed, il s'agissait d'un exutoire où il pouvait confier sans gêne tout ce qu'il avait au fond de son âme. On ne lui en demandait pourtant pas tant...[/justify]