[RP ouvert] Argent, pouvoir et stock-options (feat Margaery)

Amaski

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[bask][center]Argent, pouvoir et stock-options[/bask]

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[ve]Bas se tenait face au miroir, travaillant le nœud de sa cravate avec quelques gestes calmes. Son uniforme noire resplendissait dans la glace. C'était l'uniforme d'apparat, celle qu'il portait pour toutes les grandes festivités et les cérémonies officielles. Il ne l'aimait pas. Ce n'était pas contre le tissu ou la façon qu'elle était coupée mais il avait toute simplement une sainte horreur de tous ces événements officiels. Ils duraient longtemps et ils étaient souvent ennuyeux. Mais s'il avait quelque chose à quoi il ne pouvait pas échapper, c'était ces cérémonies se poursuivant inlassablement les uns aux autres. Sa cravate enfin bien en place, il jeta un dernier coup d’œil dans le miroir avant de se mettre en route.

Il sortit du hôtel par la porte principal, descendant les marches des escaliers en marbre couverts par un tapis rouge écarlate. Une pluie légère s'abattait sur la ville de Borisk. C'était probablement les températures en baisse de la nuit approchante qui faisaient refroidir l'humidité au-dessus l'ancienne capitale. Plusieurs gardes de corps qui avaient attendu à l'entrée, s'approchaient de Bas. Un sortit un parapluie qu'il tendit au-dessus de la tête du président. Bas ne pouvait pas s'empêcher un léger sourire. Comme si un peu d'eau allait changer quoi que ce soit... Il avança en direction de la rue. Il avait presque personne dans la rue ce qui était normale. La crise avait rendu la vie dans les grandes villes difficile et instable. Le repli vers les campagnes et les villes moyennes fut une réaction logique à ceci. Mais depuis quelques mois, on pouvait constater des signes d'amélioration. Surtout le retour du pétrole avait permit de revigorer les grandes villes. Avec une électricité abondante et de l'essence à un prix abordable, les entreprises rouvraient leurs sites de production dans les grandes villes et leurs bureaux pour gérer toute cette activité économique. Bas s'engouffra dans la voiture blindée et s'assit sur le siège arrière. Au moins il aurait quelques minutes de tranquillité avant le début de la soirée. Il sortit de sa poche l'invitation qu'on lui avait envoyé. C'était une soirée de charité organisée par Aya Melvel. La bonne femme n'avait pas hésité à terroriser tout le secrétariat de la présidence pour mettre cette soirée sur l'agenda présidentiel. Bas avait accepté nolens volens d'y aller. De toute façon, c'était selon ce qu'il savait, une collecte de fonds pour l'Organisation Mondiale pour le Développement donc quelque chose qui méritait un minimum de soutien et d'effort. Bas sortit de sa poche un rubis-cube et entama de le tourner et manœuvrer. C'était un bon passe-temps et permettait de le déstresser.

Le voiture se faufila à travers les avenues de Borisk pour arriver au centre-ville, au pied d'un des hôtels les plus somptueux de la métropole. On pouvait de loin voir une foule de journalistes assiéger l'entrée. Des securitas arrivaient, non sans peine, à tenir les charognards au-delà des cordons de sécurité rouges. Le chauffeur voyant l'attroupement devant l'entrée, tourna dans une petite rue latérale donnant sur l'arrière de l'hôtel. La voiture s'arrêta devant une vieille porte en acier qu'on accédait en montant trois marches. Bas descendit du véhicule et franchit la porte en fonte en compagnie de trois gardes de corps.

Ils arrivèrent ainsi dans la cuisine de l'hôtel. Depuis là, il suffisait de monter un escalier pour arriver dans un des nombreux salons du palace. C'était une façon discrète de s'infiltrer dans l'édifice et ainsi éviter toute la horde de paparazzis. Entre temps, les VIP's qui avaient déboursé une somme plus que coquette pour assister à la réception, franchirent le tapis rouge de l'entrée sous les flashs des journalistes affamés de sensation. Les voitures noires défilaient à l'entrée une après l'autre pour déverser des gens fortunés ou jouissant d'un prestige éphémère sur la carpette rouge. A l'intérieur ces chers VIP's furent accueillis dans le hall principal conçu dans un style baroque et dominé par un énorme lustre en verre. Le sol était orné de marbres multicolores unis dans un vaste fresque formant un mappemonde géant. Des serveurs en uniforme noire et portant des papillons rouges, amenaient sur des tablettes des mets et boissons aux convives qui firent mine de pas s'intéresser ; pour quelques instants ensuite pouvoir mieux se jeter dessus. Caviar, champagne et amuse-bouches circulaient à travers le hall au plaisir des plus gourmands et à l'attention de l'avidité des nouveaux riches.

Aya Mervel s'était déjà mélangée aux conviés. Sa somptueuse robe blanche trainait au sol, pendant que son collier et ses boucles d'oreilles en diamant brillaient sous les feux du lustre. Elle s'invita dans les groupes d'invités, charmant et courtisant comme seul elle savait faire. Pas rarement, un chèque était ainsi gagné pour l'OMD. Comme aucune femme, Aya connaissait le pouvoir du sexe féminin. Un pouvoir qu'elle n'hésitait pas à user pour les buts les plus louables et les ambitions les plus obscures.

Karn Vaelak pour sa part était vêtu d'une uniforme sobre mais impressionnante en raison des nombreuses médailles accrochée à elle. Il avait cet amour presque inconditionnel pour les médailles. Si quelques unes étaient bien mérités, la plus grande partie s'était soudainement ajoutée quand il était devenu Premier Ministre. A voix basse, certains officiers ayant peur de rien, le surnommait le sapin de noël mais on prenait bien garde à ce qu'il n'en soit pas informé par quelqu'un sur ce surnom peu glorieux. Le Premier Ministre était juste entra d'être engagé dans une conversation avec une femme d'un certain âge, visiblement d'origine aristocratique en compagnie d'une jeune femme, elle aussi de sang bleu à en voir sa façon d'agir et de bouger. Presque tout le monde les connaissait, c'étaient les Pevensie. Plus qu'un regard se perdait sur ce couple et le Premier Ministre mais personne osa les approcher pour l'instant.

Bas attendait dans un salon au sommet de l'escalier principal qui conduisait dans le grand hall. Un garde de corps regarda sur sa montre pour savoir l'heure. Il donna un signe de tête au président. L'heure du show était donc venu. On ouvrit la porte du salon et Bas sortit pour s'avancer vers un petit couloir qui alors donna sur le sommet des grands escaliers. Des premiers regards se tournaient déjà vers lui. Une voix annonça alors sa venue.

« Mesdames, messieurs, le Président de la Fédération. »

Bas descendaient le grand escalier. Comme il détestait ce moment. Il se disait que c'était la dernière fois qu'il allait s'adonner à cette mise en scène mais au fond de lui, il savait qu'il se mentait à lui-même. C'était son devoir, il ne l'aimait pas faire mais c'était nécessaire. Un jour, Aya lui avait que que ce genre de réceptions pouvait changer d'avantage que la meilleure loi. Convaincre des riches d'investir dans le développement du monde était une prouesse que seul ces événements arrivaient à faire, lui disait-elle. Il n'en était pas si optimiste à ce sujet mais l'argent amassé durant ces réceptions était impressionnant. Quand il arriva au pied de l'escalier, une dizaine de gens s'attroupaient autour de lui. C'était à partir de là une suite de poignées de main, de sourires et de mots de bienvenu. Tout le monde voulait saluer le président, comme s'il était une vulgaire relique religieuse dont les gens s’espéraient le salut. Mais la vérité était plus simple, tous ces gens brûlaient d'envie de pouvoir raconter qu'ils avaient serrés la main au président. Et dieu qu'ils étaient prêts à payer cher pour ce privilège. Soudainement Aya apparu de la foule et s'approcha de Bas pour le prendre au bras et l'éloigner de la horde d'invités assoiffés de le saluer. Avec douceur, elle lui susurra à l'oreille.

« Merci d'être venu, grâce à toi nous avons battu un nouveau record. »

« Combien ? »  demanda Bas, curieux de connaître le chiffre.

« Vingt millions de dollars. Comme quoi, les gens sont prêts à payer une fortune pour pouvoir venir manger dans cet hôtel en compagnie de membres du gouvernement et du président. En parlant de racaille, il y a Karn qui te cherche. Il veut te présenter à tout prix à quelques aristocrates du Perlian. »

Bas chercha du regard Karn pour le découvrir auprès un des stands de buffet. Le Premier Ministre l’aperçu à son tour et l'invita avec un signe de main de venir les rejoindre. C'est ainsi que Bas se retrouva devant les deux femmes de la maison royale du Perlian. Le Premier Ministre n'hésita pas de le présenter aux deux dames.

« Vos Altesses, puisse vous présenter le Président de la Fédération ? »

Bas ne vit pas le clin d’œil que Karn jeta à la Duchesse Lucinda Marlborough. Il ne connaissait rien de l'intrigue mise en place par son bras droit et la duchesse Marlborough. A vrai dire, il avait que deux à savoir que cette soirée n'allait pas finir comme prévue par Aya Mervel.[/ve]
Margaery

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Avant que le Président de la Fédération ne fasse son entrée, Amanda Pevensie-Dawson et Lucinda Marlborough étaient en pleine discussion avec le Premier Ministre Karn Vaelak. Et, même si elle ne laissait rien paraître, Amanda était de mauvaise humeur. En effet, la soirée ne se passait pas du tout comme elle l'entendait. Tout d'abord, il n'avait jamais été dans ses projets de mettre les pieds à Borisk, et surement pas pour assister à un Gala de Bienfaisance, et que même si c'était pour une bonne cause, chacun sait que ce genre de soirée est toujours d'un ennui mortel et constitue une occasion pour les parvenus d'étaler leur richesses à la face des anciennes fortunes dont faisait partie les Pevensie.

Mais la Duchesse Lucinda Marlborough avait insisté pour qu'elle vienne à cette soirée. En effet, la Fédération d'Aquanox est une puissance de premier ordre du Vicaskaran, nouer des relations avec ce pays est une nécessité. Surtout pour le Royaume de Perlian, un état "plus prestigieux que puissant" d'après Lucinda, et qui manque cruellement d'appuis sur son propre continent. De plus, il est d'autant plus important d'agir que les jours de la Main Noire aux ex-USP sont comptés. Minée par de graves conflits internes et par les assauts de la Communauté Internationale, elle perd du terrain chaque jour. Et les terres dévastées du Pelabssa abritaient l'héritage perdu d'Amanda: des milliers d'hectares de terres et de nombreux gisements. Selon ce que Lucinda lui avait dit, cette réception serait une bonne occasion de rencontrer des gens influents qui pourraient aider Amanda à revendiquer son héritage une fois que ces territoires seraient libérés. D'autant plus que le Premier Ministre de la Fédération est une vieille connaissance de la Duchesse Lucinda.

Mais pour le moment, elle ne s'étaient entretenues de cela avec personne. Lorsqu'elles ont été annoncées, Amanda avait perçu comme un grand chuchotement à travers la salle, et elle s'était rendue compte que le nom des Pevensie attisait dans l'assistance une curiosité presque malsaine. Sa famille avait en effet fait cette année même une entrée fracassante dans le Gotha mondial et était la cible de nombre de rumeurs plus ou moins fondées.

Il s'est passé un long moment sans que personne ne vienne leur parler, tout le monde les regardait du coin de l’œil sans oser approcher. Amanda pensa tout d'abord naïvement que quelque chose clochait avec leurs robes. Elle fit une brève inspection, sa robe de satin doré très féminine qui mettait en valeur sa silhouette n'avait pas de faux pli, aucune déchirure et était plus resplendissante que jamais. Aucun problème non plus du côté de la Duchesse Lucinda, sa robe gris anthracite et son diadème serti de diamants lui conféraient une prestance royale.

Soudain, un homme en uniforme bardé de médailles qui faisaient un bruit terrible en s'entrechoquant arriva. Il les saluèrent et la discussion s'engagea. Le Premier Ministre Karn Vaelak et Lucinda Marlborough avaient l'air de très bien se connaître, ce qui étonna beaucoup Amanda, apparemment Mr Vaelak avait été un grand ami de feu Lord Marlborough, le mari défunt de Lucinda. Banalités et souvenirs du "bon vieux temps" se succédèrent, ce qui eu pour effet d'ennuyer profondément Amanda qui écouta de moins en moins pour laisser ses pensées vagabonder...

Tout à coup, la personne qui les avaient annoncées reprit le micro et annonça d'une voix forte le Président de la Fédération, Amanda sortit de sa torpeur et regarda la scène incongrue qui se joua devant elle, jusqu'ici tout les autres convives étaient dispersés en petit groupes, mais suite à cette annonce, tous déferlèrent vers l'escalier où venait d'apparaître le Président comme des insectes attirés par la lumière. S'ensuivi un bain de foule interminable et Amanda pensa : "Pauvre homme ! Un jour en voulant tous lui serrer la main en même temps ils le feront tomber et le piétineront !"
En regardant la scène, Lucinda émit un petit reniflement méprisant et tout à fait snob. Amanda savait ce qu'elle pensait : pareille scène n'arriverait jamais au Perlian. Ce n'est pas que la royauté perlianne soit impopulaire, bien au contraire elle n'a jamais été aussi aimée. Mais à la Cour de Cair Paravel, lorsque le cousin d'Amanda, le Roi Suprême Hadrian I est annoncé lors d'une réception officielle, les hommes s'inclinent en le laissant passer et les femmes font la révérence. Le Roi Suprême passe alors pour saluer individuellement chacun des convives. On reproche souvent aux monarchies de vivres dans le passé, pourtant dans ce cas précis c'est elles qui sont le plus civilisés et les invités ne se comportent pas en animaux !

Encore amusée par le spectacle digne du cirque qui venait de se produire devant elle, Amanda ne vit pas Karn Vaelak dire à Aya Mervel, l'organisatrice de la réception, qu'il aimerait bien que Bas Markeson vienne saluer les deux femmes.

Amanda vit alors avec surprise le Président de la Fédération s'avancer vers eux. La trentaine et plutôt bien fait de sa personne admit en pensée Amanda. Bas Markeson avait l'air tout aussi peu enjoué qu'elle d'assister à ce gala. Amanda ressentit dès lors un élan de sympathie pour lui. Le Premier Ministre prit alors la parole :

« Vos Altesses, puis-je vous présenter le Président de la Fédération ? »

Amanda ne vit pas le clin d’œil que Karn jeta à la Duchesse Lucinda Marlborough. Par ailleurs, celle ci prit les devants et parla avec son intonation la plus aristocratique :

«Bonsoir Monsieur le Président . Je suis Lady Lucinda Marborough, mandatée par mon petit fils le Roi Suprême Hadrian I pour représenter le Royaume de Perlian à cette réception. »

Et sans lui laisser le temps de répondre, elle lui présenta le dos de sa main droite gantée de noir. Ayant saisi le message, Bas s'inclina pour lui faire un baisemain.

« Mais permettez moi de vous présenter ma parente, voici Son Altesse Amanda Pevensie-Dawson.»

Amanda s'avança et dit chaleureusement avec un sourire sincère :

«Monsieur le Président, c'est un immense honneur pour moi que d'être invitée dans votre beau pays !»

Puis tout en continuant de sourire elle tendit elle aussi le dos de sa main droite ( nue car elle ne portait pas de gants ) à l'intention du Président.
Amaski

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Bas jeta un rapide coup d’œil à Karn et ses nombreuses médailles qui brillaient sous la lumière abondante. C'était lui, ou elles étaient plus nombreuses que la dernière fois, se demandait-il. Bas laissa échapper un petit sourire. Voilà un des défauts des Sayaken : toujours avide de distinction et de trophées. Mais ceci n'avait aucune importance. Karn pouvait se couvrir de tant de médailles qu'il voulait. Pour Bas, une seule chose comptait : est-ce que la personne fut compétente ? Karn, à sa façon, l'était.

Il observait les deux femmes venues du lointain Perlian. C'était un pays qu'il connaissait pas et on lui avait fait un résumé plus que sommaire avant la soirée. Suffisamment pour passer la soirée sans embarras mais pas assez pour oser se lancer dans une conversation de type géographique ou politique. Mais vu qu'en moyenne, il parlait une minute avec chaque invité - quoi pouvoir espérer faire le tour d'une partie conséquence des gens invités en deux à trois heures -, personne dans l'équipe présidentielle pensait probable qu'il aurait le temps pour développer une conversation plus complexe.

La duchesse Lucinda était une femme âge portant une robe noire visiblement faite par un grand couturier, peut être même par un des grands maîtres du continent. Le diadème et les bijoux que portait la duchesse devait valoir une fortune, probablement quoi faire vivre une famille pendant toute une vie. Ce qui fut certain, c'est que ces bijoux délovait un raffinement qu'on ne trouvait pas chez ceux qui avaient acquis la fortune en une génération. La duchesse laissait émaner d'elle quelque chose d'antique ; la dignité d'un autre âge, la tradition faite chair et os. Bas avait entendu parler d'elle, on la surnommait le dragon en raison de son caractère affirmé. Quelque chose qui n'était pas à le déplaire. Quand on était entouré de gens passant leur temps à vous flatter, on commençait à apprécier les caractères directs et francs.

La deuxième femme, nettement plus jeune, fit grande impression sur Bas. La robe en satin doré, dessiné par des fils en argent et finement coupée et conçue, suivit le corps de l'aristocrate comme une seconde peau. C'était sans aucun doute fait sur mesure et ne risquait pas d'avoir été trouvé dans un magasin à grande surface. Les bijoux soigneusement choisi et travaillé avec minutie par des artistes inconnus, permettait de mettre en valeur sa chevelure dorée qui la faisait paraitre avec la robe comme une sculpture en or. En jetant son regard sur Amanda, Bas laissa échapper un sourire, probablement le premier sourire sincère de la soirée. Il oubliait pour un moment cette corvée qu'était de devoir saluer tous ces gens à fin de permettre à cette soirée d'atteindre ses objectifs philanthropiques. Mais Bas n'eut pas le temps d'observer avec plus d'attention la belle noble. Karn, comme à son habitude, tenta de reprendre la direction des choses et lança les présentations officielles. Fini la douce contemplation de la beauté féminine. Retour à la dure réalité de la politique mondaine.

Bas fit un léger geste d’inclinaison face à la duchesse qui tendit alors la main, drapée d'un gant en soie noire. Il fit un baise-main sans toucher le tissu comme voulait la décence. Certains maladroits commettait l'impair de toucher avec leurs lèvres le gant voir même la peau de la main alors que ceci fut prohibé. Cet interdit avait toute sa raison d'être. Imaginez donc le gant d'une femme à la fin d'une soirée mouvementé de nombreuses rencontres ?


« Votre Altesse royale, c'est un profond honneur de pouvoir faire votre rencontre. Il est rare qu'un homme de si basse naissance ait le privilège de faire la rencontre d'une femme si auguste. Je dois reconnaître que le Roi Suprême, est doté d'une grande sagesse au détriment de son âge, pour avoir su choisir une ambassadrice si digne et respectable. J'espère que Sa Majesté se porte bien ? »

C'étaient des phrases toutes faites, un rituel presque immuable dans la diplomatie mais tant nécessaire. Qui savait, il était probable que le Perlian allait jouer un rôle diplomatique majeur dans l'avenir et le Vicaskaran avait cruellement besoin de puissances diplomatiques, c'était au moins ce que pensais Bas. Le Vicaskran était un continent en paix mais dont les pays se méfiaient les uns des autres. Peut être que le Perlian pouvait briller en devenant un moteur, un centre même, d'un Vicaskaran plus uni et sans tensions.

C'est alors que la duchesse présenta officiellement Amanda. Bas pouvait désormais jeter à nouveau son regard sur la douce créature sans craindre de froisser quiconque. Elle lui tendit sa main fine et d'un blanc immaculé que Bas saisit délicatement pour faire un baise. Son visage s'approchant de la main, il pouvait sentir le parfum délicieux du corps de la femme. Il releva sa tête pour observer les yeux doux et halé de l'aristocrate.

« L'honneur est de mon côté. Il est rare de pouvoir faire la rencontre d'une si belle femme soudant la grâce avec la finesse. Est-ce que c'est la première fois que vous venez à Borisk ? Je suppose que vous ne devez pas être une grande amie de cette ville. Je vous rassure, il y a des villes plus traditionnelles dans cette contrée que cette cité de gratte-ciels et béton. »

Karn s’éclipsa discrètement. Bas n'en vit rien d'étonnant. Certainement qu'il allait fanfaronner auprès d'autres invités, ce qui fut bel et bien le cas. Aya pour sa part était engagée dans une conversation apparemment intense avec un vieillard dont la fortune se voyait à son allure ventripotente mais aussi la femme qui l'accompagnait, une jeune blonde affreusement mal habillée et surchargée de bijoux. C'est alors qu'un serveur arriva auprès de Bas et Amande, leur tendant une tablette en argent travaillée sur laquelle se trouvait des verres de vin. Bas saisit deux verres et les tendit en direction de la duchesse et Amande en disant.

« Vos Altesses, me permettez-vous de vous offrir du vin. Je pense que vous devez certainement avoir soif. C'est, si mes informations ne sont pas trop erronées, un vin de Fiémance. On le dit excellent même si je dois avouer d'être un ignare dans ce domaine. J'ai un faible pour les alcools moins sophistiqués. »

Il s'en saisit d'un verre pour lui. Il serait impoli de laisser deux dames de grande naissance verre à la main, pendant qu'il en fut dépourvu. Il observa pendant une seconde le vin dans le verre. Il était d'un rouge foncé. Certainement un raisin rare, cultivé dans les vallées ensoleillées de la Fiémance. Un vin pour lequel les gens étaient prêts à payer une fortune.[/ve]
Margaery

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Amanda eu une impression très positive concernant le Président, c’était un homme tout à fait charmant, poli, soucieux des bonnes manières quoique légèrement flatteur. Elle se sentait bien en sa compagnie. Elle prit le verre de vin que lui tendait Bas et fit semblant de tout connaître de l’œnologie en le dégustant. En réalité elle n'y connaissait rien. Perlian n'est vraiment pas réputé pour son vin. Il y a bien quelques vignes qui produisent surtout du vin blanc mais rien de bien extravagant. Les points forts du royaume en matière de boissons alcoolisées sont le cidre, l'hydromel, le whisky ou le gin. Récemment le royaume s'est aussi lancé dans la production de vodka. De quoi faire le bonheur des barmans perlians, réputés pour leurs cocktails somptueux.

Amanda fit un grand sourire lorsque Bas demanda aimablement à Lucinda des nouvelles du cousin d'Amanda, Hadrian, Roi Suprême de Perlian. La duchesse était extrêmement fière de ses petits enfants ce qui la rendait intarissable sur le sujet, elle entama sa diatribe, les yeux brillants de fierté :

« Mais je vous en prie Monsieur le Président tout le plaisir est pour moi. Sa Majesté Hadrian I de Perlian se porte bien je vous remercie. Il est en effet encore très jeune, et à 17 ans la couronne est lourde à porter mais il s'en sort à merveille. Je ne me fais pas de soucis pour lui, il est intelligent, capable et a toute l'affection de sa famille et du peuple. Il a le sens de la famille et du devoir, deux qualités essentielles. En cette saison, il part chasser dès qu'il a un peu de temps libre, il tient cette passion de son père. Les forêts perliannes sont très giboyeuses. Il est aussi très féru d'équitation, à Cair Paravel nous avons un haras absolument incroyable. J'imagine que la passion du cheval lui vient de sa mère, pour ce que cela lui a apporté... »

En disant ces dernier mots, le visage de la duchesse s'assombrit considérablement. Amanda cru voir des larmes au coin de ses yeux qui furent vite refoulées. Mais Lucinda se reprit bien vite en retrouvant une expression de circonstance, comme si elle remettait un masque. Elle sembla soudain se souvenir de quelque chose d'important.

« Mais suis-je sotte ! Il se trouve que j'ai oublié de remettre à Mme Melvel notre contribution ! J'y vais de ce pas. Monsieur le Président , ma chère Amanda , si vous voulez bien m'excuser... »

Avec un grand tournoiement de robe somptueux, grandiloquent dont l'effet d'autorité à été soigneusement préparé, Lucinda Marlborough se retourna pour se diriger en direction d'Aya Melvel.

Amanda crû bon de fournir une explication à Bas à propos de la subite perte de contrôle de la duchesse :

« C'est absolument tragique mais il y a six ans, la fille de Lucinda, la Reine Rose, la mère de mon cousin notre Roi Suprême actuel a trouvé la mort suite à un accident. Elle aimait faire de longues balades en bord de mer à cheval et au Sud de Cair Paravel s'étend une région de falaises. Son cheval s'est brusquement emballé pour galoper en direction du vide. Même si elle était bonne cavalière elle n'a pas pu empêcher son cheval de tomber avec elle dans le précipice. Elle est morte sur le coup en arrivant plusieurs dizaines de mètres en contrebas. Cette perte a été très dure pour tous, surtout pour Lucinda... »

Un silence s'installa, Amanda était un peu gênée, elle en avait peut-être trop dit, mais son interlocuteur a semblé la comprendre d'après son regard compatissant. Elle sentit soudain le besoin de respirer l'air frais du dehors, l’atmosphère de la salle l'étouffait.

« Si nous allions prendre l'air sur la terrasse ? Je crois que la pluie s'est arrêtée. »

Amanda avait émis cette proposition sans trop d'espoir. Elle s'attendait à ce que Bas refuse poliment en prétextant le fait qu'il devait saluer d'autres invités du fait de ses obligations officielles. A sa grande surprise, il accepta et lui offrit son bras pour la guider vers la terrasse. Elle prit le temps d'admirer la ville de Borisk de nuit, toujours grouillante d'activité.

« C'est en effet la première fois que je viens à Borisk, mais Lady Marlborough était déjà venue ici du temps de l'Empire Tarnois. Il est vrai que je me sens mal à l'aise, ces grandes tours m'intimident quelque peu. A Perlian nos villes sont plus traditionnelles par leur architecture et par l'urbanisme. Il n'y a pas de gratte-ciel et nous privilégions encore la pierre de taille pour nos bâtiments. Le résultat a de l'allure et démontre une certaine richesse, mais ce n'est pas très moderne.
De plus, même si cela ne se voit pas forcément au premier abord, je suis une fille de la campagne. J'ai passé mon enfance entre le ranch de mon père au Pelabssa et la résidence de villégiature de ma mère dans la région des lacs, au Perlian. Mes parents souhaitaient m'élever au grand air pur. Après le décès de mes parents lors de la destruction des USP je me suis définitivement installée au Perlian... »


Elle se sentait un peu honteuse de raconter sa vie à cette homme, mais étrangement elle sentait qu'elle pouvait tout lui dire et qu'il comprendrait.
Amaski

Message par Amaski »

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Bas écouta avec attention la duchesse parler sur son petit-fils. Ce n'était pas des simples dires d'une grand-mère mais des informations d'une importance capitale sur le plan diplomatique. Il ne l'avait pas interrogé sur le Roi Suprême pour rien. Ce qui fut particulièrement intéressant, fut la mention de l'amour du Roi pour la vénerie. Les monarques adoraient, comme beaucoup de nobles d'antan, chasser. Ce fut sans aucun doute un sport passionnant mais aussi terriblement dangereux. La raison pourquoi l'espérance de vie chez les nobles n'avait pas dépassée celle des paysans durant l'ère féodale, était liée au taux assez important d'accidents mortels durant les parties de chasse. C'est alors que Bas semblait remarquer une certaine mélancolie prendre possession du visage de la duchesse Lucinda. Il n'eut pas le temps de l'interroger avant qu'elle quitte le petit groupe à fin, selon ses dires, faire un don à Aya Melvel. Certainement que c'était vrai et il fut confirmé dans sa suspicion quand il pu voir Aya venir à l'encontre de la duchesse. Cette femme avait un flair pour l'argent qui fut digne de celui d'un chien de chasse pour un lièvre. Bas ne réfléchit pas davantage au départ précipité. Au moins ceci le permettrait de rapidement continuer sa ronde, pensa-t-il.

A sa surprise, la jeune aristocrate du Perlian, le révéla la raison de cette mélancolie subite de la part de la duchesse. Il ne s'était pas attendu à en savoir davantage sur la provenance de cette soudaine tristesse. Au début, il voulut partir, craignant devoir subir mille lamentations mais il ne vit aucun moyen de le faire son froisser l'invité. Il fut donc contraint d'y rester mais remarqua, à son soulagement, que la jeune noble resta très bref et clair au point que cette confession se releva forte intéressante. Il n'avait pas su que la mère de l'actuel roi était morte dans un accident à cheval. Ce fut certainement pour cette raison que le Roi Suprême avait pu monter sur le trône à un si jeune âge car oui, qu'une personne si jeune, même chez les Tarnois, était une surprise. Il préféra ne rien dire, à être sincère, il cherchait les mots adéquats.

C'est alors qu'Amanda le convia d'aller à la terrasse prendre l'air. Il était déconcerté par cette proposition. A la base, il avait prévu de échanger quelques courtoisies avec elle, avant d'aller à l'encontre d'autres convives. Mais en pensant un peu à cette offre, il se dit que ce pouvait être l'occasion rêvée de sortir de cette salle close et remplie de snobs et nouveaux riches. Surtout si ceci permettait de passer un moment avec cette douce créature venue du Perlian. Ils allèrent alors sur la terrasse qui offrait la vue sur l'avenue de Borisk. Les voitures roulaient en bas pendant qu'on pouvait voir les gratte-ciels, parsemés de petites lumières carrées. La cité était presque silencieuse à part le bruit de quelques moteurs solitaires. Oh, elle était encore bouillante d'activité comparé à d'autres villes mais ce fut un pâle reflet de ce qui fut jadis. On pouvait sentir l'odeur de l'air humide, un air juste rafraîchi par une demie heure de pluie. Bas posa ses mains sur la bordure en pierre de la terrasse. Il observait la métropole. Il ne l'avait jamais aimée mais aujourd'hui il eut presque pitié d'elle. Elle fut qu'une ombre de sa gloire d'antan, ravagée par les conséquences de la chute des USP. Il détourna son regard de la ville en faveur du visage doux et fin d'Amanda.

« Je suis désolé d'avoir provoqué cette douleur à la duchesse. Ce ne fut bien évidemment pas mon intention. Veuillez donc recevoir mes respects pour cette tragique perte qu'a subie votre famille. Mais permettez-moi de vous demandez, n'existe-t-il pas un régent ? Non que je puisse douter en quelconque instant que votre cousin soit apte à gouverner, mais les souverains jeunes peuvent avoir besoin de s'appuyer sur une personne plus âgée de laquelle ils peuvent profiter de la sagesse. »

Il attendit quelques instants avant de continuer.

« Ah, je ne savais pas que la duchesse était déjà venue. A l'époque, c'était une toute petite ville. Presque insignifiante. Bien de choses ont changés entre temps. Mais peut être qu'elle avait compris le potentiel de cette cité. Quoique, je crains qu'aujourd'hui, il en reste que peu de choses de cette ancienne gloire. La chute des USP a été terrible pour tout le monde. Pour ma part je ne suis pas un grand amateur de ces gratte-ciels mais il serait trop coûteux de les raser. Autant faire avec les erreurs du passé quand ça coûte trop à les corriger.

Vous êtes donc comme moi. J'ai aussi grandis dans le milieu urbain, et j'en ait probablement gardé une certaine affinité pour lui. Sayakon offre cet avantage d'être une ville plus proche d'un grand village que d'une métropole. Ainsi donc vous avez perdus vos parents durant la guerre ? Je suppose que ce n'a pas dû être facile pour vous. Je fus trop jeune quand j'ai perdu les miens mais nous avons en commun le fait de les avoirs perdus par des gens qui suivaient aveuglement une idéologie monstrueuse. Pensez-vous revenir aux USP quand la Main noire aura été chassée ? »


Il hésita de lui parler des circonstances de la mort de ses parents. Probablement que ceci ne serait pas très réjouissant pour elle et aussi, il doutait que se confier à une étrangère fut une bonne idée surtout sur ces sujets.[/ve]
Margaery

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Une conversation à propos de la politique perlianne était un terrain facile pour Amanda, toutefois, elle choisit sur cette question de répondre l'explication diplomatique toute faite, qu'elle compléta un peu afin de bien se faire comprendre :

« On nous a posé cette question tant de fois, il est vrai que notre cas est quelque peu atypique. Mon cousin a succédé au trône en Avril, suite à la mort de son père des suites d'une longue maladie, feu mon oncle le Roi suprême Gaius IV. Mon cousin venait d'avoir 17 ans, et, d'après nos lois, la majorité est fixée à cet âge précis. Il fut décidé de le couronner rapidement afin d'étouffer dans l’œuf d'éventuelles révoltes. En effet, même si Perlian est une monarchie absolue, sur certain critères notre système politique est ce que nous appelons Néo-Féodal. Par l'exemple, le pouvoir royal a bien une armée régulière, mais il n'a pas le monopole de la force publique, certains nobles et certaines villes ont leur propre armée et se chargent eux-mêmes de faire respecter l'ordre public sur leur juridiction. En cas de conflit contre une puissance étrangère, le Roi Suprême rassemble toutes ces armées sous son commandement, il s'agit de l'Ost Royal. Si ce système permet à l'Etat de faire des économies notables, il est à double tranchant. Il est déjà arrivé dans notre histoire que lorsque le pouvoir royal est plus faible, certains seigneurs ou cités se chamaillent et se fasse la guerre entre eux. Pire encore, il est aussi arrivé que ces mêmes nobles ou cités fomentent une révolte pour destituer le Roi Suprême ou fassent sécession, et dans tout ces cas cela entraîne une guerre civile. Et les transitions politiques ou les régences sont des moment où le pouvoir royal est un peu plus faible. Une guerre civile n'a pas éclaté depuis très longtemps, mais nous ne voulions courir aucun risque. Nous avons donc intronisé mon cousin dans touts ses pouvoirs et responsabilités afin de réaffirmer la suprématie de notre famille et ainsi calmer les éternels capricieux.

Si il n'y a pas de régence officielle, il en existe une officieuse. Le Roi Suprême est entouré d'un noyau dur de personnes de confiance, trié sur le volet par Lady Lucinda Marlborough , afin de soulager et aider mon cousin dans sa lourde tache jusqu'à ce qu'il soit en âge de l'assumer pleinement.

Nous sommes conscients d'envoyer un bien mauvais message à la communauté internationale, un royaume gouverné par un enfant-roi souffre grandement d'un manque de crédibilité et n'est souvent pas pris au sérieux. Cela constitue un véritable handicap que nous assumons tant bien que mal. De plus, nous tenons à casser les préjugés pour montrer que la gouvernance perlianne est forte et que notre pays peut constituer un interlocuteur solide et digne de confiance pour les autres pays. »


Amanda reprit son souffle un instant, elle espérait ne pas avoir ennuyé son interlocuteur mais son amour pour son pays faisait qu'elle ne pouvait s'empêcher de s'enflammer lorsqu'il était le sujet de discussion.


« Je suis navrée pour ce qui est arrivé à vos parents, je sais ce que c'est que de les perdre jeune, c'est toujours une terrible souffrance.
Oui en effet mes parents ont été tués au cours de la guerre. Mon père s’appelait Patrick Dawson, c'était un industriel, et comme pour toutes les entreprises le Gouvernement avait exigé que sa compagnie participe à l'effort de guerre. Il est mort lors de la destruction du siège de la compagnie, qui fut frappé par un missile à Hellington, la capitale fédérale.
Quand à ma mère, la Princesse Elisabeth, sœur de feu le Roi Gaius IV, elle se chargea de me mettre à l'abri au Perlian dès le début du conflit. Puis elle fut à l'origine de la mise en place d'un convoi humanitaire partant de Perlian pour se rendre à New Heaven, sur la côte Est des USP. Les navires du convoi croulaient littéralement sous les drapeaux blancs, on avait même écrit "Convoi Humanitaire" à la peinture blanche sur les coques. Cela ne les a pas empêché de se faire envoyer par le fond par des sous marins ennemis. Ma mère a trouvé la mort lors du naufrage.

Je ne pense pas que je retournerais m'installer aux USP une fois qu'ils seront libérés. Ma vie et ma famille se trouvent au Perlian dorénavant. Mais je pense que j'irais accomplir une sorte de pèlerinage pour me recueillir sur les lieux où sont décédés mes parents et là où j'ai passé mon enfance. Peut-être que je pourrais aussi proposer mon aide au nouveau gouvernement, de quelque couleur politique qu'il soit... »


Une fois qu'elle eu terminé de parler, Amanda détourna son regard vers la ville illuminée. Elle entendait derrière elle les bruits enjoués de la fête. Elle espérait ne pas être passée pour une personne insensible en parlant de la mort de ses parents d'un ton atone. En effet elle ne souhaitait pas montrer ses sentiments à cet homme. On apprenait à toutes les jeunes filles de haute naissance à toujours rester impassible et à ne pas montrer ses sentiments, car si on laisse entrevoir à une personne ses faiblesses, celle ci obtient un pouvoir sur nous. Mais il y a des moment où il devient très compliqué de se conformer à ce précepte.

Par ailleurs, elle était restée délibérément évasive sur ce que faisait son père. Elle avait donné son nom de famille en pensant qu'il y aurait très peu de chances que le Président fasse le lien avec l'empire Dawson industries. Le patronyme Dawson était très répandu dans les USP. De même, elle ne lui avait pas dit que le fameux siège de la compagnie était un des plus imposants building de Hellington à l'époque. Amanda avait appris à ne pas parler de l'empire que possédait son père car cela suscitait toujours chez ses interlocuteurs un intérêt malsain. Elle avait envie que l'on s'intéresse à elle pour ce qu'elle était et non pour son héritage.
Amaski

Message par Amaski »

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Ainsi donc le Perlian était une monarchie féodale ? Et ceci au plein 21ème siècle ? Voila qui fut une sacrée surprise, surtout pour un pays du Nouveau Monde. Oh, on avait l'habitude de voir les monarchies alméranes retombaient dans des pratiques obscures et médiévales. Basek n'était pas un grand ami des monarchies mais la monarchie féodale du Perlian avait quelque chose de finalement exotique. Mais il semblait assez clair, que ce régime était bâtie sur des fondations peu solides. Un état sans monopole de la violence ? Des puissances régionales fortes, capables de défier l'autorité royale ? C'était un cocktail bien dangereux. Ce qui restait à savoir, c'était si ce pays pouvait continuer à maintenir l'équilibre interne dans les années à venir. Au moins la dernière guerre civile semblait dater, ce qui était une bonne nouvelle. Il fallait donc miser sur le fait que le pays continuerait à jongler avec cet équilibre interne précaire. La fin de la monarchie tarnoise avait bien montré le danger que contenait des modernisations trop rapides. Alors qu'à l'époque, tout le monde rêvait d'une république démocratique, le pays avait rapidement plonger dans le chaos. Peut être que finalement ceci avait été nécessaire. Seule l'histoire saura répondre à ceci. Basek écouta donc attentivement l'aristocrate, se gardant de l'interrompre dans son récit qui était plein d'informations diplomatiques précieuses. Néanmoins il apercevait aussi des miettes de témoignages personnels qui n'étaient pas moins intéressants. Elle avait quelque chose de séduisant qui allait au-delà du physique, pensa Bas.

« Je vous rassure, vous n'envoyez pas un si mauvais message à la communauté internationale. En cette époque de guerre, famine et chaos, un régime neo-féodale est vraiment la dernière des choses qui surprend. Peut être que même beaucoup de pays verront en ceci une preuve authenticité et de stabilité d'un système politique à la base instable. Mais je suis heureux d'entendre que votre cousin est soutenu. Espérons qu'il saura rapidement prendre son indépendance à fin de ne pas tomber sous l'influence des mauvaises personnes. Hélas, les bons conseillers ne pourront pas toujours être là pour le soutenir et il devra apprendre à distinguer les bons des mauvais. »

Lui-même devait s'adonner à cet exercice quotidiennement. Combien de gens ne prétendaient pas savoir comment il fallait agir ? Combien de fois Melvel et Vaelak se battaient entre eux pour imposer leur vision de la politique intérieure ou externe ? Etre au sommet signifiait souvent devoir faire face aux vents de mille avis. La famille royale Perlian avait finalement fait un bon choix en couronnant rapidement le prince héritier. C'était sans aucun doute une bonne facon d'éviter des transitions politiques favorisant les mauvais éléments sur l’échiquier politique.

« Si vous me permettez de vous donnez mon avis, je pense ce qui compte à notre époque c'est moins la constitution d'un pays ou les actions sur le plan intérieure mais si le gouvernement oui ou non, tient ses engagements et respecte les règles diplomatiques. Bien de pays étant sur le plan intérieure fort contestable, se montrent sur la scène internationale comme des pays de confiance. La confiance, c'est quelque chose qui n'a pas de prix et je pense que le Perlian en est bien parti pour sauvegarder et agrandir ce capital diplomatique. Évitez tout simplement de vouloir faire la guerre ou des conquêtes. Ca n'apporte rien de bon sur le long terme. »

Il l'écouta entra de parler sur sa famille. Il était vrai qu'il ne connaissait rien sur les parents de la jeune noble. Ceci était surtout lié au fait qu'il avait des connaissances réduites sur les USP. Les relations avaient été bonnes au début de la Fédération mais ensuite il eut ce malheureux incident entre le Président des USP et Gorun Sun que ce dernier n'avait jamais pardonné. Depuis, les USP étaient devenus un spectre lointain, sujet à une haine qui culminera durant la Guerre du Vicaskaran dans une volonté de destruction de ce pays. Dieu merci, des jours meilleurs avaient coulés depuis mais ceci n'avait pas empêché que les USP connaissent un sort funeste.

« Ah, vous savez, je me souviens de plus rien. Finalement, c'est peut être mieux ainsi. Certaines tragédies méritent d'être oubliées. Votre père devait être un homme intéressant. Peut être que s'il aurait vécu, la Fédération aurait pu conclure quelques accords avec lui. Ceci aurait pu permettre de développer des projets ensemble. L'industrie des USP, au détriment de la crise, a toujours su garder une excellente réputation. Pour votre mère, c'est une réelle honte que la Rostovie ait osé se prendre aux vaisseaux humanitaires mais ce pays est moralement si corrompu, qu'on peut hélas ne pas être surpris de cet acte. Soyez assuré, d'une certaine facon, le destin punira la Rostovie pour ses actes. Peut être que même elle aura le même sort que les USP à la fin. »

Basek était convaincu que la Rostovie ne survivrait pas à sa guerre civile, ou au moins l'espérait-il. Ce peuple avait crée tant de Mal, que peut être le mieux était qu'il disparaisse de la surface de la terre. Rien de bon pouvait venir de ces plaines glacées. Le diable devait vivre à Novgorod, pensa Bas.

« C'est certainement une sage décision de rester au Perlian. Ca doit être un beau pays. Qui sait, si un jour j'irai le visiter, vous me le ferez visiter ? Je suppose aussi que la duchesse doit avoir déjà des plans de mariage pour vous ? Êtes-vous déjà fiancé ? On dit que dans les monarchies, les mariages sont hélas des choses ô combien politique et relativement peu romantique. Peut être que ceci n'est pas le cas au Perlian et que votre pays s'est affranchi de certaines coutumes très..disant...un peu médiévales. En Alméra ca semble toujours être la tradition de sacrifier les femmes sur l'autel de l'intérêt politique. » [/ve]
Margaery

Message par Margaery »

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Amanda avait déjà remarqué que même si le Président Bas faisait tout pour cacher ses émotions, parfois, pendant moins d'une seconde il baissait sa garde et ainsi on pouvait distinguer ses pensées sur ses traits. Et Amanda étant très observatrice arrivait sans trop de mal à remarquer ces petits changements. Elle lui répondit un sourire malin sur les lèvres :

« Je peux lire sur votre visage comme dans un livre ouvert vous savez ! Je pense que vous êtes surpris d'entendre qu'une telle chose est encore possible de nos jours. Mais je vous rassure, le couronnement anticipé de mon cousin n'était qu'une simple mesure de prudence. De nos jours notre armée régulière a pris tellement d'envergure par rapport aux armées locales ( que nous appelons milices, c'est pour vous dire leur petite taille ! ) que mêmes réunies elles ne représentent pas une grande menace pour l'armée propre du Roi. Je voulais juste vous donner un exemple d'une de nos "étrangetés institutionnelles".
De plus, même si les trois pouvoirs sont très resserrés sur la personne du Roi Suprême, le peuple, par certaines institutions, peut donner son avis, débattre et influer sur les décisions, dans la mesure du raisonnable entendons nous, à toutes les échelles : locale , régionale et nationale. A part cela, notre système politique a tous les attributs d'une monarchie absolue, le Roi Suprême a tous les pouvoirs, même religieux.

Toutefois, du fait de ces quelques originalités, nos Académiciens définissent notre régime sous le terme suivant : Monarchie Absolue Raisonnée.


Et ne vous en faites pas, tant que Lucinda Marlborough sera de ce monde, ni les profiteurs, ni les malhonnêtes et ni les incompétents ne pourront s'approcher de mon cousin soyez en sûr ! Elle veille sur sa famille comme un dragon veille sur son trésor ! Et croyez moi sur parole, il ne fait pas bon la compter parmi ses ennemis ! »


Amanda ne put s'empêcher de rire aux éclats, elle avait véritablement envie de détendre l’atmosphère après tous ces sujets de discussions douloureux, elle lança à Bas un clin d’œil complice :

« Et je sais très bien le surnom qu'on lui donne, c'est pour cela que j'ai utilisé cette image !


Et je vous remercie pour ces compliments et conseils, il est en effet dans les ambitions de notre pays de devenir une puissance diplomatique. Etant aussi une nation insulaire, maritime et marchande, nous avons aussi à cœur de développer notre puissance économique. Et ce sans tomber dans le piège libéral, bien entendu !
Et il n'y a pas de souci, Perlian n'a pas une philosophie impérialiste ni conquérante. Nous tenons le colonialisme en horreur du fait peut-être que nous soyons un pays du Nouveau Monde. Notre glorieux passé militaire remonte au Moyen-Age, du temps où Perlian contrôlait toutes les îles du Golfe de Shawiricie. Notre empire s’appelait dans ce temps là l'Empire des Iles Solitaires. Bien de l'eau a coulé sous les ponts depuis !


Perlian est un pays de toute beauté, il existe une diversité des reliefs et des paysages impressionnantes. Notre Académie n'a pas encore communiqué toutes les données mais quand elle l'aura fait le monde pourra découvrir les splendeurs de mon pays. On y trouve plusieurs merveilles naturelles comme la Région des Lacs, le Pic des Tempêtes, où se déroule une irrégularité météorologique rarissime, en effet, un nuage colossal de mauvais temps tourne en continu autour de la montagne, il s'agit d'un phénomène impressionnant qui grossit nos rivières et fournit de l'eau en abondance pour nos cultures. Je peux aussi mentionner les Eaux de Cristal, c'est une part de notre littoral au Sud-Est de l'île où l'on trouve des plages de sable fin, l'eau y est turquoise et totalement transparente. Le Palais Royal de Cair Paravel est édifié en haut d'une falaise dans cette région justement, il est aisé de descendre à pied du Palais par de petits escaliers à même la falaise pour arriver sur la plage en contrebas.

Les palais perlians expriment toute la grandeur de notre peuple, ils sont souvent démesurés sans tomber dans le baroque. On utilise les matériaux nobles avec goût mais sans tomber dans un excès décadent. Le véritable joyau est le Palais Royal de Cair Paravel, il est d'une taille immense et des salles toutes plus impressionnantes que les autres se succèdent. Il y a aussi une grande bibliothèque et une tour d'astronomie. La Salle du Trône, en plus d'être la plus belle pièce du palais, est équipée d'un système de miroirs cachés qui dirigent en permanence la lumière du soleil vers le trône. L'effet est éblouissant et c'est comme si le divin touchait le Roi Suprême lorsqu'il siège sur son trône. Mais il y a aussi les jardins, en effet, le Palais est constitué d'une multitude de bâtiments entourés par divers jardins. Il y a un verger, un jardin à la française, un à l'anglaise, un jardin aquatique, une roseraie, une orangeraie, une châtaigneraie et plusieurs jardins exotiques. Les jardins prennent plus de place que les bâtiments en eux mêmes.

Si un jour vous nous rendez visite, je me ferrai un plaisir de vous faire visiter.

Le Royaume est aussi connu pour son art de vivre, proche de la nature. Il est dans nos coutumes de venir en aide à son prochain. Nous avons aussi la nostalgie de la Belle Epoque, et cela se voit dans notre architecture et dans toutes les petites choses de la vie quotidienne. Vous l'avez compris, nous sommes un peuple fier de son histoire, de son patrimoine et de son art de vivre.


Oui en effet les stratégies d'alliances matrimoniales existent encore au Perlian, mais il n'y a rien d'obligatoire, on ne force pas la femme à se marier. Du temps où il était encore vivant mon oncle m'a présenté plusieurs prétendants, que j'ai repoussé, mon oncle n'a pas insisté. Depuis sa mort il n'y a plus été question de mariage arrangé. »






( HRP : On voit le Palais Royal en bas à droite de ma signature et les Eaux de Cristal à gauche )
Amaski

Message par Amaski »

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Cette jeune femme, si innocente pouvait être son apparence, s'avérait d'être bien plus instruite dans l'art politique que Bas crut à premier abord. Il s'avouait bien d'avoir peut être affiché trop facilement ses sentiments vis-à-vis du régime politique du Perlian. Une erreur qu'il ne devait aucunement laisser se répéter. Il y avait trop de risques diplomatiques liés à ceci. Mais d'un autre côté, il admira cette lucidité de la part d'Amanda. Elle était décidément bien plus intelligente que supposée au premier regard. Il sourit à la remarque de l'aristocrate.

« Ah, peut être que pas tous les livres doivent être lus...Mais ce qui compte c'est que votre pays trouve sa voie et qu'elle s'achemine vers un équilibre interne durable. Et ce n'est pas si étrange que ça. Même votre monarchie absolue raisonnée, me semble très proche de ce qu'on appelait jadis le despotisme éclairé. Néanmoins je ne suis pas si certain que vous devriez uniquement vous fier à la duchesse Marlborough. Non que je doute de sa loyauté mais elle ne vivra pas éternellement. Elle ne pourra pas toujours protéger votre famille même si aucun doute, elle sera encore là pour un moment. Nous vivons des temps de troubles mais sans aucun doute, que votre famille n'aura jamais à se faire de soucis à ce sujet. »

Il l'entendit rire de plein cœur. C'était quelque chose auquel il avait que rarement l'occasion d'assister. La vie de chef d'état signifiait beaucoup de sacrifices et parmi eux se trouvait aussi l'écoute d'un rire sincère. Il se tourna vers elle, s'appuyant avec son bras sur le bord du balcon, l'observant avec ses yeux bleu clairs. Elle avait quelque de séduisant chez elle, de profondément attirant même.

« Votre récit est passionnant et j'espère que l'Académie se chargera de communiquer davantage sur votre contrée. Il y a certainement des beautés qui méritent d'être découvertes, comme celle présent sur ce balcon. Donc des que je viendrais dans votre pays, nous profiterons pour aller visiter ces merveilles. Certainement que ce sera un séjour plus que plaisant, surtout avec vous à mes côtés. »

C'est alors qu'ils venaient au sujet des mariages arrangés. C'était finalement un sujet assez logique à aborder. Les monarchies étaient connues pour pratiquer cette méthode. Ceci n'ayant pas toujours eu que des mauvais effets sur la vie affective des gens concernés. Quoique, les infidélités qui en résultaient pourraient remplir des livres entiers de histoires croustillantes. Etrange qu'elle ait repoussé tous ses prétendants. Ce n'était pas un comportement qu'on pouvait s'attendre de la part d'une jeune aristocrate.

« Eh ben, je suppose que vous avez fait de nombreux malheureux par vos refus. Dommage, vous auriez sans aucun doute fait une bonne femme pour un roi alméran ou un prince du Jeekim mais peut être ce n'est pas vraiment ce qui vous intéresse ? Vous êtes peut être trop intelligente pour être un simple accessoire royal. »

Il laissa un temps d'arrêt, un moment de silence interrompu que par quelques klaxons plus en bas.

« Mais dites-moi, quels sont vos projets pour votre vie ? Vous qui avez repoussé tant de candidats, quelles sont vos motivations ? L'amour ? Une carrière politique ou dans l'économie ? Je dois avouez que vous êtes quelqu'un qui m'intrigue et ceci est quelque chose qui n'arrive pas souvent, je vous l'assure. »

C'était une question sincère sans aucune véritable arrière-pensée. Il voulait vraiment savoir ce qui la motivait. Tous les humains avaient des motivations. Certains les cachaient mieux que les autres mais en régle général, il arrivait toujours un moment où les ambitions personnelles se dévoilaient. Même la personne la plus déprimée au monde avait un but, quelque chose à se raccrocher. Il était assez réaliste pour savoir qu'Amanda n'allait certainement pas lui confier ses désirs les plus inavouables comme par exemple des ambitions politiques dans son pays. Quoique, il ne pensait pas que c'était vraiment la politique qui l'intéressait. Elle semblait plus être penché du côté famille, surtout en vue comme elle parlait de son cousin le roi et la duchesse Marlborough. Peut être fallait-il qu'il fasse le premier pas.

Il tourna son regard vers la Lune qui brillait au firmament.

« Vous voyez cette Lune ? N'est-elle pas magnifique ? Mon rêve à moi c'est de voir dans trois à cinq ans un de nos gaillards mettre le pied sur ce cailloux. Peut-il avoir une plus grande victoire sur la barbarie et la haine que d'unir un pays derrière le projet de voyager à travers l'espace ? Je pense que quand ce jour sera venu, nous pourrons véritablement dire que les temps ont changés dans ce pays. Et vous ? Qu'elle est votre Lune à atteindre ? Votre rêve si fou que les autres peuvent que secouer la tête en vous entendant parler de lui ? »

Il s'arrêta là, observant l'astre lunaire briller si loin mais si près en même temps. Cet astre avait toujours fasciné les humains au point d'inspirer des nombreuses religions. A part bien évidemment les religions monothéistes qui dans un accès d'ennui préféraient dédier leur vocation à une divinité transparente et insaisissable.

La nuit se faisait un peu plus froide, visiblement les lueurs tendres du Soleil couchant s'évaporaient maintenant que c'était à la Lune de dominer pour quelques heures ce ciel vidé de tout nuage. Entre temps, Melvel devait être entra de s'occuper de la duchesse Marlborough pendant que le chef d'état et la jeune aristocrate faisait causette sur le balcon. Est-ce que des invités commencaient déjà à se demander ou était passer le président ? Certainement, ils étaient comme des rapaces toujours prêts à faire des tours autour leur proie. Des rapaces à la quête de prestige et de réputation.[/ve]
Margaery

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Amanda ne savait même pas depuis combien de temps elle parlait avec le Président Bas, dix minutes, une demi-heure, une heure, peu importe.

« Promettez moi qu'après nous parlerons de vous. Je parle de moi, je parle de moi mais vous devez penser que je suis la pire des égocentriques !

Bien sur que Lady Malborough n'est pas éternelle mais je suis persuadée qu'elle ne tirera sa révérence que lorsque mon cousin pourra gouverner seul et lorsque son aide ne serra plus indispensable. C'est une coriace !
Il est vrai que les temps sont durs en ce moment. Les tensions sont nombreuses dans le monde et je ne vous cache pas notre vive inquiétude à ce sujet. Nous avons parfois l'impression que le Perlian est un petit navire au milieu de la tempête. »



Amanda émit un long soupir. Elle était passablement angoissée pour son pays et elle priait chaque jour pour que celui ci se tire intact de cette époque troublée. En contrebas, des bruits plus forts qu'à l’accoutumée attira son attention, il y avait eu un petit accident de la circulation, rien de grave mais cela avait suffit à créer un embouteillage monstre.
Elle tourna la tête en direction du Président, celui ci l'observait, son regard était pénétrant. Amanda remarqua alors ses grands yeux bleus, mis en valeur par la lumière de la lune. Un regard tout à fait magnifique se dit elle, elle se surpris elle même à trouver cet homme séduisant. Il était légèrement plus âgé qu'elle mais la différence n'était pas énorme. De plus, il semblait réellement intéressé par elle au point d'en oublier ses obligations mondaines.

« Je serais honorée de vous recevoir personnellement à Cair Paravel, nul doute que vous vous entendriez bien avec mon cousin le Roi Suprême. »

Elle vit son étonnement lorsqu'il appris qu'elle avait repoussé ses prétendants.

« Oh je ne pense pas que je ferais une bonne souveraine... Déjà la différence religieuse me ferme beaucoup de portes vous savez, il aurait fallu que je me convertisse au catholicisme, très peu pour moi. Evanora, une parente éloignée, l'a fait. Elle s'est mariée avec un Duc du Saint-Empire et mène désormais la grande vie en son château Schlessois. Je n'envie sa vie pour rien au monde, très sincèrement j'aurais peur de m'ennuyer... »

Que de compliments, décidément cet homme était un grand flatteur, Amanda, de nature modeste, était un petit peu gênée. Il avait l'air sincère en plus, elle ne pensait pas qu'il serait resté aussi longtemps avec elle en train de raconter sa vie s'il avait été hypocrite. Elle eu d'un seul coup une pensée soudaine : est-il possible qu'il ait le béguin pour elle ?? Elle se sentit piquer un fard, heureusement le seul maquillage qu'elle s'autorisait à utiliser à savoir un fond de teint faisait son effet et cachait la rougeur de ses joues. Toute chamboulée, elle répondit d'un ton un peu chevrotant et fit semblant d'avoir froid pour se donner une contenance :

« Si j'ai repoussé mes prétendants c'est parce que je voulais me détacher de cette tradition des mariages arrangés. Si je dois me marier ce serait avec quelqu'un que j'aurai choisi. Ce que je souhaite faire de ma vie c'est justement en faire quelque chose d'utile, quelque chose qui puisse aider d'une façon ou d'une autre à rendre ce monde meilleur. Je n'ai pas encore trouvé dans quel domaine, économique, diplomatique ou politique, peut être même les trois à la fois mais je finirais bien par trouver. Il me reste bien les titres de propriété de la compagnie de mon père, mais au vu de la situation au Pelabssa tous ces papiers que je conserve à la banque ne valent plus rien... »

Puis elle se reprit et écouta attentivement Bas lui parler de son rêve, elle était fascinée. Quel projet ambitieux, presque fou mais qui aurait un impact sans précédent sur l'avenir de l'Humanité. L'humain s'ouvrant ainsi les portes de l'espace, un monde infini à explorer. Elle fut émue de voir que le Président avait les yeux brillants et un regard presque enfantin en parlant de sa quête.

« C'est un rêve absolument fantastique, et je souhaite de tout cœur la réussite de cette si belle entreprise. Sans mentir vous m’impressionnez, j'ai lu votre biographie officielle en lisant des informations sur la Fédération d'Aquanox pendant le vol. Vous êtes un exemple d’ascension fulgurante, sans vouloir vous offenser, parti de presque rien, vous avez su vous faire une place, gravir les échelons pour devenir le dirigeant d'une des nations les plus puissantes du continent !

C'est certainement moi qui paraît bien terne à côté de vous, moi qui suis née avec tout et qui pourtant n'a encore rien fait de sa vie...

Une idée folle qui m'est venue un jour, mais qui n'est pas aussi belle que votre rêve, serait de reconstruire la compagnie de mon père pièce par pièce. Reconstruire tout ce que mes parents ont passé leur vie à construire. Je pense que ce serait un bel hommage. »


Elle se tut, pensive en regardant les étoiles. La nuit était fraîche mais cela ne la dérangeait pas. Le froid l'aidait à éclaircir ses idées.
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